Bon ben... j'avais peur de jamais m'en sortir pour la bataille du Gouffre de Helm mais... La voici ! =D
J'espère qu'elle sera à la hauteur de vos attentes ;)
Concernant cette regrettable histoire de troll, maintenant arrangée, je tiens à m'excuser auprès de toutes les personnes engagées. Je ne ferai désormais plus le plaisir de répondre à ces reviews et les supprimerai purement et simplement. Mais merci à toutes celle et ceux qui m'ont témoigné leur soutien, merci =)
Et merci encore et toujours pour vos reviews, vos favoris et vos follows ! En somme, merci pour votre fidélité ! =D
Chapitre 47 : Danse avec la mort
Elle était prête. Elle était entourée de Gimli, Legolas et Lindoïlin. Les enfants qui le voulaient étaient à l'abri. Et ils avaient carrément un mur d'archers Elfes pour repousser l'assaut. Ça allait mitrailler sévère.
Ils avaient maintenant une chance de s'en sortir sans trop de mal. Il allait y avoir des morts. Mais fallait pas y penser. Allez, se concentrer, se préparer… Tuer de l'Orque et de l'Uruk, elle avait déjà fait, pas de soucis. Elle avait la force et la forme animale de Naurofána, en plus de son incroyable régénération. Large !
Non franchement, les choses s'étaient largement arrangées là, ils pouvaient pas faire pire que ce avec quoi ils partaient au début.
Ça allait le faire…
Bon, les Uruk-Hais étaient plus forts que leurs papas-mamans les gobelins et les Orques… urk, quelle idée de croiser ces deux machins là aussi ! Foutu Saroumane !
Elle parcourait la plaine des yeux, examinant l'armure de ces sales bêtes. La lumière n'était pas top, mais sa vue était adaptée à la vision nocturne. No souci. Tiens… y en avait des plus petits… Ils avaient ramené des Orques ou des Gobelins quand même ? Non ce n'était pas la même forme. Pas assez tordu et trop trapu… Une minute…
- Heu… dîtes…
Trois regards se fixèrent sur elle sous la pluie, se détournant du spectacle de cette armée qui trépignait sur place.
- Je crois que j'ai des hallucinations. Legolas, Lindoïlin… c'est pas des hommes que je vois parmi eux, hein ?
Non, parce que si elle voyait vraiment des hommes, y aurait un problème là. De un, ils faisaient quoi là ? Pourquoi les Uruks cherchaient pas à les éviscérer, et qu'est-ce qu'ils foutaient avec ces horreurs quoi ? De deux… elle ne pouvait pas tuer des hommes ¡ Mierda ! Ce n'était pas la même chose que de tuer des monstres sanguinaires qui sont mauvais de base !
Ok, c'était clairement du racisme, et peut-être que quelque part, dans un coin reculé du monde, existait-il un orque avec une petite âme blessée qui ne veut pas faire le mal… mais alors il était vraiment bien caché et devait bien être le seul de tout Arda !
Legolas et Gimli échangèrent un regard qui ne lui plu pas, tandis que la belle demoiselle de Lorien hochait doucement de la tête.
- Vous en auriez été informée si vous vous étiez montrée raisonnable et aviez assisté avec nous au rapport des éclaireurs, fit le prince de Mirkwood avec un air sec et sévère.
Elle eut été sous forme animale, elle aurait sans doute baissé les oreilles et rentré la queue entre les pattes. Surtout que le contraste entre son ton enjoué de juste avant était… cinglant, comme le claquement d'une corde d'arc. Vrai qu'elle n'avait pas été cool avec lui sur le coup… mais pas le moment pour ça ! Elle s'excuserait après !
- Hein quoi ? Mais non attendez ? Qu'est-ce qu'ils foutent là ? Aragorn disait pas que c'était une armée faite pour détruire les hommes ? Ils ont pas reçu le mémo c'est ça ?
Oui elle commençait légèrement à perdre son calme. On ne lui avait pas dit qu'elle allait devoir tuer des hommes ! De ce qu'elle pouvait en voir, ils étaient vêtus de peaux de bêtes et lui faisaient penser aux barbares dans le Roi Arthur. Non, ne pas penser à ce film… trop de héros mourraient sous les coups de leurs ennemis avant et pendant la bataille finale.
- Ce sont les rudes montagnards du pays de Dun, grommela Gimli avec dégoût. Saroumane les a armés et tournés contre le seigneur Théoden et ses sujets. Ils ont pillé et incendié tous les villages entre Isengard et ce gouffre.
C'étaient aussi des monstres en fait… elle essayait de se le répéter pour se donner du courage. Mais… elle ne pouvait pas tuer des hommes. Elle ne voulait pas devenir le monstre que tous imaginaient.
Un cor au souffle guttural mêla sa voix au vent et couvrit un instant les grognements… pour mieux appeler les Uruk-Hai à mugir et hurler, levant leurs lances pour faire claquer le manche contre la terre et la pierre détrempée. Ils martelèrent l'air de ces claquements secs.
Le vacarme qui s'élevait de leur rang fit soudain se tendre les hommes sur les remparts. C'était la pire des musiques de guerre. Aucune bande originale de film ou de jeux vidéo ne pouvait rivaliser avec ça. Aucune n'aurait jamais pu faire monter une telle pression si vite. C'était une marche funèbre violente, barbare… à l'image de la mort qui les attendait tous.
Les battements se synchronisèrent, s'unissant en un immense grondement sourd et retentissant, se répercutant dans le sol et la muraille de Fort-le-Cor. Luana la sentait à travers ses pieds, cette pulsation grandissante, comme le cœur d'un immense animal tapi sous leurs pieds. Un animal qui allait surgir brusquement et tous les écraser. Un monstre qu'aucune armée, aucune muraille ne pouvait arrêter…
Ce fut ce battement de cœur qui ébranla définitivement le mince espoir de la jeune Nauro. Le serpent de feu à la peau dressée de pointes qui remplissait la vallée, qui les observait de ses milliers d'yeux, n'était autre que ce géant qu'elle entendait et percevait. Les vagissements des Uruk-Hai n'étaient que son souffle, et leurs boucliers ses écailles.
Elle jeta un regard tendu autour d'elle, osant à peine tourner la tête de peur que ce serpent géant ne lui saute soudain à la gorge. Leur marche funèbre avait fait son effet. Bien que les Elfes autour d'elle n'en montraient rien, elle pouvait sentir l'appréhension qui suintait de leur peau. Elle percevait la tension dans leurs muscles sous les armures. Elle pouvait voir de sa vue de louve, l'imperceptible accélération de leurs cœurs, le sang pulser plus vivement dans leurs veines. Un sang qui dans peu de temps maculerait la pierre sur laquelle ils se dressaient si fièrement. Dans peu de temps, ils seraient nombreux à s'effondrer, brisés et fracassés.
Elle n'avait jamais vu d'Elfe mort. Quel spectacle était-ce, de voir un de ces êtres si beaux et parfaits emporté par la faucheuse ? Leurs magnifiques visages resteraient-ils aussi sublimes dans la mort ? Étaient-ils en paix, se sachant accueillis par Mandos dans ses cavernes ? Où afficheraient-ils ce masque d'horreur ou de surprise que portaient les hommes lorsque leur dernier souffle leur est brusquement arraché par l'acier ?
Une image d'horreur plana soudain devant ses yeux. La vue de Boromir gisant au fond d'une barque quitta ses rétines tandis que celle du cadavre de Legolas s'y imprima. Elle le vit adossé au parapet de pierre, le visage ensanglanté et vide de toute expression, ses yeux de glace quittés de toute vie.
Avec un hoquet d'angoisse étouffé, elle chassa cette vision de son esprit. Non... ne pas y penser. Si elle le voyait lui comme ça, elle était certaine de voir défiler Aragorn, Gimli, Elden…
Son regard dériva jusqu'au bastion. Là, elle pouvait y voir Théoden qui observait l'armée venue pour le défaire. Il y avait aussi Gamelin, et d'autres hommes. Mais aussi Elden. Tous… tous transpiraient à grosses gouttes la terreur. Une terreur contenue tant bien que mal. Il n'en allait pas de même avec les autres hommes. Qui pour la plupart n'étaient que des fermiers, des garçons d'écurie, des artisans, recrutés et armés sur le tas. L'effroi qui exsudait d'eux était à lui donner la nausée. Elle en sentait le parfum acre malgré tous les effluves qui se mêlaient dans l'air, avant d'être précipités par la pluie.
La tension était telle que les arcs se bandèrent, sans attendre le moindre ordre. Les bras tremblaient, sous la fatigue, la peur et la pression… et ce qui devait arriver arriva.
Un trait fila dans la nuit avec une plainte brève et cinglante. Le silence se fit soudain, à peine perturbé par l'ordre crié par Aragorn et le son de la pluie battante, avant qu'un Uruk de taille imposante ne s'effondre et s'écrase face dans la boue.
- Oh oh… ça sent pas bon… gémit la Nauro dans un souffle tremblant.
« Luana, tu n'es tout de même pas en train de citer du Hercule… » gronda Naurofána au fond d'elle.
Le serpent frémit, faisant s'entrechoquer ses écailles d'acier. Son souffle se fit plus féroce, des cris de rage se répandant comme une traînée de poudre à travers tout son corps. En réponse à ses clameurs furieuses, l'Uruk-Hai perché sur son rocher brandit soudain son épée avec un rugissement féroce.
Et toute son armée se jeta brusquement à l'assaut du rempart. Le serpent se désolidarisa soudain, se transformant en une déferlante qui engloutit au pas de course la petite langue de terre encore visible au pied du fort.
- Mais alors pas bon du tout ! murmura Luana, horrifiée.
Ça commençait, et il n'y avait plus aucune issue de secours ni moyen de reculer.
Aragorn hurla un ordre, toujours en langue elfique. Aussitôt, les elfes jusque là droits et fiers, tirèrent tous une flèche de leur carquois et bandèrent leurs arcs. À côté d'elle, Luana entendit Legolas baragouiner lui aussi en elfique. Ils ne pouvaient pas partager et ne pas exclure les deux seuls non-elfes plantés au milieu d'eux ? Ils pensaient réellement que les laisser dans le flou serait rassurant ?
- Ce qui veut dire ? marmonna Gimli, du même avis.
- Leur armure a une faille au cou, et sous le bras, leur traduisit Lindoïlin sans quitter sa cible du regard.
- Bon à savoir pour quand on les aura en face, répliqua Luana en crispant les poings, maîtrisant tant bien que mal sa voix et les tremblements de son corps.
- Je sais que vous ferez bon usage du cadeau de notre Dame, souffla la belle demoiselle pour elle.
Luana n'eut pas le temps de lui répondre. Tout juste eu-t-elle tourné le regard vers elle, qu'un nouvel ordre claqua et qu'une myriade de flèches s'envola dans les airs pour retomber en une pluie mortelle, qui éclaboussa le sol d'un sang noir.
- Ils ont touché quelque chose ? s'enquit le Nain auprès de la Nauro, impatient.
- Ouais… ça tombe pas mal. Enfin… plus maintenant, soupira-t-elle sans pouvoir détacher les yeux de ce spectacle, ses paupières se refusant à s'abaisser de peur de manquer la moindre image.
La volée envoyée par les hommes de Théoden eu… beaucoup moins de succès. Ils n'avaient ni les qualités ni les compétences des Elfes, ni leur regard perçant, ni leur vision nocturne. La pluie et le vent ne les aidaient. Bénis soient Elrond et Galadriel de leur avoir envoyé une armada d'Elfes des bois !
Enfin… elle espérait que tous étaient au moins aussi doués que Legolas, car il y en avait postés dans la cour derrière eux. Et quand ils tirèrent une nouvelle volée, elles ne passèrent pas loin d'eux. Elle sentit une flèche lui frôler l'oreille de son empennage. Ne pas tourner la tête vers eux, c'était le coup à s'en prendre une autre qui aurait dû juste l'effleurer à l'origine… Ne pas bouger, ne pas bouger, ne pas bouger… Ils ne pouvaient pas tirer un peu plus haut non ?
- Amenez-les-moi ! tonna Gimli, sa hache se balançant d'excitation.
Luana lui jeta un regard d'incompréhension et de crainte. Etait-il devenu fou ? Il voulait réellement qu'ils arrivent jusqu'à eux ? Il allait être servi, hélas. Malgré les salves répétées qui abattaient les Uruk-Hai et les montagnards par poignées, la vague monstrueuse avançait toujours, et ses flots ne semblaient pas vouloir s'éclaircir ni ralentir.
De nouveaux claquements secs, différents de ceux des arcs elfiques et Rohirrims, cinglèrent l'air, et Luana vit avec effroi plusieurs Elfes tomber, mortellement touchés. Elle sentit la bile lui remonter dans la gorge en regardant, impuissante, le spectacle de l'un d'eux chuter des remparts en hurlant, pour aller s'embrocher sur les pics érigées des Uruk-Hai en contrebas. Le brusque semblant de silence qui suivit son cri fut terrible.
D'autres furent propulsés en arrière et s'écrasèrent dans la cour, aux pieds de leurs camarades.
Non… ils allaient tous y passer. Les leurs tombaient trop vite en comparaison de leurs adversaires. Ils allaient tous mourir…
Un nouveau cri d'Aragorn, suivi d'une exclamation réjouie de Gimli, lui firent baisser les yeux sur les échelles qui commençaient à se dresser le long de la muraille. Comment pouvaient-ils se réjouir de ça ? Ils allaient devoir tuer des hommes, et se faire tuer !
« Luana » l'appela Naurofána, perçant le voile de sa panique de sa voix grondante et rassurante. Le temps sembla un instant ralentir autour de la Nauro tandis que la vision de sa louve s'imprimait sur sa rétine. « Suis ton instinct. Laisse Thanatos reprendre possession de ton bras, ou il te prendra dans les siens avant la fin de la nuit. »
Elle sentit brusquement le passage entre Naurofána et elle s'emplir de force et de pouvoir. Un instinct bestial couvrit soudain ses pensées. Le même que lorsque sa faim l'emportait. Le même que lors de la chasse. Effrayée par cette montée de puissance et l'effet qu'elle pourrait avoir, elle jugula ce flot, l'étranglant pour n'en puiser que la force, qui jaillit à la surface de son corps en lui gonflant les muscles.
La bulle temporelle qui la couvrait jusque-là éclata, à l'instant où une échelle s'accrocha au créneau juste devant elle. L'Uruk-Hai qui s'en laissa tomber fut cueilli en plein vol par deux lames d'argent qui jaillirent en un éclair pour lui trancher la gorge d'un coup sec et net.
Tout autour d'elle, les arcs avaient laissé la place aux épées pour accueillir comme il se devait les monstruosités qui commençaient à leur tomber dessus par paquet. Gimli en réceptionna un du tranchant de sa lame, l'enfonçant profondément dans ses chairs et lui fracassant la cage thoracique. Le craquement écœurant qui en résulta fut couvert par les cris d'Elfes, fauchés par le cimeterre d'un immense Uruk-Hai.
La bataille avait commencé. Qu'un sang noir coule à flot et qu'il ne reste plus aucun de ces monstres encore debout au lever du soleil !
D'un bond, Luana se percha au sommet des créneaux, percutant un Uruk de plein fouet et le précipitant dans le vide. Elle se rattrapa in extremis à l'échelle la plus proche. Resserrant sa prise, elle se laissa emporter par son élan, décrivit un bel arc de cercle, décochant au passage un coup de pied à l'homme agrippé aux barreaux. Un Homme… Elle savait que sa chute lui serait mortelle, mais elle préféra ne pas y penser, le courant de son propre pouvoir l'entraînant déjà vers son prochain adversaire. Elle se rétablit de l'autre côté de l'échelle pour aussitôt tomber sur le dos d'un Uruk-Hai, ses deux lames plongées dans l'interstice du cou, pointes vers le bas.
Elle chuta avec lui en avant, manquant de passer par-dessus bord et s'écraser dans la cour, mais d'une roulade, parvint à éviter la chute et à libérer ses lames d'un même mouvement.
En se relevant, elle capta l'image d'Aragorn et Haldir luttant près l'un de l'autre, tuant à tour de bras. Derrière elle, elle percevait la respiration rauque et excitée de Gimli. Nul doute que Legolas et Lindoïlin veillaient l'un sur l'autre.
Mais leurs rangs s'éclaircissaient drastiquement sur les remparts. Luana resta un instant figée devant le spectacle d'un Uruk-Hai qui asséna un coup de son cimeterre sur la face d'un Elfe. Celui-ci fit volte-face sous la force du coup, lui dévoilant son visage empreint de surprise alors que le sang jaillissait de la profonde entaille qui le barrait de son œil crevé jusqu'au menton.
- Legolas, Luana ! Et de deux ! éructa Gimli tout joyeux.
L'appel l'emplit de joie, la fit réagir enfin. D'un pas de flamenco sur le côté, elle esquiva un ennemi et plongea une lame entre les côtes.
- Quatre ! hurla-t-elle en réponse.
Si elle se laissait atteindre par l'horreur de la situation, elle allait mourir. Il était temps de jouer et de danser ! De laisser le pouvoir et son instinct totalement prendre le dessus !
- Et moi j'en suis à dix-sept ! s'enthousiasma Legolas, tout fier de lui en zigouillant au passage un Uruk. Dix-huit !
Lindoïlin parut au moins aussi surprise que Luana de voir le prince de Mirkwood enter dans ce genre de jeu. Et surtout, y prendre plaisir et s'amuser. Il détestait la guerre, il le lui avait dit. Il détestait tuer. Mais elle comprenait. Lui aussi avait besoin d'ignorer la signification de son acte chaque fois qu'il prenait une vie. Lui aussi avait besoin de transformer cette tuerie en quelque chose de moins macabre. Sans quoi il deviendrait fou, la culpabilité l'accompagnant dans son immortalité. Sans doute était-ce pour cela que contrairement à la demoiselle de la Lorien, elle n'était pas choquée.
- Rha ! Je ne laisserai pas d'oreille pointue me dépasser !
Et il envoya sa hache entre les cuisses d'un Uruk-Hai perché sur une échelle, avant de l'achever en lui fracassant la colonne vertébrale une fois à terre.
- Gimli, le nutshot c'est pas fairplay ! s'écria Luana après avoir projeté dans le vide un second homme d'une petite figure de hip hop. Et Legolas vous trichez ! On n'avait pas d'arc, vous avez fait un faux départ !
Quand elle se retourna vers lui, elle le vit avec le dit arc entre les mains, dégommant un Uruk-Hai avant qu'il n'ait le temps de lâcher l'échelle.
- Dix-neuf !
… ok, il ne l'avait pas écoutée… Elle allait lui montrer !
S'élançant sur le créneau en lui passant devant, elle se jeta d'un bond sur l'échelle qui se dressait toujours droite, posant les pieds sur le dernier échelon. En équilibre précaire, elle envoya l'adversaire juste sous elle valser d'un coup de pied, sans plus se soucier de s'il s'agissait d'un homme ou d'un Uruk-Hai. La fragile stabilité qui leur permettait encore tous de tenir en l'air commença à vaciller. Elle la rompit définitivement en se propulsant en arrière, poussant sur ses pieds aussi fort qu'elle le put pour faire partir l'échelle de l'autre côté. D'un salto, elle parvint de justesse à se rétablir sur la pierre ferme. Une fois stable, elle admira son œuvre : dans une belle cacophonie de cris et de craquements, l'échelle s'écrasa sur la foule d'adversaire en dessous !
- Strike ! cria-t-elle fièrement en toisant l'Elfe.
Mais elle n'eut pas le temps de savourer sa victoire. Une lame vint se glisser sournoisement vers ses côtes. Elle eut le réflexe de reculer, malgré le fait que ses pieds se trouvaient déjà au bord du vide, manquant chuter. Cela n'empêcha pas l'acier de lui mordre les chairs et de frotter l'os.
Dans un cri de rage et de douleur, elle alla envoyer dans l'au-delà son agresseur d'une lame entre les deux yeux, avant de sauter sur le chemin de ronde, une main sur son flanc. Déjà elle vit Legolas et Lindoïlin regarder sa palie avec insistance, tous deux près à lui porter secours.
- Pas le temps !
Elle leur tourna le dos et se força à ignorer la douleur, qui déjà commençait à refluer, repartant au combat. D'autres coups lui furent portés, tous plus ou moins esquivés. Sa peau commença à se couvrir de rouge et de noir, son sang frais se mêlant à ceux qu'elle abattait sans plus aucune pitié. La pluie avait cessé, n'emportant plus avec elle l'hémoglobine. Ses vêtements étaient en lambeaux. Elle arracha subitement sa veste de cuir, l'envoyant aux visages de ses assaillants.
Elle entendait quelque part Gimli énumérer chacune de ses victimes. Après l'échelle, elle avait perdu le compte. Mais elle devait bien en être à une vingtaine… plus que plus !
Elle entendit aussi le cri d'Aragorn et les ordres qu'il hurla. Mais lorsqu'elle vit qu'il s'agissait de la rampe, sur laquelle montait une colonne d'hommes protégés de boucliers, qui montaient vers la porte deux épais troncs d'arbre en guise de bélier, elle se détourna et reprit ses combats. Elle était trop loin. Elle laissait ce job aux Elfes.
C'est alors qu'une odeur qu'elle n'aurait jamais cru retrouver ici vint lui piquer les narines. Par-dessous l'odeur de sang, de boyaux percés répandant leur substance sur la pierre, de chair putride des Uruk-Hai, de la mort, il y avait… une odeur qui lui rappelait les feux d'artifices et les pétards. Une odeur de poudre !
Après avoir achevé son Uruk-Hai, elle se tourna vivement vers la plaine. Là ! Il y en avait qui s'activaient à transporter une énorme boule à pointe faite de métal… et emplie de poudre à canon. Elle n'eut pas le temps de comprendre que déjà ils disparaissaient sous le mur d'enceinte dans… ¡ Oh madre de dios ! Le caniveau qui permettait à l'eau de circuler dans le gouffre !
L'odeur du feu lui fit relever brusquement le regard, et elle vit avec horreur le plus grand et le plus costaud des Uruk-Hai qu'elle ait jamais croisé, courir droit vers la faille tel un champion olympique, un flambeau de feu vif et blanc brandit d'une main.
- BOOOOOOMBE ! Hurla-t-elle à la cantonade.
Elle crut un instant que nul ne l'avait entendue, que nul n'avait perçu le danger. Jusqu'à ce que la voix d'Aragorn s'élève et qu'elle ne voit Legolas viser le porteur de flambeau.
Lorsqu'elle vit la première flèche se planter dans ses chairs, l'espoir l'emplit. Lorsqu'elle le vit chanceler mais continuer sa course, elle sentit son cœur manquer un battement. Lorsqu'elle vit la seconde flèche se planter dans ses chairs à nouveau, elle sut que c'était inutile.
- Fuyez ! hurla-t-elle en se mettant à courir.
Elle se précipita sur Aragorn, le plus proche du caniveau. Elle n'eut pas le temps de l'atteindre, le sol volant brusquement en éclat sous ses pieds dans une déflagration fantastique.
Étendue sur le ventre, elle eut conscience d'avoir mal. Mais était incapable de dire où, et avec quelle intensité. Elle avait conscience d'avoir mal, mais tout son corps semblait pris dans une toile d'araignée cotonneuse. Elle souleva légèrement la tête, ne parvenant pas à aller plus haut que quelques centimètres. Sa joue baignait dans la boue. Elle sentait la fange lui tapisser les lèvres, la bouche et le nez. Un bourdonnement sourd lui emplissait les oreilles, étouffant les autres sons, tandis que sa vue n'était qu'un brouillard épais d'ombre et de lumière. Le sang qui coulait dans ses yeux n'arrangeait rien. C'était comme dans les films, lorsque le héros était étourdi par une bombe qui avait explosé trop près de lui. Mais ce n'était pas un film. Une bombe avait explosé à quelques mètres sous elle. Était-elle encore en vie ? Le pouvait-elle vraiment après ça ?
Glissant tant bien que mal une jambe sous son torse, elle tenta de se relever, mais tout ce qu'elle put faire en s'effondrant fut de pousser un hurlement de douleur.
La souffrance pure et dure lui déchira les chairs et le cocon apathique qui l'emprisonnait. Son bras… elle pouvait y voir un éclat blanc. Pas celui de sa peau, trop sale et couverte de sang pour qu'on en devine encore la couleur. Non, c'était le blanc transperçant d'un os.
Hagarde, elle découvrit son bras raccourci de plusieurs centimètres, le cubitus et le radius… ressortant juste sous le coude, brisés. Elle considéra son bras, et la souffrance se fit brusquement plus intense, maintenant qu'elle prenait pleinement connaissance de son origine. Incapable de se retenir plus longtemps, elle hurla de douleur et de terreur, se pliant en deux pour tenter de protéger son bras meurtris.
Et à sa plus grande horreur, elle vit ses chairs se refermer et cicatriser autour des os rompus. Son bras était en train de guérir, mais sans avoir été remis en place… elle resta figée, le souffle haletant et saccadé, cette fois incapable d'émettre un seul son, la douleur s'effaçant. Les larmes coulaient sur ses joues sans que les sanglots ne puissent sortir de sa gorge.
- Khazâd ! Khazâd ai-mênou !
Le cri de guerre et la voix rocailleuse de Gimli la sortirent brusquement de son cauchemar. Elle eut tout juste le temps de le voir sauter de la muraille déchiquetée sur la horde qui s'engouffrait par la brèche pour protéger Aragorn, étourdi par l'explosion…
- Gimli ! appela-t-elle en vain.
Elle vit le brave Nain lutter contre des ennemis deux fois plus grands que lui, alors que l'eau de la marre dans laquelle tous pataugeaient lui arrivait à la taille.
Lorsqu'elle le vit disparaitre brusquement sous la surface, repoussé par un Uruk-Hai, son sang se glaça.
« Nana ! Aide-moi ! » Implora-t-elle désespérément. Non, elle ne pouvait pas le laisser mourir aussi bêtement ! Gimli, mourir noyé ? Non ! Elle ne pouvait pas rester là, inerte et incapable de bouger alors que chacun de ses amis pouvait mourir à chaque instant.
« Je ne peux pas me battre avec une patte en moins. Je n'aurais pas assez d'équilibre et nous ferions une cible facile… »
« Mais on ne peut pas… »
« Laisse toi emporter par l'instinct. Bats-toi sans plus penser à quoi que ce soit. C'est ta seule chance de survivre et de sauver ceux que tu aimes ! Ne retiens rien !»
Elle assista, impuissante, à la contre-attaque des Elfes, dont tout un commando tira une volée de flèches sous les ordres d'Aragorn. Elle les vit, tétanisée et incapable de faire quoique ce soit, se préparait à charger.
« Ok, ok, ok, ok ! » hurla-t-elle en arrachant brusquement le lambeau pendant de sa manche, avant de se faire une écharpe de fortune, plaquant son bras inutile contre elle. Si elle devait se donner à fond, autant qu'il ne reste pas dans le passage !
Une vague de force et de courage monta du tréfonds de sa conscience, de la limite ténue du subconscient où était enfermée Naurofána. Elle remonta le couloir qui les unissait comme la lave remonte le conduit d'un volcan pour s'élever vers le ciel dans une gerbe brûlante et dévastatrice. Lorsqu'elle atteignit la surface de son être, elle éclata dans un rugissement bestial, se répandant comme de l'or en fusion dans les yeux de la Nauro.
D'un bond, elle se mêla à la charge des Elfes et se jeta au combat.
Il était là, elle le sentait. Ce besoin de tuer presque sensuel. Cet appel de la chair à trancher et lacérer. Cette pulsion soufflée par son instinct primaire. Mais Eros n'était pas de la partie. Seul Thanatos était là, lui soufflant de tuer, massacrer à tour de bras. Payer le tribut qui lui était dû.
Non pas par faim. La viande putréfiée des Uruk-Hai n'était pas une chair assez tendre et goûteuse pour elle. Elle était trop infecte et vulgaire pour éveiller ses appétits. Il lui fallait quelque chose de savoureux, de doux et fort à la fois. Et bien que l'odeur de la chair humaine, musquée, mélangée à celle parfumée des elfes, délectable et enivrante, elle savait qu'elle ne pourrait y goûter.
Ce n'était pas pour se nourrir qu'elle tuait. C'était pour survivre. Pour protéger les siens. Protéger sa meute !
Face à leur charge, les Uruk-Hai freinèrent et brandirent devant eux leurs piques. Elle vit un Elfe se faire pitoyablement embrocher comme un vulgaire poulet. La pointe d'acier qui la visa droit sur le cœur, elle l'esquiva d'un bond de côté, sa main valide se refermant sur la hampe tandis que ses pieds allaient à la rencontre d'un casque. L'acier ne céda pas sous le coup. La nuque en revanche n'eut pas cette résistance lorsque la tête partit brusquement en arrière.
Dès lors que ses pieds eurent touché terre, sa lame jaillit du bracelet tel un rayon de lune. Dans un grondement de tonnerre, la Nauro entama une valse avec la mort, laissant Thanatos pleinement et totalement guider son bras. Les pas de danse s'enchaînaient.
Droite, gauche, droite. Elle esquivait la lame rouillée d'une vieille épée. Gauche, droite, gauche. Elle plantait la sienne dans une gorge humaine. Droite, gauche, droite. Elle laissait un Uruk-Hai charger tel un taureau et la manquer. Gauche, droite, gauche. Elle saisissait la hampe de sa lance pour la tirer en arrière, la faisant glisser entre ses doigts épais et sales, et le poignarder dans le dos de son arme.
Elle ne voyait que cela, les pas d'une valse à trois temps. Un temps pour esquiver, un temps pour souffler, un temps pour tuer.
Et ses partenaires d'une danse se succédèrent devant elle, cavaliers non souhaités qu'elle abandonnait à l'état de cadavres dans son sillage. Et elle continua de danser, de trancher, d'égorger, de transpercer et de tuer encore et encore, enivrée par le tourbillon de cette mélodie mortuaire qu'elle seule entendait. Ils l'avaient effrayée plus tôt par leur marche macabre brutale, elle ne faisait que leur rendre la pareille avec plus de finesse.
Jusqu'à ce qu'un cri résonne, se répercutant et se répandant parmi les combattants. Un bras la saisit pour la tirer hors du combat, brisant le bal. Ses yeux dorés se posèrent enfin sur Aragorn, et elle n'eut pas à réfléchir. Tuant son dernier adversaire, elle suivit le mouvement des troupes qui toutes se dirigeaient en courant vers l'escalier qui montait au bastion. Elle vit Legolas et un Galadhrim porter un Gimli mécontent qu'on le tire hors du champ de bataille. Elle les suivit, sans que ses yeux ne cessent de chercher après Aragorn dans la basse-cour. Elle le trouva qui luttait avec une dernière bande d'Uruk, aidé de quelques Elfes, battant peu à peu en retraite.
Des elfes postés sur la muraille du fort abattaient à tour de bras les Uruk-Hai et les montagnards qui osaient s'aventurer sur les marches de pierre, mais leurs flèches ne suffisaient pas à tarir le flot grandissant qui commençait à les submerger. Rapidement, cette dernière barrière de résistance finit par rompre, courant se mettre à l'abri du bastion.
Luana était restée sur le seuil de la poterne, attendant que chacun soit en sécurité. Elle avait trouvé un petit cadeau pour accueillir les assaillants, en bonne hôte qu'elle était. Ils aimaient jouer avec le feu ?
Lorsqu'Aragorn franchit enfin la porte, il stoppa un instant et lui lança un regard intrigué. Avec un sourire, elle alluma à l'aide d'une torche la mèche de tissu grossier, faite avec le dernier lambeau de manche qu'il lui restait. Avant de laisser rouler dans les escaliers le petit tonnelet d'huile qu'elle avait trouvé dans un coin pas loin. Il y en avait d'autres, mais elle n'avait pas eu le temps de les préparer et les amener avec un seul bras aurait été difficile. Le tonnelet ne dévia pas et le bois résista suffisamment longtemps aux chocs pour éclater suffisamment près des Uruk-Hai qui chargèrent dans les escaliers comme des bourrins. Ils se retrouvèrent aspergés pour la plupart d'huile enflammée.
- Chez moi, on appelle ça un cocktail Molotov, décréta la Nauro avec une certaine satisfaction malsaine.
Elle ramena tant bien que mal un autre tonnelet, avant de l'envoyer rouler d'un coup de pied. Aragorn lui tapota rapidement l'épaule avant de repartir. Elle recula à son tour pour laisser les Rohirrims fermer les portes. Mais elle savait que jamais elles ne tiendraient…
Alors que la majeure partie des combattants s'en allait vers la porte principale, qui aux craquements et aux cris succombait sous les coups du bélier, elle resta là et se laisse glisser contre le mur de pierre froide, à bout de souffle. Malgré la cicatrisation et sa régénération, son bras fracturé lui faisait mal à chaque mouvement. Les bords affilés des os brisés lui blessaient les chairs et ses muscles tiraient désespérément pour tenter de remettre les os en place. Elle pouvait à peine bouger les doigts à cause de la crispation.
Et la fureur de l'instinct venait de la quitter, la laissant sans force. Elle n'en pouvait plus. Son corps tremblait après l'effort, ses poumons lui brûlaient. En transe, elle ne s'était pas rendu-compte d'à quel point le pouvoir avait sollicité chaque fibre de son être… Et à quel point son bras lui faisait mal.
Brusquement, la porte à côté d'elle commença à trembler sur ses gonds. Le feu ne les avait pas retenu longtemps… ils ne tarderaient pas à entrer.
« Nana… plus. S'il te plait. Donne-moi encore… un peu de force. »
« Je ne peux pas. Pas sous cette forme. Cesse le combat et va te mettre à l'abri. C'est la chose que nous pouvons faire dans cet état. »
¡ Mierda ! Et puis quoi encore ? Elle n'allait pas aller se planquer et rester là sans rien faire !
Elle devait… elle devait…
« Tu dois aller là où tu ne seras pas un poids pour les autres. Dans ton état, tu ne seras qu'un handicap pour eux. »
… merci Naurofána. Elle savait quoi dire pour la faire réagir. Même si ça pouvait être blessant.
Lentement, elle se remit tant bien que mal sur ses pieds tandis que la porte tremblait de plus en plus. Elle allait céder… Elle marcha le plus vite qu'elle put, passant par les passages étroits et labyrinthiques qui menaient jusqu'à la haute-court du bastion, juste devant les portes de la place forte. Mais elle en était encore loin lorsqu'elle entendit des cris retentirent devant elle.
- Repliez-vous ! Repliez-vous ! Ils ont fait une percée ! Il faut battre en retraite !
¡ Hostia ! Elle accéléra le pas, et alors qu'elle arrivait sur la place… une bande d'Uruk-Hai lui barra brusquement le passage. Elle était dans un coin reculé et sombre, et pouvait voir de l'autre côté ses compagnons de combats lutter eux-mêmes pour leur vie. Elle n'eut pas le temps de réagir. L'un d'eux vociféra un ordre incompréhensible, et tous se jetèrent sur elle.
L'un planta sa lame dans la paume pour l'immobiliser, ses doigts se refermant sur son poing. Un autre lui saisit les jambes et les tira en avant, l'étalant de tout son long sur le dos, lui coupant le souffle et l'assommant presque. Un troisième lui saisit brusquement son bras blessé.
Elle poussa un hurlement de douleur lorsqu'elle sentit les os craquer de nouveau. Hurlement qui se transforma brusquement en rugissement féroce, le cri d'un loup s'élevant haut dans le ciel. D'un coup de crocs, Naurofána brisa l'échine de celui qui s'en prenait à sa patte blessée avant de ruer, repoussant les Uruk-Hai. Mais avant qu'elle ne puisse se redresser tout à fait, une lance lui transperça la cuisse, le fer se brisa et resta fiché dans les chairs, la faisant flancher et déraper sur la pierre.
Malgré la souffrance, elle parvint à se remettre sur patte et arracha le bras coupable. Ses crocs claquèrent, une bave ensanglantée lui dégoulinant des babines. Elle gronda, mais elle était encerclée, acculée contre le mur de pierre. Des cimeterres s'abattirent de toute part. Elle les repoussa comme elle put. Son museau de retrouva lacéré, une oreille eut la pointe tranchée.
Dans un glapissement de douleur, elle ne put éviter l'épée qui se glissa dans son flanc et vint lui transpercer le ventre. Ses jambes la lâchèrent brusquement. Vaincue, la louve blanche regarda en grondant ses ennemis s'approcher, impuissante.
Le lien se rompit soudain, et Luana se retrouva face contre terre, crachant du sang et la face ensanglantée. Ses yeux de nouveaux argentés et embués de larmes fixaient les Uruk-Hai avec haine et fureur. Mais lorsque l'un d'eux se pencha pour lui prendre les cheveux à pleine main et la soulever de terre, lui arrachant un cri, elle ne put rien faire.
Elle sentait son sang s'écouler d'elle. Elle sentait que la lame avait touché un organe vital en son ventre. Elle ne se régénérait pas assez vite. Elle se sentait presque partir. Ses paupières commencèrent à se faire lourdes, la forçant à lutter pour rester éveillée. Elle allait mourir. Elle le savait. Mais la rage la poussa à lutter encore, lui faisant cracher au visage de l'Uruk.
Quitte à mourir, autant affronter la mort en face…
- Hallomere !
Elle perçut une ombre au-dessus d'elle, tombant du mur contre lequel elle était acculée. Mais sans doute rêvait-elle. Oui, elle devait déjà être à moitié morte. Sans quoi elle ne verrait pas Elden, juché sur un large bouclier marqué de la Main Blanche, s'écraser sur plusieurs Uruk-Hai, comme un surfer qui appréhenderait une vague.
Elle sentit les doigts relâcher ses cheveux, avant qu'elle ne tombe face contre terre. Malgré les larmes qui lui embrumaient la vue, elle parvint à voir tant bien que mal, Elden qui combattait la horde d'Uruk aux côtés d'un homme grand et aux larges épaules.
Si elle n'avait pas aussi mal, elle croirait vraiment être morte. Elden ne pouvait pas être là à se battre pour la protéger. Et moins encore après avoir surfer sur des tronches d'Uruk.
- Elden ! Occupe-toi d'elle !
Aussitôt, le jeune Rohirrims fut sur elle. Il la retourna sur le dos, le regard horrifié face à ses blessures. Il arracha un bout de sa cape et le pressant contre son ventre, lui fit poser sa main valide pour le tenir en place, avant de passer un bras sous ses jambes et dans son dos, calant sa tête au creux de son épaule.
- D'où… d'où est-ce que… tu sors un tour pareil l'Acrobate ? fut tout ce qu'elle trouva à dire.
- Je n'ai fait qu'observer le Seigneur Legolas, répliqua-t-il d'une voix tendue, mais qu'il voulut fière et amusée.
- Lego… Legolas a fait du surf… sur un bouclier ? Me dis pas que j'ai loupé ça…
- Hélas si…
- Elden !
Aussitôt, il reprit son sérieux et la souleva de terre. L'homme les mena tous deux à travers la cours, leur taillant un chemin à coup d'épée, jusqu'aux portes que les rescapés commençaient à refermer. Ils plongèrent dans l'obscurité d'un couloir, et elle reconnut le chemin qui menait à la salle du trône. Une fois-là, Elden l'étendit sur une table, retirant la compresse de fortune pour examiner la plaie qui ne s'était toujours pas résorbée et qui laissait s'échapper son sang et autre chose en abondance. Son beau visage, en partie masqué par le sang qui tâchait sa fine barbe blonde, se décomposa.
- Père ! Elle est gravement blessée ! s'écria-t-il à l'adresse de l'inconnu.
Mouhahahaha ! XP
Notre chère Nauro n'est pas dans son assiette et c'est clair qu'elle et mal barrée avec son bras X3
Alors, que va-t-il arriver ? Qui va mourir ? Oui je suis sadique, oui j'aime vous faire mariner dans votre jus... Mais c'est pour ça que vous en redemandez non ? ;3
Réponses aux guest :
Kayla : Encore merci pour ton intervention si posée et si intelligente ! Mais héla, on ne peut résonner un troll. Prochaine fois, je ne me ferai plus avoir x) Merci pour tout =)
Waina : Heureuse de savoir que ça te plait toujours malgré l'attente ^^ Oui tu en fais partie, mais si vous promettez de vous calmer tes amies et toi, c'est pardonné ) Et pourtant, la gifle est tellement prévisible à ce moment-là, entre la tension et Luana qui tire toujours plus sur la patience d'Aragorn ) C'est tout à fait ça ! ^^
Merci pour ta review et ta fidélité =)
Namarien : Ça me fait plaisir de savoir que tu aimes Naurofána et Luana ! =D Mais c'est son côté aveugle qui permet d'avoir des situations un peu tendues et drôle P J'espère que cette Bataille du Gouffre de Helm sera à la hauteur de tes attentes ) Merci pour ta review ^^
Tsuki : Tu radote mais c'est pas grave, je t'en veux pas au contraire P Haldir… Hum… A voir XP Oh alors pour le sauvetage, j'ai hâte d'avoir tes réactions =P Tu veux qu'on oublie Aragorn ? :o Et tu souhaites la survie de Lindoïlin !? oO C'est bien la première fois que je lis ça ! XD
En tout cas merci pour tes reviews, elles m'ont bien fait rire ^^ A la prochaine )
