Salut tout le monde! (fait son retour avec ses grands sabots mine de rien...)

Avant que ne commence mon procès pour faute grave et abandon des lecteurs, je tiens à assurer ma défense. Voilà, bien que je ne vais pas vous sortir les habiteulles circonstances atténuantes (trp de boulot, ps assez de temps, manque d'inspiration...) je tiens à vous rappelez que si vous me jugez trop sévèrement, hé ben... vous connaitrez jamais la fin! NIARK NIRK NAIRK! Je tiens le juré en mon pouvoir!

Nan, plus sérieusement, je tiens à m'excuser pour cette très longue attente, et j'espère pouvoir me rattraper pour les chapitres à venir. De plus, je sais que c'est un court chapitre que je vous livre en pature et en dédomagement, mais pour une réison de style, et pour pouvoir vous le livrer plus vite, j'ai décidé de couper cepassage plus tôt que prévu... quoiqu'il en soit, j'espère que vous apprécierez, et que vous me pardonerez.

Bonne lecture à tous!

Réponse reviews:

Lalolyen d'Eryn Vorn: mais que crois-tu? C'est Legolas quoi! Il ne peux qu'être pafait! XD Effet Kiss kool pour une louve au froid pouvoir, j'avoue que ça fait classe MDR! Ha! ravie de voir que tu es de mon PDV! Pourquoi pour tout le monde quand on "oublie" involontairement de dire quelque chose, c'est mentir? ^^ J'avoue que moi aussi j'aimerai bien voir ce ue donne des yeux pareils... et encore, tu n'as pas lu la suite (et oui, il va y avoir une suite, et une évolution dans ses magnifiques yeux, mais chut, c'est un secret ;) ) Pour Eric... et bien il va falloir attendre un peu pour voir... mais je n'en dirais pas plus. Merci, j'aime beaucoup cette chanson, et je voulais à tout prix la placée quelque part, alors quand j'ai revisonné-relu ce passage, j'ai tout de suite fait un lien entre les deux et ai décidée de l'inscrustée à ce moment de l'histoire. =)

Roselia001: Alors j'espère que tu seras contente du retour de Luana-Naurofana! ^^ Hé! je veux bien que je suis légèrement mauvaise avec Luana, mais je n'allais quand même pas la privée de sa moitié à vie non plus (bon ok, elle se retrouve une nouvelle fois seule, mais j'y peut rien si les tébèbres et elles ça fait trois! XD) Nan c'est vrai? Tu me l'avais jamais dit que tu adorais Legolas! XD mais aussi, qui ne l'aime pas! Et oui tu te fais des films! (heu... je crois que je vais me emttre pas mal de personne à dos si je dis ça... -_-, ) bah quoi? ils ont pas le droit d'être de mauvais poil? après la pression qu'ils subissent, je pense qu'ils ont le droit de laisser parler leur mauvaise humeur. J'essaierais de remettre quelque phrases si... elle! ^^ dans la merde? mais non enfin! plutôt dans un p...n de m...r! XD

VegetaYouShoulveComeOver: heu... je suis pardonnée si je dis que j'ai déjà commencé le prochain chapitre? et qu'il y aura plein d'action dedans? é_è en tout cas merci, et j'espère que celui là te plaira aussi ^^

:là pas sure que je sois pardonnée -_-, bon bah je vais faire un effort pour écrire encore mieu et améliorer mon style! encoer merci pour es encouragements =)

emichlo: merci

sissi72-me : merci bien, et voici enfin la suite ^^

Eclipse1995 : et nan je suis toujours vivante! (heureusement core, même si je crois que certain(es) ont eu de sérieux doute quant à ma survie XD) et oui, ça avance lentement, mais surement, entre ces deux là, je sais que ça traine, mais je veux pas précipiter les choses, les histoires du genre coup de foudre c'est pas mon truc. Je préfère quand ça commence par un léger intérêt plus ou moins innocent,et que ça évolut selon un certain schémas (que vous découvrirez au fil de l'histoire ^^) whouah! Tu ne l'avais pas déjà relu? o_O fais gaffe, comment je vais faire pour continuer d'écrire si je suis arrêtée pour trafique d'histoire à effet addictive? XD

Akira-san: Quoi! si tard? Argh, je vasi culpabiliser d'empêcher les gens de dormir! Cette histoire est vraiment un danger pour la santé! XD T'inquiètes pas, même si j'ai du mal avec certains passages, je ne comptes pas abandonner cette histoire, Luana est l'un desmeilleurs personnages qu'il m'a été donné de créer, complet, avec un vrai caractère, une vraie histoire (que vous ne découvrirez pâs tout de suite) que je ne peux me résoudre à laisser son histoire inachevée ^^

Lalina15: heureuse que ça teplaise, et comme les volontés de mon lectorat se doivent d'être (autant que faire se peut) réailsées, voici la suite, bonne lecture! =)

SLASHAGOGO: c'est décidé, je passe cette histoire en rating M pour empêcher certaines person nes de se coucher à des heures paspossible! ^^ merci, ça me fait chaud au coeur de savoir que cette histoire plait tant, et plus encore de voir que Luana a sur conquérir vos coeurs. ne t'inquiète paspour les rviews, je n'écris pas que pour ça (même si ça me fait très plaisir de lire vos commentaires et que j'adore voir que j'ai une nouvelle review ^^)


Chapitre 23: In tenebris.

À la faible clarté qu'émettait le bâton de Gandalf, Luana avait la pâleur d'un cadavre, et la même réactivité. Flottant dans les vêtements trop grands pour elle que tous les membres de la communauté lui avait prêtés –elle venait de gâcher sa dernière tenue en se transformant en Naurofána-, elle semblait aussi squelettique que ridicule, mais peu lui importait.

Elle se laissait guider, sans un mot, sans un regard pour les ténèbres qui tentaient de l'engloutir. Elle restait collée aux autres membres de la communauté autant que possible, avec une certaine préférence, il fallait l'avouer, pour Gandalf et Legolas. Le mage pour son bâton qui éclairait leur voie, l'Elfe pour le semblant de clarté qui émanait de sa peau d'albâtre. Ni l'un ni l'autre n'était de bonne compagnie, silencieux et tendus comme ils l'étaient, sur leurs gardes, mais au moins la protégeaient-ils des ombres mieux que les Hobbits, le Nain, ou les Hommes… Elle avait d'elle l'image d'une gamine effrayée qui se cachait dans les jupes de sa mère ou derrière les jambes de son père, mais que pouvait-elle faire de plus? Si elle venait à se retrouver trop éloignée de l'une de ses deux sources de lumière, elle paniquait et étouffait dans la noirceur.

¡Mierda! Depuis combien de temps déjà marchaient-ils ainsi? Elle n'aurait sut le dire. L'escalier qu'ils suivaient s'enfonçait vers les profondeurs de la terre sur plusieurs centaines de mètres, ou plusieurs kilomètres peut être, elle n'aurait sut dire tant le temps et le chemin lui avaient semblé longs. Pour finir, le sol était redevenu à peu près droit, mais parsemé de crevasses et de gravats. Le chemin était délimité sur leur gauche par la paroi de la cavité, tandis que sur leur droite, s'ouvrait un gouffre profond, dans lequel échelles, corde et chaines pendaient lamentablement dans le vide. De temps à autres, un squelette de Nain leur offrait un rictus édenté et poussiéreux. À chaque fois, Luana pouvait entendre Gimli marmonner dans sa barbe des paroles aux consonances rocailleuses, une prière sans doute, destinées à ses frères tombés dans ces mines.

Le Nain s'était proposé pour assister Gandalf et les conduire à travers le dédale d'arches et de tunnels, où une multitude de puits sombres et sans fond attendaient quiconque aurait la malchance de ne pas les voir. Il était pourtant clair, au vue des rares fois où Luana prêtait attention à ce qui se disait entre les deux guides, que Gimli n'était guère d'une grande aide. Être Nain ne voulait pas dire connaître toutes les mines comme le fond de sa poche…

Hormis les brèves discussions entre lui et Gandalf quant au chemin à suivre, il n'y avait nul mot d'échangé. Les Hobbits eux-mêmes s'étaient tus. Tous gardaient le silence, concentrés sur le moindre bruit, le moindre déplacement dans l'air, les armes au poing, prêt à combattre, et cela, même durant les courts instants de répit qu'ils s'accordaient. Tous luttaient contre la fatigue grandissante qui pesait sur eux et se refusaient à s'arrêter, continuant inlassablement de marcher, afin de sortir aussi vite que possible de ce gouffre. La tension au sein du groupe n'en était que plus forte et oppressante.

Mais ce n'était pas cela qui rendait Luana aussi apathique. Bien plus que les ombres ou leur avancée lente et laborieuse, l'angoisse qui planait au-dessus d'eux, c'était un vide immense au fond d'elle. Comment avait-elle put, durant plusieurs jours, plusieurs semaines, se passer de la présence rassurante de Naurofána? Comment avait-elle put supporter ce néant? Comment avait-elle put se l'infliger? Non, ce n'était même pas un néant, ni même un vide… c'était un mur érigeait entre elle et la louve, une mer d'encre poisseuse et graisseuse qui menaçait de l'engluer chaque fois qu'elle tentait de plonger vers son inconscient. À chaque fois qu'elle fermait les yeux, cherchait à contacter Naurofána ne serait-ce que par la pensée, elle se sentait happée par des langues d'ombres qui s'enroulaient autour d'elle, prêtes à l'avaler .À chaque fois, elle parvenait à s'extirper des vagues furieuses, se retrouvant de nouveau dans l'obscurité de la Moria, chancelante, pantelante. Aussi finit-elle par abandonner l'idée, priant du fond du cœur de retrouver son autre moitié une fois les ténèbres dissipées. C'était comme se retrouver seule sur une ile déserte, au milieu de l'immensité. Seule… elle pensait que quoiqu'il se passerait une fois engloutie par les mines, la présence de ses compagnons chasserait ce sentiment de solitude… elle ne faisait que l'exacerber tant ils lui semblaient lointains et obscurs.

Même sa vue de loup semblait s'être estompée. Ses yeux étaient comme aveugles lorsqu'ils se détournaient trop de la lumière, elle ne parvenait plus à distinguer que vaguement le flux de magie qui découlait de Gandalf et Legolas, tandis que sa vision de prédateur se limitait à un camaïeu fané de rouge-orangé. Ses oreilles en revanches, vibraient au moindre son, au moindre froissement des étoffes de leurs vêtements, au moindre bruit de pas, au moindre souffle. Et plus elle tendait l'oreille, plus il lui semblait percevoir d'autres bruits, des bruits qui ne provenaient d'aucun d'entre eux. Elle en eu la quasi certitude lorsque Frodon, Legolas et elle se retournèrent d'un même mouvement, à l'affut. Aragorn, qui fermait la marche, leur jeta un regard interrogateur, avant de scruter à son tour les environs. Mais plus aucun son ne perturba le silence, si ce n'était ceux des autres membres de la communauté, qui avaient continué à avancer. le Rôdeur et l'Elfe reprirent leur marche, Aragorn posant une main réconfortante sur les épaules de la Nauro et du Hobbit, les encourageant à faire de même, laissant derrière eux le fruit de leur imagination troublées par la néfastes influence de la Moria. Cela n'empêcha pas Luana de frissonner en jetant un dernier coup d'œil par-dessus son épaule, émettant une légère plainte du fond de la gorge, pareil à un jappement, avant d'apercevoir le mouvement de Frodon, qui porta sa main à sa poitrine, et serra l'Anneau à travers le tissu de sa chemise, les traits tendus.

Se secouant, Luana chassa le voile qui embrumait son esprit, ouvrant un instant une brèche dans le mur de silence qu'elle avait érigé autour d'elle.

- J'ai toujours pensait que ce n'était pas sur des toiles ou des feuilles blanches que l'on devrait peindre, dessiner ou écrire, mais sur des toiles et des feuilles noires, commença-t-elle doucement, presque timidement, la voix fatiguée et enrouée de ne pas avoir parlé depuis plusieurs heures.

Le Hobbit tourna légèrement la tête vers elle, intrigué. Il était vrai que ce qu'elle disait n'avait pas beaucoup de sens à première vue.

- Plus je passe de temps dans ses mines, plus je persiste dans cette idée. Le noir et les ténèbres nous inspirent plus que la lumière et le blanc. Si tu savais toutes les choses que j'imagine depuis que nous avançons à l'aveuglette, tenta-t-elle de plaisanter, un sourire crispé sur le visage.

Frodon le lui rendit et acquiesça d'un petit mouvement de tête, sans mot dire. Ils continuèrent de marcher encore en silence quelques secondes, avant qu'il ne dise:

- Quoique tu puisses dire Luana, tu es une personne bien singulière.

Elle se crispa un peu; si elle n'était pas aussi perturbée et effrayée, ou s'il s'était agit de quelqu'un d'autre que de Frodon, elle lui aurait collé un coup de coude dans les côtes. Mais bon, il était vrai que philosopher en pareil circonstance pouvait paraître saugrenu.

- Merci, souffla-t-il.

Elle le dévisagea longuement. Pourquoi la remerciait-il donc? Mais elle n'eut nul besoin de le lui demander, car elle vit les doigts du Hobbit desserrer leur étreinte qu'ils exerçaient sur l'Anneau, tandis que sa main retombait doucement, avant de se glisser dans celle de la Nauro.

- Merci d'être à mes côtés malgré tout ce qui nous arrive.

- Si cela pouvait t'aider dans ta quête, je te suivrais en enfer même si l'on m'arrachait Naurofána.

Elle pressa doucement les doigts fins de Frodon entre les siens, comme si elle refusait de les lâcher. Oui, elle le suivrait, et non, elle ne le lâcherait pas. Même lorsque Legolas s'éloigna pour rejoindre Gandalf loin devant eux, elle ne le lâcha pas, malgré le malaise qu'elle éprouva. Mais Frodon dut le deviner, car il força l'allure, ignorant ses jambes fatiguées, et tout deux se hâtèrent de retrouver le groupe, qui avait fait halte.

Gandalf examinait la paroi qui longeait le chemin sur la gauche, approchant son bâton de fines veines argentées qui sillonnaient la pierre noire.

- La richesse de la Moria ne vient pas de l'or, ou des joyaux, ces jouets des Nains, ni dans le fer, leur serviteur, mais du mithril, dit il en se penchant sur le gouffre qui s'étendait à leurs pieds.

Son bâton brandit vers l'avant, la lumière qu'il diffusait se perdit tout d'abord dans la pénombre, avant que tout ne s'éclaire comme par magie d'une lueur argent. La mine tout entière se para de reflets et s'emplit de clarté, révélant un spectacle de richesse et de désolation. Frodon et Luana en contemplèrent l'étendu, tandis que du coin de l'œil, la Nauro vit tous leurs compagnons éblouis; Pippin se pencha un peu trop en avant, et Merry lui plaqua une main sur le torse en le ramenant légèrement en arrière, afin qu'il ne franchisse pas le pas fatidique et ne tombe en avant.

- Qu'est ce que le mithril? Questionna-t-elle naïvement, son angoisse quelque peu effacée par cette lueur qui lui rappelait celle de la lune.

- Le vrai-argent fut l'origine de la richesse des Nains, lui expliqua le mage d'un ton presque énigmatique, mais ce que ces derniers ne disent pas, c'est qu'il fut aussi leur désolation. Ils creusèrent trop avidement et trop profondément.

- Mais pourquoi? Qu'a-t-il de si particulier? Insista-t-elle.

- Sa valeur vaut deux fois celle de l'or, car il n'en reste que peu en surface. Les Nains savaient en faire un métal léger et pourtant plus dur que le diamant, tandis que les Elfes en faisaient de l'ithildrin. Il est aussi maniable que le cuivre et son éclat est aussi pur que celui de l'argent. Bilbon possédait une côte de maille en mithril que Thorin lui avait offerte.

- Ho, ça c'était un cadeau royal! S'exclama Gimli, sous le charme.

- Oui, confirma Gandalf. Je ne lui ai jamais dit, mais sa valeur était plus importante que celle de la Comté entière!

Luana sentit Frodon se tendre légèrement. Mais avant qu'elle ne puisse l'interroger, tous reprirent leur marche.

Ils continuèrent à avancer encore une heure environ. Bien qu'ils aient délié leurs mains, Luana et Frodon ne s'étaient pas quittés, et restaient collés l'un à l'autre. Ils durent grimper un nouvel escalier, si l'on pouvait appeler ainsi les marches défoncées et en morceaux qu'ils escaladèrent. Les Hobbits trébuchèrent à de nombreuses reprises. Luana, ne pouvant plus compter sur ses capacités de louve, eut bien du mal à assurer sa montée tout en les rattrapant sans cesse. La fatigue était telle à présent que même en terrain droit et sans encombre, les semi-hommes n'auraient plus sut tenir sur leur jambes sans chanceler, alors dans ce follòn, cela devenait presque les douze travaux d'Hercule pour eux. Par ailleurs, même les "grandes-gens", comme ils se plaisaient à les appeler, commençaient à peiner.

Gandalf, toujours en tête, atteignit en premier le pallier qui marquait la fin de l'escalier écroulé. Quant enfin Luana et le reste de la communauté l'y rejoignit, tous purent l'entendre souffler, hésitant:

- Je n'ai aucun souvenir de cet endroit…

Devant lui, une arche taillée dans la roche s'ouvrait sur trois passages différents. De là où elle se trouvait, Luana pouvait voir que les trois chemins qui s'offraient à eux menaient tous dans la même direction. La seule différence entre eux était que celui de gauche montait, celui de droite descendait, et le dernier, celui du milieu, se poursuivait à ce niveau, tout droit.

-N'ayez aucune crainte, leur dit Aragorn. Je l'ai accompagné dans maints voyages. Il ne s'égarera pas. S'il existe un chemin à trouver, il le trouvera.

Tous se jetèrent des regards interrogatifs, ne sachant quoi faire, quoi dire. La Nauro, dans un élan de sagesse ou de lassitude, elle n'aurait sut le dire, sut en revanche ce qu'elle devait faire: ne rien dire et retenir une de ses sempiternelles jérémiades, accompagnée d'une petite citation espagnole, pour ne pas perturber le mage. Celui-ci fouillait du regard la pierre, l'éclairant de son bâton, le promenant sur toute la surface et toutes les aspérités, à la recherche d'un signe, d'une gravure, ou d'un quelconque indice sur la voie à prendre. Finalement, au bout de recherches infructueuses, il se retourna vers eux, l'air las et désolé:

- Je suis trop fatigué pour décider. Et je pense que vous l'êtes tous autant, ou davantage. Mieux vaut s'arrêter ici pour ce qui reste de la nuit. Vous savez ce que je veux dire! Ici, il fait toujours noir, mais au-dehors la lune gagne l'ouest et la minuit est passée.

Tous prenaient quelque repos bien mérité. Pour autant, nul n'osait se coucher et s'endormir, se refusant à quitter des yeux la faible lueur du foyer qu'ils avaient allumé dans le but de se réchauffer un peu, et de se rassurer. Tous les grandes-gens tiraient des bouffées odorantes de leurs longues et fines pipes, recrachant des nuages évanescents. Les Hobbits quant à eux, s'étaient agglutinés les uns aux autres, chuchotant, parlant tout bas, de choses et d'autres, tâchant de ne pas penser aux ténèbres et à ce qu'elles pourraient dissimuler. Luana les écoutaient distraitement, adossée à un bloc de pierre fracassé, le dos rond, les jambes ramenées contre sa poitrine, les bras autour des genoux. Elle regrettait de ne pas avoir écoutait Naurofána, et aurait tout donné pour être ailleurs qu'ici… mais qu'aurait-elle put faire d'autre que de suive le groupe?

Secouant la tête, elle se gifla mentalement. Pas le moment de se tourmenter et de repartir dans ses sempiternelles interrogations. Elle croisa le regard à la fois fatigué et amusé d'Aragorn. L'avait-il vu se morigéner en silence? Elle haussa les épaules et lui rendit son sourire faiblement, penchant légèrement la tête sur le côté, l'air de dire "que veux-tu? Je suis comme ça, on peut pas me changer".

De petits bruits infimes de chute de gravillons résonna derrière elle, mais elle les ignora, résolue à ne plus sursauter au moindre son et de ne plus se faire de films sur les monstres potentiellement prêts à leur sauter dessus et les égorger.

Frodon, assis à ses côtés, les entendit lui aussi, car il se retourna pour jeter un coup d'œil plus bas. Tout à coup, il se remit debout, sur le qui-vive. Alarmée, Luana l'imita et vint se placer au bord du gouffre; dans le jeu d'ombres et de lumière des flammes, elle ne discerna rien au début, puis un infime mouvement sur la droite, un peu plus bas, révéla quelque chose, une sorte de créature à la peau grisâtre, au dos courbé, qui se déplaçait à quatre pattes. Elle sentit le Hobbit se reculer, puis partir rejoindre Gandalf devant l'arche. Elle l'entendit murmurer et discuter avec le mage, mais ne parvint pas à saisir le sens de leur discussion. L'envie de se joindre à eux était forte, mais plus forte encore était l'appréhension de ce qui se mouvait sous eux, tant et si bien qu'elle ne parvint pas à en détacher le regard. Elle perçut soudain deux points lumineux opalescents, telle des feux follets, braqués sur elle. Elle eut un mouvement de recul, tandis qu'un grondement sourd vibrait dans sa gorge.

- Gollum.

Luana sursauta, pour découvrir juste à côté d'elle, penché sur le vide, Legolas. L'Elfe semblait suivre des yeux la chose, une expression partagée entre pitié et dégoût. Il se redressa et plongea son regard dans celui de la Nauro.

- Il n'y a nulle inquiétude à avoir, soyez rassurée, lui souffla-t-il. Cette créature est trop effrayée pour oser s'approcher tant que nous serons éveillés.

- Qu'est ce que c'est? Demanda-t-elle.

- Gollum, répéta Aragorn, venant les rejoindre. Il est vrai qu'il ne nous attaquera pas tant que nous serons debout, mais une fois que nous serons endormis, sa fourberie n'aura pas de limite. Je l'ai pourchassé suffisamment longtemps pour savoir de quoi il est capable, ajouta-t-il avec un sombre sourire. Je le croyais sous la surveillance des Elfes de la Forêt Noire.

- Hélas, il s'est échappé, souffla le prince de Mirkwood, directement visé.

- Échappé?

- Oui, et cela grâce à l'intervention des orques. Et à un excès de bonté de notre part.

Luana ne prêta pas attention à la suite des explications de l'Elfe. Ce qu'elle en avait appris suffisait éveiller en elle assez de méfiance pour qu'elle refuse de détourner son attention de … qu'était ce réellement que ce Gollum? Le peu qu'elle en avait vu ne lui rappelait rien des races qu'elle avait étudiait à Fondcombe.

-De quelle créature s'agit-il? De quelle race est-il issue?

- C'était autrefois un Hobbit, répondit le Rôdeur. Il doit cet aspect à une vie solitaire et misérable, passée dans les ténèbres, et surtout à sa dépendance à l'Anneau.

Luana se tourna vivement vers lui.

- Vous voulez dire… que lui aussi s'est retrouvé en possession de l'Anneau?

Aragorn acquiesça doucement en silence, comprenant ses craintes soudaines: lui aussi était un Hobbit, et lui aussi avait été exposé au fléau d'Isildur. Tout comme Frodon. Se pouvait-il que… que leur ami subisse la même transformation au fil du temps? Non! Luana ne laisserait pas cela arriver, et puis, Frodon était entouré d'amis, il n'était pas seul. Non! Ils détruiraient l'Anneau, et Frodon redeviendra le Hobbit qu'il était avant de croisé la route de cette malédiction ambulante!

- Venez Luana, l'invita Legolas, il vous faut vous reposer. La route est encore longue, contrairement à notre halte qui risque forte d'être brève.

Luana le regarda un instant, sans pour autant oser le suivre, la peur de dormir devenue plus forte maintenant que la menace de Gollum s'était ajoutée à toutes les autres qui planaient déjà au-dessus d'eux.

- Ne craignez rien, je veillerais sur votre sommeil.

Luana crut avoir mal comprit, et ne put s'empêcher de dévisager l'Elfe. Venait-il de dire… qu'il veillerait sur son sommeil? Cela voulait peut être tout simplement dire qu'il prendrait le premier tour de garde, mais dans ce cas là, il l'aurait dit plus clairement non? Et puis, pourquoi se faisait-elle ce genre de réflexion?

"¡Mierda! Arrêtes de te faire des films, ma pauvre vieille!" Elle s'attendit presque à entendre un ricanement grondant monter des tréfonds de son inconscience, avant de se rappeler qu'un océan de ténèbres déchainé la séparait de Naurofána.

- Non Legolas, allez vous aussi prendre du repos. Je ne puis fermer l'œil, je peux donc faire le guet, et réfléchir sur la voie à prendre.

Legolas le remercia, avant d'aller s'installer pour le restant de la nuit. Tous l'imitèrent, sauf Frodon qui resta un peu discuter avec le mage

Luana se rapprocha de Merry, Pippin et Sam, qui s'emmitouflaient dans leurs capes de voyages.

- Attendez, j'ai une idée pour avoir un peu de confort.

Elle alla dans un coin, étala sur le sol une des maigres couvertures qu'ils avaient put conserver avec eux, installa les sacs de telle sorte qu'ils puissent leurs servir d'oreillers, puis plaça les Hobbits: Sam, qui avait la meilleure cape, tout au bout, contre le mur, de façon à ce qu'il ne se retrouve pas avec un courant d'air dans le dos, puis vinrent ensuite Merry et Pippin. Elle posa ensuite sur eux une seconde couverture, la plus épaisse qu'elle trouva, et se glissa à son tour dans ce lit de fortune, se collant autant que possible au corps tièdes des semi-hommes.

- Bonne nuit, souffla Pippin, qui s'était callé contre elle du mieux possible, afin de profiter de sa chaleur, comme un enfant le ferait avec sa mère.

- Bonne nuit, répondit-elle en cœur avec le reste de la communauté.

Mais elle savait qu'elle ne passerait pas une bonne nuit. L'impression de suffoquer refaisait surface. Non, elle ne pourrait pas s'endormir facilement.

Cela faisait déjà un long moment que le doux ronflement des Hobbits lui parvenait, accompagné de celui, plus tonitruant, de Gimli, de la respiration mélodieuse de Legolas, et du souffle plus rauque de Boromir et Aragorn. Ce fond sonore formait une mélodie sur laquelle chantaient les chuchotements de Gandalf et Frodon. Luana les écoutait distraitement, se demandant vaguement si elle parviendrait à se glisser dans les bras de Morphée. De plus en plus, la réponse lui paraissait être non.

- Frodon, ne restez pas ainsi à veiller aux côtés d'un vieil homme. Allez vous coucher, vous en avez besoin, entendit-elle Gandalf.

Le Hobbit protesta faiblement, mais la fatigue se percevait dans sa voix. Luana fini par percevoir le crissement de ses pas dans la poussière et les graviers. Avant qu'il ne soit arrivé à leur niveau, elle s'était déjà extirpée du cocon de chaleur qu'elle et les autres s'étaient confectionné, et l'y invita. Frodon lui adressa un fin sourire, s'y glissa, et se pressa contre le dos de Pippin, tâchant de ne pas le réveiller.

"Il pourrait y avoir tout un bataillon d'orques nous chargeant qu'il ne se réveillerait pas" songea Luana, retrouvant sa place sous la couverture, et enserrant Frodon d'un bras protecteur.