Vous n'êtes pas possible tous: si je vous dis c'est quoi la surprise promise dans le dernier chapitre, ce n'est plus une surprise! x)
Mais ne vous inquiétez pas, vous le saurez dans ce chapitre ci ;)
Enfin, en partie puisque pour faire simple, ici vous n'aurez que le paquet cadeau, il a falloir encore attendre pour voir ce qu'i l'intérieur ;P
Encore merci à tous de suivre cette fiction, merci à ceux qui mettent en follow et/ou favorite
Et un immense merci à tous les reviewer! =D
Pour changer, je répond au review des guest à la fin du chapitre.
Chapitre 41 : Elden, fils de Peren
- Je n'ai jamais fait que vous servir monseigneur !
Jeté sans ménagement dans les escaliers de pierre par les gardes, la Langue-de-Serpent de Saroumane se trainait à présent lamentablement dans la poussière, reculant, tentant de fuir le roi qui s'avançait vers lui. Le roi Théoden, qui encore titubant et vacillant dans ses gestes, marchait sur lui avec hargne et détermination, l'épée au poing, les doigts serrés avec force sur la poigne. Ses fourrures et ses cheveux flamboyants volants au vent lui conféraient des allures de fauves prêt à se jeter sur l'hyène qui avait osée se jouer de lui. Il ne restait rien du vieillard sénile et manipulé.
- Votre science médicale m'aurait réduit à marcher à quatre pattes comme une bête ! rugit-il, continuant de s'approcher dangereusement, de plus en plus menaçant.
- Laissez-moi rester à vos côtés, implora Grima.
Luana, restée sur en haut des marches, contemplait la scène sans agir. Elle savait ce qui allait suivre. Elle connaissait les intentions de Théoden, elle en avait parfaitement conscience. Comme tous ceux qui, agglutinés sur le perron et les premières marches, assistaient à l'exécution à venir. Même Legolas et son cœur qui détestait la mort ne faisait pas mine d'intervenir. Alors qu'aurait-elle dû faire ?
Elle aurait sans doute agie. Mais autrefois. Avant qu'elle n'ait eu à faire face à la souffrance, à voir le mal que certains étaient prêt à faire à autrui pour leur propre intérêt, pour étendre leur pouvoir et mettre la main sur ce qui ne leur appartenait pas de droit. Avant qu'elle n'ait eu à subir la malveillance de ce genre de personne. Avant, elle serait intervenu, aurait tenté de résonner le roi, lui expliquant avec ces mots à elle qu'il était inutile et même stupide de tuer un misérable. Qu'on n'en devenait pas meilleur, mais pire. Qu'il suffisait de l'enfermer ou l'exiler. Pas de tuer.
En cet instant, elle n'attendait que cela. Elle voulait voir ce sbire de Saroumane payer pour ses crimes et ceux de son maître. Elle voulait que Théoden rende la justice. Une justice juste et sans merci, à la hauteur des exactions de cette enflure. Qu'il n'y ait pas d'échappatoire possible. Et cette fois-ci, Naurofána, qui s'était rendormie au fond d'elle, ne pourrait pas lui reprocher son ressentiment et sa soif de vengeance.
Une vague de satisfaction la submergea lorsque Théoden rendit son jugement. Pas de mot, juste une action.
Il leva haut son épée au-dessus de sa tête, pour mieux l'abattre sur ce félon de Grima.
- Non mon seigneur !
Aragorn se jeta sur le roi, se saisissant de son épée et retenant le coup qui tombait. Les deux hommes luttèrent un instant faiblement, Théoden cherchant aveuglément à donner le coup mortel, poussant sur la garde, le Rôdeur le retenant.
- Non mon seigneur, répéta-t-il plus doucement. Laissez-le partir. Trop de sang a déjà été versé à cause de lui.
Le souverain cessa de forcer, semblant retrouver ses esprits. Il fixa un instant Aragorn, avant que son regard ne retourne sur Grima.
Aragorn, dans sa trop grande bonté et grandeur d'âme, se pencha vers lui et lui tendit une main secourable. La Langue-de-Serpent la considéra, un filet de sang marquant le coin de ses lèvres maladivement pâles. Avec une expression méprisante, il cracha dessus et se releva prestement, avant de tourner les talons et de fuir.
- Écartez-vous de mon chemin ! cria-t-il aux badauds agglutinés au bas des marches en les poussant et disparaissant dans la masse surprise.
Luana grogna en voyant Aragorn se frotter la main contre le tissu de son pantalon pour en effacer le glaviot que cette enflure lui avait craché dessus. Aragorn avait été trop tendre envers lui. Il le regretterait un jour, elle le sentait. Tous le regretteraient amèrement.
- Salut à vous, roi Théoden ! s'exclama l'un des paysans en s'agenouillant face à son suzerain.
Toute la foule, noire et triste, s'agenouilla, un semblant de clarté les illuminant à nouveau. Comme si la vue de leur roi leur avait réinsufflé l'espoir et le courage. Tous souriaient avec retenue, le visage empreint de soulagement et d'admiration. Mais quelque chose dans leur expression gâchait cette joie. Une forme de tristesse et d'apitoiement.
À son tour, Aragorn s'agenouilla, juste aux pieds de Théoden. Ce dernier, indécis et comme au sortir d'un mauvais rêves, les considéra, avant de se tourner vers Gandalf et les gardes qui les avaient suivis quelques marches plus haut. Le Mage Blanc afficha un faible sourire, tandis que les Rohirrims inclinaient la tête en signe de salut et de dévouement.
Mais le roi ne sembla pas heureux de cette vision pour autant. Son regard fouillait parmi les personnes présentes, scrutait les visages, volant de faciès en faciès, ne trouvant pas ce qu'il semblait chercher.
- Où est Théodred ? Où est mon fils ? souffla-t-il avec incertitude et crainte.
Le garçon que Luana avait arrêté un peu plus tôt, celui qui avait tenté d'intervenir lors du duel entre Gandalf et Saroumane qui avait pris place dans le corps de Théoden, sortit des rangs et s'avança.
Ainsi, c'était lui le fils du roi ? La Nauro peinait à y croire. Dans son costume de bouffon, il n'avait rien de noble et encore moins de royal. Même si, elle devait se l'avouer, il était plutôt beau gosse. Plus grand qu'elle, elle l'avait remarqué lorsqu'ils s'étaient trouvés proches. Il la dépassait d'une bonne demi-tête, même s'il restait plus petit que Legolas. Ou Aragorn bien sûr. Les traits des Rohirrims, soit des cheveux d'un blond cuivré qui lui tombaient sur les épaules, qu'il avait carrées et bien bâties. Un fin collier de barbe blonde, encore juvénile, courrait le long de sa mâchoire ferme et déterminée, soulignant au niveau du menton des lèvres blanches et minces. Il avait le teint légèrement tanné et légèrement buriné de ceux qui passent la majeure partie de leur temps sous les assauts du vent et du soleil.
Pourtant, il ne ressemblait en rien au roi devant lequel il s'agenouilla. Et la souffrance lisible dans ses yeux gris n'annonçait rien de bon.
- Elden ? souffla Théoden. Que fais-tu accoutré de la sorte ?
Le garçon ne répondit rien, le regard obstinément fixé au sol. Le souverain se laissa tomber devant lui et lui posa une main sur l'épaule, lui faisant ainsi relever la tête. Tous deux avaient les yeux brillants de larmes contenues.
- Toi qui es son écuyer, dis-moi où est mon fils.
Il n'était donc pas fils de roi, mais écuyer de fils de roi. Il déglutit avec difficulté, la lèvre inférieure tremblotant.
- Mon seigneur. Votre fils, Théodred… est mort.
La voix d'une femme s'éleva dans l'air. Bien qu'elle l'entendît clairement, Luana ne comprit pas les paroles de ce chant. Mais elle en perçut clairement le sens à travers les sanglots silencieux qui y perçaient. Cette peine, ce chagrin. Il s'agissait d'une prière mortuaire, d'un requiem.
De là où elle se tenait, assise au bord du chemin de pierre qui encerclait le château, elle avait une vue d'ensemble sur le triste spectacle qui se déroulait en contrebas, en dehors des fortifications. Grâce à sa vue de louve, elle percevait tout en détail. Parmi les tertres couverts de petites fleurs blanches qui fleurissaient aux abords du village, les villageois s'étaient regroupés et regardaient passer le cortège funéraire. Posé sur un palanquin richement décoré et porté par quatre soldats, reposait le corps du défunt. Il était jeune. Encore imberbe, le visage fin et froid, bleui par la mort. Les bras ramenés sur le torse et les mains fermées sur la garde de son épée, il avait douloureusement rappelé à la Nauro la vision de Boromir étendu dans la barque, les yeux clos. Elle n'arrivait pas malgré ses efforts à effacer cette image de son esprit, et sans cesse ses pensées retournaient vers le Gondorien, emplies de doutes et de questions. Elle ne cessait de se demander si elle n'aurait pas pu faire autre chose, éviter tout ça. Aragorn avait tâché de la convaincre qu'elle avait fait tout ce qu'elle pouvait et qu'elle avait bien fait. Mais il ne savait pas. Il ne savait rien. Il n'avait pas été là en cet instant.
Le Rôdeur était en cet instant dans le cortège, suivant en silence le corps, se tenant avec respect et solennité derrière Gandalf, qui lui-même restait en retrait de Théoden. Legolas se tenait au côté de son ami, Gimli de l'autre. Elle ne pouvait voir leur visage, mais elle devinait à leurs épaules voutées le chagrin partagé.
C'était une des raisons pour lesquelles elle n'aimait pas les enterrements. Cet abattement qui prenait chacune des personnes présentes, cette impuissance face à la mort. Lors des obsèques de ses parents, cette atmosphère lourde de pitié et d'apitoiement ne l'avait pas soutenue ni apaisée, ne lui avait pas apporté le réconfort nécessaire pour faire son deuil. Elle l'avait rendue malade, la peine des autres l'étouffant et s'ajoutant à la sienne. Elle avait sans doute plus pleuré à cause de chagrin des autres que sur sa véritable souffrance, sur la mort de ses parents. Depuis ce jour funeste, elle n'avait plus jamais osé aller dans une église, et l'idée de prendre part à un nouvel enterrement la mettait mal à l'aise et l'angoissait.
Ce qu'elle avait fait pour Éric, son incinération, c'était différent de ces cérémonies. Là, elle avait été seule, il n'y avait pas eu de discours sans queue ni tête, d'oraison funèbre vide de sens et de sincérité. Il n'y avait eu qu'Éric, elle, et les flammes. Elle avait pu faire son deuil seule, faire ses adieux à son frère sans que l'on vienne l'enquiquiner avec de plates condoléances.
C'était pour cela que lorsque le cortège avait commencé à descendre la rue principale du village, Luana était restée immobile, fichée sur place. Elle n'avait pas voulu les suivre. Ne pas être noyée dans ce flot de larmes et de prières. Et elle ne voulait pas mettre les pieds dans un cimetière. Toute petite, entrer la nuit dans ces lieux emplis de sépultures et de pierres tombales l'effrayait et l'amusait. Le genre de jeu malsain auxquels les enfants aiment jouer pour ce faire peur et éprouver des sensations fortes. Tant qu'aucun être aimé n'était enfoui sous terre, ça ne l'avait pas dérangé. Ce n'était qu'en voyant ses parents être inhumés qu'elle avait pris conscience d'avoir joué entourée de morts et de cadavres en décomposition.
Le chant se tut, coupé par le son de la pierre que l'on dépose lourdement. Le palanquin avait disparu dans le sein d'un tertre, que l'on venait de fermer d'une lourde dalle.
¡Mierda! Qu'est-ce qu'elle pouvait détester les enterrements.
Luana ne bougea pas, regardant les gens se recueillir, puis s'éloigner un à un ou par groupe. Aragorn, Legolas et Gimli finirent par remonter vers le château eux aussi. Il ne resta bientôt que le roi Théoden et Gandalf devant le tombeau.
La Nauro préféra détourner les yeux, laissant leur intimité aux deux hommes. Bien que roi, Théoden avait lui aussi droit au recueillement et à la solitude nécessaires pour faire son deuil. Elle attacha son attention aux soldats qui remontaient la rue principale, lentement, le dos ployant sous le poids des maux qui les affligeaient. Ses compagnons se trouvaient parmi eux. Arrivé sur le perron, Aragorn se tourna vers elle et la rejoignit, laissant l'Elfe et le Nain en retrait. Il resta un moment debout à ses côtés, aucun ne prononçant le moindre mot, avant de s'assoir, les jambes pendant dans le vide.
Luana, genoux ramenés contre sa poitrine et enserrés de ses bras, finit par tourner le regard vers lui. L'ombre de sa capuche toujours rabattu sur le visage empêchait de voir l'expression de ses yeux, mais sa voix parla pour eux.
- Dites Grands-Pas … est-ce que c'est ça, la vie en Terre du Milieu ?
- Que veux-tu dire ?
- Est-ce que c'est voir les gens qu'on aime mourir un à un, à cause de personnes qui ne veulent que le mal, sans pouvoir rien faire ? Je sais que c'est partout pareil, même chez moi. Mais ici, c'est tellement plus… tellement plus présent. J'ai l'impression de n'entendre parler que de mort. J'ai l'impression de la croiser à chaque pas. C'est ça, la vie d'ici ?
Le Rôdeur soupira lourdement, comprenant le fond de sa pensée.
- Je ne sais pas comment la vie est dans ton monde, ni si la mort y est omniprésente. Mais non, la vie en Terre du Milieu ne correspond pas à cette image. Ce que tu crois voir, c'est Arda telle que la voient Saroumane ou Sauron. S'ils n'étaient pas là, il n'y aurait pas tous ces morts. Les familles de soldats n'auraient pas à pleurer leurs proches, les guerriers n'auraient pas à enterrer leurs compagnons.
À l'évocation de Saroumane, la Nauro serra les poings, grinça des dents. Oui, s'il n'avait pas vécu, Éric ne serait pas mort.
« Et sans Sauron, papa et maman seraient encore en vie. »
Elle secoua la tête. Non, elle ne devait pas rejeter tous ses malheurs sur le dos des autres sans distinction. Sauron était responsable de bien des souffrances, mais il ne pouvait rien faire dans son monde à elle. Il n'en avait pas le pouvoir. Il n'y était rien, il n'y avait aucune existence.
- N'oublie jamais que c'est pour empêcher que des innocents et des braves meurent de la sorte que nous luttons, déclara Aragorn en lui saisissant doucement l'épaule, la pressant avec fermeté et encouragement. Mais nous ne devons pas agir inconsidérément ni laisser nos émotions prendre le dessus. Sans quoi nous ne pourrions atteindre notre objectif et nous nous écarterions de la voie que nous nous traçons chaque jour.
Elle acquiesça en relevant la tête, laissant l'ombre reculer sur son visage et dévoiler un faible sourire. Elle tourna son regard vers l'horizon, quelque peu rassérénée. Mais son sourire fana.
Au loin, sur le sommet d'une colline se dessinait une sombre forme. Un grand cheval noir, sur le dos du quel se tenaient une petite fille et un jeune garçon.
- Aragorn ! appela Legolas, pointant du doigt cette apparition.
Tous s'entreregardèrent, avant que l'homme, l'Elfe et la Nauro ne s'élancent vers la porte principale pour aller à la rencontre de ces enfants, suivis par un Gimli grommelant. Arrivés à la limite des remparts, plusieurs Rohirrims les avaient rejoints et les accompagnaient.
Luana vit le garçon chanceler sur sa selle et tomber lourdement au sol. Elle fut tentée de se transformer en louve pour les rejoindre plus rapidement, mais se retint de justesse. Elle n'aurait fait qu'effrayer la monture et désarçonner la gamine, sans compter la terreur qu'elle lui aurait inspirée.
Lorsqu'ils arrivèrent à leur hauteur, la petite fille s'était laissée tomber à terre et secouait son frère par les épaules, l'appelant. La Nauro se figea à cette vue. En un flash, elle se revit, une dizaine d'année auparavant, penchée sur un Éric inconscient au front sanglant, étendu dans la poussière, un poney de bonne taille ruant à quelque mètre d'eux.
Legolas alla de suite se saisir des rênes du cheval qui gratter le sol de son sabot à peu de distance de là. Aragorn s'agenouilla auprès du jeune garçon et le retourna avec douceur. Il plaça deux doigts sur la carotide, cherchant un pouls, avant de palper le front et le crâne à la recherche d'une commotion. Gimli quant à lui était encore loin derrière.
Les gardes s'approchèrent sans savoir quoi faire. La petite fille pleurait à côté de son frère.
- S'il vous plait monsieur, dit-elle au Rôdeur. Sauvez-le !
- Ton frère ne risque rien, rassure-toi, répondit-il avec douceur après un rapide examen. Il n'a besoin que de repos.
Il prit le petit corps dans ses bras et se releva, adressant à la Nauro un regard plein de sens. Luana jeta un bref regard à la gamine, incertaine. Elle n'avait jamais eu le chic avec les gosses. La seule fois où elle avait fait du baby-sitting, elle en était revenue avec un mal de crâne incroyable et les oreilles qui sifflaient tant le gosse avait brayé et pleuré.
Mais déjà le Rôdeur repartait vers le château avec son précieux chargement, suivis par la majorité des gardes. Legolas quant à lui attendait, l'observant dans son hésitation, le cheval se tenant sagement à côté de lui.
Elle soupira, n'ayant d'autre choix. Elle aurait pu partir en prenant son temps, en attendant que la petite fille se décide à les suivre, mais elle-même semblait à bout de force. Et ce n'était pas humain de la laisser ainsi derrière eux.
La Nauro s'agenouilla pour se mettre au niveau de la petite frimousse couverte de crasse, les larmes traçant des sillons plus clairs sur ses joues grises.
- Ne t'en fais pas. Ton frangin est entre de bonnes mains.
La petite la considéra avec une mue humide et des yeux de chien battu. Le genre de regard qui fait fondre n'importe quel adulte en temps normal, mais qui mis Luana particulièrement mal à l'aise.
- Je m'appelle Luana, et lui c'est Legolas, continua-t-elle en désignant l'Elfe. Et toi, comment tu t'appelles ?
- Freyda.
- C'est très joli. Et ton frère, c'est quoi son nom ?
- Éothen.
- Alors sache Freyda, que ton frère ne risque rien, Grands-Pas est un très grand guérisseur. Tu veux venir avec moi ? On va aller au château, là où Éothen et toi vous pourrez manger et vous reposer. Ça te va ?
Freyda hocha la tête, quelque peu rassurée, mais continuant de fixer l'Elfe et la Nauro avec une expression étrange.
- C'est un Elfe ? demanda-t-elle d'une toute petite voix.
- Oui, sourit Luana. Un vrai de vrai ! Avec les oreilles pointues et tout et tout.
- Et toi t'es quoi madame ?
Le sourire de la jeune fille s'effaça pour laisser place à un rictus crispé et renfrogné. Madame… Genre elle avait l'air d'une vieille ! Et comment ça « t'es quoi » ? Heureusement qu'elle n'avait toujours pas rabattu sa capuche, sinon la gamine aurait pris peur au train ou les choses allaient.
- Je suis une fille comme toi, dit-elle sans préciser qu'elle était une Nauro. Allez, c'est pas tout ça, mais faut y aller.
Elle allait se relever quand elle aperçut les tremblements qui parcourait le petit corps. Elle était épuisée, la pauvre petite. Luana ouvrit ses bras, lui offrant un fin sourire, et l'enfant ne se fit par prier. Elle vint se blottir contre elle et enroula ses bras fins autour de son cou. La Nauro referma ses bras et se remit sur pieds, la petite serrée contre elle. Legolas lui sourit avec un air attendri. S'assurant que Freyda ne verrait rien, Luana lui tira la langue et tourna les talons, suivant le Rôdeur et le Nain, qui venait de faire demi-tour.
À peine furent-ils arrivés au château qu'Eowyn, la jeune femme qui avait soutenu le roi Théoden un peu plus tôt, se jeta sur les enfants. Elle mena Aragorn vers une chambre où il déposa le garçon dans un lit, indiquant le second à la Nauro, où fut étendue la petite fille. Presqu'aussitôt, Luana fut chassée de là et se retrouva le nez à la porte. Euh… c'était elle où Eowyn était pressée de se débarrasser d'elle et se retrouver juste avec le Rôdeur, enfermée dans cette chambre… ? Nan ! ¡No fue posible ! Il y avait les enfants avec eux… Mais quand même.
Soupirant, la jeune fille jeta un regard incertain autour d'elle, ne sachant plus quoi faire ni où aller. Legolas avait mené aux écuries le cheval des deux enfants et l'avait prévenue qu'il y resterait afin de s'occuper de leurs montures. Gimli… il lui semblait bien qu'ils avaient laissé le Nain derrière eux tandis qu'ils se hâtaient d'amener les enfants au château. Gandalf devait sans doute s'entretenir avec Théoden elle ne savait trop où. En gros, elle était seule et paumée.
Elle rebroussa chemin pour retourner à l'extérieur et peut être rejoindre les écuries. Mieux valait être entourée de chevaux mais pouvoir profiter de la présence de l'Elfe que de rester seule dans ces couloirs sombres, à l'odeur de renfermé et empuantis par la fumée des torches et des lampes à huile.
Mais au tournant d'un couloir, elle tomba nez à nez avec le bouffon du roi. Euh… enfin… le garçon qui auparavant était habillé comme un bouffon. Là, il avait troqué son costume de clown pour la tenue et l'armure légère des chevaliers. Ce qui lui saillait bien plus. En vrai, il était carrément canon comme ça !
« Luana, tu t'égare ! » se morigéna-t-elle mentalement.
¡Joder! C'était quoi ces pensées de midinette en chaleur ? C'était pas son genre de mater les garçons comme ça, sauf quand elle avait un coup dans le nez. Mais il ne fallait pas se voiler la face : depuis qu'elle était ici elle ne faisait que croiser des hommes qui pourraient poser sans problèmes dans tous les magazines de mode de son monde. Il fallait avouer qu'Aragorn était plutôt pas mal dans son genre ténébreux torturé. Boromir avait su faire preuve d'un certain charme, et même le capitaine des Rohirrims qu'ils avaient croisé deux jours plus tôt était loin de passer inaperçu au niveau beauté. Même elle ne pouvait le nier. Elle s'en était bien aperçue, bien qu'elle ait joué les aveugles.
Et encore, en comparaison aux Elfes, ils faisaient tous pâle figure. Tous les Elfes étaient beaux et parfaits au niveau du physique. Et certains arrivaient encore à mettre la barre toujours plus haut. Elladan et Elrohir étaient tous les deux des tops modèles et leurs sourires ferait fondre même le cœur de la femme la plus frigide du monde ; Haldir, malgré son visage souvent dur et fermé, n'avait rien à leur envier Glorfindel était un dieu et que dire de Legolas ? De tous les êtres qu'elle avait rencontrés en Terre du milieu, il était le seul à pouvoir l'éblouir comme il le faisait. Et à quoi bon se le cacher, même elle ne pouvait résister à l'envie de se plonger dans la contemplation d'une telle merveille.
Mais lui, ce simple humain, ce Rohirrim, avait un petit quelque chose en plus que tous les autres n'avaient pas : son âge. Elle et lui avaient approximativement le même âge. Et puis contrairement à Elladan, Elrohir ou Legolas, il était humain lui ! C'était peut-être pour cela que Luana l'avait si facilement remarqué. Non pas à cause de son costume stupide, mais parce qu'il lui rappelait les rares gars qu'elle fréquentait dans son monde d'origine. C'était le premier jeune avec qui elle avait la possibilité de parler.
Les deux jeunes gens restèrent ainsi un long moment à se faire face en silence, Luana perdue dans ses pensées tortueuses, lui la fixant intensément.
- Pardonnez-moi noble dame, finit-il par dire en s'inclinant devant elle. Monseigneur Théoden m'a prié de vous informer qu'une chambre a été mise à votre disposition. De quoi faire votre toilette vous y attend.
- Heu… Ok. Répondit-elle, surprise du ton dont il usait pour s'adresser à elle.
Et choquée par le « noble dame ».
- Veuillez me suivre, je vais vous mener jusqu'à votre chambre, fit-il en l'invitant à lui emboîter le pas d'un geste de la main, s'inclinant à nouveau avec cérémonie.
Il était quoi ici lui ? Bouffon ou room service ? Elle avait bien entendu Théoden le désigner comme un écuyer, mais au vue des tâches qu'on lui confiait, elle doutait fortement qu'il soit réellement au service d'un chevalier, et lui-même futur cavalier du Rohan…
- Je te suis, lâcha-t-elle en haussant les épaules.
Il fut surpris de sa réponse et la considéra un long moment avec incertitude. Il ne devait pas voir grand-chose de son visage, vu l'obscurité du couloir et l'ombre de la capuche, aussi se permit-elle un sourire moqueur. Elle avait décidé de ne pas se prendre la tête avec des solennités si c'était pour discuter avec lui. ¡Mierda! Elle vouvoyait tout le monde, mis à part les Hobbits, et plus aucun d'eux n'était là pour lui ôter le poids des convenances. Elle n'allait pas en plus devoir se farcir du « vous » et du « monsieur » avec un gars de son âge !
Il tourna les talons et commença à la guider à travers le dédale de couloir.
- Et sinon, c'est quoi ton nom ? demanda-t-elle au bout d'un moment de silence.
Il lui jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule, de plus en plus surpris.
- Je suis Elden, fils de Peren, ma Dame.
- ¡Mierda! Vous avez pas fini de tous m'appeler madame ? J'ai l'air si vieille que ça ?
- Pardonnez-moi, ma damoiselle… Je ne voulais pas vous offenser.
Luana soupira lourdement. Apparemment il n'avait pas saisi le message, alors qu'elle lui hurlait silencieusement d'arrêter avec ces manières. Elle avait pourtant cru la première fois qu'elle l'avait vu qu'il ne serait pas du genre coincé. Elle ne savait pas pourquoi, mais il y avait chez lui quelque chose de moins cérémonieux que chez les autres. Il lui avait paru plus naturel. Et non pas bien élevé, bien éduqué au point de perdre toute spontanéité.
- Moi c'est Luana.
Elden s'arrêta. Enfin une réaction moins contenue ? Il se retourna pour lui faire face… et se pencha en un baisemain plus que respectueux.
- Je suis enchanté de faire votre rencontre, damoiselle Luana.
Elle retira sa main de la sienne avec irritation et la leva jusqu'à sa capuche, qu'elle tira en arrière pour dévoiler son visage colérique.
- J'ai une tête à être appelée mademoiselle ou noble dame, franchement ? s'emporta-t-elle. Alors sois gentil, arrête avec ça et tutoie-moi ! J'ai l'impression d'être une vieille là, sérieux !
- Vous…
- Non ! Non ! Pas de vous, je t'en supplie ! Je ne vais pas vouvoyer ou laisser me vouvoyer un gars de mon âge après tout ce temps passé qu'avec des gens plus vieux que moi ! Alors, ¡Te suplico!, tutoies moi et appelle moi par mon prénom ! Luana, c'est pas si dur à dire non ?
Elden resta un instant bouche bée et Luana se dit qu'elle y était sans doute allée un peu fort. Après tout, s'il tenait à garder ses bonnes manières et à agir comme un preux chevalier servant, elle n'avait pas à l'en empêcher, même si ça lui pesait.
Mais les lèvres du jeune homme se refermèrent et s'tirèrent en un long sourire, avant d'éclater dans une explosion de rire.
Ce fut le tour de la Nauro d'en rester comme deux ronds de flan. Il se passait quoi là ? C'était bien la première personne qu'elle entendait rire si peu de temps après leur rencontre en ce monde. D'ordinaire il fallait quelques jours, si ce n'était pas des semaines ou des mois…
Le garçon distant et cérémonieux venait de laisser place à un vrai rayon de soleil, respirant la joie de vivre et un dynamisme qui faisait plaisir à voir.
- Tu ne peux savoir à quel point je suis ravi d'entendre cela ! Tu es bien la première femme que je rencontre qui me parle de la sorte, finit-il par dire difficilement entre deux hoquets, tentant de retrouver son calme. Je n'aurais jamais pu imaginer qu'une noble dame me demanderait de m'adresser à elle comme si nous étions égaux !
- ¡Qué! C'est quoi ton délire de noble ?
Il haussa un sourcil étonné et septique.
- Tu n'es pas noble ?
- Bien sûr que non ! Plus roturière que moi tu meures !
- Je croyais que tu étais d'une famille noble pour voyager ainsi avec le seigneur Aragorn. Tout comme vos deux autres compagnons, l'Elfe et le Nain…
- Legolas est prince de Mirkwood et Gimli est de la lignée de Durin, mais ça ne veut pas dire que j'ai du sang bleu, non mais ho ! Tu m'as vue ? s'esclaffa-t-elle à son tour.
Elden lui jeta un drôle de regard. Ah oui, petits problèmes de compréhension.
- Non, je ne suis pas noble, je ne viens pas d'une grande famille, je en suis pas née dans un beau château avec tout une armada de serviteurs à mon service, conclu-t-elle, les poings posés sur les hanches ouvrant grand sa cape et laissant apparaître son accoutrement loin d'être celui d'une noble dame.
Le garçon, l'examina de la tête aux pieds, visiblement surpris face à ses habits qui ne cachait rien de son ventre, mais il n'y avait pas trace de mépris ou d'outrage.
- Qu'es-tu en ce cas ? Une Elfe ?
Nouvel éclat de rire de la part de la Nauro. Elle souleva une mèche de cheveux blancs et mis bien en évidence une oreille bien ronde.
- Hé non, je ne suis pas une Elfe.
- Ton apparence est pourtant fort…
- Étrange je sais, grimaça-t-elle.
- Le mot est juste en effet. Je n'avais jamais vu d'humaine à la peau et aux cheveux si blancs, si purs. Et encore moins aux yeux si troublants.
Luana détourna le regard, gênée et une fois de plus heureuse de ne pouvoir rougir. En d'autres circonstances, elle aurait très mal pris le compliment, y percevant une tentative de drague. Mais depuis un moment, il était vrai que ça ne devait pas être évident de la fixer dans les yeux pour les non-initiés : avoir le pupille partagée entre l'or et l'argent n'était pas très courant, pour ne pas dire rarissime.
Un silence s'installa entre eux. Mais il n'y avait aucun malaise. Tous deux avaient en petit sourire en coin, amusé et heureux de pouvoir parler si légèrement.
- Tu sais que tu es bien plus agréable comme ça qu'en mode coincé ? fit-elle avec une moue moqueuse.
Elden prit un air embarrassé et se passa une main dans les cheveux. Un geste que Luana connaissait bien.
- On m'a fort souvent reproché quand j'étais petit de manquer de respect et de manière envers mes supérieurs, et encore plus envers les dames. J'ai par la suite dû apprendre à me réfréner et à parler plus solennellement. Mais je dois m'avouer que pouvoir m'exprimer naturellement n'est pas pour me déplaire.
- Et encore, c'est pas comme si tu parlais comme moi. Là je crois qu'on te reprocherait pas ton manque de courtoisie ou autre, mais ton langage tout entier.
- Je trouve pourtant ton langage fort plaisant.
Luana eut un moment d'absence. Quoi ?
- Il est chantant et sincère, expliqua-t-il. On n'y trouve aucun faux semblant. C'est agréable de pouvoir entendre clairement tes mots sans sentir la moindre arrière-pensée. C'est… rafraichissant. Cela change des courtisans que l'on doit fréquenter à la cour lorsque l'on sert la famille royale.
- En parlant de ça, tu es quoi toi ici ?
Le beau visage du Rohirrim s'affaissa, et ses yeux s'emplir de tristesse.
- J'étais l'écuyer du seigneur Théodred, le fils du notre souverain Théoden.
Boulette ! Elle l'avait pourtant entendu ! Lui-même avait annoncé au roi la mort de son fils ! Elle avait la furieuse envie de se cogner la tête contre les murs pour apprendre à ne plus dire de conneries.
- Je suis désolée, souffla-t-elle en baissant les yeux.
- Pourquoi ? Tes amis et toi n'êtes en rien responsables de sa mort que je sache. Ce sont ces maudits orques et ce mage de malheur les coupables ! Je prie pour que ce traitre de Saroumane soit puni pour ses crimes !
- Je me ferais un plaisir d'exaucer ce souhait, gronda doucement la Nauro.
Ils échangèrent un regard entendu, emplis de cette même rancœur et soif de justice, de vengeance. Elle l'aimait bien. Luana commençait de plus en plus à apprécier ce jeune Rohirrim, avec qui elle partageait visiblement pas mal de choses.
Sur un signe d'Elden, ils reprirent leur route vers la chambre.
- Dis, c'était quoi ce costume de bouffon que tu portais tout à l'heure ?
Un grommellement mécontent et hargneux lui répondit, mais Elden ne fit pas mine de s'arrêter ou se retourner.
- Une mauvaise plaisanterie de cette damnée Langue-de-serpent, maugréa-t-il. Il a envoyé mon maître loin du château se faire tuer par une bande d'orque, me forçant à rester ici et me nommant bouffon du roi.
- Pourquoi il a fait ça ?
Il s'arrêta enfin devant une porte de bois sombre et lui fit face. La colère qu'elle avait imaginée peinte sur son visage ne semblait pas vouloir apparaitre, les coins de ses fines lèvres étant retroussé en un sourire gêné.
- C'est embarrassant, dit-il en se passant à nouveau une main dans les cheveux avec embarras.
- Pas plus que de porter un costume de bouffon. Allez raconte, l'encouragea-t-elle en lui donnant un léger coup de poing dans l'épaule.
Il parut surpris, mais finit par sourire, amusé.
- Depuis aussi loin que je m'en souvienne, tous me surnomment l'Acrobate. Depuis tout jeune, je me plais à sauter en tous sens, à me mouvoir tel un acrobate afin d'amuser mes amis. Même en selle je ne peux m'en empêcher. Un jour, Grima a déclaré que je n'étais pas digne de servir d'écuyer au prince Théodred au vu de mon comportement, et m'a proclamé bouffon.
Il paraissait très mal à l'aise. Et plus encore devant les yeux ronds de la Nauro.
- T'es sérieux ! s'exclama-t-elle avec enthousiasme. Tu fais quoi ? La roue sans les mains ? Saut de l'ange ? Flip ? Salto avant, arrière ? Tu sais marcher sur les mains ?
- Hahaha ! Je ne connais certes pas toutes ces figures, mais je crois comprendre avoir à faire à une connaisseuse. Aurais-tu fréquenté des troubadours ou des gens du spectacle ?
- Tu rigole j'espère ! Je pratique moi-aussi. Et ouais amigo, moi aussi je joue les acrobates, dit-elle avec un clin d'œil.
Elden croisa les bras sur le torse, un air moqueur placardé sur la face.
- Vraiment ? Une jeune fille si frêle et fragile telle que vous, ma Dame, ferait ce genre d'extravagance ?
Luana laissa filer un grognement, retroussant les lèvres comme le ferait un loup pour montrer les crocs.
- Prend garde, l'acrobate, je pourrais te surprendre.
- J'ai hâte de voir cela, la nargua-t-il. Mais nous discutons et le temps passe. Si j'étais toi, je me hâterai de faire un brin de toilette et de me reposer un peu. Théoden convoque tes compagnons sous peu, ainsi que les deux enfants que vous nous avez ramenés afin d'écouter leur récit. Vous pourrez aussi vous sustenter. Vous ne devez pas avoir mangé à votre faim durant votre voyage, aussi mon seigneur tient-il à se montrer bon hôte et à vous offrir un bon repas.
Faim ? Manger ? Sustenter ? Repas ?
À ces mots si appétissants, Luana s'aperçut enfin d'à quel point elle était affamée. Ils n'avaient rien mangé depuis la dislocation de la communauté, il y avait plusieurs jours de cela. Tant de chose avait eu lieu qu'elle n'y avait pas prêté attention jusque-là. Un roulement de tonnerre fit trembler la peau de son ventre tandis que son estomac se contractait douloureusement. Elle porta une main à l'abdomen, tentant de réprimer ses gargouillements.
Elden repartir dans un grand rire.
- Je crois que ce ne sera en effet pas de trop, plaisanta-t-il. Je viendrais te chercher lorsque l'enfant se sera réveillé.
- Entendu. Merci.
Luana se détourna pour rentrer dans la pièce, quand Elden l'interrompit.
- J'oubliai. Monseigneur Théoden a mis à ta disposition des vêtements propres.
- Ne me dis pas que c'est une robe ! Réagit-elle sur le champ.
- Heu… non, je ne pense pas. Maitre Gandalf a bien insisté sur le fait qu'il te fallait des vêtements d'homme pour toi te mouvoir et combattre sans être entravée. Et que de toute manière, tu refuserais catégoriquement toute robe ou autres jupons.
« ¡Gracias Gandalf ! » exulta-t-elle intérieurement.
- Merci Elden. À tout à l'heure, dit-elle avant d'entrer dans la chambre.
Elle referma rapidement la porte et s'y appuya. Elle percevait de l'autre côté du battant la présence du jeune Rohirrim. Elle pouvait l'entendre respirer. Il resta un long moment ainsi, avant de tourner les talons et de s'éloigner.
Ce ne fut qu'une fois que ces pas se firent sourds que la Nauro s'autorisa à soupirer de joie. Elle avait rencontré quelqu'un comme elle. Et qui ne la jugeait pas. Qui apparemment l'appréciait dès les premiers instants. Même pour les Hobbits il avait fallu un temps d'adaptation à son étrangeté avant qu'ils ne fassent preuve d'estime et de camaraderie. Là, ça avait été si naturel.
Elle s'avança dans la chambre, tout aussi sombre que le couloir, pas très chaleureuse. Mais ça n'avait pas d'importance, car en cet instant, elle se sentait particulièrement bien et la bonne humeur d'Elden semblait avoir éclairé sa journée.
Dans un coin reposait une vasque posée sur une table, un pichet d'eau attendant patiemment à côté. Un morceau de savon et des draps de bain étaient installé à proximité. Et sur le lit, un tas de tissus sombre. Il y avait une chemise blanche, simple, sans fioriture, ainsi que des braies noires accompagné d'un gilet de cuir sombre.
Luana n'avait aucune envie de troquer la tenue confectionné par Lindoïlin, bien plus confortable et excentrique à souhait, mais ce n'était pas comme si elle avait vraiment le choix. Les vêtements qu'elle portait étaient couverts de poussière et de sang séché, qu'il fut rouge ou noir, et lacérés par endroit. Et ceux de rechange que lui avait offert la belle dame étaient quelque part sur les rives du fleuve, avec la barque et le matériel qu'ils avaient laissé derrière eux.
Soupirant, la Nauro ôta ses habits, ne gardant que ses sous-vêtements. Avec moult frissons et jurons, elle se lava à l'eau froide, pestant contre la chair de poule qui lui couvrit les bras et rêvant d'un bon bain chaud. Son estomac qui ne cessait de grogner et ses cheveux dégoulinants dans son dos par la suite n'arrangeaient rien à sa mauvaise humeur grandissante.
Néanmoins, se sentir de nouveau propre ne fut pas pour lui déplaire lorsqu'elle eut fini. Après une bataille sanglante, quatre jours de course non-stop et deux jours de chevauchée sur le dos d'un canasson, la couche de crasse accumulée sur sa peau était phénoménale, à tel point que l'eau qui reposait désormais dans la vasque était noire.
Elle se retourna vers le lit, dont les draps avaient été repliés. Soudain, ils devenaient étrangement attirants. Mis à part les quelques heures de sommeil qu'ils avaient grappillé la nuit dernière, elle n'avait quasiment pas dormi depuis près de six jours. Et cela se faisait terriblement sentir. Sans parler de certaines blessures qui lui cuisaient encore. Bien que pour la plupart cicatrisées, les plaies empoisonnées gardaient mauvais aspect, toujours boursoufflées, malgré le processus de régénération qui s'était accru lors du sommeil de la louve. Naurofána l'avait prévenue, elle en garderait de vilaines traces.
Se dirigeant distraitement vers le lit, Luana se demanda comment Aragorn avait fait pour tenir tout ce temps. Legolas était un Elfe, il pouvait prendre du repos tout en courant Gimli n'avait cessé de piquer un roupillon lorsqu'elle le portait sur son dos ou lorsqu'il chevauchait en compagnie de Gandalf et elle, elle avait Naurofána et son énergie. Le Rôdeur quant à lui n'avait pas eu ces chances là et pourtant, il devait encore être debout en cet instant.
Mais peu importait. Luana avait atteint sa limite, et elle ne dirait pas non à un peu de repos. Juste cinq minutes. Elle enfila la chemise, qui lui tomba jusqu'à mi-cuisse, et se glissa sous les draps. Elle s'habillerait convenablement après. Juste le temps pour elle de fermer les yeux. Pas longtemps…
Alors, vous avez deviné ce qu'était la surprise?
Pour ceux qui trouverait que les derniers chapitres n'ont rien de transcendant et manque d'action, ne
vous inquiétez pas, ça ne va pas tarder à changer ;)
Répooooonses! =D
Eclipsia: Tu me flatte ^^ Je devrais avoir un peu plus de temps pour écrire, malgré le job d'été, alors les prochains chapitres ne vont pas trop traîner à sortir ;)
Encore merci! =D
Hinata: Rhololololo! Que de belles paroles sur mon cériture! J'en rougis de plaisir! *'.'*
Dans ce cas je n'ai plus de choix: je vais devenir une dealeuse de fanfiction! XD Luana n'est pas Luana si elle n'est pas expressive ou exubérante, donc si un jour elle n'est ps comme ça, c'est un imposteur! XD
Merci pour tout et bonne lecture! =)
Valeara:WOW! O.O
C'est à ce point? Alors, je vais répondre à tes questions dans la mesure du possible:
- oui, vous aurez des explications sur les mèches noires de Luana
- je n'aurais jamais crut que Lindoilin aurait pris une telle place dans la fic et eu cet effet sur le lectorat ^^ Vous le saurez là aussi plus tard =P Pour le rapprochement aussi d'ailleurs ^^ (MOUHAHAHAHAHA! XD)
- Pour ce qui est du jeune homme, tu l'auras donc djà découvert dans ce chapitre ^^
Tu peux poser toutes les questions que tu veux! C'est bien d'être curieuse, ça montre que tu es vraiment intéressée par la fic et que tu commence à percevoir certains éléments ;p
un énorme merci pour ta review et tes questions! =D
lucie227: Sincérement, qui n'aime pas les surprises? ^^ Merci pour ta review =)
CaelRanya: Oki doki! (tu as mis un flux rss dessus? ^^ ) A le fameux garçon (merci de ne pas dire gamiiiiin! XD ) oui il aura une certaine incidence... En tout cas cette incidence va plaire à toute les fans de Leggy x) Quant au pourquoi du costume de bouffon, je e laisse lire ce qui suit ;)
Bonne lecture et merci =)
Luja: tant d'enthousiasme mérite d'être récompensé ^^ C'est pourquoi: voici la suite tant attendue! =D
Merci pour ta review
Shoake: Quelques soucis avec la review? ^^
Je suis heureuse qu'elle te plaise =) Merci pou ta review
