Et voilà, là encore un long chapitre, qui devrait plaire à beaucoup. ^^

Reviews: pour répondre à de nombreuse personnes, le coup de la cape m'a été inspiré par Frodon (c'etma muse, la deuxième après Legolas bien sûr.) dans le deuxième volet, il fait la même chose quand Sam dégringole la pente aux portes du Morodr, il le couvre de sa cape elfique et disparait à la vue de tous. ^^

lusaphira: oui, je trouves ausi. Rester toujours sur des idées sombres, c'est ennuyant, et puis, je ne peux pas m'epêcher de me taper des trips ^^, j'espère que vous me pardonnerez. Son objectif fianal? Ca je ne peux pas te le dire, à toi de le découvrir. =)

Lalolyen d'Eryn Vorn : mais c'est un véritable roman que tu m'as écris! Bon alors, par où commencer ... je suis perdu là ~~,. Lèche-bottes, nooon, pas du tout, continue j'adores! (je plaisante bien sûr =D) Oui, encore une fois, je publies très tard et, tadam, dès le lendemain j'ai une revoiew. je préfère ne pas savoir à quelle heure tu reviews, sinon je vais culpabiliser pour ton manque de sommeil MDR. Pour les allusions perverses, je parlais de Shakespear. Dnas Roméo et Juliette, il y a des trucs, si tu fais pas gaffes, tu vois pas le sens cachait, et d'autre où il faut des indication par rapport aux traduction, mais crois moi, le petit Shakespear avait l'esprit d'un obsédé! Moi je suis pas comme ça... ~~. Oui, c'est vrai qu'avec Legolas, elle ne sait pas sur quel pied dansé, et j'eassaies de faire en sorte qu'il y ait une sorte de lien entre eux, tènu, mais qui va grossir avec le temps et devenir un pont (ça veut rien dire mais bon) L'histoire des tongs et du maillot de bain c'était jusement pour montrer que c'était comlètement supide ce qu'ils allaient faire, heureuse que ça t'ai marqué ^^. Pourquoi t'es méchante avec mon chéri? Bon, ok c'et pas lemein mais celui de Luana. Mais t'es pas gentilles avec Legolas, fais gaffe à toi! GRRRR (imagine Naurofana qui grogne et montre les crocs! XD) Non, Luana n'est pas orgeuilleuse. Disosn juste un peu la^che, car elle préfère ignorer ce quel n'est pas sûre de comprendre ou de pouvoir contrôler (tu comprendras ça dans ce chapitre t(inquiète pas), mais justement, Naurofana est là pour qu'elle fasse face à ses peurs. La "choute" c'est la chance, en vulgaire on va dire, mais ne t'inquiètes pas, je penses que tu n'es pas la seule à ne pas avoir compris. "Madre de dios", ça veut dire "mère de dieux". Merci beaucoup pour ta review, elle me font toujours autant plaisir, et surtout, surtout, n'arrêtes pas tes trips, car c'est ça qui te donne tout ton charme!

Roselia001 : je dois avouer que niveau costume, tu as poussé la perversion encore plus oin que moi! MDR pauvre Gimli, on est psa sympas avec lui!
J'avoue que j'aurais bien aimé aussi écrire une histoire d'amour avec aragorn, mais bon, je vais pas le détourner d'Arwen. En compensation, je jure d'en faire quelqu'un d'indispensable pour Luana., promis! Et oui, Luana n'est pas délicate avec Legolas, mais comme je l'ai dit à Lalolyen d'Eryn Vorn, Luana fuit ce dont elle a peur ou ne comprend pas. Une battaile de boule de neige entre les Chevaliers Sarmates! Je demandes à voir ça! Je t'en pris, ne me laisse pas mourir d'impateince trop longtzemps, je veux lire cette scène à tout prix! Oui, tu as raison, Luana est très protectrice envers Frodon, s'en est presque viscéral. Après avoir lu ta review, je suis persuadée que tu vasadorer ce chapitre... ^^

shakahakuukanonetsaga : je suis bien contente que ça te plaise, j'espère qu'il en sera de même pour la suite ^^. Non, je ne connais pas "la quête d'Ewilan", qu'est ce que c'est? J'aimerai bien lire pour voir ça. =)

VegetaYouShoulveComeOver : je sais je suis cruelle, mais dis toi que comme ça ton plaisirsera encore plus grand quand tu liras la suite =D. et puis comme ça, je te tiens en haleine (et donc e mon pouvoir, mouhahahaha!... heu, désolée ~~,).

Eclipse1995 : Pour les exams; oui et non, j'ai bien eu les épreuves expériemntales en physique-chimie et svt, mais je ne suis pas encore tout à fait en plein exam. Mais merci quand même de t'en inquiéter^^. De l'action? Et bien tu vas être servie =). Mais tu sais que tu es trèsperspicace ma belle? =D


Chapitre 21: conscience et inconscience.

Il faisait sombre. Si sombre. Le froid intense et mordant qui l'avait martyrisé jusque là s'intensifia. Elle ne parvenait pas à bouger. Elle avait mal. Elle avait la sensation de tomber, de dégringoler dans une chute vers les abysses du monde. C'était ça, mourir? Elle savait qu'elle n'avait aucune chance de survivre dans cette histoire, mais elle avait espéré une mort rapide et sans douleur. .Mais pouvait-elle vraiment être morte? Elle n'avait pas imaginait que la mort serait ainsi. Elle avait crut qu'une fois déconnectée de son corps, elle ne souffrirait plus, elle avait crut déjà mourir, mais cela avait été si différent.

Puis, brusquement, le chagrin vint s'ajouter à la souffrance, l'ourdissant, faisant accélérer sa chute. Éric... qu'allait il devenir? Elle s'en voulait tant de l'abandonner, de partir sans même avoir tenté de revenir vers lui. Elle s'était jetée tête la première dans cette aventure, elle n'en éprouvait aucun regret. Elle ne regrettait pas ce qu'elle avait fait, elle ne regrettait pas ses choix. Le seul regret qu'elle avait, c'était de ne rien pouvoir faire de plus pour Frodon.

Frodon! Elle se sentit brusquement attirée vers le haut, comme si une corde avait été subitement tendue et la remontait.

Elle reprit vaguement conscience, perdue sous plusieurs tonnes de neige. Le froid et la douleur restèrent, mais l'obscurité et l'engourdissement s'évanouir légèrement.

Elle sentait quelque chose remuer sous elle, elle pouvait entendre quelqu'un l'appeler. Frodon! Frodon l'appelait! Il était en vie! Difficilement, elle ouvrit les yeux, mais ne vit rien, et laissa ses paupières retomber lourdement. Alors qu'elle se sentait repartir, le poids de la neige sur ses épaules et son dos s'envola. Elle sentit des mains l'agripper et la hisser à l'air libre. Elle sentit le vent lui fouetter le visage, l'air glacial lui emplir et lui brûler les poumons. Elle entendit des voix inquiètes autour d'elle. Elle rouvrit les yeux, ne vit qu'un brouillard gris dans lequel dansaient des silhouettes indécises.

- Luana, reste avec nous! cria quelqu'un. Ne t'endors pas!

Aragorn. C'était lui. Elle reconnut sur son visage de glace le contact tiède de ses mains.

- Luana, il faut vous battre.

Tiens, qui était ce? Elle reconnaissait cette voix, infiniment douce. Pour la première fois, elle perçut la perfection de cette voix se fissurer tandis qu'un léger tremblement la faisait vibrer. À qui appartenait-elle déjà? Ha oui. Legolas.

Elle voulait rester avec eux, elle voulait continuer d'avancer à leurs côtés, mais elle ne pouvait pas. Déjà le néant et le froid refermaient leurs griffes sur elle. Ils ne la laisseraient pas repartir avec ses amis. Dommage.

Alors qu'elle replongeait, ses yeux se refermèrent, et elle n'entendit pas l'appel désespéré d'Aragorn, pas plus qu'elle n'entendit Legolas l'exhortait à lutter, pas plus qu'elle n'entendit les cris déchirant des Hobbits, les jurons de Gimli, les exclamation de Boromir et les suppliques de Frodon.

Elle chuta encore longtemps, pendant une éternité qui semblait ne jamais vouloir prendre fin, toujours entourée de ténèbres toutes plus épaisses les unes que les autres, dans un froid toujours plus intense et morte. Elle tombait la tête la première, les bras ballants le long de son corps, sans avoir la force ni même la volonté de crier, de bouger, paralysée par la douleur.

Elle tomba inexorablement, toujours plus loin, toujours plus profondément, jusqu'à ce qu'enfin, tout s'arrêta.

Alors qu'elle se confondait dans l'obscurité, ombre perdue parmi les ombres, sont corps émis une pâle lueur, telle une lune au milieu d'un ciel nocturne. La douleur laissa place à un bien être et une plénitude hors du commun, la froidure fut chassée par un vent doux et frais, et sa course vers les limbes perdit en vitesse, pour finalement s'essouffler. Ce fut comme si un coussin d'air chaud vint à sa rencontre et la récupéra avec douceur. Elle flotta un instant, retrouvant peu à peu ses capacités, avant de toucher définitivement le sol, sur lequel elle fut étendue, ses cheveux de neige répandu en une couronne autour de son visage, ses bras repliés sur son ventre. Elle était bien ainsi installée. Enfin, elle parvint à ouvrir les yeux. Seule sa propre clarté lui été visible, tout était plongé dans la nuit, si ce n'était, loin, très loin au-dessus d'elle, un point de lumière, comme l'entrée d'un puits. De là où elle se trouvait, Luana crut que c'était une étoile.

Mais brusquement, l'étoile grossit, grossit, au point d'emplir l'espace tout entier, et de la happer comme une vulgaire poussière.

La douleur revint subitement, coups de poignard qui lui transperçaient le corps et lui fracassaient le crâne, la nausée lui faisait monter la bile aux bords des lèvres. Elle aurait voulut crier, mais ses mâchoires étaient trop crispées pour cela. Malgré la souffrance qui égarait ses sens, elle se sentit légèrement ballotée. L'odeur de la forêt vint lui chatouiller les narines, alors qu'elle sentait sur son visage la piqure de flocon de neige. Elle était entourée de deux bras puissants, qui la maintenaient serrée contre la chaleur d'un corps. Elle parvint à laisser échapper une légère plainte, et aussitôt, la voix de Legolas résonna à ses oreilles. Elle ne comprit pas ce qu'il dit, car à nouveau, elle se sentait repartir.

Elle se retrouva à nouveau étendue dans le noir, son corps luisant à travers les ténèbres. Mais elle n'était plus la seule source de lumière. Après quelques instants passés à reprendre son souffle et à focaliser son attention sur ses mouvements, elle réussit à se relever pour faire face à son propre reflet. Là devant elle, une immense surface lisse et miroitante lui renvoyait son image. Elle fit un pas vers ce miroir, qui, elle le savait, était la limite entre sa conscience et son inconscient. Elle l'effleura du bout des doigts, et, lentement, la surface argentée se liquéfia, devint translucide, révélant derrière elle la silhouette immense d'une louve au pelage de neige. Elle était là, assise, bien droite, la fixant de ses yeux ambrés. Son regard était chaud et bienveillant. Était ce la couleur miel de ses iris qui le rendait si irrésistible? Si … maternelle? Son pelage avait retrouvé tout son éclat et était irisé de reflets argentés. Naurofána. Alors ainsi, la louve l'avait fait venir jusqu'à la limite de l'inconscience. Cela prouvait qu'elle avait encore le pouvoir d'entrer dans la conscience de Luana. Pourtant, cette dernière ne s'en trouva pas effrayée, ne s'affola pas à l'idée qu'elle puisse se retrouver de nouveau sous le joug de l'animal. Elle était fatiguée de se petit jeu, fatiguée de se mentir à elle-même. En cet instant, seule la vérité l'intéressait et la curiosité la poussait.

- Qu'est ce que je fais là? Demanda-t-elle.

- Tu as perdu connaissance, répondit la louve d'une voix à la fois doucet grondante.

Cette voix, Luana l'entendait régulièrement dans sa tête.

- Alors, depuis le début, c'est toi qui me parle dans ma tête.

C'était une simple constatation, où nulle peur et nul reproche ne perçait.

- Oui, c'était moi, répondit Naurofána de sa voix grondante mais douce.

Luana s'assit, afin de se retrouver au même niveau que la louve, et que leurs yeux soient rivés les uns aux autres. L'or contre l'argent, la bête contre l'humaine, l'inconscience contre la conscience. Elles étaient toutes deux si différentes l'une de l'autre, et c'était pour cela qu'elles ne formaient qu'un seul et même être, car elles s'imbriquaient l'une dans l'autre.

- Je croyais que tu étais scellée. Alors comment ça se fait que tu puisses me parler et sentir ce qui m'entoure?

Naurofána émis un grondement amusé, tandis qu'un sorte de rictus, étrangement semblable à un sourire, lui retroussa l'encoignure des babines.

- Je suis la partie inconsciente de ton esprit. Et on ne peut sceller l'inconscient. Quoique l'on fasse, il y a toujours des réminiscences de l'inconscient qui s'échappent et viennent hanter la conscience.

- Comme les rêves?

- Non, les rêves ne sont que le souvenir de ton expérience de l'inconscience. Tu ne t'en rends pas compte, mais lorsque tu es endormie ou évanouie, tu franchis la limite qui nous sépare et vient me retrouver de ce côté. Tu n'en garde que de vagues souvenirs, mais c'est tout un univers que tu découvres.

Luana garda un instant le silence, méditant sur ces révélations. Elle n'avait jamais été une philosophe et la philosophie était bien le seul cours où elle n'était pas attentive, tant et si bien que les notions de conscience et d'inconscience n'étaient pas très claires pour elle. Mais dans l'ensemble, elle comprenait ce que cela signifiait: la barrière entre la conscience et inconscience était une chose intangible, que tout et n'importe quoi pouvait franchir, et il était impossible de la rendre immuable.

- Ça veut dire que tu pouvais sortir à tout moment?

- Non, ça, je ne le peux pas. C'est à toi de décider quand nous lier. Je ne peux que te conseiller et te mettre en garde.

- C'est pour ça que tu m'as fait venir la nuit avant le départ? Tu voulais que je te voie?

- Non, Luana. Je n'ai pas le pouvoir de te faire venir consciemment, mais je peux t'empêcher de franchir la limite si e le désire, comme en cet instant. Si tu es parvenue jusqu'à la limite sans pour autant la franchir ce soir là, c'est parce que tu voulais me voir, tu en éprouvais le besoin.

C'était vrai. Cette nuit là, même si elle ne voulait pas se l'avouer, Luana avait besoin de savoir que Naurofána était là, toujours au fond d'elle.

- Mais pourquoi tu avais l'air si faible?

- Nous sommes étroitement liées, et j'ai besoin que tu crois en moi, besoin de ton amour pour survivre. Sans cela, je dépéris sans mourir.

- Alors comme ça, Gandalf m'a menti.

Là encore, ce n'était pas une question, et nul ressentiment n'y était présent.

- Pourquoi? finit-elle par demander à la louve.

- Parce qu'il savait qu'il te fallait du temps. Lorsqu'il a prétendu me sceller au fond de toi, il n'a en réalité fait qu'entrer en contact avec moi pour me demander de me faire oublier; cela a été douloureux et éprouvant, pour toi comme pour moi, car il lui fallait pour cela franchir cette barrière. Ne faisant pas partie de notre être, il était indésirable et n'a pas eut d'autre choix que de forcer le passage.

- Tu n'es plus intervenue mais tu garder quand même un œil sur ce qu'il se passait, c'est ça? Mais comment tu fais pour savoir ce qui se passe à l'extérieur?

Pour toute réponse, la louve pencha sa tête imposante vers l'avant.

- Je perçois et ressens ce que tu vois, entend, sent. Mais aussi ce que tu ignore, ajouta-t-elle après un court instant de réflexion.

- Ce que j'ignore?

- Je suis ton inconscient, ne l'oublies pas. Il y a des choses que tu appréhende, mais que tu n'analyse pas, tu les oublie avant même d'en avoir prit connaissance. Ces informations sont alors envoyées et stockées ici. Cette ignorance de ta part est la plupart du temps involontaire, mais elle peut tout aussi bien être le fruit de ta volonté.

- Qu'est ce que tu veux dire? Interrogea Luana, perplexe.

- Je te l'ai dit, je ressens tes émotions, et je sais interpréter les signes, qu'ils soient psychiques ou biologiques.

En disant cela, Naurofána parut amusée, tandis que derrière elle, perdu dans les brumes de l'inconscience, une ombre de lumière se dessina, volutes de fumée argentées et sans consistance. Luana, surprise, reconnut à travers ce spectre le visage, la silhouette et les cheveux dorés d'un elfe, mais ses traits était trop incertains et flous pour qu'elle puisse dire de qui il s'agissait exactement. La louve laissa échapper un son qui ressemblait à si méprendre à un ricanement.

- Même maintenant, tu te voile la face sur tes propres sentiments.

Luana sursauta. Ses sentiments? Non, ne pas y penser. En cet instant, elle était si proche de la limite de l'inconscient que les pensées qu'elle avait refoulées revenaient vers elle. Non, elle ne voulait pas savoir ce qu'elle ressentait.

- Pourquoi résistes-tu? Questionna Naurofána, curieuse.

La jeune fille se passa les doigts dans les cheveux, mal à l'aise.

- Parce que je ne me sens pas prête à faire face à ça, répondit-elle, ne sachant pas ce qu'elle craignait de savoir réellement.

- On n'est jamais vraiment prêt à ça, sourit doucement la louve, la tête penchée sur le côté. Mais ne comptes pas sur moi pour te laisser ignorer tes propres sentiments, cela te nuirait.

- J'avais comprit que tu ne me laisserais pas tranquille, grinça-t-elle.

Le silence se fit. Luana se sentait bien en cet endroit. Elle n'avait plus aucune peur de ce qu'elle était, elle était presque prête à l'accepter. Mais il restait encore une chose qui la répugnait.

- Si je me transforme, que je me lie à toi, il va falloir que je mange de la viande, non?

- En effet. Cela va faire plusieurs semaines que je ne me suis pas nourrit. Ma faim est grande en cet instant, même si je n'en souffre pas tant que je suis ici. Quoiqu'il en soit, je te promets de ne plus jamais perdre le contrôle. Moi aussi je tiens à tes amis, et je ne leur veux aucun mal.

- Mais tuer pour se nourrir...

- Comment crois-tu que la viande dont tu te nourris chaque jour atterrit-elle dans ton assiette, la coupa Naurofána. Il a fallut tuer pour ça. Et si tu n'es pas prête à tuer pour te nourri, tu ne seras pas prête à tuer pour sauver ta vie et celle des autres. Que croyais-tu en te lançant dans cette quête?

La voix de la louve s'était faite plus dure. Et elle avait raison. C'était ça le pire.

- Tous tuent pour survivre, il n'y a aucun mal à ce que tu en fasses autant, surtout si ton combat ta survie peuvent permettre celle de la Terre du Milieu.

- La survie de la Terre du Milieu ne dépend pas de moi, souffla Luana en songeant avec peine à Frodon.

- Non, c'est vrai, elle dépend de ce semi-homme. Pourquoi crois-tu que tu aies ce désir de le protéger de tout?

- Tu veux dire que c'est toi qui me donne ce besoin de le protéger?

- Au début, oui. Je savais qu'il était le seul capable de supporter le poids de l'Anneau suffisamment longtemps pour espérer le détruire. Mais désormais, tu n'as plus besoin de moi pour te montrer protectrice envers lui. La place qu'il a dans ton cœur est trop grande pour que tu le laisse disparaître.

Luana ouvrit la bouche pour parler, quand elle se sentit soudain aspirée. Son corps devint fumée, une fumée qui s'élevait pour atteindre le point de lumière qui pointait toujours au-dessus de leurs têtes.

- Non, je veux encore rester! Protesta-t-elle.

- Il faut que tu retourne vers la réalité, mais ne t'en fais pas, je sais que tu reviendras dans peu de temps.

Un hurlement à glacer les sangs résonna dans le lointain, la tirant de son coma, et elle se retrouva dans son corps, ouvrant à demi les yeux.

Elle était allongée sur le dos, recouverte de sa cape de voyage. La lueur jaune d'un feu tremblant sous les assauts d'un vent cinglant s'étalait autour d'elle; elle pouvait sentir sa chaleur. Elle entendait les voix des membres de la Communauté tout près d'elle; elle était revenue.

Mais elle avait mal, affreusement mal à la tête, comme si on lui avait défoncé le crâne à coup de marteau ou de hache. La douleur lui donnait la nausée. Son front la brûlait, tandis que des frissons la parcouraient toute entière. Sans compter qu'elle avait la bouche pâteuse et sèche, la soif lui nouant la gorge ¡Mierda!

Luana voulut tourner la tête pour voir ce qui l'entourait, mais sa nuque était raide, terriblement raide, et elle grimaça de douleur. Elle voulut parler pour signaler aux autres, mais en fut incapable, sa langue était nouée, ses cordes vocales paralysées. Avec horreur, Luana se rendit compte qu'elle était tout bonnement incapable de bouger ou d'émettre le moindre son. Ses muscles étaient tétanisés. Et la douleur qui pulsait dans sa tête était de plus en plus violente.

De nouveaux hurlements retentirent.

« Des wargs » souffla Naurofána dans son esprit.

¡Joder! Ça s'annonçait mal, très mal.

« Luana, derrière toi! »

Elle ne put que tourner les yeux sur le côté, trop faible, son corps complètement paralysé. Et là, perdu dans l'ombre, elle discerna les contours indistincts d'un énorme loup noir. Non, ce n'était pas un loup. Ça ressemblait plus à une hyène qu'à autre chose. Il n'était qu'à quelques mètres d'elle. La peur la saisit et lui donna assez de force pour pousser un faible gémissement.

En réponse à ce son, elle perçut autour d'elle une agitation, des exclamations de surprise et de terreur, tandis que le warg poussait un long hurlement, malfaisant et déchirant.

Une grande silhouette emplit son champ de vision, la dissimulant à la vue de la bête. À ses longs cheveux gris et broussailleux, elle reconnut Gandalf, qui s'était interposé et brandissait devant lui son bâton, proférant des menaces à l'encontre de l'animal;

- Écoutes-moi, chien de Sauron! Gandalf est ici. Fuis, si tu tiens à ta puante peau! Si tu pénètre dans ce cercle, je te dessèche de la queue au museau!

Mais le warg n'eut cure de cette mise en garde. Le Mage Gris s'étant avancé, Luana voyait de nouveau la bête, qui poussa un grondement furieux avant de bondir en avant. Un claquement sec fouetta l'air, un sifflement vrilla l'air, et le loup du Mordor, dans un jappement amer, s'effondra au beau milieu de sa course, mort, une flèche plantée dans la gorge. Les cris qui avaient retentit tout du long autour d'eux se turent soudain, tandis que le son d'un cavalcade lourde et pesante faisait trembler la terre.

Elle vit, du coin des yeux, Aragorn et Gandalf s'élancer dans les ténèbres à la poursuite de la meute.

Le silence revint, et avec lui la douleur, qui jusqu'alors avait été chassé par la peur. Luana, sentant qu'elle avait retrouvé un semblant de voix, laissa un autre gémissement échapper de ses lèvres entrouvertes et gercées. Elle referma les yeux, dans l'espoir de sombrer dans l'inconscience.

Une main, douce et fraîche, vint lui caresser le front et les joues.

- Luana, l'appela la voix mélodieuse de Legolas.

Elle rouvrit les yeux tant bien que mal, juste assez pour entrevoir. L'Elfe était penchée au-dessus d'elle, la mine sombre et inquiète.

- Luana, est ce que ça va? Demanda Frodon qui se tenait juste à côté d'elle (elle ne s'en était pas aperçut, mais il avait toujours était là, veillant sur elle à tout instant.)

Elle déglutit avec difficulté et tenta de parler, mais ce fut comme si ça langue avait était fondue dans du plomb, et que ses cordes vocales étaient des câbles d'acier tendus à l'extrême. Elle ne parvint à émettre qu'un gargouillement douloureux.

Legolas, dans un mouvement irréfléchi, posa ses doigts sur les lèvres de la jeune fille.

- Ne cherchez pas à parler. Gardez vos forces. Aragorn! Héla-t-il, tandis que le Rôdeur revenait.

Ce dernier se pencha à son tour sur elle, et l'examina d'un œil critique. Dans ses yeux luisait la même lueur d'inquiétude que dans ceux de l'Elfe.

- Luana, est ce que tu m'entends?

Elle voulut acquiescer, mais la douleur lui prit la nuque et dans toute la colonne vertébrale, lui arrachant une nouvelle plainte.

- Ne force pas, lui conseilla-t-il en lui prenant la nuque au creux des mains.

Il palpa doucement l'arrière de sa tête, et son visage se fit de plus en plus sinistre. Il la reposa délicatement, s'excusant lorsqu'elle gémit, avant de lui prendre les mains dans les siennes.

- Essaies de serrer.

Luana se concentra, partant du cou, passant par les épaules, les bras, les avant-bras, jusqu'aux mains. Mais c'était à peine si elle sentait le contact d'Aragorn sur sa peau. Ses yeux lui brûlèrent, tandis que des larmes coulaient le long de ses joues.

- Lors de l'avalanche, vous avez était assommée par un bloc de pierre, lui expliqua Gandalf.

Alors, elle avait vraiment eu le crâne fracassé? Toujours incapable de bouger et de parler, elle laissa ses larmes couler abondamment. Elle n'était pas une spécialiste en médecine, mais elle en savait assez pour savoir que l'aphasie, la paralysie, et la nausée étaient les symptômes d'un traumatisme crânien important; il était possible, même plus que probable, qu'elle meure de ce traumatisme, d'ici quelques jours, quelques heures peut-être, et même si elle survivait, les séquelles seraient trop importantes. Elle le savait, elle ne pourrait plus les suivre, elle ne serait plus qu'un poids mort pour eux. Aragorn, Frodon et les autres Hobbits, tentèrent de la consoler. Mais eux-mêmes n'avaient pas le cœur à ça.

La nuit avança, tant et si bien que la lune parut haut dans le ciel. De sa position allongée, Luana la voyait clairement. La pleine lune était déjà passée depuis plusieurs jours, elle ne pourrait donc pas espérer un miracle, comme pour son bras. Et le doute la rongeait encore, elle avait encore peur de revêtir sa forme de loup. Elle avait retrouvé toute sa confiance en Naurofána, mais elle avait peur de devoir tuer, peur que l'une comme l'autre perde le contrôle, dévorée par la faim.

Tout près d'elle, Frodon s'était endormie, tout comme la majorité de la Communauté. La respiration apaisée du Hobbit avait sur elle un étrange pouvoir, celui de l'apaiser en toute situation. Naurofána avait raison, il était devenu trop important pour elle pour qu'elle l'abandonne. Lorsqu'il était en danger, elle avait ce besoin viscéral de le protéger, peu importe

Ce qui pouvait lui arriver à elle. Ca, elle l'avait déjà expérimenté, et si elle avait put, elle l'aurait fait encore et encore, jusqu'à ce qu'il n'ait plus à courir le moindre risque. Mais elle ne le pourrait pas.

Elle sentait les larmes revenir à la charge. Malgré sa gorge douloureuse et sa bouche complètement sèche, elle tenta de déglutir pour les ravaler avec, mais tout ce à quoi elle arriva, ce fut de pousser un énième gémissement. Alors que les larmes s'échappaient pour de bon, de douleur, des doigts frais vinrent les sécher en une caresse. Surprise, Luana rouvrit les yeux. Legolas, qui avait prit le premier tour de garde, passa une main sous sa nuque, lui souleva la tête avec une infinie douceur, et porta à ses lèvres le goulot d'un gourde. L'eau, fraîche et claire, soulagea la brûlure de sa gorge, et pour la première fois depuis son réveil, un soupir de soulagement traversa ses lèvres.

L'Elfe la couvait d'un regard bienveillant et triste. Tout comme Frodon, il n'avait cessé de veiller sur elle.

- Vous feriez mieux de dormir, lui conseilla-t-il d'une voix apaisante.

Dormir. Elle aurait tant aimé dormir, fermer les yeux et retourner auprès de Naurofána, même si elle ne comptait pas se lier à elle. Mais elle avait peur de ne pas se réveiller, et quelque chose la maintenait en éveil. Et, comme pour calmer ses craintes et la bercer, Legolas fredonna une douce mélodie elfique. Bien qu'elle ne les comprenne pas, las mots étaient soyeux pour ses oreilles si souvent maltraitées, il y avait une délicatesse et une bonté telle dans la voix de l'Elfe, qu'elle s'en sentit chavirer. La douleur et la peine n'avaient pas leur place près d'un être aussi beau et pur que lui. L'aura qu'il dégageait suffisait à chasser la peur et les ténèbres. Un instant, Luana voulut se perdre dans cette clarté; cette chaleur gracieuse, elle aurait aimé pouvoir la sentir contre sa peau. Mais cet instant vola brusquement en éclat, quand un concert de hurlements furieux explosa autour d'eux. Ce fut le branle-bas de combat.

Legolas quitta son champ de vision, mais elle savait qu'il était toujours là, près d'elle. Comment, elle n'en savait rien, mais elle en avait la certitude.

Et ce fut la seule certitude qu'elle eut, car tout ce qui suivit lui parut trouble et confusion jeta du bois dans le feu, les hurlements se faisaient de plus en plus près et violents, quand tout à coup, les loups attaquèrent. Les cris, les coups d'épée et de hache, le chant de l'arc, elle les entendait, et c'était tout. Elle ne pouvait pas bouger, elle ne pouvait pas les aider, elle ne pouvait pas les protéger. Non, ils étaient obligés de la protéger, car elle était vulnérable. Vulnérable… quand elle était Naurofána, elle ne ressentait pas ce sentiment d'impuissance.

Brusquement et malgré la douleur, elle tourna la tête sur le côté, sans réfléchir, sans savoir pourquoi. Et là, elle les vit. Elle vit Legolas, éclairé par les flammes tourbillonnantes, décochant ses flèches à une vitesse tout bonnement divine, repoussant. Elle vit Frodon, qui de son épée repoussait tous ceux qui la menaçaient. Elle vit le warg, immense et gris, qui se jeta crocs et griffes en avant sur l'Elfe et le Hobbit, trop occupés à la protéger pour voir le danger et se protéger eux-mêmes. NON!

Elle tomba à vitesse grand V, plus vite que jamais, et atterrit avec une violence telle que la limite de l'inconscience s'en trouva troublée. Derrière, Naurofána l'attendait. Elle savait que Luana avait fait son choix, qu'elle était prête.

- Nul regret? Demanda-t-elle néanmoins.

- Je suis prête à tout pour les sauver. Je tuerais pour eux s'il le faut!

- Eux? Répéta la louve avec amusement.

Luana coupa court à la conversation et fit un pas en avant, et plongea à travers la barrière en hurlant:

- Naurofána!

La louve se liquéfia en une seconde et l'enveloppa comme une seconde peau. Une déferlante de puissance et de pouvoir les catapulta loin de l'inconscience et propulsa dans le corps de Luana.

Il tira une nouvelle flèche, puis une autre, et encore une autre. Il avait beau en abattre autant qu'il pouvait, des wargs surgissaient en un flot continu qui ne tarderait plus à les submerger. Tous se dirigeaient par dans leur direction. Ils en avaient après Frodon! Le Hobbit combattait à ses côté, empêchant ses créatures abjectes s'approcher de Luana. Il jet un rapide coup d'œil au corps inerte de la jeune fille. Elle avait tourné la tête vers eux, et ses yeux étaient emplis d'effroi. Un grognement le fit se retourner, mais il ne put rien faire face au warg terriblement proche qui se jetait sur lui et Frodon. Tout ce qu'il put faire, ce fut de se placer devant le Hobbit en un bouclier de dernier recours, brandissant son épée elfique, prêt à frapper, tout en sachant que ce coup serait le dernier.

Un grondement furieux déchira l'air, et un éclair blanc frappa le warg de plein fouet. Toujours en vie, il alla se scratcher quelques mètres plus loin, avant de se relever et de retrousser ses babines sur des crocs sale et poisseux de chaires pourris.

- Ranges ses crocs, bête infâme! Gronda l'énorme louve blanche qui se tenait devant eux, le dos courbé et le poil hérissé. Tu ne mérite pas le nom de loup, tu n'es qu'un immonde bâtard!

Et Naurofána se jeta dans la bataille. Le warg fit front, et le choc fut terrible. Il plongea les griffes dans les flancs de la louve, qui en retour, lui brisa la nuque d'un coup de croc. Elle chercha autour d'elle en un regard scrutateur, où la vue de la vie et de la magie dominait. Legolas avait repris son arc et criblait de flèche tout ce qui bougeait, lui jetant sans arrêt des coups d'œil effarés; tous les autres eurent un moment de flottement. Tous furent tout bonnement assommés par l'apparition de la louve au pelage de neige. Les wargs eux-mêmes hésitèrent, et Gandalf tira profit de cette hésitation.

- Naur an edraith ammen! Naur dan i ngauhorth! S'écriat-il.

Naurofána vit soudain le Maga Gris disparaitre dans un éclat de lumière. Sa magie était en œuvre, lâchée à pleine puissance. D'un seul coup, l'arbre sous le feuillage du quel ils avaient trouvé refuge s'embrasa. Les lames jetèrent des reflets ardents, la fourrure de la louve s'enflamma d'une lueur brulante. Legolas, profitant de la confusion qui s'empara de la meute, décocha une dernière flèche, qui prit feu dans l'air incandescent et alla se planter dans la poitrine du warg qui semblait être le chef, en plein cœur.

La confusion devint panique, et tous fuirent dans les ténèbres. Naurofána, exaltée et heureuse de retrouver sa force, se lança à leur poursuite. Elle courut, courut de toute la puissance de ses pattes, sentant avec délice ses muscles rouler sous sa peau. Puis, comprenant que les bâtards du Mordor avaient disparut, elle revint vers le camp, vers ceux pour qui elle s'était battu et avait accepté qui elle était. Les flammes qui consumaient l'arbre avaient péri, et il n'en restait qu'une fine pluie de cendre et une fumée âcre qui lui irrita les narines. Son odorat ne pouvait pas le supporter, mais cela ne l'empêcha pas de se rapprocher. Rien ne l'aurait empêché de retrouver Frodon et les autres. Tous l'attendaient visiblement. À peine fut-elle en vue que les Hobbits se jetèrent à son cou. Elle était trop grande pour eux, et ils durent se mettre sur la pointe des pieds pour l'atteindre. Avec un rire plein d'affection, elle se coucha et savoura le contact de leur main sur ses flancs, à travers sa fourrure épaisse. En retour, elle leur donna e faibles coups de museaux et leur lécha doucement le visage, pour leur plus grand malheur. Aragorn se joignit à eux, et se mettant à genou, il lui gratta l'arrière des oreilles, jouant avec ses anneaux noirs.

- Luana.

Elle leva vers lui ses yeux ambrés. Luana. Non, elle n'était pas seulement Luana.

- Naurofána, dit Gandalf comme s'l avait suivit le fil de ses pensées. Je suis heureux de vous revoir.

- Moi aussi, je suis heureuse de vous revoir. Je suis revenu, fit-elle pour l'ensemble de la Communauté.

Les Hobbits, et en particulier Frodon, s'en réjouir, ainsi que le Rôdeur et le Maga Gris. Gimli semblait être au bord des larmes, lui aussi heureux de la revoir. Boromir était moins emballé que les autres, mais cela ne lui gâcherait pas son bonheur. Car derrière lui, Legolas souriait, d'un sourire chaleureux, qui pour la première fois, réchauffa le bleu givré de ses yeux.