Un grand merci à:

o Nani-san o: Merci beaucoup pour ta review, ça m'encourage à écrire et ça me donne envie d'accélérer ma publication. alors voilà pour toi deux nouveaux chapitres, j'espère que tu les aimeras et que trouveras Launa toujours aussi attachante.


CHAPITRE 3 : au Poney Fringant

Elle avait froid, elle avait faim, elle avait sommeil, et surtout, elle avait peur. La nuit était très avancée, les émotions et les angoisses n'avaient pas manqué ces dernières heures, et pour compléter son malheur, il s'était mis à pleuvoir abondamment. Sa pauvre veste en cuir fin ne la protégeait guère, pas plus que sa casquette, si bien que ses cheveux dégoulinaient, que ses vêtement trempés lui collaient à la peau. ¡Mierda!

Les Hobbits étaient un peu mieux logés qu'elle, pas de beaucoup, mais leurs capes leur offraient une meilleure protection contre la pluie battante. Voyant dans quel état elle se retrouvait, Sam lui avait proposé de lui donner la sienne, au risque de se retrouver trempé à son tour. Avec un sourire quelque peu crispé par l'effort qu'elle faisait pour ne pas claquer des dents, Luana refusa, lui faisant remarquer que pour elle il était trop tard.

Après plusieurs heures de marche et de calvaire, les quatre Hobbits s'arrêtèrent et scrutèrent les alentours.

- Nous y sommes, Bree, souffla Merry, soulagé.

- Allons-y, dit Frodon après s'être assuré que la voie était libre.

Luana, comme depuis qu'elle les avait rencontrés, les suivit sans un mot. Pourtant, la joie et le soulagement était tel qu'elle faillit se mettre à pleurer : une ville, enfin! Elle allait pouvoir trouver un téléphone et appeler Éric à l'aide. Elle songeait même à aller au poste de police afin de demander du secours, chose qu'elle n'aurait jamais envisagé auparavant. La pensée de son frère, tout en lui redonnant force et courage, lui fit mal. Comme il avait dut être inquiet pour elle, peut être même la croyait il morte! Mais elle pourrait le réconforter, le rassurer, lui dire qu'elle ne le laisserait jamais seul. Et puis, elle pourrait avoir des nouvelles de Samantha, dont elle ignorait l'état de santé. Elle appellerait aussi ses coéquipiers : Romain avait dut criser en ne la voyant pas arriver pour l'entraînement, lui qui tenait tant à remporter ce battle!

Quelle ne fut pas sa déception et son désespoir lorsqu'ils arrivèrent aux portes de la fameuse ville – ou plutôt bourg selon ses critères – de Bree. Elle eut soudain la désagréable impression d'avoir fait un bond dans le passé et d'être revenu à l'époque moyenâgeuse.

Tandis que les Hobbits s'approchaient de l'imposante porte de bios, Luana se tint en retrait. Elle put voir une petite fenêtre s'ouvrir à hauteur d'homme, laissant apparaître des yeux ridés et éteints, qui eux ne semblèrent pas la remarquer. La fenêtre se referma, et une autre s'ouvrit un peu plus bas, pile au niveau de la tête des Hobbit. Le garde en faction, un vieil homme rongé par les ans, ouvrit la porte en pensant sans doute qu'il n'avait affaire qu'à quatre semi-hommes, et parut surpris en découvrant la jeune fille grelottante qui se tenait derrière eux. Luana, voyant qu'il était de taille normal, en fut soulagée, car elle commençait à craindre qu'il n'y ait que des gens qui lui arrivaient à la taille. Il commença à leur poser bon nombre de questions, que Frodon éluda d'un ton agacé et cassant.

- Ho, très bien petit monsieur, je ne voulais pas vous offenser. Mais je dois poser des questions après la tombée de la nuit, s'excusa-t-il en les laissant entrer dans l'enceinte de la ville.

Et, avec un regard méfiant et appuyé sur les cheveux blancs de Luana et sa tenue, il ajouta :

- On dit qu'il y a de drôles d'oiseaux dans les environs.

Les cinq compagnons s'engouffrèrent dans les rues sombres, étroites et boueuses de Bree. Les Hobbits étaient bousculés, les Hommes leur ordonnant de dégager le chemin. Luana sentit tous les regards posés sur elle, et tous la dévisageaient avec la même expression de méfiance.

Frodon les mena jusqu'à une taverne dont l'enseigne représentait un cheval blanc cabré, sous lequel était écrit : « le Poney Fringant ».

Luana examina avec un air de dégoût la façade. ¡Joder! Elle commençait vraiment à croire qu'elle avait atterrit au Moyen Âge!

Les Hobbits entrèrent et elle n'eut d'autre choix que de les imiter. Une odeur nauséabonde lui sauta à la gorge, une odeur de renfermé et de moisissure, de corps sales et de sueurs, de vinasse et de bière, une odeur renforcée par les effluves de cire fondue que dégageaient les bougies et la fumée des pipes que presque tous les hommes présents fumaient.

- ¡Mierda! C'est quoi cette odeur? demanda Luana de la façon la plus discrète qui soit en se protégeant le nez de sa casquette qu'elle venait de retirer.

Discret n'était pas vraiment le mot, puisque tous se retournèrent en entendant cette exclamation. La même expression que celle du gardien et des passants se plaqua sur leurs faces d'ivrognes. ¡Joder! Mais qu'est ce qu'ils avaient tous à la regarder comme si elle venait de Mars?

Frodon se tourna vers elle, un regard réprobateur lui plissant les yeux. D'un signe de tête, elle fit comprendre qu'elle était désolée et se tut, mal à l'aise sous l'attention hostile, voir lubrique, que tous lui portaient. Le Hobbit s'avança vers le comptoir, où le patron était accoudé et les observait avec circonspection. Il salua les quatre semi-hommes, ignorant Luana, et leur proposa une chambre spéciale pour les gens de petite taille. Frodon précisa , en se présentant sous le nom de Soucolline, qu'il leur fallait en plus une chambre normale pour la jeune fille, à la stupéfaction de l'aubergiste, un certain Poiredebeurré, à croire qu'une fille se promenant avec des Hobbits n'était pas envisageable pour lui.

Dans le fond, peut être avait il raison. Ce qui était en train de lui arriver était tout bonnement impensable, voir impossible, et pourtant, elle était là, entourée par des hommes deux fois plus petits qu'elle. Elle laissa échapper un gloussement et un sourire éclaira son visage elle se vit soudain en Blanche-Neige entourée de ses sept nains, même si elle n'en avait que quatre sous la main.

Poiredebeurré la fixa, et croyant sans doute que sa réaction avait provoqué la gaieté soudaine de la demoiselle, il rougit et sourit à son tour, car dans le fond et malgré son étrangeté, cette petite était bien mignonne.


Une fois le problème du logement réglé, les Hobbits entraînèrent Luana a une table et commandèrent de quoi se restaurer pour eux cinq.

- Mais je n'ai pas de quoi payer, intervint elle.

- Vous non, mais nous si, s'exclama Pippin.

- Mais je ne veux pas profiter de votre argent!

- Vous m'avez sauvé la vie tout à l'heure, dit tout bas Frodon en se penchant sur elle. Je vous suis redevable.

Il mit un terme à la discussion d'un sourire, lui faisant comprendre que quoiqu'elle dise, il ne changerait pas d'avis. Et elle ne protesta plus. Mais qu'est ce qui lui arrivé? Jamais elle n'aurait laissé quelqu'un lui payer une chambre d'hôtel, à boire et à manger. Elle détestait ça d'ordinaire! Mais non, tout ce qu'elle fit, c'est le remercier.

Les regards inquisiteurs, qui lui écrasaient les épaules, la troublaient-ils tellement qu'elle n'osait plus agir normalement? Un grand nombre de paire d'yeux la dévoraient, scrutant ses cheveux de soie blanche encore trempés, ses vêtements qui lui collaient désagréablement au corps, ses bijoux noirs qui ressortaient comme des tâches d'encre sur sa peau. Elle aurait aussi bien put être nue, ou enfermée dans une cache comme un animal qu'elle n'aurait pas été aussi gênée.

- Pourquoi ils me dévisagent comme ça?

Les quatre Hobbits se jetèrent des coups d'œil gênés, et se fut Sam qui se lança :

- Hé bien, c'est juste que … comment dire… voyez vous …

Mais il ne parvenait pas à exprimer sa pensée, et Pippin lui vint en aide.

- Ce qu'il veut dire, c'est que vous êtes bizarre.

Luana en resta sans voix. Il l'avait exprimée comme si c'était l'évidence même.

- Bizarre? répéta-t-elle, ahurie. Pour moi, c'est vous qui êtes bizarres, comme tout ce qui m'arrive en ce moment!

Elle sentait qu'elle avait atteint sa limite. Elle pouvait encaisser pas mal de coup dur, mais là, c'était trop pour elle. Ses yeux lui brûlèrent et une boule lui noua la gorge, jusque dans le ventre.

- Ha bravo Pippin, le rabroua Merry, quelle délicatesse. Excusez-le, il n'a pas grand-chose dans la caboche.

- Désolée, dit elle en s'essuyant les yeux et en se ressaisissant. Mais j'ai l'impression d'avoir plongé dans la quatrième dimension.

- C'est quoi la quatrième dimension?

La bêtise de Pippin la fit sourire. Il y avait quelques secondes, elle était prête à pleurer, et voilà qu'en cinq mots il la faisait rire. Et il disait que c'était elle qui était bizarre?

- Mais il faut avouer que certaines choses chez vous sont … inhabituelles, reprit Sam. C'est la première fois que je vois des vêtements comme les vôtres, tout comme pour votre besace, votre chapeau, énuméra-t-il en désignant la veste en cuir, le sac de sport et la casquette.

- Mais là d'où je viens, porter une casquette ou une veste de cuir ne fait pas de vous un alien!

Les Hobbit ne comprirent visiblement pas ce qu'elle entendait par là : ils ne savaient pas ce qu'était une casquette et encore moins un alien.

- L'endroit d'où vous venez est il si différent d'ici? l'interrogea Frodon, les sourcils froncés.

- Carrément! c'est comme si j'avais atterrit dans un autre monde. Le pire c'est que je ne sais pas comment c'est arrivé, ni comment rentrer chez moi, dit elle en enfonçant son visage dans ses bras croisés sur la table, à nouveau abattue.

Une main se posa sur son épaule, si petite et légère, délicate, que si elle ne se savait pas entourée de semi-hommes, elle aurait crut que c'était celle d'un enfant.

Elle se redressa juste assez pour croiser les yeux bleus de Frodon, penché sur elle. Ses yeux emplis d'amitié pour elle, tout comme ses gestes étaient emplis de réconfort. Pourtant, Luana pouvait sentir qu'une grande inquiétude le taraudait.

- Si nous sommes ici, lui dit-il, c'est pour retrouver un ami. Il est plein de sagesse. Je suis sûr que lui saura vous aider. Jusque là, accepteriez vous de supporter un peu plus longtemps notre compagnie?

- Au risque de paraître plus bizarre encore, je suis prête à vous suivre au bout de votre monde, répondit-elle avec le plus grand sérieux, presque solennellement.

- Eh bien en attendant d'aller jusque là, je vais avoir besoin de quelqu'un de fort et puissant pour une mission de la plus grande importance, fanfaronna Merry en ne la lâchant pas une seconde du regard, ce qui avait le don de la rendre anxieuse.

- Quel genre de … mission?

- M'accompagner chercher pour chacun une bonne pinte de bière!

Soulagée, Luana éclata de rire, se leva et le suivit à travers les poivrots qui, brusquement, ne lui faisaient plus si peur que ça, à tel point qu'elle joua presque les gardes du corps pour Merry, qui manqua à plusieurs reprises de se faire renverser.

Sans raison apparente, elle se retourna pour s'assurer que tout se passer bien à leur table. Mais cela n'avait pas l'air d'être le cas. Frodon avait interpellé Poiredebeurré, lui désignant d'un mouvement un coin sombre de la salle d'un air inquiet. Là, dans l'ombre, se tenait une silhouette encapuchonnée, une silhouette tournée vers Frodon et qui semblait ne pas le quitter des yeux.

Luana allait faire demi-tour et abandonner Merry pour retourner auprès de Frodon, quand un homme se planta devant elle, lui bloquant le passage. Il était … horriblement laid! Et son haleine était plus terrible encore!

- Salut ma jolie.

Luana répondit d'un rapide salut de la tête, et tenta de s'esquiver. Mais l'autre ne semblait pas de cet avis.

- Alors ma jolie, on voyage avec des Hobbits? Tu ne voudrais pas passer la soirée avec un homme pour changer, dit-il en la rattrapant par le bras.

- Lâchez-moi, grinça-t-elle en se retenant de bouger ou de respirer.

- Allez, fait pas ta mijaurée, je sais que t'en as envi, bava-t-il en l'enlaçant, allant jusqu'à lui mettre les mains aux fesses.

Luana réagit au quart de tour : elle lui envoya le genou dans le ventre, et alors qu'il se pliait sous le choc, elle lui saisit la tête entre les deux mains et vint la fracasser sur son genou.

L'homme s'effondra avec un cri de douleur.

- TOUCHES MOI ENCORE UNE FOIS AVEC TES SALLES PATTES, ¡CABRON!, ET JE TE JURES QUE TU PEUX DIRE ADIEU A TA VIRILITE! vociféra-t-elle de toute la puissance de sa voix, folle de colère.

Plusieurs autres se levèrent, prêts à lui sauter dessus, mais ne le firent pas, comme s'ils attendaient qu'on leur en donne le signal. Le silence tomba soudain sur la salle, étouffant.

« ¡Mierda! Dans quel merdier je me suis encore foutue? »

L'homme qui l'avait agressé se redressa tant bien que mal, le nez en sang, les yeux exorbités par la rage.

- Sale petite …!

- Stop! hurla Poiredebeurré en s'interposant devant lui. Fougeron, présente tes excuses à la demoiselle et sort de mon auberge!

- Quoi? Mais c'est cette …

- Continues comme ça et tu peux aller chercher une autre taverne pour aller te rincer le gosier.

Fougeron et ceux qui s'étaient levés sortir, laissant derrière eux une atmosphère lourde de menace.

Ce ne fut que lorsqu'elle respira de nouveau que Luana s'aperçut qu'elle était restée en apnée, et qu'elle comprit ce qu'elle venait de faire.

- Est ce que ça va mademoiselle? demanda d'une voix bienveillante Poiredebeurré.

- Je … oui … enfin je … Je suis désolée pour ce que j'ai fait, à cause de moi vous venez de perdre des clients.

- Ho, ne vous inquiété par pour ça ma petite demoiselle. Je suis le seul à encore accepter ses brutes épaisses chez moi, et ils savent qu'ils ont intérêt à se tenir tranquille. Ils reviendront. Et puis je dois avouer que je suis bien content que vous l'ayez fait, ça remettra peut être ce benêt de Fougeron, plaisanta-t-il avec un clin d'œil. Allez, j'offre la tournée!

Une exclamation de joie retentit tandis que tous allaient se servir une nouvelle pinte. Le patron se pencha vers Luana et lui souffla à l'oreille :

- Vous devriez rejoindre votre table, le souper ne va plus tarder.

Percevant la mise en garde, la jeune fille acquiesça, alla retrouver un Merry complètement sidéré et retourna à la table en sa compagnie, trois pintes de bière entre les mains, dans un équilibre précaire. Elle les posa sur la table et se laissa tomber sur le banc et s'adossa au pilier juste derrière elle.

- Que s'est il passé? s'enquit Frodon, soucieux.

- Ce gros porc m'a foutu la main au cul, voilà ce qu'il s'est passé! s'emporta-t-elle à nouveau.

Les quatre Hobbits se regardèrent, amusés.

- Hé bien, rappelez moi de ne jamais faire quoique ce soit qui puisse vous mettre dans cet état, ria Pippin.

Luana se dérida, pour que son visage se refasse tout de suite tendu. Frodon fixait un point quelque part derrière elle, et elle devina aisément ce qui le préoccupait. Prenant soin de ne pas jeter un coup d'œil par-dessus son épaule, elle se plaça juste en face du Hobbit, lui dissimulant ainsi l'objet de ses inquiétudes, et le faisant involontairement sursauter par la même occasion.

- Que vous a dit Poiredebeurré à propos de ce type?

- Ho rien, ne vous en faites pas.

- Vous ne l'avez pas quitté des yeux depuis tout à l'heure, et vu le poids que je sens sur mes épaules là, je dirais bien que lui non plus.

Mais Poiredebeurré arriva à cet instant, sauvant Frodon et privant Luana de réponses.


Le souper était en vérité un véritable festin. Tous burent à leur soif et mangèrent à leur faim, sans dire un mot néanmoins. On eu dit qu'une bulle de silence les avaient recouverts.

Après l'esclandre avec Fougeron, Luana tenait à se faire discrète et préféra décliner l'invitation de Merry et Pippin d'aller au comptoir s'offrir une autre pinte de bière. La fatigue, l'alcool et la ripaille aidant, elle somnolait sur place, ruminant quelque sombres pensées, se demandant ce qu'elle faisait là, ce qu'il s'était passé, comment elle pourrait rentrer chez elle ou au moins contacter son frère sur son état de santé. Elle aurait dut être paniquée, mais chaque fois qu'elle y songeait, c'était comme si son esprit s'embrumait et ralentissait, la plongeant dans une sorte de calme apathique. Et plus elle essayait de comprendre, plus elle se sentait sombrer dans le sommeil. Jusqu'à ce que sa tête bale vers l'avant, la réveillant en sursaut. Elle rouvrit les yeux, hébétée. Sam, la voyant réveillée, lui sourit. Frodon ne semblait pas plus réveillée qu'elle, ses yeux perdus dans le vague se fermant peu à peu.

En se redressant, Luana vit qu'il tenait un anneau d'or entre ses doigts, et qu'il faisait tourner machinalement, mécaniquement. Et plus il le faisait tourner, plus ses yeux se fermaient.

- C'est une alliance? demanda-t-elle.

Frodon sursauta et referma ses doigts sur l'anneau et la regarda d'un air surpris.

- Hein … heu, non.

- Un bijou de famille alors?

Il ne semblait pas comprendre, ni même apprécier qu'elle l'interroge sur ce simple bijou.

- Pourquoi ces questions? fit-il d'un air méfiant.

- Ben, c'est juste que vous jouez avec depuis un moment, et vu votre réaction, j'en conclus que vous y tenez beaucoup. Mais ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous le voler, ajouta-t-elle timidement avec un sourire.

Il sembla rassuré et lui rendit son sourire. Le silence revint à leur table.

- Sacquet? Sûr que je connais un Sacquet, entendit-elle dans la salle, en reconnaissant vaguement la voix de Pippin.

Frodon et Sam se retournèrent vers le comptoir, une expression de pure panique sur le visage. Luana vit Pippin, accoudé au comptoir et entouré de plusieurs hommes qui suintaient la malveillance et l'imbécilité. Et Pippin, tout heureux d'avoir l'attention de son auditoire, ajouta :

- Il est là-bas, Frodon Sacquet.

Elle ne comprit ce qu'il put dire par la suite. Frodon s'était levé, avait quitté leur table et était en train de se frayer un chemin parmi la foule. Il attrapa par le bras le Hobbit trop bavard. Celui-ci se retourna vivement. Luana vit alors Frodon tomber en arrière. Lorsqu'il heurta le sol, il ouvrit la main qu'il maintenait en l'air. L'anneau avec lequel il jouait un peu plutôt s'éleva, puis retomba et, par un hasard incroyable glissa le long du doigt de Frodon … qui disparut aussitôt!

Luana et Sam se levèrent d'un bond! Les trois Hobbits restant et la jeune fille se jetèrent des regards affolés. ¡Joder! Que s'était il passé? Où était Frodon?

Luana fouilla des yeux la salle. Là! Au pied des escaliers! Frodon était là! Mais, il y avait aussi la silhouette qui les surveillait depuis son coin sombre. Elle la vit attraper le Hobbit et le pousser vers l'étage.

- Sam, Merry, Pippin!

Les trois amis la rejoignirent.

- Frodon a des ennuis! Venez!

Elle se jeta dans la salle, bousculant et distribuant des coups de coudes à tous ceux qui leur bloquaient le passage, leur frayant un passage qui se refermait derrière eux comme une mer grondante. Elle monta les marches quatre à quatre et atterrit avec fracas dans le couloir. Où étaient-ils? Les Hobbits arrivèrent essoufflés et armés d'un bougeoir, d'un tabouret ou simplement de leurs poings.

Luana avisa une porte sous laquelle un fin rayon de lumière filtrait, la seule dans tout le couloir. Elle n'était pas armée, ne savait pas ce qui l'attendait derrière ni ne comprenait pourquoi elle s'était lancée là-dedans, mais cela ne l'empêcha pas de défoncer d'un coup de pied le battant de porte. Elle entra en trombe dans la pièce. Un homme de grande taille fit volte face en dégainant une longue épée. Sans réfléchir, elle pivota sur la pointe des pieds, saisit le poignet au bout duquel se tenait la lame, continua son évolution en plaçant le bras de l'agresseur dans son dos, et lui envoya le pied droit dans le visage. Elle avait effectué ce mouvement par réflexe, parfaitement maîtrisé et avec une vitesse non négligeable. Alors, pourquoi son pied se retrouva-t-il coincé au niveau de l'épaule de cet homme, maintenue par une poigne ferme, à quelque centimètre de son objectif? Elle sentit l'étreinte se resserrer sur sa cheville, et fut projetée à terre, la pointe de l'épée sur la gorge. ¡Mierda!

- Laissez les, où je vous rosse, Longues-Jambes! s'écria Sam en entrant à son tour, suivit de Merry et Pippin qui brandirent leurs armes de fortune.

L'homme eut un sourire et releva sa lame.

- Vous êtes un vaillant cœur, jeune Hobbit, dit il en remettant son arme au fourreau.

- Et vous, vous êtes qui? demanda Luana en se remettant difficilement sur ses pieds, complètement sonnée. Qu'est ce que voulez à Frodon?

L'homme daigna la regarder en face. Ses yeux perçants, d'une teinte sombre et indéfinissable dans la pénombre, la foudroyèrent sur place. Le jeu des ombres et la valse fragile des bougies conféraient à son visage une aura à la fois rude et imposante. Ses cheveux en bataille étaient d'un noir profond, parsemé de quelques mèches grisonnantes, renforçant l'impression de grandeur qui flottait autour de lui. Mais elle sentait quelque chose de majestueux se dissimuler derrière ce masque d'ombre et de lumière, les vêtements sales et usés qui le couvraient. Un charme étrange résultait de ce mélange. Qui était ce type?

- On m'appelle Grands-Pas. Et ce que je veux, c'est lui venir en aide.

Puis il se détourna et s'adressa à Frodon, resté silencieux dans son coin.

- Vous ne pouvez attendre le magicien plus longtemps Frodon. Ils arrivent.


Voilà, j'espère que ça vous a plu. Pour les mots espagnols mis en italique, je vous laisse chercher la traduction, car je ne souhaite pas être vulgaire en français, lol.