Un chapitre long mais pour lequel je mesuis énormément appuyé sur le livre et le film. J'espère qu'il vous plaira.
Reviews:
Eclipse1995: Heu je veux bien, mais là si je publie aussi vite, c'est parce que je suis en vacance. Comment je ferais quand je serai en cours, hein? Et puis, si tu me tues, tu ne connaitras pas la suite! XP Et oui, Naurofána est enfin arrivée. Mais lorsque je te disais qu'il ne fallait pas s'inquiétait pour Luana, ce n'était pas sur le plan mental, car je savais qu'elle allait retrouver son intégrité corporelle. ^^
o Nani-san o: bah oui, qu'est ce que tu crois? Je suis sadique, mais pas au point de laisser ma pauvre petite Luana manchot!
Melior: mais si elle a récupéré son bras! "Des os d'un blanc purs apparurent, puis furent recouverts de muscle, de peau et de fourrure." C'est son bras qui repousse, mais comme elle est sous sa forme de loup, elle a de la fourrure lol. Et si t'es pas convaincue lis la suite ^^
Fukan:merci, j'espère ne pas te décevoir à l'avenir. J'ai préférer me baser à la fois sur les livres et les films, car ça me permet d'étoffer l'histoire de façon à rester fidèle tout zen joutant des détails auxquels on ne s'attend pas forcément.
Chapitre 11:le conseil d'Elrond
Elle était bien, allongée dans son lit. Elle ne voulait pas en sortir, car elle s'y sentait trop bien pour le quitter. Mais voilà, le soleil pointa son nez à la fenêtre et lui décocha un rayon en pleine face. Aveuglée à travers ses paupières closes, Luana se tourna de l'autre côté et mit son bras droit sur ses yeux.
Son bras droit. Mais, ce n'était pas …!
Elle se releva et repoussa les couvertures brutalement. Elle portait une tunique elfique, tunique dont la manche droite ne pendait pas mollement dans le vide.
À sa place et là où il aurait dut toujours se trouver, son bras droit, intact.
Elle sortit du lit d'un bond et se jeta face au miroir qui trônait à l'autre bout de la chambre. Avec des mouvements fébriles et saccadés, elle défit les boutons de sa tunique et la retira, se retrouvant avec juste une bande de tissu qui lui cachait la poitrine.
Il y avait … son épaule! Son bras! Son coude! Son avant-bras! Son poignet! Sa main! Ses doigts! Tout était là!
- YES!
- Hé bien, on peut dire que vous savez exprimer votre joie, rit une voix derrière elle.
Elle ne l'avait as vu, trop obnubilée par la réapparition de son bras. Gandalf était là, assis dans un siège, un grand sourire lui étirant les lèvres.
Alors qu'il se levait, elle lui sauta au cou.
- Merci, merci infiniment!
- Mais de quoi enfin? Demanda-t-il surpris.
- De m'avoir rendu mon bras!
Il la détacha doucement, lui tenant les mains dans les siennes, et la regarda droit dans les yeux, une expression sérieuse sur le visage.
- Je n'ai rien fait. Je n'ai malheureusement pas le pouvoir de faire repousser un membre entier. Si cela avait était le cas, je l'aurais fait dès le départ.
Luana, incrédule, recula, car la gravité qu'elle pouvait soudain lire sur son visage l'inquiétait.
- Mais alors, comment …?
- Vous ne vous souvenez de rien?
Elle se laissa tomber sur le lit, la tête entre les mains. Non, elle ne se souvenait pas, elle ne voyait pas de quoi il parlait. Il y avait bien quelque chose qui tentait de refaire surface, mais elle ne voulait pas savoir. C'était comme une boite de Pandore qu'elle n'osait pas ouvrir.
- Et si je vous disais Naurofána?
Luana sursauta: ça y était, le couvercle avait été soulevé. La nuit, la lune, la douleur, les hurlements, le visage de Grands-Pas à travers le brouillard, la voix de Gandalf résonnant à travers le vacarme, et puis l'appel, l'appel de Frodon, et à nouveau la nuit.
- Alors, ce n'était pas un rêve? Souffla-t-elle.
- Non, ça n'en était pas un.
- Mais … mais j'étais un loup. Ce n'est pas possible.
- Cette nuit était une nuit de pleine lune.
- Non, ce n'est pas possible, répéta-t-elle. Les loups-garous n'existent pas.
- Et pourtant si, leur existence est une réalité. Votre existence en est la preuve. Vous êtes Naurofána, le Loup-Garou Blanc. C'est d'ailleurs grâce à cela que vous avez put récupérer votre bras.
- Mais je m'en suis prise à Grands-Pas et Glorfindel! J'ai tenté … de les tuer!
- La première métamorphose est une étape difficile, la douleur est telle qu'elle vous aveugle et vous fait perdre la raison. Et cela parce que la bête qui se tapit au fond de vous voit le jour pour la première fois.
-Elle a prit le dessus, j'avais l'impression qu'elle voulait m'écraser.
- Elle n'a pas tenté de vous dominer, c'est vous, qui en la reniant, avait tenté de la placer sous votre contrôle. Mais la louve qui est en vous, n'est pas juste une partie de vous. Elle est vous. Et pour pouvoir la contrôler, il fallait en premier lieu que vous appreniez à vous contrôler vous-même, à ne faire qu'un avec elle.
Luana le regarda, perdue. Elle était … un loup-garou. Elle était une bête assoiffée de sang.
- Je suis un monstre.
- Allons, allons, pourquoi dites vous cela? Considérez-vous les loups comme des monstres? Ils ne font que suivre leur instinct, et ne chassent et ne tuent que par nécessité, pas par plaisir. Pour être tout à fait franc, je trouve parfois que l'Homme est un véritable monstre.
Elle leva à nouveau les yeux vers lui. Il gardait cet air grave, mais un sourire encourageant étirait ses lèvres. Elle était un loup-garou.
- Est-ce que …est ce que je vais me transformer à chaque pleine lune?
- Non, bien sûr que non. La pleine lune vous confère plus de puissance, rin de plus. C'est à vous d'apprendre comment vous métamorphoser et ne faire qu'une avec votre louve. Et cela, vous pouvez le faire quand vous le désirait.
Quand elle le désirait? Sans pour autant perdre le contrôle? Était ce possible? Un fin sourire vint éclairer son visage. Un loup-garou. Sans le côté bestial et incontrôlable, c'était une idée, disons, pas si mauvaise que cela. Ça pouvait même devenir plutôt cool. À condition qu'elle n'ait pas à tuer qui que ce soit, ou à chasser de pauvres animaux sans défense pour se nourrir.
- Je vois que votre côté optimiste reprend le dessus, badina Gandalf. Si vous acceptez ce que vous êtes, je vous promets que tout se passera pour le mieux. Si cela peut vous rassurer, je veillerais personnellement à ce que chacune de vos métamorphoses se déroulent sans encombre. Et puis, cela explique vos saignements chaque fois que vous entendez le cri des Nazgûls.
- Ha bon?
- C'est parce que vos sens sont plus développés que ceux d'un humain, et donc plus sensibles à ce genre de chose. Même si pour le moment ils sont, disons, endormis.
Puis il se leva.
- Bien, habillez-vous vite et rejoignez moi dans le couloir. Le conseil ne va plus tarder à commencer.
- Le conseil? Quel conseil?
- Le conseil d'Elrond. Je ne pense pas avoir à vous le préciser, de sombres choses grondent en Terre du Milieu, la guerre approche. Nous nous devons d'y faire face.
Luana le dévisagea, interdite. ¡Mierda! Pourquoi lui disait-il cela?
- Je …je ne vois pas pourquoi je dois y participer.
Gandalf se tourna à nouveau vers elle, une expression à la fois fatiguée et compréhensive sur le visage. Il se doutait qu'elle ne voudrait pas y participer.
- Tous les représentants des peuples libres de la Terre du Milieu y sont convoqués, car ce péril les concerne tous, dit Elrond en pénétrant dans la chambre. C'est à eux de décider comment en venir à bout.
- Mais je ne représente aucun de ses peuples.
- Si, vous représentez désormais le peuple des Nauror, le peuple des loups-garous, car vous en êtes l'unique représentante.
¡Mierda! S'ils commençaient à la considérer comme un être faisant partie de ce monde, elle ne pourrait plus espérer rentrer chez elle.
- Mais, je ne fais pas partie de ce monde! Tout ce que je veux c'est … c'est rentrer chez moi!
Les deux sages se consultèrent du regard. L'exaltation qui avait éclairé le visage de la jeune fille après que son côté optimiste est repris le dessus venait de s'effacer. A force de se cacher derrière un sourire, elle s'est elle-même voilé la face, et maintenant elle en souffrait.
Le mage gris lui posa une main rassurante sur l'épaule.
- Je sais que votre monde et votre famille vous manque. Et je ferais tout ce qui en mon pouvoir pour vous ramener chez vous, bien que je ne sais pas encore comment. Et je doute que vous restiez les bras croisés jusqu'à ce que je trouve une solution, ajouta-t-il avec un sourire malicieux.
Elle l'observa, et lui rendit son sourire. C'était si étrange. Elle était dans un monde qui n'était pas le sien, et pourtant, tous ceux qu'elle rencontrait ici étaient si … ils étaient parvenus à la comprendre, à comprendre qui elle était et l'avaient accepté pour qui elle était, ce qu'elle était, et peu importe sa différence.
Soudain, sa gorge se serra. Qu'allaient penser Frodon, Sam, Merry et Pippin en la voyant arriver comme si de rien n'était? Et Grands-Pas?
Ses émotions jouaient au yoyo depuis qu'elle était réveillée, et ça la fatiguait. Autant cessait de se faire du mouron et foncer, c'était ce qu'elle avait toujours fait. Elle se leva et se dirigea vers la chaise où reposait une tenue qui lui était destinée. Elle se retourna vers eux.
- Ce conseil, c'est à propos de l'anneau que transportait Frodon, non?
Les deux Sages se jetèrent un regard interloqué. Elle n'aurait visiblement pas dut être au courant.
- Oui, jeune Luana, confirma malgré tout Elrond.
Elle baissa la tête, pensive.
- Laissez-moi cinq minutes et je suis prête.
Et elle alla à la salle de bain. Là, un second miroir lui montra son reflet, qu'elle examina avec attention. Ses cheveux avaient retrouvé leur souplesse, la texture et le satin de la soie, tout comme sa peau avait retrouvait l'éclat de la porcelaine. Elle était Luana, avec juste quelque chose en plus, quelque chose qui ne se voyait pas. Elle ne se sentait même pas différente.
Elle retira la tunique qu'elle portait, vérifiant au passage l'état de son épaule: pas même une cicatrice, rien qui aurait put laisser imaginer qu'elle avait perdu son bras. C'était pas une si mauvaise chose d'être un loup-garou. Puis elle enfila l'ensemble blanc qu'Elrond lui avait fait. Il y avait un peu trop de blanc à son goût, mais bon.
Lorsqu'elle retourna dans la chambre, elle était vide. Elrond et Gandalf étaient sans doute sortis préparer le conseil.
Elle inspira un grand coup, puis ouvrit la porte qui donnait sur le couloir. Elle recracha tout de suite l'air qu'elle avait aspiré sous le choc de quatre Hobbits qui lui sautaient dessus.
- Enfin levée? S'exclama Merry. Ce n'est pas trop tôt!
- Nous pensions que tu ne te réveillerais qu'à la prochaine pleine lune, plaisanta Pippin.
Frodon, Sam et elle éclatèrent de rire. Pourquoi elle s'inquiétait déjà?
- Allons, allons, un peu de sérieux, les sermonna Gandalf sans pour autant avoir l'air sincère dans ses remontrances, vu la lueur qui brillait dans ses yeux. Il y a beaucoup à entendre et à décider aujourd'hui.
- Oui, acquiesça "papy" Bilbon avec un sourire plein de malice, juste à côté du mage. Mais je doute que ces jeunes gens soient d'humeur à écouter ce qui doit être entendu et à choisir ce qui doit être décidé.
- Au secours, Gandalf, supplia en riant Luana qui croulait sous le poids des quatre semi-hommes.
Au loin, le son clair d'une cloche retentit, faisant cesser tout rire.
- Voilà le signal du conseil d'Elrond! S'écria-t-il à l'adresse de Frodon. Allons, votre présence est requise, à vous, à Luana et à Bilbon.
- Merry, Pippin et Sam ne viennent pas?
- Non, ils ne sont pas conviés.
Luana les regarda d'un air triste, et leur fit un petit signe en s'éloignant à la suite de Gandalf et des deux autres Hobbits.
En route, ils croisèrent dans un couloir deux Elfes, strictement identiques. Des jumeaux! Le mage gris les présenta comme étant les fils d'Elrond et les frères d'Arwen; Elladan et Elrohir.
Luana n'avait put s'empêcher de les contempler. Ils avaient la beauté caractéristique des Elfes, mais il y avait aussi une tristesse, une souffrance au fond de leur regard qui les rendaient plus … humains. Elle ne put pousser la réflexion plus loin, car déjà ils arrivaient à la terrasse où se tenait le conseil d'Elrond, celui qui devait juger du destin de la Terre du Milieu.
¡Mierda!
Les regards qui se tournèrent vers eux quand ils furent entrés étaient empreint d'une gravité sombre et déprimante. Elrond se tenait debout, devant tous les représentants de la Terre du Milieu, assis en arc de cercle au centre duquel se tenait un socle de pierre. À ses côtés étaient assis Glorfindel et un Elfe que Luana ne connaissait pas. Grands-Pas était à l'extrémité droite de l'arc, un peu à l'écart des autres Hommes. Il y avait là, en plus des Hommes, des Elfes et des nains.
Quatre sièges restaient vides à l'extrémité gauche, près du seigneur Elrond, qui leur fit signe d'y prendre place.
Trop heureuse de pouvoir s'extraire partiellement de la vue de tous, Luana s'exécuta; et se retrouva coincée entre Bilbon et l'Elfe Legolas.
- Voici, mes amis, le Hobbit, Frodon fils de Drogon, présenta Elrond au reste de l'assemblée. Ainsi que Luana, qui l'a accompagné dans son voyage. Peu de gens sont venus jusqu'ici au prix de périls plus grands et pour une mission plus urgente.
Tous les fixèrent avec étonnements. En cet instant, Luana regretta de n'être qu'un loup-garou, et de ne pas pouvoir se transformer en souri pour se faufiler dans un trou, ou au moins en autruche pour plonger la tête dans le sol.
Les Hommes et les Nains en particulier la dévisageaient. Quoi? Ils n'avaient jamais vu de femme de leur vie ou quoi? Ce devait surtout être le fait qu'une femme ne devait pas avoir sa place dans un pareil conseil. Il est vrai que ce n'était pas une réunion Tupperware.
Un Homme de haute taille et au visage à la fois noble et fier, dont les cheveux d'un brun clair lui tombaient au niveau des épaules, dont le pourpoint de cuir vert sombre recouvrait ses vêtements rouges passés par-dessus une côte de maille, se redressa et prit la parole:
- Pardonnez-moi seigneur Elrond. Mais pourquoi cette jeune fille assiste-t-elle à ce conseil? Demanda-t-il en la désignant. D'après ce qu'il m'a été donné d'entendre, elle n'est pas d'ici, ni ne fait partie d'aucune des races de notre monde, et je ne discerne pas la raison de sa présence dans cette affaire dont l'importance doit être primordiale pour que tous les seigneurs de la Terre du Milieu soient rassemblés.
- Hé macho-man, quand t'auras finit de poser des questions débiles, on pourra peut être parler sérieusement, s'emporta-t-elle.
Bilbon et Frodon, malgré le sérieux exigé par la situation, ne purent s'empêcher de pouffer de rire, tandis que Grands-Pas et Glorfindel affichaient un léger sourire, que Gandalf et Elrond secouaient la tête complètement dépités, et que le reste des personnes présentes la regardait bouche bée.
¡Joder! Elle n'avait encore une fois pas su tenir sa langue. Peut importe, elle n'allait pas se laisser marcher dessus par un machista. Elle croisa les bras et les jambes en signe de défi de redire quoique ce soit à sa présence à ce conseil. Elle fanfaronnait, mais en réalité, elle était morte de trouille et se sentait minuscule sous ses illustres regards tournés vers elle.
Bilbon, toujours hilare, se pencha vers elle et lui glissa à l'oreille.
- Prends garde, cet Homme n'est pas n'importe qui.
- Il pourrait être le prince du trou du cul du monde que ça changerait rien.
- C'est Boromir, le fils de Denethor, l'Intendant du Gondor.
- L'Intendant, c'est celui qui gouverne en absence de roi, non?
- Oui, mais …
- Alors ce n'est même pas un prince, conclut-elle en haussant les épaules et en se calant confortablement dans son siège.
¡Mierda! Elle en faisait trop là, mais elle était nerveuse et c'est tout ce qu'elle pouvait faire pour se défouler. Et puis, il fallait l'admettre, ça l'amusait de pousser le bouchon.
Le Gondorien la fixait, une expression peu amène lui contractait les traits. Innocemment, elle lui sourit. Néanmoins, son sourire s'évanouit lorsqu'elle perçut quelque chose qui ressemblait à de la tristesse sur le visage du Rôdeur. Une tristesse née de l'union entre la mélancolie et … la culpabilité?
Elrond décida qu'il était temps de reprendre la tournure des évènements en main, et leur fit se discours:
- Étrangers venus de terres lointaines, amis de toujours, vous vous êtes rassemblez ici afin de répondre à la menace du Mordor. La Terre du Milieu est au bord de la destruction, nul ne peut y échapper, vous vous unirez ou vous serez vaincus. Chaque race est liée à se destin, à ce sort commun. Montrez leur l'Anneau, Frodon, conclut-il en désignant le socle de pierre.
Frodon s'exécuta, et Luana éprouva de la peine pour lui, vu le malaise qui se lisait dans ses yeux et ses gestes. Dès qu'il posa à la vue de tous l'objet de tous ses malheurs, un courant parcourut l'assemblée. Luana ne le sentit pas, elle ne senti qu'un dégoût soudain et profond pour cet anneau d'or, mais la tension qui parcourut chacun des membres du conseil le laissait deviner. Frodon revint à sa place, et soupira douloureusement, comme s'il venait d'accomplir les douze travaux d'Hercule. Elle se pencha un peu pour le voir et s'assurer qu'il allait bien, et lui sourit en signe d'encouragement.
Boromir se leva et se mit à leur baragouiner une histoire à propos d'un rêve. Luana ni prêta pas attention, car elle percevait une voix désagréable qui murmurait dans une langue dure et râpeuse, une langue qui lui blessait les oreilles. Et Boromir, tout en parlant, s'avançait inexorablement du socle de pierre, allant jusqu'à tendre la main jusqu'à l'Anneau.
- Le fléau d'Isildur, souffla-t-il.
Et alors que sa main n'était plus qu'à quelques centimètres, Elrond se leva.
- Boromir!
Et Gandalf, se levant lui aussi, clama une sorte de prière, la voix grondant dans la même langue que celle qui saturait l'air un peu plus tôt. Une voix et une langue menaçante, où toute trace d'humanité ou de pureté avait disparut, une voix qui appelait à la désolation et à la mort. L'atmosphère devint lourde et froide, gonflée par des ténèbres jaillies de nulle part qui dévorèrent et engloutirent a lumière du soleil de midi. La terre trembla. Les Elfes se tinrent la tête entre les furent pris de vertiges. Tous retinrent leur souffle.
Luana se saisit la tête entre les mains, les mâchoires crispées, les dents serrées. Elle avait l'impression que cette voix lui faisait vibrer le cerveau au point de l'en faire éclater, lui empoignait les tripes et les pressait, qu'elle lui perçait les poumons. Le sang se mit à couler, mais contrairement aux saignements provoqués par les cris des Nazgûls, ce n'était pas par le nez, les yeux et les oreilles, car ce sang venait tout droit de ses entrailles. Luana toussa violemment, et le goût métallique du liquide carmin lui emplit la bouche, tandis qu'un fin filet rouge s'échappait d'entre ses lèvres.
Et Gandalf se tut. Tout revint à la normale. La lumière et la chaleur du soleil reprirent la place qui était la leur, et tous furent libérés d'un poids immense.
- Jamais auparavant aucune voix n'a osé prononcer des mots dans cette langue à Imladris, Gandalf-le-Gris, tonna Elrond.
- Je n'implore pas votre pardon, Maître Elrond. Car le parler noir du Mordor peut déjà être entendu dans toutes les régions Ouest. L'Anneau est totalement maléfique.
En se retournant, le mage vit alors Luana, tête baissée et dos voûté.
- Luana, qu'y a-t-il mon petit? s'inquiéta Bilbon.
Sans répondre, Luana se tourna et cracha une bile rouge de sang par-dessus le dossier de sa chaise, et en s'essuyant la bouche d'un revers de la main, elle gronda à l'intention de Gandalf:
- Ne refaite plus jamais ça!
- Cet Anneau est un don, intervint soudain Boromir, indifférent à ce qui pouvait se passer autour de lui, trop obnubilé qu'il était par l'Anneau. Un don fait aux ennemis du Mordor. Pourquoi ne pas s'en servir? Depuis longtemps mon père, l'Intendant du Gondor, a tenu à distance les forces du Mordor. C'est grâce au sang de notre peuple que vos terres sont encore en sécurité. Donné au Gondor l'arme de notre ennemi. Et laissez nous l'utiliser contre lui.
Luana sentait que c'était l'Anneau qui parlait à travers le Gondorien, et alors qu'elle aller le dire au et fort, elle fut devancée de façon plus diplomatique.
- On ne peut le contrôler, tenta de le raisonner Grands-Pas. Aucun d'entre nous ne le peut. L'Anneau Unique ne répond qu'à Sauron, il n'a pas d'autre maître.
Boromir se tourna vers le Rôdeur, l'œil soudain mauvais.
- Et qu'est ce qu'un Rôdeur connait à ces choses là? Répliqua-t-il d'un ton hautain.
Luana bouillait littéralement sur place. Grands-Pas valait cent fois plus que ce fils à papa! Mais là encore, elle fut devancée pour exprimer ce qu'elle ressentait.
- Ce n'est pas un simple Rôdeur, déclara l'Elfe Legolas en se dressant soudain. C'est Aragorn, fils d'Arathorn. Vous lui devez serment d'allégeance.
Aragorn? Alors, c'était le vrai nom de Grands-Pas, pas juste un surnom donné par les Elfes? Serment … d'allégeance? Ce qui voulait dire que…
Grands-Pas, ou plutôt Aragorn, eu soudain l'air embarrassé.
- Aragorn? Répéta le Gondorien avec mépris. Le descendant d'Isildur.
- Et l'héritier du trône du Gondor, compléta l'Elfe.
Luana et Frodon faillirent tomber de leur siège. Grands-Pas…Aragorn, héritier du trône du Gondor, et donc roi!
Le Rôdeur parla en elfique (d'après ce que comprit la jeune fille) à Legolas., qui se rassit.
- Boromir le toisa froidement et retourna lui aussi à sa place.
- Le Gondor n'a pas de roi. Il n'en a pas besoin.
Cette fois-ci, se fut au tour de Bilbon, qui jusque là s'était tut, de se lever et de s'exclamer:
- Tout ce qui est or ne brille pas,
Tous ceux qui errent ne sont pas perdus;
Le vieux qui est fort ne se dessèche pas,
Le gel n'atteint pas les racines profondes;
Des cendres, un feu sera réveillé,
Une lumière des ombres surgira;
Renouvelée sera la lame brisée,
Le sans-couronne de nouveau sera roi.
Et il se rassit lui aussi, satisfait de son coup d'éclat et du support qu'il avait apporté à Aragorn, sûr que tous saisiraient le sens de ses vers.
- Et tout ce qui brille n'est pas or, ajouta Luana en fusillant Boromir dur regard, de telle sorte que tous surent à qui cette bonne parole était destinée.
Aragorn eut un sourire désolé, tandis que Bilbon laissa son enthousiasme apparaître au grand jour.
- Je n'aurais pas mieux dit, lui souffla-t-il à l'oreille, la faisant rire.
Un silence lourd et menaçant pour certains, gêné et gênant pour d'autre s'installa. Tous se jetèrent des coups d'œil, et la jeune fille fit signe à Aragorn, espérant lui faire comprendre qu'il avait tout son soutien, car il ne semblait plus très à l'aise maintenant que son identité était révélée.
- Aragorn a raison, dit Gandalf. Nous ne pouvons l'utiliser.
- Vous n'avez pas le choix, l'Anneau doit être détruit, conclut Elrond au grand dam du Gondorien.
C'est alors qu'un Nain se redressa, prit sa hache, et l'abattit de toutes ses forces sur l'Anneau. Il y eut un grand flash et une onde de choc, qui propulsa le Nain. Luana vit du coin de l'œil Frodon sursauter, se sentant soudain mal.
La hache avait été brisée. Ses éclats étaient répandu tout autour de l'Anneau, intact, dont la surface n'avait subit aucun dommage.
- L'Anneau ne peut être détruit, Gimli fils de Gloìn, par aucun moyen en notre possession, précisa Elrond. L'Anneau a été forgé dans les flammes de la montagne du Destin. Il n'y a que là qu'il puisse être détruit. Il faut l'emporter dans les profondeurs du Mordor et le jeter dans l'abime flamboyant où il est apparut autrefois.
Au fur et à mesure de ces paroles, Luana s'était sentit vidée de toute force, tout courage, toute volonté, mais la voix de l'Anneau, car ce ne pouvait être que lui, résonna à nouveau dans l'air, et le dégoût qu'elle en éprouva lui donna une rage et une hargne contre cette chose abjecte telle qu'elle aurait fait le tour du monde pour l'anéantir.
-L'un de vous doit le faire, lâcha abruptement le seigneur Elfe.
Un silence de mort s'abattit sur l'assemblée. L'un d'eux? Brusquement, Luana se sentit enfermée dans son corps. Elle aurait voulut le faire, tant elle souhaité voir ce foutu Anneau disparaître, mais elle avait peur, une peur qui la paralysait, et autre chose, qui lui noua la langue et la cloua à sa place. Elle n'entendit même pas les paroles funestes et accablantes de Boromir sur le Mordor. Elle ne le pouvait pas, ne le voulait pas. elle ne parvint même pas à réagir quand une dispute entre les représentants de toutes les race de la Terre du Milieu éclata. Elle n'entendait que la voix de l'Anneau qui attisait cette colère, ce sentiment d'impuissance que tous éprouvaient. Et elle ne pouvait pas le faire taire, malgré toute sa volonté. Et cette incapacité à le faire, ce n'était pas l'Anneau qui la lui soufflait à l'oreille, mais le loup qu'elle avait en elle. Son instinct lui ordonnait de ne rien faire, de ne rien dire, juste d'attendre. Attendre quoi?
Attendre que Frodon se lève et dise:
- Je vais le faire! Je vais le faire!
Tous se turent et se tournèrent vers le Hobbit. En 'entendant, Gandalf eu soudain l'air vieux et accablé. Luana quant à elle, eu envie de hurler, de lui dire de ne pas le faire, d'abandonner cette idée, mais son instinct la contrôlait. Alors c'était ça, ne faire qu'un avec sa bête? ¡Mierda! Elle eut envie de pleurer quand Frodon ajouta:
- Je vais porter l'Anneau en Mordor.
Toutes les "Grandes-Gens" présentes le dévisagèrent, incrédules. Le semi-homme fut soudain moins sûr de lui, et pourtant, pourtant, il persévéra:
- Bien que … je ne connaisse pas le moyen.
- Je vais vous aider à porter ce fardeau, Frodon Sacquet, dit Gandalf en allant se placer derrière lui, tel un garde du corps. Aussi longtemps que vous aurez à le porter.
Aragorn, qui était restait neutre lors de la dispute, se leva.
-Si par ma vie ou ma mort, je peux vous protéger, je le ferais.
Il s'agenouilla devant Frodon.
- mon épée est votre, déclara-t-il solennellement.
Et il vint se placer aux côtés du mage gris.
- Et mon arc est votre, ajouta Legolas en les rejoignant.
- Et ma hache, assura Gimli en l'imitant.
- Vous avez notre destin à tous entre les mains, petit homme, et si telle est la volonté du conseil, le Gondor se joindra à vous, conclut Boromir en s'avançant.
Soudain, sorti de derrière un muret, Sam accourut jusqu'à Frodon, et le colla de près, mettant au défi quiconque d'essayer de le séparer de son maître.
- Monsieur Frodon n'ira nulle part sans moi, confirma-t-il en croisant les bras sur son torse.
- Non en effet, il n'est guère possible de vous séparer, dit Elrond d'un air réprobateur, et cela même lorsqu'il est convoqué à un conseil secret et vous non.
Et à la plus grande surprise du seigneur Elfe, deux autres Hobbits sortirent à leur tour de leur cachette, comme des diables de leurs boîtes.
- Nous aussi! s'écria Merry en allant poser une main sur l'épaule de Frodon. Faudrait nous renvoyer chez nous attachés dans un sac pour nous en empêcher.
- Quoiqu'il en soit, vous avez besoin de gens intelligents pour ce genre de mission… quête… chose, ajouta Pippin avec le plus grand sérieux, sans s'apercevoir qu'il s'enfonçait de plus en plus.
- Alors ça te met hors course Pippin, lui dit son cousin.
Frodon sourit à l'excentricité de ses deux amis, mais son sourire s'évanouit et son regard alla se poser derrière lui. Tous suivirent son geste et se tournèrent vers la jeune fille, qui s'était tenue à l'écart, toujours à côté de ce bon vieux Bilbon.
Frodon n'ouvrit pas la bouche, n'émit aucun son, aucun mot. Il n'en avait pas besoin, ses yeux le faisaient pour lui. Ils demandaient à Luana de l'accompagner, de le suivre dans ce nouveau périple plus qu'incertain.
- Tu veux que je t'accompagne jusqu'en Mordor, c'est ça?
- Je sais que nous avons peu de chance d'y parvenir, lui avoua-t-il. Nous pourrions tout aussi bien nous lancer à la conquête de la lune.
Luana baissa la tête, ferma les yeux. Elle ne voulait pas que Frodon se lance dans cette histoire, il avait déjà trop donné. Et puis, elle savait qu'il lui demanderait de le suivre. Elle, tout qu'elle voulait, c'était rentrer chez elle, revoir sa famille, ses amis, retrouver sa vie d'avant. Mais était-ce possible? Gandalf lui avait promis de tout faire pour la renvoyer chez elle, mais lui aussi partait à l'aventure, et ce n'était pas sûr qu'il trouve un moyen de tenir sa promesse. Et puis, elle était un loup-garou! Pourrait-elle vraiment assumer cela dans son monde? Pourrait-elle le cacher indéfiniment? Le voulait-elle seulement? Et surtout, elle avait trouvé d'autres amis ici, or, tous partaient pour le Mordor. Est-ce qu'elle aurait la force de les voir partir sans savoir s'ils reviendraient jamais? Aurait-elle la force de rester en arrière sans rien faire? Sa bête la laisserait-elle seulement l'envisager? Car son instinct qui l'avait bâillonnée quelque minutes plus tôt l'incitait à présent, lui hurlait de le faire.
Elle soupira, redressa la tête, et rouvrit les yeux. Une nouvelle résolution y brûlait, faisait fondre l'argent de ses prunelles et le faisait tournoyer.
- La conquête de la lune, hein? Rit-elle avec un sourire énigmatique. Dans ce cas, il y a encore de l'espoir, dit elle en pensant à Neil Armstrong et ceux qui ont suivit ses pas sur la surface jusque là vierge de l'astre nocturne.
Frodon lui lança un regard emplit d'incompréhension et d'espérance déçue. Elle lui sourit doucement et vint, tout comme Aragorn avant elle, s'agenouiller à ses pieds.
- Je t'ai fait la promesse de ne pas te lâcher ou de te laisser te dépatouiller tout seul, tu te souviens? Ce n'était pas une promesse en l'air.
Puis elle s'inclina, portant une main à son cœur, et ajouta:
- La Nauro que je suis te suivras où que tu ailles, une peu trop pompeusement à son goût, mais tout à fait sincère.
Elle se remit sur ses pieds et alla se planter aux côtés de Legolas et Gimli.
Elrond engloba la troupe qu'ils formaient tous d'un regard d'espoir.
- Dix compagnons. Qu'il en soit ainsi, vous formerez la Communauté de l'Anneau! Proclama-t-il solennellement.
Luana sentit son cœur se serrer à cette déclaration, mais ne put s'empêcher de rire quand Pippin demanda:
- Chouette! Où est ce qu'on va?
Je réitère ma question à propos de Boromir parce que je n'ai pas assez de répondre pour me décider: est ce que oui ou non vous voulez que Boromir soit sauver? Si oui tapez 1, si non tapez 2 ^^ (j'aimes pas les jeux téléréalité mais bon ...)
