Chapitre 2: Dépaysement
Hermione eut l'impression qu'une porte ouverte sur de la lumière était apparue. Peu à peu elle sentit sa perception revenir. Elle se dirigea vers cette porte avec un mélange d'excitation et de peur. Etait-elle morte? En s'approchant elle commençait à entendre des voix...
« Mademoiselle! Secouez-vous! Revenez! Mademoiselle!
Des bras puissants la secouaient. Elle se décida enfin, suprême effort, à ouvrir les yeux. La lumière inonda ses rétines un instant puis le monde et ses contours apparurent. Il était là en face d'elle. Il ne pouvait pas y avoir de doute, elle était bien morte!
-C'est toi? Mais où suis-je? Tu devrais être mort!
L'homme, qui devait avoir à peine une trentaine d'années, la regarda d'un air étrange.
- Me connaissez-vous mademoiselle? Vous avez subi un gros choc, vous devriez vous assoir.
Elle ne comprenait pas comment il pouvait l'avoir oublié mais elle supposa que dans le monde de la mort, certains liens distants se trouvaient effacés. C'était tellement étrange, elle n'était pas à une bizarrerie de plus.
-Je vais bien! Mais que s'est il passé? Quel jour sommes nous? Où sommes-nous?
-Nous sommes le 2 août 1996, vous vous êtes cognée contre ma porte. Je crois que le mieux c'est que je vous emmène à Saint Mangouste. Que faisiez-vous ici à square Grimmaud? »
Hermione secoua la tête, perplexe. Pourquoi avait-elle atterrit devant Square Grimmaud? Elle se rappela vaguement avoir lu un livre sur la vie après la mort. Une des théories développées par ce livre était la suivante: après la mort les hommes retrouvaient les personnes et les endroits qui avaient comptés dans leur vie. Mais alors pourquoi n'était-elle pas chez ses parents ou à Poudlard?
« Bon, vous devez être moldue supposa son vis à vis. Prenez ma main, fermez les yeux et vous arriverez dans un endroit où l'on vous donnera les meilleurs soins.
Hermione sursauta: qu'allaient-ils dirent à Saint Mangouste? Ses parents devaient s'inquiéter! Elle repoussa nerveusement la main qui lui était tendue.
- Non, je ne veux pas aller à Saint Mangouste, je veux retrouver mes parents!
- Bien sur! S'exclama son sauveur soulagé d'avoir à faire à une sorcière qui connaissait Saint Mangouste. Il allait pouvoir se débarrasser de cette inconnue qui avait échoué sur le pas de sa porte assez rapidement en transplanant. Où habitez-vous? Poursuivit-il.
- Dans la banlieue de Londres, expliqua-t-elle avant de détailler l'itinéraire. »
Elle se stoppa brusquement et sentit les larmes lui monter aux yeux : ses parents ne pouvaient y être puisqu'ils n'étaient pas morts! Elle n'eut pas le temps de dire à son interlocuteur d'arrêter qu'il transplanait avec elle pour atterrir devant la maison de son enfance. Elle s'autorisa à sourire devant ce lieu familier.
« C'était drôlement loin de Square Grimmaurd, dites moi! Comment vous êtes vous retrouvez devant chez moi? Transplanage raté? »
Une petite phrase insidieuse affleura dans son esprit. Une phrase trouvée dans les livres de Square Grimmaud et qui lui rappelait l'expérience qu'elle avait eu en troisième année avec son retourneur dans le temps: « Le voyageur temporel ne fera que traverser le temps, il ne pourra si arrêter. En vertu de la loi de stabilité nécessaire, le point d'encrage du départ sera le même que celui d'arrivée. Si cette condition n'est pas requise à l'arrivée et que la boucle temporelle n'est pas fermée, le voyageur temporel retournera au néant. »
Mal à l'aise, elle allait ouvrir le portillon quand un cri raisonna dans la maison. Une fille brune ouvrit la porte à la volée avant de fondre sur la boite aux lettres, le sourire aux lèvres.
« Vous devriez rejoindre votre sœur.
Hermione se retourna vers Sirius qui semblait gêné. Oh non, il ne pensait tout de même pas qu'elle avait fait une fugue?
- Je n'ai pas de...
- Harmonie, il semble que l'on ait des invités qui attendent au portillon, va leur ouvrir.
L'adolescente se dirigea vers eux, les sourcils froncés, alors qu'une femme apparaissait sur le pas de la porte.
- Maman! La reconnu immédiatement Hermione. »
Elle n'y comprenait plus rien. Si ses parents étaient en vie et qu'elle les voyait, elle ne pouvait pas être morte. Mais si elle n'était pas morte alors pourquoi était-il vivant? Que faisait cette jeune fille dans le jardin? Qu'est ce qui avait changé? Bousculant l'adolescente qui s'était rapproché du portillon pour leur ouvrir, elle se précipita vers sa mère, bien décidée à se faire pardonner sa fuite. Derrière elle Sirius entra prudemment, après qu'on l'y ait invité.
« Mais je vous reconnais! Vous être l'auror Black, s'exclama la jeune fille. Je l'ai lu dans « Grande magie noire, petites résistances » de Lu'hur Despoir! S'exclama les yeux brillants l'adolescente qui leur avait ouvert. Harmonie Granger, se présenta-elle.
- Oh mais j'ai un peu entendu parler de vous à Poudlard...par Harry. J'ignorais que vous aviez une sœur!
- Eh bien il n'a pas du vous faire un portrait bien flatteur de moi alors, se renfrogna-t-elle. Et je n'ai pas de sœur, rajouta-t-elle.
Pendant ce temps Hermione était arrivée devant sa mère. Elle pilla.
- Eh bien, bonjour jeune fille, que me vaut cet honneur?
- Mais maman, je ne suis partie que quelques heures, qu'est ce que tu racontes?
- Je ne vous connais pas!
- Hein!
- Cessez de jouer la comédie mademoiselle, vous m'avez donné une fausse adresse, cette jeune fille n'est pas votre sœur, pas plus que cette femme est votre mère! Affirma Sirius derrière elle. »
