Hey hey! *C'est une baie... ouais non d'accord, j'arrête de chanter...*

Bien le bonjour, cher ami lecteur.

Je suis très fière de moi, vous savez? J'ai eu fini ce chapitre une semaine ennemi après le précédent, soit mercredi... C'est bien hein? :D Et je ne le poste qu'aujourd'hui, c'est nettement moins bien, n'est-ce pas? :D

Je ne sais pas ce que j'ai, désolée... Je me sens un peu folle aujourd'hui. Le soleil, probablement...

Soit.

Disclaimer: Hidekaz Himaruya et/ou la légende arthurienne possèdent les personnages, sauf un nouveau du nom de Oneira qu'on ne doit qu'à moi-même.

Réponse à la review de Kamine : Merci beaucoup pour ta review, je suis très contente et très honorée que Twelve's Quest continue à te tenir en haleine et à t'intéresser ;) Il n'y a pas de souci à se faire quant à ma motivation, il y a parfois des baisses, mais j'en suis arrivée à un point de l'histoire où je ne saurais pas m'arrêter, j'aurais trop le sentiment d'avoir tout écrit pour rien ^^ Et j'aime toujours autant l'écrire, donc ne t'inquiète surtout pas :3 Ciao~

Au programme de ce chapitre: Passé le cap de l'Ouragan, l'endroit perdu, isolé, au bout des mers... Bref. Vous connaissez Canary Bay? D'Indochine. Tout juste. Ben, c'est un peu ça. Mais en fait pas tout à fait. Il y a un lac et des filles qui vivent tout près, ça s'arrête plus ou moins là... Ah oui, et aussi, Francis et Antonio disparaissent...

J'espère que vous apprécierez ce dixième chapitre :D On approche du but!

Rendez-vous en fin de chapitre pour quelques bavardages supplémentaires...


Chapitre 10 : Le Lac

Assis comme à leur habitude en cercle autour du feu, les chevaliers mangeaient.

Ou du moins, certains mangeaient.

Arthur, quant à lui, se contentait de picorer dans son écuelle, comme si cela était tout à fait normal pour un roi convalescent.

Ca faisait plusieurs jours maintenant qu'il répétait le même stratagème aux différents repas, et cela n'avait pas échappé à Matthew.

-Arthur, reprenez un peu de viande. lui conseilla doucement Matthew en taillant dans le sanglier suspendu au-dessus du feu, avec l'un des couteaux de chasse de Gilbert, une tranche de viande qu'il fit atterrir dans l'assiette du souverain, qui sursauta.

-Non, merci. Prends-la, je n'ai pas faim.

-Pas de ça avec moi. Que vous ayez faim ou non n'est pas la question, vous devez reprendre des forces pour vous refaire une santé, ce n'est absolument pas le moment de manger moins. Et de toute façon, vous devez faire honneur à notre chasseur novice du jour… Lovino a failli payer ce repas de sa vie, ce serait très inconvenant de refuser.

Arthur leva les yeux au ciel, vaincu, et entama la tranche de viande, une petite pensée pour le pauvre Lovino qui avait été chargé par le sanglier qu'il avait débusqué et qui ne devait son salut qu'à l'intervention héroïque d'Antonio, qui l'avait abattu en pleine course. L'Espagnol qui n'était d'ordinaire pas si doué pour la chasse s'était amélioré et surpassé dès que la vie de son petit protégé avait été en jeu…

Arthur termina de manger en silence puis se leva et retourna dans la tente qu'il partageait désormais non seulement avec Alfred, Francis et Matthew mais aussi avec Antonio et Lovino.

Oui, Matthew avait raison, cela faisait quelques jours qu'il mangeait moins. Depuis qu'ils avaient commencé à se sustenter uniquement grâce au produit de leur chasse, en fait.

Et c'était là le problème: la chasse. Solution miracle, certes, mais qui comportait des risques malgré tout; Lovino en avait fait les frais l'après-midi même.

Le roi espérait secrètement qu'en diminuant sa consommation de viande, la fréquence des chasses diminuerait, ce qui limiterait par la même occasion les risques y étant liés.

Il avait également l'impression que tout était de sa faute. Le fait qu'ils aient perdu leurs provisions –carbonisées dans la grotte–, le fait qu'ils doivent rester à la même place sans pouvoir bouger –à cause de son état peu glorieux qui l'obligeait à se reposer après chaque effort, hors de question donc de voyager–, le fait qu'ils rencontrent sans arrêt des obstacles –à cause de son refus d'actionner la carte. Et même s'ils se remettaient à voyager, ils ne feraient que tourner en rond à l'aveuglette.

Ç'aurait été tellement plus simple s'il avait pu se servir de la carte… Une destination précise, un trajet déterminé et plus court, une chance de parvenir à bon port et de pouvoir sortir de la forêt. Parfait, en somme, s'il on exceptait le détail qu'était le reniement de Dieu et le pacte avec le Diable…

Arthur ne savait plus vraiment s'il appréciait toujours autant Merlin ou s'il avait plutôt l'envie de le maudire et de le laisser croupir dans sa prison –de laquelle Arthur n'aurait quand même pas pu le délivrer, mais soit.

Avec un soupir, Arthur se laissa tomber sur sa couche et ferma les yeux, songeant qu'il avait hâte d'être complètement rétabli pour pouvoir participer à la chasse et quitter cet endroit trop proche de trolls au goût de certains… Quels trouillards, quand même, parfois… Les trolls étaient si stupides qu'avec un simple sortilège camouflant l'odeur, ils étaient capables de passer à côté des chevaliers sans même imaginer qu'il s'agissait d'autre chose que d'arbres…

L'inactivité ne lui seyait guère, il se demandait d'ailleurs comment il avait pu rester plusieurs mois à Camaalot à broyer du noir sans participer à aucune quête.

Il avait grand besoin de se dégourdir les jambes…

oOo

Au grand soulagement d'Arthur, Lukas lui donna son aval pour changer d'endroit trois jours plus tard. S'il n'avait pas décidé d'épargner ses forces et de les réserver pour quelque chose d'utile, le roi aurait très probablement sauté de joie.

Ils avaient progressé encore un peu et avaient établi leur nouveau bivouac à quelques kilomètres au sud du précédent, non loin d'un point d'eau mais à distance respectable tout de même.

Aussitôt l'étang repéré, Francis, Antonio, Ivan, Matthias et Gilbert s'étaient rués à l'eau et avaient commencé à pêcher.

Cette fois, la compétition n'était pas de mise. Ils avaient simplement décidé de se rafraîchir et les idées et le corps tout en rapportant quelques poissons de taille modeste pour le repas du soir, sous la surveillance magique et attentive de Lukas. Le Norvégien se tenait en effet prêt à réagir à n'importe quel événement anormal. Il voulait à tout prix éviter une nouvelle confrontation avec les esprits des lacs.

Si la première fois, leur "attaque" n'avait pas eu de graves conséquences grâce à l'intervention de Gilbert, ils pourraient très bien décider de révéler toute leur puissance dans une seconde offensive, et là…

Bref, Lukas préférait être sur ses gardes.

Francis, quant à lui, se baignait, avec prudence sans oublier de s'amuser un peu pour relâcher la pression de ces derniers jours. Avec Gilbert et Antonio, sans oublier leurs frasques, c'était relativement facile…

Il riait à l'une des blagues salaces de l'albinos lorsqu'il sentit un pincement au mollet, comme une morsure.

Il fronça les sourcils et se pencha pour regarder sa jambe à travers l'eau claire. Il ne vit aucune trace d'agression et palpa l'endroit de sa main.

Il allait la remonter lorsqu'il sentit une résistance l'en empêcher.

Avant qu'il n'ait pu se demander ce que c'était, il se sentit brusquement saisi par le poignet et entraîné tout entier dans l'eau.

oOo

Il ferma les yeux, l'eau lui fouettant le visage à cause de la vitesse avec laquelle il était entraîné vers le fond.

Il essaya de se débattre, agitant les jambes, les bras, tentant à l'aveugle de frapper son assaillant, sans succès.

Son cœur battait à ses tempes, dans le silence de l'eau, il l'entendait distinctement.

Il manquait d'air…

oOo

-Frannie? fit Gilbert, perplexe, lorsqu'il vit Francis s'immerger totalement dans l'eau.

Le beau visage d'albâtre se durcit aussitôt avec tracas.

-Il va probablement nous sauter dessus pour nous mettre à l'eau… le rassura Ivan avec un sourire.

Antonio ne l'entendait pas de cette oreille. Lui qui était proche de l'endroit où Francis avait plongé, il pouvait voir que le blond ne se trouvait plus là, même sous l'eau. Littéralement disparu.

-Je vais voir… décida l'Espagnol avec sérieux.

A son tour, il plongea tête la première dans l'eau.

Gilbert s'approcha de lui.

Et bientôt, il ne vit plus Antonio non plus.

-Scheisse, qu'est-ce que c'est que ça encore…?

oOo

Francis crut qu'il avait atteint le paradis lorsqu'il ouvrit le yeux et qu'il sentit un vent frais lui caresser la joue et sa tête reposer sur du sable fin. Ses pieds étaient chatouillés à intervalles réguliers par les vagues, et il fut ébloui par le soleil.

Lorsqu'il eut assez de force pour se pincer la joue, il dut se rendre à l'évidence et se rappeler que s'il avait été au paradis, il aurait été accueilli par Saint-Pierre et non par une plage.

Bon.

On l'avait donc ramené à la surface, mais il ne se souvenait pas avoir admiré un tel paysage avant son plongeon.

Antonio gisait à côté de lui, hoquetant et crachotant de la plus élégante et distinguée des façons. Il avait apparemment bu plus d'une tasse, lui aussi.

-Francis! hoqueta-t-il avec surprise et soulagement lorsqu'il fut en état de parler. Où est-ce que tu étais passé?

-J'ai été entraîné sous l'eau… Par un gros poisson, à ce qu'il semble. Merci de m'avoir ramené à la surface, au fait.

-Je ne t'ai ramené nulle part. démentit Antonio. J'ai cru que j'allais mourir asphyxié sans même pouvoir te voir dans l'eau… Je me suis sentit entraîné vers le fond et je n'ai rien pu y faire.

-Alors qui…? demanda Francis.

Il fut coupé dans son interrogation par la sortie de l'eau d'une jeune fille.

Et quelle jeune fille…

Elle avait de longs cheveux ondulés d'une magnifique couleur de miel, la peau hâlée par le soleil et de grands yeux bleus malicieux. Elle ne portait qu'une fine et courte tunique couleur feuille, au décolleté lacé raisonnable et à la taille resserrée par une mince ceinture de cuir. Son vêtement laissait voir des bras délicats et de longues jambes élancées.

Elle sortait de l'eau, et pourtant, elle ne semblait pas mouillée.

-…Vous a remontés à la surface? compléta-t-elle, un sourire étirant ses fines lèvres.

Francis, tout à sa surprise, ne fit qu'acquiescer d'un signe de tête.

-C'est moi. répondit-elle.

-Qui… Qui êtes-vous? demanda Antonio, perplexe.

-N'ayez crainte, messires, je suis votre alliée. Je m'appelle Oneira. dit-elle avec une petite révérence. En revanche, sachez que je ne vous ai pas ramenés à la même surface que celle que vous avez quittée…

-Comment cela? demanda Francis, sautant sur ses pieds et inspectant les environs.

Devant lui s'étendait, apparemment, une mer, à perte de vue. Il se trouvait sur la plage et derrière lui s'élevait un château gracieux, ouvert et tout en colonnades, entouré d'arbres fruitiers baignés par le soleil.

-Ma maîtresse voulait s'entretenir avec vous. expliqua la dénommée Oneira avec un haussement d'épaules. Sur ordre de ma maîtresse, vous avez été amenés ici, chez elle.

Pitié, faites que cette maîtresse ne soit pas Morgane…

Antonio était sur le qui-vive, lui aussi… Dieu seul savait qui pouvait être cette "bienfaitrice" qui leur avait fait traverser un lac sans se noyer… C'était peut-être pour mieux les achever après…

Pourquoi, mais pourquoi avaient-ils laissé leurs armes sur le rivage avant de se jeter à l'eau?

-La voilà, d'ailleurs. annonça Oneira en montrant un point dans leur dos du doigt.

D'un même mouvement, les deux compagnons d'armes et amis se retournèrent et, tous deux, ils se détendirent imperceptiblement lorsqu'ils virent qu'il ne s'agissait pas de Morgane.

Elle n'avait ni la même chevelure flamboyante ni la même puissance dévastatrice qui se dégageait d'elle.

Cette jeune femme-ci avaient des cheveux chocolats séparés en deux nattes tressées de rubans rouges, assortis à sa robe légère, et tout, de son sourire à son aura, inspirait la douceur et la bienveillance.

Sa peau aussi était foncée, et ses yeux bruns s'attardèrent sur le visage de Francis avec tendresse.

-Bienvenue, chevaliers. Je suis la Dame du Lac.

Sous les regards méfiants d'Antonio et Francis, elle simula d'être vexée et lança à Francis, affectueuse:

-Mais enfin, Francis, tu sais bien que tu n'as rien à craindre de moi! M'aurais-tu oubliée?

Francis fronça les sourcils puis écarquilla les yeux, les souvenirs lui revenant.

Il savait maintenant pourquoi ce visage lui était familier…

oOo

-Mais qu'est-ce qu'on va faire? répéta Gilbert, alarmé, pour la quinzième fois.

-Je réfléchis, Gil, je réfléchis! tempêta Arthur.

La voix de Lukas résonna, cinglante comme de la glace:

-Je n'arrive pas à les localiser.

Gilbert donna un grand coup de poing dans un arbre qui avait eu le malheur de se tenir trop près de lui.

Roderich voyait très bien qu'il était complètement anéanti. Ses deux meilleurs amis venaient de disparaître sans laisser aucune trace. Et même si personne ne le disait, tout le monde y pensait: rester immergé plusieurs minutes d'affilée signifiait inéluctablement… La mort…

Ce qui expliquait la colère et le désespoir de Gilbert, la rage et les joues rouges d'un Arthur fulminant, le teint livide et les larmes silencieuses de Lovino, et le choc de tous les autres chevaliers.

Roderich s'approcha de Gilbert, saisit la main meurtrie de son amant et la pressa dans la sienne.

-Ils ne sont plus de ce monde. crut bon d'ajouter Lukas avec tout le tact qu'on lui connaissait.

-Tu ne crois pas si bien dire, chevalier! lança une voix en provenance du lac.

Tous se retournèrent vers la jeune fille qui avait parlé.

-Ils ont, continua la nouvelle arrivante, comme qui dirait changé de monde… Ils sont de l'autre côté du lac… Ils sont chez moi et, rassurez-vous, ils sont bien vivants. Je dirais même qu'ils sont en parfait état. Je suis la Dame du Lac. J'aimerais parler à Sa Majesté le roi Arthur.

La main sur la garde de leurs épées, les chevaliers s'écartèrent pour la laisser approcher d'Arthur, qui la toisait, méfiant.

-Je ne voulais au départ que revoir Francis, mais il se trouve que j'ai des choses à débattre avec vous aussi.

-Revoir… Francis? releva Arthur.

-En effet. Je suis sa nourrice. Et sa préceptrice, même si le garnement n'écoutait pas grand-chose…

Le silence tomba sur l'assemblée.

-Il vous le confirmera dès que vous serez réunis.

-Où est-il?

-Je vous l'ai dit, chez moi, au fond du lac. Je me suis créé un lieu de vie là-bas, c'est l'endroit le plus sûr de cette forêt. Pour vous aussi. J'aimerais que vous m'accompagniez là-bas. Je sais que vous avez tous été blessés au moins une fois et que vous n'êtes pas dans les bonnes conditions pour récupérer. Croyez-moi, Arthur, ce n'est pas dans cet état que vous parviendrez au château du Graal. Vous avez besoin de repos, de sécurité et de conditions de vie favorables avant de vous remettre en route. Je vous offre l'hospitalité.

-Comment pourrais-je vous faire confiance après toutes les mauvaises surprises que la forêt nous a réservées? Le lac précédent à failli rendre Elizabeta folle!

-Je n'ai aucune garantie de ce que j'avance, c'est vrai. concéda-t-elle. Mais vous devez me faire confiance, il en va de votre survie et de la réussite de votre quête. Quant au lac dont vous parlez, je n'y suis pas étrangère, cela est vrai aussi. Il s'agit d'un lac de défense… Bien souvent, mes ennemis qui me cherchent ici plongent dans celui-là en croyant parvenir chez moi, et ils sont rendus fous par les esprits qui l'habitent ou meurent d'asphyxiés. Celui-ci est exempt de tout être magique, moi mise à part. Faites-moi confiance.

Arthur était tenté. Terriblement tenté. Après tout, il était plus simple de croire cette femme et que de faire face à la mort de deux compagnons d'armes. Il était bien plus facile d'espérer avoir un toit au-dessus de la tête pour la nuit que de se faire à l'idée qu'il devrait endurer une nuit de campement supplémentaire.

D'un autre côté, il ne sentait aucune animosité dans l'aura de sa visiteuse. Et puisque Lukas n'avait rien tenté contre elle, il y avait fort à parier que lui non plus.

Cette aura magique n'avait rien d'hostile, mais n'était pas non plus trop lisse pour être réelle. Si elle avait voulu, la Dame du Lac aurait très bien pu créer une illusion pour mettre Arthur en confiance, mais il ne s'agissait nullement de cela. L'aura lui apparaissait de façon naturelle et non bridée ou dissimulée.

-Faites-moi confiance, Arthur. répéta-t-elle. Voulez-vous que je jure devant Dieu que je ne vous veux que du bien?

-Seriez-vous prête à le faire? demanda Arthur.

Elle le regarda dans les yeux et répondit sans ciller.

-Bien sûr. Je jure devant Dieu que je ne vous veux aucun mal et que je cherche seulement à vous aider. Voilà qui est fait. Veuillez tous me suivre, à présent.

-Non. protesta une voix faible.

Lovino se racla la gorge et répéta:

-Non. Je pars en éclaireur. Ainsi vous serez fixés. Si je suis toujours en vie après avoir atteint le fond et sa prétendue demeure, je remonterai et je vous avertirai. Si je meurs… J'aurai rejoint Antonio…

Il avait prononcé sa dernière phrase d'une toute petite voix qui en disait long sur son chagrin.

-C'est hors de question, c'est trop dangereux…! objecta Elizabeta.

-C'est ma volonté. Arthur… Laisse-moi y aller.

Le roi et l'Italien échangèrent un long regard dans lequel Lovino transmis toute sa douleur, sa tristesse et sa détermination.

Arthur acquiesça finalement.

Sans un mot, sous les regards inquiets et médusés des autres chevaliers, Lovino, enserrant le fourreau de son épée dans un bras, marcha résolument vers le Lac, dans lequel il s'enfonça jusqu'à disparaître de la surface.

oOo

Lovino crut qu'il n'atteindrait jamais le fond. Mais lorsqu'il eut perdu tout espoir et se prépara à la mort lente et paisible d'un noyé, il aperçut une lumière et se laissa bercer par le courant jusqu'à elle.

Ses poumons le brûlèrent lorsque, l'ayant atteinte, il respira de nouveau.

Il était de retour sous le soleil, dans la mer cette fois, et le rivage n'était pas loin de lui.

Il nagea jusqu'à la plage de sable qui s'offrait à lui et là, n'en croyant pas ses yeux, il contempla d'abord un château, ensuite la huitième merveille du monde.

Antonio.

Antonio, vivant, souriant à Francis, qui tournait la tête vers la mer et donc vers Lovino, Antonio dont le visage s'illumina encore plus lorsqu'il vit son écuyer sortir des flots, courir vers lui et se réceptionner dans les bras puissants de l'Espagnol avec grâce, avant de l'embrasser avec passion, fougue et désespoir.

-Cazzo… Je te croyais mort… haleta-t-il avant de fondre à nouveau sur les lèvres de son amant.

-Je veux bien mourir plus souvent si c'est pour être gâté comme ça lors de ma résurrection… répliqua Antonio avec un sourire, ce qui lui valut une frappe amicale sur la tête de la part de Lovino.

Lorsque l'Italien fut remis de ses émotions et se souvint avec gêne que Francis et une étrangère se trouvaient juste à côté de lui, il cessa ses baisers et Francis en profita pour demander:

-Les autres te suivent, j'imagine…?

Les autres.

Ah oui, les autres…

Les autres que Lovino était supposé prévenir s'il était toujours vivant… Et qui ne manquaient probablement pas de s'inquiéter, là, en haut. Ou en bas. Ou bref, de l'autre côté.

Il quitta à regrets les bras d'Antonio et annonça:

-Je vais les chercher. Attendez-nous ici, nous arrivons.

Courageusement, Lovino laissa son épée à son ancien maître et repartit dans la mer.

oOo

Pour réapparaître, trempé et crachotant, sur la terre ferme de la forêt de Brocéliande.

Les chevaliers restés sur place accoururent aussitôt vers lui et deux voix le pressèrent de questions presque similaires:

-Ils sont vivants?

-Sont-ils en vie? Comment va Francis?

Lovino prit le temps de respirer à nouveau, écarta quelque peu ses compagnons qui l'encerclaient et déclara:

-Ils sont vivants… Ils vont bien… Ils n'ont rien…

Gilbert laissa libre cours à son soulagement et souleva Lovino de terre, l'enserrant entre ses bras à l'en étouffer, tandis qu'Arthur porta une main à son cœur et soupira bruyamment.

Il ne savait pas pourquoi, soudain, la vie de Francis comptait plus que celle des autres, plus que celle d'Antonio ou plus que la sienne, mais il n'avait pas trop envie de s'attarder sur les causes et les effets… Il psychoterait un autre jour… En tout cas, pas maintenant.

Il se tourna vers la Dame du Lac, qui regardait la scène avec un sourire bienveillant

-Nous vous suivons.

oOo

Arthur émergea à son tour de l'eau, le premier de la troupe de chevaliers qui le suivait. Son attention se concentra tout naturellement uniquement sur Francis.

Francis dont les cheveux dorés brillaient au soleil, doucement taquinés par le vent. Francis qui lui adressait un sourire tendre. Francis qui l'attendait, sur le rivage, sa chemise de lin blanc volant au vent et découvrant de temps à autre ses abdominaux. Francis qui échangea un regard long et intense avec le roi et qui s'abstint de tout mot ou trait d'humour devant l'air soulagé qu'arborait son compagnon d'arme. Puis Francis qui fut submergé, de même qu'Antonio, par une tornade blanche vociférant qu'il ne fallait plus jamais lui faire un coup pareil.

Une fois qu'ils furent tous arrivés à destination, la Dame du Lac et sa suivante, Oneira, les conduisirent dans le château qui se trouvait non loin.

Il était en fait constitué de plusieurs ailes distinctes, reliées entre elles par des escaliers taillés à même la roche ou par des longues colonnades couvertes et ouvertes sur l'extérieur, laissant tout le loisir d'admirer le décor alentour, constitué de chutes d'eau, d'arbres fruitiers, de ponts, de buissons, de ruisseaux et de parois rocheuses.

Les bâtiments en eux-mêmes, s'ils étaient pour la plupart couverts, étaient eux aussi tous ouverts sur l'extérieur. Les terrasses dominant les environs par-dessus de petites collines étaient nombreuses. Les chambres qu'on assigna aux chevaliers étaient généralement rondes et reliées aux pièces centrales par des colonnades moins longues que les précédentes. Elles étaient meublées avec goût et tout le confort nécessaire.

La verdure était omniprésente, de même que les allusions marines. Les meubles étaient taillés dans du bois marin, léger et élégant. On trouvait des formes de coquillages, de vagues ou d'animaux marins un peu partout.

Le soir, on les convia à un repas lors duquel ils partagèrent la table de la Dame du Lac, d'Oneira et de toutes ses suivantes dont les innombrables noms se mélangeaient dans les esprits des chevaliers un peu déboussolés.

Au menu, ce fut bien sûr du poisson, ainsi que des algues et du pain qui n'avait rien de semblable à ce qu'ils connaissaient chez eux. Ils n'osèrent pas demander à base de quoi il avait été fait mais les chevaliers se doutèrent bien qu'il ne s'agissait probablement pas de farine de blé…

Certaines jeunes filles, qui étaient en fait les apprenties de la Dame du Lac, quittèrent rapidement la table pour jouer un peu de musique. De la harpe, du violon et de la lyre résonnèrent bientôt dans la salle à manger à ciel ouvert et déversèrent leurs notes douces, chaleureuses, magnifiques et réconfortantes.

Après le repas, Arthur fut invité par la Dame du Lac dans une pièce qu'il devina être une bibliothèque.

-Comme je vous l'ai dit, Arthur, nous devons parler de certaines choses. Je suppose que vous avez des questions à me poser.

-Je voulais d'abord vous remercier pour votre hospitalité… C'est tellement beau, ici… J'ai du mal à croire que nous sommes toujours à Brocéliande.

-Vous n'y êtes plus vraiment… Mais soit, cela importe peu.

-Comment se fait-il qu'un lieu si paradisiaque se trouve dans la forêt du Diable?

-J'ai pour mission de veiller sur les voyageurs égarés. Et ils sont nombreux. Seulement, tous, sans exception, décident de repartir vers leur quête du Graal, et je n'ai d'autre choix que de les laisser partir. Jamais un seul n'est repassé par ici après en être parti… Et jamais aucun d'eux n'a trouvé le Graal. Je forme aussi de jeunes magiciennes, que vous avez vues tout à l'heure, qui remontent à la surface après leur apprentissage et rejoignent le monde, sur lequel elles veillent pour moi.

-Je suppose que vous voulez me dissuader de poursuivre ma quête…

-Non. démentit-elle. Je ne suis pas là pour ça. Je ne peux m'opposer à votre destin, il a été écrit par des puissances contre lesquelles ma volonté de vous voir en vie, vous et vos compagnons, ne peut rien.

-Bien… Dites-moi… Etes-vous en mesure de m'indiquer où se trouve le Graal?

-Non. Je ne suis pas capable de me repérer dans cette forêt. Et la puissance que le Diable a déployé autour du Château du Graal m'empêche de m'y rendre grâce à la magie.

Elle ajouta, devant l'expression déconfite d'Arthur:

-Je suis désolée.

-Ce n'est rien… Je commence à m'habiter aux vexations liées à cette quête… J'espérais enfin pouvoir me repentir de ma faiblesse en emmenant mes compagnons sans danger là-bas, mais je suppose qu'une fois sortis d'ici, nous reprendrons notre errance…

-Vous oubliez la clef que Merlin vous a offerte. La carte.

-Je ne puis l'utiliser sans renier ma foi.

-Je le sais. Soyez sans crainte. Un jeune roi chrétien qui se lance à la recherche du Graal doit avoir une foi à toute épreuve, et vous l'avez, Arthur. Je le sais, et je suis persuadée que d'autres que moi, là-haut, le savent aussi. Mais au-delà de ce problème, il y a le fait que le Diable risque d'habiter votre corps si vous le lui offrez en activant la carte. C'est en cela surtout que cette manœuvre est dangereuse. Sur ce point, cependant, dit-elle avec un regain d'enthousiasme, je peux vous apporter mon aide. Je suis en mesure de repousser le Diable lors de l'activation pour qu'il ne prenne pas le contrôle de votre corps. Il sera tapi quelque part dans votre être, sans pour autant pouvoir vous contrôler ou vous ôter votre volonté. Sa puissance sera scellée et il ne risquera pas de vous détruire.

-Vous pourriez faire ça?

-En effet. Cependant, cela nous demandera des forces considérables, à vous comme à moi, que vous n'êtes pas en mesure de fournir actuellement. Avant cette opération, vous devrez recouvrer toutes vos forces et vous constituer une importante réserve d'énergie. Je crois que nous aurons également besoin de votre ami magicien et de quelques-unes de mes apprenties. Etes-vous partant?

-Oui, bien sûr! s'exclama Arthur. C'est la première bonne nouvelle depuis des lustres! Tant pis si cela doit me coûter la vie, au final, la carte sera à notre disposition. Merci de votre aide!

-Malgré tout le respect que je vous dois, je vous ordonne de vous reposer avant cela. Un mois de repos ne devrait pas être de trop. De plus, tous vos hommes en ont besoin.

-Un mois… C'est d'accord. Nous sommes en sécurité ici, je ne vois aucune objection à nous attarder.

-Parfait. Ce sera tout pour ce soir. Je vous souhaite une bonne nuit, Arthur.

Sur ces derniers mots, elle quitta la bibliothèque, le reconduisit dans un jardin bordant les chambres des chevaliers et disparut dans la sienne, un étage plus haut.

Arthur quant à lui s'attarda auprès de ses compères, rassemblés dans la verdure, assis sur des chaises de bois tressé.

Il s'assit sur l'une d'elle avec un gros soupir de satisfaction.

-Vous êtes tous sains et saufs? demanda-t-il.

-Oui. affirma Matthias après un rapide tour de table.

-J'en suis heureux. Je m'excuse pour tout ce que je vous ai fait subir. Tout ce qui vous est arrivé est de ma faute… Mais c'est fini, maintenant.

Il regarda Francis droit dans les yeux.

-Je vais prendre mes responsabilités. reprit-il. D'ici un mois, lorsque nous aurons tous récupéré, je vais prier le Diable de desceller la carte, et nous irons tous au Château du Graal.

Francis eut un sourire et répondit:

-Ce n'est pas trop tôt…


J'espère que ça vous a plu :3

Traductions:

Scheisse : merde (allemand)

Cazzo : putain (italien)

Oneira vient du grec 'Oneir qui veut dire "le rêve". Rien à voir avec le personnage mais en étudiant du vocabulaire de grec, je me suis dit que c'était joli comme prénom pour un OC... Voila qui est fait ^^

Pour info, la Dame du Lac, c'est Seychelles. Vu que ce sont des îles, ça correspond bien au côté marin du personnage.

Sa demeure est à peine inspirée de l'Imladris de Tolkien... :3

Si vous avez bien compris, le retour de l'action se fera dans le prochain chapitre :D

A bientôt ~