Comme promis, j'ai publié le nouveau chapitre aussi vite que possible (en espéreant me rattraper un peu^^). J'espère qu'il vous plaira, car personellement,j'ai prit beaucoup de plaisir à l'écrire (et ne soyez pas trop sévère avec mon petit trip poétique svp -_-' )

reviews:

Ewynona: whaou! voir que cette fic plaise autant me fait énormément plaisir, et j'espère que tu aimeras tout autant, si ce n'est plus, la suite. Il est vrai que Naurofana est atttachante à sa façon, mais dire que je préfère l'une ou l'autre m'est difficil, puisque je les considère comme une seule et meêm entité en quelque sorte... Gollum/Sméagol... hum, je suis agréablement surprise par la comparaison, mais pas sure que Luana/ Naurofana apprécient... lol. merci, tus tes compliments me touchent et me poussent à améliorer encore mon style d'écriture, et merci beaucoup pour ta patience et ta persévérence, que je tâcherais deménager ^^.

SLASHAGOGO : et oui désolée, il n'y a pas beaucoup d'action dans ce chapitre, j'ai essayé de faire mieu dans celui-ci (mouhahahahaha!... hein quoi?.. ho merde, je me suis fais grillée...! ^^, ) J'essaie de faire ensorte que le lecteurs puissent cerner au meiu la personnalité de Luana et ses doutes, d'une certaine manière, ça aide à appréhender et mieux comprendre certains évènements qui auront lieux par la suite (mais chut, j'en dis pas plus ;) ) oui, je tiens beaucoup à la relation qui se tisse entre les deux, d'une certaine façon, elle retranscrit avec Frodon le comportement très protecteur qu'Eric avait avec elle, et Frodon le lui rend bien. et puis, je n'iae pas savoir que ce petit bout d'homme ai à porter un tel fardeau sans être sûr de truver un appui sûr.

Lalina15 : abracadabra, et voici pour toi, le nouveau chapitre! tadaaaa! =D Pour ce qui est de la mort de gandalf et bien... je te laisse lire la suite ^^

Roselia001: et oui, désolée pour cette ongue absence. J'espère que tu pourras me pardonner en publaint autant que possible pendant les vacances... Aleluya! quelqu'un qui comprend mon trip philosophique! Je me sens oins con à présent! (merci mille fois! ;) ) La grande séparation... je dois avouer que j'hésite encore pour ce passage, et donc pour toute la suite du texte... quoiqu'il ensoit, j'ai des idées pour les deux hypothèses donc ça ne devrait pas être trop dur à émerger =). Bizarre moi aussi j'ai cette impression, mais je ne vois vraiment pas pourquoi ce pauvre frodon serait visé! ;) tu l'as déjà dis, mais ça me fait toujours autant plaisir de le lire, alors n'hésite pas à radoter si l'envie t'en prend! ^^ oui tu es méchante avec les elfes de la fore^t noire! je ne sais ps si tu as lu les bouquins, mais l'expliquation de l'évasion de gollum à en réalité lieu lors du conseil d'elrond, et lorsque l'on sait ça, je trouve qu'ils sont plutot sympas comme gardiens de prison, et qu'ils en ont assez bavé pour qu'on ne les blame pas! Ha ça je ne sais pas, peut être bien que oui, peut être bien que non? qui pourrait le dire, si ce n'est ce cher Legolas? =) heu... avoir pitié de Luana n'est pas une bonne idée si elle s'en rend compte, alors il vaudrait meiu qu'il évite s'il ne veut pas que l'on ait pitié de lui mdr! je trouvais ce passage intéressant pourt deux raison, lapremière tu l'as déjà dite, la seconde... lis et tu comprendras! ^^

Chapitre 24: Requiem

Je ne suis qu'une ombre,

Une ombre vagabonde,

Qui, aussi légère qu'une onde,

Effleure les songes.

Je ne suis qu'une vision,

Mirage ou hallucination,

Peu importe la distinction,

Pour une simple illusion.

Je ne suis qu'un mensonge

Fruit de ta déraison,

Le gardien de ta prison,

Le chagrin qui te ronge.

Je ne suis qu'un pardon,

Celui de ta trahison,

Clé de ta guérison,

Laissée à l'abandon.

Je ne suis qu'un souvenir errant

Dans un monde de néant,

Qu'un océan larmoyant,

Au fond de ton inconscient.


- Luana?

Luana, se sentant doucement secouée, émergea tant bien que mal des voiles du sommeil. Ses paupières lui parurent incroyablement, ses yeux gonflés. Lorsqu'elle parvint enfin à les ouvrir, elle se trouva face à face avec Frodon qui, toujours allongé et entouré de ses bras, la fixait d'un regard inquiet.

- Luana, que t'arrive-t-il?

La Nauro le dévisagea. Comment ça, que "lui arrivait-il"?

- Pourquoi pleures-tu? Demanda-t-il, lui effleurant la joue du bout des doigts.

Des perles cristallines perlèrent sur la peau du Hobbit, glissant vers ses ongles noirs et rongés, avant de dégringoler et se perdre dans les couvertures. Luana, surprise, les contempla un long moment, puis se redressa sur un coude, toucha son visage d'une main tremblante, et la retira humide, souillée par les larmes qui s'écoulaient de ses yeux douloureux. Que lui arrivait-il? Pourquoi pleurait-elle? Pour un rêve, un songe évanouit, emporté par le flot du sommeil qui s'était retiré, un cauchemar dont elle ne se souvenait de rien. Son cœur était écrasé par un lourd chagrin. Elle pleurait un être cher, un proche. Un sentiment de culpabilité immense et pervers lui brouillait l'esprit. Mais pourquoi?

Tandis qu'elle écrasait les larmes entre ses doigts, les regardant mourir froidement, elle en sentit d'autre lui échapper et couler le long de ses joues: ce sentiment, elle l'avait déjà connu, elle l'avait déjà éprouvé, des années plus tôt, dans son monde. Juste que ses parents ne… Elle referma les yeux, et scella ses paupières aussi fort qu'elle le put, tentant de chasser ce funeste pressentiment. Qui? Qui serait-ce cette fois? Non, elle se trompait, tout irait bien, elle se faisait des idées. Elle était simplement fatiguée, l'absence de Naurofána au fond d'elle pesait sur son morale. Sans doute n'était ce que ses nerfs qui commençaient à lâcher tout ce qu'ils enduraient. Elle ne devait pas se laisser contrôler par cet élan d'abattement, se ressaisir. Ignorer ce malaise, ce dégoût de soit qui commençait à grandir en elle.

Les quatre Hobbits s'étaient réveillés et l'observaient à présents, soucieux, mais n'osant parler. Incertaine elle leur sourit, mine de rien.

- C'est rien, j'ai dut bailler un peu trop fort, tenta-t-elle de plaisanter.

- Tu pleure en baillant? S'étonna Merry, loin d'être dupe.

- Je n'ose pas imaginer le torrent que ce doit être lorsque tu pleure pour de bon, répliqua Pippin, qui lui n'avait vu que du feu.

Sam, Frodon et Merry le fixèrent d'un air déconcertés, toujours aussi décontenancés face à la crédulité de leur cadet. Luana quant à elle en profita pour se détourner et s'essuyer les yeux. Malencontreusement, elle tomba presque nez à nez avec Boromir. L'homme s'était accroupi prêt d'eux et la regardait avec insistance. Luana se prépara à devoir supporter une remarque cinglante, mais au lieu de cela, il leur dit simplement:

- Levez-vous, il est temps de reprendre la route.

- Gandalf a-t-il trouvé? Demanda-t-elle tandis que tous se levaient et rassemblaient leurs affaires

- Oui, jeune Nauro, nous prendrons la voie de droite.

- Cela vous est enfin revenu?

- Pas du tout, mais je n'aime pas l'idée de la voie du milieu, et je n'aime pas l'odeur de la voie de gauche. Dans le doute Meriadoc, toujours suivre son flaire.

Luana soupira; elle aurait bien aimé pouvoir compter sur le flaire de Naurofána en cet instant, et son pouvoir réconfortant, pour ne plus avoir à supporter cette culpabilité étouffante.

-Il est temps de recommencer à grimper déclara le mage en se remettant en marche.

Elle regarda s'engager les semis-hommes dans le sombre escalier de pierre et allait les suivre lorsqu'un souffle chaud lui caressa la joue.

- Quelque soit la peine qui t'accable, lui souffla Aragorn à l'oreille, souviens toi que tu n'es pas seule. Souffrir en silence n'est pas une solution.

Le Rôdeur lui offrit un doux sourire. Luana le lui rendit, mais garda son chagrin pour elle. Cette sombre inquiétude qui la rongeait n'avait nul fondement, donc nul raison d'être partagée.

- Je vais bien, ne vous en faites pas. C'est juste la fatigue.

Il savait qu'il n'en était rien mais n'insista pas. Il lui pressa doucement l'épaule, et l'invita d'un mouvement de tête à suivre le reste de la troupe, qui emportait avec eux la seule source de lumière à des lieux à la ronde. Luana se précipita à leur suite, la peur de se retrouver dans l'ombre ressurgissant.


Ils s'enfoncèrent encore longuement dans les entrailles de la montagne, montant toujours plus haut. L'escalier qu'ils suivaient semblait sans fin, présentant toujours les mêmes gravats, les mêmes squelettes poussiéreux et grimaçants, serpentant sans cesse. La Communauté n'eut à souffrir nul à l'attaque, si ce n'est celle des ombres et du silence oppressant. Malgré l'ascension harassante, leur marche leur parut plus aisée, le chemin devenant plus praticable au fur et à mesure de leur progression, tant et si bien qu'ils avancèrent bien plus qu'ils ne l'avaient fait la veille.

Puis enfin, le sol revenait à la vertical et redevenait droit, les murs étroits de l'escalier moururent, et ils débouchèrent sur une salle immense. Si grande, que la lueur du bâton de Gandalf ne parvenait à éclairer ni mur ni plafond.

- Risquons-nous à faire un peu de lumière, dit le mage.

La lueur devint plus vive, découvrant à leurs yeux aveugles une vaste cave, dont la voute était soutenue par une imposante armée de colonnes majestueusement taillées dans la pierre.

- Ho! S'extasia Gimli. Le grand Royaume et la cité de Cavenain!

- Pour sur que c'est artistique, y a pas d'erreur, murmura Sam, subjugué.

- ¡Joder!

Luana ne put dire que cela, tant elle était époustouflée. Jamais elle n'avait vu quelque chose d'aussi incroyable! Comment le peuple des Nains avait-il fait pour bâtir ce chef-d'œuvre?

Mais elle n'eut pas le temps de se laisser ébahir, que déjà la lumière déclinait à nouveau, les replongeant dans une mer de noirceur. Il fut décidé qu'ils feraient une courte halte aux portes de la salle, afin de récupérer un peu de leur longue ascension. Luana et les Hobbits se laissèrent tomber sur le sol, ou tous se serrèrent les uns contre les autres pour échapper tant bien que mal au harcèlement des ombres.

- Ne vous avais-je pas dit que tout le savoir des Nains se trouvait ici, dans ces murs?

Elle se tourna vers Gimli qui s'installait à ses côtés, tout fier de lui faire découvrir la grandeur de son peuple.

- C'est fantastique, souffla-t-elle. Dommage que ce soit si sombre.

- Jadis ce n'était pas sombre mais empli de lumière et de splendeur, comme le célèbre encore nos chansons.

Brusquement, Gimli se mit à chanter de sa voix rocailleuse une ballade de son peuple, clamant haut et fort la beauté de la cité minière et la grandeur du peuple qui l'avait habitée et façonnée telle qu'elle était désormais. Luana l'écouta, se concentrant sur les paroles qu'elle trouvé fort belles, à la fois surprise et ravie de voir que même es Nains pouvaient être poètes et faire preuve de lyrisme. Cela lui faisait temporairement oublier ses tracas et ses craintes.

Lorsqu'il eu finit, elle l'applaudit doucement, de peur que l'écho ne se répercute violement entre les colonnes, même si la voix du Nain avait paru tonitruante quelques instants plus tôt.

- J'aime ça! dis Sam, qui les avait rejoint et avait profité pleinement du chant. J'aimerai l'apprendre. En la Moria à Khazad Dûm.

Visiblement satisfait de sa prestation et plongé dans sa rêverie, Gimli ne dit mot, les gratifiant simplement d'un sourire, ce qui se traduisit par un relèvement de sa barbe broussailleuse.

- Comment est votre monde? Demanda soudain Legolas, qu'elle n'avait pas entendu arriver derrière eux.

Luana se tourna vers lui, ne sachant trop si la question s'adressait à elle.

" Bien sûr que c'est à toi, ¡Estupida! Y en a beaucoup ici qui viennent d'un autre monde?"

- Ho oui, parles nous de ton monde! S'exclama Pippin.

- Il est vrai que tu ne nous as jamais parlé de chez toi, insista Merry. Tu connais tout de la Comté grâce à nos récits, tu a vu Fondcombe, et en cet instant tu visite une mine des Nains.

- Et quand nous étions à Bree, tu semblais perdue, alors que c'est une ville d'Hommes, ajouta Frodon. Ton monde est-il si différent?

- Et bien… commença-t-elle, ne sachant trop par où commencer.

- Je dois avouer être moi aussi intrigué, déclara Aragorn, un léger sourire sur les lèvres.

- Vous vous êtes passé le mot ou quoi? Fit-elle mine de s'offusquer, décidant de jouer le jeu si cela pouvait leur faire oublier un moment leurs angoisses.

Le Rôdeur rit doucement, avant de reprendre son sérieux et de la regarder droit dans les yeux.

- Lorsque vous êtes entrés dans l'auberge du Poney Fringant, ta présence semblait si incongrue, non seulement à cause de tes vêtements, mais surtout par ta façon de t'exprimer, de te comporter. J'ai bien crut un instant que tu étais une envoyée de Sauron, chargée de suivre les Hobbits jusqu'à l'arrivée des Nazgûls.

- Quoi? Nan mais ça va pas la tête? Eres loco! S'écria Luana, choquée.

Tous rirent faiblement face à sa réaction –sauf Boromir, qui semblait complètement indifférent à la conversation. Aragorn leva les mains en l'air en signe d'apaisement, bien que dans ses yeux brillaient une infime étincelle de malice.

- Mais il fut vite évident que je me trompais, vu le peu d'effort dont tu faisais preuve pour passer inaperçu, crut-il bon de préciser d'un ton légèrement moqueur.

- Vous voulez parler de la fois où Fougeron l'a collé d'un peu trop près? Se renseigna Pippin, hilare à ce souvenir.

Le Rôdeur acquiesça en silence, secrètement ravi de la correction que lui avait infligé la jeune fille.

- Il l'avait mérité! Se justifia cette dernière. Il n'avait qu'à pas me mettre la main aux fesses!

Legolas eu soudain l'air outragé –était ce parce que la courtoisie de Elfes ne tolérait pas ce genre de comportement de la part d'un homme envers une "dame"?-, tandis que Gimli ricanait dans sa barbe.

- Je n'ose imaginer d'ans quel pauvre état vous avez laissé derrière vous ce scélérat de Fougeron, dit Gandalf, tout aussi amusé que le Nain.

- Quant à ta réaction quant à la première fois où j'ai évoqué les Elfes, reprit Aragorn, il y avait matière à être perplexe.

Luana lui lança soudain un regard implorant, priant le ciel pour qu'il n'en dise pas plus. Si Legolas savait qu'elle les avait traité de "mecs aux oreilles pointues qui se prennent pour des lutins des bois", elle était persuadée qu'il lui en voudrait à mort. Et elle ne pourrait pas l'en blâmer vu tout ce qu'elle avait put lui balancer sur le dos. Au lieu de cela, l'Elfe se tourna vers elle, intrigué.

- N'y a-t-il point d'Elfes là d'où vous venez?

La Nauro soupira discrètement de soulagement.

- Non. Enfin si… finit-elle par répondre après un instant de réflexion quant à savoir ce qu'elle pourrait leur révéler. Là d'où je viens, les Elfes existent, mais seulement dans les livres fantastiques ou dans les jeux.

- Un monde sans Elfe, comme ce doit être reposant! Nargua Gimli, qui eu droit à un regard méprisant de Legolas.

Luana n'eut pas ce courage ni cette force, épuisée, mais un fin sourire lui effleura les lèvres.

- Il n'y a pas non plus beaucoup de Nains, fit-elle, narquoise, avant de prendre une expression grave. Chez moi, les nains sont des gens souffrant d'une maladie qu'ils ont depuis la naissance, et qui les empêche de grandir. Des humains de taille normale peuvent avoir un enfant Nain, et inversement.

Gimli parut anéantit par cette révélation, presque prit de pitié pour ces malheureux.

- Lors de notre rencontre, se remémora soudain Frodon, tu semblais surprise de notre apparence. Les Hobbits n'existeraient-ils pas dans ton monde?

- Ne me dit pas qu'il n'y a que des Grandes-Gens, souffla Merry, atterré.

- Et pourtant si, répondit-elle en haussant les épaules. C'est dommage, je suis sure que mon monde gagnerait à avoir des petits gars comme.

Elle les engloba tous les quatre d'un regard empli d'amitié et d'affection.

- Il gagnerait aussi à avoir des Elfes, ajouta-telle à l'attention de Legolas. Peut être y aurait il plus de forêts et d'arbres, et peut être seraient-ils mieux protégés.

- Il n'y a pas de forêt chez toi?

- Si, mais elles sont tristes et pour la plupart artificielles. Dans mon monde, les hommes ont maitrisé quasiment tous les environnements et se sont installés partout, ils y ont construit des villes immenses, avec des tours qui touchent le ciel. Il y a des routes partout, sur lesquelles passent des milliers de personnes chaque jour.

Elle ne savait pas quoi dire de plus de son monde, ça n'en valait pas la peine. Son monde… de moins en moins, elle le considérait comme étant chez elle. Bien qu'elle n'en connaisse presque rien, elle avait la sensation que la Terre du Milieu était son foyer depuis des millénaires, qu'elle y avait sa place. S'il n'y avait pas eu Éric, Samantha, son crew… elle n'aurait sans doute pas recherché à retourner dans ce monde qui ne lui manquait pas, qui la dégoutait même, maintenant qu'elle y songeait. Le sentiment de culpabilité la saisit à nouveau, plus violemment encore, lui donnant la nausée.

- Une fois sortis de ces mines, nous seront à proximité des bois de la Lothlórien, intervint Legolas. C'est la plus belle résidence de mon peuple. Les feuilles des arbres qui la composent ne tombent pas lors de la froide saison, mais ce muent en or de l'automne au printemps, où enfin elles chutent, laissant place à des fleurs jaunes sur les branches. Le sol et la voûte de la forêt ne sont alors qu'or, tandis que les piliers des troncs sont d'argents. C'est ce que célèbrent encore nos chants de la Forêt cœur se serrerait de joie si je me trouvais sous la ramure de ce bois. Accepteriez-vous de m'y accompagner si nous avions la possibilité d'y faire un détour? Lui demanda-t-il, ses yeux brillant de la vision qu'il se faisait de ce paysage.

Luana lui fut reconnaissante de la tirer de ses obscures pensées.

- Ho oui! Avec plaisir!

L'Elfe lui offrit un sourire, un vrai, resplendissant tel un soleil dans la nuit éternelle de la Moria.

- Il nous faut reprendre notre chemin, déclara Gandalf en se relevant.

Mais avant qu'ils ne repartent, il leur donna à tous une gorgée de miruvor dont il transportait une petite gourde.

- Nous n'en auront plus pour très longtemps, et je crains fort que l'on n'ai besoin du peu qu'il nous en reste pour sortir de ces mines. Mais si cela nous permet de retrouver l'air libre plus rapidement, c'est un bien faible sacrifice. Et je pense qu'aucun d'entre nous ne souhaite passer une autre nuit dans la Moria.

Ils marchaient depuis plus d'une heure à présent, suivant un long couloir formé par les colonnes, lorsqu'au loin, Luana crut percevoir ce qui ressemblait à la lumière du soleil. La clarté qui leur parvenait était faible, mais elle grossissait au fur et à mesure qu'ils s'en approchaient, devenant presque aveuglante pour ses yeux trop habitués à la pénombre. Elle en découvrit la source sur leur droite: un faisceau de lumière blanche s'écoulait chichement d'une haute porte, flanquée de deux battants imposant mais pourrissants, qui éventrait le mur noir. Devant s'étalaient des monceaux de cadavres dont il ne restait que des os poussiéreux et des armes et armures rouillées.

Gimli, découvrant ce spectacle, laissa échapper une exclamation de surprise et se précipita dans cette direction. Gandalf tenta de le retenir, mais le Nain resta sourd à ses appels. Tous se jetèrent un rapide coup d'œil, avant de le suivre.

À peine fut-elle dans le rai de lumière, que Luana stoppa, sentant en elle un courant frais, ondulation se propageant sur l'océan de ténèbres qui la séparait de son inconscient, recouvrant l'acuité de ses sens de loup.

" Naurofána?" tenta-t-elle mentalement sur le champ.

" Oui, je suis là Luana" lui répondit faiblement la voix grondante de la louve.

La Nauro faillit sauter de joie en sentant à nouveau la présence de sa louve, mais une complainte lancinante, empli de peine.

Mettant de côté ses retrouvailles avec la deuxième partie de son être, Luana entra dans ce qui lui parut tout de suite être un véritable tombeau. Tous les squelettes qu'ils avaient croisé en chemin semblaient s'être rassemblaient ici, tant ils étaient nombreux en cette salle, au centre de laquelle se dressait, baignée par la lumière venant de l'extérieur, un bloc de pierre blanche, sur lequel était posé une dalle de marbre à la couleur d'albâtre. À son pied, Gimli était agenouillé, effondré, pleurant de douleur. Gandalf s'avança vers le bloc, et y déchiffra une inscription.

- Ici gît Balin, fils de Fundin, seigneur de la Moria. Il est mort, comme je le craignais.

Balin? Le cousin de Gimli? ¡Mierda! Luana se sentit chavirer face à la détresse et au chagrin du nain qui les avait accompagné depuis leur départ de Fondcombe. Elle partagea sa souffrance, car elle savait ce que c'était de perdre un être cher, de perdre un membre de sa famille. Doucement, elle vint se placer à ses côtés, et lui pressa doucement l'épaule en un signe de réconfort. Il ne la repoussa pas, au contraire, il posa sa grosse main sur ses doigts fins, les serrant à son tour, y recherchant un soutien. Elle l'écouta entonner une prière naine de sa voix bourrue. Elle avait de loin préférait lorsqu'il avait chanté l'hymne à la Moria, car alors il exsudait la joie et la fierté. Là, il semblait misérable à en faire pitié.

Du coin de l'œil, elle vit Gandalf se pencher sur une des trop nombreuses dépouilles et arracher de ses mains osseuses un manuscrit qui tombait en poussière et étala sur le sol plusieurs de ses pages lorsque sa couverture craqua et céda.

- Il faut avancer, entendit-elle souffler Legolas à l'intention d'Aragorn. Ne pas s'attarder ici.

" Je ne suis que trop d'accord avec lui" gronda Naurofána, faisant sursauter Luana.

" Pourquoi, que crains-tu?"

" Des choses dont ils ne vaut mieux pas dire le nom"

- Ils ont prit le pont, commença à lire Gandalf dans le gros volume qu'il tenait dans les mains.

Tous se turent pour l'écouter, même Gimli cessa sa litanie, même la Nauro et sa louve coupèrent à leur discussion.

- Nous avons barricadés les portes, mais cela ne les retiendras pas très longtemps. Le sol tremble, les tambours viennent des profondeurs. Nous ne pouvons plus sortir. Une ombre s'avance dans le noir, nous ne pouvons plus sortir. Ils arrivent.

Luana déglutit avec difficulté. Ces quelques lignes résonnaient à ses oreilles comme une prophétie à leur égard, et elle craignait de savoir qui le "ils" désignait.

Un bruit de tonnerre la sortit brusquement de ses songeries, son cœur menaçant de sortir de sa poitrine en lui brisant les côtes tant il bondit de stupeur. Tous se retournèrent vers Pippin, qui se tenait tout prêt d'un puits, sur le rebord duquel un squelette vacillait vers l'arrière, avant de plonger vers les profondeurs, entraînant avec lui une lourde chaine et un sceau à l'armature de métal, dans un concert de chocs et d'échos qui se propagèrent et égaillèrent de leur vacarme toute la Moria. Durant ce qui lui parut une éternité, Luana en perçut les résonnances à travers la roche, avant qu'enfin le silence ne revienne les submerger, et que les galeries de la mine ne retrouvent leur quiétude. Elle ne s'aperçut qu'elle avait cessé de respirer que lorsque Naurofána le lui signala, et relâcha l'air de ses poumons douloureux. Tous d'ailleurs laissèrent en chœur échapper un soupir.

- Crétin de Touque! Morigéna Gandalf Pippin quia affichait un air piteux et se faisait tout petit. Jetez-vous dedans la prochaine fois, cela nous débarrassera de votre stupidité!

Luana était tout aussi en colère de la frayeur qu'il leur avait causée, mais elle trouvait les mots du Mage Gris cruels et mauvais. Enfin, avant que ne résonne sous leurs pieds un grondement sourd de tambour, puis un second, suivit de deux autres encore, saccadés. Le grondement se répéta, enfla, s'accéléra, accompagné de clameurs et autres vociférations. Tous se jetèrent des regards inquiets. Frodon sortit de son fourreau son épée de quelques pouces; la lame en était bleue, luisant d'une pale lueur céruléenne.

- Les orques! S'écria Legolas.

Boromir se précipita vers la sortie, scruta les ténèbres de la grande salle, avant de reculer de justesse face à deux flèches qui vinrent se planter dans les portes juste sous son nez.

- Reculez! Ordonna Aragorn en repoussant les Hobbits vers le fond de la salle. Restez près de Gandalf!

Luana obéit, juste le temps pour elle de se transformer. Elle ferma les yeux, et plongea vers on inconscient… pour se retrouver à nouveau propulsée vers le conscient par la louve, seule et toujours sous sa forme humaine.

"Naurofána! Qu'est ce qui te prend?"

" Je n'ai pas assez d'énergie lunaire. Il me faut déjà construire un pont entre toi et moi au dessus de l'abîme qui nous sépare pour que tu ne te retrouve plus isolée une fois dans les ténèbres. Si nous fusionnons maintenant, le pont se brisera à la moindre ombre."

¡Mierda! Luana faillit hurler de rage et d'impuissance. Qu'allait-elle faire ainsi démunie? Maudites soit la Moria et ses ténèbres!

-Luana! Transformes-toi! L'aide de Naurofána ne sera pas de trop! Lui cria Aragorn tandis qu'il finissait de barricader les portes avec l'aide de Boromir.

- Je ne peux pas, elle m'en empêche!

Le Rôdeur la considéra, sidéré. Il jura entre ses dents, se dirigea vers elle, ramassa à terre une épée qui semblait être en à peu près bon état, et la lui tendit.

- Ce n'est certes pas une très bonne lame, mais mieux vaut cela que rien.

Luana saisit la poignée et examina très brièvement la lame toute rouillée et émoussée.

- Animo vence guerra, que no arma buena, dit-elle pour se donner du courage.

Face au regard qu'il lui laça, elle traduisit:

- Ce n'est pas la trempe des armes, mais celle du cœur qui donne la victoire.

Il acquiesça, visiblement satisfait et fier qu'elle s'imprègne de cette mentalité. Il lui donna une légère accolade, avant de la repousser elle aussi vers Gandalf.

- Reste à l'arrière auprès des Hobbits, et fait tout ce que tu peux pour les protéger.

- Cette fois, je n'échouerais pas, promit-elle en brandissant au devant d'elle son épée, prête à tout et refoulant sa peur.

Les Hommes, les Hobbits et le mage dégainèrent leurs épées, Legolas et Aragorn bandèrent leurs arcs, et Gimli se redressa de toute sa petite taille, montant sur le caveau, exhortant leurs adversaires pour le moment invisibles à venir se battre. Oui, Luana ne les craignait pas, tout du moins, jusqu'à ce que les portes ne commencent à trembler sous les coups des orques.