Salut à tous! Désole pour l'attente, mais ce chapitre ne m'a vraiment pas facilité la tâche... jen ne suis d'ailleurs pas satisfaite de mon travail, mais comme je ne vois pas comment le retravailler et le modifier, et que vous faire attendre trop longtemps une nouvelle fois pourrait sdigner mon arrêt de mort ( -_-, ) M'enfin, j'espère que vous apprécierez ce chapitre plus que moi...

Comme promis, voici donc la chute de Gandalf (bande de sadiques! vous voulez tous voir Luana triste c'est ça!) Et en prime... une petite surprise niark niark niark (vous aimez voir les persos souffrir, et ben vous allez être servis! )

Reviews:

SLASHAGOGO: Whaaaaa! J'ai trouvé une pompom girl pour Luana, trop fort! MDR Merci, j'ai beaucoup de mal pour les scènes de bataille, alors que tu me dise ça me fait énormément plaisir. Que veux tu? Entre Boromir et Luana c'est... électrique... faqut bien qu'ils s'envoient des vannes de temps en temps, si on c'est pas drole ^^ Borormir... nje dois avouer que je sais pas quoi faire de lui... j'ai bien une idée, mais je suis pas core sure... enfin, je verrais bien ^^

Eclipse1995: heureuse de te revoir! C'était quoi ce film d'horreur que je rigole aussi? =) heu... nan, je veux pas la rendre nunuche non plus, alors ce genre de coincidence préfabriquées et en toc,n je préfère aviter... lol (I love you Gad!... je mégare...) merci, depuis le temps que j'ai les quatre premiers vers en tête sans savoir quoi en faire, ça fait plaisir de voir qu'on l'apprécie =) Tu crois que si on se fait un remake de Resident evil dans ce genre là ça marche? ;) "ce tombeau sera votre tombeau!" astérix mission cléopatre! trop bien ce filmp, jel'adore! Bon d'accord c'est bon, j'arrêtes de martyriser sa pauvre épaule... je me rattrape sur celle d'un autre moouhahahahaha! XD

Roselia001 : attends, tu suis ma fic depuis le début et tu n'as pas encore compris que je suis sadiqsue? x) j'aime que tu aimes =) ça me fait toujours rire quand tu cite des passsages qui t'ont plut dans les chapitres, mais au moins ça montre qu'on a les mêmes avis sur tel ou tel passage ^^ Bon, tu veux la voir en larme, abattue suite à la chute de Gandalf, et biuen voiulà! fais tou plaisir! =D


Chapitre 26: dans l'antre du feu et de l'ombre

Ils traversèrent au pas de course la grande cavité de la cité de Cavenain. Naurofána Elle devait modérer son élan et caler son allure à celle des autres. Ils auraient avançaient plus vite si elle avait porté le Nain et les Hobbits, mais ils étaient trop nombreux pour pouvoir tous trouver une place sur son dos, et elle était trop concentrée garder le lien qui liait les deux entités qui la formaient en cet instant, le renforçant en puisant dans la sagesse de la sagesse de lune, et dans la fureur de vivre de l'autre, à profitant de la faible lumière du jour qui filtrait à présent à travers des cheminées. Tout autour d'eux résonnait le fracas de centaines de pieds martelant le sol, le cliquetis des armes s'entrechoquant et la complainte des armures grinçantes. Une armada de gobelins descendaient du plafond, rampant telles des araignées ou des cafards les longs des piliers. Très vite, ils se retrouvèrent encerclés par une armée d'être hideux et repoussants, à la peau noire ou dans des teintes de gris, aux traits déformés et grimaçants, aux dents aussi aiguisées et pointues que sales et pourrissantes.

Gandalf, Aragorn, Legolas, Gimli, Boromir et Naurofána formèrent un cercle autour des Hobbits, barrière dérisoire face à tant d'ennemis réunis.

La louve montrait les crocs, prête à tuer tout ce qui passerait à portée de griffes, ne craignant pas ces créatures abjectes, quand soudain, une angoisse sourde la saisit.

Ses oreilles se plaquèrent en arrière sur son crâne, tandis que son pelage s'hérissait, irisé de reflets argentés. Legolas se tourna vers elle en l'entendant grogner de plus belle, et suivant son regard, perçut, loin dans les ténèbres, filtrant à travers les ombres des piliers, une lueur rouge s'avancer. L'Elfe se figea d'horreur, laissant pendre son arc au bout de son bras ballant, tandis qu'un roulement de tonnerre ébranlait la caverne et toute l'armée de gobelins, qui s'agitèrent avec inquiétude. Puis ce fut la débandade. Tous s'enfuir en courant, escaladant les colonnes aussi vite que possible. Le reste de la Communauté se tourna à son tour vers cette inquiétante lueur.

- Quel est ce nouveau maléfice? Questionna Boromir d'une voix emplie de crainte.

Gandalf ne répondit pas, aussi Legolas le fit à sa place.

- Un Balrog!

- Le fléau de Durin! S'écria Gimli.

-Un Balrog, répéta le Mage Gris. Un démon de l'ancien monde.

Naurofána, malgré la peur presque phobique qui s'emparait d'elle, fit un pas en avant, plus menaçante que jamais.

- Il est plus fort que vous, lui dit Gandalf en lui barrant le passage de son bâton. Courrez! Hurla-t-il à l'intention de tous.

Tous se précipitèrent, s'engouffrant dans un énième escalier, d'où s'élevait un air brûlant et vicié, sentant le souffre et la fumée, se hâtant de descendre à l'aveugle les marches irrégulières et fendues que nul puits n'éclairait plus à présent. Naurofána entendit derrière elle un raclement de pierre, suivit du son caractéristique d'une porte que l'on condamne. Stoppant sa course, elle vit, à travers les ombres étouffantes, Gandalf, resté à l'arrière. Le Mage Gris semblait faire barrage de son corps, emplissant de sa présence l'espace étroit de l'escalier, scellant de sa magie les battants de pierres, emplissant sa vue magique au point de l'aveugler. Mais par delà les portes, son instinct et ses sens sentir quelque chose, une créature plus sombre que les plus obscures ténèbres, plus ancienne que la montagne elle-même.

Une angoisse funeste lui noua la gorge, tandis qu'un jappement étouffé lui échappait. Naurofána ne craignait rien en ce monde, si ce n'était les ténèbres elles-mêmes. Faisant demi-tour, elle reprit sa descente, priant que Gandalf les rejoigne en bas, et perçut l'écho de faibles paroles, incantations antiques et empreinte de pouvoir, qu'un grondement sourd et guttural s'empressa de couvrir, avant que des coups d'une violence inouïe n'ébranlent la porte et le mage. Ce dernier résista, encore et encore, se refusant de ployer ou de céder la moindre parcelle once de terrain. Puis soudain, un éclair de lumière d'une blancheur pure et aveuglante éclata, avant de mourir, emportant avec lui les tremblements et le roulement de tonnerre.

Ils débouchèrent à vive allure sur un nouveau couloir sombre.

- Je crois qu'il y a de la lumière devant nous! S'exclama Gimli, dont les yeux perçaient tant bien que mal la pénombre. Mais ce n'est pas celle du jour. Elle est rouge. Que peut-ce être?

Naurofána parvenir elle aussi à percevoir cette obscure clarté couleur sang, tandis que sa vision de prédateur s'affolait, lui dévoilant non pas une quelconque vie, mais une source de chaleur infernale.

Gandalf les rejoignit enfin, à bout de souffle et pantelant. Il prit appui contre le mur, la lueur de son bâton le dévoilant plus vieux et usé que jamais. Aragorn se porta à son secours, mais il le repoussa, une expression sévère et tendue sur le visage.

- Guidez les Aragorn! Le pont est proche!

- Non! S'écrièrent à l'unisson le Rôdeur et la louve de sa voix grondante.

Naurofána sentit son cœur être de nouveau écrasé par un lourd pressentiment, alourdi par le poids de la culpabilité. Ce pressentiment qui lui avait déjà annoncé la mort par le passé. Elle avait crut que Frodon en avait été la cible, mais à présent, le doute planait en son esprit. Et si ce n'était pas pour le Hobbit que la Faucheuse lui envoyait cet avertissement?

- Faites ce que je vous dis! Les épées et les griffes ne vous sont plus d'aucun secours ici!

Il passa devant eux et reprit la tête du groupe, les forçant à suivre un rythme que lui-même peinait à tenir. Naurofána couvrait leurs arrières, les sens en alerte.

De leurs poursuivants, ils ne percevaient plus que le roulement incessants des tambours, qui bien qu'ils leur parvenaient étouffés et éloignés, les pourchassaient sans relâche. Mais très vite, le ronflement d'un monstre tout autre les enveloppa, alors qu'ils entraient dans les enfers.

Une véritable fournaise les accueillit les bras grands ouverts, tels des convives apportant avec eux un festin. Du sol fissuré en maints endroits, des langues de feu lancinantes et affamées s'élevaient, tentant de les lécher du bout de leurs flammèches, pour mieux les embraser et les consumer. Des volutes d'une fumée âcre et épaisse s'enroulèrent langoureusement autour d'eux, les faisant crachoter et tousser violemment, leur masquant la vue.

- Les niveaux inférieurs sont en feu! Dit Gandalf. Les Nains ont creusé trop profondément, au point d'atteindre le cœur brulant de la terre! Mais je sais où nous nous trouvons! Nous sommes avons atteins la Première Profondeur! Le pont est proche!

La Communauté le suivit à travers les pièges enflammés qui se tendaient sous leurs pieds, toujours au pas de course, jusqu'à ce qu'un mur de flamme se dresse devant eux. Gandalf vira brusquement sur la gauche, nullement inquiété ou impressionné par cet obstacle, car enfin, droit devant eux, se dessinaient les bords déchiquetés d'un gouffre sans fond, enjambé par une unique arche de pierre qui n'offrait le passage qu'à une personne à la fois. Le pont! Ils l'atteignaient enfin! Mais soudain, un cri retentit, de l'autre côté du brasier. Les orques les avaient repérés!

- Ils son du mauvais côté! Rit Boromir. Le feu nous protège!

Tous pressèrent néanmoins l'allure, ne prêtant qu'une faible confiance à cet allié aussi impartial qu'indomptable, qui ne les préserva en rien des flèches qui sifflèrent au-dessus d'eux.

Legolas s'arrêta et fit face, décochant ses flèches à toute vitesse, couvrant ses compagnons qui atteignirent enfin le pont. Il jouait de l'arc plus joliment que de la harpe, le faisant chanter, accompagnant ainsi les râles agonisant des orques que ses flèches atteignaient immanquablement. Naurofána, qui fermait la marche, passa en coup de vent à côté de lui, se précipitant elle aussi vers la sortie. Mais brusquement, le chant de la corde se tut abruptement, sa dernière note mourant en même temps que s'élevait une exclamation de surprise. L'Elfe s'effondra sur le sol, son beau visage crispé sous l'effet de la douleur, tandis qu'une flèche se dressait avec arrogance, la pointe plantée au-dessus du cœur.

Legolas tenta de se redresser, roulant sur le flanc, mais l'horreur de ce qu'il vit le figea plus surement que la souffrance ou la mort ancrée en ses chaires. Par-dessus les flammes ardentes, une ombre gigantesque se dressa, aspirant toute forme de lumière, ne laissant dans son sillage que ténèbres et désespoir. Elle traversa les flammes, qui, loin de lui barrer le chemin, l'acclamèrent et se prosternèrent devant elles, déposant une couronne de feu au dessus de deux cornes monstrueuses, la drapant d'une crinière embrasée aux allures de cape. Il pouvait sentir, le souffle ardent du démon lui brûler le visage, et il ne put que le regarder s'avancer vers lui. Le Balrog s'agenouilla, se mettant ainsi à son niveau. Un sourire mauvais déforma sa face hideuse et carbonisée, avant qu'il n'ouvre grand la gueule et ne rugisse, crachant sur lui une pluie d'étincelle, tandis qu'une véritable fournaise lui remontait de la gorge.

- Non!

Un éclair blanc trancha l'ombre. La louve au pelage de neige se dressait à présent devant le Balrog, refusant de le laisser faire un pas de pus en direction de l'Elfe, le défiant même de le menacer.

- Immonde créature, engeance du néant, ne t'avise pas de t'en prendre à l'un de nous, ou tu auras à tâter de mes crocs! Menaça-t-elle.

Mais le Balrog ne fut pas dupe. Naurofána le savait, elle n'avait aucune chance face à lui. sa simple présence suffisait à faire s'effilocher le mince lien qui unissait l'âme humaine et celle de la louve, menaçant de ne laissait comme adversaire à ce cataclysme, qu'une jeune fille aussi nue qu'effrayée.

Le Balrog se remit debout, les dominant de toute sa grandeur autant que le lui permit le plafond, qui parut soudainement bien bas. Surgissant de nulle part, des lanières de feu fouettèrent l'air. La louve fit un bond immense en arrière pour les éviter. Dans une parfaite synchronisation, elle fit volte-face, ramenant sur son dos Legolas, qui s'était agrippé à sa fourrure de sa main valide. L'Elfe se cramponna à elle de toutes ses forces, ignorant la flèche qui s'enfonçait plus profondément dans la plaie, tandis que Naurofána filait en direction du pont tel le vent.

Les Hobbits et le Nains se trouvaient déjà de l'autre côté. Gandalf, Boromir et Aragorn les attendaient à l'entrée du pont, les exhortant à se dépêcher. Dès que la louve et sont précieux chargement se fut engagée sur la mince arche de pierre, les trois hommes suivirent. Mais arrivé à mi-chemin, Gandalf s'arrêta et se dressa en travers du pont, faisant face au Balrog qui les talonnait.

- Vous ne passerez pas! s'exclama-t-il.

Tous les membres de la Communauté cessèrent de courir, silencieux et emplis d'effroi.

- Gandalf! Appela désespérément Frodon.

Le Hobbit, qui avait commencé à escalader un nouvel escalier, revint sur ses pas, et fut arrêté par le Gondorien.

- Vous ne passerez pas! répéta le mage.

Face à ce défi, le Balrog se grandit plus encore si cela était possible, s'embrasant tout entier d'un feu malfaisant. Seules ses immenses ailes restèrent toutes de ténèbres, le couvrant d'un manteau d'ombre en perpétuel mouvement.

- Je suis un serviteur du Feu Secret, qui détient la Flamme d'Anor! Cria Gandalf, la lumière de son bâton grandissant et chassant la noirceur qui tentait de l'engloutir. Vous ne pouvez passer! Le feu sombre ne vous servira à rien, flamme d'Udûn!

Comme en réponse à ses paroles, le démon brandit d'une main une épée enflammée, tandis que de l'autre, il battait l'air de son fouet de feu. De sa lame, il tenta de renverser le Mage Gris, qui résista à l'assaut avec un grondement sourd et rageur.

- Repartez dans l'ombre!

L'acier maléfique fondit au contact de la magie pur, en une cascade de lave gluante et rougeoyante. Le Balrog, furieux, poussa une clameur à en faire s'effondrer la montagne, et posa une de ses pattes immense sur le pont fragile, menaçant de son fouet l'impudent qui osé se dresser face à lui.

- Vous ne passerez pas!

Joignant son épée et son bâton, il frappa le pont avec force.

À travers sa vision magique, Naurofána vit la magie courir tel un éclair travers la roche de l'arche, avant de s'éteindre. Rien ne se produisit.

Le Balrog, croyant lui aussi que le sort du mage avait échoué, jubila, avant de charger, le fouet en avant, mais à peine eut il pesait de tout son poids sur le pont fragilisé par la décharge d'énergie, que ce dernier céda sous lui, épargnant néanmoins Gandalf, qui contempla son adversaire tomber dans le vide quelques secondes, avant de lui tourner le dos. Tous poussèrent un discret soupir de soulagement, avant de voir avec effroi, des lanières enflammées surgir, et s'enrouler autour de Gandalf, qui se retrouva irrépressiblement entrainé vers le gouffre. Dans un effort désespéré, il agrippa le bord déchiqueté, tentant vainement de remonter.

Frodon voulut se précipiter à son secours, mais Boromir le ceintura à la taille, le retenant et le tirant en arrière, ignorant ses cris et ses appels désespérés.

Trop choquée par ce qu'elle voyait, Naurofána resta là, figée. Comme lorsqu'elle avait crut voir Frodon empalé sur une lance, la scène défila lentement sous ses yeux, comme un film que l'on passerait au ralenti, image par image. Mais dans les films, les choses allaient autrement, non? Quelqu'un se jetterait au bord du gouffre, saisirait les mains du mage et le remonterait à la force des bras, très vite rejoins par un autre de leurs compagnons. Elle-même irait les aider, quitte à mordre dans un quelconque vêtement pour pouvoir les tirer en arrière… non? Alors pourquoi aucun d'eux ne fut capable de bouger, ne tenta d'aller le sauver? Pourquoi personne ne leva le petit doigt? Pourquoi elle-même resta là, gueule bée, ne faisant qu'assister impuissamment à cette tragédie?

- Fuyez, pauvres fou!

Prononçant ces quelques mots, Gandalf leur lança un regard lourd de sens, puis lâcha prise.

Naurofána se sentit tomber avec lui. Elle perdit tout sens de l'équilibre, de la réalité. Ses pattes manquèrent succomber sous elle, mais un poids, si infime qu'elle en avait oublié la présence, vacilla sur son dos, tandis qu'un liquide chaud et poisseux coulait le long de sa fourrure, la rappelant à l'instant présent. Legolas! L'Elfe, blessé, était toujours perché sur elle, se vidant de son sang. Elle ne devait pas rester là, à la portée des flèches que les orques leurs envoyaient par salves et qui sifflaient à leurs oreilles, avant de ricocher sur le sol et les murs. Elle ne devait pas l'abandonner ainsi, juste parce qu'elle souffrait. Il était trop tard pour Gandalf, mais ce n'était pas une raison pour l'exposer lui à plus de dangers. Elle se devait de le sauver! Elle inhiba le chagrin qui lui empoignait le cœur, le rejetant loin au fond d'elle, et le scellant en un recoin de son esprit reculé, où ils resteraient enfermés tant qu'elle ne pourrait pas les en libérer. La partie de son être qui était Luana eut du mal à supporter cette froideur, mais ne put que l'accepter.

Avec un dernier regard en direction du gouffre et un adieu pour le vieil homme, Naurofána se détourna de ce lieu de mort, et rejoignit le reste de leur groupe, désormais réduit à neufs compagnons.

Ils montèrent les marches à la volée, encore et encore. Tous, silencieux, couraient, les uns refoulant leur peine, les autres la laissant éclater tandis que leurs jambes fatiguées les portaient toujours plus loin. Les Hobbits pleuraient sans un son, les larmes coulaient, mais là s'arrêtait l'épanchement de leur douleur. Ils ne pouvaient se morfondre pour le moment. Ils ne devaient rester ici, il leur fallait quitter ces mines maudites, afin que le sacrifice du Mage Gris ne fût pas vain.

Et enfin, après des jours d'errance dans les ténèbres, la lumière du jour, si vive et chaude à leurs yeux, les accueillit tels des miraculés.

Ils dévalèrent au pas de course les marches des Portes de la Moria, sortant à l'air libre, arrivant sur une terre désolée où seule poussaient des pierres grises et érodées. Mais ils ne cessèrent pas pour autant de courir, et mirent autant de distance que possible entre eux et ce lieu de mort, et ne s'arrêtèrent qu'une fois sûrs d'être hors de portée de flèches.

Là, les Hobbits se laissèrent tomber à même le sol, ne retenant plus rien de leur chagrin. Gimli lui-même ne retenait ni ne cachait ses larmes dans les bras de Boromir, qui quant à lui, tout aussi secoué, tentait de ne rien montrer du chagrin qui l'accablait.

Aragorn, les yeux secs mais tourmentés, s'approcha de Naurofána et de l'Elfe qu'elle transportait. Il aida ce dernier à descendre de son dos, avant de tendre à Naurofána un ballot de tissus. Elle l'interrogea du regard, et eu le droit pour toute réponse à un vague signe de tête en direction de rochers, l'un l'autre se refusant, ou étant incapable pour le moment, de parler.

Elle le prit dans sa gueule et s'éloigna, tandis que le Rôdeur aidait Legolas à s'adosser contre une pierre.

Une fois cachée à la vue de tous, Naurofána et Luana se séparèrent. La louve laissa de nouveau place à l'humaine, qui, en silence et nue dans le froid mordant du vent, éclata en sanglot.

Pourquoi? Pourquoi n'avait-elle rien fait pour le sauver? Après tout ce que le mage avait fait pour elle, elle l'avait laissé mourir! Pourquoi n'avait-elle pas sut bouger pour venir en aide à Gandalf? ¡Mierda!

Ho! Si seulement…! Si seulement elle avait put faire faire quelque chose, si seulement elle avait agit!

Le sentiment de culpabilité qui l'habitait depuis le matin… enfla brusquement en elle, au point de l'étouffer. Une bouffée de chaleur, accompagnée de frissons incontrôlables, lui embrasa le corps d'un feu glacial. Son souffle ce fit court, rapide, rauque et sifflant. Elle étouffait réellement, ne parvenait plus à respirer, les larmes lui nouant la gorge et lui comprimant la poitrine.

" Luana, calmes toi. Tu n'y es pour rien. Rien ni personne n'aurait put lui venir en aide. Ni toi ni moi n'aurions put changer les choses. Nous n'en avons pas le pouvoir."

Elle écouta la voix grondante résonner dans son esprit, tentant de reprendre sa respiration, inspirant et expirant lentement, régulièrement. Mais la culpabilité ne voulait pas pour autant la laisser échapper à son étreinte douloureuse.

Fermant les yeux, tant pour se calmer et retenir ses larmes que pour se concentrer, elle plongea jusqu'à la limite entre conscience et inconscience, dans le seul but d'y trouver un peu de réconfort, mais au lieu de cela, l'espace qui formait son être tout entier, cette zone d'ombre qu'elle devait traverser à la nage chaque fois qu'elle voulait rejoindre Naurofána, lui parut brusquement menaçante et angoissante. Par ailleurs, la louve la repoussa avec douceur mais rapidité vers la surface avant même qu'elle n'ait pût ne serait-ce que l'apercevoir, l'obligeant à réintégrer son corps.

" Pas maintenant Luana. Je suis fatiguée, cette transformation m'a demandé plus de force que je n'en avais à fournir. Je suis en bien piètre état, et je ne veux pas que tu me vois ainsi. Ne t'inquiètes pas," ajouta-t-elle avant que la jeune Nauro n'est eu le temps de s'affoler," je vais bien, ne t'en fais pas. Un peu de repos et un clair de lune sauront me revitaliser. Mais même une fois que je serais remise, promets moi de ne plus t'attarder à la limite entre nos deux réalités. Je préfère que nous fusionnions le plus vite possible, ou que nous discutions sans nous voir que te voir exposée ainsi. Les ténèbres qui nous séparent m'inquiètent."

Luana tiqua au mot "réalité, mais une interrogation bien plus urgente balaya ce "détail".

" Les ténèbres qui nous séparent? Et pourquoi maintenant, pourquoi pas avant?"

" Il y a entre nous un océan d'ombres. Il a toujours était là, mais j'avais sut forger un pont de lumière entre nous, te préservant de leur noirceur. Les ténèbres de la Moria auront sans doute emportait ce pont, que je n'avais pas rendu assez solide. Je tacherais de remédier à ce problème, mais il n'est pas garantit que nous puissions encore nous lier l'une à l'autre dans un endroit sans lumière."

Elle ne répondit rien, à nouveau transie de froid et de chagrin.

" Prend donc ce paquet que t'a donné et Aragorn, et habilles toi." Lui souffla Naurofána, allégeant son cœur du poids de la culpabilité, et apaisant son chagrin. "Attraper froid et tomber malade ne serait pas une brillante idée. Gandalf n'aurait pas voulut cela, et ils ont besoin de toi."

Luana repensa à leurs compagnons. Elle n'avait rien put faire pour Gandalf, mais au moins pouvait-elle se montrer forte et soutenir ses amis. Elle le devait, tant pour elle que pour le souvenir du vieil homme. Essuyant ses yeux d'un revers de main déterminé, elle prit entre ses doigts gourds de froid le ballot de tissus. Le défaisant, elle s'aperçut qu'il s'agissait d'une cape de voyage, tissée dans une étoffe grise et épaisse, enroulée autour de vêtement noirs, soigneusement pliés. Elle les étendit devant elle, et découvrit avec surprise sa "tenue de combat". Son pantalon de sport et sa brassière, mais aussi ses bandes de boxe qu'elle aimait enrouler autour de ses poings et poignets. Elle croyait les avoir perdu lors de l'attaque du poulpe géant, à l'entre de la Moria. Il semblait qu'Aragorn, malgré son aversion évidente pour cet accoutrement, les lui avait gardés, bien protégés, au cas où elle en aurait besoin.

Un sourire lui étira faiblement la commissure de ses lèvres, malgré les larmes qui revenait à la charge. Le Rôdeur savait qu'elle aurait aimé avoir quelque chose à elle, de son monde, en cet instant, histoire d'avoir un repère, un point d'ancrage dans ce moment difficile. Il était fort, à n'en pas douter. Non pas sur le plan physique –même si cela ne faisait aucun doute- mais sur le plan mental et émotionnel. Elle savait que Gandalf et lui avaient connu maintes aventures côte à côte, qu'ils avaient noué une grande et solide amitié entre eux. Pourtant, il gardait sa peine, se refusant à perdre de vue l'urgence et la précarité de leur situation.

Elle enfila ses vêtements rapidement et posa la cape sur ses épaules avec gratitude et la résolution de ne pas se morfondre, même si ses yeux lui brûlaient, que son cœur était encore meurtri, et que cette blessure mettrait longtemps à cicatriser.

" Ne pleure pas sur son sort. Gandalf a fait ce qu'il devait faire, et je sens au fond de moi que son acte aura une portée bien plus grande que celle de tous vous sauver. Il est temps pour nous d'en faire autant."

"Oui"

Luana se remit sur ses jambes. Elle tâcherait de ne pas pleurer. Mais malgré sa détermination à ne pas montrer aux autres ses pleurs, elle ne parvint pas à se constituer un masque souriant, comme elle l'aurait fait en d'autre circonstance pour se cacher. C'était comme si son visage était de marbre, impossible à sculpter, ses yeux ne parvenant pas à se fixer sur un point, trainant dans le vague. À agir ainsi, elle se sentit plus vide qu'autre chose.

Elle évita soigneusement de regarder les Hobbits, sentant qu'elle ne serait pas capable de retenir bien longtemps ses larmes si elle les voyait aussi abattus. Il est toujours plus de supporter la souffrance des autres que la sienne, mais comment fa ire lorsque la même douleur les affligeaient tous.

Telle une aveugle, elle se dirigea directement vers Aragorn. Le Rôdeur, aidé de Boromir, avait allumé un feu aux flammes malingres, et avait mis de l'eau à bouillir, afin de soigner la blessure de Legolas, à qui l'on avait déjà retiré la flèche de ses chaires.

L'Elfe avait le visage étrangement crispé par la douleur, mais ce qui frappa le plus la Nauro, ce fut le vide qui habitait ses yeux couleur de glace. Il semblait perdu, égaré, ne sachant si lui aussi devait laisser libre cours à son chagrin, détournant le regard. Cette fêlure dans son masque de perfection était bouleversante, cette sincérité et cette vulnérabilité face aux émotions trop grandes pour lui étaient telles, que Luana sentit son cœur avoir un raté. Elle le trouvait beau ainsi, dans la souffrance, sans doute plus beau encore que lorsqu'elle l'avait vu pour la première fois, descendant de son cheval blanc tel un prince de conte de fée, ou lorsqu'ils s'étaient croisés dans les couloirs de Fondcombe, un soir de fête. Peut être parce que cette facette qu'il dissimulait était bouleversante, presque… humaine.

- Luana, l'interpella Aragorn, la sortant de ses songeries.

Il sortit de sa besace un petit sac et en tira quelques feuilles flétries. Leur parfum, rafraichissant comme une douce brise et tonifiant comme vent chaud et musqué vint chatouiller son odorat de louve: de l'Athelas.

- Peux-tu les faire infuser? Lui demanda-t-il en les lui tendant.

Sans un mot, elle s'exécuta. Elle observa Le Rôdeur examiner avec circonspection et gravité la plaie profonde de l'Elfe, et son regard se fit plus sombre et douloureux qu'il ne l'était déjà, réveillant à nouveau la sourde inquiétude qui vibrait dans le cœur de la Nauro. Était- ce si grave? La blessure était-elle mortelle? Non, même elle pouvait voir qu'elle ne touchait aucun organe vital. De plus, elle saignait peu, l'hémorragie serait aisée à stopper. Alors, pourquoi était-elle persuadée que Legolas était à son tour en danger de mort? Ce dernier posa une question en elfique à Aragorn, qui lui répondit gravement. Elle ne comprit pas ce qu'ils se dirent, mais sut tout de suite que quelque chose clochait. L'Elfe hocha de la tête, résigné, comme quelqu'un à qui l'on venait d'annoncer sa fin proche et qui l'acceptait, la mort dans l'âme.

Luana sentit une boule se former dans sa gorge, les larmes affluant de nouveau. Elle ne voulait pas que Legolas meurt! Que ferait-elle sans lui?

L'absurdité de ses pensées la surpris malgré le mal qu'elle éprouvait pour ne pas pleurer devant les autres. Le simple risque de voir l'Elfe disparaitre la chagrinait plus que la mort de Gandalf. Mais elle ne pouvait s'empêcher de craindre cette éventualité. Le mauvais pressentiment qu'elle trainait depuis le matin ne l'avait pas quitté. Il était le facteur qui apporte le faire-part mortuaire. Mais la dernière fois qu'il lui avait rendu ainsi visite, ce n'était pas un, mais deux faire-part qu'il lui avait remis. Et si Gandalf n'était pas le seul à devoir les quitter?

Fermant les yeux, elle inspira profondément une nouvelle fois. Quand elle releva ses paupières, Aragorn s'attelait à nettoyer la blessure, y appliquant un cataplasme d'Athelas.

Il s'en tirerait. Il était un Elfe, il guérirait vite…

- Ce n'est rein n'est ce pas? s'enquit-elle tout de même dans l'espoir qu'on la rassure.

Ni Aragorn ni Legolas ne lui répondirent, préférant tout deux détourner le regard.

¡Mierda! Pourquoi lui cachaient-ils cela? Si seulement elle avait put comprendre ce qu'ils s'étaient dit! Elle aurait aimé elfique elle aussi.

Tandis qu'Aragorn terminait ses soins et lui apposait un bandage de fortune, elle s'approcha d'eux.

- Legolas, lorsque les choses seront moins mouvementées… vous voulez bien m'apprendre votre langue?

Le regard triste de l'Elfe lui fendit l'âme, faisant naître en elle des sanglots qu'elle peina à étouffer.

- Ce serait un honneur pour moi, souffla-t-il, avant de se crisper sous la douleur.

Aragorn se remit enfin debout, aidant l'Elfe à l'imiter.

- Luana, Boromir, relevez-les, ordonna-t-il en désignant les trois Hobbits effondrés sur le sol.

- Accordez leur un moment par pitié! Implora le Gondorien, en échos à la supplique silencieuse qu'adressa Luana d'un coup d'œil au Rôdeur.

- Grands-Pas, ils en ont besoins, nous en avons tous besoin, insista-t-elle à son tour, malgré le fait qu'elle-même se refusait à se laisser aller aux larmes une seconde fois.

- Dès la tombée de la nuit les collines grouillent d'orques! Il nous faut atteindre les bois de la Lothlórien. Allons Boromir, Luana, Gimli, relevons-les.

Il rejoignit Sam, qu'il saisit par les épaules et remit sur pieds, tandis que le fils de Denethor et celui de Gloìn se chargeaient de Merry et Pippin. Luana aurait voulut pouvoir les soutenir, alléger leur souffrance, mais une absence l'accapara toute entière. Frodon… il n'était nullement auprès de ses amis et cousins.

Tournant sur elle-même, elle aperçut le Hobbit à quelques dizaines de mètres de là, marchant telle une âme errante, sans but et sans force, sans savoir exactement où ses pas le portaient.

- Frodon! L'appela-t-elle en courant à sa suite.

Il se retourna alors qu'elle l'atteignait. Ses yeux étaient rougis et brillants de larmes contenues. Son visage semblait figé, comme s'il ne pourrait plus jamais sourire ni rire. Il semblait vide, quitté par la vie et le désir de poursuivre sa route, pour la simple et bonne raison que le chagrin qu'il se refusait à libérer l'alourdissait trop pour qu'il puisse encore avancer. Le voyant ainsi, Luana comprit qu'elle aussi en parviendrait pas çà avancer, à soutenir ceux qui avaient besoins d'elle, qui lui étaient chers, tant qu'elle ne se serait pas déchargée de ce fardeau.

Elle se laissa tomber à genou, se retrouvant au même niveau que le semi-homme. Prise d'un sursaut, elle attrapa Frodon et le serra contre elle. Ne tentant pas de se dégager, il enfoui son visage dans son cou, se dissimulant derrière sa longue chevelure blanche, les épaules tremblantes parcourues de secousses. Elle resserra son étreinte autour de lui, dans un besoin urgent de le protéger et de sentir sa présence.

Et tous deux pleurèrent dans les bras l'un de l'autre.


Juste pour ma défense, je tiens à préciser que la blessure de Legolas dans la Moria avait été envisagée par TRolkien, je n'ai fait que reprendre l'idée... nan, vuos m'en voulez quand même?... too bad x)