Chapitre 3 : Assumer les conséquences de ses actes


Elle s'était dégagée de la poigne de Sirius et perdue dans ce monde qui lui paraissait incohérent, s'était enfuie dans la rue. Là elle avait marché, sans but. Les même questions défilaient dans sa tête mais elle ne voyait pas où avoir les réponses. Il allait bientôt faire noir et elle ne se voyait pas rentrer chez elle. Où allait-elle passer la nuit? Elle transplana devant le Terrier.

Arrivée, elle constata que les lumières de l'entrée y étaient déjà allumées. La porte s'ouvrit et une silhouette approcha, rejoignant le poulailler. Quand elle l'aperçue, il s'approcha et Hermione reconnu avec soulagement Ron. Au moins il ne lui ferait pas de mauvaise plaisanterie, comme Fred et Georges.

« Bonjour Ron, je suis désolée pour la claque que je t'ai mise il y a une semaine, se lança-t-elle maladroitement.

- Bonjour mademoiselle. Heuuu vous êtes toute excusée, je ne me rappelle ni de vous avoir rencontré ni que vous m'ayez mis une baffe, avoua-t-il en se grattant la nuque. »

Hermione interpréta ce geste comme un signe d'intense gène. Ron n'attendit d'ailleurs pas et lança rapidement leur pitance aux poules avant de s'éloigner au pas de course, la laissant de nouveau seule dans la nuit.

Mais pourquoi personne ne la reconnaissait? Qu'est ce qu'elle pouvait faire? Elle pensa aux livres de Square Grimmaud. Ils contenaient surement la réponse. De toute façon, c'était son seul choix puisqu'elle n'avait pas d'argent pour acheter des livres à Fleury et Bott et que Poudlard n'était plus sur depuis la mort de Dumbledore.

Morne, elle rassembla ses forces restantes pour apparaître devant Square Grimmaud. Elle essaya d'ouvrir mais la porte resta fermée et elle du se résigner à toquer. La porte s'ouvrit pour la seconde fois de la journée et Sirius la reconnue.

« Bonsoir, que...encore vous!

- Je vous en supplie, je n'ai nulle part où aller...

- Donc vous avez bien fugué?

- Non Sirius, je vous le jure!

- Alors pourquoi m'avez vous mené en bateau ce matin?, répliqua vivement Sirius sans se formaliser de l'usage de son prénom.

- Je n'ai pas menti. Je m'appelle Hemione Granger et ma mère s'appelle Jane!

- J'ai justement parlé avec Madame Granger après votre départ précipité et elle m'a confirmé qu'elle n'avait qu'une fille, Harmonie! »

Hermione sentit son monde s'écrouler. Pourquoi semblait-elle avoir disparu des mémoires? Elle avait froid, son ventre gargouillait après une journée de diète forcée et ses jambes flageolaient. Si elle n'était pas morte, cela voulait dire qu'elle avait « bouclé la boucle » et donc qu'elle avait bien réintégré son monde et pas un autre si tant est que d'autres mondes existent. Mais les changements étaient immenses et elle ne s'y retrouvait plus. Elle ne s'était pourtant pas tuée dans le futur puisqu'elle était rentrée tout de suite pour éviter tout risque.

« Je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais il faut me croire!

- Ah? Fut tout ce que Sirius trouvait à dire devant cette toute jeune femme qui lui semblait définitivement folle. Cependant une petite voix lui disait de ne pas la laisser là.

- Je devrais vous emmener aux Aurors, gronda-t-il, la faisant trembler de plus belle. Devant l'air malade d'Hermione, il se radoucit cependant. De toute façon, cette semaine ils sont débordés par l'affaire des Loups-Garous D'Asott, alors...bon vous feriez mieux de rentrer chez moi. On sera plus à l'aise pour discuter.

Hermione accepta malgré l'air sceptique de Sirius. Il lui ouvrit la porte et se pencha :
- Après vous mademoiselle! Fit l'éternel gentleman. »

Hermione rosit alors qu'une réflexion totalement hors de propos lui venait : c'est le parrain de Harry ma vieille arrête ton char! Il la détailla au passage. Elle était un peu plus petite que la moyenne, avec un visage de poupée un peu petit avec son menton pointu, qui tranchait avec de grands yeux bruns ronds et assez doux avec leurs éclats dorés. Ses cheveux étaient longs et d'un châtain clair très joli avec leur multitude de boucles et malgré leur manque évidant d'entretien. Sirius haussa un sourcil devant l'attitude étrange de sa protégée: elle se dirigeait directement vers la cuisine comme si elle savait le chemin!

Ils s'installèrent toujours silencieux et Sirius vit une lueur de défi percer ses yeux, comme pour le défier de la traiter de folle. Il prit les devant et mis la théière à chauffer en lui indiquant de s'assoir. Puis il se décida enfin à parler, prenant son courage à deux mains:

« Pourquoi reviens-tu toujours à moi?

Devait-elle dire la vérité? Après tout elle était rentrée dans son époque, il le lui avait dit. Oui décida-t-elle, elle avait besoin d'un soutien et d'explications.

- Je...tout à l'heure je suis allée chez les Weasley. Je suis amie avec. Ils ne m'ont pas reconnue avoua-t-elle. Je ne sais pas où est Harry mais je suppose que...

- Tu as parlé de mon neveu, il me semble? Il est important pour toi?

- C'était mon meilleur ami.

- Ah, Je ne savais pas qu'il avait d'autre ami que Draco! Tu es à Serpentard?

Hermione fut abasourdie devant tout ce que ces informations sous-entendaient: elle avait donc tant changé le futur? Comment Harry pouvait-il être ami avec Draco? Comment Sirius avait-il pu être sauvé?

- Non! Je suis à Griffondor comme Harry!

Le regard de Sirius se fit soudain dangereux.

- Encore des mensonges! Mon neveu est à Serpentard! »

S'en était trop elle fondit en larmes une bonne fois pour toute se laissant choir au sol. Sirius la regarda étonné. Il avait vu passer son visage de la compréhension victorieuse à la prise de conscience douloureuse. Elle était manifestement à bout de force. Supporterait-elle un interrogatoire poussé des Aurors? Elle semblait déjà sur le point de se briser...elle ne pouvait pas être un danger dans cet état.

« Calmez-vous. Je pense que vous devriez dormir un peu, vous êtes épuisée.

- Mais où? Où?

- Pour ce soir, ici. Il y a de nombreuses chambres inoccupées. »

Elle se sentit relevée et menée dans les escaliers. Ayant perdu tout contrôle, elle arriva dans une chambre aux nuances sombres mais qui était propre, contrairement aux chambres du Square qu'elle connaissait. Epuisée, elle se laissa tomber sur le lit. Ses yeux se fermèrent dès que sa tête se posa sur l'oreiller.