Voilà voilà, j'espère que ce qui m'on trouvé cruelle avec Luana me pardonneront un peu avec ce chapitre.

Reviews:

Eclipse1995: merci mais tu sais, t'es pas obligé(e?) de te priver lol, mieux vaut tard que jamais. Je sais je suis dure avec elle, mais c'est parce que je l'aime comme ma propre fille (je ferais une bien piètre mère XD ) mais t'inquiètes pas pour elle, elle a de la ressource . Et c'est débrouillée ;-)

lusaphira: si j'obtiens un maximum de voix en sa faveur, je tâcherais de sauver Boromir, je te le promets. Elle ne mérite pas ce qui lui arrive, mais crois moi, c'est pour son bien (là je suis en train de passer pour une grosse psychopathe) enfin, lit en tu comprendras ^^

o Nani-san o: désolée si j'ai fait pleurer tes petits yeux, et merci de ne pas m'en vouloir pour ce que j'ai fait à Luana. Je crois que tu commence à bien cerner le personnage (tout comme l'auteur) ^^


Chapitre 9: l'amitié panse bien des plaies

Elle passa une grande partie de la nuit en compagnie de Grands-Pas et dame Arwen. Ils lui firent découvrir la cité de Fondcombe, ou Imladris en elfique. Maintenant qu'elle avait rouvert les yeux, les lieux lui parurent merveilleux, emplit d'une paix qu'elle n'avait sut goûter.

Elle aurait voulut rester ainsi toute la nuit, à découvrir les mille et unes merveilles qui gorgeaient la demeure d'Elrond, mais bien vite la fatigue la rattrapa. Arwen et Grands-Pas la reconduire jusqu'à sa chambre, dans laquelle les éclats du miroir brisé jonchés le sol, et de légères traces de sang souillaient les dalles blanches. L'Elfe et le Rôdeur ne dirent rien, cela ne les empêcha pas d'examiner discrètement le corps de la jeune fille pour s'assurer qu'elle ne s'était pas mutilée, et furent rassurés quand ils virent qu'il n'y avait nul trace de blessure récente. Ils lui dirent au revoir et sortirent, tandis qu'elle se mettait au lit.

Luana avait crut qu'elle ne parviendrait pas dormir, maintenant que ses pensées étaient de nouveau libre. C'était mal connaître le pouvoir de Fondcombe, et la quiétude qui y régnait. Et puis, il y avait cette petite voix qui, au fond d'elle, formait un barrage contre le flot tumultueux de ses pensées. À chaque fois qu'elle essayait de le traverser pour se jeter à l'eau, elle était prise d'un coup de barre, elle n'en avait plus la force, ni même la volonté. Elle retrouvait la même sensation de calme apathique que lorsqu'elle avait essayé de faire le point lorsqu'ils se trouvaient au Poney Fringant. Et comme au Poney Fringant, elle chercha malgré tout à savoir, si bien qu'elle s'endormit sans même s'en rendre compte.


Le lendemain, elle se réveilla avec le chant des oiseaux. Le soleil brillait dans la chambre, une douce brise apportait un parfum de bois et de forêt. Elle se sentait bien. Enfin, bien, difficile avec un bras en moins, disons plutôt qu'elle se sentait un peu mieux que les jours précédents. La preuve, elle ne resta pas amorphe au fond de son lit et se leva. On avait prit soin de la laver lorsqu'elle était inconsciente, mais elle se sentait sale, mal dans sa peau, si bien qu'elle alla dans la salle de bain (ou ce qui y ressemblait) et fit tant bien que mal sa toilette. Lorsqu'elle revint un peu plus tard dans sa chambre, elle s'aperçut que les éclats de verre avaient été ramassés, et le miroir remplacés. Mais quand …? De légers coups résonnèrent, et la porte s'ouvrit. Gandalf et Elrond restèrent un moment sur le seuil, immobiles.

Ne sachant quoi faire, Luana fit, comme la veille en présence de dame Arwen, une référence qui laissait à désirer, l'air un peu maladroit. Le mage et le seigneur Elfe sourirent face à sa gêne et entrèrent enfin.

- Vous semblez en bien meilleur forme, lui dit Gandalf avec un sourire. La dernière fois que nous nous sommes vu, vous ne faisiez pas tant de manière.

Soudain honteuse, Luana préféra fixer ses pieds que d'affronter leurs regards.

- Veuillez me pardonner, souffla-t-elle.

- Il n'y a rien à pardonner, jeune Luana. Vous aviez besoin de repos et de réconfort dans ce moment difficile, et nous n'avons pas sut faire preuve de patience à votre égard. Nous en sommes désolés.

- Hein, heu … non, vous n'avez pas à l'être seigneur Elrond, je … enfin…

Elrond et Gandalf souriaient de sa déconfiture.

- Le plus important est que vous soyez remise.

- Ouais enfin, en partie, dit-elle d'un ton désespéré.

Le sourire des deux Sages s'effaça, et elle maudit intérieurement son manque de tact.

- Pourquoi ne pas s'assoir? Demanda Gandalf pour la sortir de son embarras. Je pense que nous serons mieux pour parler plutôt que de rester ainsi debout.

Elle lui adressa un timide sourire, reconnaissante, et se laissa tomber sur le lit, tandis que les deux autres prenaient place dans deux fauteuils de bois blanc.

- Avant, est ce que vous pourriez me dire comment vont les autres? Je n'ai pas eu de nouvelles d'eux depuis … enfin … Comment va Frodon? Il s'en est sortit?

- Vous ne l'avez pas vu? Interrogea le mage.

Ne voulant pas leur avouer qu'elle restait dans sa chambre le jour, et sortait errer la nuit, elle remua juste la tête en signe de négation.

- Maître Frodon est venu vous voir tous les jours, ajouta Elrond.

- Quoi?

- Il est resté à votre chevet plusieurs heures dans l'attente de vous voir émerger de vos couvertures, répondit Gandalf avec un petit air amusé. Il était d'ailleurs le seul que vous tolériez dans votre chambre.

- ¡Mierda! Je me souviens de rien!

Le seigneur Elfe fronça les sourcils face à son langage qui, même s'il ne savait pas ce que cela signifiait, n'était probablement pas approprié en ces lieux, et encore moins dans la bouche d'une jeune fille. C'est à ce moment là que Luana se rendit compte qu'au lieu de se sentir embarrassée comme elle l'était, elle aurait dut être impressionnée, intimidée face à ces deux hommes, enfin, ces deux être, dont un était prétendument un grand sorcier, et l'autre un puissant seigneur Elfe. Mais rien à faire, elle ne ressentit qu'un peu plus d'embarras à cette pensée.

- Je sais que cela peut vous paraître quelque peu outrancier de notre part, enchaîna Gandalf, mais nous aimerions vous poser quelques questions.

Luana haussa les épaules d'un air vague. Il fallait s'y attendre.

- Vos amis nous ont dit que vous venez d'un monde … différent du notre. Mais comment a-til put se produire?

Elle aval sa salive avec difficulté, sentant à nouveau les larmes lui brûler les yeux. Si elle savait comment elle avait fait pour l'aller, il y aurait longtemps qu'elle aurait prit le chemin du retour, au lieu de suivre les Hobbits. Quoique …

- Je n'en sais rien. Dans mon monde, je … j'ai eu un accident, et quand je me suis réveillée, je me suis retrouvée dans la forêt, entourée de Hobbits.

- Justement, pourquoi les avoir suivit? La questionna Gandalf, un mélange d'incompréhension et d'intérêt dans la voix, qui laissait deviner que lui-même sentait quelque chose de bizarre là-dessous.

- Je sais pas. J'ai pas vraiment réfléchit. On a entendu le cri d'un Nazgûl, et on s'est mit à courir.

- Et vous avez préférer continuer malgré le danger? Vous auriez put fuir.

- Je sais, mais j'ai pas voulut les laisser, j'en était incapable. Je savais pas ce qui les poursuivait, mais je le sentais pas ce truc. Je veux dire, je sentais que c'était quelque chose de mauvais, ajouta-t-elle face à l'expression des deux sages. Et qu'est que je pouvais faire d'autre.

Une grande fatigue la saisit tandis qu'elle disait ces mots. Elle ne savait pas quoi répondre à leur question, elle ne comprenait pas plus qu'eux. Et comment aurait elle put leur dire le peux qu'elle savait? Elle n'allait pas non plus leur dire qu'elle avait fait ce qu'elle devait faire, qu'elle avait cette certitude au fond d'elle qui la guidait dans ses choix et étouffait ses doutes.

Elrond perçut sa fatigue, et décida de ne pas la pousser trop loin.

- Nous avons une dernière question à vous poser.

- Allez-y.

- Votre guide nous a dit qu'à plusieurs reprises, le cri des Cavaliers Noirs déclenchait chez des réactions pour le moins … étranges. Que vos yeux, vos oreilles et votre nez se mettent-ils donc à saigner dès que vous entendez leur chant de mort, au point que vos tympans en soient percés. Savez vous pourquoi?

- Non, j'en sais rien.

De nouveau, de légers coups résonnèrent à la porte.

- Bien, je crois qu'il est temps pour nous de vous laisser, jeune Luana.

Le seigneur Elrond se leva et alla ouvrir la porte. Tout à coup, Luana se retrouva plaquée au matelas, écrasée sous le poids de quatre Hobbits fous de joie.

Gandalf et Elrond sortirent en silence, un sourire aux lèvres, même s'ils savaient tous deux que la conversation qu'ils allaient avoir ne serait pas si joyeuse.

Les retrouvailles avec Frodon, Sam, Merry et Pippin furent beaucoup moins modérées que celle avec Grands-Pas, et se firent dans de grands éclats de rire. Tous s'inquiétèrent de son état, en évitant le plus possible d'évoquer le bras manquant. Au bout d'une heure, Sam, Merry et Pippin l'invitèrent à venir avec eux explorer les bois environnants, mais Luana, prétextant de se sentir encore un peu faible, déclina l'offre, et se retrouva seule avec Frodon après moult recommandations et plaisanteries. Elle ne voulait pas se l'avouer, mais c'était surtout le fait qu'elle s'imaginait mal rester tranquillement à marcher dans la forêt, alors que maintenant qu'il n'&tait plus poursuivis, elle en aurait profitait pour grimper aux arbres comme un petit singe.

- Comment va ta blessure, s'enquit-elle après un moment de silence.

- Elle est complètement guérie, il n'en reste presque plus aucun trace, dit il en découvrant une fine cicatrice blanche juste au dessus du cœur.

- Et tu n'auras pas de séquelles? Tu peux à nouveau bouger ton bras comme avant? Demanda-t-elle sans arrières pensées.

Frodon hésita. Il savait bien qu'elle souffrait de la perte de son bras, et même si elle faisait comme si de rien n'était, il préféra y aller avec des pincettes. Et ça, elle n'appréciait pas beaucoup, même si l'attention la touchait.

- Oui, les soins du seigneur Elrond ont fait des miracles. Et toi, comment te sens tu?

Il y eut un moment de silence, puis Luana répondit distraitement en regardant à travers la fenêtre.

- Je vais bien.

Puis, brusquement, elle se leva.

- Hé si tu me montrer un peu les environs?

- Je croyais que Grands-Pas l'avait déjà fait.

- C'est vrai, mais j'étais trop fatiguée pour pouvoir tout visiter, et puis il faisait nuit.

Prétexte bidon que l'excuse de la nuit, car elle sentait qu'elle n'apprécierait pas autant les murs blancs sous la chaude lumière du soleil que sous la fraiche clarté de la lune.

Frodon soupira et se leva lui aussi.

- Tu es vraiment quelqu'un de …

- Si tu dis "bizarre", t'auras droit au même traitement que Grands-Pas, compris? Menaça-t-elle tout en sachant que le Rôdeur n'avait rien dit à personne.

- J'allais dire fascinante.

Luana lui jeta un regard perplexe. Le Hobbit avait quelque chose de sérieux au fond des yeux qui ne lui dit rien qui vaille.

- Je t'admire, et ta présence me rassure, avoua-t-il. Mais tu ne laisse personne te connaître réellement. Lorsque l'on s'intéresse trop à toi, tu changes de sujet. Ti n'as pas peur de te battre, mais lorsque tu sens que quelque chose pourrait te faire souffrir, tu es froide et distante. Et lorsque tu es triste, tu le caches derrière un sourire. Pourquoi ne veux tu pas que les gens sachent réellement ce que tu ressens?

Il avait visé juste. Strike!

- Je ne veux pas que l'on s'inquiète pour moi, c'est tout, murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour lui.

- Et c'est pour ça que tu préfère t'inquiéter pour les autres?

- Il est plus facile de supporter la souffrance des autres que la sienne, finit elle par lui sourire tristement.

Tout deux restèrent debout,. Décidément, les Hobbits étaient des êtres exceptionnels, surtout celui qui se tenait devant elle. Parvenir à lui faire avouer ça, personne ne l'avait fait avant lui. Si cela avait était le cas, elle en aurait voulut à mort à celui qui avait percé sa défense. Mais Frodon, non, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle ne voulait pas. et pourtant, elle s'apprêtait à lui faire mal, très mal.

- Frodon, l'anneau que tu transporte, c'est ça que les Nazgûls voulaient, non?

Le Hobbit se figea. Elle aussi venait de toucher une corde sensible. Elle le vit porter la main à son cou, là où une chaine maintenait l'anneau en question plaqué contre sa poitrine, et, comme hypnotisé, il referma sa main dessus.

- Qu'est ce qui te fait dire ça?

Il était à présent tendu, méfiant, et une certaine hostilité émanait de lui. Luana ne se démonta pas pour autant. Maintenant qu'ils étaient en sûreté, elle voulait savoir, savoir pourquoi elle avait perdu son bras.

- Quand on était chez Poiredebeurré, tu avais l'air bizarre en jouant avec, un peu comme maintenant. Quand tu es tombé et qu'il s'est enfilé comme par magie à ton doigt, tu as disparut. À Amon Sûl, tu l'as mit, et tu as à nouveau disparut, pourtant, c'était comme si les Nazgûls savaient où tu étais, ils te voyaient! Et c'est toi qu'ils ont poursuivit au Gué. Est-ce que c'est parce que tu portes ce foutu anneau?

- Oui, dit il, dans un état second.

Silence. Lourd et écrasant. Aussi épais et chaud qu'une lave visqueuse.

Puis Frodon lâcha l'anneau et le remit sous sa chemise. Aussitôt, ce fut comme si un nuage avait été poussé par un vent de fraîcheur.

- Bon, et si nous y allions? Proposa-t-il. J'aimerais te présenter quelqu'un.


Il l'entraîna jusque dans un jardin, au bord de la falaise. Là, assise sur un banc de pierre, une petite silhouette était en train d'écrire. Elle avait ses cheveux blancs frisotant, ses pieds nus était velus, et elle devait à peine arrivait à la taille d'un homme normal. Le vieil Hobbit leva le nez de son ouvrage, et son visage s'éclaira quand il les vit.

- Luana, je te présente mon cher oncle Bilbon. Bilbon, voici Luana.

- Bilbon? S'exclama la jeune fille. Le Bilbon, qui s'est retrouvé au milieu de trolls?

- Ho, je vois que ma réputation m'a précédé, plaisanta le vieil Hobbit, visiblement enchanté. J'ai moi aussi beaucoup entendu parler de vous, mon enfant, et je suis enchantée de faire votre connaissance.

- Tutoyez-moi s'il vous plait, papy Bilbon!

Elle l'avait dit tout naturellement, sans y réfléchir, et le blanc qui suivit lui fit fit prendre conscience de sa bourde.

- Ho! Je… je suis désolée. Je ne voulais pas, c'est … c'est sorti tout seul. C'est juste que vous me rappelez mon grand père, et … Non, je … ¡Mierda!

Elle était terriblement confuse et s'enfonçait de plus en plus. Frodon était plié de rire, tandis que Bilbon souriait avec bienveillance.

- Pas besoin de vous … de t'excuser, il n'y a pas de mal. Allons pourquoi se mettre dans tous ses états pour si peu. Je suis au contraire honoré, et je te serais reconnaissant si tu voulais bien continuer à m'appeler ainsi.

- Vrai… vraiment?

- Bien sûr. Être le "papy" d'une jeune fille tel que toi est un honneur pour le vieil Hobbit que je suis, même si je suis bien heureux que mon neveu ne m'ai pas fait l'honneur de me faire grand-père. Mais dis moi, Luana, e prénom n'est pas commun dans la région. Que veut-il dire?

Frodon et Sam avait expliqué à quel point la signification des prénoms avait une importance dans ce monde. Sa mère aurait aimé, car elle aussi avait à cœur que le nom de ses enfants ait un sens caché. Éric par exemple signifiait "honneur et roi puissant".

- C'est du polynésien, ça veut dire "celle qui vient de la lune".

Les deux Hobbits sursautèrent et eurent l'air stupéfait.

- Tu veux dire que tu viens de la lune? S'étonna Bilbon.

- Je savais que tu venais d'un autre monde, mais jamais je n'aurais crut que tu venais de si loin.

- Heu, non en fait, c'est juste mon prénom qui dit ça, mais moi je viens de la Terre, comme vous…

Tous trois éclatèrent de rire tandis qu'elle s'empêtrait dans ses explications. Brusquement, les derniers soucis qui flottaient encore dans l'esprit de luna s'envolèrent, et elle passa l'après midi à écouter les histoires du vieux "papy" Bilbon.