Me revoilà! Je rtiens à vous prévenir, c'est un chapitre assez particulier... à vous de juger

Reviews:

Lalolyen d'Eryn Vorn: tu me flatte trop, prends garde, je pourrais en devenir accro mdr. Sérieusement, je ne m'attendais pas à une telle réaction, mais ça fait extrêmement plaisir. Je me suis bien amusée à décrire les "tests" des deux Hobbits, et ça m'a permit de faire de nouvelle blague, mais je tenais à faire quelque chose de spécial pour sa transformation, quelque chose de magique. Je sais, je suis pas sympa avec lui, mais c'est pour son bien (ça y est, je repasse pour une sadique ^^')

: t'inquiètes, tu la bien écrit :-) . Et puis même si tu te tromper ce n'est pas à moi de te blâmer, vu les bourdes que je laisse, et j'en suis désolée. J'essaie de publier le plus vite possible, malheureusement, je ne peux pas passer tout mon temps à écrire même si j'en rêve (d'autres obligations et une famille pas toujours très compréhensive face à mon besoin d'écrire digne d'une droguée) et malheureusement, les vacances se terminent, et le bac à préparer ne va pas faciliter les choses, désolée…

VegetaYouShoulveComeOver: heureuse que ça te plaise ^^. Mais quelle question exactement te posais-tu? Et pour ce qui est de la musique, il va falloir attendre encore un peu. Je ne cherche pas vraiment à rendre Aragorn spécialement drôle, juste à lui rendre un peu le sourire et éloigner de lui les soucis quand il est avec Luana, qu'il soit avec elle un peu comme le grand frère qu'elle à laissé derrière elle.

Tite Elfe: Oui, tu commentes à merveille, et je suis prête à tout pour que tu m'accorde encore des reviews comme celle-là. Les gros mots et sa manie de jurer en espagnole est un délire que je tenais à tout prix à introduire, sans savoir ce que ça donnerait, et je dois avouer que l'effet est plutôt bon. Pour Legolas, je ne peux rien te garantir, mais je ferais tout pour garder ce côté distant mais délicat et poli (ne t'inquiète pas, je vois très bien ce que tu veux dire). Tu es une vraie accro ma parole, je suis flattée, mais j'ai pas envie d'être considérée comme un dealer ou un trafiquant de drogue XD!T'inquiètes, je tient à garder l'image de mes clients pure de toutes souillures ;-p . Pour Boromir, t'inquiètes pas c'est passager, mais au début, le fait qu'ils ne se supportent pas, c'est voulut, et donc je lui en mets une bonne couche. Moi je l'aime bien, e sais qu'il est juste un peu paumé, trop facilement influençable par le pouvoir, un peu trop humain quoi… et pour le côté prédateur tu vas être servie, je te laisse découvrir. J'avais comprit, no souci. Moi non plus je n'aime pas trop les yaoï, ça dénature trop les personnages. Et tu me ferais un grand honneur de la dessiner si tu as le temps. J'avoue que ça m'intéresse bien de voir qu'elle vision du a d'elle.

Aliete : hé bien, je dois avouer que la première fois que tu as laissé une review, j'ai eu peur que le fait que Luana soit spéciale allait de dégoûter, et voir que finalement tu apprécie ma fic me fait extrêmement plaisir. Merci pour tes compliments. Mais crois moi, j'ai lu ta fic, et je trouve qu'Adèle n'est pas en reste non plus, et que tu n'as pas à être jalouse, crois moi !


Chapitre 15: perte de contrôle

Fondcombe était réellement une place où la paix intérieure était de rigueur, et où tout y incité. Luana bénéficia de ses vertus pleinement, bien que ce bine être absolu et cette plénitude était surtout le fait de Naurofána, mais aussi de tous ceux qui l'entouraient.

Ses journées se déroulaient toujours de la même façon, rythmée par les mêmes horaires et les mêmes personnes, sans pour autant se ressembler.

Luana savait désormais se transformer à volonté, entrant en osmose avec la louve qui sommeillait en elle sans aucune intervention extérieure. En théorie, cela pouvait paraître difficile, mais en pratique, c'était une réelle partie de plaisir. Il lui suffisait de fermer les yeux, et de plonger au plus profond de son être, elle perdait alors pied, son corps n'était plus mut ni même supporter par aucune volonté, et s'effondrait. Pendant ce court laps de temps, Luana allait toujours plus loin, toujours plus profondément au fond de sa conscience, jusqu'à ce qu'elle arrive à la limite de l'inconscient. Là, elle se retrouvait face à Naurofána, qui toujours attendait sa venue, de l'autre côté de la barrière invisible qui séparait le royaume de la conscience, celui de Luana, de celui de l'inconscience, domaine de la louve. L'humaine n'avait plus qu'à appelait sa part animal, pour que la frontière entre les deux s'effondre, et que toutes deux fusionne, l'une recouvrant l'autre. Une fois cela fait, elles remontaient à la surface sous la forme d'une seule et unique volonté, un être nouveau. Le corps, qui n'était alors plus adapté à l'entité qui l'habitait et le contrôlé, changeait de forme, dans une explosion de sensation et de plaisir, et le corps de jeune fille laissé place à une louve blanche immense. Et tout cela se faisait en quelque secondes.

Tous les matins, Luana se levait à la même heure, petit-déjeunait avec ses amis, puis retournait à sa chambre, où elle se déshabillait complètement pour ne pas ruiner une énième tenue –même si Elrond lui avait donné toutes les vieilles fringues qui ne risquaient plus grand-chose –et se transformait. Elle allait ensuite retrouver Gandalf, qui, durant une heure, lui apprenait à maîtriser son corps et ses sens de loup. Puis elle retournait une nouvelle fois dans sa chambre, se retransformait et se rhabillait, comme si de rien n'était, puis rejoignait le Mage Gris dans la bibliothèque d'Elrond, que les Elfes avaient restauré après son passage sanglant une certaine nuit de pleine lune. Là, il la "briefait", comme elle se plaisait à le dire –il ne comprenait pas ce mot –et lui apprenait l'histoire de ce monde, lui montrait des cartes de la Terre du Milieu, lui parlait de chacune des espèces et des peuples qui la peuplaient, comme il le lui avait promis. La jeune Nauro était tout bonnement subjuguée par la connaissance du mage, ravie qu'il la partage avec elle. Après deux heures de "cours", qui passaient bien plus vite qu'elle ne l'aurait crut tant ils étaient passionnants, elle avait quartier libre. Elle allait alors retrouver les Hobbits, avec qui elle passait le plus clair de ses après-midi et de ses soirées. La plupart du temps, Frodon, Sam, Merry, Pippin et elle allaient explorer les environs, même si ces expéditions finissaient le plus souvent en partie de cache-cache ou en loup –le jeu où il faut toucher les autres. Luana se transformait aussi relativement souvent avant de partir en promenade avec eux, profitant de ces instants pour perfectionner ses sens et son instinct. Au soir, ils rejoignaient Bilbon avec qui ils passaient la soirée.


Elle venait tout juste de finir de se rhabiller. Ce jour là, Gandalf lui avait expliqué pourquoi elle voyait les choses, à travers ses yeux de loup, comme si plusieurs images, représentant chacune une facette différente de ce qu'elle regardait. La première était la vue "normale", celle de tous les êtres vivants, où seuls les détails externes apparaissaient. La seconde lui permettait de voir la magie qui habitait certaines personnes et certaines choses. Et la troisième, était la vue d'un prédateur, une vue instinctive, qui percevait que la vie, la chaleur, le sang. La Nauro avait frissonné à l'évocation de cette troisième vue, et elle aurait préféré ne pas l'avoir. Afin de les tester, Gandalf lui avait demandé d'analyser consciencieusement tous ceux qu'ils rencontraient. Généralement, seule la vision du flux magique variait: celle de Gandalf était argenté; celle des Elfes était dorée ou blanche, variant d'intensité en fonction des individus; celle des Hommes, des Nains et des Hobbits était tout bonnement inexistante. Sauf pour Frodon. Lorsqu'elle le vit et concentra ses sens sur lui, elle eut une terrible envie de fuir, et ne put s'empêcher de plaquer ses oreilles en arrière, laissant un pitoyable gémissement vibrer dans sa gorge. Frodon, ou plutôt l'Anneau qu'il portait, diffusait un voile de ténèbres malsain, et là où la lame de Morgul, le flux sanguin semblait gelé.

Rien que d'y repenser en cet instant, elle éprouva à nouveau le même malaise. Vivement que ce foutu anneau soit détruis!

Elle sortit de sa chambre, et alla directement à la bibliothèque. Comme d'habitude, Gandalf était déjà là, assis à une table, attendant patiemment sa venue. Quand elle s'assit devant lui, il lui adressa un sourire.

- Prête pour un nouveau cours?

- Toujours! Fanfaronna-t-elle, avant de baisser un ton quand plusieurs paires d'yeux se rivèrent à elle. Qu'est ce que vous allez m'apprendre aujourd'hui?

- Nous allons parler de Sauron.

Enfin, elle allait enfin connaître l'Ennemie qu'ils allaient tous affronter.

L'exposé qu'il lui fit sur ce sujet fut tout bonnement époustouflant. Jamais elle n'aurait crut qu'un cours pouvait être aussi passionnant. Mais lorsqu'il lui parla de la nature même du seigneur de l'Anneau, disant qu'il s'agissait d'un Maia, elle le stoppa.

-C'est quoi un Maia?

- Les Maiar sont des divinités de rang inférieur. Ils sont au service des Valar, les quatorze divinités qui ont façonnaient ce monde.

D'un simple "briefing", ils passèrent brusquement à un cours sur la mythologie de la Terre du Milieu et de ce monde en général.

Une fois de plus, elle ne vit pas le temps passé. Tant et si bien que se furent les Hobbits qui vinrent la chercher, alors qu'elle devait les rejoindre. Ce fut dans un éclat de rire quand Merry et Pippin firent mine de la kidnapper qu'elle quitta Gandalf, qui les assista à cette comédie avec un sourire amusé sur le visage.

Frodon, Sam, Merry et Pippin l'entrainèrent dans la forêt, plusieurs paner à pique-nique dans les bras. Ils avaient repéré plusieurs jours plus tôt une petite cascade au centre d'une clairière, où ils s'étaient promis de revenir pour se faire un gueuleton digne de la Comté. Sam installait la table, pendant que les autres s'amusaient dans le bassin d'eau clair. Le poids de l'Anneau s'était fait plus lourd sur les épaules de Frodon, et l'inquiétude et le doute le rongeaient, si bien qu'il n'était déjà plus tout à fait le Hobbit d'autrefois, c'est pourquoi, les trois comparses de la bouffonnerie se firent un devoir d'égayer au mieux son séjour à Fondcombe en enchaînant les gags et les farces. Luana avait justement un plan en tête depuis le jour où ils avaient découvert la cascade, et elle jugea le moment venu de l'appliquer.

- Venez voir! S'exclama-t-elle alors qu'elle était penchée au-dessus de l'eau.

Merry, Pippin et Frodon se précipitèrent pourvoir ce qu'il y avait, se penchèrent à leur tour, mais ne virent rien dans l'eau cristalline.

- Qu'y a-t-il à voir? Demanda Frodon, perplexe.

- Deux étranges spécimens, répondit-elle en se plaçant discrètement derrière les deux cousins.

- Quels spécimens? Questionnèrent Merry et Pippin en se retournant.

- Deux Hobbits aquatiques!

Et elle les jeta à l'eau. Frodon et elle reculèrent juste à temps pour ne pas être éclaboussés par la gerbe d'eau que leur chute avait soulevée.

- Luana! Tu vas nous le payer! S'écrièrent-ils en tentant de l'arroser.

- Essayez donc de m'attraper! Il n'y a personnes pour vous aider ce coup-ci!

Frodon, plié de rire, dut se pousser pour laisser la place à deux Hobbits trempés et fou furieux. Sam, de là où il était, avait assisté à la scène, et rit à son tour en les voyant escalader les parois de la cascade. Luana arriva en haut bien avant eux, et elle alla se tapir dans des fourrés. Elle ôta tous les objets et vêtements qu'elle pouvait, sans pour autant chercher à se déshabiller complètement. Et quand Merry et Pippin arrivèrent à leur tour, elle se transforma. Ils n'eurent pas le temps de l'apercevoir, cachée derrière les feuilles, que déjà, l'immense louve blanche se jaillit devant avec un grondement terrifiant et ils se retrouvèrent acculés, piégés entre l'animal et la chute d'eau.

- Heu… on peut savoir à quoi tu joues? Demanda Pippin, inquiet.

- Tout à l'heure je vous ai poussé, maintenant je veux que vous plongiez vous-même.

Les deux Hobbits se jetèrent un regard incrédule.

- Plongez!

Et elle se jeta sur eux. Ils n'eurent pas d'autre choix que de sauter.

- Geronimo!

Alors qu'ils refaisaient surface, ils virent une énorme masse blanche leur tomber dessus, et une énorme vague causée par l'onde de choc les envoya sur la rive.

Merry et Pippin grognaient et rouspétaient, se plaignant de la stupidité et des blagues vaseuses d'une certaine Nauro, malheureusement pour eux, le sourire qui s'épanouissait sur leur visage les trahissait haut et fort. Frodon était croulé de rire, oubliant un peu les soucis qui le préoccupaient. Luana sortit de l'eau et s'approcha de lui.

- Ha non, éloignes toi! Tu sens le chien mouillé! S'écria-t-il.

- Si tu veux le chien, accepte les puces!

Et elle s'ébroua, l'arrosant au passage. Tous rirent de bon cœur, surtout elle, heureuse de pouvoir enfin voir Frodon sourire. Mais soudain, son rire mourut dans sa gorge, et son cadavre l'étrangla.

Sam. Sam, dans son hilarité, avait laissé tomber une bouteille, en voulant la ramasser, il s'était entaillé le doigt. Une perle rouge traça un fin chemin sur sa main, et alla tomber sur l'herbe de la clairière. Le silence se fit, brusque et pesant. ¡MIERDA!

Luana, non, Naurofána, fixait le rubis liquide qui s'écoulait de la plaie, immobile, chaque muscle douloureusement tendus, prêt à rompre s'ils n'étaient pas bientôt relâchés pour bondir en avant. Son estomac se contracta à cette vue et l'odeur métallique qui s'en dégageait lui chatouilla douloureusement les narines

Un grondement sourd fit vibrer sa gorge, les poils sur son dos se dressèrent, son pelage se gonfla au point de la faire paraître deux fois plus imposante qu'elle ne l'était. Les Hobbits furent soudains saisis de peur.

- Heu … Luana, est ce que ça va?

Pas de réponse. Luana n'en était pas capable. Cette peur, elle pouvait la sentir, fragrance suante et poisseuse qui rampa le long de sa peau, se déposa sur ses papilles et y laissa un goût merveilleux auquel elle n'avait jamais goûté auparavant, et qui éveilla en elle quelque chose qu'elle ne pouvait contrôler: la faim. Une faim nouvelle, une faim terrible. Une faim sauvage, une faim sanguinaire, une faim primaire. Une faim qui réclamait du sang et la mort.

Un brouillard rouge recouvrit sa vision, un linceul qui voila les deux premières visions, celles de l'extérieur et de la magie, pour ne plus laisser place qu'à celle du prédateur. Horrifiée, Luana vit, non plus à travers ses yeux mes à travers ceux de Naurofána, l'image des Hobbits s'effacer. Ils n'étaient plus pour ces sens que des paquets de sang qui se mouvaient pour son plus grand plaisir; ils n'étaient plus que des ombres parcourues par un réseau aux teintes vives, dans lesquelles pulsait un cœur rouge et brûlant. Ils n'étaient plus que le parfum de la peur et du sang. Que le bruit de leurs sangs circulant dans chacune de leurs veines, s'infiltrant et se retirant de leur cœur à chaque pulsation et dispensant une chaleur brûlante à tout leurs êtres.

Cette chaleur, ce son, ce parfum, ce sang, cette vie, elle voulait non pas les sentir à travers ses yeux, ses oreilles et son nez. Elle les voulait pulsant dans sa bouche, lui coulant dans la gorge, se répandre dans tout son être. Elle les voulait pour elle seule. Elle voulait sentir cette chaleur et cette vie quitter le corps des Hobbits et venir se loger en elle.

Non, pas elle, pas Luana. Mais Naurofána, la louve seule voualit la mort et le sang des Hobbits. Et elle le désirait tant, le désir la rendait presque folle, se mua en une souffrance qui lui perça le ventre, lui noua les boyaux.

- NON! cria intérieurement luna.

L'union entre l'humaine et la louve vola en éclat, et Naurofána prit le dessus, Luana tout au fond de son corps, la plaqua contre la barrière de l'inconscience comme si elle cherchait à l'y faire rentrer de force. Luana sentit son âme ployer sous sa volonté. La louve avait désormais les pleins pouvoirs.

Ses pupilles se rétractèrent soudain, signe qui inquiéta les Hobbits plus encore que les babines retroussées et les crocs dévoilés.

- Luna, c'est pas drôle!

- Pippin, je ne crois pas que ce soit une blague.

Naurofána se ratatina sur elle-même, et bondit en avant, prête à les éviscérer, réclamant dans un hurlement effroyable le sang, la chair et les tripes de ces être insignifiants qui n'étaient là que pour combler la faim qui la tenaillait.

Les Hobbits hurlèrent d'effroi, ne pouvant que se protéger de leur bras, protection ô combien futile et pitoyable face aux crocs et aux griffes qui se précipitaient pour leur entailler la peau et les muscles jusqu'à l'os, répandre leur sang sur l'herbe verte de la clairière.

Une grande silhouette s'interposa entre eux et la bête, et une barrière de lumière la stoppa net dans sa course. La louve retomba sur ses pattes et revint à la charge, mais rien à faire, ils étaient à présent à l'abri sous un dôme de lumière.

Frodon, rouvrit les yeux, et vit, par-dessus ses bras et à travers la lumière, Gandalf, qui dressait son bâton au-devant lui.

- Écoutez ma voix Luana! Ce n'est pas vous qui souffrez de cette faim tenace, elle n'est pas la vôtre, mais celle de la louve en vous, libérez vous en! Naurofána, calmez cette hargne et cette faim, rendez lui son corps, retournez dans l'inconscience et le néant!

Mais ses paroles n'eurent aucun effet. Folle de rage, Naurofána se lança une dernière fois sur eux, échoua, et fit volte face, s'enfonçant dans les profondeurs de la forêt.


Faim, douleur, folie. Ce n'était pas les siennes, et pourtant, c'était tout comme. C'était son corps qui en souffrait, sous l'influence de la louve. Elle courait, ses muscles pâtissaient eux aussi de la faim et la douleur qu'elle générait. La folie allait finir par lui faire perdre la raison. Naurofána pilotait son corps, concentrait tous ses sens dans une quête désespérée. Du sang, il lui fallait du sang, pour apaiser sa soif. Il lui fallait de la chaire, pour apaiser sa faim. Il lui fallait la chaleur d'un être vivant pour apaiser la morsure du froid qui l'habitait soudain. Il lui fallait la vie d'un autre, pour qu'elle se sente vivre. Il lui fallait à tout prix ce sacrifice.

Sons, odeurs, tout était bon pour elle repérer sa prochaine proie. Il ne lui fallait que cela, une proie. Mais tous les animaux pouvaient sentir à des lieux à la ronde son aura de prédateur, son envie de massacre pure et simple, sa folie dévorante, et tous fuyaient devant la menace qu'elle représentait pour eux tous, car elle ne se contenterait pas d'une seule victime, il lui en fallait bien plus pour assouvir sa faim, beaucoup plus. Elle sillonna toute la vallée à la recherche d'un festin, mais rien, aussi passa-t-elle à la vallée suivante. Et ce ne fut qu'une fois là qu'elle trouva enfin ce qu'elle cherché si désespérément.

Un grizzli, dérangé par la rumeur affolée qui secouait toute la forêt, vint à sa rencontre et lui barra le passage. Il se dressa sur ses deux pattes arrière et la domina de toute sa hauteur et rugit de toute la puissance de ses poumons. Il faisait bien deux fois la taille de la louve. Naurofána se courba, fit le gros dos, gonflant son pelage autant qu'elle le put, retroussant les babines et montrant les crocs avec un grondement qui fit trembler toute la forêt.

Il y aurait de l'ours au menu.

L'ours attaqua le premier, et lui envoya sa grosse patte griffue dans les flancs. Naurofána esquiva et lui monta sur le dos, lui lacérant le cuir de ses griffes, lui déchirant la fourrure par poignée de ses crocs. L'ours poussa u rugissement de douleur, et tenta par tous les moyens de la décrocher. Il se laissa finalement tomber sur le dos, l'écrasant au passage, lui broyant plusieurs côtes, qui à leur tour lui percèrent les poumons et la rate. Il lui flanqua un coup de griffe qui l'envoya contre un rocher et lui dépeça un flanc entier, découvrant les côtes brisées et les muscles sectionnés. La douleur fut telle qu'elle accrut l'agressivité et la bestialité de la louve. Toute trace d'humanité l'avait quitté, car Luana, bien que toujours du côté de la conscience, n'avait plus la force de résister. Le goût de son propre sang vint attiser plus encore sa faim quand il remonta de ses organes explosés jusqu'à sa bouche.

Malgré la souffrance et la faiblesse qui la saisit soudain, elle se releva. Elle ne pouvait pas perdre. Elle ne pouvait pas mourir ici, face à une vulgaire peluche. Elle était Naurofána! Elle était un loup-garou!

Une vague de puissance l'envahit, et ses blessures, aussi profondes et mortelles furent-elles, se refermèrent à vue d'œil.

L'ours se redressa pour lui assener le coup de grâce avant qu'elle ne soit remise. Trop lent. Terriblement lent. Ses mouvements étaient lors et pesant, ils n'avaient que la puissance pour eux. Elle, elle avait la force et la rapidité.

Elle bondit et alla planter les crocs dans son cou. La peau et les poils étaient trop épais pour qu'elle puisse atteindre les artères ou la trachée. Elle desserra imperceptiblement les mâchoires, pour les refermer un peu plus profondément dans la chaire et la peau. L'odeur forte et musquée de l'ours lui brûlait les narines. Elle sentait et entendait, à quelques centimètres de ses crocs, la pulsation du sang dans les veines. Ce sang était à elle. Elle redesserra à nouveau les mâchoires et cette fois, les referma sur le cartilage de la trachée. Ses crocs percèrent les artères, et le liquide brûlant et enivrant tant désirait se répandit dans bouche, se déversa dans gorge, lui emplit le ventre, lui conféra une force nouvelle. Elle percevait la vie de l'ours, qui commençait à faiblir, le quitter peu à peu et passer à travers le sang dans son corps à elle. Un plaisir indescriptible, presque sexuel, la fit frissonner. Et enfin, l'ours mourut, s'effondrant de tout son long dans les feuilles mortes. Elle n'avait plus qu'à se servir!

Faim. La faim était enfin apaisée. Un poids énorme lui fut retiré, et elle put de nouveau respirer. Naurofána s'était retirée, épuisée, repue et bienheureuse, retournant dans son antre de l'inconscience. Luana retrouva sa place dans son corps meurtri par les coups et fatigué par le combat et la régénération instantanée. Elle avait mal, mais elle, elle ne savait pas pourquoi. Elle n'avait pas assister à la lutte entre les deux bêtes, perdue dans la douleur et la faim, écrasée par la volonté de la louve au point de se retrouver encastrée dans la barrière qui délimitait le conscient et l'inconscient. Elle était plongée dans un état second, à la fois consciente et inconsciente.

Elle ne savait pas ce qu'il s'était passé à partir du moment où elle avait perdu le contrôle. Tout ce qu'elle savait en cet instant, c'était qu'elle était allongée, dans quelque chose de chaud et visqueux. Elle rouvrit les yeux, et découvrit qu'elle était allongée, complètement nue, dans une sorte de grotte, au mur suintant et empestant le sang. Elle se releva tant bien que mal et sortit, pour s'apercevoir que ce n'était pas dans une grotte qu'elle s'était réveillée une grotte, mais le cadavre éventré d'un énorme ours. Elle était couverte de sang, de reste de tripailles qui lui collaient la peau et les cheveux. Elle s'effondra, poussa un cri de détresse et d'affolement, se couvrant le corps de ses bras.

Et ce fut ce cri qui alerta le Mage Gris, qui était parti à sa recherche, sans parvenir à la dénicher pendant des heures. Quand il la découvrit, elle était prostrée, muette, les yeux grand ouverts, tremblante. Voyant qu'elle était nue, il défit son grand manteau gris et l'en recouvrit. en sentant ce contact, elle revint à la réalité et se pressa contre lui, pleurant toutes les larmes de son corps.

- Je vous en prie! Scellez cette chose en moi! Je ne veux plus jamais qu'elle sorte!


Alors, pas trop trash?