Salut tout le monde! Je sais, ça fait un petit moment que je n'ai pas publié, alors pour me faire prdonner, voici un long chapitre et enfin un peu d'action!
Reviews: franchement, merci à tous! Vos reviews me font très plaisir! Et pour répondre à la question que beaucoup me pose, ce trip avec Roméo et Juliette date de la première fois que j'ai vu le film. Dès que j'ai vu ces deux là s'engeuler pour un rien puis devenir amis, je me suis fait dans ma petite tête un peu dérangée unremake de la pièce ... Et voilà le résultat!
Lalolyen d'Eryn Vorn: non, urtout t'arrêtes pas!Moi j'adore lire tes délires (et à ce niveau là, je crois qu'on tiens le bon bout toutes les deux XP) mais je dois avouer que là c'est un peu tordu. Et rassures toi, je ne suis pasoffensée et ne vais ps te puir en te privant du prochain chgapitre ^^.Non, t'inquiète, je suis pas bretonne. j'ai beau vivre en bretagne, mon coeur reste celui d'un Ch'ti (vive le Nord-Pas-de-Calais! ~~,) et ui c'est notre elfe préféré que j'ai choisit pour son petit coeur, mêe si elle estpacoreau courant mdr. Mais c'était pas assezclai dans les autres chapitres? dommage ^^. Tu me rassure, parce que des fois je me pose de sérieuses questions sur mes choix et mes gouts quand je choisi les mecs XD
Eclipse1995 : j'avoue que moi aussi, je l'aime bien ^^. perso, je choisit ni la mort, ni la vie éternlle, car on le sait bien, l'éternité rend fou. Et pour Hijo de la Luna j'y suis pour rien! Tu crois quand même pas que moi aussi je l'ai pas écouté en boucle? XD
Roselia001 ; merci bien! Et pour répondre à tes questions dites à mi-mots, je dirais juste que tu es très perspicace ^^. Pour ce qui est du rire, tu n'es pas en reste, avec ta fic =D.
VegetaYouShoulveComeOver : ouais, ils ont pas trop aimé. Pfff, va falloir que j'arrondisse les anglesentre eux...MDR
Tite Elfe: Ouah te revoilà! Tu sais que tu m'as manqué? ^^ Un ragout de Nazgul? Beurk, j'ose pas imaginer! Enfin bon... Oui, je comprends que le manue d'action peu peser à force, c'est pourquoi je te promet de me rattraper sur ce chapitre=). Pour ce qui estde la dance, désolée mais je ne voyais pas cette histoire sans ça. Je sais que c'est complètement décalé par rapport à l'histoire, mais Luana n'est elle pas elle même décalée? Et puis, pour moi la danse est une chose sacrée, qui permet justement l'échange et la découvertedesautres. Enfin, ça c'est mon point de vue, après... Je suis désolée si j'ai heurté ta sensibilté de Juliette, et j'espère que tu ne vas pas monter un syndicat exprès pour ça (prce que je dois avouer que t'es pas la seule Juliette que je connais, si tu vois ce que je veux dire ... ~~,)
Maman bouba :mais de rien, c'est plutôt à moi de vous remercier tous de lire cette fic ^^. Heureuse que Luana ait sut atirer ta sympathie et j'espère qu'elle continuera sur cette voie là!
Kaomisha : je sais, mais fait pasm'en vouloir, je suis moi même un concentré de grand n'importe quoi ^^'... Hé bien, je ne pensais pas combler quelqu'un à ce point avec cette histoire, un triple bon point pour moi, youhou! Pour Legolas/Luana, en effet, mais ça ce met lentement en place. Quant à la louve et bien... va falloir attendre;-P
Chapitre 20: le col de Caradhras
Ils allumèrent pour la première fois un bon feu de bois chaud et revigorant, et eurent droit à un bon repas chaud préparé avec « amour » par Sam. Gandalf et Aragorn discutaient dans un coin de leur progression et de la route à venir. Face à la fatigue générale, ils avaient décidé d'accorder à la petite troupe une nuit et une journée de repos, tant et si bien qu'ils ne reprendraient la route que le lendemain au soir.
Les Hobbits n'avaient cessé de l'interroger sur l'histoire de Roméo et Juliette, lui demandant toujours plus de détails, et bien souvent, de nouveaux éclats de rire retentissait dans leur creux, lorsque Luana leur faisait par des visions qu'elle avait eu en les imaginant dans cette pièce, lorsqu'elle leur décrivit la mode de l'époque, leur expliqua certaines allusions un peu perverses de l'auteur. Boromir s'était joint à eux, et posait lui aussi lui des tas de questions, auxquelles elle répondait tant bien que mal, surprise par le soudain intérêt qu'il lui manifestait. Il avait encore du mal à accepter qu'elle les ai suivit dans cette mission-suicide, mais il, faisait un effort, pour le cacher, même si par moment, il ne pouvait s'empêcher de laisser une remarque un peu maladroite révéler ses pensées.
Pendant ce temps, Gimli continuait de grogner dans son coin vexé, tandis que Legolas entretenait son arc, sans un mot, sans un regard.
- Allez Gimli, vous allez quand même pas faire la gueule toute la soirée? Lui lança Luana, qui tentait de détendre l'ambiance – pour le Nain, car côté Hobbits et Gondorien, c'était fait depuis longtemps.
Le Nain se détourna, ne leur présentant plus que son dos. Avec un soupire exagéré que trahissait un sourire, elle se leva et alla s'assoir à ses côté. Pourquoi elle chercher à se rapprocher et à faire la paix avec ce grognon de Gimli plutôt qu'avec le taciturne Legolas? Elle n'en savait rien. Mis elle se voyait mal aller voir l'Elfe, sans aucune raison valable.
- Vous m'en voulez? Minauda-t-elle sous les regards amusés de Boromir et des Hobbits, ainsi que celui, indéchiffrable de Legolas.
Gimli ne daigna toujours pas répondre, continuant de bouder dans son coin. Luana l'observa un moment avec un sourire, sourire qui fit exploser le Nain.
- Je ne vois vraiment pas pourquoi je vous en voudrez, alors que vous venez de ternir l'honneur des Nains avec une histoire d'Elfes! Et que cela vous amuse!
- Ho je suis désolée! répliqua Luana avec un note tragique et désolée qui sonnait un peu trop faux quand on voyait la lueur amusée qui luisit dans ses yeux. Mais vous savez,là ce n'est pas ça qui me fait rire.
- Et qu'est ce dans ce cas?
Avec un regard en direction de Legolas, qui l'intercepta avec un air méfiant et inquiet -il avait finit par comprendre qu'il fallait se méfier d'elle quand elle avait ce genre de regard-, elle se pencha et souffla à l'oreille du Nain:
- C'est que vous grognez alors que vous n'êtes pas le plus à plaindre.
- Le plus à plaindre? S'emporta le Nain. Parce que vous pensez que je n'ai pas raison de me plaindre?
- Ben oui, après tout, c'est pas vous que j'ai imaginé en robe!
Gimli la considéra un long moment en silence, tout comme Legolas, qui s'était figé, interdit. Puis sa barbe rousse et broussailleuse se trémoussa, et un rire franc et rauque la franchit. Tiens, c'était la première fois qu'elle l'entendait rire celui là. Mais très vite, le rire du Nain fut accompagné de celui des Hobbits, qui avaient suivit la scène avec attention. Luana les aurait bien accompagné, si elle n'avait pas perçut l'air légèrement renfrogné du pauvre Elfe. D'ordinaire, elle faisait en sorte que les victimes de ces blagues à deux balles rigolent avec elle des tours qu'elle leur aura joué, mais la, étrangement, elle ne voyait pas comment elle aurait put s'y prendre. De plus, autant l'idée de se rapprocher de Gimli ne la gênait pas, que la perspective de discuter seul à seule avec Legolas la mettait mal à l'aise. ¡Mierda!Mais qu'est qui lui arrivait? Elle n'avait jamais eu ce problème là avec qui que ce soit! Mais oui, bien sûr, ce devait être sa perfection et sa façon d'être trop elfique au goût de la jeune fille qui la perturbait! Il était tellement parfais, tellement à cheval sur les convenances qu'elle marchait sur des œufs quand elle s'adressait à lui... pourtant, ces « détails » ne l'avaient pas gêné quand elle était à Fondcombe et parlait avec Glorfindel, Elrond, Arwen ou les jumeaux. Peut être était ce alors parce qu'il était un elfe de la Forêt Noire? Non, ça ne tenait pas la route...¡Joder!
Une douleur sourde dans l'épaule la fit sortir de ses réflexions houleuses. Gimli, dans son fou rire, lui avait assénait une tape amicale sur l'épaule. Amicale mais bien bourrue! En se massant l'épaule, Luana détacha ses yeux de l'Elfe, qu'elle n'avait pas lâché une seule seconde sans s'en apercevoir.
- Dans ce cas, je veux bien que vous me donniez le rôle de Roméo, plaisanta le Nain, mais à condition que ce soit vous qui fassiez Juliette!
« ¡Madre de dios!Heureusement que je ne peux pas rougir! Faites que je ne rougisse pas! Faites que je ne rougisse jamais! » ria mentalement Luana, alors qu'un film défilait dans sa tête. Elle revisionnait la scène du balcon, se voyant appuyée sur la rambarde, la robe bleue qu'Arwen lui avait fait taillée sur mesure, attendant que son prince charmant monte le rosier. Mais ce n'était pas Gimli qu'elle voyait enjamber le garde-corps. C'était Legolas, qui s'avançait vers elle, l'enlaçait, et scellait ses lèvres sur les siennes.
Se giflant mentalement, Luana revint tant bien que mal sur terre et secoua la tête. Boromir la scrutait dans l'attente d'une réaction, dissimulant tant bien que mal un sourire amusé, tandis que Pippin et Merry toussaient bruyamment pour étouffer leur rire.
- Dis donc, maître Nain! S'exclama-t-elle pour reprendre un peu de contenance. Vous seriez pas en train de me faire du gringue?
Gimli rit de plus belle, tout comme la quasi-totalité de le Communauté -Gandalf et Aragorn, sans cesse interrompus par leur hilarité, avaient renoncé à discuter calmement, et assistaient à cette scène plutôt cocasse en souriant avec indulgence. Seul Legolas ne se joignit pas à eux, et Luana, de plus en plus perplexe face à son malaise en ce qui concernait l'Elfe.
- Et puis, si j'étais Juliette, ça voudrait dire que vous devriez demander à Gandalf de nous marier, que Sam serait secrètement amoureux de moi, et que Boromir me demanderai ma main! Enchaîna-t-elle dans l'espoir que son trouble passe;
Sam et Boromir cessèrent brusquement de rire, l'un devenant aussi rouge qu'une tomate -on ne dira pas lequel -et l'autre manquant de s'étrangler de stupéfaction, tandis que les rires autour d'eux redoublaient. Cette fois même Legolas sourit doucement, quoiqu'une fois de plus, son sourire n'atteignit pas ses yeux, étrangement sérieux et rivés sur elle.
Voulant détourner l'attention, Boromir se releva prestement et déclara qu'il était plus que grand temps que Luana reprenne son entraînement, interrompu depuis leur départ.
- Ho non! Je suis trop crevée pour ça! Fatiguée, ajouta-t-elle face aux sourcils levés du Gondorien. Prenez vous en à Merry et Pippin pour une fois, ils pètent la forme eux!
Les deux Hobbits s'insurgèrent de façon théâtrale face à cette proposition, mais finirent par suivre l'Homme à l'extérieur. Tous d'ailleurs les suivirent pour assister à cet entraînement en plein air.
La jeune fille alla se percher une proéminence rocheuse, aux côtés d'Aragorn, qui, tout en fumant sa pipe, prodiguait ses conseils aux deux apprentis épéistes.
- C'est cruel que de les avoir laissé à la merci de Boromir, lui souffla-t-il à l'oreille.
- Ho croyez moi, ce n'est pas eux qu'il va falloir plaindre, lui répondit-elle avec une expression de complot placardée sur le visage. Vous connaissez encore mal ses deux là.
Et effectivement, elle ne s'était pas trompée sur qui allait le plus souffrir de cette confrontation. Alors que Boromir exhortait et poussait les deux Hobbits à rendre les coups, Pippin hurla et serra son bras contre lui. Boromir, certains de l'avoir blessé, lâcha son épée et se précipita sur lui afin d'évaluer l'importance de la plaie. Mais sitôt se retrouva-t-il désarmé, que Merry et Pippin lui sautèrent dessus.
- Pour la Comté!
- Qu'est ce que je vous disais! Sourit Luana au Rôdeur.
Ce dernier, étant solidaire avec le Gondorien, se leva avec un sourire et alla à son secours. Mais c'était sans compter sur elle. Il l'avait laissé derrière lui et n'y avait plus prêté attention. Grave erreur!
- A bas les grands! S'écria-t-elle en se jetant sur son dos.
Pris par surprise, Aragorn balla en avant et se retrouva prisonnier sous elle. Il parvint tant bien que mal à se retourner et se retrouva sur le dos. Luana, perchée sur lui comme l'étaient les deux Hobbits sur Boromir, était croulée de rire, mais se tenait droite et fière au-dessus lui, les bras croisés sur le torse, en une position victorieuse.
- Je croyais qu'il en fallait plus que ça pour vous surprendre!
Alors qu'elle se relevait pour le libérer, elle se figea, toujours à califourchon sur le Rôdeur.
- Luana?
Elle ne l'entendit pas. Naurofána! Elle la sentait s'agiter au fond d'elle, poussant un cri d'alarme. Oubliant son aversion pour la louve, elle l'écouta et la laissa guider ses sens, tournant les yeux vers l'horizon. Là-bas, au loin, une masse noire et éparse grossissait à vue d'œil, se rapprochant inexorablement d'eux. Sans qu'elle ne s'en rende compte, un profond grondement vibra dans sa gorge, tandis qu'Aragorn la repoussait doucement pour se lever, ayant lui aussi vu cette espèce de fumée. Tous d'ailleurs finirent par le remarquer.
- Qu'est ce que c'est? S'enquit Sam avec une légère inquiétude.
- Ce n'est rien, sans doute qu'un petit nuage, répondit négligemment Gimli.
- Qui avance vite et contre le vent, dit Boromir d'un ton suspicieux.
Luana, qui était restée à quatre pattes, se redressa enfin et s'avança, allant se poster sur un rocher aux côtés de Legolas. L'Elfe lui accorda un rapide coup d'œil en coin, surpris par son comportement, avant de se focaliser sur ce « nuage ». La jeune fille quant à elle n'avait rien perdu de la progression de cette … de cette nuée?
- Des corbeaux! S'écria-t-elle, à la surprise générale.
- Des Crébains du Pays de Dun! S'écria Legolas avec horreur.
À la surprise de Luana, tous se précipitèrent soudain, attrapant au vol les affaires, éteignant le feu, avant d'aller se cacher sous les rocher et les buissons.
Luana accourait derrière Frodon et Aragorn quand soudain, elle se prit les pieds dans une racine et s'étala de tout son long sur la pierre, à découvert et à la vue de tous. Elle allait se relever, mais il était trop tard, les oiseaux étaient déjà sur eux. C'est alors qu'elle se sentit plaquée au sol, et qu'un voile de tissu la recouvrit. Un doigt posé sur ses lèvres, Legolas lui fit signe de se taire. L'Elfe les avaient tous deux dissimulé sous sa cape. Avec appréhension, elle cessa de respirer, de bouger, de peur d'attirer l'attention des corbeaux qui passaient au-dessus d'eux en cet instant. Les croassements suraigus qu'ils poussaient lui vrillèrent les tympans: il y avait quelque chose de mauvais dans ces sons, quelque chose qui ne lui rappelait que trop la litanie de mort des Nazgûls. Avec un frisson, elle ferma les yeux de toutes ses forces, plaqua ses mains sur les oreilles et se serra un peu plus contre l'Elfe et la douce chaleur qui émanait de lui, cherchant désespérément à fuir le malaise qui la prenait. Puis tout fut finit; les oiseaux s'étaient éloignés, et il ne restait dans leur sillage qu'un lourd silence.
Libérée du poids de leur présence, Luana relâcha son souffle dans un profond soupir, avant d'aspirer une bonne goulée d'air frais, et d'être submergée par le doux et enivrant parfum des sous-bois après la pluie. C'est alors qu'elle s'aperçut à quel point elle était proche de Legolas en cet instant. Brusquement, elle s'éloigna de lui, avant même qu'il n'ait retiré sa cape. ¡Joder! Elle avait déjà était bien plus collée à un homme, que ce soit ses potes du crew ou même Aragorn, et pourtant, ça ne l'avais pas plus gêné que ça! Alors pourquoi cette proximité la mettait-elle aussi mal à l'aise? Elle n'en savait rien, et elle ne voulait pas le savoir.
Tous sortirent de leur cachette.
- Les espions de Saroumane... Le passage vers le Sud est surveillé, persiffla Gandalf avec colère. Il faut passer par le Col de Caradhras.
Tous suivirent son regard vers les imposantes montagnes qui les surplombaient. ¡Mierda! Elles étaient … immenses! Comment voulait-il qu'ils passent par là? Ça équivalait à tenter l'ascension de l'Everest en tongs et maillot de bain son plan!
Tous avaient rassemblaient leurs affaires et s'étaient remis en route. Alors qu'ils avaient prévu de s'accorder une journée et une nuit de repos, les voilà repartis. Tous marchaient en silence, inquiets.
Luana quant à elle, n'avait dit mot depuis leur départ, rongée par le doute. Non seulement, elle crevait de trouille à l'idée d'escalader une montagne enneigée en plein hiver, avec pour seul équipement des vêtements qui ne parvenaient même pas à arrêter le vent, une paire de botte qui prenait l'eau à la moindre flaque, et un poney surchargé. Avec ça, ils iraient loin! Elle aurait bien aimait avoir une combinaison de ski. En cet instant, elle était même prête à troquer sa tenue de voyage contre la vieille combi rose à cœurs que sa mère lui avait acheté la première fois qu'ils étaient allés aux sports d'hiver, quand elle avait six ans.
« Luana, tu t'égare ma pauvre », songea-t-elle, alors que son véritable problème lui revenait à l'esprit. D'ailleurs, ce souci (quel doux euphémisme) semblait vouloir à tout prix s'effacer de sa mémoire, malgré tous les efforts qu'elle faisait pour rester focalisée dessus. Naurofána. Ça ne pouvait être qu'elle! Encore une fois, elle essayait d'étouffer ses doutes.
Luana eut un frisson. Naurofána, qu'elle croyait scellée définitivement en elle, l'avait alertait de l'arrivée des Corbeaux de Saroumane. Comment était-ce possible, si elle était confinée dans son inconscient? Comment avait-elle put percevoir la menace? Et comment avait elle fait pour la prévenir alors qu'elle était censée ne plus jamais pouvoir entrer en contact avec elle? Elle aurait dut paniquer! Si la louve pouvait de nouveau lui parler, lui insuffler son instinct et adoucir ses craintes, cela voulait dire qu'elle pouvait de nouveau la contrôler! Pourtant, Luana n'avait pas peur. Elle se sentait brusquement moins seule, moins vulnérable. Elle avait envie de ressentir à nouveau la puissance que lui conférait sa forme de loup, cette invulnérabilité, redécouvrir le monde avec ses yeux de loups et ses trois vue -même la vue de la vie lui manquait! Elle voulait de nouveau faire confiance à Naurofána et ne faire qu'une avec elle.
Non! Même si Naurofána ne lui voulait aucun mal, elle ne pouvait pas supporter l'idée de se nourrir de chaire fraîche, de tuer pour ça.
Et cette somnolence qui la prenait. D'un geste vif, elle secoua la tête pour se remettre les idées en place; ce n'était vraiment pas le moment de s'endormir alors qu'ils gravissaient une pente terriblement raide et rocailleuse. Et comme de par hasard, alors qu'elle se faisait cette réflexion pertinente, elle posa le pied sur une pierre instable, qui se détacha et roula sous elle, la faisant perdre l'équilibre. ¡Mierda! Alors qu'elle se sentait chuter vers l'arrière avec un petit cri de surprise, une main ferme et puissante la rattrapa par le bras.
- Attention, lui souffla à l'oreille Legolas en la redressant. Le chemin est chaotique, il est aisé d'y perdre l'équilibre.
Luana, après s'être assurée de bien tenir sur ses pieds, se tourna vers lui avec une moue boudeuse. C'était facile à dire pour lui, quand il marchait, on avait l'impression qu'il frôlait à peine le sol. C'était sûr que ce n'était pas lui qui allait se casser la figure!
« Et tu devrais t'en satisfaire, ou il ne t'aurait pas rattraper » lui souffla une petite voix, une voix douce et légèrement grondante, qui la poussait vers l'Elfe.
- Merci, marmonna-t-elle à contrecœur, écoutant cette voix qui avait malheureusement raison.
- Il n'y a pas de quoi, sourit-il avant de se remettre en route.
« Et non! T'en vas pas comme ça! » pensa brusquement Luana, avant de se gifler mentalement. Qu'est ce qui lui prenait? Pourquoi avait-elle envie de le retenir si soudainement?
« Tu pourrais le remercier aussi pour tout à l'heure, » lui murmura à nouveau la voix « après tout, s'il n'avait pas été là, tu pouvais être sûre que les Crébains t'auraient repérés. »
« Ouais, je sais », soupira mentalement Luana. De nouveau, elle sefigea; elle entendait une voix dans sa tête? Ça y était! Elle devenait folle! Fallait bien que ça arrive un jour, mais elle ne s'attendait pas à ce que ce soit si rapide et si brusque!
- Luana! L'appela Aragorn en se retournant vers elle.
Elle était vraiment à la traîne! Même les Hobbits l'avaient dépassée avec Bill. Secouant à nouveau la tête pour chasser ce doux vent de folie qui soufflait dans son esprit, elle accéléra le pas et parvint tant bien que mal à se mettre au niveau de l'Elfe, qui l'accueillit avec un regard interrogateur. Après tout, c'était la première fois qu'elle venait le voir d'elle même.
- Je voulais aussi vous remercier pour cet après-midi, dit-elle en réponse à son interrogation muette; quand je me suis lamentablement ramassée et que vous êtes intervenu, précisa-t-elle vaguement avec un sourire gênée.
- Vous auriez fait pareil pour n'importe lequel d'entre nous, répondit-il simplement.
Il pouvait pas dire « de rien » comme tout le monde? C'est plus court et moins cérémonieux.
- Je crois pas, rit-elle tandis qu'il lui balançait un regard étonné. Si c'était quelqu'un d'autre qui serait tombé, moi tout ce que j'aurais trouvé à faire, c'aurait été de me jeter devant lui en poussant de grands cris et en agitant les bras pour chasser ses piafs de malheur. Pas top quand on veut passer inaperçue.
Legolas la dévisagea en silence, un léger sourire sur les lèvres, mais là encore, son sourire ne touchait que ses lèvres magnifiques. ¡Joder! Elle avait rien de mieux à penser qu'à la perfection de ses lèvres qui invitaient aux baisers? ¡Mierda! Plus elle tentait de penser à autre chose, plus elle s'enfonçait. Décidément, les Elfes et leur satanée perfection avaient une très mauvaise influence sur elle!
Et il était toujours si froid, si stoïque. Il ne savait pas rire ou quoi? Ou c'était parce qu'il lui en voulait pour la blague avec Roméo et Juliette?
« C'est peut être le moment de t'excuser » Et voilà la voix de la bonne conscience qui revient à la charge; ce qu'elle pouvait être chiante a avoir toujours raison!
« Ho toi la ferme! Dit merci, demande pardon; t'es pas ma mère! »
C'était pas sa faute si les Elfes avaient un sens de l'humour proche du zéro absolu. Quoique, celui d'Elladan et Elrohir était plus lourd qu'autre chose parfois. Néanmoins, voyant que la conversation avec Legolas commençait à sombrer, elle sauta sur l'occasion.
- Dites, vous m'en voulez?
- De quoi donc?
- Ben, pour la blague avec Gimli... dit elle en regrettant soudain d'avoir abordé le sujet.
Si elle voulait qu'il la déteste, elle ne pouvait pas s'y pendre autrement!
- Je dois avouer que cette histoire n'était pas pour me plaire, mais elle a eu le mérite de rendre le sourire à nos compagnons.
Whouaou! C'était la phrase la plus longue dont il l'avait gratifiait jusqu'alors!
- Et puis, il m'a semblé que vous aussi, avait finit par être victime de cette plaisanterie, ajouta-t-il en dardant sur elle ses yeux d'un bleu... électrisant.
- Quoi?
- Vous n'avez pas rit de façon sincère, et vous sembliez lutter contre certaines pensées. Qui avait-il pour vous troubler à ce point?
¡Joder! Pourquoi elle avait lancé cette conversation? Que pouvait-elle répondre? « Ho c'est rien, j'imaginais juste que c'était vous Roméo et que moi j'étais Juliette, vous savez, pour la scène du baiser »...
- Ho non, c'est rien ne vous inquiétez pas! S'empressa-t-elle de répondre, un peu trop vite sans doute, car Legolas lui lança un regard surpris face à sa réaction.
Sentant qu'elle s'enfonçait de plus en plus, elle se passa les doigts dans les cheveux. Ce geste n'échappa pas à l'Elfe, qui observa les cheveux retomber lentement sur son visage.
Brusquement, Luana poussa un petit, lorsque qu'un léger choc vint la frapper à l'arrière du crâne. Secouant la tête, elle sentit quelque chose de froid tomber en fine poudre le long de ses joues et dans son dos. Elle se retourna et se prit une boule de neige bien froide et bien tassée en pleine figure. De la neige! Trop occupée à éluder les questions du Prince de Mirkwood sans avoir l'air cloche, elle ne s'était pas aperçut que par endroit, des monceaux de neige longeaient le sentier sinueux qu'ils suivaient tant bien que mal. Quelques mètres plus bas, Merry et Pippin se tenaient au beau milieu du passage, les mains dans le dos, sifflotant.
- Alors vous...!
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase, que déjà les deux Hobbits la canardaient; elle eut le réflexe de se baisser juste à temps, tout comme Legolas, qui se tenait derrière lui.
Pour le plus grand malheur de toute la Communauté, les trois comparses se lancèrent dans une bataille de boules de neige. Avec un cri de guerre, Luana se jeta sur eux, les mains pleine de poudreuse; elle toucha Aragorn et Boromir, qui n'avaient pas prit la peine de se retourner pensant sans doute qu'ils seraient épargnés. Merry eut Gimli, qui avait pesté en tentant de parer le projectile avec sa hache. Pippin quant à lui, envoya une bonne dose de neige dans la chevelure de Gandalf. Frodon et Sam avaient eu l'intelligence de rester en arrière, tout comme Legolas qui s'était placé à leurs côtés, prétendant s'assurer qu'ils n'y aient pas d'accidents malheureux. Cela ne l'empêcha pas de recevoir sa part de poudreuse en pleine figure, lorsque les trois se mirent sur lui. Étrangement, quand c'était pour l'ennuyer et quand elle était accompagnée des deux Hobbits facétieux, elle n'avait aucun scrupule et aucune crainte à s'approcher de l'Elfe.
Quoiqu'il en soit, quelque chose au fond de Luana profita de cette diversion et des éclats de rire pour se faire oublier, retournant doucement dans l'inconscient, mais gardant les sens en éveil.
- Cela suffit, tonna Gandalf, alors que Merry, Pippin et Luana envoyaient une nouvelle salve sur la troupe. Continuez ainsi et c'est l'avalanche que vous obtiendrez!
Les trois fautifs se figèrent. Une avalanche? C'était possible à cette altitude? Il leur restait encore une bonne centaine de mètre avant d'atteindre réellement la zone enneigée. Pour le moment, il n'y avait que quelques tas épars, rien qui puisse provoquer une avalanche. Luana le fit remarquer, grande gueule comme à son habitude, et le regard que lui jeta Gandalf le lui fit regretter. Il y avait quelque chose dans ces yeux qui reflétait une certaine … méfiance? Mais à propos de quoi? Aussi, tous se calmèrent et reprirent leur marche lente et taciturne. Finalement, la centaine de mètres qu'ils leur restaient parurent bien courte, quand leurs pieds s'enfoncèrent dans la neige, qui passa au-dessus des bottes et leur gela les pieds. Très vite, la simple idée de faire une bataille de boule de neige devint tout bonnement hors de question. ¡Mierda! Qu'est ce qu'elle n'aurait pas fait pour une bonne combi bien chaude et une paire d'après-ski! Même mettre des raquettes et marcher comme un pingouin semblait bien plus tentant. Tous peinaient à avancer, tous, sauf Legolas, qui faisait sans cesse des aller et retour entre les extrémités de leur procession et avançait avec grâce sur la neige. Attendez… SUR la neige? Il ne laissait même pas une trace sur l'étendue blanche, alors qu'eux s'enfonçaient jusqu'aux genoux!
- Comment vous faites ça? lui demanda-t-elle alors qu'il passait une fois de plus près d'elle.
- Quoi donc?
- Ben marcher sur la neige tiens!
L'Elfe lui sourit avec pitié, voyant qu'elle était frigorifiée et se démenait pour avancer.
- Je ne fais rien, avoua-t-il. C'est une aptitude propre aux Elfes.
- La choute! Grogna-t-elle alors qu'elle s'enfonçait de plus en plus dans la neige et le froid.
- Frodon!
Tous deux se retournèrent vivement, Luana prête à sauter sur quoique ce soit qui s'en prendrait à son Hobbit préféré. Mais celui-ci n'était pas attaqué. Il venait juste de trébuché et avait dévalé la pente jusqu'à ce qu'Aragorn ne le rattrapa quelques mètre plus bas. Tandis que le Rôdeur l'aidait à se relever, Frodon passa sa main sous sa chemise, et une expression de pure panique tordit les traits fins de son visage. ¡Mierda! Il n'avait tout de même pas perdu l'Anneau! Luana se détendit et poussa un profond soupir quand elle vit Boromir se pencher et ramasser dans la neige la chaîne au bout de laquelle pendait mollement ce fichu bout de métal. Mais son soulagement fut de courte, très courte durée.
" Il le veut" souffla à nouveau la voix dans son esprit. " Cet homme est faible, le pouvoir de l'Anneau a déjà commencer son office sur son âme."
Effectivement, au fond des yeux du Gondorien, Luana perçut quelque chose de sombre et effrayant, un mélange de fascination morbide et de soif de pouvoir. Elle n'entendit pas les mots qu'Aragorn et lui échangèrent, le vent lui sifflait dans les oreilles, et elle s'apprêtait à aller botter le cul du Gondorien quand la main de Legolas s'abattit sur son épaule. Elle lui jeta un regard peu amène par-dessus l'épaule, prête à lui dire d'aller se faire voir, mais l'Elfe lui fit comprendre d'un signe de tête qu'il ne fallait pas intervenir.
" Fais ce qu'il te dis", lui intima la voix.
Avec regret et appréhension, elle obéit. ¡Mierda! Elle était vraiment dans la merde si elle écoutait cette voix sans même chercher à la contredire ni même s'inquiéter de savoir de quoi il en retournait réellement. Elle n'avait pas envie de le savoir. Elle préférait l'ignorance à la vérité qu'elle repousserait encore une fois.
Après un moment qui sembla durée une éternité, Boromir finit par remettre l'Anneau entre les mains de Frodon. Au moins, s'il n'avait pas tenté de les tuer et de se barrer en courant avec l'Anneau, c'était que son cas n'était pas perdu.
Cela faisait plusieurs heures qu'ils marchaient dans la neige. La nuit aurait dut laisser la place au jour, mais un épais manteau de nuages sombre et menaçant recouvrait le ciel et déversait sur eux un blizzard mordant et aveuglant. Ils ne parvenaient plus à avancer, le froid engourdissait leurs membres endoloris, le vent les fouettait et les battait sans interruption, et la fatigue commençait à peser sérieusement sur leurs épaules.
Luana portait sur son dos Frodon. Lorsqu'elle avait vu qu'il ne pouvait plus faire un pas vers l'avant, elle eut pitié de lui, et malgré les protestations du Hobbit et de son propre corps, elle le hissa sur son dos et le recouvrit de sa propre cape, prétextant que comme ça, ils se réchaufferaient mutuellement. Ce n'était pas tout à fait faux, mais pas tout à fait vrai pour autant. Elle ne sentait plus ses pieds et ses mains et craignait franchement qu'ils ne restent dans ses botes ou ses gants de fortune lorsqu'elle les enlèverait. Le froid était tel qu'elle en vint à douter de sa survie. Elle allait finir par mourir gelée sur place! Avec envie, elle repensa à la maison dans laquelle elle vivait avec ses parents et Éric quand elle était toute petite, aux cabanes qu'elle se faisait dans de grande boîte en carton- véritable palace à ses yeux d'enfant- et dans lesquelles elle allait se réfugier les soirs d'hiver que son grand frère avait décidé de lui pourrir avec des films qui faisaient peur. Elle se revoyait, pelotonnée dans une couette bien chaude, juste devant la cheminée, se cachant lorsqu'un monstre trop affreux apparaissait à l'écran. Dire que désormais, les monstres n'étaient pas que des petits bonhommes qui ne faisaient finalement pas si peur que ça, enfermés derrière l'écran. Non, ils étaient à présents pur elle bien réels, non plus en pixels, mais en chaires, en os, en crocs et en armure. Et elle aurait donné n'importe qui pour un feu de bois! Elle sortit de ses pensées avec un petit cri. Frodon, tentant vainement de se réchauffer les mains, avait par mégarde touché une parcelle de peau avec ses doigts gelés.
- Hé, je suis pas un radiateur! tenta-t-elle de plaisanter pour ne plus penser au froid.
- C'est quoi, un radiateur, claqua-t-il des dents.
- C'est…
Elle se tut, soudain aux aguets.
- Vous entendez!
Cela aurait été peu probable, car peu l'entendirent elle.
On eut dit… des voix qui tonnaient dans le lointain, grondaient sous le mugissement du vent et de la tempête, qui redoublèrent soudain de violence et d'acharnement. Des voix, qui cette fois-ci ne venait pas de son imagination détraquée.
" Danger!" intervint brusquement la voix intérieure de Luana, grondante et menaçante, mettant en émoi tous les sens de la jeune fille.
Legolas, lui aussi les sens en alerte, remonta la file, progressant avec aisance sur la neige. Lui aussi, il tendit l'oreille. Lui aussi, il perçut les voix.
- J'entends une voix sinistre dans les airs, dit il, les yeux plissés scrutant l'étendue homogène des montagnes, de la neige et des nuages.
La voix se fit de plus en plus forte, et vint frapper de plein fouet les tympans de Luana, qui vacilla.
- Luana? S'inquiéta Frodon.
Pour toute réponse, elle le fit descendre de son dos et le reposa le plus doucement possible à terre, malgré les vertiges et la nausée qui lui nouèrent les tripes. Cette voix. Elle lui donnait envie de vomir; et pas que ce qu'elle avait dans l'estomac.
- C'est Saroumane! S'écria Gandalf.
Des blocs de glace et de roches se détachèrent au dessus de leurs têtes. Luana eut tout juste le réflexe de plaquer Frodon contre la paroi rocheuse de la falaise, alors que le malaise la gagnait au fur et à mesure que la voix se faisait plus forte et mauvaise. Fort heureusement, les blocs continuèrent leur chemin plutôt que de venir s'écraser sur eux, et tombèrent dans le néant qui s'étendait à leurs pieds.
" Danger! Il faut partir, vite!".
La bile lui monta aux lèvres, et Luana ne put que la recracher, laissant le reste suivre. Elle vit du coin de ses yeux baignés de larmes, Gandalf s'avancer comme pour faire face à la tempête et psalmodier.
Un grondement, puis un éclair vint frapper la paroi qui les surplombait. Une masse phénoménale de neige mêlée de glace et de roches leur tomba dessus.
" Frodon!"
Luana eut juste le temps de se jeter sur le Hobbit, juste avant de sentir son corps succomber sous le choc, et de sombrer dans le néant.
