Miracle ! Alléluia, je suis là après seulement deux mois d'absence ! XD
Étant donné que j'avais quasi en tête une grande partie de ce chapitre depuis longtemps c'est sorti assez rapidement ^^
Merci à tous pour vos reviews, pour suivre et mettre cette fiction en favoris ! C'est vraiment vous qui faites vivre Luana, Naurofána et tous les autres alors merci ! =D
Merci aussi à Céleste pour son mail =)
L'adresse mail pour ceux qui veulent discuter un peu est toujours valable et est dispo sur mon profil ;)
Chapitre 43 : ¡Endiablado elfo!
-...Une cage.
Le mot résonna à travers les couloirs jusqu'aux oreilles de la Nauro qui suivait péniblement un Nain porteur de malle. Elle suivait simplement car Gimli, sans raison aucune, avait décrété à mi-parcours qu'il allait porter seul leur chargement. Il avait bien vaguement grommelé que la différence de taille ne rendait pas la chose aisée et les ralentissait. Aussi avait-il ordonné à Luana de lâcher prise et avait chargé sur son dos le lourd coffre. Le Nain était fort, ça elle n'en doutait nullement. Assez fort pour porter aisément une telle charge… mais porter un objet qui avait approximativement le même volume de lui n'était pas une bonne idée, et encore moins lorsqu'on était déjà équipé d'une armure encombrante.
Ce pauvre Gimli menaçait de perdre l'équilibre tous les deux pas, emporté par le poids du coffre soit vers l'avant, soit vers l'arrière. Profitant que les couloirs étaient déserts, Luana lui donnait quelque coup de main, le rééquilibrant d'une poussée ou d'une pression discrète sur le coffre, se retenant à grand peine de ne pas rire. Seule l'intention évidente du Nain l'empêchait de céder à son envie de rire. Il avait beau prétendre agir par simple commodité pour aller plus vite, ne prenant « aucun risque à montrer la moindre galanterie à son égard », elle avait deviné son jeu. Il s'était mis en tête de porter le coffre seul dès que les voix venant de la salle du trône avaient commencées à leur parvenir.
Legolas suivait tranquillement derrière, visiblement intrigué par ce manège. Il avait bien proposé de prendre la place de Luana dès le départ, ce qui lui avait valu un nouveau rappel sur le fait qu'elle n'était pas en sucre. Et le Nain avait rejeté tout aide venant d'un « gringalet à oreilles pointues ».
Gimli était une vraie perle de bonté et de bonhommie, une fois ôtée sa carapace bourrue et borné de Nain ronchon. En plus d'assurer à Luana un soutien dans la dissimulation de sa nature, il lui offrait un divertissement permanent.
Mais l'écho d'un mot fit cesser toute envie de rire. Elle reconnaissait cette voix, et le ton qu'il portait ne laissait pas présager la simple discussion. Il était empli de crainte et de rébellion mêlées.
- Rester derrière des barreaux jusqu'à ce que l'usure et l'âge les acceptent et que toute forme de courage ait disparue irrévocablement.
Ils débouchèrent sur la grande salle, où plusieurs personnes s'activaient, évacuant les lieux, emportant avec eux tout objet de valeur ou utiles qu'ils ne pouvaient se permettre de laisser derrière.
Alors que Gimli continuait sa route, Luana s'arrêta là pour contempler la scène qui se déroulait sous ses yeux. Elle eut vaguement conscience de la présence de Legolas, qui avait lui aussi fait halte. Mais tout ce qu'elle voyait, c'était cette dame du Rohan se tenant fièrement face à Aragorn. Étrangement, le rôdeur tenait à la main sa dague elfique. Dès le premier mot capté, la Nauro avait identifié cette voix. Mais associer ces mots et cette voix à ce visage lui avait paru improbable. Eowyn… elle l'avait imaginée noble dame, aimant s'enfermer dans le château pour coudre et papoter tranquillement avec les autres femmes, attendant le retour d'un époux.
Sans doute parce que cette image correspondait à l'image archaïque que Théoden lui avait fournie avec sa fichue tête couronnée. La Nauro était persuadée que les femmes d'ici n'étaient pas mieux traitées et considérées que dans son monde à elle, lors du Moyen-Âge ou de la Renaissance : un ventre, ni plus ni moins, à la disposition de l'homme pour assouvir ses pulsions et lui donner une ribambelle d'héritiers pour assurer la postérité de sa lignée et de son sang. Certes, même les femmes qui se complaisaient dans ce rôle ne devaient pas rêver de finir le restant de leurs jours dans une cage… mais l'entendre ainsi parler de courage était déconcertant.
« Tu devrais pourtant savoir qu'il ne faut pas juger au premier regard » gronda doucement Naurofána.
Oui elle le savait. Pourtant, elle-même commettait cette erreur régulièrement. À travers sa vue de vie, Luana pouvait voir l'exaltation et la fierté faire battre son cœur plus fort et plus vite. À travers sa vue normale, elle la considéra sous un autre jour. Peut-être n'était-elle pas qu'une dinde rêvant broderie, mariage et enfant, comme elle l'avait cru au début. Même si elle n'aimait pas le regard que cette dame lança à Aragorn avant de se détourner.
- Vous êtes fille de roi, répliqua-t-il enfin. Damoiselle protectrice du Rohan.
Eowyn tourna de nouveau le regard vers lui, les yeux emplis de surprise et d'espoir. Le rôdeur rangea sa dague au fourreau, avant d'ajouter d'une voix douce :
-Alors ceci ne sera pas votre destin.
Il s'inclina doucement, avant de prendre congé. Il passa à côté de Legolas et elle, les gratifiant d'un rapide signe de tête, avant de s'engouffrer dans le couloir d'où ils venaient. Aussitôt, elle le suivit, abandonnant là l'Elfe. Elle devait lui parler. Maintenant.
- Grand-Pas !
Le rôdeur s'arrêta et fit volte-face. Sur son visage ne se lisait aucune expression. Alors que d'ordinaire, il lui adressait toujours un léger sourire, même quand son humeur était sombre… Quand elle arriva devant lui, elle se sentit presque retombée en enfance sous son regard profond, qui semblait toujours scruter au plus profond d'elle. Elle avait la sensation d'être redevenue la petite fille baissant le nez face à son père en colère parce qu'elle avait fait une grosse bêtise. Et Dieu savait qu'elle en avait fait !
Pour essayer de se redonner courage, elle tâcha de s'imaginer faire face au directeur de son ancien bahut. Elle s'était si souvent dans son bureau qu'elle avait vite oublié de jouer les intimidées. Mais elle se sentit au contraire plus mal encore. Quand elle était convoquée par la direction, c'était quasi toujours parce qu'elle s'était retrouvée mêlée dans une rixe à essayer de se défendre. Là… elle était réellement en tort.
- Grand-Pas, je…commença-t-elle, hésitante. Je tenais à m'excuser. Pour ce que j'ai dit tout à l'heure.
Elle tenta de soutenir son regard, mais baissa rapidement le visage vers le sol, coupable, se tordant les mains nerveusement.
- Vous êtes l'héritier du trône du Gondor, enchaîna-t-elle rapidement avant de totalement perdre contenance. Et je sais que vous n'êtes pas… à l'aise avec ça. Mais ce j'ai dit… ce n'était pas contre vous. Je…
- Luana.
- Je sais que vous ferez un grand roi. C'est juste que là, Théoden m'a énervée à vous parler comme ça. Mais je suis sûre que vous, vous…
- Luana.
La large et chaude main du rôdeur vint se poser sur son épaule, lui faisant relever les yeux vers lui. Le doux sourire dont il la gratifiait chaque fois était de retour, même s'il semblait fatigué.
- Je n'ignore pas que là d'où tu viens, les choses sont différentes d'ici. Mais il te faut t'y adapter si tu veux pouvoir vivre en paix parmi nous. Et cela t'éviterait de te faire des ennemis de ceux qui pourraient être de précieux amis.
- Mais…
- Je ne t'en veux pas, continua-t-il, imperturbable. Je comprends que les paroles de Théoden t'aient déplues et je te remercie de ton soutien. Mais la réaction de Théoden est justifiée. Ce n'est pas à moi que tu dois des excuses.
Il pressa doucement son épaule d'un geste rassurant et elle sentit à son tour un sourire timide étirer ses lèvres.
- Je suis quand même désolée… j'aurais pas dû dire ça. Et puis… ajouta-t-elle avec un regard complice, je vous ai promis de faire en sorte qu'Elrond se décide à vous accepter comme gendre. Si ça veut dire vous mettre sur un trône, je m'en occupe !
Aragorn afficha un air surpris, avant de secouer doucement la tête dans un rire léger.
- Luana… merci.
Il l'attira à lui pour une brève étreinte. Mais à peine se fut-elle blottie dans ses bras, profitant de cette réconciliation et de ce moment complice, qu'une voix s'éleva de nouveau derrière elle.
- Aragorn, le convoi se met en marche.
- Legolas, grogna la Nauro en s'écartant de son free-hugs préféré. Vous avez le chic pour casser les bons moments.
L'Elfe haussa un sourcil surpris tandis qu'Aragorn la gratifiait d'un regard interrogateur. C'était vrai quoi ! Tout à l'heure alors qu'elle avait une discussion sympa avec Gimli, découvrant à quel point ce Nain était une perle, et là qu'elle avait droit à un câlin d'Aragorn. Personne n'était venu les enquiquiner quand ils étaient allés tous les deux se promener dans Caras Galadhon. Qu'il respecte un peu les moments d'intimité qu'elle pouvait avoir avec les autres ! Manquait plus qu'il vienne aussi gâcher ses moments de délires et de détente avec Elden.
À cette pensée, son humeur s'assombrit de nouveau. Si elle voulait avoir de nouveau droit à ces moments-là avec le jeune Rohirrim, elle allait devoir trouver une solution. Elle n'osait toujours pas lui faire face et lui révéler sa nature… mais elle ne voulait pas que leur relation reste là à l'abandon. Problème : elle n'allait pas non plus arriver devant lui la bouche en cœur comme si de rien n'était, alors qu'elle s'était carapatée sans un mot et avait disparu un long moment dans les cuisines. ¡Mierda! Qu'est-ce qu'elle pouvait bien faire ?
- Un problème Luana ? interrogea Aragorn devant sa mine pensive, un tantinet boudeuse.
- ¡Nada! S'empressa-t-elle de répondre, un peu trop vivement. C'est pas tout mais vous aviez pas dit qu'on y allait ?
Elle passa devant l'Elfe sans attendre que l'un ou l'autre la suive. Dehors, elle retrouva Gimli, qui éprouvait quelques difficultés pour hisser la malle sur le chariot, trop haut pour lui. Les quelques hommes alentours étaient trop occupés à assurer le harnachement des chevaux pour lui venir en aide. S'assurant qu'aucun ne regardaient par-là, Luana saisit le coffre à deux mains et le cala d'un rapide mouvement entre deux autres malles. Surpris de se voir soudain allégé de sa charge, le fier fils de Gloïn se tourna en grommelant « que ce n'était pas la peine, un Nain pouvait aisément se débrouiller seul pour ce genre de besogne ». Lorsqu'il l'aperçut, sa barbe se fendit d'un sourire.
- Merci pour votre aide, maître Nain, dit-elle haut et fort avec un clin d'œil. La force des Nains me surprendra toujours.
- Venir en aide à une jeune demoiselle est tout naturel.
La Nauro rit de bon cœur, avant de se pencher pour glisser à l'oreille de son compagnon :
- Merci de ne pas avoir ajouté « en détresse ». Je crois que ça nous aurait grillés.
- Grillé ? répéta-t-il dans un froncement de sourcil. Au nom de Durin, comment un simple mot aurait-il put nous brûler ?
Cette fois, Luana ne put retenir un véritable fou rire. Décidément, elle allait devoir apprendre à gérer son vocabulaire si elle voulait éviter les problèmes de compréhension… mais ça donnait de bons quiproquos parfois !
- Non, je voulais dire que notre petit manège aurait été repéré, corrigea-t-elle, toujours sur un ton de comploteur à l'oreille du Nain.
Les yeux de Gimli s'éclairèrent d'une lueur de compréhension et de complicité. Ils échangèrent un regard entendu avant de s'éloigner l'un de l'autre à l'approche d'Aragorn et Legolas. Le rôdeur leur lança un regard intrigué devant leur messe-basse mais Luana lui répondit d'un sourire innocent, battant des cils d'un air exagéré. D'avance, il fut découragé et ne chercha pas à savoir. Tous les quatre prirent le chemin des écuries. Arod et Hasufeld étaient déjà sortis et scellés, attendant tranquillement leurs cavaliers, malgré l'effervescence ambiante. Leurs maigres affaires avaient été glissées dans les fontes en plus de quelques provisions.
Tandis qu'Aragorn et Legolas se dirigeaient chacun vers leur monture pour resserrer les sangles, Gimli et Luana restèrent derrière, gardant une certaine distance de sécurité avec les équidés. Le Nain n'avait aucun problème avec ces bêtes-là, malgré sa petite taille qui l'empêchait de grimper dessus et d'y rester, mais il semblait vouloir tenir compagnie à la Nauro. D'une voix forte, il interpela l'Elfe, qui se retourna vers eux.
- Les Elfes sont peut-être des grandes gens en matière de finesse mais vous avez encore beaucoup à apprendre sur les règles de courtoisie l'ami, dit-il d'un ton bourru, un rictus en coin sur les lèvres.
Luana ne put réprimer un hoquet, qu'elle dissimula derrière sa main sous une toux exagérée, tâchant de ne pas rire. Elle se calma en voyant s'avancer vers eux l'homme-poiscaille. Non, elle devait arrêter de l'appeler comme ça. Il n'était pas le seul à porter une armure d'écaille et il semblait être le bras droit de Théoden… comment il s'appelait déjà ?
- Messeigneurs, les interpella-t-il. Mon suzerain m'envoie pour m'assurer que vous ne manquiez de rien pour le voyage.
- Merci Gamelin, lui répondit Aragorn. Mais vous pouvez dire au seigneur Théoden que nous n'avons besoin de rien de plus que ce qui nous a déjà été fourni.
Gamelin, voilà ! Bon, maintenant manquait plus qu'à éviter de l'oublier… des fois qu'elle ait besoin de lui parler. Le regard du Rohirrim se porta sur les deux chevaux, puis sur les quatre membres restant de la Communauté, en particulier sur les deux en retrait.
- Nous pouvons vous fournir deux chevaux de plus si vous le désirez.
- Je passe ! se dépêcha-t-elle de dire avant que quelqu'un ne réponde à sa place.
- Moi de même, grommela Gimli.
Tous deux échangèrent un regard entendu : jamais on ne les referait remonter là-dessus !
Gamelin eut un instant un air surpris, avant d'acquiescer d'un signe de tête et de se retirer. Aragorn se tourna vers les deux comparses, la mine difficile à déchiffrer en raison de l'exaspération et de l'amusement qui s'y mêlaient. Imité par Legolas, il monta en scelle, avant de s'approcher d'eux.
- Gimli, vous monterez en croupe avec Legolas. Luana…
Il lui tendit la main pour l'inviter à s'approcher et l'aider à monter derrière lui.
- Merci, mais non merci. Je préfère marcher, répliqua-t-elle en faisant un pas en arrière.
- Nous avons une longue route.
- Et quasi tous les gens avec qui nous allons la faire n'ont que leurs pieds pour avancer. Désolée, mais je préfère partager le sort de la populace, dit-elle d'un ton outrageusement solennel.
Le rôdeur poussa un soupir désabusé, secouant la tête, avant d'ajouter avec un sourire :
- Soit. Nous allons rejoindre Théoden en tête du convoi. Tâche de ne pas te faire trop remarquer.
- Moi, me faire remarquer ? répéta-t-elle d'une voix outrée et blessée. Je pensais que vous me connaissiez mieux que ça !
- C'est justement parce que je te connais que je te mets en garde.
Un cor sonna quelque part à proximité des portes. Aragorn offrit un dernier regard entendu à Luana, avant de mener sa monture vers l'origine du son. Lorsque le cheval de Legolas passa devant elle, Gimli se pencha dangereusement sur la selle pour lui dire d'une voix complice :
- Il sera aussi dans le cortège de tête. Je garderai un œil sur lui. Vous avez ma parole de Nain !
- Gimli !
Le rire du Nain continua de raisonner encore un instant malgré la distance qui grandissait entre eux. Luana secoua la tête d'un air désespéré, avant de jeter un regard autour d'elle. Les villageois se mettaient en branle, poussant et tirant leurs chariots. Beaucoup portaient sur leur dos de lourdes charges sur leur dos, des paniers d'osiers emplis à ras-bord. D'autres soutenaient les plus vieux et les aidaient à avancer. Oui, Luana préférait être là. Là où elle pourrait véritablement aider.
« Comment comptes-tu aider, si tu refuses de révéler ta véritable force ? » demanda Naurofána, sincèrement curieuse et un brin narquois.
« Je ferais dans la limite de ce qu'une personne normalement constituée ferait » dit-elle distraitement en haussant les épaules.
« Es-tu sûre de pouvoir de retenir ? Le contrôle de ta force n'est pas ta qualité première. »
« Hé ben ça me fera un bon exercice ! »
« Je ne peux que te donner raison sur ce point. En attendant, je retourne me reposer. La faim commence à nouveau à se faire sentir et je préfère ne pas tenter le diable. Si jamais tu as besoin de moi, je serais tout de même là. »
« Entendu Nana. Dors bien. J'essaierai de m'éloigner du convoi lors d'une halte pour qu'on puisse chasser un peu. »
Un grognement satisfait lui répondit. Luana n'y avait pas prêté attention jusque-là, mais il était vrai qu'elle-même ressentait de plus en plus la faim, le besoin de viande rouge et la simple idée de chasser éveiller en elle une certaine excitation. Avant, elle ne ressentait ça que quand Naurofána et elle s'étaient liées.
- Madame, vous venez ? fit une petite voix fluette derrière elle.
La Nauro grimaça doucement mais se força à prendre un sourire avant de se tourner vers la petite fille. Freyda et Éothen étaient perchés sur le dos de leur bourrin noir, guidé par un soldat à la mine taciturne.
- J'arrive la miss, répondit-elle en s'approchant autant que le lui permettait la présence du cheval.
Alors que le convoi franchissait les portes de la ville, Luana marcha à côté des deux enfants et de leur monture durant un instant. Au loin, sur la première colline qui bordait les fortifications, elle vit Théoden, flanqué de ses hommes de mains parmi lesquels se trouvaient Elden, ouvrir la marche. Aragorn, Legolas et Gimli se trouvaient près de lui. Elle eut un bref pincement au cœur de ne pas être auprès de ses compagnons. Mais l'idée de se tenir dans un groupe aussi… élitiste ne lui plaisait pas. Elle était une enfant de banlieue. Même si elle appréciait les choses raffinées et les beaux-arts, elle n'en restait pas moins attachée à son éducation de la rue. Elle y avait appris l'amitié et la solidarité.
Son bref remord de ne pas se trouver avec eux en cet instant s'envola lorsqu'elle avisa une minuscule silhouette peiner à avancer. Elle crut un instant qu'il s'agissait d'un enfant en raison de sa petite taille. Elle dépassait à peine la taille d'un Hobbit. Mais lorsqu'une mèche de cheveux blancs, soulevée par le vent, s'échappa du voile qui lui couvrait la tête, Luana prit conscience de la courbure du dos, complètement voûté, et du poids qui semblaient peser sur cet être fragile. Adressant un bref signe de main aux enfants, elle s'approcha de la vieille dame en robe sombre. Elle pouvait percevoir le souffle erratique et sifflant de la pauvre femme. Sa vue de vie lui montra l'état fragile de se corps usé par le temps qui s'appuyait lourdement sur une canne tordue. Pourquoi donc personne ne l'aidait ?
- Madame ? appela-t-elle doucement.
Elle se retourna lentement, dévoilant un visage ridé, des yeux verts légèrement voilés de blanc. Malgré sa souffrance évidente, la veille femme lui offrit un sourire radieux de ses fines lèvres parcheminées. Luana ne put s'empêcher de la trouver belle malgré les ravages du temps. Il y avait chez elle une beauté à laquelle aucun Elfe ne pourrait prétendre. Car on pouvait lire sur son visage toute sa vie : ses rides étaient des lignes finement tracés sur le parchemin de sa peau. Celles sur son front gardaient une part de secret sur ses malheurs, qu'il valait mieux garder pour soi. Seules les joies valaient la peine d'être partagées avec le plus grand nombre. Celles aux coins de ses yeux et de ses lèvres racontaient les instants de joies, portraits de ses sourires même lorsqu'ils étaient absents, partitions du chant de ses rires.
- Hé bien, en voici une bien belle demoiselle, dit-elle d'une voix chevrotante mais à l'accent encore doux et chantant.
Luana resta un instant surprise sous ce compliment si… inattendu. Elle était en habits d'homme trop grands pour elle, les cheveux fous volant au vent, ses mèches noires s'entremêlant aux blanches, le visage tiré par la fatigue. Et jamais on ne lui avait dit qu'elle était belle. Sa peau laiteuse et ses cheveux de neige n'étaient pas au goût de tous. Se ressaisissant, elle lui offrit en retour un sourire un peu trop timide à son goût. Elle se sentait extrêmement intimidée par cette vielle dame, sans savoir pourquoi.
- Excusez-moi de vous déranger madame, mais je voulais savoir si vous désiriez un peu d'aide. On a une longue route et je ne voudrais pas vous savoir devant marcher seule tout du long.
Elle se sentit idiote d'avoir dit ça. La pauvre dame pouvait mal prendre qu'on parle ainsi de sa faiblesse. Au lieu de cela, son sourire s'agrandit.
- C'est très gentil à vous. Mais une demoiselle de votre qualité a bien d'autres choses à faire que de s'occuper d'une vielle dame comme moi.
- Je ne suis pas noble, corrigea-t-elle automatiquement, de peur que recommence le même manège qu'avec Elden un peu plus tôt.
- Mais vous voyagez avec de grandes gens.
- Ça… ça c'est fait par hasard.
La vielle dame la considéra de ses yeux verts. Le voile qui les couvrait donna à la Nauro l'impression qu'elle ne la regardait pas directement, qu'elle voyait beaucoup plus loin qu'elle…
- Il n'y a pas de hasard dans la vie, ma jeune demoiselle.
Luana resta de nouveau interdite. Ne sachant quoi répondre, elle offrit son bras en soutien à la vieille femme. Celle-ci sourit de plus belle, avant de s'y appuyer. Bien qu'elle parut se laisser aller contre ce support bienvenu, elle ne pesait presque rien sur le bras de la Nauro. Et sa force de louve n'y était pour rien. Cette dame ne semblait pas peser plus lourd qu'une brindille.
- Et comment se nomme cette belle demoiselle ?
- Luana. Luana Le Guen, répondit-il mécaniquement, mal à l'aise devant cette appellation. Et vous, quel est votre nom ?
- Nora. Enchantée de vous rencontrer.*
- Moi de même. Mais vous pouvez me tutoyer vous savez.
Une fois de plus, elle n'eut pour toute réponse qu'un sourire. Durant un long moment, toutes deux marchèrent en silence. Pas très vite, mais vu la vitesse à laquelle le convoi avançait, ça n'avait pas d'importance. Elles avaient le temps. Mais personne ne vint les voir pour prendre des nouvelles de la vieille dame, personne ne vint s'assurer que tout allait bien pour elle. N'avait-elle donc aucune famille ? Luana doutait qu'un proche l'aurait laissée avancer avec au bras d'une parfaite inconnue.
- Pardonnez-moi, dame Nora…
- Dame ? Je ne pense pas mériter ce titre, rit la vieille de bon cœur. Nora suffit.
- Entendu, répondit la Nauro d'une petite mine contrite. Avez-vous de la famille ?
Elle craignait de poser la question, de peur que la réponse n'éveille de mauvais souvenirs et des larmes chez sa compagne de route. Au lieu de cela, son visage s'emplit de tendresse teintée d'inquiétude.
- Oui. J'ai un fils, mais il a suivi le seigneur Eomer lors de la maladie de notre bon roi. Sa femme vit d'ordinaire à Edoras avec nous, mais elle a dû partir pour un village voisin il y a peu, pour voir sa famille. Sans doute la retrouverons-nous à Fort-le-Cor.
Les rides de son front apparurent plus marquée tandis qu'une sourde angoisse naissait en elle. Luana pouvait le comprendre, vu les nouvelles des autres villages qui étaient parvenues jusque-là.
- Vous êtes donc seule pour le moment ? s'enquit-elle, surprise qu'on ait laissé seule une dame de son âge.
- Non. Mon petit-fils rentre tous les soirs à la maison. Il est passé tout à l'heure pour m'annoncer le départ et à pris sur son cheval les quelques affaires que je souhaitais emporter.
- Et il n'est pas resté avec vous ? s'exclama la Nauro avec aberration.
- Je sais qu'il aurait préféré, mais il a des responsabilités. Il doit aider tout le monde et pas seulement sa vieille grand-mère, dit-elle d'un ton complice en se penchant sur elle.
Luana acquiesça d'un hochement de tête. Elle comprenait, ne pouvant malgré tout s'empêcher de se demander ce que pouvait bien faire ce petit-fils pour avoir tant à faire ailleurs. Et puis une autre question prit place dans son esprit : où était son époux ? Mais la réponse lui paraissant évidente, elle préféra ne rien dire. Comme si elle venait de lire dans ses pensées, Nora soupira doucement.
- Si mon époux avait été là, peut-être ne serais-je pas une charge pour ma famille. Même si je doute qu'il serait resté près de moi si un danger rôdait.
- Il serait allé se battre ? interrogea la jeune fille, étonnée qu'au lieu de rester pour la protéger, il se serait éloigné d'elle.
- Ho que oui ! C'était un homme courageux qui refusait de laisser les gens souffrir. Et généreux...
- Ce devait être un grand cavalier.
L'éclat de rire de Nora fit sursauter Luana, totalement prise au dépourvu… qu'avait-elle dit de si drôle ?
- Mon mari n'était pas un cavalier, loin de là. Il était un grand voyageur, il a vu la Terre du milieu de long en large et savait se battre. Mais jamais il n'a rejoint ni les cavaliers de Thengel, ni ceux de Théoden.
Luana ouvrit de grands yeux. À l'entendre, elle aurait pu croire qu'elle parlait de Grands-Pas... Elle secoua doucement la tête pour chasser cette idée. Aragorn n'était pas le seul rôdeur à fouler cette terre, sans compter que ce gars n'était peut-être qu'un simple colporteur ou un marchand.
- Pourquoi ne les a-t-il pas rejoints s'il était si bon que ça ?
- Il était un étranger et passait pour beaucoup comme extravagant… Je ne peux pas leur donner tort, mais je crois que c'est ce qui m'a séduite chez lui au début, confessa-t-elle avec un petit gloussement complice.
Le regard dont elle la couva mit un instant mal à l'aise la Nauro. Extravagant... Luana ne pouvait pas ignorer que beaucoup devaient lui accoler ce qualificatif. Mais si ce gars venait de loin et avait vu beaucoup de chose, voir d'autres peuples... Dans ce monde, les distance paraissaient si longues que n'importe qui ne venant pas des alentours devaient passer pour un alien. Même Aragorn, bien qu'il soit humain contrairement à ses compagnons, devait paraître étrange aux yeux des Rohirrims.
Mais elle perçu dans le regard de la petite vieille une lueur amusée, un peu mélancolique.
- Bien qu'il soit parti peu après la naissance de notre fils, Peren a fortement hérité de son caractère. Très curieux, joueur.
Peren, Peren… ce nom lui disait quelque chose… mais impossible de remettre le doigt dessus. Où l'avait-elle déjà entendu ? Hélas, cette interrogation fut chassée à peine eut-elle pris forme dans son esprit, emportée par le vent d'indignation qui souffla aussitôt en elle.
- Il est parti ? Il vous a fait un gosse et s'est cassé ?
Encore une fois, la vieille Nora la prit au dépourvu. Plutôt que de montrer la moindre rancœur ou colère, elle rit de nouveau de bon cœur. Mais son regard se fit lointain tandis que son sourire fanait.
- Il a dû partir pour régler une vieille affaire de commerce si ma mémoire ne me trompe pas. Il n'est jamais revenu malgré sa promesse. Je sais qu'il ne nous a pas abandonné et que quelque chose lui est arrivé en chemin. Quoi, je l'ignore mais jamais je n'ai douté de lui.
- Ce devait être un grand homme pour que vous l'aimiez comme ça.
- Bien plus que lui-même ne le pensait.
- Comment s'appelait-il ?
- Elperen.
Nora continua de parler de sa vie, de sa famille, de cet homme si cher à son cœur. Elle lui raconta comment elle l'avait rencontré il y avait de cela longtemps, quand elle était encore bergère, un jour où elle gardait ses moutons. Elle lui expliqua comment elle l'avait vu avancer tranquillement sur la route, accompagné d'un second homme. À sa grande surprise, Luana découvrit que le vieille Nora connaissait Grand-Pas. C'était le rôdeur qui accompagnait alors le voyageur. Ils l'avaient simplement salué. La jeune femme que Nora était à l'époque avait croisé le regard de l'un d'eux et s'était sentie fondre. Si Luana ne croyait pas au coup de foudre, elle trouvait cette histoire belle malgré tout.
Une histoire qui aurait pu s'arrêter là, si les deux voyageurs n'avaient fait demi-tour, juste après avoir découvert des traces d'orques, pour la prévenir de se mettre à l'abri. Ils étaient arrivés juste à temps pour la sauver. Dans la lutte, Elperen avait été blessé. Gravement. Nora et Aragorn l'avaient porté tant bien que mal jusqu'à sa petite bergerie, où ils restèrent durant de longs jours sans savoir s'il allait survivre malgré les soins apportés par le rôdeur. Elle avait longuement veillé sur lui jusqu'à son réveil. Et puis les choses s'étaient faites naturellement. Même s'il était un étranger, il avait été accepté par les Rohirrims et avait fondé une famille avec Nora. C'était ainsi qu'ils avaient eu un fils, Peren.
Les heures de marche défilèrent, lentement, le paysage changeant peu, les collines herbeuses succédant aux collines herbeuses battues par les vents. Face au temps qui se rafraichit, Luana ôta de ses épaules sa cape offerte par les Galadhrims et la déposa sur le dos courbé de Nora. La vieille dame l'accepta avec gratitude.
Le convoi semblait s'être quelque peu désorganisé au fur et à mesure de son avancement. Les cavaliers, au début bien ordonnés, principalement regroupés en en tête et en queue de cortège, faisant des allers-retours le long de la file pour s'assurer que tout allait bien, commençaient à s'éparpiller dans la foule, rejoignant leur famille.
À chaque cheval qui venait dans leur direction, Luana s'attendait à voir arriver le petit-fils de Nora. Quand un énième canasson se dirigea vers eux, elle n'y prêta pas attention. Ce ne fut que la brise porta à son nez le parfum d'un être bien connu qu'elle releva la tête.
- Ha mon petit Elden ! s'exclama joyeusement Nora.
- Grand-mère, la salua-t-il avec chaleur. Je vois que tu as fait connaissance avec Luana.
La Nauro en question considéra avec surprise le Rohirrim, avant que son regard ne dérive vers Nora, puis de nouveau sur Elden, puis Nora. Elden. Nora… Peren !
- T'es le fils de Peren ! s'écria-t-elle en pointant un doigt vers lui.
Le cavalier haussa un sourcil surpris, avant d'afficher une moue narquoise.
- Oui. Elden, fils de Peren. Il me semble que c'est ainsi que je me suis présenté lors de notre première conversation.
Luana ouvrit la bouche pour répliquer, le doigt toujours en l'air, avant d'avoir un blocage et de rester là sans dire un mot. Face au rire naissant d'Elden, elle se dépêcha de refermer la bouche, se renfrognant.
- Le portrait de son père et de son grand-père, soupira la vieille femme dans un mélange d'amusement et de désespoir.
- C'est lui votre petit-fils ? s'enquit la Nauro.
- Oui.
- … je vous plains.
Nora rit de plus belle sous le regard penaud d'Elden, à qui Luana tira discrètement la langue.
- Je n'espérais plus trouver de jeune fille capable de répondre ainsi à mon petit-fils.
- Il faut dire, il y en a peu de semblable à celle-ci, répliqua-t-il en haussant les épaules, avant de tourner un regard moqueur vers la jeune fille en question. Aussi indomptable qu'un cheval sauvage.
- Non mais t'as fini de me comparer à un de tes foutus canassons ?
- Je ne vois pas ce qu'il y a d'insultant à être comparé à un cheval. Au contraire tu devrais en être charmée. Ce n'est pas comme si je te comparais à un warg.
- Encore heureux ! s'emporta la Nauro, légèrement piquée à vif, se rappelant un peu trop sa première rencontre avec Haldir.
Et ça ne lui rappelait que trop pourquoi elle l'avait légèrement évité jusque-là. Il considérait que la traiter de warg serait blessant… mais s'en tiendrait-il à cette bonne pensée s'il découvrait qu'elle était une louve ?
- Jeune gens, cessez donc de vous battre, les stoppa Nora avec amusement. Elden, je pensais t'avoir mieux éduqué que cela. Que dirais ta pauvre mère si elle t'entendait ? Quant à toi Luana, réagir aux inepties de mon petit-fils, c'est se laisser prendre au piège.
Les deux jeunes se regardèrent, avant de détourner le regard d'un air gêné, pris en faute. Luana, pour détourner le sujet, proposa poliment à la vieille dame de reprendre leur route, le convoi continuant d'avancer quand eux restaient inertes.
- Merci Luana, répondit Elden avant de s'approcher de sa grand-mère et faisant reculer la Nauro, mais il est temps pour moi de reprendre mon rôle. Je ne l'ai déjà que trop délaissé.
- Tu avais des choses plus importantes à faire que de t'occuper d'une vieille femme, le rassura Nora d'un ton doux et tendre.
- Certes, concéda-t-il en démontant. Mais maintenant que je peux prendre soin de ma chère grand-mère, je ne vais pas m'en priver. Quel fils serais-je si mon père revenait pour découvrir que sa pauvre mère a été délaissée ?
- Certainement pas un ingrat ! Ton père peut comprendre que tu aies d'autres responsabilités.
Nora n'en délaissa pas moins le bras de Luana, la gratifiant d'un de ses sourires ravissants. Elden la hissa aisément sur le dos de son cheval, la portant à bout de bras comme si elle n'avait rien pesé. La Nauro les considéra en silence. Elle s'était déjà demandé comment il était possible que le jeune Rohirrim soit si… franc et spontané quand il était avec elle. Maintenant, elle avait une partie de la réponse. Si son grand-père était quelqu'un qui avait vu du monde, il devait être très ouvert d'esprit. Un peu comme Eladan et Elrohir. Même si c'était des Elfes, ils étaient très... décomplexés. Enfin pour des Elfes. Ce devait être ça. Elden avait hérité de cette ouverture au monde.
Ils se remirent en route, Elden menant son cheval par la bride, Nora racontant avec plaisir les frasques de son petit-fils quand il n'était encore qu'un garçonnet en culotte courte. Luana faillit s'étrangler de rire lorsqu'elle lui raconta comment il lui avait fait peur.
- Je l'entendais bien m'appeler. Mais j'avais beau regarder à gauche, à droite, derrière moi, impossible de le trouver. C'est en levant les yeux que je l'ai découvert perché sur le toit de la vieille bergerie, qui menaçait de s'effondrer à tout moment. Et ce garnement était fier de montrer qu'il était « plus grand que moi » !
- J'avais quatre ans et je n'avais aucune conscience du danger ! se défendit l'intéressé.
- Tu en as aujourd'hui vingt et tu es plus acrobate que jamais, renchérit sa chère mère-grand.
Elden secoua la tête en levant les yeux au ciel, avant de se poser sur Luana, qui ne prenait plus la peine de tousser pour dissimuler son rire.
- Tu peux te moquer et jouer les innocentes, lui lança-t-il sur un ton de défi. Mais je suis sûre que tu as fait bien pire !
- Sauf que quand je grimpais quelque part, mon père ou ma mère n'avait pas à venir me chercher !
- Tu ne pouvais pas être si bonne grimpeuse aussi jeune.
- J'ai jamais dit que je m'en étais toujours sortie indemne et sur mes deux pieds, ironisa la Nauro.
La chamaillerie bon enfant continua encore longtemps sous les yeux amusés de Nora, qui ne chercha pas à les arrêter encore une fois. Leur joute amicale animait la route, les gens autour d'eux les considérant avec des mines surprises, avant de sourire ou de rire doucement face à cet échange animé et cocasse.
Un bruit de galop, un parfum de sous-bois perdu dans le vent des plaines, firent taire Luana et lui firent tourner les yeux alors qu'elle s'apprêtait à porter un coup décisif, auquel Elden aurait eu du mal à répondre.
Perché sur son cheval, Legolas galopa jusqu'à eux. Lorsqu'il fut à proximité, il salua Elden et Nora, avant de se mettre à leur niveau et de trotter aux côté de Luana. La Nauro se recula, trouvant la distance entre le canasson et elle un peu trop réduite à son goût, se rapprochant un peu plus encore d'Elden.
- Vous n'êtes pas avec les autres ? d'un ton vif, un peu trop nerveuse.
- Je suis venu m'assurer que vous alliez bien, répondit-il avec son sourire, qui comme d'habitude n'effleurait que ses lèvres.
- Ma grand-mère et moi veillons sur elle, seigneur Legolas, intervint Elden d'un ton affable. Vous n'avez aucune raison de vous inquiéter.
L'Elfe tourna vers l'humain un regard neutre, avant de se s'incliner légèrement et de les remercier « de ces bonnes intentions ». Il se tourna de nouveau vers la Nauro et tendit la main vers elle.
- Souhaitez-vous monter ? La route est encore longue…
- Et elle le sera pour tout le monde. Alors je ne vois pas pourquoi moi je monterais… sur un de ces fichus canassons, grogna-t-elle alors que la monture de l'Elfe se déportait un peu trop sur elle.
Elle fit un nouvel écart, et manqua buter dans Elden, qui posa une main rassurante sur son épaule.
- Est-ce que ça va ? demanda-t-il, inquiet.
- Et où est-ce que vous avez encore largué ce pauvre Gimli ? accusa Luana en ignorant la question. Je croyais que vous deviez chevaucher ensemble !
Legolas ne comprenait pas son angoisse et sa peur des chevaux. Elle doutait fort que le jeune Rohirrim puisse ne serait-ce qu'envisager ce genre de chose, lui qui était sans doute né sur un cheval !
L'Elfe fronça légèrement les sourcils, chose rare et aussi incroyable qu'incompréhensible pour le coup. Elle ne comprenait pas pourquoi il semblait brusquement… contrarié ? À moins qu'il n'ait véritablement abandonné le Nain derrière, elle ne voyait pas pourquoi il réagissait comme ça…
- Gimli est en compagnie de dame Eowyn. Il a préféré monter sur une autre monture.
- Il aime pas monter à crue et vous le savez.
¡Mierda! Il ne pouvait pas s'éloigner d'elle et emmener aussi loin que possible son foutu cheval ? Elle supportait déjà mal la monture d'Elden et n'endurait la proximité que parce que l'animal soulageait les jambes de leur vieille compagne. Là elle était coincée entre deux de ces cabellos malditos !
Mais au lieu de repartir vers la tête de file pour rejoindre Aragorn, Gimli et Théoden, l'Elfe démonta sans même faire stopper son destrier. D'un bond souple, devant lequel Elden resta un instant pantois tandis que Nora riait doucement, il atterrit à côté de Luana. Avec un sourire, il se mit à marcher avec eux, se contentant d'une simple main posée sur l'encolure de son cheval pour le guider.
Alors que la discussion allait bon train avant l'arrivée de l'Elfe, Luana ne sut plus quoi dire. Le cours de la dispute qui l'opposait à Elden avait été rompu et elle cherchait désespérément un sujet sur lequel elle pourrait à la fois discuter avec Legolas, Elden et Nora.
… et voilà, Legolas venait de lui pourrir un instant complice avec Elden. ¡Endiablado elfo!
* Nora est un personnage du manga Spice and Wolf. On ne la voit pas longtemps et elle est beaucoup plus jeune.
J'ai eu envie de l'intégrer à l'histoire en la vieillissant et en imaginant sa vie au Rohan ^^
Réponses aux reviews ! ;)
Waina : Un ange vraiment ? XP J'avais crut comprendre ça ^^ Merci à toi pour tes reviews =)
Le bientôt est arrivé ^^ Mais comme je ne gère pas l'inspi, je peux difficilement garder un rythme soutenu et stable(sans parler des cours et du taff -_-)
Merci pour ta fidélité à Luana et Naurofána =)
Hinata : merci de ta compréhension =) Ha ça tu verras s'il en est capable ou non ;) Tu trouve Leggy effacé, vraiment ? … attend de lire ce qui suit x) (même si le chapitre laisse présager un peu XP ) Tant mieux si tu arrive tout de même à accepter et intégrer Elden à la fic, parce qu'il va prendre une sacrée place dans l'histoire ;) Merci pour tous ses encouragements et pour tes reviews =)
YsalonnaDurin : désolée pour l'attente… j'espère que la suite et le délai moins long pour ce chapitre me rattraperont ^^ Merci pour ta review =)
Plagieurrrr : COUCOU ! MERCI BEAUCOUP POUR TA REVIEW ! =P PAS GRAVE SI T'AS LA CAPITALOÎDE AIGUE ? JE CONNAIS TKT ;P OUI OUI MINUTE XP MERCI POUR TA REVIEW !
lucie227 : oui enfin, désolée pour l'attente x) alors j'espère que si tu passe ton brevet en ce moment, ce chapitre te boostera ;) Merci pour ta review =)
Guest : Ouf merci ^^ Toute une histoire parce qu'elle n'a pas de tact XP Pourquoi ? :o Ha… je vois que toi tu as déjà fait ton choix au niveau du couple x) Et si c'st Elden au lieu de Leggy… ? XP Alors bonne lecture et merci pour ta review =)
