Chapitre 1: Vers un avenir meilleur?
Cela faisait une semaine qu'elle n'était pas sortie de sa chambre et ses parents avaient depuis longtemps renoncé à la déloger. La porte était comme scellée. Le frigo se vidait au jour le jour mais ils n'avaient encore jamais croisé leur fille entrain de se servir dedans. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir essayé de la confronter. Monsieur Granger avait tout de même fait le pied de grue dans la cuisine toute une nuit en espérant croiser Hermione.
Ils ne savaient pas vraiment ce qui se passait dans cette chambre mais les bruits incongrus qui passaient la porte de la pièce fermée à intervalles réguliers les avaient rassurés. Hermione semblait très active, leur sorcière de fille était surement en train de tester un nouveau sort ou de concocter une vengeance contre un garçon...quand elle était rentrée, elle leur avait avouer être très en colère contre Harry, après tout.
Ils n'avaient pas tout à fait tord. C'était une petite chambre lumineuse que celle de leur fille mais elle avait été négligée ces dernières semaines. La pièce avait acquis une vie propre : des piles de livres étaient étalées par terre, formant d'étranges reliefs entre lesquels les moutons de poussière se promenaient allègrement sur la moquette. Au dessus de cette montagne livresque, un ouvrage de vulgarisation de la théorie de la relativité formait un petit promontoire. Une vieille carte de Londres occupait la majeure partie du lit et débordait, menaçant de faire disparaître La relativité sous un océan de papier.
Hermione n'en avait cure. Elle avait réfléchi et peaufiné son plan. Harry n'avait toujours pas répondu à ses lettres et maintenant, elle savait ce qu'elle avait exactement à faire. Tout espoir était vain, ici et maintenant. Sans attendre ni avertir ses parents de ce départ précipité, elle transplana devant Square Grimmaurd, une pile de livres sous le coude.
La maison n'était plus protégée depuis la mort de Dumbledore, un simple sort suffit à ouvrir la porte. Rendue un peu solennelle par ce qu'elle s'apprêtait à faire, elle se dirigea d'abord vers la bibliothèque. Il fallait qu'elle remette les livres à leur place. Elle était peut-être hors-la-loi mais il ne serait pas dit qu'elle était une voleuse! Au moment de reposer De Victorii Temporis, elle eut toute fois un moment d'hésitation. Ce livre avait encore tellement à lui apprendre! Elle s'arracha à la fascination malsaine qu'il exerçait sur elle pour le reposer.
Cette tâche accomplie, elle respira un grand coup et sortit donc un fin sablier de sous son tee-shirt. Heureusement qu'elle avait gardé un des retourneurs de temps abîmé pendant la bataille du ministère. C'était au départ un défi intellectuel de le réparer, puis de le trafiquer. Maintenant il allait jouer un rôle essentiel dans le plan d'Hermione.
La manette tourna 15 fois puis fit quelques tours dans l'autre sens entre ses mains et Hermione disparut dans une lumière dorée.
Elle était maintenant dans une petite rue bien droite, bordée de pavillons. Une pancarte indiquait Madera Walk. Un journal abandonné qui trainait par là lui confirma qu'elle était parvenue à ses fins : sur l'entête du journal, en tout petit et accolé au prix, on pouvait lire: 2 novembre 1981. Elle s'avança au 10 Privet Drive d'un pas bien décidé et toqua à la porte. On était le soir et tous les habitants de la maison étaient réunis, c'était parfait. Un homme énorme vint lui ouvrir. Vernon Dursley s'approcha dans toute sa splendeur.
" C'est pourquoi?, grogna-t-il sans plus de politesse.
-J'ai une grande nouvelle à vous annoncer, à vous et votre femme, appelez-la!
-Pétunia aurait-elle encore joué à ce stupide concours de télé-achat?
-Je suppose que oui, monsieur, lui dit-elle en tentant un petit sourire commercial pour rendre le tout plus crédible.
-Si c'est une blague, elle vous coûtera cher ma petite demoiselle! Pétuniaaa, ajouta le bonhomme d'un air septique.
Aussitôt, une grande femme blonde se présenta à la porte, tenant deux bébés dans ses bras dont un assez maladroitement sans que l'on puisse deviner si elle le faisait exprès ou pas.
- Confundo! Confundo!
Hermione l'avait pensé de toutes ses forces et deux éclairs informulés provenant de sa baguette dissimulée à leur vue atteignirent les deux adultes en face d'elle avant qu'ils ne réalisent ce qu'il se passait. Leur expression se fit aussitôt statique et vide.
- Ecoutez-moi! Vous aimez Harry plus que tout au monde et vous êtes incroyablement fiers du fait que ce soit un sorcier, contrairement à Dudley. Rappelez-vous toujours de cela. Pour le reste, oubliez-moi et rentrez!", ordonna-t-elle calmement.
Ils acquiescèrent immédiatement et Hermione, voyant qu'elle avait réussi, se détourna et partit comme si de rien n'était. A la première ruelle qu'elle trouva, elle prit le sablier et le brisa, sachant qu'ainsi elle rentrerait immédiatement chez elle.
Elle pointa sa baguette sur elle et murmura " Accelerando maximum " alors qu'elle commençait à être ramenée à son époque.
Elle se sentit comme happée. D'un point de vue extérieur, l'air autour d'elle se mit à vibrer et sa silhouette indistincte s'effaça pour laisser un air chatoyant et brûlant à la place. Pour elle, c'était comme une colonne d'air qui l'enveloppa de plus en plus rapidement et bientôt elle ne distingua plus qu'une multitude de couleurs entremêlées, aussi vives qu'un pur éclair de lumière.
En une seconde, elle avait atteint une vitesse proche de celle dont Einstein avait rêvé toute sa vie, la fameuse vitesse de la lumière. C'est ainsi que relativement au temps qui se déroulait sur terre, à sa vitesse, les 15 années qu'elle devait traverser pour revenir dans le présent ne lui prirent que quelques instants.
Alors qu'elle se sentait ralentir et que ses sens lui revenaient, elle se heurta à quelque chose de dur et perdit connaissance.
