A WALK IN THE WOODS
Le lendemain matin… tout le monde dormait.
Robin, étant très fatiguée, dormait toujours (car d'habitude elle se lève tôt) et ce cher Zoro se révèle être un dormeur.
Hmm… Quelle heure est-il… 11H ?!
« Zoro ! Réveille toi il est déjà 11h !
- Hum ? Mais qu'est-ce qu'il y a ?!
- Il est 11h.
- Et…?
- Et c'est tard !
- Mais profites-en, dors !
- Dors ? J'ai assez dormi, merci.
- Eh ben pas moi.
- Tu te moques de moi ?
- Absolument pas.
- On devait aller se promener.
- Oui, et on le fera cet après-midi.
- Je ne vais pas passer toute la journée ici, j'ai des choses à faire.
- La sortie c'est la même porte que l'entrée.
- Quoi ?
- Rien…
- Bon, d'accord. On mange et on y va. Ça te convient ?
- Je n'ai pas vraiment le choix.
- Effectivement.
- Ton vocabulaire s'élargit ! »
Après avoir mangé, les deux jeunes gens se préparèrent pour aller faire une promenade en forêt.
« Tu avais laissé une chemise de nuit dans la chambre hier.
- Oui.
- Elle était à…
- Ma femme ?
- Oui…?
- Exact.
- Pourquoi tu me l'as laissé alors ?
- Parce qu'il fallait bien que tu portes quelque chose pour dormir !
- J'ai gardé mes vêtements.
- D'accord.
- Aussi…
- Quoi ?
- Elle sentait la fleure d'oranger.
- Oui, tu as un bon odorat.
- Ce n'ai pas drôle.
- Je ne rigole pas. Pourquoi tu m'as posé cette question ?
- Car c'est mon odeur préférée et je ne me souviens pas te l'avoir dit hier…
- S-Sérieusement ?
- Oui pourquoi ?
- Je me souviens que c'était son odeur préférée aussi...
- Qu'est-ce que tu veux dire par "je me souviens" ?
- C'est une longue histoire et un peu tirée par les cheveux alors…
- Je m'en moque. Raconte-moi !
- Tu ne devais pas partir toi ? »
Ils s'installèrent à une table de camping et Zoro commença son récit.
« Il y a environ un an et demie de cela j'ai eu un accident de voiture.
- Et après tu te permets de me juger ?
- Mon accident était bien plus grave.
- Justement !
- J'étais resté très tard dans la forêt. Environ 2h du matin. Quand j'ai enfin décidé de rentrer il faisait très sombre sur la route car elles ne sont pas éclairées par ici. Il a fallu d'une biche sur le chemin pour que ma voiture sorte de route et finisse dans le fossé.
- Comment t'en es-tu sorti ?!
- Je me suis réveillé trois jours après dans un hôpital.
- Qui t'y avait amené ?
- Je ne sais pas. On m'a juste dit que c'était un homme qui m'avait trouvé.
- Mais je ne vois pas le lien avec ta femme…
- Justement. J'ai perdu une partie de ma mémoire dans cet accident.
- Q-Quoi ?
- Je t'explique. Cet accident avait été très violent. Mon cerveau a été touché donc j'ai perdu une certaine partie de ma mémoire.
- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ensuite ?
- Ensuite… J'ai dû me reconstruire une vie.
- Comment ça ?
- Eh ben, je ne me souvenais plus de mes proches, ni de mon nom, ni d'où je venais. J'avais juste les yeux de ma femme.
- Les membres de ta famille n'ont pas lancé un avis de recherche ?
- Pas que je le sache, je ne les connais plus.
- Tu n'as pas pu les retrouver ?
- Non.
- Comment tu as fait en sortant de l'hôpital ?
- J'avais mes papiers sur moi alors j'ai su que je m'appelait Roronoa Zoro. Je devais repasser mon permis pour être sûr que je savais toujours conduire mais comme je n'ai plus de voiture ça n'a pas été la peine.
- Et la forêt, tu t'en ai souvenus ?
- Disons que quand un infirmier devait m'emmener dans un foyer, nous sommes passé devant la forêt. Quand je l'ai vu je me suis senti comme… attiré, alors je lui ai demandé de me laisser ici. À force de trainer dans les bois j'avais trouvé un chalet abandonné et certains souvenirs comme ma femme avait ressurgis. Je me suis approprié le chalet et suis devenu gardien de cette forêt. Je suis payé par la mairie pour en prendre soin et je vis de ça.
- Donc tu ne te souviens plus de ta femme ?
- Tout ce que je sais d'elle… c'est son regard. Je me suis souvenu qu'elle aimait les robes et que son odeur préférée était la fleur d'oranger. C'est pour ça que j'en met un peu partout dans ma chambre.
- Et si… elle n'avait jamais existé ?
- Comment ça ?
- Je ne sais pas trop mais depuis que je suis là tu me parles de ta femme alors que tu ne te souviens même plus de son prénom. C'est à se demander si elle a vraiment existé ou si tu te l'inventes.
- Je ne suis pas fou.
- Je le sais mais c'est tellement… insensé !
- Je t'avais prévenu dès le début.
- Tu devrais passer à autre chose. C'est très appréciable de ta part de la chercher encore au bout de tant d'années mais tu ne la retrouveras plus à présent.
- Qui sait ?
- Et puis admettons qu'elle ai existé, comment peux-tu être sûr qu'elle est toujours en vie ?
- Mais parce que je le sens ! »
Un silence pesant eu lieu. Les deux jeunes se remirent à marcher dans cette forêt pendant un moment.
Je suis peut-être allée un peu loin… Mais ce n'est pas de ma faute j… Il n'a qu'à comprendre que sa femme est décédée ! Je suis sûre qu'elle n'a même pas existé et que cet accident l'a rendu complètement fou ! À moins que l'accident n'est jamais eu lieu… ou qu'il invente tout ! Peut-être que je n'aurais même pas dû lui faire confiance et rentrer chez moi. Je n'ai même pas trouvé d'indice en rapport avec l'ombre…
« Tu sais… je vois une psy, et elle est vraiment bien…
- Je t'ai dit que je n'était pas fou.
- Mais moi non plus je ne suis pas folle !
- Oui mais… Rhh ! Je voulais pas le dire dans ce sens là.
- Je te conseille de la voir. Au moins pour lui raconter ce qu'il t'est arrivé.
- Pour quoi faire ?
- Ça t'aidera d'en parler.
- Je t'en parle déjà à toi.
- Oui mais moi je vais partir.
- Et revenir.
- Non.
- Pardon ?
- Je ne compte pas revenir.
- Pourquoi ? Tu n'aimes pas cet endroit ?
- Je travaille énormément ces derniers jours et venir ici a été comme des vacances. Je me suis assez reposée.
- Mais tu n'as pas eu les réponses que tu voulais à propos de la forêt !
- C'est un peu compliqué à expliquer mais j'ai réfléchis à cette forêt et je crois avoir trouvé une explication.
- Laquelle ?
- Je pense que j'étais tellement fatiguée ces derniers temps que j'ai dû faire un rêve un peu trop réaliste et voilà où ça m'a mené.
- Nan, c'est impossible. Quand tu es arrivée ici tu as directement reconnue ce lieu.
- Peut-être une impression de déjà-vu.
- Parce que tu es déjà venue ?
- Tu poses beaucoup trop de question !
- Pourquoi ? Ça te met mal-à-l'aise ?
- Laisse moi tranquille, je veux rentrer. De toute façon on est d'accord pour dire qu'il n'y a rien ici.
- Peut-être que si, mais que tu regardes mal.
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
- Je veux dire que peut-être que l'ombre que tu as vu c'était moi.
- Ça pourrait être ça. Mais encore une fois je ne me rappelle absolument pas être venue ici auparavant. Et ça en deviendrait ahurissant !
- Tu es bien têtue hein ?
- Effectivement.
- Mais tu vois… moi j'imagine quelque chose de beaucoup plus "ahurissant" !
- Comme…?
- Et si tu étais ma femme ? »
