Et voilà le moment tant attendu de ... non, je vais rien dire. A vous de le découvrir ^^

Reviews: faut vous décider, l'une me dit que je publie trop vite, et les autres me réclame de nouveaux chapitre, faut savoir! ^^

Melior: désolée si je vais trop vite, mais je publie comme j'écris, c'est-à-dire comme ça vient. Mais dis toi que justement, si je poste d'ici demain soir, t'en auras plus encore à lire (perso je trouve que c'est une bonne chose) et si tu veux reviewer, prends ton temps, je publie pour partager, pas pour courir après les reviews. :-)

o Nani-san o: si tu me parle de hiboux, chouette, aigles et compagnie, enfin tout ce qui est rapaces, tu peux être sûre que je publierais le plus vite possible ( si ma plume me le permet). Et pour les personnages, tu seras bientôt servie, ne t'en fais pas.

Eclipse1995: ouf, tu ne m'en veux pas trop (pour le moment). Si ça peut te rassurer ma mère est assistante maternelle et je sais très bien m'occuper de gamins, et si ça suffit pas pour apaiser tes craintes, saches que je suis trop occupée à écrire pour songer à en avoir. Là encore, yes désirs seront bientôt exaucés.


Chapitre 10: la pleine lune de Naurofána

Alors que le soleil descendait derrière les montagnes, des rumeurs parcoururent comme un souffle les couloirs de Fondcombe.

- Tiens, on dirait que les invités du seigneur Elrond sont enfin là, dit Bilbon avec un sourire.

- Les invités?

- Oui, le seigneur Elrond a convoqué les représentants de toutes les races et tous les peuples de la Terre du Milieu.

- Vous voulez dire, les Elfes, les hommes et les Hobbits?

- Et les Nains, ajouta Frodon.

- Oui, et les Nains, au grand dam des Elfes.

- Pourquoi, ils ne s'entendent pas?

Pour elle, les nains étaient des personnes souffrant de nanisme –c'est-à-dire une insuffisance de croissance dut à une maladie ou un accident-, et elle voyait mal les Elfes, que l'on décrivait d'une grands sagesse, tourner le dos à des personnes pour leur différence, surtout que les Hobbits étaient les bienvenus chez eux. Les deux Hobbits se jetèrent un regard amusé.

- Disons que les relations Elfes Nains sont quelque peu tendues depuis voilà de nombreux siècles. Bien, vous m'excuserez jeunes gens, mais je vais allez saluer mon vieil ami Gloìn. Je ne pense pas me présenter aux festivités de ce soir.

- Les festivités? Interrogea Luana, surprise.

- Oui, organisées par le seigneur Elrond en l'honneur de mon cher neveu et pour souhaiter la bienvenue à ses invités.

Ils le suivirent finalement jusqu'à la cour centrale de Fondcombe, là où se trouvaient les écuries.

des Elfes étaient en train de s'occuper de chevaux visiblement fraîchement arrivés; enfin fraîchement, il semblaient plus épuisés par le voyage qui les avaient menés ici qu'autre chose.

Quatre hommes, plus petits que des Hobbits franchissaient les grandes portes de Fondcombe à pied, en même temps que "papy" Bilbon, Frodon et Luana pénétraient dans la cour. Ils portaient pour la plupart des haches presque aussi grande qu'eux, accrochées dans leur dos. Des Nains! Visiblement, ici ce n'était pas une maladie, mais bien un peuple!

Luana se sentit complètement stupide, et plus encore quand l'un d'eux s'approcha et vint les saluer.

- Bilbon, mon cher ami!

- Gloìn, comme il est bon de vous revoir!

Là encore les présentations furent faites. Les Nains observèrent la tenue de la jeune fille avec des regards critiques, et plus encore lorsqu'ils se posèrent sur son moignon. Un Nain à la barbe rousse, bougonna dans une langue rude et grinçante.

C'est alors que trois Elfes entrèrent, tous montés sur de magnifique chevaux blancs. Celui qui était en tête descendit de selle avec une grâce indéfinissable. Il était d'une beauté à couper le souffle, avec ses yeux d'un bleu lumineux, et ses cheveux d'or. Luana eu du mal à détacher ses yeux de cette image de perfection, jusqu'à ce que l'Elfe se retourne vers elle.

- Vous voici donc sortie de votre chambre, jeune Luana, fit une voix derrière elle.

Elle se retourna, et tomba nez à nez avec Elrond. Il lui sourit et alla saluer les nouveaux venus.

Frodon la tira par la main pour attirer son attention, et elle dut se pencher pour qu'il lui murmure à l'oreille:

- Luana, est ce que ça va? Tu as l'air bizarre tout à coup.

- Oui, je vais bien, c'est juste que je me sens fatiguée. Je crois que je vais aller me reposer.

- Mais, et le banquet?

- Je … je ne crois pas que j'aurais la force de tenir toute la soirée assise à table, et encore moins s'il faut danser, plaisanta-t-elle.

En réalité, elle pensait surtout qu'elle n'avait pas sa place au milieu de tout ce beau monde, et elle ne voulait en aucun cas devoir subir le regard des autres;

Elle fit un petit signe à Bilbon, qui était en grande discussion avec le Nain Gloìn, et retourna à sa chambre, où elle se laissa tomber comme une masse sur le lit, écrasée par la fatigue. Avant même qu'elle ne se soit étalée de tout son long dans les couvertures, elle s'était déjà endormie.


Quand elle rouvrit les yeux, quelques heures plus tard, elle se sentait … encore plus fatiguée qu'avant qu'elle ne se couche. Pourtant, elle avait dormi d'un sommeil profond. Elle se leva, vacilla un peu sur ses jambes, puis sortie à nouveau de sa chambre. Elle avait sommeil, mais savait qu'elle ne se rendormirait pas de sitôt, et plutôt que de se morfondre seule dans son coin, elle décida d'aller marcher un peu. Des bruits et des éclats de voix résonnaient dans le lointain. Les festivités semblaient aller bon train.

Tandis qu'elle arpentait les couloirs sans but, elle vit une silhouette, penchée sur la rambarde de pierre, qui contemplait le ciel. C'était Grands-Pas. Elle s'approcha de lui à pas de loup, sans succès. À peine avait elle fait deux pas qu'il tourna son regard vers elle.

- Raté, souffla-t-elle en prenant un air vexé.

- Il en faut plus pour me surprendre, dit le Rôdeur avec amusement. Quoique je dois avouer que vous m'avez offert bien des surprises.

- Hého, pourquoi on repasse au vouvoiement. Il me semble qu'hier soir vous me tutoyiez.

Il rit doucement, et elle se joignit à lui. Ils regardèrent un instant les étoiles, mêle si Luana n'avait d'yeux que pour la pleine lune qui irradiait dans le ciel. Elle se sentit bien là, inondée par sa lumière et bercée par une mélodie qu'elle seule entendait. Elle se sentait revigorée.

- Pourquoi n'es-tu pas avec les autres, au banquet? Le seigneur Elrond t'y avait conviée.

- Je ne me sentais pas en forme pour y aller, éluda-t-elle.

- Le regard des autres ne doit pas t'effrayer.

Elle lui jeta un rapide coup d'œil en coin. Il s'était détourné du ciel et la scrutait. ¡Mierda! Elle détestait quand il faisait ça!

- Je sais, soupira-t-elle. D'habitude, j'y fais pas gaffe, mais là, j'ai pas le moral. Et vous, pourquoi vous n'y êtes pas?

- J'avais des choses à faire.

- Dommage, dit elle, un grand sourire aux lèvres en posant son menton dans sa unique min. Je suis sûre que dame Arwen est triste de ne pas vous y voir.

- De quoi veux-tu parler?

Il était déstabilisé, et cela la fit rire de le voir perdre son expression d'ordianire triste et secrète.

- A d'autre! Genre il n'y a rien entre vous deux!

- Co … comment le sais tu? murmura le Rôdeur, de plus en plus gêné.

- Ca se voit dans vos yeux quand vous êtes avec elle, ou qu'on vous parle d'elle.

Grands-Pas détourna le regard. Si un sourire ne trahissait pas la douceur de ses pensées en cet instant, Luana aurait put croire qu'elle l'avait vexé.

- Vous inquiétez pas, votre secret est bien gardé avec moi.

Ils discutèrent longuement, Luana le questionnait sans cesse sur la rencontre entre les deux tourtereaux, et il lui répondait sans détour, une expression de bonheur éclairant son visage. La jeune fille profita de cet instant de complicité avec le Rôdeur; durant leur voyage, il avait été froid et distant, et elle n'avait pas été tendre avec lui, pourtant, il avait veillée sur elle, et elle appréciait sa présence. Et là, à l'intérieur des murs blancs de Fondcombe, ils avaient tous deux quitté leurs armures de glace, se dévoilant et se découvrant librement.

- Et toi Luana. Y a-t-il quelque part dans ton monde un garçon qui fait battre ton cœur?

Et voilà que ça se retourner contre elle. Si elle l'avait put, Luana aurait rougit. Or elle ne le pouvait pas, et donc se ressaisit.

- Non, je n'ai pas de temps à perdre avec ça. Et puis, il n'y a que des boulets là d'où je viens, et j'ai pas envie de me retrouver enchainer et de perdre ma liberté, dit elle avec une pointe de fierté dans la voix.

- Peut être n'as-tu tout simplement pas trouvé le bon, répondit avec sérieux Grands-Pas.

- Aragorn!

Ils se tournèrent vers le fond du couloir, là d'où venait la voix. "Aragorn? Qu'est ce que ça veux dire? Un surnom de Grands-Pas? "songea-t-elle.

L'Elfe que Luana avait découvert dans la cour un peu plus tôt s'avançait. Dans la pénombre, elle ne parvint pas à dire si c'était la lune qui se reflétait sur sa peau clair, où si c'était lui qui luisait ainsi. Il la salua d'un bref signe de tête.

- Legolas, appela Grands-Pas en le voyant.

- Maître Bilbon vous fait mander pour une de ses compositions, lui dit l'Elfe avec un léger sourire.

- Je n'ai donc pas d'autre choix que de vous suivre.

Il se tourna vers Luana, qui, d'un seul coup, avait tout fait pour se faire oubliée.

- Veux-tu venir avec nous? J'ai crut comprendre que le vieux Bilbon s'était entiché de toi.

- Non, c'est bon. Je crois que je vais aller me coucher.

- Alors reposes toi bien. Tu en a grand besoin.

Puis il tourna les talons et suivit le fameux Legolas.

Luana, se retrouvant seule, retourna à sa chambre. Elle se sentait brusquement mal, nauséeuse, et son moignon, qui jusque là était resté insensible grâce aux soins d'Elrond, commençait à la faire souffrir, terriblement souffrir.


Cette nuit là, alors que la fête était finie et que tous les êtres s'étaient endormis depuis longtemps, que la lune était pleine et haute dans le ciel, un hurlement ébranla tout le domaine. Un hurlement de bête, long, puissant, vibrant d'une douleur sans nom. Lorsqu'il se tut brusquement, tous les habitants de Fondcombe et ses hôtes étaient réveillés. Dans les écuries, les chevaux piaffaient de terreur, seul bruit qui perçait le silence de la nuit. Puis un second rugissement, plus inhumain encore, retentit, déchira le ciel, lacéra la terre.

Et ce hurlement provenait de la chambre de Luana. Frodon, sa, Merry et Pippin, réveillés en sursaut, foncèrent vers la chambre de leur amie, morts d'inquiétude. Devant la porte, ils rencontrèrent Grands-Pas, suivi par le seigneur Elrond, Gandalf, Glorfindel, et la quasi totalité des Hommes, des Nains et des Elfes qu'abritait Fondcombe. Le Rôdeur leur fit signe de rester à l'écart, et l'épée à la main, il ouvrit la porte.

Ce qu'il découvrit le figea d'horreur. La chambre. Ce n'était plus une chambre. Le lit taillé dans le bois le plus dur que l'on puisse trouver en Terre du milieu était fracassé contre le mur opposé, le matelas et les coussins étaient éviscérés, les draps lacérés. Et ce sang. Tout ce sang, qui maculait le sol, les murs, le plafond. Et ces profondes entailles qui creusaient la pierre, griffes d'un animal énorme qui avait saccageait la pièce. Et nulles traces de Luana. Juste ses vêtements déchirés baignant dans le sang.

- Luana! Appela-t-il désespérément.

Mais pas de réponse.

Elrond et Gandalf entrèrent. Tous derrière eux se massaient à l'entrée pour voir le carnage. Ils furent bousculés par des semi-hommes affolés, qui jouèrent du coude pour se frayer un passage. Et lorsqu'ils furent arrivés, pas un ne parvint plus à bouger, paralysés, épouvantés.

De rage, le Rôdeur se jeta sur le balcon. Les traces de sang menaient à l'extérieure, enjambaient la rambarde, et continuait leur course à travers les jardins.

Une grande battue fut organisée à la va vite: il fallait retrouver à tout prix cette bête, ce monstre qui avait fait cela. Et si possible, le corps de Luana.

Elrond prit le commandement des opérations, il dirigea les Hommes, les Nains et les Elfes, les envoya partout à travers Fondcombe et les bois environnants pour retrouver l'animal.

Grands-Pas quant à lui, accompagné des quatre Hobbits, suivit les traces laissées derrière lui. Avec un peu de chance, elles les mèneraient droit à lui, mais cela était peu probable, car le sang qui devait le recouvrir, finirait par sécher, et il ne resterait plus que des empreintes infimes au Rôdeur pour qu'il retrouve sa trace.

Pourtant, plus ils avançaient, et plus les flaques de sang étaient importantes. Les Hobbits s'imaginèrent le pire; ils imaginèrent la bête trainant le cadavre de sa proie. Mais cela faisait trop de sang pour un seul corps.

Un nouvel hurlement résonna, tout proche. Un hurlement de bête, un hurlement de douleur pure: un hurlement de loup!

Ils se précipitèrent, sûrs d'être sur la bonne piste.

Soudain, une ombre immense passa comme une flèche devant eux. Les Hobbits, loin d'être effrayés, la prirent en chasse malgré les protestations de Grands-Pas, et la bête les mena jusqu'à la bibliothèque. Un autre rugissement, terrible et douloureux, les arrêta avant qu'ils n'entrent.

-Aragorn!

Glorfindel et Legolas accouraient dans leur direction, alertés par les clameurs. L'un tenait une épée elfique, l'autre un arc. L'Homme et les deux Elfes se consultèrent du regard. Sans un mot, le Rôdeur ordonna aux Hobbits de rester à l'extérieur. Les semi-hommes ne trouvèrent rien à y redire, car les grognements et les glapissements qui leur parvenaient auraient refroidit l'ardeur de n'importe qui.

Puis Grands-Pas entra, suivit des deux Elfes. Ils découvrirent le même spectacle de sang que dans la chambre. Les tables e les étagères avaient été renversées, les livres piétinés et souillés. Et il y avait toujours plus de sang, tellement de sang.

Un grognement attira leur attention, juste à temps pour voir l'énorme loup blanc leur sauter dessus, et ils ne purent qu'esquiver l'attaque. L'animal, pris dans on élan, alla s'écraser lourdement contre le mur, et tomba sur le flanc droit.

Tous trois s'avancèrent sur lui, les épées levées prête à frapper, l'arc tendu et s'apprêtèrent à attaquer lorsqu'il se relava, chancelant.

Il était … il était blessé! Tout ce sang répandu était celui de la bête! Là où aurait dut se trouver sa patte avant droite, il n'y avait qu'un moignon sanguinolent. Et là, perdu dans le pelage teinté de rouge, fiché dans les chaires de l'oreille droite, un anneau noir pendait, tandis qu'une pierre noire, relié à un autre anneau par une fine chainette, brillait à la clarté de la lune.

Le Rôdeur baissa son épée, à la stupeur des deux Elfes, et leur fit signe d'en faire autant. Il était… il avait l'air si chamboulé.

- Lu… Luana?


Elle se sentait mal, tellement mal! Lorsqu'elle s'était couchée, la fatigue effaçait son malaise. Depuis les choses n'avaient fait qu'empirer. Depuis qu'un rayon de lune, filtrant à travers les fins rideaux, la baignait toute entière dans sa pâle lumière.

Elle était fiévreuse, brûlante, son corps était couvert de sueurs, qui s'évaporaient en une vapeur bouillante au contact de sa peau. Elle haletait, ne parvenait plus à respirer, et un râle guttural s'échappait de sa gorge. Elle avait tenté de bouger, d'appeler, mais rien à faire elle était clouée, sciée, brisée nette par la douleur. La douleur, s'était un euphémisme par rapport à ce qu'elle ressentait. Son moignon la faisait souffrir, plus encore que lorsqu'on lui avait tranché le bras.

Et ce rayon de lune, qui lui brûlait la peau, qui l'écartelait. Pourquoi, pourquoi se sentait elle si mal? Pourquoi avait-elle l'impression que ce putain de rayon de lune éveillait en elle quelque chose qu'elle craignait, quelque chose dont elle ne voulait pas connaître l'existence?

Et cette chose, qui lui lacérait les entrailles à coup de griffes, qui broyait de ses crocs ce qui lui restait de son épaule droite.

Mourir, elle voulait mourir, que cela cesse!

Assez, assez, ASSEZ!

La douleur explosa brusquement, l'aveugla, annihila tout ce qu'elle était. Elle se sentit prise au piège dans un corps qu'elle ne contrôlait plus, réduite à néant par une volonté plus forte qu'elle, par un instinct originel et bestial, effacée par la souffrance.

Elle hurla, elle lutta, elle se débattit de toutes ses forces pour refaire surface.

- Lu … Luana?

Tout s'arrêta aussi vite que ça avait commencé. Tout, sauf la douleur. Douleur qui lui aiguillonné l'esprit, douleur qui la transperçait, partant de l'épaule et se propageant dans tout le corps.

Mais cette voix, cette voix qui l'avait appelée. Elle devait la suivre, elle devait remonter. Elle devait reprendre le contrôle. Elle parvint enfin à ouvrir les yeux, et le vit, celui que cette voix promettait.

- Grands-Pas.


-Grands-Pas.

Tous se figèrent. Cette voix, déformée, grondante et bestiale. Cette voix qui malgré tout restait si reconnaissable. La voix de Luana.

- Grands-Pas, au secours. Pourquoi j'ai si mal? Grands-Pas, qu'est ce qui m'arrive? demanda-t-elle, suppliante.

Le Rôdeur ne sut que répondre, sous le choc. Luana? Cette bête n'était autre que Luana?

À cet instant, Elrond et Gandalf, suivit de quelques autres, entrèrent en courant. Glorfindel et Legolas les arrêtèrent, tandis que Grands-Pas s'avançait vers le grand loup blanc à la fourrure teintée de rouge et aux yeux couleur d'ambre, qui s'affaissa à nouveau sur le flanc.

Le mage gris et le seigneur Elfe n'en crurent pas leurs yeux, comme aucun de ceux présent et qui assistaient à la scène.

L'homme se pencha sur l'animal, et lui passa une main hésitante derrière l'oreille, touchant les anneaux de métal, comme pour vérifier qu'ils étaient réels.

- Luana, répéta-t-il dans un souffle.

L'animal ferma les yeux, visiblement à bout de force. Ses flancs se soulevaient avec peine.

Gandalf et Elrond s'avancèrent d'un même mouvement, avec quatre Hobbits effarés aux talons. Grands-Pas se tourna vers eux, le visage défait et une lueur désespérée dans le regard.

- Que lui arrive-t-il?

- Elle devient ce qu'elle doit être, répondit Elrond d'un ton grave. Elle devient Naurofána.

À ce nom, les yeux du loup s'ouvrirent tout grand, les pupilles rétractées; trous noirs perdus au centre de deux soleils flamboyants. La bête se releva brusquement, et sa mâchoire claqua à quelques centimètres du Rôdeur, qui recula de justesse. Une myriade de flèches et d'épées la pointèrent en plein cœur, mais Gandalf fit de son bâton une barrière infranchissable.

Le loup se redressa; les poils hérissés sur le dos, il se courba et poussa un hurlement à relever les morts. Le flot continu de sang qui s'écoulait de sa plaie se transforma en un geyser écarlate. Puis, dans un ultime rugissement, il se cabra, et une masse sombre jaillit du torrent rouge. Des os d'un blanc purs apparurent, puis furent recouverts de muscle, de peau et de fourrure.

Se retrouvant de nouveau sur quatre pattes, le loup leur fit face, les babines retroussées, un rictus effrayant découvrant ses crocs d'ivoire taillés comme des dagues. Il se ratatina sur lui-même, et bondit en avant.

Gandalf lui fit face, et dressant devant lui son bâton , il repoussa l'attaque comme si un mur invisible s'était dressé devant lui. Il le projeta contre une étagère, le plaqua au sol, et le maintint sous son pouvoir, son bâton braqué sur lui.

- Luana, écoutez ma voix! Ne laissez pas l'animal qui est en vous prendre le dessus, ne laissez pas cette partie de vous vous détruire, revenez vers nous!

Le loup gronda, griffa les dalles de marbres, mais ne put rien faire de plus.

- Écoutez-moi! Redevenez celle que vous étiez, enfermez cette bête au fond de vous, ne la laissez pas vous contrôler.

Et à l'effroi de tous, le loup se redressa, comme si un poids pesait sur son dos, résistant au pouvoir du puissant mage. Ce dernier libéra sa puissance, et écrasa l'animal de sa volonté. Un jappement de douleur et de rage traversa ses babines.

Un jappement qui rappelait de façon troublante le juron préférait de Luana "¡Mierda!". Frodon entendit à travers cette plainte ce mot qui la caractérisait, comme si elle venait de l'aboyer.

- Luana! L'appela-t-il à son tour.

Cet appel résonna dans toute la bibliothèque. La fourrure du loup s'illumina d'une douce lueur, identique à celle de la lune, et ses yeux reprirent l'éclat de l'argent.

Dans un dernier glapissement, les poils et les griffes rentrèrent sous la peau, les os craquèrent en se déformant, les muscles se remodelèrent. Et à la place du loup, il ne resta plus que le corps inerte de Luana, complètement nue. Sa peau blanche comme la neige et ses cheveux de soie, là où le sang ne les souillait pas, reflétèrent un rayon de lune qui parvint jusqu'à elle.


Et voilà, alors vous en pensez quoi de l'éveil de Naurofána?