Bon bah voilà le cernier chapitre. Vous m'excuserez si vous trouvez que le texte n'est pas très fluide, mais je ne parvenais vraiment pas à exprimer ce que je voulais faire ressentir. Enfin, j'espère qu'il vous plaira quand même.
Reviews: Pource qui est de savoir si Glorfindel ou Arwen va faire son entrée, lisez e vous verrez ^^ (en espérant que je n'en vexerais pas certains)
Melior : Je ne sais pas trop exactement. Je crois que je vais m'en tenir aux grandes lignes, après si des idées me viennet, peut être que je dvierais, mais je ne pense oas que je vais m'y risquer. je ne voudrais pas trop dénaturer ce chef d'Oeuvre qu'est "le seigneur des anneaux".
o Nani-san o : Bah, justement, je ne sais pas si je réussirais à lui trouver une place à notre cher Boromir. J'aimerais lui donner une chance de se racheter ( dans le fond, c'est in bon gars, qui a juste besoins qu'on le remette sur le droit chemin). Pource qui est de l'amour, j'y songe, et une petite romance pourrait voir lejour, je te laisse deviner avec qui (facile!). Et pour ce qui est d'Eric et Samantha, comme tu l'as écrit, il va falloir attendre la suite ( moi même je suis pas encore tout à fait sûre).
Chapitre 7: dernière étape
Ils reprirent leur voyage sur cette terre en même temps que le soleil reprenait sa course dans le ciel. Ils avaient réparti la charge des provisions et du matériel sur leurs dos, pour libérer Bill et permettre à Frodon, trop faible pour marcher, de le chevaucher. Grands-Pas et Luana avaient prit le plus lourd, laissant aux Hobbits encore valides ce qu'ils pourraient porter aisément, mais cela les ralentit plus qu'ils ne le craignaient; il leur fallut traverser quatre jours durant la plaine déserte et aride qui entourait les collines, un jour de plus que ce qu'avait prévu le Rôdeur. Mais ils dormaient peu la nuit, la peur et les tours de gardes instaurés n'aidant pas à se reposer. L'état de Frodon, qui voyageait perché sur Bill, s'aggravait lentement au fil du temps, ralentit autant que possible par l'effet de l'Athelas et les soins du Rôdeur. Pourtant, le Hobbit avait tout le côté gauche, au-dessus de la ceinture, paralysé. Son bras et son flanc ne pouvaient plus bouger et étaient froids comme la glace. Les veinures noires qui affleuraient sous sa peau, la dureté et la froideur de ses chaires laissaient croire qu'il était taillé en partie dans le marbre blanc.
Luana quant à elle, gardait toujours la capuche de sa cape rabattue sur le visage, lui dissimulant le plus possible la tête. Tous souffrait déjà suffisamment ou s'inquiétait du sort de Frodon pour qu'elle n'en rajoute pas. Pourtant, ses oreilles ne cessaient de la faire souffrir, et un filet de sang coulait en continu de ses tympans percés. Elle avait réussit à réduire tant bien que mal l'hémorragie, mais cela ne suffisait pas. En plus de la douleur et du sang, elle n'entendait plus clairement. À plusieurs reprises, Merry, Pippin et Sam lui avaient adressé la parole, sans qu'elle ne les entende; et lorsqu'elle les écoutait, elle devait faire un effort visible pour saisir ce qu'ils disaient. Fort heureusement, elle parvint à leur faire croire que c'était dut à la fatigue, sans quoi ils auraient insisté pour savoir ce qui lui arrivait réellement.
Il fallut encore deux jours de plus pour atteindre l'orée d'une forêt, dans laquelle ils durent rejoindre la Route qu'ils avaient évité depuis le début de leur périple.
Ils durent aussi traversé un pont, le Dernier Pont, selon Grands-Pas. Craignant que celui-ci ne soit prétexte à une embuscade, il était allé en éclaireur, laissant les autres derrière lui. Il était revenu indemne et avec une découverte encourageante: une pierre d'Elfe. Luana, toujours peu convaincue de l'existence de ces créatures mystique, s'était tut en observant la pierre verte avec un regard à la fois curieux et hypnotisé.
Ils quittèrent de nouveau la Route, s'enfonçant plus profondément dans les sous-bois, qui, loin de rappeler les souvenirs agréables d'une promenade de santé, réveilla en eux une peur muette et tenace. ¡Mierda!, plus ils approchaient de leur but, plus les choses allaient de mal en pis. Et comme pour confirmer ses sombres pensées, la pluie s'invita et rendit leur progression plus difficile et pénible, même déprimante, si cela était encore possible.
La seule chose qui égaya et allégea un peu l'atmosphère, se fut la découverte d'un site incroyable. C'était Luana qui avait débouchait la première dans la clairière où se tenaient, figées dans le temps et l'espace, plus hautes que deux hommes, trois immondes statues de pierre. Sur le moment, elle avait hurlé et rebroussé chemin, car elle avait crut se retrouver face à trois troll – ou tout du moins c'était l'idée qu'elle s'en faisait. Sa terreur porta aux lèvres de ses compagnons un léger sourire, et Merry et Pippin se firent un devoir, alors qu'il poursuivaient leur chemin et rejoignaient de nouveau la Route, de lui conter l'histoire de Bilbon, l'oncle de Frodon, selon laquelle le Hobbit s'était retrouvé entre les mains des trois horribles monstres, et qui ne dut son salut qu'au temps qu'ils perdirent à se disputer pour savoir de quelle façon ils allaient le cuisiner, si bien que le soleil s'était levé et les avait transformait en statues. Cette rencontre fut pour les Hobbits un prétexte pour détendre l'ambiance; Sam clama un poème qui parlait d'un troll et de son nonos. Cela fit son effet, et même Frodon, malgré le voile qui commençait à s'abaisser sur ses yeux, sourit doucement à l'évocation de ces souvenirs.
Luana resta sceptique au début –car tout le monde le sais, les trolls n'existent pas-, mais dut avouer que l'histoire collait avec ce qu'ils avaient sous les yeux. Et puis, à force, elle ne pouvait plus dire ce qui était possible ou non. Elle aurait même faillit par croire en l'existence des Elfes.
Et ce fut le soir même, qu'elle dut admettre la vérité.
Ils avançaient sur la Route quand soudain, le son tant redouté de sabots martelant le sol terreux résonna loin derrière eux. Précipitamment, ils se dissimulèrent dans les fourrés bordant le sentier, le plus silencieusement possible. Mais pas Luana. Elle n'avait rien entendu, et resta au beau milieu du chemin, et comme elle avançait en tête, Grands-Pas se tenant aux côtés de Frodon avec les autre Hobbits, elle ne les vit pas quitter le chemin, tout comme eux ne la virent pas rester seule, continuant à marcher sur la Route. Et ce ne fut que lorsqu'il se retourna que le Rôdeur s'en aperçut.
- Luana! l'appela-t-il, mais elle ne réagit pas, et continua.
Le son devenait de plus en plus fort et proche, et pourtant, pourtant, c'était comme si elle ne l'entendait pas. Il sorti en trombe des fourrés et se jeta sur elle, la poussant de l'autre côté de la Route. Elle poussa un cri de surprise et se débattit. Quand il lui plaqua une main sur la bouche, elle lui planta les dents dans les chaires, n'ayant toujours pas vu qui venait de la jeter à terre. Il eu beau lui murmurer à l'oreille de se calmer, s'efforçant de retenir un cri de douleur, elle rua de plus belle. Ce n'est que lorsqu'il lui fit faire volte face qu'elle comprit. Mais il ne lui laissa pas le temps de justifier son comportement, et lui fit signe de se taire, car le son de la cavalcade était désormais terriblement proche, et le tintement de clochettes sonnait à leurs oreilles. Le visage du Rôdeur s'éclaira à ce son.
Et là, perdue au milieu d'un buisson, Luana le vit. Elle vit le grand cheval blanc qui surgit du néant de la pénombre, scintillant d'une douce lueur, comme la lune en pleine nuit. L'homme qui le montait ne pouvait être réellement un Homme. Il luisait de la même lueur que sa monture. Non, la lumière qu'il diffusait était plus pure, plus blanche encore. Une traîne de cheveux tissés d'or, voletait dans son dos au rythme de sa chevauché.
Grands-Pas se redressa et revint sur la Route. Avant même qu'il ne soit apparut dans son champs de vision, le cavalier blanc stoppa à leur niveau, et lorsqu'il vit le visage du Rôdeur, il descendit de selle et vint à sa rencontre.
Luana vit leur lèvre bouger, mais n'entendit rien de là où elle se trouvait. ¡Mierda! Elle entendait de moins en moins, et ses oreilles lui faisaient de plus en plus mal!
Grands-Pas leur fit alors signe. Les Hobbits et elle sortirent de leur cachette et les rejoignirent.
- Voici Glorfindel, qui demeure dans la maison d'Elrond, présenta-t-il.
Elrond? Ce qui voulait dire qu'il était … un Elfe? Luana avança d'un pas timide dans sa direction, et ce qu'elle vit lui coupa le souffle. Non, ce ne pouvait être un Homme. Cet être était si … si beau, d'une beauté infiniment douce, divine. Il était si … parfait. Elle qui ne pouvait plus entendre grand-chose, ne put détourner les yeux malgré la crainte de devenir aveugle qui l'envahit face à tant de grâce et d'éclat. Non, elle ne pouvait plus nier leur existence, les Elfes existaient bel et bien.
- J'ai été envoyé de Fondcombe à votre recherche, leur dit l'Elfe. Nous craignions que vous ne fussiez en danger sur la route.
Il leur fit un récit des aventures qui l'avaient mené jusqu'à eux, mais elle ni comprit rien, tant elle était hypnotisée par cet être divin, incapable de se concentrer suffisamment pour entendre le moindre mot, le moindre son, jusqu'à ce que l'envoûtement ne soit brisé: Frodon, qui était descendu de Bill, vacilla et dut se retenir à son bras, la faisant sursauter.
Glorfindel prit le Hobbit dans ses bras et examina sa blessure, dont l'aspect devenait de plus en plus sombre, tout comme les yeux de Frodon étaient de plus en plus voilés.
L'Elfe leur intima de reprendre la route, malgré la fatigue croissante, et il fut décidé que Frodon serait transporté par le cheval elfique.
Et ils reprirent leur marche, longue, harassante. Ils avaient dut accélérer le rythme, l'état de Frodon devenant de plus en plus inquiétant, et il était difficile de suivre les pas infatigable de l'Elfe. Ils marchèrent ainsi toute la nuit, jusqu'à ce que Glorfindel, dans un élan de générosité pour les Hobbits qui ne tenaient plus sur leur jambe que par miracle, Luana qui ne valait pas mieux qu'eux, et Grands-Pas qui lui aussi montrait des signes de faiblesse, leur accorda une pause, tandis que l'aube pointait à peine.
Luana se laissa tomber sur une couche épaisse de feuille morte et ferma les yeux. Mais après ce qui lui parut ne durer qu'une poignée de secondes, elle senti une main posée sur elle, qui la secouait doucement. Elle eut du mal à soulever ses paupières scellées par le sang séché qui avait dut couler encore pendant son sommeil. Elle vit Grands-Pas, penché sur elle et l'air inquiet. Elle vit ses lèvres remuer en silence. Elle les regarda se mouvoir un long moment, avant que les mots du Rôdeur ne parviennent à faire vibrer douloureusement ses oreilles.
- Lua… devons … champ … vez … Miruvor …fique … bien, comprit elle alors qu'il lui tendait une gourde cloutée d'argent.
Elle s'en saisit sans vraiment comprendre, et lui jeta un regard interrogateur et incertain. Il voulait qu'elle boive ça? Mais qu'est ce que c'était?
Luana agissait de façon étrange. Elle s'était couchée à l'écart de tous, recroquevillée dans sa cape de voyage, sa capuche rabattue sur le visage. Il l'avait appelé dans l'espoir de la réveiller, mais elle dormait trop profondément pour l'entendre. Tout du moins, c'est ce qu'il avait crut sur le coup. Il dut la secouer pour la tirer du sommeil. Et ce qu'il vit lorsqu'elle tourna son visage vers lui ne lui plut pas, au contraire. De fines trainées rouges sillonnaient sa peau si blanche, et des croûtes de sang s'étaient formées autour de ses yeux, si bien qu'elle eu du mal à les ouvrir. Elle l'avait observé d'un air ahurie, fixant ses lèvres sans pour autant daigner lui répondre. Il lui avait tendu la gourde de Miruvor de Glorfindel.
- Luana, nous devons repartir sur le champ. Buvez. C'est du Miruvor, une liqueur elfique. Elle vous fera le plus grand bien.
Elle l'avait prise, mais ne sachant apparemment pas quoi en faire.
- Qu'est ce que c'est, demanda-t-elle plus fort que nécessaire, d'un ton hésitant, comme si … comme si elle n'entendait elle-même pas ce qu'elle disait!
- Luana, est ce que ça va?
À cette question, tous se retournèrent vers eux.
- Luana? La héla Merry, juste derrière elle.
Elle ne réagit pas, attendant toujours une réponse à sa question. Et lorsque le Hobbit lui posa une main sur l'épaule, elle sursauta, comme si elle ne l'avait pas entendu arriver, malgré le crissement des feuilles mortes sous ses pas.
Comprenant soudain qu'elle n'entendait réellement pas quoique ce soit, Grands-Pas tira la capuche qu'elle gardait toujours sur la tête, et l'effroi qu'afficha la jeune fille lui prouva qu'elle lui cachait la vérité: de longues coulées de sang avaient séchées dans son cou, tandis qu'un liquide jaune épais continuait de s'écouler des oreilles.
- Luana! S'écria-t-il.
Mais elle refusait de le regarder dans les yeux, honteuse. Depuis le début elle savait, elle s'était aperçue de sa surdité croissante, et elle ne leur avait rien dit.
Le Rôdeur et l'Elfe la forcèrent à rester allongée, malgré ses protestations.
- Lâchez-moi! Il faut partir. Frodon ne pourra plus attendre très longtemps!
Grands-Pas lui fit signe de se taire et de ne plus bouger. Résignée, elle se laissa aller contre un tronc d'arbre, abattue. Il soupira, puis se pencha sur elle, lui prit délicatement la tête entre les mains, et ausculta les conduits auditifs. Malgré le pus et le sang coagulé, il était facile de voir qu'elle avait les tympans crevés. Mais chose étrange, les fines membranes de peau avaient commencée à se reformer, alors que ce processus de guérison nécessitait près d'un mois. La cicatrisation était trop rapide.
- Vous avez bientôt finit? Articula-t-elle avec difficulté.
Il acquiesça, lui nettoya l'intérieur des oreilles avec un tissu légèrement humidifié – il ne fallait pas que de l'eau entre dans l'oreille interne, ou son sens de l'équilibre en aurait prit un coup –et appliqua sur la surface interne de la feuille d'Athelas mâchée par ses soins, comme un cataplasme. Puis il l'aida à se relever, sans un mot, sans un regard, et ils purent enfin repartir.
Alors qu'ils avançaient, Grands-Pas et Glorfindel échangeaient souvent des paroles que même les Hobbits ne semblaient pas comprendre, mais l'air inquiet qu'ils affichaient indiquait clairement ce qu'ils craignaient. Luana n'avaient plus ses oreilles pour entendre, tout du moins temporairement, mais elle avait encore ses yeux, et elle scrutait les alentour avec une acuité inhabituelle pour elle. Elle parvenait à deviner le motif de chaque feuille au-dessus de sa tête et sous ses pas, percevait avec une précision effarante le mouvement infime de chacun des cheveux du seigneur Elfe. Elle avait déjà entendu dire que lorsqu'un sens faisait défaut, les autres s'amplifiaient pour compenser la perte; elle n'aurait néanmoins jamais crut que c'était à ce point.
Elle marchait à côté du cheval blanc, s'assurant que Frodon, de plus en plus faible, ne viendrait pas à baller, et aussi près fut elle de l'animal, elle avait la sensation de sentir un parfum mêlant sueurs et foin, l'odeur du cuir de la selle. Une odeur différente de celle qui émanait de Bill. Même l'odeur des sous-bois en devenait écœurante tant elle était forte.
Mais au fur et à mesure que la journée avançait, que la fatigue reprenait le dessus sur eux, ses sens revinrent à la normale, au fur et à mesure que les sons lui parvenaient de nouveau à travers la bouillie épaisse qui lui bouchait les oreilles. Elle commença à farfouiller avec ses doigts pour la retirer, quand une main l'arrêta.
- Ne l'enlevez pas, lui dit Grands-Pas, même s'il était convaincu, à juste titre, qu'elle ne l'entendait pas.
- Je n'ai plus mal, répondit-elle normalement. J'entends de nouveau normalement. Très efficace, votre plante.
Le Rôdeur fronça les sourcils. Au même moment, Glorfindel décréta une pause, voyant Merry, Sam et Pippin trébucher de fatigue pour la énième fois.
Grands-Pas en profita pour réexaminer Luana. Qu'elle ne fut pas sa surprise lorsqu'il découvrit les tympans intacts, comme s'ils n'avaient pas été percés quelques heures plus tôt.
- Cela ne se peut, souffla-t-il pour lui-même.
- Et pourtant si, dit Luana, ayant parfaitement saisit ses paroles, prouvant qu'elle avait récupéré toutes ses capacités auditives.
Il l'observa un moment, interdit. La jeune fille, se sentant encore coupable de leur avoir caché cela, détourna le regard, mal à l'aise.
- Pourquoi n'avoir rien dit? J'aurais put vous soigner dès le début.
- Je ne voulais pas que l'on perde de temps. Et puis au début, je croyais que ça allait passer tout seul.
Ce qui était peut être le cas, d'ailleurs.
- Depuis quand?
- Depuis l'attaque des Nazgûls à Amon Sûl.
- Ne parlez pas de ces êtres en ces lieux, dit Glorfindel en s'approchant d'eux. Nous devons reprendre la route, fit-il en s'adressant au Rôdeur.
Tous deux se relevèrent, et tandis qu'ils suivaient l'Elfe, il lui demanda:
- Sont-ce les cris des Nazgûls qui vous ont ainsi blessée?
Elle n'eut pas besoin de répondre, car tout deux connaissaient déjà la réponse.
Mais alors qu'ils franchissaient une sorte de tranchée dans laquelle s'enfonçait la Route, Luana fit brusquement volte face, l'oreille tendue, aux aguets, imitée par Glorfindel. Là-bas, au loin, un bruit mat résonnait comme un roulement de tambour. Cette fois, c'était elle qui le perçut, ni le Rôdeur, ni les Hobbits ne semblaient s'en soucier. Et pourtant, ce son les suivit jusqu'à ce qu'ils ressortent à l'air libre et dans la lumière. Il les enveloppa, l'Elfe et elle, alors qu'ils découvraient tous une rivière, un peu plus bas, et sur l'autre rive, d'imposantes montagne dominaient le paysage. Le Gué de Fondcombe.
Et le son se fit plus fort, plus proche, ç tel point que tous se retournèrent d'un même ensemble. Ce son, s'était celui de plusieurs chevaux lancés au grand galop.
- Fuyez! Hurla Glorfindel. Fuyez, l'ennemi est sur nous!
Le cheval blanc s'élança, emportant avec lui Frodon, qui peinait à se tenir en selle.
Luana attrapa par le col Merry et Pippin, juste à temps pour les entraîner hors du passage, hors de la trajectoire des cinq Cavaliers noirs qui se ruèrent sur Frodon. Elle se retourna et les vit passer comme des flèches devant eux; ils ne leur prêtèrent pas la moindre attention, alors qu'ils étaient à leur merci. Non, ils filèrent droit, cherchant à rattraper Frodon. Ils crachèrent au ciel leur terrible litanie, qui fit de nouveau des ravages chez la jeune fille, mais au moins lui épargnèrent les tympans.
- Venez! Leur intima Glorfindel en se lança à son tour à leur poursuite.
Les Cavaliers étaient trop rapides pour qu'ils pussent espérer les rattraper à pied, ils ne les voyaient déjà plus. L'Elfe les exhorta malgré tout à continuer.
Luana sentit brusquement toute fatigue la quitter. Frodon était en danger. Il était presque arrivé au bout de ses peines, et voilà que ses cabrones de Nazgûls se ramenaient, prêt à achever ce qu'ils avaient commencé quelques jours plus tôt. Non, ça, elle ne le permettrait pas! Poussant de toutes ses forces sur ses jambes, puisant dans ses dernières ressources, elle allongea ses foulées, les fit plus rapprochées dans le temps, prenant appui sur la pointe des pieds, profitant ainsi d'une poussée plus importante, elle se maintint au niveau de l'Elfe, à la plus grande surprise de tous. NON! Elle ne les laisserait pas faire!
Ils arrivèrent essoufflés à proximité de la rivière, et aperçurent de nouveau leur ami, qui avait traversé et se tenait sur la rive opposée. Il n'y avait plus cinq Cavaliers, mais neuf! Neuf dont aucun d'entre eux ne semblait vouloir se mouiller, leurs chevaux renâclant et se cabrant à l'approche de l'eau.
Grands-Pas et Glorfindel les attira, les Hobbits et elle, dans un creux. Dans le peu de temps qui leur était impartit avant que les Nazgûls ne perdent patience et se jettent à l'eau, le Rôdeur partit chercher du bois mort, et l'Elfe leur explique le plan.
- Dès qu'ils traverseront, une crue viendra balayer le lit de la rivière. S'ils ne sont pas emportés, ils se retourneront contre nous. Nous n'auront pas d'autre choix que de faire face.
Sam, Merry, Pippin et Luana pâlirent à la simple idée de devoir se battre de nouveau contre ces créatures. Malgré l'angoisse qui lui noua la gorge, elle parvint à bafouiller d'une voix presque inintelligible.
- Et … le feu … les fera reculer, vous croyez?
Il lui adressa un regard explicite.
- Les Esprits Servants de l'Anneau craignent le feu autant que l'eau, et leurs montures plus encore. Prenez vous en aux chevaux, et ils entraineront leurs maitres dans le torrent.
Grands-Pas pesta; il ne parvenait pas à allumer le feu!
Luana eut un frisson. Elle n'aimait pas l'idée de s'en prendre à des animaux, et encore moins de faire face aux Nazgûls et leur chant de mort. Mais elle avait juré de suivre Frodon où qu'il aille et de le protéger quoiqu'il arrive. Se glissant au dehors du creux, elle s'approcha de Bill, retrouva soin sac et farfouilla à l'intérieur. Elle revint auprès d'eux avec la bouteille d'alcool à brûler et un briquet à gaz à la main, ses bolasses pendues à l'épaule.
- Reculez!
Elle aspergea d'alcool généreusement les bâtons de bois qu'avait ramenait le Rôdeur, ainsi que les mèches de grosse corde des bolasses, et y mit le feu d'une pression du doigt sur le dispositif électrique. Tous les autres lâchèrent une exclamation de stupeur face à la rapidité avec laquelle le bois s'était enflammé. Mais ils furent coupés là dans leur ébahissement. Un grondement sourd fit trembler le sol sous leurs pieds.
Luana ne put s'empêcher de sortir pour voir ce qui se passait. Un spectacle hallucinant s'offrit à elle. Le Cavalier de tête s'était avancé jusqu'au milieu du cours d'eau, suivit de deux autres. Et là, surgissant du coude de la rivière, un mur d'eau se précipitait à leur rencontre. Non, pas un mur d'eau! Un troupeau de chevaux aqueux, montaient par des êtres de lumières, qui piétinèrent t sans pitié et sans ralentir les trois Nazgûls. Ceux qui étaient restés au bord hurlèrent, et firent précipitamment demi-tour. Ce fut cet instant que Glorfindel décida d'agir. Grands-Pas, Sam, Merry, Pippin et lui se saisirent de tisons enflammés, Luana enroula la chaîne de ses bolasses autour de la paume de ses mains, et tous se jetèrent en travers du passage, leur coupant toute retraite. Les Cavaliers étaient à présent bloqués entre le feu et l'eau. Glorfindel avançait sur eux avec colère, une vive lumière irradiait de tout son être. Luana ne put le voir que du coin des yeux, pourtant, ce qu'elle vit lui coupa le souffle, chassa toute crainte de son cœur: il était magnifique, réincarnation l'archange Saint Michel brandissant son épée pour achever le dragon.
Elle ne le savait pas, mais elle aussi offrait une vision grandiose. Incarnation d'une déesse de feu, elle dansait un ballet enflammé, faisant voltiger autour d'elle ses bolasses, telles des boucliers de flammes sans cesse en mouvement qui formaient un dôme protecteur autour d'elle, tourbillons de feu qui frappaient tels des serpents, mordant avec hargne la chaires de chevaux et le néant des Nazgûls, ne les laissant pas s'approcher, ne leur laissant nul répit, les repoussant toujours plus vers le torrent.
Grands-Pas et Glorfindel luttaient avec la même énergie, les soumettaient à leur volonté. Même les Hobbits parvinrent à rendre fous les destriers, tant et si bien qu'il ne resta bientôt plus que trois Nazgûls. Mais Pippin commit une erreur, une grave erreur.
Se souvenant de ce qu'avait fait Grands-Pas à l'une de ces créatures à Amon Sûl, le semi-homme lança avec adresse sa torche, qui vint se ficher sous la capuche de l'un des Cavalier. Ce dernier poussa un hurlement de souffrance et de rage, un hurlement plus puissant que jamais, un hurlement qui ébranla Luana.
La jeune fille se retrouva au bord de la conscience, un flot de sang lui coulant le long du visage. Ses bolasses s'emmêlèrent, et elle eut tout juste le réflexe de les lâcher, sous peine de devenir une torche humaine, avant de tomber à genou, la tête entre les mains.
L'un des derniers Cavaliers rescapés vit la faille dans le barrage, et fondit sur elle. Luana ne put que lever un bras, que déjà une lame noire s'abattait sur elle.
