Ho mon dieu! Que j'ai honte! Plus d'un mois sans publier un seul chapitre! Que j'ai honte, mon dieu que j'Ai honte! Malheureusement, je n'ai plus du tout le temps d'écrire, et je dois avouer qu'près les exams, il aété duyr de se replonger dans l'histoire (je sais ce n'est pas une raison). En punition, faites ce que vous voulez! Privez moi de reviews si vous voulez!... J'ai rien dit, surtout, ne me privez pas de vos reviews, s'il vous plait!
Heu... hum, quoi qu'il en soit, j'espère me rattraper avec ce chapitre, très long chapitre mêmeavec l'espoir qu'il vous plaira.
Reviews: déjà, un grand merci à tous! Désolée, je répondrai brèvement à vos reviews, car je sais que sinon, je ne pourrais pas publier avant demain soir, et je crois que l'attente à déjà était assez longue comme ça... encore désolée. Et surtout, merci pour vos encouragement pour le bac, et si cela voius interresse sachez que je l'ai eu avec mention! ^^
Eclipse 1995: je dirais que j'ai un peu de mal à y croire, mais vu que tu l'as retrouvé, où est le mal? XD Heu... je crois pas que c'est Naurofana qui va lui tenir ce genre de discour, puisque c'estelle qui pousse Luana vers lui, et fait tout pourt qu'elle accepte ses sentiment. Mais oui tu avais raison. ^^
Roselia 001: Et oui, Naurofana est de retour, et avec quelques surprises XD. Mais il ne faut pas non plus se reposer que sur elle, attention! Comme tu vas le découvrir, elle aussi a ses faiblesses! Il va falloir encore un peu attendre pour que Luana devienne plus "raisonnable" (même si je doute que ça siot possible avec elle mdr)
: merci, ça me fait chaud au coeur. Et oui, il est dur aussi de ne pas remarquer Legolas (il est tellement beau! XP) mais il va falloir encore attendre... disons... une dizaine de chapitre avant que quelque choise ne sepasse réellement ^^'(comptes à peu près cinq avant qu'elle devienne réaliste XD
VegetaYouShoulveComeOver: merci pour tes encouragements! Et on, elle ne se les ait pas encore avouer!Elle en a copnscience, mais elle ne veut pas les voir en face.
Kaomisha: c'est vrai que maintenant que tu en parle, je vois moi aussi la ressemblance ~~, . Sur le coup non je n'y avait pas pense, et pourtant, je suis fan de Mononoke Hime! C'est le plus beau film anime que j'ai jamais vu! Hum, donc non, je n'y avait pas trop pensé, mais peut être inconsciemment, ça a joué. Faut avouer aussi que les clichés dela louve blanche sont assez fréquent... ^^
Maman Bouba: c'est ça qui est bien! Pouvoir faire rager en voyant que ça coupe pile au moment fatidique! (Niark niark niakr, je suis une sadique même avec mes lecteurs!XD) Mais bon, comme tu as lu les deux à la suite, ça n'a pasmarché pour toi, snif. Wow, tu as sut décrire en quelques lignes ce que j'avais prévu d'écrire en tout un chapitre. Oui, c'est tout à fait ça, la relation entre Luana et Naurofana, deux soeurs que tout tout cas, c'est le mot que je trouve le mieux appropié. Quand tu dis surout un, tu parles de Frodon bien sûr? XD
Lalolyen d'Eryn Vorn : non, ne t'inquiètes pas, je n'ai pas de couteaux de boucher. Mais j'ai des scies, une tronçonneuse... tout un atelier de menuiserie à portée de main si tu veux! XD mais non ne t'inquiètes pas, je comprend très bien (d'ailleurs là je vaut vraiment pasmieux ~~, ; enocre une fois désolée!) Je vois que toi aussi tu as étégâtée en philo mdr! C'est bizarre, tout le monde me dit qu'il est content de voir qu'avec Legolas, les choses avancent, je me demande vraiment pourquoi =D! Je ne m'inquiètes pas pour ça, je sais que tu vas te rattraper niveau délire sur ce chapoitre (quoique, moi même je suis restée assez sobre... ^^)
Aliete: Gogo gadget en action, attention! XD Non, il ne cache rien voyons, pourquoi tu crois ça? ^^ Oui, je voulais un chapitre qui montre les doutes, et qui soit forts niveaux retrouvailles (mais sur ce coup là, je ne t'égal pas =D) Tiens, c'était si marquant que ça la bataille de boules de neiges? lol
Hinaya-chan: oui je sais c'est nul, mais ce sera malheureusement pareil pour tous les autres, désolée ~~ . merci, ta review m'a fait très plaisir.
Futilement moi : heureuse que ça te plaise, et que tui ne soit pas déçue. Je te conseille d'ailleurs une autre fic sur ce fandom, L'éveil, d'Aliete, elle est géniale! Moi aussi j'aime bien Boromir, mais je préfère Legolas désolée (je sais pas si c'est à cause de l'acteur *bave dès qu'elle voit en photot Orlando Bloom* XD, mais depuis que j'ai vu Sean Bean dans The Hitcher, il me fait un peu flipper ~~,)
Chapitre 22:
Ils étaient tous réunis autour du feu. Depuis son réveil, Frodon, Sam, Merry et Pippin n'avaient pas quitté Luana d'une semelle. Longtemps, elle était restée sous sa forme de louve, savourant leur chaleur à travers ses différents sens, leur parfum, heureuse de sentir la vie couler dans leurs veines. Cette vie, elle ne désirait plus la sentir dans sa bouche et se déverser en elle; non, elle était prête à tout pour qu'elle reste en eux et que jamais elle ne les quitte. Mais Naurofána ne s'était toujours pas nourrie, et il n'y avait aucun gibier assez gros dans les parages pour assouvir sa faim. Aussi avait-elle décidé de se retirer d'elle même. Avant cela, Luana avait dut convaincre les Hobbits de la laisser un instant, de peur qu'ils ne la voient nue. Legolas, en chevalier servant, avait sorti de sa besace la tenue de rechange qu'elle avait emportée avec elle, allant jusqu'à poser sa propre cape sur le dos de la louve, prétextant qu'ainsi, une fois sous sa forme humaine, elle ne se retrouverait pas totalement nue. Il avait semblé légèrement gêné en disant cela, et plus encore quand Luana-Naurofána le remercia en lui léchant doucement la main. Elle s'était éloignée du bivouac, juste assez pour ne pas être visible, et Naurofána retourna dans l'inconscience. La jeune Nauro avait craint de ressentir un vide immense quand la louve serait retournée dans son antre, mais il n'en fut rien, car malgré tout, elle était toujours là au fond d'elle. Alors qu'elle était en train de reprendre forme humaine, Luana remercia du fond du cœur Legolas pour sa prévenance, car une fois que la fourrure eut disparut, le vent descendant des montagnes lui avait lacéré la peau, et elle avait été bien contente de s'emmitoufler dans la cape de l'Elfe, savourant ce qui restait de sa chaleur et de son parfum incrusté dans le tissu. Elle avait brusquement éprouvé une gêne immense alors qu'elle comprenait qu'elle appréciait cette odeur, et plus encore quand elle avait ressentit un certain regret en enlevant la cape. Au fond d'elle, Naurofána avait laissé monter un rire grondant, tandis qu'elle la rendait à Legolas, sans oser lever les yeux vers lui.
En cet instant, Aragorn était en train de l'ausculter. Il avait passé ses doigts à travers les cheveux de soie de Luana, et avec des gestes lents et attentifs, il tâtait l'arrière de son crâne. Au fur et à mesure que son examen avançait, il semblait de plus en plus perplexe.
- Cela ne se peut, souffla-t-il alors qu'il retirait ses mains. Il ne reste nulle trace du traumatisme.
Il était vraiment abasourdi, mais en même temps, un immense soulagement s'affichait sur son visage fatigué.
- Les pouvoirs de régénération de Naurofána sont tout bonnement surprenants, commenta Gandalf avec un grand sourire. Sans elle, il y avait peu de chance que vous vous en sortiez.
- Je sais, soupira Luana, les yeux emplie d'une douce reconnaissance envers sa louve.
- Je présume que vous auriez put faire appel plus tôt à elle, continua le Mage. Je pense qu'il est inutile de vous demander pourquoi.
Elle allait lui répondre, quand soudain, elle se tendit. Il lui avait menti! Gandalf lui avait menti!
- Vous m'avait menti, gronda-t-elle sourdement.
Il ne sembla pas s'en formaliser, attendant la suite des évènements, tandis que les Hobbits autour d'elle se figeaient. Ils savaient pertinemment que quand elle se mettait à grogner comme ça, ça n'annonçait jamais rien de bon pour la suite.
- Vous m'aviez dit que vous l'aviez scellé alors que vous saviez que c'était impossible!
Elle avait haussé la voix, espérant que cela inciterait le Mage à lui répondre. Mais il n'en fit rien, continuant à l'observer tranquillement, comme si elle n'était pas en train de lui gueuler dessus. Aragorn, qui était resté à côté d'elle, lui posa une main apaisante sur l'épaule, mais cela n'eut aucun effet sur elle. à part peut être la faire exploser.
- Pourquoi m'avoir menti?
« Luana! »
La Nauro tiqua quand la voix grondante de Naurofána résonna dans son esprit et la rappela à l'ordre.
« Il me semble te l'avoir expliqué, alors pourquoi t'en prendre à lui? »
« Parce que je veux que ce soit lui qui me dise. Et il m'a fait un mal de chien en prétendant te sceller, je compte pas laisser passer ça! »
Elle sentit la louve soupirer, dépitée.
- Luana, est ce que ça va? S'inquiéta Frodon face à son brusque silence, la voyant soudain perdue dans ses pensées.
- Hein, ha oui, c'est juste Naurofána qui me prend la tête, soupira-t-elle en revenant à la réalité. Elle m'a déjà expliqué pourquoi vous avez fait ça, reprit-elle en se tournant vers Gandalf, rassérénée. Mais je veux que vous, vous me disiez pourquoi.
Le mage sourit doucement.
- Je savais que je ne pouvais rien faire pour exaucer votre souhait, mais si je n'avais pas fait semblant, vous n'auriez jamais trouvé la force de refaire un jour confiance en votre louve. Si vous étiez restée sans cesse sur vos gardes, je doute fort que ayez un jour trouvé le repos, plaisanta-il en faisant allusion à son entêtement légendaire.
- Ha ha, très drôle, bougonna-t-elle.
Elle réfléchit quelques instants, avant de secouer la tête en signe d'assentiment.
- OK, je veux bien vous pardonnez pour cette fois, mais ne me mentez plus jamais! En plus c'est pas beau de mentir!
Tous, ou presque tous – Boromir était beaucoup moins amical depuis qu'elle était de nouveau une Nauro en puissance, et Legolas restait de marbre, la fixant d'un regard insistant- laissèrent un soupire à la fois exaspéré et amusé franchir leurs lèvres.
- Quoi? Demanda-t-elle, mal à l'aise.
- Tu comptes nous faire croire que tu n'as jamais mentit? La taquina Merry avec un air entendu.
- Non, jamais!
- Tu sembles oublier la fois où tu as eu les tympans percés par les Nazgûls, lui rappela Pippin.
- J'ai pas menti, j'ai juste omis de vous le dire, se défendit-elle en détournant les yeux.
Mais ainsi, son regard se retrouva rivé à celui de Legolas qui se trouvait de l'autre côté du feu, et qui depuis un moment déjà la scrutait avec une insistance soutenue. Il semblait ne pas vouloir quitter du regard ses yeux.
- Qu... quoi? Qu'est ce qu'il y a?
- Vos yeux, murmura l'Elfe.
- Quoi mes yeux, qu'est ce qu'ils ont? Bafouilla-t-elle en se détournant à nouveau, mal à l'aise.
« Pourvu que jamais je ne rougisse! Mes yeux... à croire qu'il n'avait jamais vu les siens, ils sont si... si... »
« Si pénétrants? » suggéra Naurofána « Si captivants? »
« Heu ouais, on va dire ça... »
- Ils sont... différents, répondit-il après un long moment, où il continua à les sonder.
Elle le fixa à son tour, abasourdie. Ses yeux… différents? Mais en quoi? Quoique, maintenant qu'il en parlait, il était vrai que depuis le réveille de Naurofána, il y avait eu… du changement.
Elle avait l'impression d'avoir en partie gardait sa vue de louve, alors qu'elle était sous sa forme humaine. Elle tourna son regard vers ceux qui l'entouraient. Elle percevait, très légèrement, le flux de chaleur et de vie sous la peau des membres de la Communauté. Lorsqu'il se posa sur Gandalf, il y avait comme un voile de lumière grise qui l'entourait. Puis ses yeux retournèrent se poser sur Legolas. Il émanait de lui cette aura clair et pure caractéristique des Elfes. Ce qui signifiait qu'elle gardait sa vue de magie.
Elle fut ramenée à la réalité par les Hobbits, qui s'agglutinèrent autour d'elle, plus près encore qu'ils ne l'étaient déjà, étudiant ses iris avec une attention agaçante. Tous affichèrent soudain une expression de surprise non exagérée, mais Legolas fut plus rapide:
- Avant, ils semblaient entièrement faits d'argent, mais maintenant… un fin anneau d'or couronne la pupille.
Comment pouvait-il voir ça de là où il était? Luana se gifla mentalement, intensifiant l'hilarité de Naurofána provoquée par sa gêne. Alors qu'il lui apprenait que, d'une certaine façon, ses yeux de louve se mélangeaient à ses yeux d'humaine, car c'était ce que cela signifiait, tout ce à quoi elle pensait, c'était comment lui, alors qu'il se trouvait à l'opposé, le plus loin possible d'elle, avait put le voir! Alors que les Hobbits, qui ne l'avaient pas lâché de la soirée, ne l'avaient découvert que lorsqu'il en avait parlé! Est-ce que ça voulait dire qu'il… qu'il la contemplait depuis tout ce temps?
"Faut que j'arrêtes de me faire des idées…" grogna-t-elle intérieurement. Luana s'attendait presque à ce que Naurofána n'intervienne, mais la louve resta silencieuse. Enfin silencieuse, si l'on ne prenait pas en compte les grondements amusés qui résonnèrent aux oreilles de la Nauro.
"Au lieu de te marrer pour rien, tu peux m'expliquer pourquoi j'ai gardé une partie de tes yeux?" demanda-t-elle mentalement.
" Je ne sais pas exactement. Il semblerait que la limite de l'inconscience se soit amincit. Je pense que nous avons en partie fusionné."
- Il semblerait que vous soyez plus proche de votre louve, avança Gandalf, avec un sourire satisfait.
- C'est ce qu'elle vient justement de me dire, confirma-t-elle.
Mais la fin de sa phrase fut brusquement déformée par un bâillement retentissant. La fatigue revint brusquement, lui tombant dessus comme une masse, l'assommant presque.
- Je pense qu'il est temps pour nous tous de prendre du repos, déclara Aragorn, une expression presque attendrie sur le visage.
- Si vous dites ça pour moi, je peux encore tenir le coup, grommela-t-elle, tout en sachant pertinemment qu'elle ne pourrait empêcher ses yeux de se fermer tout seul.
" Tu ferais mieux de l'écouter et te coucher. La métamorphose a été plutôt éprouvante, pour toi comme pour moi."
Et, ne lui laissant nullement le choix, Naurofána étouffa ses protestations sous une brume ensommeillée, et, tirant profit de sa fatigue, l'invita dans son domaine de l'inconscient, en un sommeil profond et réparateur.
Le lendemain, Luana ouvrit les yeux sans que l'on eu besoin de la tirer de son sommeil. S'étirant comme un chat, elle se leva, fraîche et dispo… alors que le soleil n'était même pas levé. Était ce le pouvoir de Naurofána qui lui donnait cette énergie et cette vitalité? Elle n'avait dut dormir même pas trois heures, et pourtant, elle se sentait aussi revigorée que si elle avait hiberné. Un peu déconcertée, elle regarda les autres dormir paisiblement, savourant leur respiration douce et apaisée. Non seulement, ses "nouveaux" yeux lui permettaient de voir le flux de vie ondoyait paresseusement en eux, comme un cours d'eau tranquille, mais ses oreilles percevaient aussi bien plus de sons qu'auparavant.
"Naurofána, combien de chose ont changé en moi exactement?" ne put-elle s'empêcher de demander dans une pensée légèrement inquiète.
" Je ne saurais le dire. Pas grand chose si tu veux mon avis. Je pense que seuls tes sens et ta perception du monde se sont, disons… enrichis. Et ton endurance. Et ta résistance physique…"
"Pas grand-chose hein?" répliqua-t-elle avec une ironie ravie.
Luana n'aurait jamais crut que le fait d'accepter pleinement ce qu'elle était et de retrouver Naurofána lui apporterait un tel sentiment, un tel bien être. C'était un étrange mélange de plénitude, de satisfaction, le tout saupoudré d'une incontestable impression de puissance. Elle se sentait entière. Non, pas entière. Elle n'avait cette impression d'être enfin elle-même, pleinement et indubitablement elle-même que lorsqu'elle était sous sa forme de louve, en union avec Naurofána. Non, en cet instant, elle se sentait… à sa place, là où elle aurait dut se trouver depuis toujours. Elle ressentit un pincement au cœur. Elle n'était pas chez elle, elle ne devait pas l'oublier. Il lui restait sa famille, dans son monde à elle. Même si elle avait toujours pensé qu'elle n'y avait pas sa place, il lui restait une attache trop forte pour lâcher prise et abandonner tout espoir de rentrer chez elle.
- Vous avez le sommeil bien profond pour quelqu'un qui prétend n'avoir pas besoin de repos, fit une voix qui la ramena à la réalité.
Surgissant des ténèbres, Boromir vint reprendre sa place auprès du feu. Prise dans le fil de ses pensées, Luana n'avaient même pas remarqué qu'il manquait à l'appel.
- Et vous je peux savoir pourquoi vous êtes réveillé? Et qu'est ce que vous étiez partir faire?
Son mauvais caractère avait repris le dessus, et ses mots franchirent ses lèvres avec plus de hargne qu'elle ne l'aurait voulut. Mais il fallait avouer que le ton du Gondorien n'était pas non plus des plus amicaux. Et apparemment, ce dernier prit très mal son ton légèrement suspicieux:
- Je vous signalerez que pendant que vous dormiez, nous autres nous sommes relayés afin de monter la garde. Et étant chargé du dernier tour, je suis allé m'assurer que nuls dangers ne rôdait autour de votre précieuse personne.
Il semblait… en colère contre elle. Mais pourquoi? Il était vrai qu'ils n'étaient pas amis, mais ces derniers temps, ils s'entendaient plutôt bien, elle l'avait même fait rire avec ses blagues à deux bales, et il avait semblé inquiet pour elle quand elle était sur le point de passer l'arme à gauche, alors pourquoi d'un seul coup, il était aussi froid et arrogant avec que lorsqu'ils s'étaient rencontrés au conseil? Quoiqu'il en soit, Luana sentit quelque chose se briser en elle. Cette haine qu'il semblait éprouver pour elle la blessait, bien plus qu'elle ne le laissa paraître.
- Si vous êtes fatigué, dormez, ça vous évitera d'être grognon. Moi aussi je peux le faire, monter la garde.
Il lui lança un regard qui en disait long… il ne lui faisait tout bonnement pas confiance!
" Ce n'est pas de toi dont il se méfie, mais de moi"
"Pourquoi ça?" s'étonna-t-elle, alors qu'elle lui tournait le dos.
" Je n'en sais rien, peut être parce que les Hommes ont peur de ce qu'ils ne connaissent pas, et ont bien du mal à accepter ce qu'ils ne peuvent dompter."
" ¡Joder! Mais il est vraiment un gilipollas en puissance! C'est pas comme si t'allais le bouloter!"
"Peu importe, la peur est là, ancrée au fond de lui. Même si je ne suis pas la chose qui l'effraie le plus, il ne pourra jamais m'accepter. Pour être honnête, je crois qu'il a bien plus peur de lui-même que de nous deux réunit. Il nous faudra garder un œil sur lui"
Avec peine, Luana acquiesça. L'idée de le surveiller comme s'il était leur ennemi ne lui plaisait pas. Après tout, c'était lui qui l'avait aidé à surpasser la douleur et les doutes lorsqu'elle avait rejeté Naurofána. Elle aurait voulut pouvoir en faire de même pour lui, pouvoir lui parler, l'écouter si c'était ce dont il avait besoin, mais elle doutait fort qu'il ne soit disposé à se confier à elle. Il se méfiait trop d'elle pour ça.
Avec un soupir, elle se rallongea, sa callant de telle façon à ne pas déranger les Hobbits étendus autour d'elle, sans pour autant fermer les yeux. Elle savoura la chaleur des flammes, et surtout la caresse des derniers rayons de l'astre lunaire, qui commençait à disparaître à l'horizon.
Une fois que tous furent réveillés, et que le soleil révéla à leurs yeux le paysage environnant, ils découvrirent tous avec une surprise mêlée d'horreur qu'il n'y avait nulle trace des wargs. Luana ne put retenir un frisson lorsque Naurofána lui souffla à l'âme:" Je trouvais aussi qu'ils avaient un goût étrange.", n'osant pas imaginer ce que pouvaient être ces bêtes. Très vite, ils se remirent en route. Une route longue et difficile, serpentant dans un décor sombre et triste, un décor de pierres aride. Si aride que Gandalf sembla un instant perdu, et ne sut plus où mener la Communauté, car le cours d'eau qu'il leur aurait fallut suivre avait tout bonnement disparut. Toute la matinée, Luana se contenta de suivre la compagnie en silence n'échangeant que quelques mots avec les Hobbits et sa louve. Elle s'émerveillait de ses nouvelles capacités physiques: avec ce terrain chaotique, elle se serait foulée les chevilles plus d'une fois, malgré son entraînement et son équilibre, et aurait vite eu fait d'être morte de fatigue. Au lieu de ça, elle avançait à pas de loup sur les pierres, sans éprouver le moindre essoufflement, la moindre difficulté. Ouais, être une Nauro, ça avait presque que du bon! Mais son enthousiasme était gâché par l'ambiance morne et taciturne qui couvait au sein de la Communauté. Les Hobbits avaient l'air fatigués et inquiets, mais comme à leur habitude, Merry et Pippin se chargèrent de réchauffer un peu l'atmosphère avec leurs histoires farfelue –et sans doute exagérées- de Hobbits. Quant à Aragorn, Legolas, Boromir et Gandalf, ils avaient la mine si sombre qu'elle préféra ne pas trop leur adresser la parole. Et puis, elle se voyait mal aller discuter avec l'Elfe taciturne –mais qui parvenait inexplicablement à lui faire perdre ses moyens-, s'approcher du Gondorien qui lui tirait la tronche, parler météo ou magie avec le Mage Gris, et même Grands-Pas ne semblait pas enclin à la discussion. Seul Gimli était de bonne humeur, et il était visiblement le seul à être pressé d'arriver à destination. Mais au fait…
- Heu dites, finit-elle par rompre le silence, hésitante. On va où là?
Tous se retournèrent vers elle, sidérés. ¡Mierda! Qu'est ce qu'elle avait encore dit?
-Comme si nous n'en avions déjà pas assez d'un crétin de Touque, grogna Gandalf dans sa barbe.
Non, il n'était vraiment pas de bon poil.
- Hé, je vous signale que vous m'avez pas dit par où on passait finalement, et si vous en avait discuté pendant que j'étais dans les vapes, c'est sûr que ça va être dur pour moi de savoir ce que vous avez eu la bonté de décider.
Et s'arrêtant au beau milieu du passage, elle croisa les bras sur la poitrine, attendant qu'on daigne lui répondre. ¡Joder! Il y avait vraiment une sale ambiance depuis qu'ils avaient reprit la route, et elle n'aimait vraiment, mais alors vraiment pas ça! Et si tout le monde était décidé à tirer la tronche et à être grognon pour un oui pour un non, alors il n'y avait pas de raison qu'elle n'en fasse pas de même. Gandalf la toisa un instant, puis soupira profondément, visiblement lassé de devoir se répéter une énième fois – pas de sa faute si elle n'était pas en état d'écouter!
- Si nous ne pouvons passer par-dessus la montagne, nous n'avons d'autre choix que de passer par-dessous. Nous allons passer par la Moria.
Le dernier mot claqua dans l'air et se répercuta contre les parois de pierre avec une violence inouïe au gout de la Nauro. Bien qu'il ne l'ai dit qu'à mi-voix, Gandalf avait placé dans ce simple nom tant de chose, qu'elle se sentit vaciller sous le poids de la révélation.
"Non!"
Au fond d'elle, Naurofána fut comme prise de panique. Luana pouvait la sentir se débattre frénétiquement contre une crainte pourtant infondée. Après tout, elles n'étaient jamais allées en Moria, alors pourquoi éprouver une peur presque phobique de cet endroit? Elle avait beau ce le répétait, qu'il n'y avait aucune raison de céder à la peur, Luana ne put pour autant se dépêtrer de la toile que l'angoisse avait tissé autour d'elle. En cet instant, elle avait l'impression d'être non pas une puissante Nauro, mais juste un moucheron à la merci d'une araignée hideuse, tapie dans l'ombre, prenant tout son temps pour venir la dévorer.
Et sa crainte devait se lire clairement sur son visage blême, car Frodon s'approcha d'elle et lui effleura la main du bout des doigts. Elle sursauta violemment, revenant à la réalité.
- Je ne veux pas aller là-bas! S'écria-t-elle à la surprise générale.
Aragorn s'approcha à son tour et posa sur son épaule une main réconfortante.
- Aucun d'entre nous ne veut s'y aventurer, mais nous n'avons pas d'autre choix.
Elle lui jeta un regard implorant, mais le Rôdeur ne pouvait rien y faire.
- Ainsi en a décidé le Porteur de l'Anneau, déclara Gandalf d'un ton sans réplique. Allons, avançons, il faut atteindre les portes avant le coucher du soleil, sans quoi je crains qu'on ne les atteigne jamais.
Luana porta son regard sur Frodon. À travers ses nouveaux yeux, elle put percevoir l'aura de l'Anneau qui l'étouffait un peu plus que la veille. S'ils tardaient trop, le Hobbit finirait dévoré par cette chose. ¡Mierda! Étouffant tant bien que mal au fond d'elle la complainte de sa louve, elle ferma les yeux, inspira un grand coup, et acquiesça doucement.
- OK, alors perdons pas de temps. J'aimes pas cet endroit.
" Et tu risque d'apprécier encore moins la Moria" gronda Naurofána. "Luana, il ne faut pas y aller. La Moria est sombre et dangereuse. Si tu y entres, je ne pourrais pas te venir en aide. Penses-y!"
" Comment ça, tu ne pourras pas m'aider?"
Mais elle n'eut aucune réponse. Tout ce qu'elle put ressentir en cet instant, ce fut la détresse de la louve. Non, elle n'avait vraiment pas envie d'aller là bas!
- Allons, de quoi avez-vous donc peur? Plaisanta Gimli qui s'était approché d'elle. Croyez moi, mon cousin Balin se fera un honneur de nous accueillirent, et vous découvrirez l'hospitalité des Nains.
- Peut être est-ce cela qui l'effraie tant, dit Legolas en passant à côté d'eux.
Le Nain grogna à cette réflexion et Luana ne put s'empêcher de sourire faiblement. Les mots de Naurofána lui avaient laissé craindre qu'elle ne se retrouve seule dans les ténèbres de la Moria, mais elle ne devait pas oublier qu'elle serait avec la Communauté, et par conséquent pas tout à fait seule. Pas tout à fait…
- Dites, c'est quoi exactement la Moria? Demanda-t-elle à Gimli, alors qu'ils se remettaient en marche.
- Les mines de la Moria sont l'une des plus grandes merveilles de toute la Terre du Milieu, s'enthousiasma-t-il. Vous y verrez tout le savoir des Nains. Ho, et vous ne pourrez que vous émerveiller devant la splendeur de la cité de Cavenain.
Bon, ce n'était pas vraiment ce type d'info qu'elle attendait, mais au moins elle avait appris qu'il s'agissait de mines.
"Ça c'est pas dur à deviner!" se morigéna-t-elle. "De la part de Nains, et sous une montagne, à quoi tu t'attendais?"
Pendant longtemps encore, Gimli se fit un devoir de lui décrire "les merveilles des mines de la Moria". À l'en croire, ce n'était pas un lieu si sordide que ça. A l'en croire…
Mais plus le jour s'approchait de sa fin, plus ils s'avançaient vers leur but, et plus l'angoisse resserrait ses liens sur le cœur de la Nauro. Luana n'aurait sut dire si les ombres grandissantes de la nuit y étaient pour quelque chose, où si c'était l'atmosphère même du lieu qui jouait avec ses nerfs à vif. Elle aurait tant aimé que Naurofána la réconforte et lui redonne courage comme elle l'avait fait les autres fois, qu'elle atténue ses craintes et ses peurs, mais la louve était désespérément muette. Ce ne fut que bien après que les feux du soleil aient disparut du ciel qu'ils parvinrent au bord d'un lac aux eaux sombres et huileuses.
- Ho! Les murs de la Moria! S'exclama Gimli avec emphase.
Droit devant eux, sur la rive opposée du lac, se dressaient les contreforts sombres et imposants … d'une montagne on ne pouvait plus banale. Luana eut beau scruter les parois à la recherche de la moindre trace d'architecture, elle ne décela aucun signe qui aurait put laisser penser que c'était là que se dressait une des plus "grande merveille de la Terre du Milieu".
- Heu, c'est ça la Moria? Dit-elle avec une pointe de déception.
- Ne vous fiez pas aux apparences, jeune Nauro. Ces parois rocheuses renferment bel et bien les Mines de la Moria, et cette apparente banalité fut ce qui longtemps préserva les Nains des assauts de leurs ennemies. Il nous faut trouver un passage qui contourne le lac. Je doute que quiconque ait envie de franchir à la nage cette eau sombre.
Ils durent ainsi escalader encore un bon moment, avant d'atteindre une bande de terre perdue entre les eaux du lac et la pierre de la montagne. A chaque pas, Luana aimait de moins en moins les lieux. Elle avait l'impression d'étouffer et surtout, la pire des angoisses, la sensation d'être surveillée. Grâce à ses yeux de louve, les contours et les couleurs avaient pour elle plus de netteté malgré les filtres de la nuit, et chaque bruit lui paraissait comme amplifié. Mais elle eut beau scruter les alentours, les sens en alerte, elle ne perçut rien. Elle continua d'avancer, toujours attentive, et se figea brusquement lorsqu'un bruissement vint lui froisser les tympans, avec cette même délicatesse que le ferait le crissement d'ongles sur un tableau noir. Mais il n'y eut rien de plus que de fines ridules qui vinrent troubler le miroir du lac. La Nauro déglutit avec difficulté, sentant une boule lui nouer la gorge. Elle savait qu'il y avait quelque chose, là tout près d'eux, qui les guettait aussi sûrement qu'un chat suivant les moindres mouvements d'une souris. Mais où?
Frodon, qui marchait à côté d'elle, s'approcha un peu trop près du bord. Son pied glissa et entraina le Hobbit, le précipitant vers les eaux sombres pour un bain improvisé. Luana, dans un geste rapide et nerveux, l'attrapa par le collet et le tira à elle.
- ¡Mierda! Fais un peu attention! Siffla-t-elle entre ses dents.
Le Hobbit s'excusa d'une toute petite voix, et elle se sentit tout de suite coupable de lui avoir parlé durement. Mais elle était un peu à cran et sentait que ses nerfs n'allaient pas tarder à lâcher: un peu comme si les membres du groupe Apocalyptica avaient pris ses nerfs pour remplacer les cordes de leurs violoncelles et s'éclataient à jouer un air du genre Enter Sandman ou Creeping Death… plutôt Creeping Death.
Mais alors qu'elle voulait s'excuser à son tour, il le devança:
- M'en veux tu de t'avoir forcé à nous suivre dans la Moria?
Elle lui jeta un regard outré.
- Bien sûr que non! Et puis tu ne m'as pas forcé, j'ai juste choisit de venir avec vous, point barre.
"Même si j'aurais préféré passer par autre part!"
Elle lui adressa néanmoins un faible sourire, un peu crispé, auquel il répondit timidement, et tous deux se turent. ils n'avaient pas besoin de plus pour se comprendre.
Après un long moment de marche silencieuse, ils arrivèrent enfin… à un cul de sac. Luana, trop occupée à surveillée la surface du lac, ne remarqua pas tout de suite les deux énormes houx qui marquaient la fin du chemin comme deux colonnes de marbres et pesta intérieurement. Mais lorsque ses yeux se posèrent dessus, elle ne put s'empêcher de les écarquiller tout grands. Ils étaient tout bonnement immenses! Et assez inquiétants, à les voir se dresser ainsi, deux colosses d'ombres et de ténèbres se découpant sur le fond noir du ciel nocturne.
- Hé bien, nous y voici enfin! Déclara Gandalf. Ici se terminait la route elfique de Houssaye. Le houx était le signe des gens de ce pays, et ils le plantèrent ici pour marquer la fin de leur domaine; car la porte de l'Ouest fut surtout faite à leur usage, pour leur commerce avec les Seigneurs de la Moria. C'étaient alors des temps plus heureux, où il régnait encore parfois une amitié étroite entre gens de race différente, même entre les Nains et les Elfes.
- Le déclin de cette amitié ne fut pas le fait des Nains, gronda Gimli avec un ton plein de sous-entendus.
- Je n'ai jamais entendu dire que ce fût la faute des Elfes, répliqua Legolas avec tout autant de verve –une verve bien elfique tout du moins.
- Ha non! Vous allez pas recommencer avec votre remake de Roméo et Juliette à deux balles! Tonna Luana, de plus en plus angoissée par le silence de Naurofána et l'atmosphère lourde transportée par la brume.
Merry et Pippin commencèrent à pouffer de rire au souvenir de cette bonne blague, mais voyant que la Nauro n'avait visiblement pas dit cela pour rire, ils se turent bien vite.
- Moi, j'ai entendu dire les deux, fit Gandalf, dans l'espoir d'apaiser les tensions; et je ne vais pas porter de jugement maintenant. Mais je vous demande en tout cas à vous deux, Legolas et Gimli, d'être amis et de m'aider. Il nous reste encore à trouver les portes de la Moria.
- Les portes de Nains sont invisibles lorsqu'elles sont closes, avoua Gimli en donnant de légers coups de haches sur les parois rocheuses.
- Oui Gimli et leurs propres maîtres ne peuvent les trouver ni les ouvrir quand le secret en est oublié, dit Gandalf, fouillant lui aussi les murs à la recherche des portes.
- Pourquoi cela ne me surprend-t-il pas ?
L'Elfe se figea sur place sous le regard noir que lui lança Luana, tandis que cette dernière marmonnait quelque chose à propos de la "prétendue sagesse des Elfes", avant de leur tourner le dos et de retourner s'abîmer dans la contemplation du lac.
Le poids d'un regard étranger – en plus de celui de l'Elfe sur ses épaules- pesait de plus en plus sur elle, et commençait à l'écraser sous la pression.
"Luana, sors donc de l'ombre de ces arbres"; lâcha abruptement Naurofána, la ramenant à la réalité; " j'aimerai goûter une dernière fois à la magie de la lune avant de plonger dans les ténèbres de la Moria."
" Tiens, t'avais pas disparut toi?" demanda-t-elle d'un ton acide. Elle n'eut nulle réponse, et malgré son manque de motivation à obéir à cette louve tyrannique, elle s'exécuta. Car elle-même était attirée par les spectacles envoutant des rayons de lune qui dansaient langoureusement dans les airs, ondulant et valsant sur une mélodie qu'elle seule pouvait percevoir: le chant de l'astre nocturne. Et puis, elle ne supporter pas de rester à l'ombre: sans savoir pourquoi, elle se sentait faible et vulnérable là où la lumière lunaire ou stellaire ne pouvait l'atteindre. Tant et si bien qu'elle alla se poster sur une pierre saillante, offrant son visage et tout son être aux caresses de la lune. Elle se sentit bien un instant, comme si la lune rechargeait ses batteries et chassait ses doutes. Naurofána sembla elle aussi se détendre un moment, car la tension qu'elle maintenait sur l'esprit de son humaine se fit moins étouffante. Mais un instant seulement, un trop court instant pour être honnête.
- Luana, plutôt que de rester là à contempler les étoiles, auriez vous l'obligeance de venir nous aider à trouver cette damnée porte?
Elle injuria mentalement Boromir de touts les noms qu'elle connaissait en espagnol, soit une longue et riche liste –dont bien entendu cabron, gilipollas, mariconazo, pendejo, Cabesa de Pitchas …et bien d'autres. Ce … de Gondorien commençait à lui sortir par les trous de nez, à lui parler avec ce ton à la fois méprisant et dédaigneux!
Elle les rejoignit néanmoins dans l'ombre des houx, après avoir inspiré une grande goulée d'air nocturne, dans l'espoir d'emprisonner en elle un peu de l'éclat de la lune. Mais à peine fut-elle à proximité du mur, que d'étranges inscriptions apparurent, se parant de reflets argentés. Saisie par cette apparition, Luana recula, et tout s'effaça.
- Qu'est ce…
Aragorn se tourna vers elle, les yeux grands ouverts sous l'effet de la surprise.
- Luana…
- C'est pas moi! J'ai rien fait! S'exclama-t-elle sur le champ en levant les mains à hauteur de visage, de peur d'avoir une fois de plus fait une connerie, tandis que tous se tournaient vers elle, éberlués.
Gandalf se détourna rapidement d'elle et alla inspecter les parois rocheuses sur lesquelles les reflets évanescents étaient apparus.
- De l'ithidin, cela ne reflète que la lumière des étoiles… ou de la lune, ajouta-t-il à l'intention de la jeune Nauro, lui faisant signe de le rejoindre.
Celle-ci fit un pas hésitant dans sa direction, et à peine fut-elle à proximité du mur, que les inscriptions d'argent reparurent.
-Ce sont les emblèmes de Durïn ! s'exclama Gimli.
-Et l'arbre des Hauts elfes ! s'extasia à son tour Legolas.
-Et l'étoile de Fëanor. Il semblerait que vous ayez trouvé les portes des Mines de la Moria, lui dit le mage avec un sourire amusé sur les lèvres.
- Heu… c'est quoi ce binz?
- Votre louve puise sa force dans le clair de lune, lui répondit-il sans vraiment comprendre le sens du mot "binz". Il semblerait que vous soyez en mesure d'absorber une partie de la lumière lunaire et de la restituer plus tard.
Luana le regarda un long moment en silence. ¡Genial! Elle était une espèce de batterie qui marchait à l'énergie lunaire! Fallait le faire!
- Et je fais quoi en attendant? Demanda-t-elle, irritée par cette comparaison –c'est vrai, personne ne la lui avait suggéré, puisque personne dans ce monde ne savait ce qu'était une batterie, mais il y avait de quoi être agacé. Je reste plantée là?
Aragorn, dans un élan de compassion, dégagea les branches des houx, de telle sorte que les rayons de lune tombèrent directement sur les portes.
Luana en profita pour les observer tout à son aise. C'était tout bonnement… fascinant. Jamais elle n'avait vu pareil ouvrage. Les lignes de lumière formaient deux colonnes de part et d'autre des portes, colonnes sur lesquels prenaient appuis deux arbres majestueux, dont les branches s'enroulaient comme des serpents autour de l'arche qui dominait l'ouvrage où couraient des inscriptions étranges –de l'elfique?-, le tout gravé dans la roche. À l'intérieur de cet ensemble, d'autres symboles luisaient doucement. Tout en haut, une couronne, ceinturée de sept étoiles rutilantes, casquait une enclume sur lequel reposait un marteau. Et, perdu dans les entrelacs des branches des deux arbres, une autre étoile, plus imposante et scintillante, semblait indiquer aux voyageurs égarés la voie à suivre, un peu comme l'étoile du Berger indiquait le Nord.
- Il est écrit: Les portes de Durin, Seigneur de la Moria. Parlez, ami, et entrez, leur traduisit Gandalf en pointant les épigraphes elfiques. Moi, Narvi, je les ai faites. Celebrimbor de Houssaye à gravé ses signes.
- Que signifie: Parlez, ami, et entrez? S'enquit Merry.
- C'est clair, dit Gimli. Si vous êtes un ami, donnez le mot de passe, les portes s'ouvriront, et vous pourrez entrer. Mais le souvenir du mot de passe ne s'est pas perpétué.
- Mais vous, ne savez vous pas le mot? Interrogea Boromir en s'adressant à Gandalf.
- Non.
Tous furent sidérés. Il les amenait ici, sans être capable de les faire entrer?
- Attendez… vous voulez dire qu'on s'est tapé tout ce chemin et qu'on poireaute au bord de ce foutu lac pour rien? ¡ Diga yo que es una broma!
- Je ne connais pas encore le mot, jeune Nauro, mais cela ne saurait tarder. Et ayez la délicatesse de parler une langue que nous soyons en mesure de comprendre.
Luana lui répondit en lui tirant la langue et s'en retourna sur sa pierre; ce n'était pas le moment de l'énerver, c'est pourquoi elle préférait rester à l'écart. Dans le fond, ça lui faisait du bien d'énerver le Mage Gris, qui visiblement prenait mal le fait de ne pas connaître l'espagnol. Mais quoiqu'il en soit, il devenait urgent qu'ils quittent cet endroit, et pas seulement pour ses pauvres nerfs.
Elle observa du coin de l'œil le Mage reculer d'un pas pour mieux faire face aux portes, poser son bâton tout contre l'étoile centrale, puis psalmodier dans une voix grondante et puissante –mais au combien différente du noir parler du Mordor. Et soudain… rien ne se passa.
Sous les regards désappointés de ses compagnons de voyage, il réitéra sa supplique, mais en inversant le sens des mots, et toujours rien ne se passa. Ce que fit brillamment remarquer Pippin.
- Autrefois je connaissais les incantations dans toutes les langues des Elfes, des Hommes et des Orques... répondit Gandalf d'un ton bourru, avec un regard en coin pour Luana.
Non, décidément, il n'appréciait vraiment pas qu'elle connaisse une langue dont lui ne savais même qu'elle existait.
- Alors qu'allez-vous faire? Demanda Pippin avec une touchante innocence.
- Cognez sur les portes avec votre tête Pérégrin Touque ! Et si cela ne les fracasse pas et qu'on me libère un peu de toutes vos questions idiotes, j'essaierais de trouver la formule d'ouverture!
¡Joder! Ça promettait d'être long!
Luana finit de défaire l'harnachement qui enserrait les flancs de Bill avec l'aide d'Aragorn et Sam. Le Hobbit était triste de le voir partir, mais cela valait mieux pour lui. Jamais il ne pourrait les accompagner dans les mines.
- Les mines ne sont pas faites pour les poneys, leur répéta Aragorn une énième fois, face à leur air attristé. Même pour ceux qui sont aussi courageux que Bill.
- Je sais, souffla la Nauro, peinée de voir cette brave bête les quitter.
Elle ne l'aurait avoué pour rien au monde, mais lorsqu'elle s'occupait du poney, elle lui confiait tous ses doutes et ses peines. C'était idiot, mais au moins elle savait que lui ne la jugerait pas, ne dirait rien, l'écouterait juste, et lui offrirait toute son affection pour lui remonter le moral. Avec une dernière caresse derrière l'oreille, elle lui fit ses adieux.
- T'inquiètes pas, dit-elle néanmoins à Sam, il saura retrouver son chemin. Hein mon vieux? On se donne rendez-vous à Fondcombe?
Puis ils regardèrent tous deux le poney s'éloigner lentement, rentrant à l'abri, ou tout du moins, ils l'espéraient.
Le regard de Luana, d'abord rivé sur lui, dériva brusquement sur le lac; pourquoi, elle n'en savait rien, mais instinctivement, elle avait sentit quelque chose remuer sous l'eau, silencieusement, imperceptiblement. Aux aguets, elle scruta avec une attention accrue la surface lisse et noire. Elle crut mourir de trouille lorsqu'un plouf sonore retentit et vint briser le miroir de l'eau. D'un bond, elle se retrouva aux côtés de Merry et Pippin qui, pris d'impatience, jeter des pierres pour passer le temps. Elle leur attrapa à chacun le bras, les faisant sursauter et lâcher leurs projectiles.
- Le prochain qui fait encore le cabron avec ces foutues pierre, je m'amuse à faire des ricochets avec, c'est clair? Gronda-t-elle d'une voix sourde.
Les deux pauvres Hobbits secouèrent lamentablement la tête, ne comprenant pas cette brusque agressivité de la part de leur amie, pas plus que les autres membres de la Communauté, qui la contemplait avec perplexité. Personne ne comprenait. Normal, personne ne semblait avoir conscience du danger qui les guettait, aussi bien à l'extérieur des mines qu'à l'intérieur. ¡Mierda!
Les relâchant, Luana alla de nouveau se poster à son poste de guet, sous le clair de lune, sur sa pierre.
Gandalf continuait de psalmodier dans un charabia incompréhensible, une bouillie de mots de plus en plus épaisse: et il disait qu'elle parlait une langue incompréhensible! Et encore, elle n'avait fait pour le moment que parler espagnol, car c'était un réflexe hérité de sa mère. Qu'aurait-il dit si elle avait en plus parlé anglais? Elle ne maitrisait pas aussi bien l'anglais que sa langue maternelle, mais elle se débrouillait assez pour pouvoir enquiquiner le Mage Gris, ça lui aurait permit de se défouler un peu et de défaire cette boule de nerf qui lui comprimait le cœur. De plus, elle connaissait de bonnes chansons anglaises. Automatiquement, ses yeux se posèrent sur ses compagnons: Boromir, Gimli, Legolas, les Hobbits, Aragorn, avant de se fixer sur Frodon. Et les paroles de "With a little help from my friend" lui vinrent à l'esprit:
What do I do when my love is away.
(Does it worry you to be alone)
How do I feel by the end of the day
(Are you sad because you're on your own)
No, I get by with a little help from my friends,
Ummm I get high with a little help from my friends,
Ummm Going to try with a little help from my friends
Do you need anybody?
I need somebody to love.
Could it be anybody?
I want somebody to love.
Sans s'en apercevoir, les mots effleurèrent ses lèvres, s'en sauvèrent, et volèrent librement vers les étoiles. Elle chantonnait faiblement, mais juste assez fort pour que les autres perçoivent le souffle léger qui perturbait le silence pesant de la nuit. Frodon s'approcha doucement, hésitant, car il ne savait quelle serait sa réaction, puis se décida résolument à s'assoir à ses côtés. Elle ne sursauta pas, sentant sa présence derrière elle avant même qu'il n'avance vers elle, mais elle se surprit à chanter. Perdue dans ses pensées, elle n'avait pas pris conscience que les mots qui se formaient dans son esprit étaient façonnaient par sa bouche.
- Quelle est cette langue? Demanda le Hobbit. Elle ne ressemble à aucune langue de ma connaissance, ni même à celle que tu parles d'ordinaire.
Elle le regarda un instant, avant de lui offrir un faible sourire, un sourire tendu certes, mais qui eu le don de détendre l'ambiance entre eux deux.
- C'est de l'anglais. Une autre langue de mon monde.
- Et qu'étais tu en train de chanter?
- "With a little help from my friend", des Beatles. "Avec un peu d'aide de mes amis", traduisit-elle face au regard interrogatif du Hobbit.
Tous deux se contemplèrent un instant, leur regard exprimant la profonde amitié qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre. Puis brusquement, les yeux de Frodon s'écarquillèrent, comme si une étincelle de lucidité et d'évidence venait de lui traverser l'esprit. Il se leva et s'approcha de Gandalf, qui avait laissé tomber et s'était assis sur les racines des houx.- Quel est le mot elfique pour ami? Demanda-t-il au mage.
Celui-ci se redressa et dit:
- Mellon.
Un grondement sourd et le raclement de la pierre accompagna le mouvement des portes, qui enfin s'ouvrirent toute grandes. Tous se levèrent avec satisfaction et s'apprêtèrent à entrer dans les mines.
-Luana? Appela Aragorn.
La Nauro était figée. Revenant à la réalité, elle jeta un dernier regard d'appréhension sur les portes de pierres, qui, grandes ouvertes, évoquer deux grosses lèvres bordant une bouche béante, bouche par laquelle elle ne voulait pas finir dévorée.
" La Nauro qui se jette dans la gueule du loup" ironisa-t-elle.
Puis, après avoir une dernière fois essayé de prendre contact avec Naurofána, elle suivit la troupe. De toute façon, avait-elle le choix? C'était ça où les rives du lac. L'un comme l'autre ne lui inspirait pas confiance.
- Bientôt maître Elfe, vous allez pouvoir apprécier l'hospitalité légendaire des Nains, déclara Gimli, qui n'avait visiblement pas digéré la réflexion de Legolas un peu plus tôt. Un bon feu, une bière brassée, une belle pièce de viande. Car ceci, mon ami, est la demeure de mon cousin Balin.
Luana écoutait attentivement le Nain afin de ne pas trop penser, mais très vite, son ouïe ne fut plus le sens sur lequel elle s'appuyait, car une puissante odeur vint lui chatouiller les narines. Une odeur à la fois douce et âcre, une odeur douçâtre et fétide, dont les relents de pourritures allumèrent en elle un signal d'alerte. Alors qu'elle se figeait dans une position d'attaque, un grondement sourd faisant vibrer sa gorge, Gandalf éclaira les alentours à l'aide de son bâton.
Les craintes qu'avait éveillées l'odeur dans son esprit étaient bien peu de choses en vue de ce qu'ils découvrirent. Devant eux, une myriade de squelettes de Nains , ravageaient par le temps et la bataille qui leurs couta la vie, grimaçaient des rictus d'agonie, certains transperçaient par des flèches, d'autres décapités ou empalés sur des haches et des épées.
- Ce n'est pas une mine, souffla Boromir, de plus en plus alarmé. C'est un tombeau!
- Non! Non! Noooooon!
Gimli, courant de corps en corps, hurla sa douleur. Legolas ramassa une flèche, l'examina et s'écria avec horreur:
- Des gobelins!
Tous dégainèrent leurs épées ou leur arc, aux aguets, prêts à se défendre. Luana montra les crocs, mais ne parvenait pas à plonger au fond d'elle jusqu'à la limite de l'inconscience. Naurofána la bloquait.
- Allons à la trouée du Rohan, dit Boromir d'une voix sourde. Nous n'aurions pas dut venir ici.
La Nauro ne savait pas ce qu'était exactement la trouée du Rohan, mais était pour une fois du même avis que le Gondorien. Les mines de la Moria ne lui inspiraient pas confiance à l'origine, mais Luana en avait appris assez sur les gobelins pour ne pas vouloir avoir à leur faire face!
" Il y a bien pire que les gobelins en cet endroit!" gronda Naurofána.
" Raison de plus pour ne pas traîner ici!"
Les Hobbits, paniqués, se dirigeaient déjà à reculons vers la sortie, tandis que Boromir les exhortait tous à le suivre. Luana gardait les yeux rivés droit devant elle, sur le massacre, ne pouvant sans détacher.
- Frodon, non! Cria Merry.
- Grands-Pas! appela à l'aide Sam.
Tous se retournèrent, et virent avec effroi un immense tentacule tout droit sortit de l'eau s'agripper à la cheville de Frodon. Les trois autres attaquaient cette chose immonde et gluante à coup de lame, tirant leur ami hors de l'eau.
" Voilà ce que je craignais!" songea la Nauro en voyant avec soulagement le bras visqueux lâcher prise, sectionné, et retourner dans la fange.
Mais une dizaine d'autres surgirent du lac et se jetèrent sur eux et emportèrent Frodon. Legolas décocha ses flèches, tentant de viser celui qui emprisonnait le porteur de l'anneau, tandis que Boromir et Aragorn les tranchèrent de leurs épées, et Gimli de sa hache.
'" Naurofána, j'ai besoin de toi!" hurla intérieurement Luana en se jetant à son tour dans la bataille.
" Ce soir, il y aura du poulpe au menu!" tonna la louve, tandis que toutes deux fusionnaient en une fraction de seconde.
Alors qu'une tête immense de pieuvre sortait de l'eau, ouvrant une gueule béante pourvue de dents poisseuses et immenses pour engloutir Frodon, un éclair blanc se jeta dessus.
- Je vais de toi des Takoyaki! Grogna-t-elle en plantant les griffes dans les chaires molles et flasques du monstre.
Trop occupé à se débarrasser de la louve, le poulpe ne vit pas Boromir s'approcher et trancher le tentacule qui retenait Frodon. Le Gondorien réceptionna le Hobbit juste à temps.
- Dans les mines! Cria Gandalf.
Tous remontèrent, tandis que Legolas les couvrait de ses flèches, et que Naurofána arrachait tous les membres du poulpe qui passait à portée de crocs. Puis, voyant que tous étaient enfin sortis de l'eau, elle sauta sur la berge et se précipita à leur suite, malgré le frein que tentait de mettre l'âme de Naurofána, hurlant à celle de Luana, liée à la sienne. Mais l'humaine ne l'écouta pas, et poussa leur corps dans la pénombre des mines. Ce ne fut que le fracas des portes de pierres, brisées par les tentacules, qui leur fit stopper leur course et se retourner. D'immenses bloc de roches chutèrent et obstruèrent le passage, les privant de toutes possibilités de faire demi-tour et de la lumière de la lune et des étoiles.
Seul le râle rauque et saccadés de leurs respirations difficiles perturbait le silence pesant et mortel des mines.
- Nous n'avons plus le choix désormais, déclara Gandalf d'un air sombre tout en rallumant son bâton. Il nous faut affronter les ténèbres de la Moria.
- Luana! S'exclama Legolas en se penchant sur la Nauro, complètement nue, dont les chaires luisant faiblement à la clarté de la lumière magiqueétaientparcourus de frissons incontrôlables.
Elle respirait avec difficultés, comme prise d'une crise d'asthme. Elle se sentait mal, oppressée, et surtout, elle ne sentait plus la présence de Naurofána!
L'Elfe ôta sa cape et la posa sur les épaules de la frêle silhouette, tandis que tous se rassemblés autour d'elle.
- Luana, est ce que ça va? s'enquit Aragorn, inquiet.
Elle détourna le regard, honteuse, avant d'avouer dans un soupir tremblant:
- J'ai une peur phobique du noir!
Tous sursautèrent. Peur du noir? Pourtant, cela faisait des semaines qu'ils marchaient de nuit sans qu'elle n'éprouve la moindre crainte. Le Mage Gris, dans sa grande sagesse, rapprocha la source de lumière d'elle, ce qui sembla l'apaiser un peu.
- Naurofána puise principalement sa force dans la lumière de la lune, et dans une moindre mesure, dans celle les astres en général. Ce n'est pas la nuit qui vous effraie, ni même le noir. Mais les ténèbres.
Alors, suis je pardonnée? ^^
