Et non, vous n'hallucinez pas, je publie le nouveau chapitre au bout de seulement deux semaines! ^^
Reviews: Merci à Erwynia, Rawenal717, Eclipse1995, Hinata et Hinaya-chan, dont les reviews m'ont fait extrêmement plaisir et m'ont motivé =)
Hinata: merci à toi. Tu es sûr? Je suis sûre que Nana serait d'accord pour t'entraîner ^^
Hinaya-chan: merci, c'est vrai que j'ai un peu galéré sur ce coup là et j'ai eu pas mal de doute quand à la compréhensibilité du truc ^^, mais ta réaction me rassure et ma fait chaud au cœur. =)
Erwynia: Toujours pas? Que veux tu que je fasse pour qu'il soit pardonné? ^^ En ce cas, voici le nouveau chapitre! bonne lecture =)
Chapitre 36 : Nouveau départ
Lorsqu'enfin, Legolas et Luana revinrent de Cerin Amroth, ils trouvèrent le bivouac en effervescence. Des Elfes ne cessaient de faire des allers et venues, apportant des vivres, des couvertures, tout ce dont la Communauté aurait besoin pour son proche départ. Ses membres s'activaient tout autant que les Galadhrims, rassemblant leurs maigres affaires pour les Hobbits, affutant leurs armes pour les guerriers. Mais le plus étrange dans cette scène, c'était la plénitude, la sensation que tout se passait au ralentit, telle une lente ballade sous le soleil printanier, qui régnait sur la petite clairière, alors que le camp fourmillait et grouillait en tous sens.
- Moi qui espérais pouvoir piquer un somme, grogna Luana.
Legolas la regarda avec amusement et compassion. Alors qu'il ouvrait la bouche pour répliquer, il se ravisa, voyant se diriger vers eux Lindoïlin. Dans sa longue robe bleue flottant au vent, sa grâce perpétuelle et ses mouvements graciles aidant, elle donnait l'illusion d'un oiseau au plumage azur prenant son envol.
- Vous arrivez à point nommé, dit-elle en les rejoignant. Je vous cherchais justement.
La Nauro se retint de pousser un soupir; elle avait eu droit à une matinée passée aux côtés de Legolas, il était temps qu'elle cède sa place à sa légitime propriétaire.
- Dans ce cas, je vous laisse.
Elle s'apprêta à prendre congé, prête à tourner les talons et à rejoindre les semi hommes.
Un rire clair et cristallin l'arrêta, tandis que la belle Elfe la considérait avec un doux sourire.
- Jeune Luana, c'était à vous que je m'adressais, rit-elle légèrement. La Dame m'a chargée de veiller à ce que vous ne manquiez de rien pour votre départ.
Luana jeta un bref coup d'œil au prince de Mirkwood. Celui-ci s'inclina face à Lindoïlin, une main posée sur le cœur, avant de se tourner vers elle.
- En ce cas, permettez-moi de prendre congé.
- Comme si vous aviez besoin de demander !
Il lui sourit, de ce sourire qui jamais ne faisait fondre la glace, et parti rejoindre les autres. Les choses étaient redevenues ce qu'elles étaient, fin de la parenthèse.
- Si vous voulez bien me suivre, souffla Lindoïlin.
Silencieusement, elles s'éloignèrent du bivouac, s'enfonçant de nouveau dans les sous-bois de la cité.
¡ Qué faena! Ce qu'elle aurait aimé pouvoir dormir. Elle avait beau avoir su maîtriser son énergie, elle n'en restait pas moins éreintée par les derniers jours d'efforts incessants.
Les muscles lui tiraient douloureusement, et son corps se voûtait de plus en plus. Dormir, c'est tout ce qu'elle voulait. Mais bon, il lui fallait participer elle aussi aux préparatifs. Repartir et finalement se rendre compte qu'il manquait quelque chose ou qu'ils n'avaient pas fait ceci ou cela, rien de tel pour commencer le voyage en beauté.
Elle réfléchit par ailleurs à ce qu'elle pourrait faire pour aider les autres une fois qu'elle en aurait fini avec Lindoïlin. Préparer les armes ? Elle n'y connaissait rien et ne s'en servait pas, aussi mieux valait-il qu'elle laisse les guerriers de la bande s'en occuper. Rassembler le matériel nécessaire ? Au vu des sacs et baluchons qui s'amoncelaient au bivouac, les Elfes s'en étaient déjà occupés. Des vivres ? Idem, ils avaient dû déjà leur faire une sacrée réserve.
D'ailleurs, en parlant nourriture :
« Nana, tu veux peut-être chasser avant de repartir ? » demanda Luana sans grand enthousiasme, n'ayant pour le moment jamais chassé en étant unie à sa love.
« Ce ne sera pas nécessaire. Je me suis suffisamment nourrie durant ton absence, et nous n'avons toujours pas fusionné depuis ton retour. »
La Nauro acquiesça en silence, à la fois soulagée de ne pas avoir à courir la forêt à la recherche d'une proie, et peinée face à la constatation que depuis plusieurs semaines, elles ne s'étaient pas unies l'une à l'autre.
Lindoïlin la mena d'un pas lent et léger. Luana crut au début que l'Elfe marchait lentement afin de la ménager, et lui en fut reconnaissante. Jusqu'à ce qu'elles arrivent au pied d'un arbre immense. Levant les yeux, la jeune fille ne put s'empêcher de grimacer face à l'escalier interminable qui ceignait le tronc tel un serpent, la narguant de ses trop nombreuses marches.
- ¡Hostia! Quelle poisse !
Lindoïlin se tourna vers elle et lui offrit un sourire désolé, avant de reprendre son chemin et d'attaquer l'ascension de l'escalier. Luana la regarda un bref instant, se demandant si la belle Elfe était vraiment aussi compatissante qu'elle prétendait l'être, ou si elle se moquait d'elle. Ce fut finalement avec un soupir à fendre l'âme qu'elle la suivit, pour arriver, bien des minutes et des lamentations plus tard, sur un talan cloisonné et un peu en retrait.
Quand elle y entra, Luana fut étonné de découvrir qu'il s'agissait d'un atelier de couture, ou alors d'un immense dressing. Robes et tuniques s'entassaient dans des penderies, tandis que pantalons et écharpes étaient soigneusement pliés et rangés sur les étagères. Pelotes de fils et jeux d'aiguilles éclairaient la pièce de leurs reflets ou de leurs couleurs, tandis qu'il régnait une atmosphère tranquille propice aux travaux de broderies et autres ouvrages délicats réservés aux petites mains habiles. Sur une table reposaient des habits pliés et une paire de bottes souples, de couleurs sombres.
Lindoïlin s'en approcha et les désigna d'un geste à la Nauro.
- La Dame m'a demandé de veiller à vous pourvoir de vêtements pour continuer votre route. Je me suis permis de tailler ces tenues sans prendre vos mesures, mais je crois pouvoir dire qu'ils vous siéront.
Luana jeta un coup d'œil peu ravi envers le tas de tissus, avant de fixer l'Elfe avec insistance.
- Je vous remercie pour ça, mais je refuse, déclara-t-elle tout de go. Je porte déjà une tenue qui m'est chère, et dont je refuse de me séparer.
Elle caressa du bout des doigts la soie du kimono qu'elle portait sur elle depuis plusieurs jours déjà. Il était le dernier cadeau matériel d'Éric, la dernière chose qu'il lui restait de lui autre que des souvenirs, des paroles ou des promesses. Elle ne voulait pas s'en défaire, l'enlever, de craindre de ne plus jamais le retrouver.
Et puis, l'Elfe n'avait-elle pas cessé de lui répéter qu'elle devait être elle-même dans sa façon d'être, de se tenir, de se présenter ? Cette tenue correspondait à qui elle était, le criait haut et fort. Sa couleur de ciel nocturne soulignait la blancheur de sa peau et ses cheveux, la lune qui brillait dans son dos et le kanji formaient son emblème. Sa coupe particulière, commune à nulle autre tenue de la Terre du Milieu, qui laissait son ventre nu, prouvait qu'elle seule osait en ce lieu porter pareil uniforme sans ressentir la moindre gêne, sans que cela ne soit provocateur ou vulgaire. Il en allait de même pour son hakama et les ballerines de cuir, ou même ses pics à cheveux.
- Je sais l'importance que vous attachez à ces habits, commença doucement Lindoïlin. Mais le chemin que vous vous apprêtez à emprunter est parsemé de dangers, d'obstacles et d'adversaires. Qu'adviendrait-il si vous veniez à les déchirer ? Il n'en restera au final que des lambeaux.
L'Elfe semblait parfaitement sincère dans ses gestes et ses paroles. Ses yeux exprimaient une compréhension des choses et une empathie que nul humain ne pourrait porter en lui.
Luana dut détourner le regard, mal à l'aise. Elle savait pertinemment qu'elle avait raison. Il n'y avait même pas besoin de lui rappeler toutes les choses qui pouvaient réduire à l'état de néant le cadeau d'Éric.
- En outre, cela fait près d'une semaine que vous les portez, sans oublier que vous fûtes prisonnière des Uruk Hai dans cette tenue, et que c'est cette même tenue que vous portiez tandis que vous vous entraîniez. La soie est souillée de poussière, de terre et de sueur. Ne voudriez-vous pas les laver, avant qu'ils ne soient définitivement fichus ?
- Si, je veux bien. Mais je ne peux pas les laisser ici. Si vous les lavez, ils ne seront jamais prêts pour demain !
Luana se creusait désespérément la tête pour trouver des excuses. C'est vrai qu'à force de porter la même chose, elle commençait à se sentir quelque peu sale, mais durant les premières semaines que dura leur périple, elle n'avait pas eu non plus le luxe de pouvoir se changer.
D'un autre côté, elle ne supportait pas l'idée qu'ils soient abîmés, et moins encore de les transporter, soigneusement empaquetés et rangés dans son barda, pour les perdre dans une situation quelconque. Après tout, ils avaient déjà dû laisser derrière eux la quasi-totalité de leur équipement devant les portes de la Moria, rien ne garantissait que cela ne se reproduirait pas.
- Luana, souffla l'Elfe. Si cela peut vous apaiser et vous convaincre de laisser ici ces habits, je vous fais le serment de les laver, les ranger et les garder jusqu'au jour où je pourrais vous les remettre en mains propres, en sachant qu'il n'y a plus de risque de les voir lacérés.
Toutes deux se considérèrent les yeux dans les yeux un bref instant, avant qu'une fois de plus, Luana ne détourne la tête. Que pouvait-elle répondre à cela ?
- Entendu, soupira-t-elle.
Lindoïlin acquiesça avec un fin sourire, et entraîna la Nauro vers un paravent de bois blanc, décoré d'arabesques exquises et de feuilles éthérées.
La jeune fille se plaça derrière, hors de vue, et commença à ôter un à un ses vêtements, qu'elle passa par-dessus un des panneaux. C'est en se retournant qu'elle découvrit une longue cuvette blanche, où reposait une eau légèrement fumante. Des fioles cristallines étaient posées sur ses bords, le soleil jouant avec les liquides aux couleurs pastelles qu'elles contenaient.
- J'ai demandé à ce que l'on vous prépare un bain, lui dit l'Elfe de derrière le paravent. Il sera sans nul doute plus agréable que l'eau froide de la rivière, et vous nettoiera de la fatigue et de la crasse de ces derniers jours.
Luana craignit un instant qu'elle comptait lui donner son bain, comme on le ferait pour un enfant, mais l'entendant s'éloigner et sortir de la pièce, il fut clair qu'il n'en était rien.
Soulagée, elle se dirigea vers la baignoire, avant d'y tremper le bout des doigts. L'eau était délicieusement chaude et terriblement aguichante. Sans plus de cérémonie, la Nauro s'y coula, savourant la douce brûlure sur sa peau, plongea la tête sous l'eau, avant de ressortir et de s'adosser à la paroi, et se laissa aller à somnoler dans cette oasis de bien-être.
Elle sentit ses muscles se détendre un à un, tout doucement, tandis que son esprit voguait quelque part au-dessus d'elle. La seule qui la retenait de s'endormir était la peur que Lindoïlin ne revienne et la retrouve noyée. Néanmoins, cela ne l'empêcha pas de laisser ses pensées et ses sens divaguer, voleter où bon leur semblait.
Elle perçut au-dehors le doux chant du vent, la conversation lente et inarticulée des arbres. Elle aurait parié que si elle avait eu le courage de soulever ses paupières et de regarder par les fenêtres, elle aurait aperçu la silhouette d'antiques entités, des vieillards aux longues barbes blanches, à l'air paisible et sage. Mais l'idée de voir des petits vieux alors qu'elle était dans son bain, même en sachant qu'il s'agissait de l'âme des arbres et que donc ils se contrefichaient de voir une fille nue, lui ôta toute envie de tenter de les entrapercevoir.
Une fragrance douce lui emplissait le nez. Une senteur qui commençait peu à peu à emplir l'air au fil des jours. Une promesse de chaleur et de vie, de renouveau. Le printemps arrivait lentement mais sûrement.
Elle tâcha de ne pas penser au lendemain, de ne pas se demander ce qui les attendait. Juste de profiter de l'instant présent.
Jusqu'à ce que l'eau refroidisse et la sorte de sa douce torpeur.
Luana prit alors les fioles une à une et les huma. Certaines avaient un parfum de fleurs, d'autres de miel ou de sous-bois, d'autres encore lui étaient totalement inconnues ce fut une de celles-ci qu'elle choisit, car sa fragrance, bien qu'étrangère, lui rappelait à la fois le parfum des sous-bois après la pluie, la menthe et la sève de pin. Elle en fit couler quelques gouttes dans ses mains, avant de les étaler dans ses cheveux et de les frictionner avec force et entrain. La lotion se transforma en mousse qui lui coula le long du dos, du cou et des seins, et dont elle se servit pour frotter son corps, en effacer toutes traces. Elle replongea avec difficulté dans l'eau devenue moins que tiède.
Lorsqu'elle remonta à la surface, un rideau de cheveux lui tomba sur le visage. Un rideau non pas blanc, mais noir.
« Nana » songea la Nauro. « Qu'est-ce que c'est que ces mèches ? Elles étaient déjà noires quand je me suis réveillée dans le monde où j'ai grandi. »
« Je ne sais pas. Il est des mystères quant à notre sujet dont j'ignore tout, et auxquels je ne parviens pas à trouver de réponse. »
- Luana, avez-vous terminé ? demanda la voix de Lindoïlin de l'autre côté.
- Presque ! répondit-elle en s'activant à sortir de l'eau.
Attrapant au passage un drap de bain, elle se sécha tant bien que mal, le corps tout engourdi par le bain et la somnolence.
Sans jamais franchir la frontière de la décence dressée par le paravent, Lindoïlin lui remit ses nouveaux vêtements, faits d'une étoffe légère et douce au toucher. Pour la poitrine, elle lui donna une large bande de tissus épais, que la Nauro s'appliqua à enrouler autour de son torse, plaquant ses seins et les écrasant.
Elle eut droit à un pantalon tout simple d'un noir bleuté. Elle en rentra les bords dans les bas que lui offrit l'Elfe, donnant un effet un peu bouffant, avant de glisser ses pieds ainsi ficelés et protégés dans les bottes. Ces dernières étaient faites d'un cuir sombre, souple et léger. La semelle elle-même se pliait facilement en fonction des mouvements et n'opposait ni résistance ni frottements désagréables. Parfaites pour se déplacer rapidement et en toute discrétion.
Néanmoins, un détail la troublait : pourquoi donc l'Elfe ne lui avait-elle pas donné directement de quoi couvrir le haut de son corps, la laissant presque torse nu ?
Elle eut sa réponse lorsque Lindoïlin lui donna le dernier paquet. Le dépliant Luana eu la surprise de découvrir une sorte de tunique ample, d'un gris soutenu, et dont la coupe s'arrêtait juste au niveau du plexus. Les larges manches se faisaient serrantes sur les avant-bras et ceignaient les poignets. Une légère échancrure laissait voir la naissance du sternum et les clavicules, sans dépasser l'impudeur.
Elle ne s'attendait vraiment pas à cela de la part de la belle Elfe, si douce et si parfaite.
Elle sortit de derrière le paravent, vêtue de la sorte, les cheveux encore dégoulinants lâchés librement dans le dos.
- Je vois avec ravissement qu'ils vous saillent à merveille, dit Lindoïlin avec satisfaction.
- Merci mais… c'est vous qui les avez taillés ?
La belle Elfe lui offrit un sourire amusé, tandis que ses yeux pétillaient de malice et d'amusement.
- Je comprends votre étonnement, jeune Luana. Nous autres Elfes n'oserions jamais porter de vêtements qui ne couvriraient pas notre pudeur en son intégralité. Mais vous vous osez, et vous en tirez une certaine fierté. C'est ce qui vous distingue, ce qui annonce au gens qui vous êtes.
Luana resta un moment interdite. Si elle s'était attendue à ça ! Alors que tout le monde la regardait de travers parce qu'elle se baladait le nombril à l'air, hormis les membres de la communauté qui n'y prêtaient plus attention, elle l'incitait à continuer.
- Je… je ne sais pas quoi dire, souffla-t-elle de plus en plus gênée.
- Et vous n'avez rien à dire, lui garantit l'Elfe, avant que son doux sourire ne se fane. Vous semblez embarrassée, et cela dès lors que je me tiens près de vous. Est-ce ma faute ?
Franchement mal à l'aise à présent, la Nauro détourna le regard. Oui sa présence faisait naître en elle un sentiment de malaise, oui elle ne se sentait pas spécifiquement bien à proximité d'elle. Mais comment lui expliquer cela sans la froisser, après tout ce qu'elle venait de faire pour elle ? Et surtout, comment pouvait-elle lui dire en cet instant la jalousie qu'elle éprouvait à son égard ? Car oui, pour des raisons plus ou moins claires, Luana était jalouse de la belle Elfe.
- Non. Allez pas croire ça, c'est pas vous le problème. C'est juste moi qui…
Qui quoi ? Qui était dérangée ? Elle ne savait pas elle-même ce qui clochait dans tout ça.
- C'est juste que… ¡Mierda! J'ai jamais vraiment fait attention à l'image que je donnais aux gens, et je me fichais pas mal de ce que l'on pensait de moi, tant qu'on venait pas me le balancer à la face ou me le reprocher. Mais quand vous êtes là… Ça va vous paraître complètement débile, moi-même j'arrive pas à y croire, mais je me sens tellement bête et moche quand vous êtes là. Vous êtes belle, intelligente, sage et réfléchie, attentionnée envers tout le monde et douée dans tout ce que vous entreprenez. Moi je suis rien de tout ça, juste une tête brûlée avec un caractère de chien. J'arrive même pas à comprendre comment les autres me supportent. Alors quand on est toutes les deux dans la même pièce, c'est un peu comme si on mettait une rose et une mauvaise herbe dans un même vase.
De peur de découvrir l'expression de l'Elfe, elle n'osa pas relever la tête, et ne trouva rien de mieux à faire que de se passer les doigts dans ses cheveux humides et emmêlés en un geste machinal.
Elle sentit alors une main s'enrouler autour de son bras, avant qu'elle ne soit entraînée vers un fauteuil, où Lindoïlin la fit s'assoir. La belle Elfe commença à lui sécher les cheveux, avec douceur et délicatesse, avant de les peigner, ôtant les nœuds sans tirer sur le cuir chevelu.
- Bon nombre de gens considèrent l'athelas comme de la mauvaise herbe, car ils ne connaissent pas les vertus de la feuille des rois. Elle soigne les plaies et apaise les esprits. Pour que vous vous considériez de la sorte, c'est que, comme tant d'autres qui ignorent tout de vous, vous ne vous connaissez pas vous-même. Vous avez pourtant des vertus rares et précieuses pour ceux qui vous entourent. Vous êtes l'athelas qui guérira Arda de ses maux. Je le sais.
Une fois de plus, Luana ne dit rien. Que pouvait-elle répondre ? Alors que Lindoïlin venait de lui déclarer qu'elle croyait en elle et voyait en elle plus que ce qu'elle n'était vraiment. Après qu'elle lui eut avoué être jalouse d'elle.
- Et voici, dit-elle au bout d'un certain temps. Vous voici parée pour reprendre votre route.
L'Elfe l'avait coiffée d'une étrange manière : après avoir fait de petites tresses éparses, elle avait rassemblé la masse de cheveux, épargnant les deux mèches noires, et avait natté le tout, y incorporant les petites tresses au passage.
La Nauro se releva, et la salua en s'inclinant, les mains posées sur les genoux.
-Merci, pour tout.
- Merci à vous, de risquer ainsi votre vie pour la Terre du Milieu et ses peuples, répondit-elle en lui remettant deux tenue supplémentaires. Nous nous reverrons une fois tout ceci terminé, je n'en doute pas.
Luana lui adressa un faible sourire, avant de tourner les talons et de redescendre sur la terre ferme.
L'activité au bivouac n'avait pas faiblit, tant et si bien que seuls Frodon et Aragorn remarquèrent son retour. Le Hobbit ne put s'empêcher de sourire face à ses nouveaux habits, tandis que le Rôdeur, ignorant ce détail, lui désigna d'un signe de tête le lit moelleux qui l'attendait, un peu à l'écart de tout ce remue-ménage. Ne se faisant pas prier, elle se coula sous la couverture, et avant même que sa tête ne touche l'oreiller, elle était déjà profondément endormie, la fatigue ne lui laissant pas plus de temps pour lutter.
- Luana, réveille-toi, souffla doucement une voix, alors qu'une large main, chaude et ferme, se refermait sur son épaule.
Se refusant d'ouvrir les yeux tout de suite, elle se tourna vers son réveil personnel. Ça faisait déjà combien de fois en tout qu'il venait la tirer du lit ? Elle s'étira et bailla à s'en décrocher la mâchoire, à la façon d'un loup sortant d'un long sommeil.
- Salut Aragorn, dit-elle soulevant enfin les paupières.
Le Rôdeur, accroupi à côté d'elle, lui rendit son salut, la regardant émerger peu à peu des nappes du sommeil.
- C'est bien la première fois que je n'ai pas à user de la manière forte pour te réveiller, sourit-il doucement. T'es-tu bien reposée ?
Elle le considéra un instant, à demi-assise, et lut dans ses yeux nimbé d'une légère inquiétude, la question qui le taraudait vraiment : était-elle remise de son entraînement ? Etait-elle prête à reprendre la route ?
- Je pète la forme, assura-t-elle en étouffant un nouveau bâillement. J'ai dormi comme un loir. Laissez-moi juste émerger et je vous cours le décathlon si vous voulez.
Malgré l'éternel petit problème de compréhension qui persistait avec certaines des expressions de la jeune fille, il comprit l'allusion et acquiesça, amusé.
- Lève-toi, pendant que nous terminons les derniers préparatifs. Ensuite, nous irons aux havres, où nous attendent la Dame et son Seigneur. Nous partirons pour midi, en prenant la route du fleuve.
Luana dodelina de la tête en signe d'assentiment. Lui tapotant l'épaule, il se releva et s'éloigna, avant de s'arrêter et faire volte-face, la considérant, de nouveau étendue dans les couvertures et les yeux fermés.
- Il est déjà onze heures, lui signala-t-il.
- Ouais ouais. Vous inquiétez pas, je gère.
Il partit définitivement, l'humeur allégée de voir que leur départ ne changeait rien à son attitude.
Il fallut encore quelques instants pour que l'on voie la Nauro émerger des couettes, attirée par une odeur alléchante et pas tout à fait étrangère.
Elle salua Boromir et les Hobbits, tous rassemblés autour du feu, sur lequel reposait une poêle fumante. L'odeur de nourriture qui s'en élevait serra l'estomac de la Nauro, tandis qu'une faim dévorante lui noua les tripes. C'est alors qu'elle se souvint qu'elle n'avait rien mangé la veille.
- Je présume que vous aussi reprenez la route et que vous nous accompagnez ? demanda Boromir.
- Bien sûr que je vous accompagne, quelle question ! C'est pas comme si on allait en débattre.
- Nous en avons déjà débattu, pendant que vous dormiez, après vous avoir délivrée des Uruk-Hai. Je pensais qu'Aragorn vous en avait entretenue, se défendit-il.
- Quoi ? Comment vous vous êtes concertés ? Qu'est-ce que vous avez encore trafiqué dans mon dos ?
- Rien Luana, la rasséréna Frodon. Nous nous sommes juste consultés les uns les autres, afin de savoir qui de nous souhaitait rester en ce lieu, rentrer chez soi ou repartir pour le Mordor. Et tous avons décidé de reprendre notre route, tous ensembles.
Luana les considéra longuement. Elle ne s'était pas doutée un seul instant que tous n'étaient pas sûr jusqu'alors de repartir. Elle croyait que comme elle, tous avaient eu l'intention de continuer vers l'avant à l'instant même où ils avaient pénétré les sous-bois de la Lórien. Mais il était vrai qu'elle n'avait pas eu vraiment le temps d'y réfléchir, et donc de douter, ni même ne l'avait pris avec tout ce qui lui était arrivé durant le mois écoulé : sa dépression –il ne fallait pas se voiler la face- la perte d'Eric son retour dans son monde sa capture par les hybrides orque-gobelins son entrainement.
Elle trouvait surprenant qu'Aragorn ne lui ait rien dit de leur discussion, ou même Legolas, mais en y repensant, elle avait clairement fait comprendre son intention dès son réveil. Peut-être n'avaient-ils pas jugé utile de courir le risque de l'énerver, songea-t-elle avec sarcasme.
- Il ne reste que vous ? changea-t-elle de sujet. Où sont les autres ?
- Legolas et Gimli sont partis faire une dernière visite de la cité, tandis qu'Aragorn est allé s'entretenir avec le seigneur Celeborn, l'informa le Gondorien.
Tiens donc. C'était nouveau ça, que l'Elfe et le Nain partent tous les deux, comme de bons vieux amis.
- Tu tombes à point nommé ! s'exclama Pippin, qui se releva et l'attira jusqu'à une place où assiettes et couverts l'attendaient.
- Si madame veut bien se donner la peine, déclara Merry en l'invitant à s'assoir.
Qu'elle l'eut voulu ou non, elle n'eut pas vraiment le choix, car à moins de rester debout avec deux Hobbits accrochés aux bras, elle ne voyait pas comment faire autrement que de se laisser faire.
Merry s'empara de la poêle et déposa dans les trois assiettes mise à dispositions ce qui ressemblait à de la pâte, même si elle n'était très sûre de ce dont il s'agissait, avec les nuances de blanc et de jaunes qui en recouvrait a face. Mais quand Pippin déposa une assiette devant elle, elle ouvrit de grands yeux ronds, tandis que l'eau lui montait à la bouche.
- Du pain perdu ! s'écria-t-elle, au comble de la joie.
- Avec Pippin, nous nous sommes dit que ce n'était pas très correct de notre part de te priver d'une recette qui semblait tant te plaire.
- Et pour nous excuser de la dernière fois, nous avons pensé que du pain perdu pour notre dernier petit déjeuner en Lothlórien te ferait plaisir.
- Et puis, mis à part le fait d'utiliser du pain rassis, cette recette me semble fameuse ! conclut Merry en découpant un morceau.
- Merci les gars. Je vous adore ! dit-elle, émue de cette attention de leur part.
Les deux cousins lui offrirent un large sourire, avant d'attaquer leur plat à leur mine satisfaite et réjouie, ce n'était pas pour leur déplaire. Luana goûta elle aussi : bien que connaissant la préparation, elle était persuadée que les Hobbits n'avaient pas utilisé du pain normal, et se demandait ce que cela donnait. Elle ne fut pas déçue alors qu'elle n'avait rien rajouté, ni sucre ni rien d'autre, un goût de miel se répandit sur sa langue, tandis que le pain fondait tout seul. Avec un appétit vorace, elle engloutit jusqu'à la moindre miette le contenu de son assiette.
- Franchement, je ne sais pas avec quoi vous l'avez fait, mais ce pain perdu est d'enfer !
- Merci, mais nous n'avons fait que refaire ce que tu avais fait la dernière fois, en remplaçant le pain rassis par des galettes de farine que les Elfes nous ont données pour le voyage, lui répondit Pippin en les resservant tous les trois.
- Vous ne mangez pas ? demanda alors la Nauro, en remarquant que Frodon, Sam et Boromir se contentaient de les regarder s'empiffrer.
- Nous n'avons pas attendu que vous vous leviez tous les trois, plaisanta Frodon avec un sourire légèrement moqueur.
Alors que tous ramassaient leurs derniers effets, Haldir vint les chercher. Luana l'accueillit avec un sourire amical, auquel l'Elfe répondit avec réserve mais sincérité.
- Je viens vous guider jusqu'aux havres, leur apprit-il. Vos compagnons vous y attendent.
Tous lui emboitèrent le pas, faisant leurs adieux à ce camp, qui les avait accueillis et offert le repos durant près d'un mois.
Alors qu'ils marchaient sous le couvert des arbres, Luana se sentit étrangement lourde et ballonnée. Un peu comme si elle avait trop mangé, alors qu'elle ne s'était resservie que trois fois. Peut-être avait-elle mangé trop vite, après toute une journée de jeun. Mais ce petit désagrément ne l'empêcha guère de savourer une dernière fois la quiétude des bois de la Lórien, s'émouvant une dernière fois de leur beauté, du saisissant spectacle de lumière qu'offraient les rayons du soleil passant par les trouées dans le feuillage d'or, pour venir jouer de leur éclat sur les troncs d'argent. Elle vit les esprits des arbres sortir de leur cocon de bois pour les voir passer. Elle les entendit leur souhaiter un bon voyage, et bénir leur chemin. Elle les salua en retour, une main posée sur le cœur, des mots silencieux s'élevant en un souffle de ses lèvres.
- Avant ce jour, aucun étranger n'avait revêtu l'habit de notre peuple, déclara solennellement le seigneur Celeborn.
Luana leva les yeux vers Haldir, qui agrafait la cape qu'elle portait désormais à l'aide d'une broche en forme de feuille, faite d'argent et teinte dans un beau vert émeraude.
Tous les membres de la Communauté étaient alignés et faisaient face à une rangée d'Elfes. Chacun avait été couvert de la même cape, dont la teinte ne cessait d'osciller entre le gris de la pierre et le vert des sous-bois, et chacun arborait la même broche.
Le seigneur des Galadhrims se tenait en retrait, au bout de cette allée improvisée par les deux lignes que tous formaient. Les Elfes se reculèrent, et Haldir offrit à la Nauro un visage inexpressif, mais un regard empli de significations.
Luana se sentit quelque peu soulagée de savoir qu'elle partait sans que tous les Elfes de Caras Galadhron ne la détestent, et surtout que le capitaine des gardes et elle se quittaient en bons termes.
- Puissent ces capes vous protéger totalement des yeux hostiles, conclut le seigneur, avant que ne s'avance sa Dame, suivit d'un Elfe dont les bras étaient chargés de présent.
- Le cadeau que je vous offre, Legolas, est un arc des Galadhrims, digne de l'adresse de nos parents des bois, dit-elle en prenant un arc long, avant de le tendre au prince de Mirkwood.
Ce dernier le reçut avec gratitude et solennité, avant de faire courir ses doigts sur le bois sculpté de motifs élégants, puis de le prendre en main et de tirer sur la corde, avec une satisfaction évidente.
Galadriel sourit, avant de se tourner vers Merry et Pippin.
- Voici les dagues de Noldorin. Elles ont déjà servies pendant la guerre. N'ayez crainte, jeune Peregrin Touque. Vous trouverez le courage en vous.
Les deux Hobbits admirèrent avec émerveillement la dague que la dame remit à chacun, la sortant du fourreau ouvragé et faisant jouer la lumière sur le tranchant de la lame, ciselée de symboles elfiques et d'entrelacs. Ils attachèrent tous deux à leur taille la ceinture elfique dorée qui leur avait été offerte avec les poignards, et y accrochèrent leurs nouvelles armes.
- Pour vous, Sam Gamegie, une corde elfique faite en hithlain.
Elle remit au Hobbit jardinier un rouleau argenté de ce qui ressemblait plus à de la ficelle qu'à de la corde, au vu de l'épaisseur.
- Merci gente dame, répondit-il en prenant ce cadeau avec reconnaissance.
Il jeta un bref regard en direction de Merry et Pippin.
- Est-ce qu'il vous reste une jolie dague étincelante ? osa-t-il demander avec espoir.
Galadriel lui offrit en plus de la corde un sourire mystérieux, avant de passer au prochain membre de la communauté, c'est-à-dire Luana.
Toutes deux restèrent un bref moment à se regarder l'une l'autre. Puis la Belle Dame se tourna vers l'Elfe qui la suivait, et le déchargea d'une paire de longs bracelets de cuir noir, renforcés sur le dessus et recouvert de plaques métalliques légèrement bombées, eux aussi gravés d'élégante façon. Elle les déposa au creux des mains de la Nauro, qui les enfila aussitôt. Ils recouvraient l'intégralité des avant-bras de Luana, et étaient étrangement lourds. Pas au point de ne pas pouvoir lever les bras, non, mais ils pesaient bien plus que ne le laissait deviner leur apparence. Afin de les mettre bien en place, elle tendit les bras vers le bas en un rapide mouvement. A sa plus grande surprise, elle perçut le bruit d'une lame glissant hors de son étui, tandis qu'un glissement se faisait ressentir dans les bracelets, avant de voir surgir de dessous les plaques de métal deux lames d'un vingtaine de centimètres. Elle les contempla avec ébahissement, hypnotisée par leur éclat.
- Ainsi, jamais vous ne serez désarmée, lui souffla Galadriel.
- Mais lorsque je me transformerais, je…
La Nauro ne termina pas sa phrase, le sourire amusé et énigmatique de l'Elfe lui faisant perdre ses mots.
Tandis que la Dame des Galadhrims passait devant Gimli, la Nauro continua d'examiner rapidement ses nouvelles armes, et remarqua une boucle de cuir qui dépassait légèrement de chacun des bracelets. Elle tira dessus, les lames rentrèrent dans leur étui.
- Quel cadeau un Nain demanderait-il aux Elfes ? entendit-elle dire Galadriel.
Reprenant conscience de ce qui l'entourait, Luana se tourna légèrement pour voir Gimli, à côté d'elle, baisser la tête.
- Aucun, répliqua-t-il d'un ton catégorique.
Il sembla néanmoins hésiter un instant, et relevant la tête, il déclara d'une voix passionnée :
- Excepté admirer la Dame des Galadhrims une fois encore, car sa beauté surpasse celle de tous les joyaux qu'abrite la terre.
L'Elfe eu un doux éclat de rire, le visage rayonnant. Son sourire s'élargit lorsque le Nain bafouilla dans sa barbe et se dandina, une gêne incommensurable gravée sur le visage.
- En vérité, il y aurait bien une chose, finit-il par lâcher presque à contrecœur. S'il m'est permis de demander un seul fil de vos cheveux, qui surpassent l'or de la terre comme les étoiles les gemmes de la mine.
Luana manqua s'étouffer en se retenant tant bien que mal de pouffer. La demande de Gimli était si incongrue qu'elle surprit tout le monde, mais c'était si joliment dit qu'elle ne put s'empêcher de le trouver attendrissant.
Galadriel semblait de son avis, car elle conserva son beau sourire.
- On prétend que l'art des Nains réside plutôt dans leurs mains que dans leur langue, dit-elle avec douceur. Mais ce n'est pas vrai pour Gimli. Car nul ne m'a jamais présenté requête aussi hardie et pourtant aussi courtoise.
Et sur ces mots, la dame Elfe leva une main vers la masse d'or de ses cheveux, y plongea les doigts, et en retira non pas un, mais trois fils dorés.
Gimli les reçut come un don du ciel, et les serra avec respect contre son cœur.
Galadriel s'avança alors vers Aragorn. Elle effleura en une caresse un pendentif autour du cou du Rôdeur, et que Luana avait déjà remarqué par le passé, mais au cou d'Arwen. Elle n'avait pas posé de question, mais comprenait que l'Elfe lui en avait fait cadeau avant leur départ de Fondcombe.
Tous deux dirent quelques mots en elfique, avant de se séparer, le visage du Rôdeur hanté par une sourde inquiétude.
Elle passa à Boromir, et lui offrit une ceinture d'or. Le Gondorien ne dit pas un mot, mais son visage se fit brièvement absent, tandis qu'ils restèrent face à face.
Enfin, elle arriva au niveau de Frodon.
- Adieu Frodon Sacquet. Je vous offre la lumière d'Aerendil, notre étoile bien aimée.
Le Hobbit prit entre ses doigts la fiole délicate et lumineuse qui lui était tendue.
- Puisse cette lumière vous éclairer dans les endroits sombres, où toutes les autres lumières seront
éteintes, dit-elle en lui baisant le front.
Luana et les autres s'activaient à charger les vivres et le matériel sur les frêles embarcations que les Elfes avaient mises à leur disposition. Elle n'avait pas compris, lorsqu'Aragorn lui avait dit qu'ils suivraient la route du fleuve, qu'ils allaient voyager par la voie des eaux. Elle pensait qu'ils marcheraient en se contentant de suivre le cours d'eau, point barre.
La perspective de se laisser glisser au gré du courant n'était pas pour lui déplaire. De plus, elle avait toujours adoré faire du canoë avec sa famille étant plus jeune. Cela lui rappellerait de bons souvenirs.
En équilibre précaire sur une des barques, elle entassait les bagages dans le fond. Portant une main à son ventre, elle retint un léger haut-le-cœur qui lui comprima l'estomac. Décidément, elle avait la panse remplie à en éclater. Elle n'avait pas mangé tant que ça pourtant !
Merry et Pippin, qui se tenaient près d'elle sur la berge, ne semblaient pas plus frais qu'elle. Elle surprit même Pippin réprimer un renvoi, son poing devant la bouche.
Legolas arriva à leur niveau et déposa parmi les autres affaires des paquets soigneusement emballé et recouvert de tissu. Il retira de l'un d'eux une sorte de biscuit ou de galette couleur miel.
- Du lembas, dit-il avec contentement. Du pain de route elfique.
Il en croqua un infime morceau du bout des dents et le savoura, avant de se tourner vers les trois comparses.
- Une bouchée suffit à nourrir l'estomac d'un adulte, leur apprit-il en souriant, avant de s'éloigner chercher d'autre choses.
Luana se tourna vers les deux Hobbits.
- C'est ça que vous avez utilisé pour faire le pain perdu ? leur demanda-t-elle, horrifiée.
Ils acquiescèrent, guère plus fiers qu'elle.
- Vous en avez mangé combien ? questionna Merry.
- Quatre, répondit Pippin. Et toi ?
- Trois.
- Idem, ajouta Luana, légèrement nauséeuse.
La Communauté dut se répartir sur les trois embarcations. Aragorn menait la barque où Frodon et Sam avaient embarqués. Boromir se retrouvait en compagnie de Merry et Pippin, et Luana entre Gimli et Legolas.
Ils laissèrent les frêles coques glisser le long de la rive, avant de s'en éloigner à coup de pagaies.
Les Galadhrims s'étaient rassemblés le long des berges et les regardaient partir.
Luana aperçut Lindoïlin, qui une main posée sur le cœur, avait incliné la tête en avant. En se relevant, les yeux de la belle Elfe se fixèrent sur un point, en direction de leur barque, et la Nauro vit Legolas répondre à cet adieu, une pointe de tristesse dans le regard.
Sur un petit navire en forme de cygne, Celeborn et Galadriel assistaient à leur départ. La Dame leva une main, et les suivit du regard.
« Pussiez-vous trouver les réponses à vos questions, et échapper aux ombres », souffla la voix de la Dame des Galadhrims dans l'esprit de Luana, une dernière fois.
Alors, qu'en avez vous pensez?
Oui, la Communauté quitte enfin la Lothlorien; J'espère que cette longue parenthèse dans la quête vous aura plu, et surtout vous aura permit de mieux découvrir Luana et les liens de plus en plus étroits qui la lient aux autres membres de la Communauté; =)
Maintenant, reste plus qu'à savoir ce que la route leur réserve. Boromir va-t-il mourir? Quel chemin Luana va-t-elle choisir? Attendez encore quelque chapitre pour répondre à ces questions ;)
Quant au partisans de Boromir, qu'ils se manifestent avant que je n'écrive la scène de l'attaque des Uruk-Hai. Je n'ai pas encore décidé si je le sauverai ou non, alors réagissez avant qu'il ne soit trop tard! x)
