Aïe aïe aïe aïe ! J'ai honte ! Tellement honte de vous avoir laissés tous et toutes comme ça ! Désolée !
Les raisons ? Les coupables ?
- coupable n°1 : le manque d'inspi justement x)
- coupable n°2 : Elden ! A peine débarqué, il m'a foutu un bazar monstre dans la fic et ne cessait de se barrer en couille ! -.- Un vrai casse-bonbon qui m'a fait réécrire plusieurs scènes plusieurs fois (et donc effacer plusieurs heures de boulot x) )
- coupable n°3 : comme vous vous en doutez, les cours x(
Enfin (désolée pour l'attente), dernière chose très importante !
Étant donné que je ne peux pas avoir d'échange réellement avec les lecteurs qui n'ont pas de compte ff, j'ai ouvert une boîte mail afin que tout le monde puisse me poser des questions ou avoir des précisions =) Parce qu'y a pas, juste les reviews c'est pas pratique pour échanger, et j'aime tellement discuter avec vous tous que ce serait dommage d'exclure certains d'entre vous ! ^^
Mais la boîte est bien entendue ouverte à tous =) J'essaierai de vous répondre le plus vite possible, et personne ne sera oublié ;)
Voici l'adresse : lotelemna laposte . net (enlever les espaces et rajouter l'arobase après "lotelemna" ;) )
Sur ce, bonne lecture à tous ! =D
(Réponses aux reviews des Guest à la fin du chapitre ;) )
Chapitre 42 : Le roi des c...
Pour elle, les prénoms rimaient avec des personnages.
Je jure de dire la vérité : je préfère attendre mes rêves. C'est à l'intérieur de mon cœur que se cachent ces fragments de bonheur, dans cette boîte du marchand de sable, qui protège les rêves merveilleux. En quoi cela fait peur ?
Le marchand de sable. Deux univers semblables et pourtant différents se croisent à ses portes. Mais il n'était plus là. Plus à mes côtés. Je pense que lui aussi m'a cherché. Ce qui est sûr, c'est qu'il s'est perdu.
Menteuse, retourne sur Terre.
La Terre. J'aime bien l'hiver. L'eau est froide. Tout est pourtant si vivant. Pire que l'amour, ce pays des merveilles.
Pour accéder à ce lieu, plusieurs moyens sont possibles.
Mais il s'est produit un événement qui fait peur. Il est arrivé dans l'au-delà, qui en un instant glace et désespère.
C'était juste une ombre, une tâche d'encre bleue. Une illusion.
- Luana… Luana.
Une main, large et chaude, se posa sur son épaule, tandis qu'une voix familière l'appelait en échos lointains, sans qu'elle ne sache d'où elle connaissait cette voix.
- Luana. Il faut te réveiller, répéta inlassablement l'écho à travers les brumes du sommeil.
Ha oui. Elle se souvenait maintenant. Revenant à la surface sans pour autant crever le cocon léthargique qui l'enveloppait, Luana se retourna sur le ventre, enfonçant la tête dans l'oreiller moelleux qui sentait bon la fleur des champs. Elle le serra aussi fort que le lui permettaient ses bras en coton, comme s'il s'agissait d'un point d'ancrage qui l'empêchait de s'envoler loin du monde des songes. Ce lit était décidément trop accueillant et confortable pour qu'elle le quitte si brusquement. Le matelas semblait l'aspirer, l'avaler comme des sables mouvants et l'entraîner dans une prison duveteuse, tandis que le drap l'enserrait dans un étau doux et chaleureux. Eux non plus ne voulaient pas la laisser partir.
- Aragorn, encore cinq minutes, ¡Por favor! Implora-t-elle d'une voix suppliante et pâteuse, étouffée par l'oreiller.
- Le seigneur Aragorn t'attend dans la salle du trône, en compagnie de Mithrandir, du seigneur Nain et du seigneur Elfe.
- Hu ?
Una minuta, por favor…
Le seigneur… Aragorn… l'attendait dans la salle du trône ? Quoi ? Il venait d'être nommé roi ? Non… Ils n'étaient pas encore arrivés au Gondor… ils étaient où déjà ?
- ¡Mierda! S'écria-t-elle en jaillissant du lit comme un diable de sa boite.
Il y eu un brusque choc, une exclamation surprise et douloureuse, et une explosion de jurons en espagnol. La Nauro retomba en arrière sur les oreillers, se prenant la tête entre les mains en grognant.
- ¡Joder! gémit-elle, avant de se redresser sur son séant pour voir qui était le mur qu'elle venait de se prendre en pleine face.
Elle découvrit Elden, assis le cul par terre, qui se tenait le nez en la considérant avec étonnement et consternation.
- Elden ? Mais qu'est-ce que tu fous là ? demanda-t-elle en se palpant le front à la recherche du coco de Pâques qu'elle ne manquerait pas d'avoir.
Le jeune Rohirrim se redressa, s'assurant qu'il n'avait pas le nez cassé ou ne saignait pas, et lui fit face, bombant le torse de façon à conserver un minimum de fierté.
- Comme promis, je suis venu te chercher. Les enfants se sont réveillés et sont en cet instant entendus par le roi Théoden et tes compagnons.
Luana le considéra un instant, continuant de se frotter le crâne. Elle avait du mal à rassembler ses souvenirs et ses esprits, encore à moitié endormie et la tête vibrant comme une cloche sous le choc.
Les enfants ? Ha oui, les deux qui étaient arrivés à cheval… Ils étaient réveillés ? Ce qui voulait dire…
- ¡Mierda! S'exclama-t-elle à nouveau en rejetant les couvertures, qu'Elden évita de peu. J'ai dormi combien de temps ?
L'écuyer du Rohan ouvrit de grands yeux effarés en la voyant tout juste vêtue de son ample chemise, qui était délassée sur la naissance de sa jeune poitrine et voletait autour de ses cuisses tandis qu'elle s'activait en tous sens, sans braie ni gilet. Il ne détourna le regard que lorsqu'elle le surprit en train de la contempler. Elle ne s'en offusqua pas : les membres de la Communauté l'avaient, bien malgré elle, vue nue bien assez souvent pour qu'elle soit encore gênée d'être vue à moitié-vêtue. Et puis, vu son air ahuri, il devait être du genre chaste, aussi il ne devait pas la mater juste pour le plaisir, plus par surprise.
Elle n'aurait sans doute pas pensé cela si elle avait ne serait-ce qu'entraperçu le sourire ravi qui flotta brièvement sur les lèvres du Rohirrim lorsqu'il se détourna.
- Pas plus de deux heures, finit-il par répondre en lui tournant le dos.
- Deux heures ?
Luana s'effondra sur le lit tout en bataillant pour enfiler ses braies et ses bas de laine. Elle s'était promis de ne pas fermer les yeux plus de cinq minutes ! Elle était persuadée que pendant qu'elle roupillait, Aragorn, Gandalf et Legolas s'étaient activés au lieu de faire la sieste. Pour Gimli… elle n'en était pas aussi certaine.
- Est-ce ainsi chaque matin ? demanda Elden lorsqu'elle fut à peu près présentable, la regardant se battre avec le gilet, la ceinture et ses bracelets de cuirs.
- De quoi ?
- Es-tu toujours aussi agitée au réveil ? On dirait un jeune cheval à qui l'on fait porter la selle pour la première fois.
Vexée par la comparaison, la Nauro ne prit pas la peine de répondre et lui tourna le dos, luttant pour attraper chacun de ses cheveux en une queue de cheval haute. Si elle lui avouait qu'Aragorn déprimait sans doute à la simple idée de devoir la réveiller, elle ne doutait pas que le Rohirrim se ficherait d'elle. Elle en aurait presque regretté ses manières cérémonieuses et la distance respectueuses qu'il entretenait avant qu'elle ne le bouscule un peu. Presque.
Dès qu'elle eut fini de se préparer, elle lui passa devant sans un regard et sortit dans le couloir, avant de se retourner et de lui lancer, d'un air moqueur :
- Qu'est-ce que tu fais ? On nous attend !
L'écho de leur course les annonça bien avant qu'ils n'arrivent à la salle du trône. Bien qu'ils eussent ralenti l'allure et se présentassent comme si de rien n'était, ils furent accueillis par des regards surpris et désapprobateurs pour la plupart, amusés pour les habitués, trahis qu'ils étaient par leurs pas précipités et leurs rires qui les avaient précédés.
Elden baissa légèrement la tête face à l'air sévère de son roi, Luana montrant quant à elle d'un air royal à quel point elle se fichait de ce que ces coincés pouvaient penser, affichant un sourire satisfait et détendu. Sourire qui s'effaça légèrement sous l'insistance des regards qui pesèrent un peu plus sur elle à mesure qu'elle quittait l'ombre. Quoi ? Ils ne l'avaient jamais vue ou quoi ?
… Techniquement, oui, ils l'avaient vue, mais dissimulée sous sa cape. Et bien si son apparence leur blessait les yeux, ils n'avaient qu'à les détourner au lieu de la fixer comme ça !
Théoden, assis face à eux sur son trône, n'avait rien de très imposant en cet instant, rien de majestueux. Il était courbé, voûté. Ce n'était certes en rien comparable au vieillard qu'ils avaient découvert en arrivant à Edoras, mais pour un roi, il semblait bien misérable. Abattu, ne sachant quoi faire. Gandalf était assis près de lui, à la place qu'occupait auparavant Grima, celle de conseiller. Aragorn et Gimli étaient attablés d'un côté de la salle, des assiettes richement garnies de fruits, de fromage, de pains et de viande posées devant eux, que le Nain se faisait un devoir de vider. Legolas quant à lui était adossé à un pilier, derrière le Rôdeur, l'air songeur. Mais il leva les yeux pour considérer les deux jeunes gens et leur manège. De l'autre côté, la Nauro fut heureuse de découvrir les deux enfants, visiblement fatigués mais bien portant, enveloppés dans de chaudes couvertures et le nez plongés dans des bols de soupe fumante. Eowyn était accroupie à leur côté, leur parlant doucement, caressant les cheveux de la petite.
Cette dernière leva les yeux et lui offrit un mince sourire.
- Salut la miss. Comment tu vas ? lui demanda Luana dans un sourire doux.
- Bien, merci madame.
Le sourire de la Nauro se fana tout aussitôt, laissant place à une jolie grimace. Il faudrait vraiment qu'elle lui apprenne à l'appeler Luana, ou au moins mademoiselle !
Près d'elle, Elden toussota pour dissimuler son rire, portant une main devant sa bouche afin qu'elle ne voit pas son rictus moqueur. Elle le fusilla du regard, avant de lui donner discrètement un bon coup de coude dans les côtes. Et de le regretter tout aussitôt.
- Aouch !
Elle ramena aussitôt son bras contre elle, maudissant l'armure d'écailles qui recouvrait le buste du Rohirrim, et contre lequel elle venait de s'éclater l'articulation. Elden se retint de rire, mais lui lança un regard moqueur, avant d'aller s'incliner devant son roi et de rejoindre ce qui devait être sa place, en retrait mais près du trône.
Luana suivit son exemple en grommelant, saluant Théoden à sa façon, et alla rejoindre la table de ses compagnons.
- Hé bien, jeune Luana, lui dit tout bas Gimli de sa voix de pierre, nous vous croyions perdue à jamais dans les brumes du sommeil.
- Parce que vous allez me faire croire que vous n'avez pas dormi vous non plus ? Tout le château tremblait à cause de vos ronflements.
Le Nain ricana, bonhomme, et plaça devant elle une assiette bien garnie, ainsi qu'une énorme pinte. La Nauro, par l'odeur alléchée, ne put résister. Elle sentit son estomac se serrer, avant d'émettre le grondement d'un animal affamé qui se trouvait enfin face à sa proie. Sans s'occuper des bonnes manières, elle se saisit d'un morceau de viande séchée et y planta les crocs avec appétit, arrachant un lambeau qu'elle mastiqua avidement. Ce n'était pas un repas gastronomique, ni même les bons petits plats qu'Éric lui mitonnait, mais étrangement, la nourriture lui parut extrêmement savoureuse en raison de sa faim dévorante. Elle ne perdit pas de temps et régla son compte à l'omelette qui fumait sous son nez, nettoyant à l'aide d'une miche de pain la moindre trace de jus ou de sauce qui traînait au fond de l'assiette. Aragorn la considéra avec un sourcil haussé. Elle lui répondit par un regard et un haussement d'épaule qui voulait approximativement dire « Quoi ? Je meurs de faim ! ». Avec un léger rire, le Rôdeur secoua doucement la tête, avant de tirer une nouvelle bouffée de sa pipe.
- Ils ont été surpris, les rappela à la réalité la voix grave et tendue de dame Eowyn. Aujourd'hui, des sauvages traversent l'Ouestfold, brûlant tout sur leur passage. Les arbres, le foin, les paillasses.
Luana releva le museau de sa gamelle, se tournant lentement vers la jeune femme. Pendant un bref moment, elle avait oublié la violence qui semblait dominer sur ces terres. La guerre, les batailles, elle y avait songé. Mais songer que des hommes pouvaient s'attaquer à des villages sans défense, ravageant tout, tuant hommes, femmes et enfants… elle avait préféré l'occulter, ne pas avoir pleinement conscience de l'horreur de la nature humaine. Théoden semblait se cacher de cette vérité, la main posée sur son visage en un signe d'abattement. Pour un roi, apprendre toutes ces nouvelles après ce qui devait lui apparaître comme un long sommeil de plusieurs semaines, ce devait être difficile. Luana se demandait comment il pouvait encaisser tout cela, en plus de la mort de son fils. Elle avait beaucoup de respect pour cet homme.
Elle perçu le regard qu'échangèrent Legolas et Aragorn, l'Elfe hochant subrepticement la tête.
- Où est maman ? demanda Freyda avec une petite voix plaintive.
Eowyn s'agenouilla à côté d'elle, lui caressant les cheveux et lui susurrant des mots rassurants. Les yeux du rôdeur cherchèrent ceux de la Nauro, percevant la tension qui la crispa. Son attention rivée sur l'enfant, elle pinça les lèvres et serra les poings.
Gandalf se pencha vers le roi, pressant de sa main l'accoudoir du trône.
- Ce n'est qu'un avant-goût de la terreur que Saroumane peut répandre, dit-il de sa voix profonde avec gravité. Toujours plus puissant, car il est mû par la peur de Sauron.
Dévoilant son visage, Théoden redressa la tête, mais sans pour autant avoir l'air prêt à faire face.
- Chevauchez et attaquez-le de front, l'exhorta le Mage Blanc. Éloignez-le de vos femmes et de vos enfants.
- Vous avez deux mille hommes qui chevauchent vers le nord à l'heure où nous parlons, intervint Aragorn en retirant la pipe de sa bouche. Eomer vous est loyal. Ses hommes vont revenir et se battront pour leur roi.
Théoden se leva brusquement, d'un air désespéré et fiévreux, et descendit de son piédestal.
- Ils doivent être à trois mille lieues d'ici à présent, fit-il remarquer avec un ton incisif.
Il se mit à avancer dans la salle du trône. Derrière lui, elle vit Elden faire un pas en avant, avant de se figer, incertain quand à ce qu'il devait faire face à la détresse évidente de son roi.
- Eomer ne peut rien pour nous, continua ce dernier. Je sais ce que vous voulez de moi, ajouta-t-il à l'intention de Gandalf qui descendit à son tour de l'estrade. Mais je ne ferais pas subir de nouvelles pertes à mon peuple. Je ne risquerais pas une guerre ouverte.
- Elle est pourtant déclarée. Que vous le vouliez ou non.
Lentement, le souverain du Rohan se tourna vers le rôdeur, avant de déclarer d'une voix basse et lente :
- Aux dernières nouvelles c'était Théoden, et non Aragorn, le roi du Rohan.
… Autant pour le respect. Non mais il était sérieux ? Luana le considéra avec un regard atterré. Aragorn cherchait un moyen de protéger ces gens, de lui faire entendre raison, et lui il lui claquait ça sous le nez… ¡Mierda! C'était quoi cette fierté mal placée ?
- Alors quelle est la décision du roi ? demanda Gandalf avec tact et diplomatie.
- Pourquoi vous ne demandez pas l'avis de votre peuple avant de décider à sa place ?
Aussitôt, des regards surpris, incertains ou d'avertissement se braquèrent sur la Nauro. Mais elle n'en avait que faire : chez elle, elle était une républicaine et une démocrate convaincue, ça n'allait pas changer ici parce qu'elle traînait avec un prince Elfe et un l'héritier d'un trône ! ¡Viva la república!
- Parce que je suis leur roi ! répondit fièrement et autoritairement Théoden une fois la seconde de surprise passée. C'est à moi de les protéger.
- Mauvaise réponse, grinça-t-elle avec insolence. Trouvez un argument valable.
Un silence soudain s'abattit sur la salle, seulement perturbé par le rot sonore de Gimli lorsqu'il reposa sa chope. Il ne semblait pas plus perturbé que ça par la tension, ni même par les regards soutenus des autres membres de la compagnie.
- Vous parlez au roi ! s'offusqua enfin un homme de forte carrure, à la barbe foisonnante.
La Nauro le considéra avec un sourcil ennuyé, les bras croisés sur le torse, avant que sa bouche ne prenne un pli mauvais et insolent.
- Désolée, mais je viens du pays où on a coupé la tête du roi.
- Luana !
- Quoi ? C'est pas comme si je prônais l'anar… Aïe !
Se frottant le haut du crâne, elle foudroya Gandalf, qui lui rendit son regard avec autant de mécontentement, si ce n'était plus. ¡Hostia! Il faisait mal avec son foutu bâton ! Devant la mine sévère du mage et des autres membres de la communauté, elle se renfrogna. Ok, elle n'avait pas son mot à dire là-dessus. Pourtant, la seule chose qui la retint de l'ouvrir de nouveau, se fut les yeux du rôdeur, sombres et… blessés. Se maudissant, Luana se mordit la langue, avant de se lever et de quitter la pièce, partagée entre l'agacement face à ces monarchistes en puissance, et la honte de sa connerie innée. D'un pas rapide et rageur, elle retourna jusqu'à la chambre qui lui avait était attribuée, afin de rassembler les quelques trucs qu'elle avait laissés là-bas. Bizarrement, elle pressentait que leur séjour dans ce château n'allait pas durer. Pas plus mal. Elle n'allait pas laisser dire qu'elle se laissait entretenir par un roi qui leur offrait l'hospitalité. Un roi…
Je suis leur roi !
…
¡Qué jilipollada!
Ouais… Le roi des c…
« Luana ! » retentit brusquement la voix grondante de Naurofána. La louve s'était éveillée, et au ton de son grondement, elle était de très mauvaise humeur… Avait-elle assisté à la petite scène qu'elle venait de faire ? Elle espérait bien que non…
« N'as-tu pas fini ? Pourquoi faut-il à chaque fois que tu profites de mon sommeil pour semer la zizanie ? »
Si, elle y avait assisté.
- Quoi ? s'offusqua aussitôt la Nauro. C'est pas vrai, c'est…
« Assez ! Je ne veux pas en entendre plus. Ta langue a déjà fait bien assez de dégâts depuis ton réveil ! Parler de la sorte à un souverain… »
- C'est pas parce qu'il porte une couronne que…
« J'ai dit assez ! Tes élans antimonarchistes et révolutionnaires ne mèneront à rien dans ce monde. Tu es libre de penser ce que tu veux, mais cela ne doit pas te montrer odieuse envers un homme qui ne veut que le bien de ses gens. Il a déjà traversé bien assez d'épreuve pour que tu n'aies pas en plus à le calomnier de la sorte. »
Luana porta une main à sa tempe, se laissant aller et s'appuyant contre la pierre froide du mur. Perdue en plein milieu d'un couloir sombre, tout juste éclairé de quelques flambeaux épars, elle tenta de réprimer la migraine qui pointait derrière ses yeux sous les remontrances colériques de la louve, qui résonnaient douloureusement sous son crâne.
- Nana…
« Non Luana. Tu as parfaitement accepté la souveraineté de Galadriel et Celeborn, ni n'a remis en cause le système seigneurial des Elfes. En quoi est-ce différent ici ? »
- Eux ne m'ont pas balancé à la face que comme ils étaient seigneur, reine, roi ou tout ce que tu veux, ils pouvaient décider de la vie ou la mort des leurs ! Ils respectent le libre-arbitre !
« Qu'en sais-tu ? Tu n'as pas vu de quelle façon se prenaient les décisions. Et même si tu es contre le principe de la royauté, ce n'est pas une raison pour traiter ce peuple comme tu le fais. »
- Je ne les ai pas…
« Comment allais-tu nommer Théoden ? »
Luana soupira. C'était vrai, elle n'avait pas été très cool sur ce point.
- J'ai compris Nana. Je ferai attention à ce que je dis.
« Bien. La situation ici est déjà assez tendue, et Théoden a du mal à accepter l'aide que lui offre Gandalf. Il n'a pas besoin que tu viennes envenimer les choses. »
- Je sais… souffla-t-elle.
- Que sais-tu ? demanda une voix à côté d'elle.
Vivement, Luana sursauta et se retourna, pour découvrir Elden, qui se tenait à quelque distance d'elle. Trop concentrée sur la voix de Naurofána, elle ne l'avait pas entendu ni senti venir. Il la considérait avec un air sombre, blessé, et un regard suspicieux. La Nauro dut se retenir de se mordre la lèvre en comprenant d'où lui venait ce drôle d'air : il était clair que le Rohirrim était fidèle à son roi. Ses propos avait dû le vexer et l'outrager, comme un peu tout le monde, et maintenant il la découvrait en train de parler seule. Elle allait vraiment finir par gagner une réputation de fauteuse de trouble doublée d'une folle… Bah, ça ne la changerait pas.
Mais… elle n'avait pas envie qu'Elden ait mauvaise opinion d'elle. Il était le premier avec qui elle pouvait parler librement. Non pas qu'elle se retenait en présence des autres membres de la communauté, mais avec lui, ce n'était pas à sens unique. Il lui répondait avec franchise, naturel et spontanéité. Elle se sentait proche de lui, car elle retrouvait une complicité sans borne, sans obstacle pour les ralentir dans leurs délires, leurs paroles. Et ça, elle voulait le garder et le chérir.
- Je sais que je me suis comportée comme une idiote, dit-elle d'une petite voix. J'aurais pas dû dire ça, désolée.
- Ce n'est pas à moi que tu dois présenter des excuses, répliqua-t-il d'un ton froid. Mais au roi Théoden.
- Je sais…
Il haussa un sourcil, avant que sa mine sombre ne s'efface et qu'un fin sourire en coin ne crispe ses traits fins.
- N'as-tu donc que cette réplique-là à la bouche ? dit-il en s'adoucissant, un brin moqueur.
Tendant une main vers elle, l'autre vers l'extrémité du couloir, il ajouta :
- Viens. Il faut nous préparer.
- Nous préparer ? Pourquoi ?
Elle considéra son air de nouveau grave, empreint d'une certaine morgue, et regretta de ne pas être restée jusqu'au bout pour écouter ce qui se disait.
- Mon seigneur Théoden a décrété que la cité devait être évacuée. Nous partons nous réfugier au gouffre de Helm.
- Le gouffre de Helm ?
Elden lui offrit un sourire emplit de fierté, ses yeux brillant au nom du lieu.
- Oui. C'est une vallée fortifiée, au pied des Montagnes Blanches. Là-bas se trouve Fort-le-Cor.
- Un gouffre… t'es sûr que c'est une bonne idée d'aller se terrer entre un mur et une montagne pour se battre ?
Alors qu'elle s'attendait à le voir de nouveau offensé, il eut un rire moqueur, avant de lui adresser un regard plein de compassion… comme si elle était une gamine ignorante et qu'il lui pardonnait sa sottise.
- Apprenez, très chère, que Fort-le-Cor est un bastion imprenable, qui jamais n'a failli à protéger le peuple du Rohan. Nous nous y rendons nous pas pour nous battre, mais pour protéger la populace, ajouta-t-il d'un ton plus grave.
Elle lui répondit par une simple moue dubitative. Elle n'était pas une historienne, mais elle avait déjà assez souvent lu des histoires de sièges, où la forteresse était réputée imprenable… et qui finissait par tomber au bout de quelques jours. Et même si les murs et les soldats résistaient aux assauts répétés, si le siège durait trop longtemps, il y allait y avoir des problèmes sanitaires et de ressource. Ils avaient l'avantage d'être derrière des protections de pierre, contrairement à l'adversaire. Mais l'ennemi au moins pouvait aller chercher des vivres sans problèmes. L'idée de se planquer dans un trou à rat pour y mourir de faim n'avait rien d'alléchant.
Elden la considéra un moment en silence, les traits figés dans une mine interrogative.
- Dis-moi Luana… le pays d'où tu viens... où se trouve-t-il ? demanda-t-il, peu assuré.
Pour le coup, il la prit totalement au dépourvu. Pourquoi cette question ? Il dut lire son étonnement, car il sembla chercher ses mots.
- Je n'ai jamais entendu parler d'un royaume on le peuple avait… coupé la tête du roi.
Ha… il parlait de ça…
- Heu… je doute que tu en aies déjà entendu parler, éluda-t-elle.
Elle n'avait pas caché le fait qu'elle venait d'un autre monde lorsqu'elle se trouvait à Imladris. Mais elle se voyait mal l'expliquer au jeune chevalier qui se tenait devant lui. En tout cas, pas tout de suite.
- Mais tu sais, la révolution, le renversement du pouvoir… enfin le fait de couper la tête du roi, c'est arrivé il y a très longtemps ! tenta-t-elle tout de même de justifier. Un peu plus de deux cent ans maintenant.
- Deux cent ans ? s'étonna-t-il. Mais comment votre peuple peut-il avoir tenu tout ce temps sans roi ?
- C'est parce qu'on est dans une république. On a remplacé le roi par ce qu'on appelle un président. Enfin, un homme qui est choisi par le peuple pour le gouverner. Et puis il y a aussi tout ce qui est député, maire… enfin des gens censé représenter le peuple… peina-t-elle à expliquer, voyant clairement que ses explications embrouillaient le Rohirrim plus qu'autre chose.
- Pourquoi avoir fait une telle chose ?
- Parce que les hommes voulaient être libres et égaux, lâcha-t-elle comme si c'était l'évidence même.
- Libres et égaux ? répéta-t-il ahuri. Et… êtes-vous parvenu à cette utopie ?
Utopie… le terme pouvait paraître étrange, même gênant mais… il fallait avouer quand même que la république que Luana connaissait n'était pas la réalisation exacte du rêve des Lumières…
- Non pas vraiment… concéda-t-elle après un silence, dépitée. C'est assez compliqué…
- Je veux bien te croire. Mais s'il te plait, promets-moi de me parler plus en détail de cette « république », lorsque nous aurons un peu plus de temps, déclara-t-il avec un sourire ravissant et curieux.
Elle le considéra un instant, étonnée et incertaine. Il voulait vraiment qu'elle lui explique le fonctionnement d'une république ? Il risquait d'être déçu… bien qu'étant une républicaine convaincue, l'éducation civique n'était pas sa matière préférée au lycée.
- Heu… ok…
- Bien, conclut-il, visiblement enchanté. Mais nous ferions mieux de nous dépêcher. Mithrandir s'en va. J'ai pensé que tu aimerais…
- Quoi ? s'écria-t-elle, sous le choc. Mais où est-ce qu'il compte repartir comme ça ?
- Je n'en sais rien. Je l'ai juste entendu dire, après l'annonce de mon seigneur, qu'il partait. Tes amis et lui sont en route pour les écuries.
- Alors lui… !
Sans lui laisser le temps de saisir ce qu'il se passait, Luana s'élança dans le couloir, pour déboucher dans le grand hall, avant de se jeter au dehors. Elle entendit les pas précipité d'Elden derrière elle, mais ne prit pas le temps de ralentir pour l'attendre. Gandalf repartait. Ils ne l'avaient retrouvé que depuis peu, il lui avait maltraité le crâne, et déjà il les quittait. ¡Mierda! Mais ce foutu mage avait la bougeotte, c'était pas possible !
Legolas et Gimli se tenaient devant les portes de l'écurie. Elle passa devant eux et entra en trombe, tentant d'ignorer les canassons qui piaffèrent nerveusement à son passage. Aragorn et Gandalf étaient au fond, devant la stalle ouverte où Grispoil attendait patiemment que son cavalier ne monte en selle.
- Théoden a une volonté de fer, mais j'ai peur pour lui. J'ai peur pour la survie du Rohan, entendit-elle le Mage Blanc dire au Rôdeur d'un air sombre. Il aura besoin de vous avant la fin, Aragorn. Le peuple du Rohan aura besoin de vous. Leurs défenses doivent tenir.
- Elles tiendront, assura Aragorn alors qu'elle arrivait à leur hauteur.
Avant qu'elle n'ait le temps d'ouvrir la bouche pour demander des explications quant à ce subit départ, Gandalf braqua sur elle un regard sévère.
- Quant à vous jeune Luana, j'ose espérer que c'est votre langue que vous apprendrez à tenir.
Prise au dépourvu et de remords à ce rappel, elle se mordit, sans même plus penser à ce qu'elle avait eu l'intention de dire. Le mage se détourna d'eux, flattant doucement l'encolure de sa monture, l'air soudain abattu. La mine défaite et fatiguée qu'il leur offrit lui donna un air bien plus âgé que d'ordinaire. Le poids de trop nombreuses années et des responsabilités pesait sur ses épaules et assombrissait son regard, d'ordinaire habité d'une étincelle malicieuse.
- Le pèlerin gris, c'est ainsi qu'ils m'appelaient, murmura-t-il pour lui-même. Depuis trois cent vies d'homme, je foule cette terre. Et aujourd'hui le temps me manque.
Luana le considéra, avec un mélange de respect et d'empathie. La colère et la rancune qu'elle lui tenait en entrant s'étaient évaporées face à cet homme usé et si vieux, qui pourtant continuait d'avancer pour faire bouger le monde. Elle le savait âgé, mais avoir en ce jour un aperçu de son temps passé sur terre avait quelque chose d'émouvant.
- Avec de la chance, ma quête ne sera pas vaine, dit-il en montant à crue Gripoil. Attendez ma venue aux premières lueurs du cinquième jour. À l'aube, regardez à l'est.
- Partez, souffla Aragorn en se reculant, laissant libre le passage.
Dans un soupir rauque, Gandalf fixa un instant droit devant, avant de talonner son destrier. Luana fit un bond en arrière pour éviter le canasson, qui bondit hors de son box comme un diable de sa boîte. Legolas et Gimli, entrés à leur tour, s'écartèrent eux aussi du chemin, et tous regardèrent le Mage Blanc s'en aller.
Dans un élan irrépressible, Luana se mit à courir derrière l'animal et son cavalier. Déjà, ils avaient franchi les portes lorsqu'elle arriva dans la basse ville. Quatre à quatre, elle monta les marches de la tour de guet, et se jeta sur la balustrade pour voir au loin Gandalf s'éloigner. Elle n'aurait pas dû, mais elle était inquiète. Inquiète de revoir un membre de la communauté partir. Il reviendrait. Il l'avait dit. Mais il lui tardait déjà d'être le cinquième jour pour s'assurer de son retour. Tout comme il lui tardait d'être au jour où tous seraient de nouveau réunis.
Lentement, elle redescendit l'escalier, au pied duquel l'attendait Elden. Le fier fils de Peren lui offrit un sourire léger, avant de lui tendre galamment son bras.
- Viens, nous avons encore beaucoup à faire au château avant de partir.
- Et crois-tu que je risque de me perdre si je ne m'accroche pas à toi comme à une bouée de sauvetage ? ironisa-t-elle pour tenter de chasser le trouble et la nostalgie qui la tenaillaient.
- Pardonne-moi. J'espérais juste avoir l'insigne honneur de pouvoir me pavaner avec une si ravissante damoiselle pendue à mon bras, répliqua-t-il sur le même ton. Imagine, la vision que nous offririons tous deux : de quoi éclairer les cœurs les plus sombres !
Elle laissa un rire glisser le long de sa gorge, rejetant doucement la tête en arrière. Oui, elle était bien avec lui. Suffisamment bien pour passer son bras autour du sien sans en éprouver la moindre gêne. Suffisamment pour rire et sourire, même s'il lui fallait un peu se forcer, et cacher ses doutes et ses inquiétudes. En y mettant un peu de bonne volonté, peut-être parviendrait-elle, avec son aide, à s'en défaire tout à fait. Elden cilla doucement au son de sa voix et face à cet éclat, ses prunelles s'assombrissant un bref instant, avant de s'éclairer à nouveau.
- Ma dame, souffla-t-il avec un sourire comique en lui prenant l'autre main et la portant à ses lèvres.
Ses yeux plongèrent dans les siens tandis qu'il lui faisait ce semblant de baisemain. Avec un gloussement exagéré de minette rougissante, elle retira sa main et lui tapa doucement l'épaule. Tous deux rirent, laissant glisser sur eux les regards sombres des personnes alentours. Ils n'en avaient que faire. Ils étaient bien, alors qu'on les laisse un instant oublier !
Finalement, les yeux toujours rieurs, échangeant des regards qui suffisaient à les faire rire doucement, ils remontèrent lentement vers le château, Luana accrochée au bras d'Elden. Ils passèrent ainsi devant les villageois, qui s'afféraient à rassembler leur maigres possessions. Et pourtant, malgré l'urgence, ils se détournèrent un instant de leur tâche pour voir passer l'ancien écuyer de Théodred, escortant galamment l'étrange jeune fille qui accompagnait le Mithrandir et le seigneur Aragorn.
Mais, alors qu'ils arrivaient à l'extrémité de la ville basse, Luana avisa un groupe de villageois, qui peinait à charger de lourds sac de vivres et de grains sur une charrette. L'un de ces hommes, un vieillard qui avait vu bien des années passer, dont la force d'antan avait laissé place à un corps affaibli, chargea un sac imposant sur son épaule. Mais son dos, voûté sous le vent de trop nombreux hivers, ne semblait plus vouloir supporter une telle charge. Luana le vit se crisper, avant que son corps ne soit entraîné vers l'arrière par le poids du sac. En une fraction de seconde, elle fut derrière lui, rattrapant l'homme. D'un tour de main, elle fit passer sur son épaule son chargement, maintenant debout le pauvre vieillard d'une main.
- Est-ce que ça va ? demanda-t-elle d'un air inquiet en le redressant.
Les hommes autour cessèrent toute activité, tandis que le vieillard se retournait et la considérait avec un mélange de surprise, de respect… et de crainte. Quoi ? Pourquoi… pourquoi la regardaient-elle tous comme ça ? Ce ne fut que lorsqu'elle jeta un coup d'œil par-dessus son épaule pour chercher secours auprès d'Elden, qu'elle comprit. Le jeune Rohirrim la considérait, ahuri, à plusieurs mètres de là. Trop loin pour que d'un bond, il puisse les rejoindre en moins de temps qu'il n'en faut pour qu'un corps chute et s'étale à terre. Et là, elle portait mine de rien une charge semblable à celle qui faisait plier les hommes les mieux bâtis qui s'activaient autour de la charrette. À leurs yeux, ce qu'elle venait de faire était surnaturel… Et ça l'était. Juste… qu'elle avait oublié de faire attention aux apparences, trop habituée à fréquenter des personnes qui connaissaient sa nature. Ces villageois, et même Elden, ignoraient tout. Et elle ne voulait rien révéler, de peur de leurs réactions. Ils souffraient déjà bien assez de choses étranges et peu naturelles et ne la connaissaient pas. Comment auraient-ils réagit en apprenant qu'elle était un loup-garou ?
Comment Elden réagirait-il si elle venait à le lui révéler ?
Sans un regard pour le jeune chevalier, elle déposa le sac à ses pieds, lentement, faisant mine de peiner, adressa un regard et un faible sourire au vieillard, et fit demi-tour, remontant quatre à quatre les marches menant au château.
- Allons, pourquoi cette grise mine ? Si c'est ce jeune blanc-bec qui a osé ôter votre magnifique sourire de vos lèvres, je m'en vais de ce pas lui apprendre à respecter les femmes !
- Gimli !
Luana considéra le Nain avec une expression partagée entre l'exaspération, l'ahurissement et la tendresse. Était-il vraiment sérieux ?… Son « magnifique sourire », vraiment ? Avec un soupir, elle leva les yeux au ciel et se pencha de nouveau sur la malle, qu'elle remplissait avec l'argenterie du château. C'était la seule tâche qu'on avait bien voulu lui confier pour aider. Sauver l'argenterie. ¡Mierda! Ok, elle avait décidé d'aller molo sur la force pour ne pas se faire remarquer, mais il y avait sans doute plus utile, genre s'occuper des épées, boucliers ou tout autres armes qu'elle voyait certains soldats transbahuter au dehors.
- Je dis simplement que ce freluquet se comporte d'une façon qui ne me plaît pas, fit remarquer le Nain, occupé quant à lui à vider une nouvelle chope de bière et à combler à l'aide de pain et de fromage le petit creux qui restait quelque part au fond de son estomac.
- Et bien moi, sa façon de faire me convient tout à fait. Et je ne vais pas aller lui dire de garder ses distances alors que je lui ai fait du rentre dedans pour le décoincer un peu ! rétorqua-t-elle en balançant négligemment un couteau, dont la pointe égratigna l'intérieur du coffre.
- Alors pourquoi vous cacher ?
- Je ne me cache pas !
D'un air offusqué, elle se redressa et le toisa avec bouderie. Elle n'aimait pas qu'il pose cette question, d'autant plus que c'était déjà la troisième fois en moins de dix minutes ! Elle ne se planquait pas, on l'avait juste envoyée là pour donner un coup de main. Même si elle était heureuse que ce soit dans un endroit où, la connaissant un minimum, quelqu'un n'irait pas la chercher.
Alors non elle ne se cachait pas, juste qu'elle ne voulait pas qu'Elden la trouve.
Gimli émit un petit grognement, que la Nauro ne parvint pas à identifier clairement. Contrairement à ce que son apparence et ses manières laissaient deviner, Gimli, fier fils de Gloïn, était bien plus fin qu'il ne voulait bien le montrer et il était parfois difficile de suivre le fil de sa pensée. En cet instant, il aurait tout aussi bien put être exaspéré ou amusé par son comportement, ou alors une idée farfelue trottait sous sa tignasse rousse. Et elle aurait bien aimé savoir quoi !
- Toujours est-il que s'il tient vraiment à courtiser notre Nauro, ce gringalet ferait mieux de s'y prendre dans les règles de l'art.
- Gimli !
- Nous autres Nains mettons un point d'honneur à courtiser nos femmes selon un code très strict. Les dames naines sont si rares, qu'il faut mériter leur amour !
- Gimli !
- Et même si vous n'êtes pas Naine et que c'est un Homme qui vous courtise, je ne resterai pas les bras croisés si ce n'est pas fait selon les traditions !
- Gimli ! Elden ne me drague pas ! C'est juste un gars avec qui je m'entends bien. On a le même âge, on rigole bien, normal qu'on fasse ami-ami !
Il y eu du mouvement dans la barbe cuivrée, tandis que le Nain agitait les lèvres d'un air agacé. Pour la énième fois, Luana soupira, sans pour autant parvenir à détacher son regard de son compagnon. Si un jour elle s'était imaginé avoir un chaperon, ça n'aurait certainement pas était un Nain qu'elle aurait vu dans ce rôle, et encore moins celui-là ! C'était agaçant… mais à la fois touchant de sa part. Le voir s'inquiéter et se monter le bourrichon comme ça pour une histoire de garçon, c'était adorable. Sans pouvoir s'en empêcher, elle alla à sa rencontre, se pencha sur lui et déposa un baiser léger sur le haut de son front. Il émit un petit rire étouffé dans sa barbe, ses yeux pétillants.
- Et vous Maître Nain, y a-t-il une belle Naine que vous vous hâterez d'aller courtiser une fois de retour sous votre montagne ? demanda-t-elle d'un ton léger pour faire dévier le sujet de leur conversation.
Et puis, elle était sincèrement curieuse sur ce point-là. Elle adorait Gimli, mais au fond, ne savait que peu de chose sur lui, son passé, sa vie, sa famille. Grâce aux histoires de Bilbon, elle connaissait indirectement son père, Gloïn. Mais ce n'était pas suffisant.
Elle devina le sourire du Nain se faner sous sa barbe.
- Nous autres Nains savons que peu d'entre nous aurons la chance de trouver épouse, se contenta-t-il de dire. Près de la moitié des hommes Nains restent célibataires. Pour les autres, il s'agit d'un amour immédiat et incorruptible…
Luana resta silencieuse, suspendue à ses lèvres, attendant qu'il daigne continuer. Ses paroles n'avaient rien d'encourageant. Au contraire, elles étaient emplies d'une sorte de défaitisme, d'acceptation sourde et muette. Mais… elle refusait de croire qu'à son âge, et avec un cœur aussi grand que celui qu'il dissimulait sous son large torse, il n'ait pas encore eu ce coup de foudre.
- Et vous… cet amour immédiat… vous l'avez déjà connu ? ne put-elle s'empêcher de souffler.
Le Nain eut un rire joyeux, empli d'émerveillement et de gaieté.
- Oui, j'y ai goûté, il y a peu de cela. Là où jamais je n'aurais cru le trouver un jour.
La Nauro se mordit la lèvre, sentant son cœur se serrer pour lui. Un amour immédiat et incorruptible. Un amour qu'il traînerait toute sa vie, sans jamais le voir comblé, car il savait que l'élue de son cœur était déjà prise et hors de sa portée.
Et pourtant, il en parlait le sourire aux lèvres, les yeux étincelants, la voix pleine d'une vénération et d'une adoration sans borne et sans faille. La douleur que cet amour à sens unique éveillait en lui n'était rien face au bonheur que le souvenir de cette femme soulevait en son âme. C'était un amour pur, beau. Car il acceptait de souffrir, tant qu'il la savait heureuse.
Oui, Gimli était un Nain. Mais il était certain qu'il avait une grandeur d'âme à laquelle peu pouvaient prétendre, même parmi les Elfes.
Luana elle-même doutait d'avoir autant de bonté. Elle n'avait jamais expérimenté l'amour. L'amour vrai. Quelques attirances, un feeling qui passé bien, mais rien de plus. Que ferait-elle, que ressentirait-elle si ses sentiments n'étaient pas réciproques ? Elle était moins que sûre de pouvoir accepter aussi facilement cet abandon à la souffrance et à la solitude. Elle en serait sans doute tout à fait incapable.
Étrangement, ses pensées se reportèrent vers Elden. Ce n'était pas du tout de l'amour, loin de là ! Juste de l'amitié… mais comment régirait-elle s'il venait à la repousser à cause de ce qu'elle était ? Accepterait-elle de se voir ainsi bannie de son cœur, aussi infime que puisse-t-être la place qu'elle y prenait ? Il était le seul avec qui elle était 100% naturelle. Enfin… en partie. Elle se laissait vraiment aller avec lui, même si elle dissimulait ses inquiétudes et sa nature.
- Gimli, Luana, les appela une voix derrière eux.
La Nauro sortit de ses sombres pensées, pour découvrir Legolas sur le seuil.
- Le départ est imminent. En avez-vous fini ici ? leur demanda-t-il poliment, considérant la malle débordante d'argenterie.
D'un coup de genou, Luana rabattit le couvercle avant de se pencher pour la soulever. Mais elle se figea brusquement, avant de jeter un regard gêné à l'Elfe et au Nain.
- Herm… elle est un peu encombrante. Même si je peux la porter, je suis pas sûre de ne pas me casser la figure avec… vous pourriez m'aider ?
Tous deux la considérèrent avec étonnement, avant que la barbe de Gimli ne se trémousse. Ne laissant aucune chance à l'oreille pointu, il alla de placer d'autorité de l'autre côté de la malle, avant de se pencher vers la Nauro.
- Si cet Humain n'est pas capable de vous accepter telle que vous êtes, alors il ne mérite pas vos sourires, dit-il simplement.
Puis, pour une raison que Luana ne comprit pas, les yeux pétillants du Nain allèrent se porter un bref instant sur l'Elfe, avec un regard entendu, auquel Legolas répondit en haussant un sourcil.
… ¿Que? Elle avait loupé quelque chose ?
Mais le Nain ne lui laissa pas le temps de tergiverser et souleva la malle. La porter seule aurait sans doute était mieux pour elle que de devoir la porter à moitié pliée pour rester au niveau du Nain. Mais non… ça valait toujours mieux que d'inquiéter la populace, les cavaliers, et Elden. Pour la première fois depuis longtemps, elle avait peur de ce que les autres penseraient d'elle si elle montrait sa vraie face. Et elle avait peur d'enlever le masque.
J'ai la désagréable sensation de tisser ma vie à partir de mensonges. Je mens dans ma façon d'être, de parler. Je mens dans l'image que je donne de moi-même. Nul ne connaît mon vrai visage. Je refuse de retirer ce masque qui me couvre, afin de ne pas voir ce qui se cache en dessous. Tous ces mensonges se mêlent et s'entremêlent, tissant une toile dans laquelle je m'empêtre. Mais en suis-je réellement prisonnière ? J'en viens à penser qu'elle ne me recouvre pas comme un habit, mais que j'en suis la trame, me tissant moi-même chaque jour à chaque mot. Je ne suis rien de plus qu'un tissu de mensonges.
Les graines du doute qui ont germé grimpent et s'enroulent autour de moi telles des ronces acérées, dont les épines agrippent et accrochent les mailles de ce tissu décousu, désincarné, désenchanté.
Qui suis-je dans ce monde ? Je doute de pouvoir ne serait-ce que donner mon nom, car on ne nomme pas les mensonges.
Alors, je suis pardonnée ? *.*
Que pensez-vous donc de ce cher Elden ? ^^
Je ne vous donne pas de garanti pour le prochain chapitre, je préfère ne plus trop m'avancer... -.-'
Mais je souhaite pouvoir tous vous retrouver au prochain chapitre ! =D
Réponses aux Guest ! =D
Hinata : RHo mais, pourquoi houspilles-tu de la sorte ce pauvre Elden ? Il est gentil, mignon, attentionné, je ne vois vraiment pas pourquoi tu plains Luana x)
Et oui c'est lui ;P
Pourquoi le trouve-tu déstabilisant ? é.è
Ouf tu me rassure, j'ai cru un instant que tu n'aimais vraiment pas cette nouvelle apparition ^^' Mais tu a de bon pressentiments;)
Heu... bonne question... mais tu sais je n'ai pas de mérite, je ne fait que rajouter des touches par-ci par-là à une œuvre déjà tellement riche =)
Hum... encore une fois bonnes questions;) Mais fais attention à ton cerveau quand même !:o
Merci à toi pour ta review =)
Bien, même si ça a été une horreur -.-
Désolée pour cette longue attente. Juste que j'avais perdu toute inspiration et motivation un moment, trop prise par les études et d'autres projets littéraires... Mais promis, jamais je n'abandonnerai cette fic !;)
Vanallope : je crois qu'en fait, tout le monde a pas mal attendu -.-' désolée
alors, réponses :
Désolée, mais ça je ne peut pas te dire, parce que je ne sais pas du tout comment va évoluer cette relation... au début j'avais une idée précise, mais Elden est incontrôlable comme gars, donc je en sais pas x)
Ca non plus je ne saurais pas trop dire, je n'y avais pas trop pensé =/ Mais merci ça donne des idées ^^
Heu... inconsciemment peut être, je me refaisais les saisons de X-men Evolution à l'époque x)
qu'est ce qui te fait dire ça ? Death fic pour qui précisément ?
Ce pourrait être une attaque de la fic intéressante... mais non désolée. Avec les bases que j'ai fixé pour cette fic, ce ne sera pas possible, désolée ;) Si tout n'avait pas encore était déjà bien ancré ça aurait pu changer mais... trop tard x)
Merci pour ta review =)
Hy : Je sais je sais, désolée pour cette attente ! ^^ J'espère me faire pardonner avec ce chapitre é.è
merci pour ta review =)
Nana : la voici la voilà ! ^^
Merci pour ton comm' =)
Gnial:Oui oui oui le voilà le nouveau chapitre ^^
Et oui revoilà votre louve favorite ;)
Wana : la voilààààà ! ^^
Allen arsenic : la voilà ;)
Piitch : désolée de t'avoir fait peur é.è
Pour la réaction... je te laisse voir x)
Guest : le voilà le voilà ! ^^
Désolée si je n'envoie pas de note, mais je déteste ça, étant donné que ça donne de faux espoirs -.- Donc je ne poste pas de note, uniquement des chapitres ;)
Et non je n'abandonne pas, JAMAIS ! XP
Ma conscience x) : Ho... j'ai une conscience... oO J'aurais jamais crut XP
Hello I love you : … oO
Wow, je m'attendais pas à ce que la première demande en mariage qu'on me ferait serait sur internet ! XD
Désolée, mais je vais devoir dire non, parce que tu risque de te prendre une hache dans le dos x) Et puis, je ne pourrais pas écrire de belles histoires d'amour si je n'ai plus ma muse pour m'inspirer.
Nauro 3 : extraordinaire, moi non, Luana oui;)
et te voici servi ^^
la suittttttte: oui oui, la voici la voilà ^^
Waina : désolée pour l'attente ! Et non jamais je ne vous laisserai tomber, je continuerai d'écire et publier Naurofana !;)
Une visiteuse : Mais... mis non faut pas laisser tomber ses révisions ! Je vais me sentir mal à foirce que vous veniez me dire que vous dormez pas ou arrêtez de bosser ! XD
Oui tu n'est pas la seule, et donc voici pour vous le nouveau chapitre !;) Bonne lecture et merci pour ta review =)
Guest : ho non, ne pleure plus ! Regarde voilà le nouveau chapitre ! ;)
