A WALK IN THE WOODS
Robin se réveilla dans un espace avec des couleurs rougeâtres. Elle était confortablement blottit dans une couverture et l'endroit où elle était était chaud. Elle ne voulait pas se réveiller, par peur de souffrir de nouveau, mais une voix la fit sursauter.
« T'as bien dormi ? »
Ces quelques mots suffirent à Robin pour se jeter contre un mur et crier « ne me touche pas ! ».
Son hôte la regardait d'un air interrogé et posa le chocolat chaud qu'il avait entre les mains sur la table.
« Ne t'en fais pas, je ne te ferais rien.
- Je ne te crois pas !
- En revanche je te déconseille de m'énerver. »
Robin se tue, repensant à toutes les atrocités que la personne qui se portait devant elle lui avait fait subir. Elle revoyait cet homme la frapper, la frapper fort et en être satisfait. Désormais, elle avait peur de lui et se sentait incapable de lui résister.
« Regarde, je t'ai ramené au chalet.
- Tu ne devais pas me laisser dormir sur un sol dur et froid, sans couverture ni oreiller ?!
- Je pense que tu as mérité de dormir ici.
- Ah parce qu'il fallait que je le mérite ! Dis, c'est quoi la prochaine récompense ?
- Ne me provoque pas ! J'essaye de coopérer avec toi, alors fais des efforts ! »
Encore une fois, elle ferma sa bouche et réfléchit à toutes les paroles qu'elle venait de dire, et à tous les risques qu'elle courait en essayant d'énerver son « mari ».
Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire moi ici ?! Certaines personnes meurent de faims, ou de froid… moi ce n'est pas ce dont j'ai besoin, il faut que je trouve le moyen de m'évader d'ici. Par contre, si cette fois je rate mon coup, il me tuera. J'ai déjà essayé de l'attendrir plusieurs fois, si je recommence, il remarquera directement que je prépare quelque chose.
« Tu as faim ? »
Et la voix du vert ramena Robin à la réalité.
« Oui…
- Que veux-tu manger ?
- Je ne sais pas… ce qu'il y a pourvus que ça me tienne le ventre, je n'ai rien mangé depuis très longtemps.
- Entendu ! »
Zoro déposa une pizza, un plat de pâte, de la soupe, du café, des steaks et des chips sur la table basse du chalet.
« Tout ça ?
- Je ne savais pas vraiment ce que tu voulais alors j'ai préparé des choses simples et rapides !
- Je ne pourrais jamais manger autant.
- Alors je vais t'aider. »
Il prit place à côté de l'écrivaine et commença à dévorer la pizza. Elle le regardait tendrement, et se répéta une phrase dans sa tête, mais qu'elle n'entendit pas vraiment… : on aurait pu s'aimer...
Zoro la surprit :
« Pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça ?
- Rien, je… je me posais quelques questions.
- Je te vois venir. Écoute, ne tente rien, tu y perdras.
- Ne t'inquiète pas, j'ai retenu la leçon, je ne compte plus m'enfuir.
- Je ne te crois pas.
- Tant pis, ne fais pas confiance en ta femme.
- Hahaha ! Tu as décidé de voir la réalité en face ?
- Disons plutôt que j'ai décidé d'accepter mon destin.
- Il y a cinq minutes tu m'hurlais encore dessus.
- Mais ça c'était avant que tu ne manges cette pizza !
- Et qu'est-ce que ça a pu te faire que je mange ça ?
- Ça m'a rappelé les bons moments qu'on passait avant... »
Il y eut un silence… et puis Zoro reprit :
« Tu sais… on peut toujours être comme avant.
- Oh non.
- Bien-sûr que si.
- Je te dis que non. Tu veux que je sois ta femme. Avant nous étions de simples amis.
- C'est vrai. Que veux-tu que l'on fasse alors ?
- Dans un couple, il y a certaines qualités qui sont essentiels.
- Comme… ?
- La fidélité, la communication, la confiance…
- On est mal !
- Il y a une chose que l'on peut faire pour souder ses trois points en même temps.
- Et qu'est-ce que c'est ?
- Parler de soit.
- Je te le dis tout de suite, ne commence pas avec tes questions sur ma famille ou ma femme parce qu…
- Si ! Il n'y a pas que toi dans ce couple et si je dois passer ma vie avec toi je veux que l'on se comporte comme un vrai couple alors tu vas arrêter de me traiter comme une prisonnière mais comme ta femme en commençant par forger ses trois points. Si tu veux je commencerai à parler de moi, à te raconter des anecdotes de ma vie, à…
- Je connais déjà tout de toi.
- Oh il y a bien des choses que tu ne sais pas !
- En tout cas je sais que ta couleur préférée est le mauve, que tu as reçu sept prix pour tes bouquins, que « Ohara » devait être adapté au cinéma en 2014 mais que ça n'a pas été faisable, que tu es tombée deux fois en public, que tu as fait dix ans de tennis et que tu détestes le basket alors que tu es grande, que….
- D'accord, d'accord ! Mais voilà, ça c'est ma vie, et on la connaît, maintenant j'aimerai connaître la tienne ! »
Zoro eut un instant de réflexion, et puis finalement… :
« Je vais y réfléchir. En attendant il faut que je sorte acheter des produits frais car si je veux te garder aussi agréable que là je me dois de te cuisiner autres choses que des pâtes. Par contre je continuerai de manger des pizzas vu l'effet que ça a l'air de te faire.
- Moi je veux seulement en apprendre plus sur toi, comme toi tu as voulu apprendre à me connaître.
- Les fenêtres ne s'ouvrent pas et toutes les portes de la maison ont été soigneusement fermé à double tour. Je n'ai pas mit plus de précautions. Ça devrait te faire plaisir, toi qui cherche à instruire la confiance dans notre couple.
- Je ne vais pas m'enfuir.
- De toute façon tu n'y arriverais pas. »
Zoro partit faire ses cours pendant que Robin se reposait au chalet.
… mais maintenant c'est impossible.
De retour, le jeune homme trouva Robin endormie sur le canapé. Il posa ses courses sur le comptoir et vint s'installer près d'elle. Il se mit à caresser ses cheveux pendant un temps, puis décida de se lever pour préparer le repas du soir.
Qu'est-ce qu… C'est pas vrai, je me suis endormie ! Je devais vraiment être fatiguée… Au moins ça prouve que j'ai pas bougé du chalet.
« Enfin réveillée ! Dis donc tu dors depuis des heures !
- Sincèrement ?
- Ouais ! Tu as faim ?
- Mmh… non pas encore.
- Pourtant j'avais préparé le repas ! J'ai fait des choses très équilibré en plus !
- Peut-être plus tard mais là je ne peux vraiment rien avaler.
- Très bien, dans ce cas on va pouvoir en profiter.
- En profiter pour faire quoi ?
- Eh bien tu voulais que je te parle de moi, n'est-ce pas ?
- Euh… oui oui, bien-sûr !
- Le temps que ton appétit se manifeste, on va en profiter ! »
Super, mon plan fonctionne !
Zoro vint s'asseoir près de Robin et commença son récit :
« J'ai passé mon enfance dans un orphelinat. Là tout de suite tu vas te dire que j'ai le profil parfait du gamin qu'a perdu ses parents dans un accident de voiture et qui est devenu dérangé grâce à ça. Mais nan, au contraire, mes parents étaient en vie. C'est juste qu'ils n'avaient pas su s'occuper de moi, mais j'allais quand même les voir. C'était des gens misérables qui ne se souciaient absolument pas de moi. Ma mère retenait à peine mon prénom et me rappelait tous les jours que « j'étais une erreur, qu'elle n'a jamais voulu d'enfant, que j'étais le plus grand regret dans sa vie » etceatera etceatera… Ça fait mal pour un enfant de huit ans d'entendre ça de la bouche de la personne que l'on est sensé aimer le plus au monde. Quant à mon père… disons qu'il m'aimait plus que ma mère. Il m'aimait plus que ma mère mais ça ne veut pas dire qu'il tenait énormément à moi, attention ! Quand je venais leur rendre visite, c'est lui qui s'occupait de moi. Il me proposait de jouer avec lui, ou de m'apprendre à faire du vélo, mais ça ne m'intéressait pas. En fait je crois que je l'aimais encore moins que lui m'aimait. Je lui en voulait. Je lui en voulait parce qu'il ne m'avait pas permit d'avoir une mère. Il n'a pas fait ce qu'il fallait pour que j'ai cet amour maternelle qui me manquait. Alors au début j'essayais de faire des efforts pour que ma mère m'aime. J'ai utilisé tout mon argent pour lui offrir un jolie bijoux pour son anniversaire. Et puis elle a revendu le collier en or avec mon prénom en guise de pendentif pour s'acheter un chien et de l'alcool. C'est là que j'ai commencé à ne plus faire aucun effort, à voler les choses auxquels elle tenait, à vandaliser leur maison, à briser les bouteilles d'alcool et pis un jour… un jour ce chien avait trop d'importance pour eux, même mon père ne me proposait plus de jouer avec lui, alors j'ai tout simplement donné deux tablettes de chocolat noir à leur chien adoré…
- Mais le chocolat noir… pour un chien !
- Oui, je sais, c'est comme du poison ! Mon but était de le tuer de toute façon ! Bon, le lendemain c'est moi qui a vécu quelque chose de similaire à la mort mais…
- Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?
- Ils… enfin, elle m'a battu. Avec des bûches et des pierres. Bref, après j'ai bien évidemment voulu me venger donc j'ai mit des somnifères dans leur verre d'eau et pendant leur sommeil bah… j'ai brûlé la maison.
- Quoi ?! Mais ils étaient dedans ?
- Bien-sûr, ça a été prit pour un incendie involontaire (vu que la police a retrouvé une dinde dans le four ils ont supposé que l'incendie venait de là) et le dossier a vite été clos.
- Tu… tu as tué des gens dans ta vie…. Tes propres parents !
- Oui mais à toi je ne te ferais rien.
- Mais… jusque là tu me frappais, et maintenant que je sais que tu peux tuer je…
- Eh, ne t'inquiète pas ! Si je te frappais c'est parce que tes horribles paroles me rappelaient celle de ma mère et…
- Et ?
- Tu lui ressembles tellement !
- Je… je suis sensée le prendre comment ?
- Ne t'en fais pas, tu es un peu la part de féminin à laquelle je n'ai jamais eu le droit ! Et pis comme ça, ça renvoie à une réconciliation avec ma mère, tu devrais être contente !
- Oui… oui, je le suis… mais dis moi, que t'es t-il arrivé ensuite ?
- Je crois que ça s'était passé vers mes treize ans. Après ça les médecins avaient peur que ce soit un choc trop fort pour moi, donc ils m'ont foutu en asile. Ah, ça me faisait rire moi parce qu'il ne savait pas que c'est moi qui avait fait ça ! Mais vers mes quinze ans, je commençait à en avoir marre de cet endroit, en plus il n'avait pas l'ai de vouloir me relâcher donc je me suis échappé.
- Comment tu as fait ?
- Oh je ne m'en souviens plus… je crois que je m'étais fait passer pour mort d'une manière ou d'une autre. De toute façon ils n'ont jamais cherché à comprendre…
- Mais ils ont bien remarqué que tu avais disparu, il n'y avait pas ton corps...
- Je crois que j'avais tué un petit enfant qui allait crever de toute façon. Je lui ai déchiqueté le visage et teint les cheveux en vert et c'est passé tout seul. Pas d'autopsie ni de test ADN.
- Mais… tu es un vrai tueur en série alors…!
- Nan, pas du tout ! Après ça j'ai arrêté, c'est pour ça que je suis devenu chasseur.
- Je ne vois pas le liens direct.
- Eh bien, quand on commence à tuer, ça va tout seul après. Donc pour me retenir je tuais des animaux. »
Robin était à deux doigts de vomir. Elle n'en pouvait plus des discours de cet… "homme" et avait extrêmement peur pour elle.
Il est encore plus malade que ce que je pensais. Il faut absolument que je trouve le moyen de me sauver.
« Bref, je pense que ça suffit pour aujourd'hui. Ton appétit est-il au rendez-vous ?
- Ha, je ne crois pas, non… va manger toi.
- Dacc'
- Attend ! Tu pourrais me passer mon téléphone s'il-te-plaît ?
- Pour quoi faire ?
- Eh bien ça fait quelques jours qu'on n'est pas allé voir Mme Jewelry, elle doit sûrement s'inquiéter donc j'aimerais lui envoyer un message pour lui dire que tout va bien.
- Ne t'inquiète pas je le ferai moi-même.
- Non mais tu sais elle me connaît très bien, elle saura reconnaître si oui ou non c'est moi qui a écrit. S'il le faut je te montrerais le message que je lui enverrais.
- Je ne sais pas…
- S'il-te-plaît, montre moi ta confiance !
- Bon d'accord, mais n'essaye pas de faire une…
- Roh mais je ne compte plus m'enfuir, c'est terminé ! Encre ça dans ton crâne !
- Très bien. »
Il alla chercher le téléphone de Robin et lui passa. Elle s'affala dans le canapé et commença à écrire :
Robin : Mme Jewelry Zoro me retient prisonnière dans son chalet je vous envoie les coordonnées GPS n'appelez la police que demain à partir de midi je vous attendrais pour l'instant je contrôle la situation et n'envoyez rien à ce numéro je vous renvoie un message pour faire croire à Zoro que je suis sincère
Robin : Bonsoir Mme Jewelry, je voulais m'excuser de mes absences régulières en ce moment. Zoro et moi sommes partis au ski et nous allons très bien. Je ne sais pas encore quand est ce que l'on va rentrer mais vous serez la première au courant. Merci.
Elle effaça le premier message et montra le second à Zoro :
« Voilà !
- Mmh… je vais manger moi.
- D'accord, moi je vais aller me coucher.
- Encore ? Mais tu n'as pas assez dormi ?
- Non, je suis toujours très fatiguée.
- Bon… prends la même chambre que la dernière fois.
- Entendue, bonne nuit !
- Bonne nuit. »
Le lendemain Robin s'était réveillée très tôt car elle avait beaucoup dormi. Elle avait donc décidé de préparer le petit-déjeuner.
Quelques heures plus tard, Zoro se réveilla à son tour :
« T'es déjà levé toi ?
- Oui, depuis 6h du matin !
- Ah ouais ! Et tu t'es pas ennuyée pendant cinq heures ?
- Nan, j'ai préparé le petit-déjeuner, installe-toi ! »
Ils prirent place et commencèrent à manger. Et puis Zoro reprit la conversation :
« Dis moi, j'ai pensé à un truc.
- À quoi ?
- Tu vois, j'ai eu une enfance difficile, et toi aussi d'ailleurs ! On ne méritait pas cela.
- Pour ma part j'ai toujours accepté mon enfance.
- Oui, et moi aussi. Mais tu vois, aucun enfant ne mérite ça.
- Où est-ce que tu veux en venir ?
- Eh bien… j'ai de plus en plus confiance en toi et je veux vraiment que l'on soit comme un vrai couple, comme tu me le disais hier. Et en te parlant hier, bah j'ai remarqué que notre grand point commun était notre passé. Alors qu'est-ce qui nous rapprocherait encore plus ? Un enfant !
- P-Pardon ?
- Tu as bien entendu. Je veux un enfant. Et si tu acceptes, ce sera le moyen pour moi de comprendre que je peux vraiment te faire confiance. »
