... OMG!
Moins d'un mois pour publier un nouveau chapitre! Je tiens le bon bout les gars, je tiens le bon bout! XD

En fait c'est juste que les chapitres à venir, ça fait un moment que je les mûri dans mes esprit dérangé, donc ils sortent plus facilement ^^
(et j'ai surtout besoin d'écrire pour décompresser un bon coup -.- )

Bref, comme toujours, un grands merci aux reviewers toujours plus nombreux:
Eclipse 1995, Eclipsia, LegolasKili, Pawliin3, psychedelik, loveyaoi-15, CaelRanya, Maman bouba, Hinaya-chan, Hinata, Lucie227, Luja, Grain-de-sel, Landydou, Baka Lendie, Valeara.

Eclipsia: Eclipsia, mes cheveilles, penses y un peu STP! XP. C'est pas que j'aime pas être flattée, mais toute les choses que vous me dites tous me font rougir! ^^ Un grand merci pour cette review, j'espère que ce chapitre sera plus palpitant =)

CaelRanya: Mail? Mais je croyais que t'étais là en guest x)
Je veux pas que Luana écrase les autres. Elle s'incruste déjà bien assez dans le monde, je veux pas en plus qu'elle pique la vedette aux autres en les remplaçant =) Merci pour ta review!

Hinata: Mais pourquoi pour l'écriture? XD Question rapprochement Legolas/Luana, tu vas être servie, et pareil pour les amitiés ;) Mais arrêtez de dire que c'est une drogue, je vais me faire embarquée par les stup' XP

Lucie227: et oui, je tiens le bon bout là ^^ Les prochains chapitres devraient arriver assez vite =)

Luja: merci =) la suite , la voici.

Baka Lendie: Mais arrêtez vous allez me faire péter les chevilles! XD Haaaa, Nana séduit par son côté sage et maternelle, à moins que c'est tout simplement le fait qu'elle soit une louve. Chtit... T'es nordiste? =D Mais Borormir c'est pas un méchant! ^^ T'as pas ri avec le chapitre Roméo et Juliette? x)

Valeara: rholalala, que d'éloges ^^. Hahaaaa, le baiser avec Legolas... va falloir attendre ;) Pour les attentes je fais ce que je peux mais c'est pas toujours facile... Mais ne t'inquiète pas, les prochains chapitres ne devraient pas trop tarder =)
Merci pour ta review =)


Chapitre 40 : cabellos malditos !

- Gandalf !

Luana, jusque-là restée en retrait, indécise, se jeta sur le mage. Elle avait besoin de se rassurer, de se prouver que ce n'était pas un mirage. Lorsque ses bras s'enroulèrent autour du cou du vieil homme, elle put le sentir contre elle. Sa barbe blanche, douce et bien entretenue, lui chatouilla le visage, tandis que ses mains rencontraient les cheveux argentés et le contact du tissu.

Elle ne fut sûre et certaine que ce n'était pas Saroumane, déguisé en Gandalf, que lorsque le mage, avec son rire caractéristique, la serra doucement en retour. Et t'as pas rit avec le chapitre Roméo et Juliette

- Et bien jeune Luana. Je ne m'attendais pas à un tel accueil de votre part.

- À quoi vous vous attendiez ? bougonna-t-elle en s'éloignant. On vous croyait mort !

Brusquement, le visage de la jeune fille se crispa et sa bouche prit un pli colérique.

- Ça va, vous vous êtes bien marré ? Ça vous éclate de faire flipper et bader les autres en vous faisant passer pour mort pour ensuite réapparaître la bouche en cœur ?

« Luana ! Ne commence pas veux-tu ? »

- Merci, dame Naurofána, répondit Gandalf en regardant la Nauro droit dans les yeux, comme s'il pouvait voir la louve au fond d'elle.

Luana le considéra avec incrédulité. Il… il n'avait tout de même pas entendu Naurofána ? Et… comment… ?

- Vous êtes tombé, souffla Aragorn, toujours interdit.

La mage se tourna vers lui. Son regard s'était fait grave, lointain, comme plongé dans les tourments d'un passé proche, et pourtant si éloigné dans le temps et l'espace.

- À travers le feu et l'eau, déclara-t-il sombrement. Du plus profond cachot au plus haut sommet, je combattis le Balrog de Morgoth. Jusqu'à ce qu'enfin je pus jeter à bas mon ennemi, qui alla sur briser sur le flanc de la montagne. Les ténèbres m'entourèrent, et je m'égarais hors de la pensée et du temps. Les étoiles tournaient au-dessus de moi et chaque jour était aussi long qu'une existence sur la Terre. Mais ce n'était pas la fin, je sentis la vie revenir en moi. Je fus renvoyé, jusqu'à ce que ma tâche soi accomplie.

L'homme, l'Elfe, le Nain et la Nauro l'écoutaient avec attention, captivés par son récit et les mystères qu'il renfermait. Luana, en un autre temps et avec quelqu'un d'autre, aurait ri à pareille histoire se demandant ce qu'il avait bien pu fumer pour se taper un trip de ce genre. Mais elle savait pouvoir croire Gandalf. Il avait vu des choses, elle s'en doutait, et connaissait le monde depuis bien des âges. Il savait bien des choses, et pressentait toujours les changements au fil des temps. À la place de savoir ce qui avait pu lui valoir une telle aventure, elle se posa juste la question : qui l'avait renvoyé ? À l'entendre, il était le héraut d'une quelconque force qui lui avait confié de veiller sur le monde. Il faudrait à la Nauro lui poser des questions à ce sujet. Mais avant :

- Gandalf, vous avez dit que vous aviez croisé Merry et Pippin. Où sont-ils ?

- Ils sont entre de bonnes mains, ne vous inquiétez pas. Tout comme Frodon, leur chemin s'écarte de celui que la Communauté s'était tracé, afin qu'ils puissent réaliser ce qui est attendu d'eux.

- Vous savez ce qu'il est advenu de Frodon ? demanda Gimli, une lueur d'espoir dans la voix.

- Il a décidé d'aller seul en Mordor, et il est parti : c'est tout ce que je puis dire, dit avec dépit le mage.

- Pas seul, dit Legolas.

- Sam l'accompagne, compléta la Nauro avec un pincement au cœur, repensant à l'embarcation qui emportait le porteur de l'Anneau, son cher Frodon, et le Hobbit jardinier.

- Vraiment ? questionna Gandalf en s'appuyant un peu plus sur son bâton, se penchant vers elle. C'est pour moi une nouvelle, mais je n'en suis pas surpris.

Il se redressa et sourit à chacun.

- J'apporte des messages à certains d'entre vous, fit-il dans un sourire. De la part de la Dame de Lórien. À Aragorn, elle dit ceci :

« Où sont maintenant les Dunedains, Elessar, Elessar ?

Pourquoi les tiens errent-ils au loin ?

Proche est l'heure où devraient revenir les Égarés

Et du Nord descendre la Compagnie Grise.

Mais sombre est le chemin qui t'est réservé :

Les Morts surveillent la route qui mène à la Mer. »

Luana considéra avec étonnement le Rôdeur, qui sembla comprendre le sens de ces mots étranges. Il pencha doucement la tête en avant en signe d'acceptation de ces paroles, le visage pourtant sombre et songeur. Au regard interrogatif qu'elle lui lançait, il ne répondit que par le silence.

- À Legolas, elle a envoyé ce message :

« Legolas Vertefeuille, longtemps sous l'arbre

Dans la joie tu vécus. Prends garde à la Mer !

Si tu entends le cri de la mouette sur le rivage,

Ton cœur plus alors dans la forêt ne se reposera »

Cette fois-ci, la Nauro sentit son cœur tomber comme une pierre au fond d'elle. Qu'est-ce qu'elle entendait par là ? Quel tourment la mer pouvait donc lui apporter pour qu'il ne puisse plus jamais être heureux chez lui ? Est-ce que ça voulait dire qu'il les quitterait ? Elle tâcha de ne pas le regarder, pour ne pas voir sur son visage le moindre signe indiquant qu'en effet, il souhaitait partir pour la mer et disparaitre sur les eaux éternelles.

« Merci Galadriel pour ces charmantes nouvelles ! » songea-t-elle avec morosité.

Gandalf s'était tu, visiblement plongé dans ses pensées.

- Elle ne m'a pas envoyé de message ? demanda Gimli, piteux.

- Excusez-moi, Gimli ! Je réfléchissais une fois de plus aux messages. Mais, en fait, elle vous a envoyé aussi quelque chose.

« À Gimli fils de Gloïn, a-t-elle dit, transmettez les compliments de sa Dame. Porteur de boucle, où que tu ailles, ma pensée t'accompagne. Mais prend bien soin d'appliquer ta hache au bon arbre ! »

La mine du Nain s'éclaira brusquement, ravi de ce mot à son intention, ne prêtant aucune attention à a mise en garde finale. Le mage eut un sourire, avant de se tourner vers la Nauro.

- À vous aussi Dame Galadriel m'a demandé de vous transmettre un message, jeune Luana.

« Entre conscience et inconscience sont de sombres flots.

Ne vous laissez pas prendre pas ces eaux,

Car rêve et réalité ne sont jamais ce qu'il parait.

Un jour vous trouverez la vérité,

Mais prenez garde au prix à payer. »

Luana cligna des yeux, fixant le mage avec incrédulité. C'était une prédiction à son intention ? Vraiment ? Autant Aragorn avait paru comprendre celle qui lui était, autant elle se retrouvait comme una estupida devant la sienne.

De sombres flots… était-ce l'espace qui la séparait de Naurofána ? Elle n'avait aucune idée de quoi il s'agissait, mais il était vrai que qualifier ce vde de « sombres flots » n'étaient pas dénué de sens. Le reste… elle ne voyait pas pourquoi il était question de rêve et réalité, quoique cela éveillât en elle une lointaine réflexion. Quant à la vérité… de quelle vérité était-il question ? Ce n'était pas comme si on lui avait dissimulé quelque chose ou si on lui avait menti…

Mais Gandalf coupa court à ses réflexions en tournant les talons, s'enfonçant entre les arbres sans jeter un regard en arrière. Les quatre compagnons lui emboîtèrent le pas sans une once d'hésitation.

- Une étape de votre voyage est terminée, une autre commence, déclara-t-il. Nous devons aller à Edoras à grande allure.

- Edoras ? C'est pas tout à côté, grommela Gimli qui peinait déjà à suivre le rythme.

- Nous savons qu'il y a la guerre au Rohan, et que le roi va mal, dit Aragorn en se plaçant aux côtés du mage.

- Oui, et il ne sera pas aisé de le guérir.

- Le guérir ? Dîtes plutôt l'exorciser, grinça la Nauro. Et Merry et Pippin dans tout ça ?

- Ils sauront se débrouiller seuls.

La Nauro s'arrêta outrée du ton avec lequel le mage leur annonçait qu'ils abandonnaient leurs amis là. Gimli l'imita et demanda avec rudesse.

- Alors on a couru tout le long du chemin pour rien. Allons-nous laisser ces pauvres Hobbits ici dans cet horrible, sombre et humide endroit, infesté d'arbres…

- Gimli… prévint Luana en sentant la colère des arbres enfler.

Un grincement rageur fit taire le Nain, qui jeta des regards affolés tout autour, sa hache levée comme un bouclier devant lui. Luana posa précautionneusement la main sur le bras du fier fils de Gloïn, et lui fit baisser son arme, un regard plein de reproches et de sous-entendus braqué sur lui.

- Ho ! Je veux dire… Je veux dire cette charmante, très charmante, forêt, fit-il, piteux.

Gandalf fit brusquement volte-face.

- Ce fut plus qu'un simple hasard qui mena Merry et Pippin à Fangorn. Un grand pouvoir est endormi ici depuis de longues années. L'arrivée de Merry et Pippin sera un peu comme la chute de petites pierres qui déclenche une avalanche dans les montagnes.

Gimli et Luana le fixèrent avec incompréhension pour lui, blasement pour elle, tandis que Legolas et Aragorn souriaient.

- Il est un point sur lequel vous n'avez pas changé cher ami, souffla le Rôdeur à son oreille.

- Hum ?

- Vous parlez toujours par énigmes.

Le mage laissa un nouveau rire le dérider, avant de reprendre son sérieux et daigner leur révéler le fond de ses paroles.

- Une chose est sur le point de se produire, qui n'est pas arrivée depuis les jours anciens. Les Ents vont se réveiller, et découvrir qu'ils sont forts.

Luana resta interdite. Il avait bien dit Ents ? Legolas en avait déjà parlé, mais c'était un Elfe, il entendait tous les arbres parler. Pour lui, tous les arbres devaient ressembler à des Ents. Mais étrangement, lorsque c'était Gandalf qui le disait, ça donnait moins envie de rire. Et surtout pas quand il le disait de cette façon. Pas que ça la dérangeait de savoir qu'il existait ce genre de… chose, créature, être. Elle-même parlait avec les arbres, et ça ne la perturbait plus tant que ça. Mais imaginer un arbre bouger en mode saule cogneur c'était tout autre chose.

- Heu… Les Ents, rassurez-moi, c'est quand même pas les arbres qui se baladent mine de rien…

- Forts ? Hum, c'est bien.

- Arrêtez de geindre, maitre Nain et jeune Nauro ! Merry et Pippin sont en sécurité. En fait, ils le sont bien plus que vous n'allez l'être.

Le mage, l'Elfe et le Rôdeur reprirent leur route, laissant derrière eux les deux râleurs. Luana baissa le regard pour croiser celui de Gimli.

- Ce nouveau Gandalf est bien plus bougon que l'ancien, grommela le Nain.

- Je croyais qu'il avait déjà atteint le stade critique avant, mais là…

Suivant le nouveau Mage Blanc, les quatre rescapés de la communauté revinrent sur leur pas et retrouvèrent la clairière empuantie par les chairs calcinées des Uruk-Hai, dont la combustion avait cessée.

Les chevaux offerts par les Rohirrims les attendaient calmement, broutant paisiblement à l'orée des bois. Legolas et Aragorn se hâtèrent de les récupérer, avant que le groupe ne s'éloigne à pied du charnier, menant les montures par la bride.

Ils continuèrent de marcher un moment encore, longeant la forêt, jusqu'à ce que Gandalf demande à la Nauro s'ils étaient hors de vue et d'odorat des chairs en décomposition. Bien que le fumet ne soit imprégné à leurs habits, elle put leur annoncer que le vent portait la puanteur au loin, sans vraiment savoir le pourquoi de cette question.

Le mage s'avança alors un peu dans la plaine qui s'étendait devant eux. Il s'arrêta, et siffla d'une étrange façon. Comme si son souffle se déversait tout autour de lui à la façon d'un flot ondulant en douce cascade. Il siffla ainsi par deux fois : la première, claire et vive chanta tel un oiseau la seconde, basse et vibrante, lui répondit en échos. Il resta là, immobile, fixant l'horizon, sous les regards circonspects de ses quatre compagnons.

Au bout de quelques secondes, Luana crut percevoir un hennissement dans le lointain, rapidement suivi et confirmé par un tambourinement constant, un roulement qui faisait imperceptiblement trembler le sol. Legolas et elle tournèrent les yeux dans un même mouvement vers une petite colline, à quelque distance de là. Un cheval, plus blanc que la neige, apparut tel un songe, galopant avec une légèreté anormale. Ses sabots semblaient ne faire qu'effleurer le sol avant de s'envoler, ses pattes se soulevant et s'étirant sans le moindre effort, son corps se déroulant à chaque mouvement. Sa crinière voletait au vent comme la blanche écume sur la crête des vagues. En somme, il ne manquait qu'une jolie corne torsadée au milieu de son large front pour se retrouver face à une licorne.

- C'est un des Mearas, murmura un Legolas charmé, à moins que mes yeux ne soient abusés. Je n'ai jamais vu son pareil.

- Et vous ne le reverrez pas, dit Gandalf. C'est Gripoil. Il est le chef des Mearas, seigneur des chevaux, et Théoden, Roi de Rohan, lui-même n'en a jamais vu de meilleur. Ne brille-t-il pas comme l'argent et ne court-il pas avec toute l'égalité d'une rivière rapide ?

- Mouais. C'est un cheval quoi, déclara Luana.

Bras croisé sur le torse, elle considérait avec un certain malaise l'animal qui s'approchait. Elle aimait déjà pas les canassons en temps normal, alors un hors du commun, encore moins.

- Il est venu pour moi : le cheval du Cavalier Blanc, l'ignora Gandalf. Nous allons ensemble au combat.

Le cheval arriva. Il s'arrêta devant Gandalf, baissant sa grosse tête et la frottant contre le buste du mage.

- Fondcombe est loin, mon ami, dit-il en lui flattant l'encolure, mais tu es sage et rapide, et tu viens au moment où tu es nécessaire. Faisons maintenant une longue chevauchée ensemble, et ne nous séparons plus en ce monde !

Les autres montures s'agitèrent un instant dans le dos de la Nauro. Lorsqu'elle se retourna, elle les découvrit, dans une posture qui ressemblait à si méprendre à un garde-à-vous équin : droit, immobile, la tête haute et le poitrail gonflé.

« Nana, c'est moi ou ces canassons sont flippants ? »

« Ils attendent les ordres. »

« C'est ce que je dis, ils sont flippant. »

Gandalf sembla le remarquer et se tourna vers eux.

- Nous partons tout de suite pour Meduseld, le château de votre maître, Théoden, leur annonça-t-il d'un ton autoritaire. Le temps presse et, si vous le permettez, mes amis, nous allons partir. Nous vous serions reconnaissants d'aller aussi vite que vous le pourrez.

Les chevaux agitèrent la tête en signe d'assentiment. Les autres ne semblaient pas s'en formaliser, mais ce simple mouvement suffit à écarquiller un peu plus les yeux de la Nauro, la mettant de plus en plus mal à l'aise en présence de ces animaux.

« Tu discutes souvent avec une louve et pourtant cela ne te gêne pas. Pourquoi voir ces braves bêtes comprendre et acquiescer te surprend-il ? »

« Tu es une partie de moi et je suis toi, c'est pas la même chose ! Là ce sont de bêtes chevaux ! »

- Hasufel portera Aragorn, et Arod, Legolas, ainsi que Luana. J'installerai Gimli devant moi et, s'il le veut bien, Gripoil nous portera tous deux.

- Pas besoin de lui demander, je courrai à côté, intervint la Nauro, reculant déjà.

- Un cheval normal peine déjà bien assez à suivre le galop de Gripoil. Je doute que sous votre forme humaine vous puissiez faire mieux. Et il serait intelligent de votre part de laisser votre louve se reposer, la coupa-t-il en la voyant ouvrir la bouche pour protester.

- Mais…

« Luana, fais ce qu'il te demande, s'il te plait. Je n'ai vraiment plus la force de nous lier l'une à l'autre. Rien ne t'arrivera avec Gandalf, ne t'en fais pas. »

- Écoutez donc un peu plus souvent votre louve à l'avenir, la sermonna le mage. Elle vous évitera bien des désagréments et vous l'aiderez grandement.

Il monta en selle, imité par le Nain qui grimpa tant bien que mal avec l'aide du Rôdeur. Legolas fit signe à Luana de s'approcher. Elle resta là où elle était, réticente, considérant le dos nu de l'animal.

- Legolas, vous avez conscience que ce canasson n'a pas de selle, et encore moins de bride ?

- En effet. Ceux de ma race préfèrent chevaucher sans violenter leur monture, c'est pourquoi nous montons à cru. N'ayez crainte. Gimli a pu monter jusqu'ici, vous le pourrez aussi.

- Et comment vous comptez le guider ?

- Par la voix.

- Es loco, chuchota-t-elle en secouant la tête, avant de faire un pas vers lui.

Le cheval eu un mouvement de recul face à elle, et la peur se lut sur le visage de la Nauro. L'Elfe se plaça entre eux, apaisant l'animal de sa douce voix, lui murmurant des paroles en elfique.

- Ayez confiance en lui, souffla-t-il à l'intention de la jeune fille.

- Je peux pas !

- Alors ayez confiance en moi.

Il se tourna vers elle.

- Avez-vous confiance en moi ?

La Nauro soupira, prise au piège.

« Elfo maldito. »

- Bien sûr que oui, lâcha-t-elle enfin.

L'Elfe lui offrit un sourire. Et cette fois-ci, bien qu'il ne parvint pas à réchauffer ses yeux de glace, ce sourire sembla plus chaleureux qu'auparavant. Il tendit une main vers elle, l'invitant à s'approcher, avant de l'aider à monter en croupe. Le cheval resta immobile, bien que tendu. Legolas se hâta, dans un geste vif et souple, se plaça devant elle.

Gandalf ne perdit pas une seconde de plus. Il lança Gripoil au triple galop.

- Accrochez-vous, conseilla Legolas, avant de s'élancer à son tour.

Prise au dépourvu, Luana poussa un pitoyable cri et enroula ses bras autour de Legolas, nouant ses mains sur le torse de l'Elfe, plongeant le visage contre lui.

Elle détestait le cheval !

Elle avait mal, terriblement mal aux fesses. Elle avait beau essayer de suivre les mouvements de leur monture, de serrer les jambes autour des flancs en sueurs, à chaque fois, elle retombait lourdement. Luana aurait aimé pouvoir descendre et se transformer, courir à leurs côtés plutôt que de devoir souffrir le martyr, mas Naurofána s'était profondément endormie au fond d'elle, dès les premiers instants de leur chevauchée.

Ils traversaient depuis longtemps déjà des plaines herbeuses qui ne semblaient jamais devoir finir, bordées de hautes montagnes aux sommets enneigés. Il n'y avait pas de piste visible, et souvent ils longeaient des creux et des mares qu'ils n'avaient vu avant de les atteindre, mais le cheval de Gandalf, qui menait la course, n'hésitait à aucun moment et paraissait connaître ces terres dans leur moindre parcelle. Les autres destriers le suivaient aveuglément. Trop au goût de la Nauro, mais pour le moment elle ne pouvait s'en plaindre, car ils n'avaient rencontré aucun incident jusqu'à présent.

Le soleil avait depuis un moment déjà entamé sa lente descente vers l'horizon, teintant le ciel d'une teinte rouge sang, embrasant les herbes folles.

- Là se trouve la trouée de Rohan. Elle est presque droit à l'ouest de nous. De ce côté, c'est l'Isengard.

Tâchant de ne pas penser à ses courbatures, à son dos et son postérieurs douloureux, et surtout s'efforçant de ne pas étouffer l'Elfe devant elle en le serrant trop fort, Luana parvint à s'écarter un peu de Legolas, et contempla ce que leur désignait Gandalf, droit devant eux.. Mais un voile gris semblait recouvrir le lointain et emplir les cieux.

- Je vois une grande fumée, déclara Legolas. De quoi peut-il s'agir ?

- La bataille et la guerre, annonça sombrement Gandalf. Allons !

Ils continuèrent ainsi encore longtemps. La lune était haute dans le ciel et baignait le monde de sa pâle lueur lorsque le mage leur accorda une pause.

Luana se laissa maladroitement tomber de leur monture, sans attendre que Legolas ne soit descendu pour l'aider, et s'éloigna immédiatement de ces horribles animaux. Son dos lui faisait un mal de chien, et l'intérieur de ses cuisses lui cuisait, brûlé par les frottements du tissu contre sa peau. Elle était fourbue et fatiguée. L'exhaustion des jours passés s'abattit sur elle sans crier gare. Elle se laissa tomber à terre dans un recoin protégé du vent par un rocher saillant du sol, contre lequel elle prit appui. Gimli l'imita, avec encore moins de grâce, et se mit à ronfler derechef. Legolas, Aragorn et Gandalf s'occupèrent un instant de leur monture, avant que l'Elfe ne vienne s'assoir aux côtés du Nain et que le mage n'aille un peu à l'écart, scrutant la ligne d'horizon, appuyé sur son bâton. Le Rôdeur resta encore un instant en compagnie d'Arod. Luana soupira lourdement, avant de se relever, ses jambes grinçant douloureusement.

Elle vint se placer auprès de l'homme, le laissant tout de même entre l'animal et elle. Aragorn se tourna vers elle. Son visage était empli d'une grande lassitude, mais il l'accueillit avec amitié et chaleur.

- Il ne te fera aucun mal, lui glissa-t-il en la voyant toujours aussi méfiante envers le cheval.

- Je vous l'ai dit Grands-Pas, j'aime pas les chevaux.

- Alors pourquoi t'en approches-tu quand tu peux t'en éloigner ? sourit-il avec amusement.

Luana baissa les yeux, soudain triste, arrachant au Rôdeur son sourire. Elle glissa une main dans le dos et retira quelque chose de sa ceinture. Quelque chose que le Rôdeur n'avait jusque-là pas remarqué dans toute l'agitation des derniers jours.

- Boromir… Boromir m'a demandé de vous remettre ça, dit-elle simplement d'une voix qu'elle voulait atone.

Elle lui tendit les bracelets de cuir, marqués de l'arbre blanc du Gondor couronné d'étoiles, ceux que Boromir portait. Aragorn les considéra sans faire de geste pour les prendre, interdit.

- Il a dit… que c'était pour que vous n'oubliez pas votre serment, et pour que tous au Gondor vous reconnaisse pour ce que vous êtes : leur roi.

Le Rôdeur baissa la tête en signe de compréhension. Il leva les deux bras pour prendre avec précaution et solennité les protèges-bras. Il referma les doigts autour du cuir, mais aussi autour des mains de la Nauro, qui leva les yeux pour croiser son regard.

- Je n'aurai pas failli à ma promesse, mais je te remercie d'avoir exécuté sa volonté. Et je te remercie d'avoir veillé sur lui en ses derniers instants.

Luana détourna le regard, une boule lui nouant brusquement le ventre et la gorge. Elle préférait ne pas repenser à ces instants de douleur mêlée de douceur. Elle n'aurait jamais cru voir Boromir agir envers elle comme l'aurait fait un père, alors qu'il se mourrait. Les doigts d'Aragorn pressèrent les siens, la ramenant vers lui.

- Luana… as-tu fais ce qu'il fallait ?

L'image du Gondorien, le teint blanc et les lèvres bleues, dansa devant elle. Elle le revit, étendu dans la barque elfique, tel qu'elle l'y avait installé : yeux clos, mains posés sur la poitrine. Son cor, brisé en deux, reposait à ses côtés, en un rappel de ce qui les avait menés à cet instant fatidique. La boule grossit dans sa gorge alors qu'elle ravalait cette image de lui, qui contrastait tant avec le Boromir robuste et fort qu'elle avait rencontré à Fondcombe. Elle ne devait plus y penser. Elle devait laisser cela de côté.

- J'ai fait ce que j'ai pu, déclara-t-elle avec difficulté.

- Merci, souffla Aragorn Merci, répéta-t-il alors qu'il l'amenait contre lui.

Il la serra brièvement dans ses bras. Luana resta raide, se refusant à se laisser aller une nouvelle fois. Elle lui offrit un piteux sourire, avant que tous deux ne rejoignent l'Elfe et le Nain endormi. Ils discutèrent quelque peu, avant que la Nauro ne s'étende à son tour pour s'endormir. Aragorn se leva et rejoignit Gandalf, qui n'avait pas cessé de scruter la lueur rouge qui illuminait au loin le ciel nocturne. Legolas resta assis, contemplant les étoiles.

Luana se tourna sur le dos et fixa elle aussi le ciel, focalisant son attention sur la lune. L'astre nocturne état bientôt à son plein. Dans une semaine tout au plus il serait rond, et la Nauro pourrait voir sa mine inquiète que dessinaient les cratères.

Elle songea vaguement au message que Galadriel lui avait adressé par la voix de Gandalf. Conscience et inconscience. Rêve et réalité. Vérité. Prix à payer. Elle n'y comprenait vraiment rien. Pour la conscience et l'inconscience, elle voyait de quoi il s'agissait, bien que « les sombres flots » restaient un mystère pour elle. Par rêve, la Dame de la Lothlórien entendait-elle les songes qui hantaient le sommeil ou les ambitions et les espoirs qu'elle souhaitait un jour voir prendre forme ? Quant à cette vérité qui lui serait dévoilée, elle ne voyait pas de quoi il pouvait s'agir. Était-ce une révélation sur le lien qui existait entre la Terre du Milieu et son ancien monde ? Si tel était le cas, cela lui importait peu. Elle avait dit adieu à tout ce qu'elle avait connu autrefois, elle avait élu Arda comme sa nouvelle demeure. Elle ne changerait pas d'avis et ne retournerait pas là-bas où rien ni personne ne l'attendait. Ici, elle pouvait être elle, même si ça gênait certains elle était utile, et pouvait réaliser quelque chose, agir dans le bien de tous et surtout, elle était appréciée, elle avait des amis, une nouvelle famille. Et si en échange de cette futile vérité elle se devait de payer un prix, perdre quelque chose qui lui était précieux, elle se contenterait de décliner l'offre et s'en aller, préférant l'ignorance au savoir.

Elle soupira, se passant une main sur le front. Naurofána dormait encore profondément en elle. Dommage, elle aurait aimé discuter avec elle.

- Vous feriez mieux de dormir, lui conseilla Legolas.

Elle se redressa sur les coudes pour le considérer avec ennui.

- Je sais bien, mais je n'y arrive pas. Avec les ronflements de Gimli, c'est impossible !

L'Elfe eut un petit rire.

- Il est vrai que notre ami n'est pas des plus silencieux. Essayez tout de même de prendre un peu de repos. La route de demain sera encore longue, et je pressens que les évènements ne nous laisseront pas le loisir de nous reposer.

- Vous voulez parler de la guerre ?

Le regard l'Elfe se voila, plongeant dans le vide et le passé. Luana vit son visage si parfait se figer un instant.

- Oui. De la guerre.

- Vous ne semblez pas l'apprécier.

Il lui jeta un regard peu amène, froid et empreint de colère.

- Comment pourrais-je aimer voir des êtres animés de vie être abattus sur le champ de bataille ? demanda-t-il sèchement.

La Nauro eut un sursaut, et s'aperçut de sa stupidité. Elle avait cru qu'étant un guerrier, il aimait être sur le champ de bataille. Un peu comme dans les livres et dans les films. Où les soldats et les héros sont fiers d'aller tuer et massacrer à tour de bras, n'ayant pas peur de murir. Comme si la fiction était le reflet exact de la réalité… Et un Elfe ne pouvait apprécier de prendre une vie, même s'il s'agissait de celle d'un Uruk, car il ressentait la mort. Il pouvait sans doute éprouver de la satisfaction, l'apaisement de sa colère, mais pas de la joie et moins encore du plaisir.

- Je suis désolée, souffla-t-elle. Fue un comentario piojoso.

- N'avez-vous jamais vu à quoi ressemble la guerre ? se radoucit-il en voyant sa mine contrite.

Luana secoua négativement la tête.

- Non. Pas de façon directe. J'ai entendu parler des guerres passées et de celle qui avait lieu loin des frontières de mon pays. Mais j'ai grandi à l'abri.

- C'est une chance rare, commenta l'Elfe.

- Et vous ? Vous avez souvent… pris part à la guerre ?

- Oui, avoua-t-il sombrement. En plus des nombreuses escarmouches pour repousser les envahisseurs de notre forêt, j'ai combattu lors de l'attaque de Dol Guldur, ainsi que lors de la bataille des Cinq Armées.

- La bataille des histoires de papy Bilbon ?

- Celle-là même.

- J'aimais bien lorsque Bilbon la racontait. Même si je n'aime pas le passage de la mort de Thorin Oakenshield et de ses deux neveux, Fili et Kili. Je me demande à quoi ils ressemblaient ces deux-là. À entendre Bilbon, ils étaient un peu comme Merry et Pippin.

- Je ne saurais vous le dire. Je ne les ai que peu connu, et pas de manière personnelle.

- Tant pis, bailla la Nauro à s'en décrocher la mâchoire.

Legolas la couva d'un regard bienveillant. Aragorn revint à cet instant.

- Endors-toi Luana, Gandalf veillera cette nuit. Vous aussi Legolas. La route sera longue demain.

La Nauro ne put s'empêcher de rire et tira la langue à l'Elfe avec malice, avant de s'enrouler dans sa cape et de s'endormir, avant que ça tête ne touche le sol. Legolas resta un moment incrédule, avant que son visage ne s'éclaire d'un nouveau sourire, qui cette fois fit fondre entièrement le bleu glacé de ses yeux. Il croisa le regard du Rôdeur, qui le scrutait avec attention en entendement.

L'aube était encore loin que les cavaliers étaient de nouveau sur la route, galopant à fond de train. Gimli s'enformait sur le dos de Gripoil. Gandalf avait beau le secouer et le sermonner, sa tête n'avait de cesse de dodeliner, faisant rire Luana, lui permettant d'oublier un peu à quel point elle haïssait d'être perchée sur une de ces maudites bêtes.

Le clair de lune n'était plus. Il avait était chassé, bien avant que ne pointe l'aurore aux doigts roses et aux cheveux d'or. Longtemps après l'avaient suivi les étoile, qui une à une s'étaient éteintes, alors que le noir du ciel virait à un gris morne et terne, jusqu'à ce que le soleil ne vienne redonner couleur au monde.

Au loin, un éclat doré attira l'attention de la Nauro. Un éclat, qui ne devait que peu au soleil levant.

- Legolas, appela-t-elle. Qu'est-ce que c'est, là-bas ?

- Je ne sais. C'est encore trop loin pour que je puisse le distinguer clairement, et l'éclat trouble ma perception.

- Il s'agit de Meduseld, leur répondit Gandalf. Le château d'or de Théoden. Nous y sommes presque.

Le soleil eut le temps de monter haut dans le ciel tandis qu'ils franchissaient les derniers miles qui les séparaient de leur but. Arrivés à quelque distance, le mage les fit stopper leur course, leur offrant l'opportunité de découvrir pleinement le décor qui s'offrait à leur vue.

Sur un pic rocheux se dressant au beau milieu de la plaine, perdu dans cette vaste immensité plane et herbeuse. Il était ceinturé par un mur haut et fort, renforcé de barrières. Sur les flancs de pierre se dressaient de nombreuses petites maisons, collées les unes aux autres, et dont la ligne de fuite semblait mener le regard tout droit sur le château doré, couronné de l'éclat du soleil, qui trônait sur son siège taillé dans le roc. De là où ils se tenaient, Luana pouvaient voir un grand escalier de pierre mener jusqu'à une porte massive, elle aussi d'or, gardée par des hommes recouvertes d'armures en écaille.

- Edoras, et le château d'or de Meduseld, annonça la mage blanc. C'est là que réside Théoden, fils de Thengel, roi du Rohan. Dont l'esprit a été vaincu. L'emprise de Saroumane sur le roi Théoden est désormais très forte.

- Et qu'est-ce qu'on va faire ? demanda la Nauro.

- Laissez-moi m'occuper de Saroumane, et surtout prenez garde à ce que vous dites, jeune Luana. Nous ne sommes pas les bienvenus.

Gandalf talonna sa monture, qui repartit.

- Pour pas changer, soupira la jeune fille en rabattant le capuchon de sa cape sur son visage, avant de s'agripper à l'Elfe lorsque leur monture repartait elle aussi.

Levant les yeux, elle put voir sur les marches de pierre du château, une femme, aux cheveux blonds et vêtue d'une robe blanche, se tenir droite et fière. Pourtant, elle sentait quelque chose au fond de cette femme, qui ne demandait qu'à ployer, le temps d'un court instant.

Alors qu'ils arrivaient à la porte, grande ouverte mais étroitement gardée, elle vit tomber du ciel un étendard vert bordé de rouge, sur lequel galopait un cheval blanc. Il se fit prendre au piège par les herbes hautes, bien que le vent tentât de le reprendre. Ce fut la dernière vision qu'elle eut de l'extérieur, avant qu'ils ne pénètrent dans les murs épais d'Edoras.

Ils traversèrent la cité, aux allures de village viking aux yeux de la Nauro, qui encerclait l'à-pic et le château sous les regards sombres et dénués de sympathie des gardes et des paysans, d'hommes et de femmes à l'aspect triste, suspicieux et méfiant. Gandalf avançait à la tête du groupe, confiant, laissant sa monture aller là où ils devaient se rendre, malgré l'agitation évidente de Gimli. Aragorn semblait plus sur ses gardes. Sans être hostile, il gardait une main sur le pommeau de son épée. Legolas quant à lui ressentait le malaise qui planait sur les lieux. Luana aussi pouvait le ressentir.

- Hé ben c'est plus gai dans un cimetière, marmonna Gimli.

- Il n'y a pas de quoi être gai, répliqua doucement l'Elfe.

- À l'odeur de mort et de malheur qui flotte ici, c'est sûr que ça donne pas envie de sourire, murmura Luana, troublée et oppressée par l'atmosphère malsaine.

L'éclat même de l'or qui couvrait le château s'en trouvait terni.

Arrivé au bas des marches, ils descendirent de leurs montures, les confiant à un palefrenier venu à leur rencontre. Gandalf pris les devants, flanqué de près par Aragorn et Legolas.

Luana se mit derrière lui, secondée par Gimli. Les portes dorées s'ouvrirent avant même qu'ils n'atteignent le sommet de l'escalier, laissant le passage à plusieurs hommes en armures d'écailles. L'un d'eux, le seul à ne pas porter de heaume et l'unique barbu de la bande, se plaça bien en face du mage blanc, les autres bloquant tout passage. Gandalf lui accorda un sourire ravi, que l'homme-poiscaille s'empressa d'effacer en annonçant de but en blanc :

- Vous ne pouvez-pas voir le roi Théoden ainsi armé, Gandalf Maison-Grise. Par ordre de Grima Langue-de-Serpent.

Luana ne put s'empêcher de grogner à l'entente d'un nom pareil. Il laissait deviner le venin des paroles de cet individu sans même l'avoir rencontré. Aragorn lui lança un regard d'avertissement, et la Nauro fit mine de toussoter pour dissimuler son grognement.

Gandalf fit signe à chacun d'eux de se séparer de leurs armes. Le Rôdeur et l'Elfe obéirent promptement, remettant arcs, flèches et carquois, épée et dagues aux hommes du Rohan. Le Nain se délesta plus difficilement de sa hache, la tendant à regret. Luana quant à elle ne bougea pas, ses armes étant bien cachées dans ses bracelets. Mais un des Rohirrims ne semblaient pas satisfait de la voir immobile et s'avança d'un air menaçant, ayant visiblement pour but de la fouiller. Legolas se plaça entre l'homme et la Nauro, lui faisant comprendre d'un regard qu'il valait mieux ne pas y songer.

Gandalf offrit un nouveau sourire avenant, mais cela ne berna pas l'homme-poiscaille.

- Votre bâton, réclama-t-il avec une certaine gêne.

Le mage pris un air contrit et peiné, faisant un regard de chien battu que Luana ne lui connaissait pas et lui envia.

- Vous n'allez pas priver un vieillard de son appui.

Pour appuyer ses dire, il fit signe à la Nauro de s'approcher et de lui offrir un soutien supplémentaire. Il s'appuya sur le bras qu'elle lui tendit, et tous les cinq furent autorisés à pénétrer dans le cœur du château. Elle entraperçut le clin d'œil qu'il fit au Rôdeur, qui ne put retenir un fin sourire.

Ils furent introduits dans la salle du trône. Sombre, vide et froide. Dans l'ombre des piliers qui soutenaient l'imposante charpente se dissimulaient des hommes à l'allure dénuée de toute bienveillance. Devant eux, dans un large fauteuil de bois recouvert de feuille d'or, était assis un vieillard, à l'air décrépit et mourant. Il avait les cheveux blanc, cassant et clairsemés le regard vide et voilé, le coin des yeux emplis de croûte jaunâtres sa peau était plus grise que la cendre et plus marqué que le plus vieux des parchemins, ridée et flétrie. Il émanait de lui une odeur fétide, repoussante et terriblement néfaste. Mais personne ne semblait plus indisposé par ces relents plus que Legolas et elle. À la couronne salie par le temps et la poussière qui reposait sur son crâne fatigué, elle reconnut en cet homme malade le roi du Rohan.

À ses côtés se tenait un homme à l'aspect répugnant. Au premier regard, Luana éprouva à son égard un dégoût sans nom. Il avait de longs cheveux noirs, si gras qu'ils étaient collés en d'épaisses mèches poisseuses, qui tombaient sur un visage dénué de vie et de couleur. Le visage du mensonge et de la tromperie. Deux yeux perfides, d'un bleu pâle comme un cadavre mort par le froid, les fixèrent, avant que l'individus ne se tourne et se penche sur le roi, lui susurrant à l'oreille en un sifflement de serpent:

- Monseigneur, Gandalf le Gris s'approche.

Les portes furent refermées derrière les cinq compagnons, qui jetèrent de brefs regards troublés et suspicieux mais qui continuèrent d'avancer, malgré l'attitude plus en plus menaçante de certains des sbires qui se massaient derrière les piliers.

- Il est annonciateur de malheur.

- La courtoisie de votre demeure a quelque peu diminué ces temps-ci, roi Théoden, clama Gandalf en s'éloignant de Luana.

- Il n'est pas le bienvenu, persiffla Grima Langue-de-Serpent.

- Pourquoi vous ferais-je bonne accueil, Gandalf corbeau de tempête, marmonna d'une voix gutturale et douloureuse de roi déchu, avant de tourner un regard vers son conseiller en quête d'approbation.

- Question très pertinente mon suzerain. L'heure est tardive où ce magicien choisit de réapparaître, s'exclama le perfide en se levant, avant de se précipiter d'un pas rapide sur les compagnons. Mauvaise nouvelle comme je le nomme, car ses nouvelles font mauvais hôte.

Luana montra les crocs lorsqu'il s'approcha trop à son goût de Gandalf, mais elle ne fit rien, retenue par un regard du magicien.

- Fais silence ! lui ordonna-t-il. Garde ta langue fourchue derrière tes dents. Je n'ai pas passé par le feu et la mort pour échanger des paroles malhonnêtes avec un vil serpent.

Il brandit soudain son bâton devant lui, faisant reculer le perfide.

- Son bâton, haleta-t-il avec horreur. Je vous avais ordonné de lui prendre son bâton ! cria-y-il en reculant et se recroquevillant comme un serpent menacé.

Plusieurs hommes jaillirent de derrière les piliers.

« Nana, musique ! »

Luana entendit résonner à ses oreilles les notes de Pump it. Bon choix.

Alors que Gandalf continuait d'avancer vers Théoden, Aragorn, Legolas, Gimli et elle s'occupèrent des tous ceux qui tentaient de l'arrêter.

- Théoden, fils de Thengel, depuis trop longtemps vous êtes resté dans les ombres.

Dansant autour du mage, la Nauro repoussa tous ceux qui s'en approchaient d'un peu trop près, le renvoyant à l'Elfe et au Rôdeur, qui les assommaient d'un bon coup de poing. Dès que le dernier fut envoyé à terre, Gimli se précipita sur grima, l'écrasant de son pied et le clouant au sol, là où il aurait dû rester.

- Je resterais tranquille si j'étais vous, menaça-t-il d'un un grondement.

- Écoutez-moi, ordonna Gandalf au roi prostré, qui tourna à peine le regard vers lui.

Les autres personnes présentes dans la salle commencèrent à s'amasser autour d'eux. Luana remarqua, dissimulé derrière un pilier tout proche d'elle, un garçon de son âge, vêtu à la façon d'un bouffon, qui contemplait la scène avec intérêt.

- Je vous libère de l'envoûtement, déclara le mage blanc en tendant une main devant lui.

Il ferma les yeux… et rien ne se passa. Le roi le considéra d'un air fou et mauvais, avant de laisser un rire grinçant et caverneux sortir de sa bouche tordue.

- Vous n'avez aucun pouvoir ici, Gandalf le Gris, cracha-t-il avec une voix qui fit frémir Luana de dégoût.

La voix d'un autre que le roi. La voix de Saroumane. L'air brusquement impérieux Gandalf se défit de son ample manteau gris, dévoilant ses vêtements d'un blanc immaculé, éclairant la pièce de sa lumière.

- Je vous aspirerai Saroumane, comme on aspire le poison d'une plaie.

Il brandit son bâton, écrasant le roi de son pouvoir, le repoussant au fond de son siège. Le vieil homme se tordit, laissant des gémissements de douleur lui échapper. La femme aperçue un peu plus tôt sur les marches de pierre, vêtue de blanc, surgit dans la salle, et se jeta sur son roi, avant d'être arrêtée par Aragorn. Luana qui surveillait le garçon du coin de l'œil, en fit autant lorsqu'elle le vit faire un mouvement vers l'avant. Elle lui attrapa l'épaule et le ramena en arrière.

- Reste là toi. Gandalf gère la situation.

- Si je sors, Théoden meurt, déclara la voix de Saroumane.

Le gars s'agita à ces mots et la Nauro resserra sa prise sur lui.

- ¡Mierda! Reste tranquille tu veux ? Gronda-t-elle tout bas.

- Et laisser ce maudit traitre de Saroumane tuer mon roi ?

- Désolée amigo, mas si tu as des comptes à régler avec ce cabron, tu attendras ton tour, comme tout le monde.

Le Mage blanc brandit plus haut son bâton, écrasant un peu plus encore le corps possédé.

- Vous ne m'avez pas tué moi, tonna Gandalf, alors vous ne le tuerez pas.

- Le Rohan est à moi !

- Partez !

Le roi se ratatina un instant, avant de se jeter sur Gandalf. Le mage para d'un mouvement de bâton, et les deux magies se rencontrèrent avec violence.

Luana ferma les yeux, se protégeant le visage de son bras, aveuglée par l'éclat magique.

- Putain de magie, grinça-t-elle en serrant les dents.

Elle sentit une main se refermer sur son épaule. Lorsqu'elle put soulever ses paupières sans que la faible clarté des lieux ne l'agresse, Legolas lui adressa un regard inquiet, auquel elle répondit par un bref signe de tête. Sur l'estrade, le roi était tombé de son trône. La femme en robe blanche était agenouillée devant lui, le soutenant. À une vitesse ahurissante, les signes de l'âge et de la décadence quittèrent le visage royal, révélant une barbe entretenue rousse, un visage fier et des yeux bleus vifs et alertes.

- Je connais ton visage, murmura-t-il à la femme en larme devant lui. Eowyn. Eowyn, répéta-t-il alors qu'un immense sourire éclairait leur visage à tous deux. Gandalf ? appela-t-il en découvrant le mage devant lui.

- Respirez de nouveau l'air libre mon ami.

Avec difficulté et soutien, le roi se redressa, dévisageant chacune des personnes présentes, cherchant du regard l'explication à tout ceci.

- Sombres ont été mes rêves, ces temps-ci, dit-il.

Avec circonspection et doute, il examina ses mains, les frottant doucement l'une l'autre, comme redécouvrant son corps.

- Vos doigts se souviendraient mieux de leur ancienne force s'ils empoignaient votre épée.

L'homme-poiscaille s'avança avant de s'agenouiller au pied de son suzerain, lui présentant sa lame. Le roi hésita, empoigna délicatement la garde, et tira la lame hors du fourreau, la soulevant devant lui. Il considéra l'acier, contemplant son reflet sur le métal, son visage s'éclairant d'une lueur de souvenir et de compréhension. Son regard se fit perçant, et se fixa avec hargne sur Grima Langue-de-Serpent.


Je n'ai pas fait de cliffhanger ce coup-ci alors ne me jetez pas de pierre stp ^^

Les prochains chapitres ne devraient pas tarder, certes, mais je ne pense pas publier avant trois semaines, car les partiels tombent bientôt, les soutenances aussi, sans compter tous les autres rendus. Vous l'avez compris, beaucoup de travail et peu de temps pour écrire. Je m'en excuse.

J'essaierai de faire un chapitre un peu spécial, avec une petite surprise, pour me rattraper ;)