Disclaimer : Shingeki no Kyojin appartient à Hajime Isayama
Le texte m'appartient. Eoryn
CHAPTER 3. SURVIVAL : le Commencement.
Quand la soldate réussit enfin à découper la dernière paroi de la chair du titan, elle était essoufflée, fatiguée, angoissée et l'air commençait à lui manquer. Elle usa de ses dernières forces pour s'extirper du titan –mort au passage, les membres du bataillon d'exploration l'avaient apparemment abattu, et elle rampa au sol avant de se laisser tomber sur les coudes en grognant de douleur. La soldate repris difficilement sa respiration et commença à chercher quelqu'un qui pourrait l'aider. Regardant droit devant elle, l'Asiatique s'aperçut que tout ce qu'il restait des bataillons se dirigeait vers la porte, ce qui signifiait de toute évidence que la retraite avait été ordonnée. La jeune femme serra les poings, se leva aux prix d'efforts surhumains et prit quelques secondes pour réfléchir.
Peut-être que si elle arrivait à siffler sa monture, si elle avait encore la force de faire une dernière chevauchée, si elle avait le temps pour les rattraper et échapper aux quelques titans alentours, peut-être qu'elle aurait une chance. Mais elle doutait fort que sa monture lui revienne, également elle ne se sentait pas la force de tenir sur un cheval élancé au galop, et ils étaient beaucoup trop loin pour qu'elle puisse les rattraper. Alors elle fit la chose la dernière chose qui lui passa à l'esprit –la chose qu'elle trouvait la plus stupide, au passage : hurler… l'appeler.
« CAPORAL ! » hurla-t-elle.
Elle se mit à siffler sa monture également, au cas où elle aurait une chance de la faire revenir.
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Livaï fronça les sourcils. Il lui semblait bien que quelqu'un venait de l'appeler… il entendit des gens marmonner, et vit le cheval qu'il ramenait –il s'agissait de la monture de Mikasa, justement– redresser les oreilles et se cabrer presque aussitôt après qu'un vague sifflement se fasse entendre. Livaï se retourna, suivit la monture du regard et ne mit pas longtemps à comprendre sa soudaine agitation.
« Cette putain de gosse… » Grogna-t-il, ne traînant pas pour faire faire demi tour à sa monture.
« Caporal Livaï ! » cria un soldat blessé, remorqué sur un chariot avec d'autres camarades. « Qu'est-ce que vous faites ?!
- Contente-toi de fermer ta putain de gueule. » Répondit Livaï avant d'esquiver le titan déviant qui les poursuivait.
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L'espoir commença à renaître dans le cœur de la soldate lorsque son cheval vint gentiment lui lécher la joue. Tremblante, elle flatta son encolure, légèrement rassurée. Comme à son habitude, elle passa sa main sous sa tête et lui caressa la joue, ce qui lui valut un hennissement joyeux de la part du cheval. Elle sourit légèrement, le souffle court, une main sur une plaie dont elle avait ignoré l'existence jusqu'à maintenant. De toute manière, tout son corps lui était douloureux, donc elle n'était plus en mesure de différencier une simple plaie ouverte à un os cassé.
L'Asiatique souffla doucement :
« Tu ne peux pas savoir comme je suis contente que tu sois revenu…
- J'ignorais que tu m'aimais à ce point-là, Ackerman. »
La soldate frémit et se retourna pour apercevoir le Caporal Livaï, la toisant de toute sa hauteur sur sa monture. C'était beaucoup plus simple pour lui de la prendre de haut avec son cheval que sans, puisqu'il était plus petit qu'elle, d'où son surnom de Nabot.
« C-Caporal… » Commença-t-elle, sa voix tremblait de plus en plus. « Je suis dé-
- Tu me présenteras tes excuses plus tard. » Répondit-il le plus calmement qu'on pouvait l'être dans ce genre de situation. « On doit se mettre à l'abri, car au cas où tu l'aurais pas remarqué, Ackerman, y'a un ramassis de quatre putains de déviants qui courent pour venir nous bouffer, là. »
Il désigna brièvement les titans du menton, et Mikasa grogna avant d'enfourcher sa monture. Ils entrèrent dans la forêt, laissèrent leurs montures et escaladèrent les arbres géants sans perdre de temps.
Après s'être assuré que les titans ne pouvaient pas grimper, Livaï s'adossa au tronc d'arbre, croisa les bras sur son torse et planta son regard dans celui de la soldate, qui n'eut pas le courage de le maintenir.
« Maintenant, je veux des explications, Ackerman.
- Caporal… » Commença-t-elle. « Je n'ai pas d'explications à vous donner, mais… »
Livaï se campa sur ses deux jambes, et ne put cacher sa surprise face aux larmes de Mikasa. C'était la première fois qu'il la sentait aussi frêle, faible mais surtout épuisée, complètement vidée. Ce qui le surpris encore plus, c'était de constater qu'elle n'avait pas peur. Pas le moins du monde, ses larmes représentaient clairement... du soulagement, comme si toute la tension qu'elle avait accumulée retombait d'un seul coup. Il s'approcha d'elle lorsqu'elle esquissa un faible sourire.
« Ackerman, tu chiales ? » demanda-t-il, dubitatif –sans le montrer, évidemment.
« Désolée, Caporal… » Commença-t-elle. « Je vous conduis à une mort certaine, je suis à bout de forces, mes lames ne sont plus utilisables et je suis quasiment à court de gaz… mais vous n'avez pas hésité à faire demi tour pour me sauver. Merci… Je crois que je vous en dois une. » Ajouta-t-elle, avec une pointe d'humour.
Mikasa Ackerman faisait de l'humour. Le Caporal en fut totalement dérouté. Pour lui, cela voulait dire qu'elle allait… lâcher prise, et renoncer à se battre. Il fallait qu'il l'en empêche…
D'un mouvement fluide et rapide, il la saisit par l'avant bras et l'embrassa. Il posa ses mains sur ses hanches, l'attirant contre lui, glissant sa langue entre ses lèvres de manière très possessive.
Dans sa surprise, l'Asiatique eut un mouvement de recul, et se retrouva plaquée contre le tronc d'arbre. Elle-même pensait qu'elle allait le repousser, l'engueuler, le gifler et tout ce que vous voulez, mais tout ce qu'elle trouva à faire fût de passer ses bras autour de son cou et de l'attirer contre elle. Il détacha ses lèvres des siennes, visiblement pas aussi essoufflé que la soldate.
« Ouais, tu m'en dois une. » Dit-il simplement, toujours imperturbable. « Descend, il y a une source d'eau plus bas, va te laver avant de commencer sérieusement à puer. »
Et il descendit, comme si de rien n'était. Mikasa fronça les sourcils : elle en avait oublié la douleur provoquée par toutes ses blessures, sa tristesse, son inquiétude pour Eren ainsi que pour Armin… tout. Même le fait qu'ils étaient perdus, qu'ils allaient de toute manière mourir car sans équipement tridimensionnel, ils ne feraient pas long feu. Elle avait juste pensé à… Livaï. Elle avait l'impression que son cerveau avait disjoncté l'espace des quelques secondes où le Caporal l'avait embrassée.
« … putain de nabot… » Murmura-t-elle, après s'être rendue compte qu'elle commençait à parler exactement comme lui.
