Chapter. 14 : Dieux Nordiques… ?! (première partie)
J'ai froid…
La jeune femme ne voyait rien. Ne ressentait rien.
Où suis-je ?
Elle avait l'impression de flotter.
Que s'est-il passé ? Que–
Mais elle pouvait entendre des voix. Des chuchotements semblaient parvenir jusqu'à ses oreilles –si c'étaient bien ses oreilles qui lui permettaient d'entendre ces voix– mais elle n'était pas en mesure de comprendre ce qu'elles disaient.
Quelqu'un me parle ? Qui êtes-vous… ? … J'ai sommeil…
Les voix devinrent de plus en plus fortes, des voix qui semblaient paniquées –pas besoin de comprendre de quoi ils parlaient pour déterminer que le ton qu'elles employaient était tout sauf calme.
Taisez-vous… Je n'en peux plus… Laissez–
« Quoi, tu vas te défiler ? » Tonna une voix masculine sortie de nulle part, une voix puissante qui tremblait presque de colère, semblable à un coup de tonnerre. La soldate aurait pu dire que son intervention l'avait fait violemment sursauter mais, dans l'état dans lequel elle était, elle n'était pas en mesure de le certifier. Elle n'était sûre de rien et rien ne semblait l'étonner : exactement comme si tout cela n'était qu'un rêve. Mais c'est ce que c'est, non ? Un simple rêve… avant la toute fin ? « Tu vas te défiler, couler tranquillement dans l'Au-delà alors que tu peux encore te battre ? Toi, Mikasa Ackerman, choisis de détaler devant l'ennemi plutôt que de l'affronter et de protéger ceux qui te sont chers ? »
Les mots employés par la voix, aiguisés, taillés pour blesser et pour faire réagir, auraient dû atteindre la soldate en plein cœur, la blesser, la faire bouillir de rage, lui donner à nouveau cette envie de s'élancer vers Eren afin s'assurer qu'il aille bien... Or, aucun de ses mots n'eût la moindre répercussion sur l'état de la jeune femme : elle n'était plus capable de penser, plus capable de vraiment se souvenir… de qui elle était avant d'entrer dans cette état qui se rapprochait plus ou moins du coma.
Ces mots étaient pour elle vides de sens. Les chuchotements derrière la voix devinrent plus forts, comme s'ils se rapprochaient et même s'ils restaient lointains, la jeune femme pouvait deviner que des conversations animées avaient lieu entre elles.
Avant qu'elle ne puisse demander à ces personnes plus de détails sur qui elles étaient, une autre voix, féminine cette fois, intervint :
« Oh, tais-toi donc, Forseti ! Tu vas la mettre mal à l'aise. » La voix masculine lui répondit par un feint grognement, et la voix sembla par la suite s'adresser à la soldate. « Bonjour, Mikasa. » Dit-elle d'une voix douce, son sourire s'entendait au travers de sa voix mélodieuse. « Je suis sûre que tu as beaucoup de questions à nous poser, mais laisse-moi faire les choses dans l'ordre. Si tu savais combien de choses j'ai à te raconter ! Mais malheureusement, le temps nous est compté. Ton âme est fatiguée, alors ton choix devra être rapide. »
Mikasa était désormais bel et bien confuse. Que se passait-il exactement ? Qui étaient ces deux personnes dont les voix séraphiques communiquaient tellement de sentiments à la fois qu'elles paraissaient irréelles ? A qui appartenaient toutes ces voix qui chuchotaient sans s'arrêter, et qui montaient en intensité au fur et à mesure que le temps s'écoulait ? Mais, surtout, qui était cette femme qui semblait l'aimer comme sa propre fille ? Pourquoi ne voyait-elle donc rien ? Qu'est ce–
« Ma chérie, » reprit doucement le voix féminine. « je sais pertinemment que tu te poses tellement de questions que tu as l'impression que ta tête va exploser. J'aimerais prendre le temps d'y répondre, une par une, même s'il fallait que cela prenne l'éternité… mais le temps presse. Tu comprends ce que cela veux dire, n'est-ce pas ? Tu vas bientôt mourir, ma chérie. »
Ces mots, pourtant prononcés avec douceur, résonnèrent dans sa tête comme une fatalité inévitable... Cette fois, les mots de cette jeune femme semblèrent avoir bel et bien atteint Mikasa, et en plein cœur.
« Je sais que tu veux des réponses, » continua la voix sans changer de ton, « alors je vais t'en apporter quelques unes, mais ensuite tu devras répondre à ma question. Tout dépendra de ta réponse. Je vais essayer de faire court, mais il y a tellement de choses à dire que je ne sais pas si je serais capable de m'arrêter de parler à temps… » Murmura-t-elle, avant de laisser échapper un petit rire morose.
« Je m'appelle Frea, je suis la déesse de l'amour Nordique, protectrice du mariage et de la maternité, et mon compagnon ici présent répond au nom de Forseti : c'est le dieu de la Justice, l'un des Dieux du Nord, lui aussi. Forseti est le fils de Nanna et de Baldr, tandis que je suis la femme d'Odin, mère de trois fils : Baldr, Höd et Hermód.Je me doute que ces informations ne te disent rien et te semblent très probablement inutiles pour le moment mais, crois-moi, le moment viendra où tu seras heureuse de te souvenir de nos identités.
« Forseti, Nanna, Baldr, Odin, Höd, moi-même et beaucoup d'autres faisons partie de la grande famille des Dieux Nordiques, du moins c'est comme cela que nous sommes identifiés dans le monde des vivants –dans ton monde, petite humaine... Mais sache que nous portons beaucoup de noms différents. Nous nous trouvons ici à la limite entre le royaume des vivants et celui des morts la feinte ligne qui délimite les deux territoires, parfois appelée « Purgatoire » par certains croyants, et d'autres fois désignée simplement comme « Paradis » ou « L'entre-deux »… cependant, le nom que nous lui donnons est celui d' « Asgard ». Souviens-t-en, Mikasa, fais des recherches dessus et tu en apprendras plus sur qui nous sommes, qui nous sommes tous. »
La soldate était de plus en plus confuse, et cela commençait à l'énerver. Mais qu'est-ce que c'était que cette folie ?! Qui était donc cette femme qui se prenait pour une Déesse ?! Les dieux n'existent pas dans ce monde, la jeune soldate était bien placée pour le savoir : avec toutes les pertes essuyées par l'humanité depuis que le premier mur était tombé et même avant cela au sein des bataillons d'exploration, seuls les sombres idiots avaient continué de croire aux « dieux » … et encore, les croyants ne vénéraient pas de dieu, ils vénéraient juste de vieilles murailles, vieilles comme le monde et qui n'avaient absolument rien de divin.
Je ne sais pas qui vous êtes… « Frea », mais vous n'êtes sûrement pas une déesse. Communiqua l'Asiatique –elle n'était toujours pas en mesure de dire clairement si elle pensait ou parlait. Les dieux n'existent pas. Vous devez être folle croire à quelque divinité que ce soit. Et les Divinités Nordiques ? Cela doit être une blague, parce que je n'en ai jamais entendu parler.
« Tu entends cela, Frea ?! » S'énerva la voix masculine, celle qui appartenait apparemment à Forseti. « Elle nous insulte, nous crache dessus ! Comment peux-tu tolérer ça ? Comment peux-tu vouloir sauver une petite humaine aussi ingrate ?
« Elle est frustrée, Forseti… » Lui répondit gentiment la voix douce et chaleureuse de la déesse. « Elle ignore tout de nous, c'est normal qu'elle soit méfiante… Au contraire, cela aurait été étrange qu'elle accepte nos existences sans broncher, et encore plus étrange qu'elle nous accorde sa confiance comme si nous étions de vieux amis d'enfance. Il faut lui laisser du temps…
- Nous n'avons pas de temps ! Tu l'as toi-même dit, Frea. » Grogna son interlocuteur, avant de soupirer. « Ce que tu peux être obstinée… » Un moment de silence s'écoula, moment où seuls les chuchotements omniprésents brisaient. « Soit, qu'il en soit ainsi. Sauve ta petite protégée ou laisse-là mourir, fais ce que tu veux. C'est ton humaine après tout, pas la mienne. »
Sur ces paroles, la voix se tut complètement, comme si elle avait enfin décidé de laisser la soldate en paix. Cependant les chuchotements ne s'arrêtaient toujours pas, ils montaient toujours en puissance… et plus ils semblaient se rapprocher, et plus la soldate avait envie de s'endormir et de ne plus jamais se réveiller.
La voix affectueuse de son interlocutrice, qui avait murmuré de gentils remerciements à son précédent acolyte, toussota pour attirer l'attention de la soldate à elle.
« Mikasa chérie, le temps presse. Tu entends ces chuchotements ? C'est la Mort qui se rapproche. » Mikasa sentit une terreur froide s'emparer d'elle. « Alors, maintenant, je vais te poser ma question. Réfléchis bien et vite, n'hésite pas ou tu feras le mauvais choix. Les destins de beaucoup de personnes seront affectés par tes choix –ton choix. Maintenant, place à la Question… »
La soldate, maintenant anxieuse, se sentit frémir d'impatiente et presque d'excitation. Qu'était donc cette question ? En quoi sa réponse pourrait changer quoi que ce soit concernant son destin et celui des personnes autour d'elle ? Elle était déjà morte de toute façon, l'Asiatique pouvait se souvenir de sa chute : personne d'humain n'est en mesure de survivre à ça. Son esprit devait juste être… en train de rêver une dernière fois, rêver qu'on lui offrait une nouvelle chance, même si aucun humain ne pouvait se voir « offrir de nouvelle chance ».
Vivement que cela se termine… Ne me faites pas perdre mon temps. C'est quoi votre fichue question ?
« Vis, mène une guerre sans pitié jusqu'à la fin et souffre pour l'éternité d'une malédiction causée par ta loyauté, ta foi et ton Amour envers l'Humanité, ou…
« Meurs, endors-toi pour toujours afin de rejoindre une paix éternelle, sans souffrance, deviens cendres, sans aucune malédiction, sans aucun devoir à accomplir.
« Choisis… vite. »
La réponse de la soldate était évidente pour elle, comme gravée au fin fond de son esprit au fer rouge. Elle vivrai, et se battrai pour ceux qu'elle aime, pour le monde dans lequel elle croit. Elle ignorait ce que la femme avait voulu dire par « souffre pour l'éternité d'une malédiction causée par ta loyauté, ta foi et ton Amour », mais ça ne lui importait guère : n'étais-ce pas Frea elle-même qui lui avait conseillé de ne pas réfléchir, de suivre son cœur ? La voix que lui indiquait son cœur était celle-ci, sans plus ni moins.
Connie, Sacha, Jean, Christa, Ymir, Reiner, Berthold, Hanji, Erwin… Eren… Livaï… Rien que d'envisager l'idée d'abandonner ses camarades lui donna la nausée, ce qu'elle trouva étrange. Ses sentiments, ses pensées, ses souvenirs semblaient lui revenir peu à peu, exactement comme on recollait les morceaux d'un puzzle.
Avant que la soldate ne puisse formuler sa réponse, elle se sentit expulsée avec une force phénoménale en dehors de cette bulle qu'on semblait appeler l' « Olympe ». En moins d'une seconde, la soldate fût transpercée par une douleur si intense qu'elle crut mourir une deuxième fois. Elle comprit immédiatement en ouvrant les yeux : elle était de retour dans son enveloppe corporelle. L'avait-elle vraiment quittée ? Sans doute, cela expliquerait ce sentiment d'expulsion qu'elle avait ressenti ainsi que le fait qu'elle n'avait d'abord ressenti aucune douleur physique.
A ce sentiment très désagréable s'ajouta celui d'être transie de froid, complètement gelée, vidée. Quand elle prit une bouffée d'air frais, la soldate se mit à tousser des mares de sang : ses poumons avaient visiblement explosé lorsque son corps s'était écrasé contre le sol. Elle pouvait le sentir, elle pouvait sentir cette douleur effroyable qui se répartissait presque également au travers de ton son corps.
Colonne vertébrale en bouillie… Crâne fêlé… Quatre côtes broyées par le sol, les autres sont simplement cassées… Mon bassin n'est pas en meilleur état… Ah, ah, ça brûle… ça fait tellement mal… J'ai froid… pourquoi n'ai-je toujours pas… au moins perdu connaissance ? Quelle… Quelle torture… Je vous en prie, faites que cela s'arrête…
La douleur était trop grande, tellement grande. Il fallait que cela s'arrête… mais elle avait choisi de se battre, alors elle n'allait pas laisser cette douleur la renvoyer là d'où elle venait.
La soldate finit par ressentir un sommeil familier. Enfin. La soldate allait enfin perdre connaissance. Alors que le monde tournait, que des points noirs et menaçants commençaient à apparaître devant ses yeux, qu'un véritable coma commençait à s'installer doucement dans son corps, s'enracinant autour de ses muscles fatigués tel un doux poison, une voix raisonna autour d'elle –non, dans sa tête.
Une voix qui était dangereusement sinistre et railleuse, qui dégageait une puissance et une rancœur comparables aux plus profondes monstruosités que n'importe quel humain aurait jamais eu le malheur de croiser. Comme si le fait que Mikasa ait été « miraculeusement » sauvée… avait réveillé un Démon.
« Mauvais choix. » Murmura cette voix certes charmante mais sans aucun doute létale, avant d'étouffer un rire.
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« Quoi ?! Comment ça, elle est passée de l'autre côté du mur ?! » Tonna Livaï, incrédule, les poings serrés.
Erwin avait ordonné le rassemblement de certains membres du Bataillon quand il apprit la nouvelle, et ce dernier se doutait bien que la mort de Mikasa en chamboulerait plus d'un, c'est pourquoi il tenait à qu'ils soient tous rassemblés là, ici et maintenant. Le bataillon d'exploration, après avoir bel et bien réussi à capturer l'humaine à l'origine du Titan Féminin, avait toujours du mal à avaler ce qu'ils avaient pourtant tous bien vu.
Le seul problème restant que ladite humaine avait pu, usant des étranges pouvoirs surnaturels qu'elle possédait, s'enfermer dans un cristal pour le moment indestructible : les membres du Bataillon d'Exploration l'avaient donc isolée dans un espace dont la position avait été gardée secrète à la plupart du bataillon lui-même le temps de percer le secret de ce cristal et de pouvoir interroger la blonde.
« Vous voulez me faire croire qu'après que Mikasa lui ait coupé les doigts, tous les doigts des deux mains, cette garce aurait réussit à la frapper assez fort pour lui faire passer le mur ? Vous vous foutez de moi ou quoi ? »
La salle de réunion était silencieuse, personne n'osait élever la voix. Erwin était assis en bout de table, les mains jointes devant son nez, les coudes sur la table, la mine grave et le regard vissé sur le Caporal qui se tenait en face de lui mais à l'autre bout de la table. Hanji, non pas assise mais elle aussi debout, faisait des allers et retours derrière le Commandant, tout en marmonnant des mots que le brun n'était pas en mesure de décrypter. Il était beaucoup trop furieux pour cela. Mais était-ce vraiment de la fureur… ? Le soldat le plus fort de l'humanité n'en était lui-même pas convaincu.
Non, c'est comme si… quelque chose s'était fissuré en lui. Cela ne lui était jamais arrivé, lui qui était toujours resté fort, même après la perte de son escouade pour la deuxième fois, il n'avait pas courbé le dos. Et cette gamine l'aurait changé ? Cette gamine qui était à la fois puissante, dangereuse, obstinée, forte et attachante… Elle ne pouvait pas l'avoir fait changer. Une simple soldate ne devrait pas avoir d'effet sur le Caporal.
Il serra les dents. Et pourtant…
Pendant que Livaï, perdu entre sa colère sans bornes et ses certitudes qui menaçaient de s'effondrer, contenait sa fureur tant bien que mal, Eren fixait la chaise vacante qui avait été autrefois occupée par sa sœur adoptive, au moment même où Armin révélait ses soupçons au sujet d'Annie. Le jeune homme avait le regard perdu au loin, les yeux bouffis, la mine pâle. Les dents serrées, il se battait lui aussi contre sa colère envers lui-même, sa haine maintenant violente envers Annie et sa tristesse quant au trou que l'Asiatique avait laissé dans son cœur. C'était tout simplement impossible, Mikasa n'avait pas pu mourir comme ça. Il refusait d'accepter cela.
Armin avait lui aussi les yeux injectés de sang et reniflait beaucoup, essayant avec peine de ne pas penser à la mort de la soldate qui était pour lui aussi évidente qu'il était certain qu'un humain ne pouvait ni voler par lui-même –sans équipement tridimensionnel évidemment– ni marcher sur l'eau. Le jeune homme avait envie de tourner la tête, de fixer Eren en lui parlant avec sérieux pour le réveiller, le faire réagir : mais il savait très bien qu'il n'était pas capable de faire tout cela sans laisser échapper de sanglots. S'il se laissait aller maintenant, il aurait juste l'air d'un faible adolescent incapable de faire face à ses problèmes et il ne pouvait pas se le permettre… alors il regarda droit devant lui, reniflant, en attendant d'être sûr de pouvoir prendre la parole sans que sa voix ne se brise.
Connie et Sacha étaient assis l'un à côté de l'autre, vers le milieu de la table en bois : tout deux ne disaient rien, les yeux rivés sur la table. La frange de Sacha lui couvrait les yeux, si bien que personne ne pouvait voir son expression actuellement mais celle de Connie était très claire sur ce qu'il ressentait : les yeux vigoureusement fermés et les sourcils froncés, le jeune homme laissait les larmes couler en reniflant lui aussi. Il se mordit les lèvres pour ne pas laisser passer de gémissements plaintifs qui auraient été absolument pathétiques. Pourquoi pleurait-il donc, vous dites ? Oui, il est vrai que Connie n'était pas forcément le cadet le plus proche de la jeune fille, mais cela ne voulait pas dire qu'il ne s'était pas attaché à elle : il avait tendance à avoir du mal à lui parler, mais quand il le faisait, la soldate restait toujours aimable et patiente avec lui… elle avait beaucoup changé depuis qu'elle était arrivé au sein du Bataillon. Au début, elle ne se souciait que d'Eren et d'Armin, mais plus le temps passait et plus elle s'était ouverte au reste du groupe. C'est comme ça que lui aussi s'était attaché à elle, et Connie était bien conscient qu'il en était de même avec Sacha : quand la soldate ne finissait pas ses repas, ce qui arrivait rarement mais qui arrivait quand même, elle faisait toujours passer discrètement son plateau repas à la brunette et n'attendait pas de remerciements avant de se lever et de quitter le hall. La générosité bien cachée de la soldate avait alors sauté aux yeux de Sacha, qui s'empressait à chaque fois d'engloutir ce qu'il restait de nourriture en hurlant de sincères remerciements.
Jean se tenait assis, en face de Sacha, la tête dans les mains, les lèvres pincées. La façon dont son corps tremblait imperceptiblement indiquait qu'il avait, lui aussi, été profondément touché par la mort de la soldate.
A côté de lui se tenait Berthold, qui semblait dépassé par la situation : la mine sombre et les sourcils froncés, le jeune homme garda le regard fixé sur ses mains entrelacées qui reposaient sur ses genoux. Sans doute ne réalisait-il pas ce que la mort de la soldate signifiait véritablement. Sans doute trouvait-il toutes ces réactions bien trop exagérées après tout, la soldate n'était qu'un soldat. Un soldat très fort certes, mais toujours un soldat : une simple pièce d'un puzzle qu'on peut remplacer en cas de décès, en tout cas à ses yeux. Alors pourquoi, lui aussi, se sentait-il presque aussi triste que les autres ? Pourquoi la mort de la soldate l'avait-il chamboulé de la sorte ? Lui-même ne pouvait répondre à ces questions. Il avait une étrange impression que la soldate n'était pas le genre de soldat banal qu'on remplace comme ça.
Reiner se tenait à l'écart de la table, pas si loin de d'un angle de la pièce, pas si loin de la porte par laquelle ils étaient tous entrés il y a maintenant une bonne dizaine de minutes. Il était adossé contre le mur et ne savait pas vraiment quoi faire de ses bras, alors il fit comme les autres : il les laissa le long de son corps et serra les poings jusqu'à ce qu'il sente ses ongles s'enfoncer dans la peau de ses paumes. Son regard, vissé devant lui, se perdit dans le vide. L'homme se perdit lui-même dans ses pensées. Cela n'aurait pas dû se passer comme ça… ! La mine sombre et l'expression du visage quelques peu indéchiffrable, il continua à retourner la situation dans tous les sens, à essayer de se prouver à lui-même que c'était impossible, que c'était juste ses yeux qui lui avaient joué un tour. Mais à chaque fois, il se rendait compte que non, c'était bien vrai, et sombrait un peu plus.
Christa et Ymir étaient assises côte à côte, Christa arborant une expression qui fendrait le cœur de n'importe qui : sa tristesse et sa colère se reflétaient trop bien dans ses yeux pour qu'on puisse simplement l'ignorer, et les larmes qui coulaient sur ses joues étaient des larmes de révolte. Ymir, quant à elle, ne semblait avoir d'yeux que pour la jeune fille : elle avait l'air peinée de la voir comme ça alors elle glissa une main dans son dos pour le lui frotter gentiment. Elle l'aurait bien carrément prise par l'épaule pour la serrer dans ses bras, mais devant ses supérieurs cela ne ferait que rendre l'atmosphère plus étrange encore. La jeune femme ne s'était jamais retrouvée dans une situation pareille. Au début elle avait trouvé cela carrément ridicule de se mettre dans cet état juste pour l'Asiatique, puis au fur et à mesure que les minutes, toutes plus silencieuses et morbides les unes que les autres, s'écoulaient, elle comprit la véritable signification de la mort de la jeune femme.
En réalité, la mort de la soldate n'était pas qu'une simple mort parmi d'autres : talentueuse, puissante, courageuse et intelligente comme elle l'était, Mikasa Ackerman avait toutes les qualités requises pour faire partie des soldats qui survivraient le plus longtemps et qui marqueraient le plus les esprits par les nombreuses choses qu'elle aurait accompli pour le bien de l'humanité. Elle aurait été sans aucun doute parmi les leaders qui auraient finalement mené, après des années et des années de batailles acharnées, l'humanité vers… la victoire. La délivrance. L'humanité aurait enfin pu jouir de cette liberté que tout le monde attendait désespérément. Elle faisait partie de ceux qu'on croyait presque immortels tellement ses capacités dépassaient l'entendement.
Et pourtant, cette même Mikasa Ackerman était morte.
Alors, quelle conclusion pouvait-on faire de ce décès plus atroce encore qu'étrange ?
Que peut importe les capacités d'un soldat, peut importe le nombre de titans qu'il a pu tuer, les Titans finissent toujours par sortir vainqueurs. Ce qui, par conséquent, signifiait que…
L'humanité avait déjà certainement un pied dans la tombe.
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La soldate reprit conscience à la tombée de la nuit, et ne fût même pas étonnée de ne pas s'être faite dévorée par un titan : après tout ce qui lui était arrivé, cette soi-disant conversation avec des « Dieux Nordiques », le fait qu'elle se soit retrouvée dans le « Purgatoire », « Asgard » ou peu importe comment ils l'appelaient, plus rien ne pouvait surprendre la soldate. Ou du moins c'est ce qu'elle pensait.
Elle tenta de se redresser doucement, s'attendant à ce qu'une douleur insoutenable la tiraille de partout, et fût agréablement surprise qu'elle ne ressentit aucun élancement et n'eut pas le moindre mal à se relever. Elle fit des mouvements d'échauffement basiques avec chacun de ses muscles : aucun problème, tous répondaient parfaitement à chacune de ses commandes. C'est alors que, ne sachant plus quoi faire, elle leva les yeux pour admirer le somptueux ciel nocturne étoilé. Différentes teintes de bleu se mélangeaient et les étoiles brillaient si fort qu'on aurait dit que c'étaient elles qui éclairaient la terre pendant la nuit, et pas la Lune, même si celle-ci brillait aussi intensément que les admirables petites étoiles alentours.
« Combien de temps suis-je restée inconsciente, au juste… ? » Demanda-t-elle à voix haute, le regard fixé sur le ciel.
Bien sûr, elle ne s'attendait pas à ce qu'on lui réponde.
« Très peu de temps, à vrai dire… cela doit faire à peine deux journées et une nuit, Mikasa. »
La jeune fille pivota violemment sur ses talons, les yeux grand ouverts et sur ses gardes, s'attendant à percevoir au moins une silhouette humaine mais non, elle ne voyait rien. Regardant autour d'elle à plusieurs reprises, elle se rendit compte qu'elle avait reconnu cette voix : c'était celle de la femme qui se faisait connaître comme étant une Déesse du nom de Frea.
« Frea ? Est-ce que c'est bien vous ? » Demanda-t-elle dans le noir, tout en ayant de plus en plus l'impression de devenir folle au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient.
La déesse ne tarda cependant pas à lui répondre.
« Frea, Frigg, Frigida, Freja, Frigga… Appelle-moi comme tu le souhaites, Mikasa chérie. Oui, je suis bien la personne que tu crois que je suis et je t'en prie, n'aie pas peur de moi. Je suis là pour t'aider à t'habituer à tes nouvelles… conditions physiques et aptitudes. »
« Mais de quoi parlez-vous ?! Et montrez-vous, j'ai l'impression de me parler à moi-même et de devenir folle, c'est très désagréable. » Railla la soldate, toujours autant en alerte.
L'Asiatique avait bien du mal à faire confiance à cette fameuse Déesse, car même si ce qui lui était arrivé –sans doute grâce à Frea– dépassait l'entendement, rien ne certifiait qu'elle ne faisait que la ramener à la vie pour la faire souffrir en attendant de pouvoir la poignarder dans le dos.
La soldate soupira imperceptiblement. Elle n'arrivait toujours pas à accepter ce qui lui arrivait : c'était tellement gros qu'elle se disait qu'elle devait être en pleine fantaisie, que son corps était mort et son âme en train de délirer ou de rêver sur le chemin du paradis.
Soudain, l'air ondula sur sa droite. Surprise et intriguée à la fois, le soldate bondit souplement en arrière et se positionna de manière à ce que si quelque chose devait l'attaquer, que ce soit par devant ou par derrière, elle serait capable de se défendre.
L'air se mit à onduler de plus en plus, une silhouette blanchâtre se forma doucement, tel un mirage, pour former le corps d'une femme grande, aux formes généreuses et aux mains fines. Ses yeux bleus, posés sur Mikasa, exprimaient tellement de sentiments à la fois que la soldate avait du mal à tous les identifier : amour, tristesse, attachement, fierté… Sa longue chevelure dorée était coiffée en une seule longue tresse, décorée avec goût grâce à des fleurs colorées emmêlées avec des mèches de cheveux à certains endroits, son corps svelte était mis en avant par la simple robe, fine et blanche, qu'elle portait. La seule touche colorée qui attirait l'œil était son imposante ceinture en or, reposant juste un peu plus haut que ses hanches, des motifs semblant dater d'une autre époque, voire même d'un autre monde, y étaient rattachées. Un bracelet dans les mêmes teintes se dessinait sur son biceps droit, tandis qu'un fin anneau doré apparut sur son poignet gauche.
Il n'y avait pas à dire, la femme qui venait littéralement de se former devant ses yeux était véritablement une Déesse –du moins, en apparence.
Mikasa en fût paralysée de surprise. Que se passait-il ? Cette femme venait-elle réellement d'apparaître devant ses yeux, ou était-ce simplement encore un mauvais tour de son esprit maintenant complètement fou ? Elle devait être déjà morte ou en train de mourir, la douleur la faisait complètement dérailler. C'était la seule explication possible à cette situation.
« N'aie pas peur, Mikasa… » Reprit doucement la voix de la Déesse, et la soldate fût surprise de voir que les lèvres de Frea n'avaient même pas remué lorsqu'elle avait prononcé ces mots. « Je suis là pour t'aider, ne l'oublie pas. Je ne suis pas l'ennemie.
- Alors qui est l'ennemi ? » Rétorqua Mikasa, le regard vif, prête à bondir, le regard vissé sur la silhouette. « Les Titans ?
- Ma foi, j'aimerais qu'ils soient les seuls. Ce serait tellement plus simple, plus rapide, moins douloureux… mais non, ce n'est pas ce cet ennemi dont je te parle. C'est quelque chose qui s'est réveillé quand tu as revu le jour, Mikasa. Un Démon parmi les plus malfaisants et les plus vieux depuis la création même d'Asgard.
- Pardon ? Un Démon ? » La soldate écarquillait les yeux, confuse et incrédule : cependant même si elle refusait toujours de croire les paroles de la Déesse à la chevelure dorée, un sentiment étrange d'oppression et d'effroi commencèrent à se former autour de son cœur tel un étau en fer forgé.
« Oui, petite soldate. Un Démon. Et pour te protéger de lui et protéger ceux que tu aimes, il faut que tu apprennes à maîtriser les dons que nous t'avons offerts. » Répondit-elle, et ses lèvres s'étirèrent pour esquisser un sourire fantomatique mais envoûtant. « Ne fais pas cette tête, Mikasa chérie ! Tu devrais plutôt sauter de joie à l'idée de bénéficier de pouvoirs surnaturels. Non, ne dis rien, je sais ce que tu penses, mais… » Elle poussa un soupir, réel cette fois. « Il se trouve qu'Odin, moi-même et beaucoup de nos fils et filles sont très attachés à toi, parce que nous sommes tous convaincus que tu es l'un des éléments les plus importants à la survie de l'humanité. Nous sommes bien conscients que ce que nous faisons est inadmissible et injuste, mais nous ne pouvons pas simplement laisser votre monde sombrer dans le chaos… tu comprends ça, n'est-ce pas ? »
Evidemment qu'elle comprenait. C'était la raison pour laquelle elle s'était battue sans relâche pendant toute sa vie, elle et beaucoup d'autres qui souhaitaient eux aussi voir le monde se débarrasser de l'emprise des Titans, de l'emprise de la peur et de l'effroi qu'ils continuaient d'exercer inlassablement sur chacun des hommes, des femmes, des enfants… Qu'ils soient de simples civils ou des soldats aguerris, cela n'avait pas d'importance : personne n'échappait à cette Terreur.
« Evidemment que je comprends. » Rétorqua la soldate, aussi calmement qu'elle le pouvait quand on avait l'impression de se parler à soi-même en plein milieu d'un champ de mines. « Mais qu'est-ce qui vous fait dire que le monde aurait couru à sa perte simplement à cause de ma mort ? Je n'aurais été qu'un cadavre parmi d'autres.
- C'est là que tu te fortement trompes, Mikasa. » Répliqua la Déesse en secouant vigoureusement la tête de droite à gauche. Elle joignit ses mains et ferma les yeux, comme si elle priait, avant de continuer : « Tu ignores toute l'influence de ta simple présence au sein du Bataillon d'Exploration. Même si personne ne te le dit et ne cherche pas véritablement à te le faire comprendre, tu es tellement forte que tu représentes un symbole d'espoir pour eux, une certitude nécessaire à leur donner la force d'avancer, de continuer à se battre, de garder ce courage dont ils ont tellement besoin.
« Beaucoup d'entre eux sont inconsciemment convaincus que si un tel accomplit un tel exploit, non seulement l'humanité fait un pas en avant et l'espoir d'un monde meilleur est ravivé, mais ils se disent : « Tiens, il a réussi à tuer trois Titans lors de la dernière expédition… alors pourquoi pas moi ? » Cela peut paraître stupide –ça l'est d'ailleurs, mais cet esprit de compétition est aussi une manière qu'ont les soldats de se motiver quand le moral est au plus bas.
« Maintenant, venons-en à te question. Tu m'as demandé comment je savais que le monde allait sombrer si tu mourrais, n'est-ce pas ? Et bien, figure-toi qu'en tant que Déesse, je bénéficie de nombreux pouvoirs. Et crois-le ou non, l'un de mes dons est celui de pouvoir entrevoir l'avenir. Cependant, je ne contrôle pas véritablement ce pouvoir alors je ne peux l'utiliser que sur un être vivant, ou un groupe d'êtres vivants : mais jamais sur un monde tout entier.
« Or c'est bien ce que j'ai vu. Lorsque tu as passé le mur, j'ai eu une vision comme je n'en ait jamais eu : sans que je ne contrôle rien, des images se sont incrustées dans mon esprit. Elles ont défilé à une vitesse foudroyante mais ces images étaient toutes tellement choquantes qu'elles sont restées douloureusement gravées au plus profond de mon âme. Je ne peux pas te les décrire, elles étaient… sont beaucoup trop affreuses pour êtres décrites avec des mots. J'ai pris cela pour un signal d'alarme, alors je t'ai fait venir à Asgard. Mais comme ce que je faisais était absolument déraisonnable, j'ai voulu te laisser le choix de mourir ou de vivre... En aucun cas je ne voulais te forcer à faire quoi que ce soit. »
Lorsqu'elle se tut, Mikasa eût le tournis et fit un pas en arrière. Ce qui se passait actuellement devenait de plus en plus fou et incroyable. D'abord, une Déesse l'emmène dans une sorte de Paradis nommé Asgard, puis cette même Déesse la ressuscite, lui annonce qu'un Démon s'est réveillé parce qu'elle a été ressuscitée et pour terminer notre très chère Déesse lui annonce qu'elle peut voir l'avenir et qu'elle a vu la fin du monde.
Génial. Qui croirait une histoire pareille ?
Et pourtant, Mikasa le reconnaissait elle-même : toute cette histoire devenait tellement grosse et improbable qu'elle commençait à y croire.
« Et tu crois vraiment que je vais te croire ? » Lui répondit la soldate, fixant la silhouette fantomatique avec une certaine appréhension, un certain doute. « Tu ne fais que parler depuis tout à l'heure. Qu'est-ce qui pourrait me faire croire que tu n'es pas que le fruit de mon imagination ? Qui me dit que tes paroles ne sont pas que de belles paroles en l'air ?
- J'étais certaine que tu dirais ça. » Lui dit la femme à le tresse d'or, avant laisser échapper un gentil rire devant l'expression stupéfaite de la soldate. « Je peux te prouver beaucoup de choses, ma petite Mikasa, mais je te propose de commencer par les plus excitantes : les cadeaux, les dons que nous t'avons offerts. »
La muse conciliante lui tourna le dos, et pointa l'un de ses doigts longs et fins vers l'horizon, que la nuit obscurcissait de plus en plus. Il faisait tellement sombre qu'on aurait dit qu'elle effaçait les corps ambulants des Titans qui se découpaient vaguement devant la soldate. Le corps de la Déesse irradiait de lumière : il l'éclairait comme le soleil éclaire la nuit.
« Ne pose pas de questions, nous n'avons plus de temps à perdre : cours, de toutes tes forces, le plus vite possible et le plus longtemps possible avant que la nuit ne t'empêche de voir où tu poses tes pieds. Lorsque tu ne verras plus rien, il faudra t'arrêter, ce sera le moment de t'entraîner à maîtriser un autre de tes nombreux dons… alors dépêche-toi, nous n'avons pas beaucoup de temps. »
La soldate aurait bien voulu lui poser tout de même une petite série de questions, mais Frea, comme si elle l'avait ressenti, disparut brusquement : ce qui eût pour effet de plonger la soldate dans un noir presque complet.
Son esprit se mit alors à paniquer légèrement. Nous n'avons plus beaucoup de temps. Il fallait qu'elle se dépêche… alors elle se mit à courir.
Elle fût surprise de constater qu'elle arrivait à accélérer sans peine, le paysage défilait autour d'elle beaucoup plus rapidement que lors de tous ses entraînements précédents. De plus, la soldate ne s'essoufflait pas : cela faisait maintenant bien une trentaine de minutes qu'elle courait en ligne droite, sans arrêter d'accélérer, en étant bien loin d'être essoufflée.
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Plus d'une heure passèrent et le ciel devint entièrement sombre. Quelques nuages de passage barraient la lumière de la lune, empêchant la soldate de voir où elle mettait les pieds.
Elle s'arrêta donc, et attendit.
« Il semble que tu y arrives d'instinct… c'est fascinant. » Murmura une voix familière derrière elle, et Mikasa n'eût pas besoin de se retourner pour savoir qu'il s'agissait de Frea. Sa lumière l'éclairait bien assez pour qu'on la reconnaisse. « Mìmir serait fou de joie s'il l'apprenait. Bien… Ce don est celui de ma très chère amie Sæming, la Déesse des Sportifs. Oui, nous avons beaucoup de Dieux très différents au sein d'Asgard. »
L'esprit de la soldate était encore flou d'excitation : cette femme ne mentait finalement pas, Mikasa avait bel et bien reçu des facultés prodigieuses ! La soldate était désormais plus apte à croire que cette silhouette fantomatique était bien une Déesse.
« Je n'ai qu'une question, » annonça la soldate, avant de la poser lorsqu'elle vit son interlocutrice hôcher la tête avec un sourire bienveillant. « qui est Mìmir ?
- Il s'agit du Dieu de la sagesse et des connaissances. Il a été décapité par… certains de nos ennemis mais mon mari, Odin, Chef des Ases –ou des « Dieux » si tu préfères– et Dieu de la Victoire mais aussi de beaucoup d'autres choses, l'a ramené à la vie, tout comme je l'ai fait avec toi. Mìmir réside maintenant au pied de l'Arbre Monde, Yggdrasil, cœur d'Asgard, pour s'imprégner de ses connaissances… mais il a toujours été faciné par les humains et la façon dont ils évoluaient. Quand je lui apprendrais que tu réagis très bien face au poids des dons que l'on t'a offert, il voudra absolument te rencontrer, et peut-être faire quelques autres tests en t'offrant encore plus de dons. »
Bizarre, j'ai l'impression qu'il me rappelle quelqu'un… Pensa la soldate, avalant difficilement sa salive au souvenir de la scientifique déjantée.
« Bien ! Il est temps de passer au don suivant… » Poursuivit joyeusement Frea, sa tresse ondulant derrière elle, défiant les lois de la gravité.
