Un chapitre en apparence long, mais emplit de vide, enfin vous verrez bien...

Un grand merci à:

o Nani-san o: heureuse de te l'entendre dire. J'espère ne pas te décevoir et que Luana ne virera pas "Marie Sue", parce que je dois t'avouer que j'ai parfois des idées de grandeur qui ne collent pas toujours avec son personnage, et j'ai déjà posée quelques pierres qui ne peuvent malheureusement être retirée, sous peine que l'œuvre ne s'effondre. Mais je compte sur toi pour me prévenir si tu trouve qu'elle dévie trop!

Melior: Waouh! Bon je vais tenter de répondre à tous tes reviews d'un coup ^^. Les activités, c'est ce qui lui permet de pas se retrouver larguer dans ce monde de brutes, et comme c'est des trucs que je kifferai faire (je ne fais que les bolasses enflammées) j'ai pas put m'empêcher de les lui "apprendre". Après, je suis heureuse de voir que son (mauvais) caractère te plait, parce que tu vas être servie lol, et puis j'essaie aussi de rendre les autres personnages attachant, car je ne veux pas qu'on les oublie. Pour ce qui est des saignements, je te laisse découvrir. J'y ai pensé, la forcer à mettre une robe, mais je n'osais pas trop, mais là tu m'as séduite, alors je vais suivre ton idée, merci beaucoup! Et désolée pour les fautes, c'est vrai que quand je suis lancée, je fais pas forcément attention à la façon d'écrire les mots, juste à leur sens, alors s'il te plaît fermer tes petits yeux sur mes grosses fautes mdr!


Chapitre 5 : sur le chemin de Fondcombe.

Luana aida les Hobbits à charger les provisions et le matériel sur le dos de Bill, y accrochant par la même occasion son sac de sport, préférant porter un sac plus lourd sur son dos, et ainsi préserver le poney d'une charge trop importante.

Frodon, Sam, Merry, Pippin et elle dire au revoir à Poiredebeurré, puis, suivant Grands-Pas, ils sortirent de la cour, se retrouvant dans la rue, au beau milieu d'une foule de badauds et de curieux. Les regards qu'ils croisaient n'avaient rien de sympathique, étaient même hostiles, avant de devenir craintifs lorsqu'ils croisaient celui de Grands-Pas. Ils traversèrent ainsi Bree, jusqu'à ce qu'ils atteignent la dernière maison avant la Porte Sud, où une figure malveillante et familière leur adressa un sourire mauvais. Luana ne prêta pas attention aux paroles de ce cabron de Fougeron, si bien qu'elle ne comprit pas ce qu'il leur dit –après tout, elle avait juré de ne pas faire d'esclandre ou d'attirer les regards. Néanmoins, les mots qui furent échangés devaient être insultants, car Sam, d'un naturel plutôt pacifique, ce saisit d'une des nombreuses pommes qui garnissaient le fond de ses poches et la lui balança en pleine poire. Luana ne put s'empêcher de rire, adressant au passage un sourire radieux et plein de gratitude au Hobbit.

C'est ainsi que leur voyage débuta. Ils suivirent tout d'abord la Route sur quelques milles, avant que Grands-Pas ne les fasse pénétrer dans les bois.

Luana et les Hobbits, dont le précédent voyage en sous-bois qu'ils avaient partagé avaient été particulièrement éprouvant et cauchemardesque, profitèrent pleinement de cette marche et de a quiétude des lieux. Même la citadine qu'elle savourait cet instant, qui lui rappelait les premières années de sa vie, durant lesquelles elle et sa famille vivaient en bordure de la forêt de Brocéliande, loin de la ville, de son effervescence et de sa pollution, qui lui rappelait les baignades dans la rivière qui passait par le fond de leur jardin, les promenades qu'elle faisait avec ses parents et Éric.

La seule chose qui lui rappelait que ce n'était pas une promenade en famille, c'était la cadence de Grands-Pas, rapide et difficile à suivre pour les Hobbits. Elle, elle n'avait pas trop de mal à tenir le rythme, habituée aux exercices physiques réclamant de l'endurance. Pourtant, par compassion pour les semi-hommes, elle cala ses pas sur les leurs, forçant Grands-Pas à ménager leurs petites jambes.

De plus, les Hobbits laissaient entendre qu'ils n'accordaient pas toute leur confiance au Rôdeur, chose à laquelle elle adhérait parfaitement.

Au bout de deux ou trois heures de marche, tandis que Grands-Pas inspectait la voie plus en avant, les Hobbits déposèrent leurs sacs à terre et commencèrent à décharger. Grands-Pas se retourna, et voyant que Luana ne faisait rien pour les en empêcher, il leur dit:

- Messieurs, nous ne ferons pas d'arrêts avant la tombée de la nuit.

Tous les quatre le dévisagèrent avec incompréhension, tandis que la jeune fille tentait d'étouffer un gloussement de rire.

- Mais, et notre petit déjeuner? S'insurgea Pippin.

- Vous l'avez déjà pris.

- Oui, le premier, c'est vrai, qu'en est-il du second petit déjeuner?

Le Rôdeur ne répondit pas et se remit en marche.

- Il n'a pas l'air au courant pour le second petit déjeuner Pippin, lui dit Merry en remettant son sac sur les épaules.

- Et la collation de onze heures? Le déjeuner, et puis le goûter, le dîner, le souper?

- Attendez, vous avez combien de repas dans une journée? Le coupa Luana, autant amusée que médusée.

- En tout sept, mais mieux vaut les oublier, soupira Merry, découragé mais près à faire ce lourd sacrifice.

À cet instant, une pomme – probablement lancée par Grands-Pas –lui atterrit pile entre les mains. Ravi, il donna une tape amicale sur l'épaule à son cousin, qui reçut une seconde pomme sur le haut du crâne.

Luana laissa franchement éclater son rire, qui se répercuta à travers la forêt, et lui valut un regard en coin du Rôdeur, sans que cela n'entame sa bonne humeur.

Bonne humeur qui s'envola, quelques jours plus tard, lorsqu'ils parvinrent aux marais de L'Eau-Aux-Cousins.

- ¡Mierda! Gueula-t-elle en s'enfonçant la tête la première dans l'eau fangeuse pour la énième fois. J'en ai ras le cul de ce marais à la …

Elle se tut, juste le temps de rattraper par la cape Pippin, qui faillit se noyer en trébuchant à son tour.

- Hé Grands-Pas, vous aviez pas un autre chemin que ce merdier?

Le Rôdeur, qui peinait lui aussi à progresser, ne daigna pas répondre, trop habitué à ses sautes d'humeur pour y prêter attention. Merry se fouetta le visage, tentant tant bien que mal de chasser les moustiques qui le harcelaient.

- Que mangent-ils quand ils n'ont pas de Hobbits?

Pippin, juste derrière lui, trébucha à nouveau; étant le plus petit de la bande et apparemment le moins habile, il galérait bien plus que les autres. Luana, ayant pitié de lui, attendit que Sam et Bill n'arrivent à son niveau, pour se défaire de son paquetage et le sangler sur le dos du poney. Puis, en pressant tant bien que mal le pas, elle revint à hauteur de Pippin, le saisit et le mis sur ses épaules.

- Mais qu'est ce que …

- Je vois pas où je mets les pieds, alors je compte sur vous pour me guider à travers les trous. Si jamais vous me paumez, on tombe ensemble.

Pippin, ravit d'être à peu près au sec, se trémoussa pour se mettre plus à son aise, manquant de déséquilibrer sa "monture".

- Hé, doucement la haut!

- Pardon!

- Pourquoi lui n'est-il pas obligé de marcher!

- J'ai pas envie de passer ma vie dans ce marais, souffla-t-elle à l'oreille de Merry. Et comme il nous retarde, je préfère encore le porter. Mais si vous voulez, on pourra tourner, ajouta-t-elle avec un sourire. À une condition.

- Votre prix sera le mien!

- Alors disons deux conditions.

- Qui sont?

- D'abord que vous arrêtiez de me vouvoyer. J'ai l'impression d'être face à un prof quand vous me vouvoyez en m'appelant par mon prénom.

- Entendu, mais alors tutoyez … tutoies moi en retour.

- Ok. Et deuxièmement, racontez-moi une histoire.

Les deux Hobbits se firent un devoir d'exécuter ses volontés et lui contèrent maintes histoires de la Comté, si chère à leur cœur. Luana fatiguait plus rapidement, à devoir les porter, mais leurs histoires la faisaient rire, lui faisant oublier la fatigue et le temps qui passait terriblement lentement. Et Sam aussi se joignit à eux, mais elle n'eut pas à le porter, car il s'aidait de Bill pour avancer, et il lui parla non pas de la Comté, mais des Elfes chez qui ils se rendaient. Elle refusait tout d'abord de croire à leur existence et à tout ce que Sam lui expliquait à leur sujet, mais elle dut bien admettre que bien trop de choses auxquelles elle ne croyait pas s'étaient réalisées dernièrement pour pouvoir encore nier ce quoique ce soit sans avoir de preuves tangibles qui réfutaient la possibilité que cela soit vrai.

La nuit fut difficile, là encore à cause des moustiques et de l'humidité. Elle regrettait les tapis de mousses et de feuilles sur lesquelles elle s'allongeait quand ils étaient encore dans la forêt. Ayant sans doute perçut leur lassitude s'envoler tandis qu'ils contaient maintes histoires un peu plus tôt dans la journée, Grands-Pas leur conta à son tour des légendes, toutes plus merveilleuses les unes que les autres, leur faisant oublier temporairement leurs peines.

Puis vint le jour bénit où ils quittèrent enfin les marécages, retrouvant sous leurs pieds un sol dur et stable.

À l'horizon se profilait la silhouette de hautes collines, encore loin devant eux.

- Voici au loin le Mont Venteux, déclara Grands-Pas en leur indiquant la plus haute colline, un peu à l'écart. C'est par là que nous irons.

Ils marchèrent encore longtemps, dans un paysage où la végétation devenait rabougrie et se raréfiait, un paysage de plus en plus aride et inhospitalier, un paysage où Luana se sentait à découvert, à la portée de toute créature qui aurait put lui vouloir du mal. Son impression de vulnérabilité devait aussi être partagée par le Rôdeur, car sans cesse il guettait les environs, et il les fit continuer à avancer alors que la lune était déjà haute dans le ciel.

Lorsqu'ils firent enfin halte et s'installèrent pour passer la nuit, Grands-Pas lui fit signe de le suivre un peu à l'écart du groupe.

- Nos provisions baissent trop vite, nous n'en auront peut être pas assez pour tenir jusqu'à Fondcombe. Je vais tâcher de nous trouver de quoi nous restaurer ce soir sans avoir à puiser dans nos réserves.

Luana ne voyait pas pourquoi il lui disait ça à elle, alors qu'il ne lui accordait pas beaucoup de crédit et la considérait comme une gamine. Mais lorsqu'il lui tendit une épée, elle comprit ce qu'il attendait d'elle.

- Je risque de trop m'éloigner pour pouvoir intervenir rapidement s'il venait à arriver quelque chose. Protégez les Hobbits.

- Mais … je sais pas me servir de ça moi! balbutia-t-elle, paniquée à l'idée de devoir se servir de l'arme.

Il la lui mit entre les mains et lui referma les doigts sur la garde.

- Je sais que vous ferez ce qu'il faudra. Je compte sur vous.

Puis il partit, son arc à la main et son carquois empli de flèches à l'épaule, la laissant seule dans la nuit, la laissant seule face à ses craintes.

Elle tremblait, de froid car l'hiver commençait à installer son royaume sur le onde, mais surtout de peur, car résonnait toujours à ses oreilles et dans son cœur le cri des Nazgûls. Une main la frôla. Elle sursauta et se retourna, étouffant un cri lorsqu'elle se retrouva face à Frodon. D'instinct, elle dissimula l'épée sous sa cape, pour ne pas inquiéter le Hobbit, dont le moral diminuait de jour en jour.

- Frodon, tu m'as fait peur!

Suite à son pacte avec Merry et Pippin, il avait été décidé que les deux autres Hobbits la tutoieraient, et que cela serait réciproque.

- Pardon, je pensais que tu m'avais entendu arriver derrière toi. Où est parti Grands-Pas? demanda-t-il, inquiet.

- Parti chassé, mais t'inquiète, il restera dans le coin au cas où, dit elle avec un sourire un tantinet forcé, plus pour se rassurer elle-même que pour rassurer le Hobbit.

Tous deux rejoignirent leur campement de fortune. Sam s'occupait de Bill, qui étrangement paraissait, disons, rajeunir au fur et à mesure de leur périple.

" Pauvre bête, qu'a bien put te faire ce cabron de Fougeron pour que tu préfères nous accompagner dans ce merdier plutôt que de rester avec lui?" songea Luana en lui grattouillant l'arrière des oreilles.

Ils passèrent le temps en discutant, même si Merry e Pippin monopolisèrent la discussion, continuant à décrire à Luana les paysages de la Comté, la façon de vie paisible et pacifique des Hobbits. Mais au bout d'un moment, la jeune fille perdit le fil, ses pensées voguant vers son mode de vie à elle. Étrangement, cela ne lui manquait pas tant qu'elle ne le craignait. La seule chose qui lui manquait, c'était son frère, et Samantha bien entendu. Samantha, sa seule amie, sa meilleure amie, dont le visage commençait à disparaître, gommé de sa mémoire, devenant juste un spectre du passé. Elle ne parvenait plus à se souvenir de manière précise sa chevelure blonde platine, sa voix joyeuse et insouciante, tout autant que ses préoccupations d'ado. Tout cela lui manquait, mais s'effaçait peu à peu, comme une brume dissipée par le vent. Et cela l'effrayait, elle avait peur, peur d'oublier d'où elle venait, ceux qu'elle avait laissés derrière elle contre son gré, qui elle était. Elle ne voulait pas que ce qui arrivait au souvenir de Samantha arrive au souvenir d'Éric. Elle ne voulait pas oublier.

Une brise froide et mordante fit frémir les flammes malingres du feu, une brise qui poussa les fins nuages qui encombraient le ciel, dévoilant la face de la lune, fin croissant pas plus épais qu'un cil. Luana leva les yeux au ciel et observa longuement cette lune. Cette lune qui ne tarderait pas à disparaître laissant la terre plongée dans les ténèbres totales une nuit durant. Cette lune qui renaîtrait, pour de nouveau apporter un peu de lumière au sein de l'ombre.

Non, elle n'oublierait pas, au contraire, lorsque ses souvenirs commenceraient à disparaître, ils ressurgiraient, pour de nouveau se dissiper et revenir toujours aussi vifs, comme le cycle de la lune. Car la lune, s'était sa mémoire, c'était qui elle était. Luana.

- Luana? Appela doucement une voix légère.

Une voix de plus en plus chère à son cœur meurtri par la perte de son monde. Luana redescendit sur terre et tourna ses yeux lunaires scintillant vers ses nouveaux amis. Elle ne s'en était pas aperçut, mes les larmes avaient exprimé à ceux qui l'entouraient ce qu'elle ressentait et taisait. Honteuse, elle se détourna pour essuyer son visage sillonné de larmes et ses yeux brûlant.

- Luana, est ce que ça va? Demanda Frodon.

- Oui, je vais bien, répondit-elle d'une voix voilée par la douleur.

Pourquoi fallait-il qu'elle souffre tant à présent qu'elle était revenue à la réalité qui était à présent sienne? Elle était entourée, mais elle aurait encore préférait partager sa solitude avec l'astre de la nuit, qui lui susurrait une mélodie emplie de souvenirs tendres, de mots soyeux qu'il était agréable d'entendre, de se remémorer, des mots qui dans le fond, faisaient saigner son âme tout en la pansant.

- Tu en es sûr? insista Sam. Tu pleurais en regardant la lune, alors …

Elle était entourée, et elle gâchait cet instant. ¡Mierda! Qu'elle estupida elle faisait!

- Ce n'est rien, ne t'inquiètes pas pour moi, je vais bien, soutint-elle. C'est juste que quand je regarde la lune, je me souviens une chanson que ma mère me chantait.

Les quatre Hobbits l'observèrent soudain avec un intérêt qu'elle ne leur avait jamais lui porter; les yeux de Pippin et Merry lui firent croire un instant qu'elle s'était transformée en une bonne pinte de bière, tandis que ceux de Frodon et Sam exprimaient une impatience inexplicable.

- Quoi? S'inquiéta-t-elle.

- Tu connais une chanson, toi? S'écria Pippin, comme si elle venait de lui annoncer qu'elle arrivait tout droit de la lune*.

- Parce que tu crois être le seul qui en connaisse? S'offusqua-t-elle en lui tirant la langue.

- Non, bien sûr que non! Mais …

- Mais quoi?

- Mais nous voudrions bien l'entendre pour voir si ce que tu dis est vrai et juger de la qualité des chansons de ton monde, intervint Merry avec un grand sourire.

Luana tomba des nus. Chanter, elle? Elle savait danser, faire des acrobaties, ne craignait pas de se bruler en jouant avec le feu (au sens propre du terme), mais chanter! C'était au-dessus de ses forces!

- Une chanson! Réclama Frodon, le visage éclairé par une lueur qui l'avait déserté depuis plusieurs jours.

- Une chanson! Reprirent en chœur les trois autres.

- Mais, je sais pas chanter!

- Peu importe, nous ne jugerons pas ta voix, dit Pippin avec un sérieux déconcertant.

- Ni même ta prestation, renchérit Merry, avec autant de conviction.

- Mais vous allez vous moquer de moi! Sérieux, je vais massacrer cette chanson si je la chante!

- Ce que nous voulons, ce n'est pas te mettre mal à l'aise, juste connaître la chanson qui te rend si triste.

Elle se tourna vers Frodon. Il attendait, souhaitant vraisemblablement non pas connaître les paroles, ni même l'air, mais une partie d'elle, ce que cela réveillait au fond de Luana, il voulait la connaître un peu mieux. La musique n'était qu'un prétexte pour la découvrir, elle qui, tout en étant ouverte, restait secrète.

- Bon d'accord, souffla-t-elle, vaincue.

Les Hobbits poussèrent des exclamations de joie et de victoire. "Si ça les rendait heureux quelques instants, pourquoi pas?" songea-t-elle avec un sourire contrit. Elle se leva, et fit face courageusement à son public. Et dire qu'une heure plus tôt, elle craignait une attaque et de devoir se servir d'une épée, que dix minutes plutôt elle pleurait et avait mal. La voilà debout, l'esprit préoccupé à se demander comment elle allait bien pouvoir ce sortir de ce guêpier, le cœur léger. Sacrés Hobbits!

- Comment s'appelle cette chanson? Demanda Sam.

- Hijo de la Luna, dit-elle, tandis que ses simples mots résonnaient en elle avec force et lui redonnait courage, lui donnait même envie de chanter.

Tous la fixèrent avec incompréhension.

- Ce qui veut dire?

- Fils de Lune, répondit-elle sans surprise, alors qu'une nouvelle interrogation germait dans son esprit. C'est de l'espagnol, vous connaissez?

Apparemment non, vu la tête qu'ils tirèrent.

- N'essaie pas de nous embrouiller pour ne pas chanter, prévint Merry.

- Bon, c'est bon je me lance.

Elle n'avait plus le choix. Elle ferma les yeux, laissant ses mains valser dans l'air au rythme des notes qui bruissaient à ses oreilles, imitant un chef d'orchestre.

Idiot qui ne comprend pas,
La légende qui comme ça
Dis qu'une gitane implora
La lune jusqu'au levé du jour.
Pleurant elle demandait,
Un gitan qui voudrait
L'épouser par amour...

La voix de Luana s'éleva vers la lune, douce, chant du vent à travers le feuillage des arbres, chant de l'eau qui s'écoule lentement sur la pierre, chant d'une mère qui berce son enfant. Sa voix n'avait rien d'exceptionnel, seule ce qu'elle traduisait envoûta les Hobbits, qui silencieux, écoutaient dans un silence religieux.

''Tu auras ton homme,
Femme brune''
Du ciel, répondit
La pleine lune,
''Mais il faut me donner,
Ton enfant le premier
Dès qu'il te sera né...''
Celle qui pour un homme,
Son enfant immole,
Bien peu l'aurait aimé

Lune tu veux être mère,
Tu ne trouves pas l'amour
Qui exauce ta prière
Dis-moi lune d'argent,
Toi qui n'as pas de bras,
Comment bercer l'enfant ?
Ah...aahhh...
Hijo de la luna.

Ses gestes, en plus de jouer une mélodie qu'elle seule pouvait entendre, renforçait le pouvoir de sa voix et des mots, les soulignant de gestes qui se fondaient dans l'histoire, chorégraphie lente et captivante, où se mêlaient danse et théâtre.

D'un gitan cannelle,
Naquit l'enfant,
Tout comme l'hermine
Il était blanc...
Ses prunelles grises
Pas couleur olive,
Fils albinos de lune.
''Maudit sois-tu bâtard,
T'es le fils d'un gadjo,
T'es le fils d'un blafard''

Lune tu veux être mère,
Tu ne trouves pas l'amour
Qui exauce ta prière
Dis moi lune d'argent,
Toi qui n'as pas de bras,
Comment bercer l'enfant ?
Ah...aahhh...
Hijo de la luna

Sa voix se fit plus dure lorsque les mots du gitan explosèrent, insultes et confusion qui n'allaient pas avec la douceur du chant.

Le gitan se croyant déshonoré,
Couteau en main,
Sa femme alla trouver...
''L'enfant n'est pas de moi !
Tu m'as trompé je vois !''
À mort il la blessa.
Et l'enfant dans ses bras,
La colline il monta,
Là-haut, l'abandonna...

Lune tu veux être mère,
Tu ne trouves pas l'amour
Qui exauce ta prière
Dis moi lune d'argent,
Toi qui n'as pas de bras,
Comment bercer l'enfant ?
Ah...aahhh...
Hijo de la luna

Sa voix trahit la fureur de l'homme trahit, la souffrance de la femme agonisante, les pleurs de l'enfant sacrifié.

Et les soirs où l'enfant
Joue et sourit,
De joie aussi,
La lune s'arrondit...
Et lorsque l'enfant pleure,
Elle décroit
Pour lui faire un berceau de lumière...
Et lorsque l'enfant pleure
Elle décroit,
Pour lui faire un berceau de lumière...

Et enfin, sa voix retrouva la douceur et la bienveillance d'une mère aimante et intentionnée, écho de la lune à qui elle prêtait sa voix, et son cœur.

Le silence se fit, laissant au Hobbits savourer les derniers mots, plus murmurés que dits.

Luana, qui jusque avait garé les yeux clos, souleva ses paupières, forte heureusement sèches. Elle les avait senties, les larmes, qui avaient manquaient lui nouer la gorge. Mais elle n'avait pas pleuré, car elle ne voulait pas gâcher cet instant, elle voulait en profiter pleinement, et le partager avec Frodon, Sam, Merry et Pippin.

- C'était … commença Pippin, sans parvenir à terminer.

- Oui, c'était … reprit Merry, sans plus avancer.

- Si beau, compléta enfin Sam.

- Cette chanson, a-t-elle était écrite pour toi? Demanda Frodon.

Cette question, elle se l'était posée la première fois que sa mère lui avait chanté cette chanson, alors qu'elle n'avait que quatre ans.

- Non. Elle existe depuis longtemps. À l'origine, c'est une chanson espagnole, mais elle a été reprise et traduite en français. Ma mère était espagnole, et elle me la chantait dans les deux versions.

Mais si elle l'avait chanté dans la langue maternelle de sa mère, les Hobbits n'auraient rien compris à ce qu'elle racontait. Et puis, cela la ramenait à une question qu'elle s'était posée juste avant de chanter. Comment ce faisait-il qu'elle puisse parler avec eux? C'eut été étrange que le français soit la langue d'un monde complètement différent du sien.

- Alors comme ça, c'est parce que la lune a un enfant qu'elle croit et décroit? S'interrogea Pippin, la sortant de sa réflexion.

Luana éclata de rire, à leur grande surprise. Comment leur expliquer le cycle lunaire simplement? Elle n'allait pas non plus leur faire un cours d'astronomie!

- Je vois que tout se passe pour le mieux ici, fit une voix dans son dos.

- ¡Mierda! Cria-t-elle en se retournant, paniquée.

Grands-Pas se tenait là, immobile et interdit face à la réaction de la jeune fille, une biche ou un chevreuil mort en équilibre sur l'épaule.

- ¡Joder! N'avez pas bientôt finit de me foutre les jetons comme ça? ¡Mierda! Vous allez me filer une crise cardiaque!

-Heu, dis …ça veut dire quoi ce que tu cris tout le temps? Questionna Pippin, intrigué par ses expressions bizarres.

Luana se retourna vers lui, un grand sourire énigmatique sur les lèvres, oubliant complètement sa frayeur.

- Quelque chose que ta chère petite maman n'aimerai pas que tu apprennes, ni les entendre dans ta bouche.

- Et toi, qui te les a appris?

- Ma mère.

Tous les cinq explosèrent de rire. Le Rôdeur soupira et alla poser son gibier auprès du feu, puis envoya les Hobbits chercher un peu plus de bois.

Luana comprit enfin à quel point elle avait été imprudente et avait manqué de vigilance, laissant leur campement sans surveillance tandis qu'elle chantait. Ils auraient put être attaqué, elle n'aurait rien put faire, alors que le Rôdeur lui avait confiait la sécurité et la vie des quatre semi-hommes, lui avait fait confiance. Honteuse et coupable, elle s'approcha de lui, et souffla:

- Grands-Pas, je suis désolée, je … je n'ai pas été à la hauteur.

- Vous avez fait ce qu'il fallait, répondit-il sans u n regard, penché sur l'animal qu'il dépeçait.

- Mais, je ne les ai pas protégé, si on nous avait attaqué, je…

Il la fit taire d'un geste, et plongeant ses yeux dans les siens, il dit:

- Vous les avez protégé de la peur et de l'ombre.


*Pour ceux qui veulent comprendre l'allusion, faites une recherche sur le prénom Luana, ou attendez encore trois ou quatre chapitres...

Voilà, j'espère que ce chapitre un peu gnagnan vous a plus, moiperso je me suis éclatée dessus!

Mais revenons aux choses sérieuses: je pébliscite votre avis sur un point dont je ne suis pas sûre dans l'avenir de mon histoire: voulez que Boromir meurt ou soit sauvé?

Je tiendrais compte de la majorité afin d'écrire la suite, et je compte sur vous pour me donner votre opinion.