Et voilà comme promis, il est temps pour nos héros de quitter le confort rassurant de Fondcombe.
Reviews:
VegetaYouShoulveComeOver: de rien pour la dédicace ^^, mais quand un lecteur me donne une idée ou me demande quelque chose à ajouter dans ma fic, je dédicace toujours le chapitre à cette personne. Pour Legolas, c'est normal qu'il soit encore coincé, il va lui falloir un peu de temps pour être un peu plus cool. Et si tu veux une bonne tranche de rire sur un bon délire entre notre Elfe préféré et Gimli, attend le prochain chapitre! XD Et malheureusement, mon rythme de parution risque de diminuer encore et encore, car avec le bac et la fin de l'année qui approche, les profs s'en donnent à coeur joie, et j'ai même plus la force d'écrire le soir, désolée.
Lalolyen d'Eryn Vorn : Alors, pour répondre à a question, j'ai bien fait du hiphop mais pas vraiment du Breakdance. J'ai été dans un groupe d'art de rue, mais on faisait un peu de tout (comme des bolasses enflammées ^^) et les rares figures accrobatiques que je sais faire (par exemple le Babyfreeze développé ou le headstand) je les ai appris à la capoeira, mais j'ai un pote qui fait partie d'un crew et qui m'a aidé pour écrire ce chapitre. Et pour ce qui est des maths, saches que je suis presque aussi perdue de toi MDR (j'ai cinq de moyenne alors ...)
Eclipse1995 : je l'ai déjà dit, ceux qui veulent me reviewer review quand ils peuvent et quand ils veulent! Et puis même si c'est après pertpète, je m'enfiches, alors t'inquiètes pas pour ça, ok? ^^ Pour le fait qu'elle ait scellé Naurofana, elle n'avait pas d'autre choix, désolée si ça t'a rendu triste ~~, . Et oui, peut être que Boromir va enfoin devenir un peu plus sympa, même s'il s'y prend comme un pied! =) Le hiphop est une chose à laquelle je tiens énormément, et je tenais à tout prix à l'intégrer dans l'histoire. Heureuse que ça t'ait plut! Pour Legolas, il faut savoir prendre son temps ma petite dame, l'amour eest une chose à qu il faut accorder du temps (C'est vraiment moi qui dit ça? 0_o) Et oui, elle quitte Fondcombe, après tout, toutes les bonnes choses ont unefin, et je voyais mal l'histoire se dérouler uniquement dans un seul endroit.
Aliete: Merci, j'ai bien appréciait de travailler sur ses doutes et ses peurs. Et puis, un personnage super-héro, non-merci, c'est pas non-plus supergirl lol! J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce chapitre. Entre les sentiments un peu houleux de Luana, les hauts et les bas qui s'enchaîne, les retrouvailles et surtout la scène de hiphop (un pur délire et une scène qui montre toute la folie de notre jeune amie ^^), j'ai pas eu le tempsde m'ennuyer XD. Et pour le mail, c'est toi qui m'en a envoyé un la première, alors c'est à moi de t'en remercier ~~. Et ta fic et toujours aussi bien, moi aussi je deviens accro!
A tous ceux qui aime les fics sur SDA, je tiens à faire un petit peu de pub à quelqu'un qui le mérite bien! Allez donc lire "L'éveil", de notre chère Aliete!
Chapitre 18: le départ
Ce petit intermède musical et dansant lui avait fait le plus grand bien, ainsi qu'aux Hobbits. Un peu à tout le monde en réalité. Les jours suivants, elle donna encore quelques heures de "cours" à Frodon, Merry et Pippin, Sam trouvant que c'était trop physique à son goût. Et à chaque fois, il y avait un public de plus en pus nombreux. Elle parvint même à convaincre les jumeaux de les rejoindre. Bien entendu, ces deux élèves dépassèrent bien vite le professeur, et ils étaient même meilleurs que tous les breakers qu'elle avait put rencontrer ou visionner sur Youtube.
Mais malgré ça, la peur et l'anxiété s'enracinaient et grandissaient un peu plus chez les membres de la Communauté, au fur et à mesure que les jours s'égrainaient et les mena lentement vers le jour du départ.
La veille au soir, tous les hôtes et habitants de Fondcombe se réunirent dans la Salle de Feu. Les chants louaient les héros anciens, Gil-Galad, Beren – qui avait été prisonnier des loups-garous de Sauron – et son épouse Lúthien. Ils étaient si merveilleux, si beaux mais à la fois si tristes, que Luana sentit son cœur se serrer. Elle aurait voulut pleurer, mais elle s'était promit de ne plus jamais verser de larmes dans ce monde, et tant qu'elle ferait partie de la Communauté. En somme, jusqu'à sa mort certaine. Sentant qu'elle ne pourrait plus tenir longtemps, elle dit au-revoir à ses amis et alla à sa chambre. C'est en passant devant une fenêtre, dans un couloir, qu'elle remarqua que la lune était pleine. Une nuit de pleine lune. Cela faisait près de deux mois qu'elle avait atterrit ici, dans ce monde. Et tout juste un mois qu'elle s'était transformée pour la première fois. À ce souvenir, elle frissonna, car elle craignait toujours que Naurofána ne se libère, malgré le vide immense qu'elle ressentait au fond d'elle. Elle avait crut pouvoir le combler avec le temps et l'oublier, mais comment oublier une partie de soi? C'était encore pire que de perdre un bras!
Quand elle entra dans sa chambre, qu'elle vit ce lit dans laquelle elle allait dormir pour la dernière fois, ainsi que les vêtements chauds et épais que le seigneur Elrond lui avait fournis. Ils lui rappelaient ceux qu'elle portait à leur départ de Bree. Encore une fois, elle allait endosser des vêtements dignes d'un Rôdeur. En d'autre temps, cette pensée l'aurait fait rire, ou au moins sourire, mais là…
Elle se déshabilla, mais ne prit même pas la peine d'enfiler de pyjamas et se glissa sous les draps, entièrement nue. Le rayon de lune qui la baignait lui échauffait la peau, et elle ne supportait pas l'idée de vêtements qui l'étoufferaient. Elle était non pas fiévreuse, plus fébrile, tant et si bien qu'elle crut ne pas pouvoir s'endormir, entre ça, l'anxiété qui lui nouait l'estomac et la peur de mourir dans quelques jours. Mais soudain, elle se sentit engourdie, ensommeillée. Sa peau sur la soie des draps, la lueur de la lune, et elle sombra dans un profond sommeil. Ou ce qu'elle crut être le sommeil, mais quand elle rouvrit les yeux, elle se retrouva face à la louve blanche! Naurofána l'observait, tapie dans les ombres de l'inconscience. Luana faillit hurler, mais aucun son ne sortit de sa gorge
Les autres fois, elle lui avait parut lumineuse et magnifique, perçant les ténèbres qui l'entourait, telle l'astre lunaire chassait la nuit. Mais là, elle semblait affaiblie, comme si elle s'éteignait lentement.
Luana resta figée. Était-elle… en train de mourir?
Non, non elle ne voulait pas savoir, elle ne voulait pas voir ça! Elle ne voulait pas que Naurofána la contrôle, mais elle ne voulait pas non plus qu'elle meurt! ¡Mierda! C'était une partie d'elle! Luana s'avança et tendit une main tremblante vers la barrière de l'inconscient.
"Non, non! Tu ne m'auras pas comme ça, t'entends?" s'écria-t-elle mentalement en se reculant vivement. Elle l'avait fait venir exprès pour qu'elle prenne pitié d'elle, pour qu'elle se laisse avoir encore une fois!
Luana se réveilla en sursaut, trempée de sueurs froide, désorientée. Elle était dans son lit, à Fondcombe. La lune était encore haute dans le ciel, et plus un bruit ne troublait la nuit profonde.
Non, elle avait dut rêver. Et pourtant, cette vision de Naurofána la hantait. ¡Mierda! Elle devait être scellée, ne plus pouvoir l'influencer! Alors comment se faisait-il qu'elle était parvenue à l'amener jusqu'au seuil de l'inconscience? Et cette lune qui lui échauffait les sens! Elle ne devait pas se rendormir. Il fallait qu'elle sorte de cette chambre! Elle enfila rapidement une tunique et un pantalon, et partit pour une dernière expédition de Fondcombe. Elle devait se changer les idées.
Les couloirs étaient balayés par un vent froid qui apaisa la brûlure que lui infligeait la clarté nocturne. Et étrangement, ce fut cette même brise qui la guida la où elle n'avait jamais posé les pieds. C'était un jardin, un jardin parmi tant d'autre, mais un jardin dans lequel se dressait plusieurs statue de marbre blanc, droite et fière, figée dans le temps pour l'éternité. Luana s'approcha de l'une d'elle. Elle représentait une femme, humaine,mais à la beauté infiniment grande et douce, une beauté sauvage qu'elle avait déjà vu chez quelqu'un d'autre. Une beauté à la fois noble et sauvage, fière et triste, qu'elle avait déjà sur le visage … d'Aragorn?
- Ne devriez vous pas dormir, jeune Luana?
Le seigneur Elrond se tenait sous un arbre, les mains croisées sur le devant, l'air grave et solennel. Il s'attendait à ce que la jeune fille ignore sa question, mais pas à ce qu'elle lui en pose une autre.
- Qui est ce? Fit-elle en désignant la statue de femme, si belle et si parfaite que l'on aurait put croire qu'elle allait se réveiller de son sommeil de pierre.
- Ce fut une de nos hôtes, éluda-t-il.
Elle aurait voulut confirmer ses doutes, et lui demander s'il s'agissait bien de la mère d'Aragorn, mais peut être le Rôdeur préférait-il garder cela secret, et qu'Elrond veillait à ce que ce secret soit gardé, si bien qu'elle n'insista pas.
- On est où ici? On dirait un cimetière, avec ses statues.
- C'est la cas. Ici reposent les Elfes et les rares Hommes à avoir élu Imladris comme dernière demeure.
- Je croyais que les elfes étaient immortels.
- Immortels, mais pas invincibles, dit Elrond avec une note de tristesse dans la voix.
Songeait-il à son épouse? Celle dont Arwen lui avait parlé, qui avait été blessée et séquestrée par des Orques, et avait finalement dut abandonner ceux qu'elle aimait pour les terres de Valinor.
- Tout comme vous, ajouta-t-il en plongeant son regard perçant dans ses yeux.
Luana ne put supporter plus d'une seconde ce regard, et détourna la tête, fixant obstinément la statue.
- Je ne suis pas plus immortelle que vous vous êtes humain, répliqua-t-elle vivement.
- J'ai été un Homme autrefois.
Elle sursauta, et reporta toute son attention sur lui. Lui, un Homme? Impossible!
- Ou plutôt, une demi-Homme, ou un demi-Elfe pour être exact. Il m'a été donné de choisir entre ses deux destinées, et j'ai choisit l'immortalité des Elfes.
Elle se détourna une fois de plus. ¡Mierda! Pourquoi lui disait-il tout cela? Elle n'en avait rien à faire!
- Ça ne change rien au fait que je ne suis pas immortelle, répéta-t-elle, butée.
- Et pourtant, vous l'êtes.
- Ha oui, et comment c'est possible?
- Naurofána l'est.
Luana se crispa. Elrond s'approcha et lui prit le menton du bout des doigts, la forçant à relever la tête et à le regarder en face.
- Que vous le vouliez ou non, elle est toujours en vous, et tant qu'elle sera en vie, elle vous insufflera sa force vitale. À partir de l'instant où vous avez prit conscience de son existence, vous avez cessé de vieillir. L'âge et le temps non plus d'emprise sur vous.
La manière dont il lui parlait, dont il lui tenait le menton, lui rappelait douloureusement la dernière fois qu'elle avait vu Éric. D'un infime mouvement de tête, elle se libéra et lui tourna le dos résolument, pour qu'il ne puisse voir ses larmes qui inondaient ses yeux.
- Ça ne change rien. J'ai vu Naurofána. Je sais pas comment, mais elle a réussit à m'amener jusqu'au seuil de la conscience. Elle est en train de mourir.
- Elle peut s'affaiblir, mais pas mourir, car vous vivez. Elle ne mourra que lorsque vous mourrez. Et le fait que vous l'ayez vu prouve qu'au fond de vous, vous êtes attachée à elle.
- C'est faux!
Elle ne voulait pas qu'on lui dise ça! Elle savait qu'elle avait besoin d'elle, qu'elle était rien sans elle, et pas seulement pour survivre ou se protéger. Elle se sentait moins que rien depuis qu'elle l'avait scellée. Mais elle ne voulait rien savoir, faire comme si de rien n'était, encore et toujours! Elrond, comprenant qu'elle n'était pas prête à accepter la vérité, décida de ne pas insister.
- Vous devriez aller vous recoucher. Demain est un jour important.
Il la raccompagna jusque dans sa chambre, et refusa de partir tant qu'elle ne s'était pas endormie. Ça l'irritait, mais dans le fond, elle lui en fut reconnaissante, car, sachant qu'il veillerait à ce que Naurofána ne prenne pas le dessus, elle parvint à trouver le sommeil qui l'effrayait tant.
L'immortalité. Sur le moment, elle n'y avait pas prêté attention plus que ça, n'avait pas saisit ce que cela signifiait. Mais maintenant …
¡Mierda! Ça voulait dire vivre pour l'éternité. Si elle venait à se sortir sauve de cette histoire, ça voulait dire qu'elle allait passé l'éternité à errer en Terre du Milieu! Déjà que la simple idée de passé une vie de mortelle ici l'effrayait, elle voulait rentrer chez elle, point. Mais même si elle retournait dans son monde, ça n'empêcherait pas qu'elle était immortelle. Comment expliquer aux autres le fait qu'elle ne vieillissait pas, alors qu'eux souffraient du temps qui passe, pour finalement les voir mourir les uns après les autres? Être immortelle au milieu de mortels, ça voulait dire voir tous ceux qu'on aime mourir et rien d'autre, se retrouver seule pour l'éternité. Une vie pareille méritait-elle d'être vécue? Avait-elle envie de perdre la raison dans cette errance solitaire? L'immortalité rendait fou! Elle n'en voulait pas!
Mais elle ne voulait pas non plus mourir. Quand elle s'était crut morte après l'attaque des Nazgûls, elle avait trouvé ça agréable, apaisant, comme si elle était sur un petit nuage. Mais maintenant, elle était persuadée que la mort n'était pas aussi belle et bienheureuse.
D'un côté la peur de la mort, de l'autre la peur de la vie éternelle.
« Bureau des éternels insatisfaits, quel est votre problème? Vous ne voulez ni mourir ni vivre... et ben vous pas êtes pas dans la merde! »
Depuis qu'elle s'était réveillée aux alentours de midi, elle ne pensait qu'à ça. Elle ne songeait même plus au départ de ce soir là, au départ de la Communauté. ¡Joder! Elle n'était même pas sortie de sa chambre, et faisait les cents pas devant le miroir, ne sachant pas faire quoi d'autre. Trouver autre chose pour s'occuper l'esprit jusqu'au soir … mais quoi? Elle avait déjà fait le tri dans ses affaires, et avait décidé qu'elle n'emporterait que le stricte nécessaire: c'est-à-dire une tenue de rechange; sa tenue de sport (même si ça ne lui servirait probablement pas à grand-chose, elle y tenait); un jeu de carte et sa pièce de deux euros (c'est tout e qu'elle avait trouvé pour s'occuper en chemin et peut être distraire les Hobbits); elle aurait bien emmenait son mp3, mais les batteries étaient mortes, dommage, elle n'entendrait plus jamais la voix de ses artistes préférés. Elle s'était déjà habillée, et avait franchement l'air d'un Rôdeur comme ça. Alors que lui restait-il à faire? Sortir? C'était peut être la meilleure chose à faire, mais elle redoutait que les autres tentent une dernière fois de la dissuader. Ho, et puis ¡Mierda! Elle leur dirait sa façon de parler et si ça leur aller pas, ils pourraient aller se faire voir, tout autant qu'ils étaient! Elle s'était juré de ne pas se morfondre, alors autant s'énerver un bon coup et se défouler! Cette histoire d'immortalité l'avait mise en boule, il lui fallait un punching-ball. Boromir? Il s'était montré sympas en lui apprenant l'épée, mais il avait essayé de l'évincer par derrière. Aragorn? Elle ne pourrait jamais vraiment la frapper par colère, mais si c'est pour jouer et qu'il est partant, pourquoi pas? Gimli? Elle aurait bien voulut s'adonner au lancer de Nains, ça l'aurait détendue. Legolas? Trop froid et pas assez drôle. Merry et Pippin? Ils étaient partis courir dans la forêt. Sam? Non, il était trop gentil pour ça, et elle le traumatiserait à vie. Il restait…
De légers coups sur la porte de chambre la firent sursauter et sortir de sa réflexion.
- Qui c'est?
- Luana, je peux entrer?
- Vas-y, entre Frodon!
Le Hobbit ne se fie pas prier. Il semblait nerveux, agité, pourtant, il y avait une sorte d'apathie résignée.
- Comment ça va? Questionna-t-elle, sachant pertinemment que non, ça n'allait pas.
- Ca va, répondit-il machinalement. Et toi?
- Franchement? J'en sais trop rien.
Ils se contemplèrent un moment. Elle n'aimait pas ces blancs entre eux, ces moments où l'un attendait que l'autre dise ce qu'il voulait dire, surtout quand elle savait de quoi il s'agissait.
- Luana, je tiens à ce que tu saches …
- Je sais Frodon, la réponse est non, et oui, je suis sûre de ce que je fais.
Il soupira, comme si un poids immense lui avait comprimé la cage thoracique et en avait chassé l'air. Luana repensa à la réflexion qu'elle se faisait avant qu'il n'entre. Celui qui manquait à sa liste, c'était Frodon, et comme de par hasard, c'était lui qui avait tenté une dernière fois de la faire changer d'avis. Mais elle n'aurait jamais put se servir de lui comme d'un punching-ball, et cela quoiqu'il puisse lui faire.
- Bilbon veux que je passe le voir, nous nous retrouverons tout à l'heure, finit-il par dire, avant de sortir, sans un mot de plus.
Luana n'avait pas sut trouver les mots pour lui rendre le sourire, pas sut le soulager. Mais elle espérait pouvoir se rattraper, et surtout, pouvoir retrouver le Frodon qu'elle avait rencontré en se réveillant dans ce monde complètement fou. Non, elle espérait plus que cela, elle espérait rencontrer le vrai Frodon, celui qui n'avait pas encore croisé la route de l'Anneau.
¡Vamos! Pas le temps de s'apitoyer!
N'ayant plus rien à faire dans sa chambre, elle sortit et chercha à s'occuper. C'est ainsi que, après un moment d'errance, elle arriva aux écuries; Sam s'occupait de Bill, le bichonnant et lui murmurant des mots rassurants. Quand il la vit entrer, il lui sourit et l'invita à l'aider. Pas une fois il ne parla des dangers qu'ils allaient rencontrer, et elle lui en fut infiniment reconnaissante. Lui au moins voulait bien d'elle. Enfin, elle sentait bien qu'il s'inquiétait de la voir partir avec eux, mais il ne cherchait pas à le lui faire comprendre. Bill devait bien être le seul à ne pas se poser la question de savoir si elle allait mourir ou non dans cette aventure. Il ne devait pas plus s'inquiéter pour lui-même. Pas de soucis, pas de prise de tête, pas de remords pour le passé, pas d'inquiétude pour l'avenir, juste le moment présent. Dans un sens, elle l'enviait. Tout ce qu'il faisait, c'était suivre et obéir au Hobbit pour lequel il s'était prit d'affection. Il était vrai que depuis qu'il avait croisé sa route, le poney avait comme rajeuni, bichonné et choyé comme il l'était. Sentant sans doute qu'elle n'avait pas forcément le moral, ou juste parce qu'il avait envie qu'elle s'occupe de lui elle aussi, il lui donna un coup de museau dans la main. Avec un sourire, elle lui flatta l'encolure en pensant que oui, il avait bien de la chance.
Bill se désintéressa un moment de sa main et de ses caresses, pour plonger son museau dans le foin odorant et en savourer une bouche. Il avait de la chance, mais lui aussi allait devoir dire adieu au confort des écuries de Fondcombe.
Dire adieu. Luana sentit son cœur se serrer. Elle aurait aimé pouvoir dire adieu à son frère, à Samantha, à ses amis. Puis elle se ressaisit, une légère satisfaction affichait sur le visage, car au moins, cette fois, avant son départ, pourrait elle faire ses adieux à ceux qu'elle avait rencontré entre ces murs.
Elle était heureuse à cette pensée, car elle ne savait pas à quel point les adieux étaient une chose pénible et douloureuse pour le cœur.
Ce soir-là, tous s'étaient réunis une dernière fois dans la Salle du Feu. Bilbon et Frodon passèrent cette dernière soirée ensemble; Aragorn et Arwen étaient introuvables, même s'il n'était pas difficile de deviner qu'ils étaient ensemble eux aussi; et elle, elle resta un long moment en compagnie d'Elrohir et d'Ellladan. Les jumeaux étaient devenus de grands amis pour elle, et lorsqu'elle leur fit ses adieux, elle fut loin d'être heureuse, et n'éprouva pas le sentiment de plénitude et de satisfaction auxquels elle avait espéré. Elle faillit pleurer lorsqu'Arwen, enfin revenue, vint la prendre dans ses bras pour lui souhaiter bonne chance, et lui demander de revenir indemne. Elrond lui-même vint lui donner une accolade paternel. Non, les adieux n'avaient rien de plaisant, et elle regrettait désormais de ne pas être partie comme une voleuse, sans un au-revoir.
Il avait été décidé qu'ils partiraient au crépuscule afin qu'ils puissent profiter au maximum des ombres. Elrond, dans sa grande sagesse, leur avait conseillé de voyager protégés des yeux de tous par les voiles de la nuit.
Alors que le soleil disparaissait derrière l'horizon, tous s'étaient réunis aux portes de Fondcombe.
Tous les membres de la Communauté s'étaient rassemblés autour de Frodon, devant les portes de Fondcombe. Luana n'eut même pas la force d'écouter le discours que leur fit le seigneur Elrond. Cet instant lui sembla intemporel. Il durait de façon infini, s'étirant longuement, , faisant durer son calvaire devant les Elfes qui leur faisaient face. Mais il avançait aussi terriblement vite, la rapprochant de plus en plus de sa mort.
- Que la bénédiction de Elfes, des Hommes, et de tous les Peuples Libres vous accompagne, déclara enfin Elrond.
- Bonne chance, s'exclama Bilbon du perron.
Comme dans un rêve, Luana fit volte-face, et suivit Frodon, Gandalf, et les autres. Comme dans un rêve, elle se tourna une dernière fois vers la demeure des Elfes, et comme dans un rêve, elle vit ces amis, Elladan, Elrohir, Bilbon et Arwen lui faire un dernier signe. Et comme dans un rêve, elle passa sous l'arche du portail, quittant définitivement la sécurité de Fondcombe.
À peine eut-elle fait un pas au-dehors qu'elle visualisa un graphique, sur lequel une courbe se traçait au fur et à mesure. Et lorsqu'elle fit un second pas, la courbe chuta brusquement pour passer sous la barre des zéros.
