Chapitre 11 : La chaleur de Noël
Ils étaient tous là! Elle n'en revenait pas, ils l'attendaient à la gare. Ses valises en main déjà, impatiente, elle bondit du marche pied et se précipita à leur rencontre. Sirius sourit en la voyant si vive sous le regard amusé de Remus. L'instant d'après et pour le plus grand plaisir d'Hermione, elle les étreignait tous. Sirius ne pu s'empêcher de lui mettre les cheveux encore plus en bataille, à son plus grand désespoir, car c'était un sujet...douloureux pour la jeune fille. Pourquoi n'avait-elle pas les cheveux raides et soyeux de son soi-disant père? Elle soupira devant tant d'injustice et leur sourit, toute à sa joie de les retrouver. Après ce petit moment de retrouvailles, la petite troupe décida enfin de se mettre en marche, une atmosphère pleine de gaieté dans leur sillage.
« Alors comment va ma fille chérie et adorée?
- Et comment va mon si honorable père?
- Brrr, arrêtes ça tout de suite, je me sens vieux!
- Pff dinosaure!
- Tu vas voir ce qu'il te dit le dinosaure, petite insolente. »
Sitôt dit, sitôt fait un énorme chien apparut et se posta devant Hermione, ses tristes yeux humides scrutant les siens dans un regard à faire fondre la glace la plus dure.
« Tricheur! Comment tu veux que je sois une adolescente qui pourrisse la vie à son père, comme toute bonne adolescente, si tu me regardes avec ces yeux là? Allez mon petit papa que j'aime, ne fais pas la tête..., fit mine de supplier Hermione en grattouillant le chien qui les suivait maintenant en agitant la queue, fier de sa victoire. »
Sirius avait beau avoir 38 ans elle n'arrivait pas à le voir comme un adulte. Ils se comportaient évidemment comme un père et sa fille devant les autres mais depuis le début cela n'avait, elle pensait, que prétexte à un jeu entre eux deux, dont ils étaient les seuls au courant. Elle du courser Patmol pendant le reste du trajet. En effet, Sirius s'était découvert une passion subite pour son élastique à cheveu qu'il avait réussi à subtiliser et qu'elle essayait de récupérer vainement, ses long cheveux flottant en étendard. Sirius gagna et ils ne s'arrêtèrent qu'après vingt minutes de marche pour rentrer chez eux.
Elle retrouva square Grimmaurd et s'engouffra, heureuse de sa douce chaleur, dans le hall, les joues rougies par la course improvisée dans le froid. Et si elle se faisait une tasse de chocolat chaud?
Sirius la suivait, heureux lui aussi. Elle était si pleine de vitalité! Il avait de la chance de l'avoir comme fille! Elle avait pris, il le savait depuis déjà un bout de temps, une place grandissante dans sa vie malgré l'éloignement. Peut être était-ce plutôt à cause de l'éloignement. Esseulés, ils n'avaient pas eu le temps de définir leur routine que déjà, ils étaient séparés. Il aimait leur correspondance, comme il aimait l'attendre. Il parlait de sa fille avec ses collègues du ministère et c'était avec fierté qu'il lui arrivait de leur répondre: « oh, Hermione? elle... ».
Remus et Tonks arrivèrent les derniers, distancés par la course, contents de voir la famille réunie. Remus jeta un coup d'œil à Hermione et Sirius qui se chamaillaient pour le reste de chocolat en poudre. Ces deux-là avaient une relation dont il ne saisissait pas tous les aspects. Ses sens de loup le lui confirmaient : ils étaient tellement proches!
L'arrivée d'Hermione avait été aussi soudaine que l'éclair! Quand elle était là, Sirius retrouvait, pour son vieil ami, l'air de l'adolescent qu'il avait été. Les fantômes d'Azcaban ne se montraient pas et son regard était plus franc. Il serait éternellement redevable à cette jeune femme qui lui était apparut un après midi d'été aux côtés d'un Sirius rayonnant et transfiguré. Quand son regard accrocha celui de Tonks, il comprit qu'elle partageait ses pensées et était heureuse pour son cousin.
Il était avec la femme qu'il aimait et son meilleur ami, il ne lui manquait rien. Pourquoi se poser plus de questions? Ils étaient simplement heureux d'être ensemble.
Hermione leva la plume de son journal, le posa sur son bureau et se glissa dans son lit. La journée de demain serait longue. Les vacances passaient vite, trop vite...
« Debout c'est Noël! Allez, on se lève et on vient ouvrir ses cadeaux!
- Mais Patmol!
- Sirius!
- Papa! »
Le coussin vola en direction du malotru qui avait eu l'audace de la réveiller à 7 heures du matin un 25 décembre. Par Merlin ils s'étaient couchés à 5h et il était déjà debout! Elle allait le tuer! Elle grogna et tenta de se lever mais une masse de poil bruns l'en empêcha. Elle rigola et renonça à se lever. Hermione le prit dans ses bras et le grattouillant, un petit sourire en coin sur les lèvres elle attrapa le verre d'eau sur sa table de chevet, et le renversa sur le pauvre chien qui lança un jappement désapprobateur et s'ébroua:
« C'était pour nous avoir réveillé trop tôt boule de poil, fit mine de soupirer Hermione, bon puisque tout le monde est réveillé, on pourrait peut être ouvrir les cadeaux...
Elle avait prononcé les mots magiques. Patmol sauta immédiatement du lit et la tira par le bas de son pyjama.
- J'arrive, j'arrive, répliqua elle en riant. »
Remus et Tonks les attendaient tous autour du sapin, couvert d'un tel monticule de cadeaux qu'il semblait disparaître dessous. Sirius fut bien sur le premier à ouvrir ses cadeaux. Puis se fut le tour d'Hermione. Elle décida d'ouvrir d'abord celui de Sirius qui semblait à bout de patience. Elle découvrit une petite balle en verre. Elle fronça les sourcils: a quoi pourrait-elle bien servir?
« C'est une balle à souvenir, Hermione. Quand tu veux fixer un souvenir, tu te concentres sur celui -ci et tu penses « memoram ». Il entrera dedans et il te suffira de la tenir dans tes mains pour revoir ce souvenir.
- merci papa, merci! »
Elle lui sauta dans les bras. Quel merveilleux cadeau! Elle allait déjà y mettre les bons souvenirs de sa vie d'avant, mais aussi tous ceux qu'elle avait vécu avec Sirius. C'était mieux que son journal! Tout ce qu'elle y avait écrit semblait si figé, si définitif, comme si la mort qu'elle avait repoussé sans le vouloir rôdait encore. Une embrassade plus tard, elle se tourna vers les autres cadeaux. Sirius la regarda d'un air attendrit et croisa le regard scrutateur de Remus.
« Tu as l'air bizarre, Lunard, quelque chose te tracasse?
- Pat', ne le prends pas mal s'il te plait mais ta fille à 19 ans, à cet âge là on ne fait plus de câlin à son père. Elle est en petite tenue!
Siruis rougit en pensant à Hermione en petite tenue.
- Enfin que crois-tu, Lunard c'est ma fille!, lui fit remarqué Sirius outré.
Remus haussa les épaules en signe de paix.
- Que veux-tu, votre expansivité à tous les deux m'étonnera toujours. »
A midi, les Weasley arrivèrent pour partager une deuxième dinde de Noël et ouvrir les cadeaux que les deux familles avaient échangés. Hermione avait découvert avec surprise que c'était une tradition que Molly avait instaurée depuis la libération définitive de Sirius.
C'est Ginny qui commença à ouvrir ses cadeaux en première avec Fred et George. Pour une raison connu de lui seul, Ron avait l'air pensif. Hermione avait remarqué que c'était généralement le cas quand elle était proche de lui mais cette fois-ci la journée était à la fête et elle voulait avant tout savoir quels cadeaux pouvaient bien avoir reçu Ginny.
Le paquet qu'elle attrapa était plat et peu épais. Un livre peut-être? Elle déchira le papier cadeau et découvrir un petit carnet noir, de toute simplicité, accompagnée d'une lettre qui disait ' A la plus belle et la plus obtuse des lionnes. Bon noël'. Elle allait l'ouvrir quand Hermione le reconnu.
« Lâches ça!
Une masse de cheveux châtains la percuta et Ginny sentit le petit carnet qu'elle venait de déballer lui être arraché des mains.
- Mais enfin, Hermione! Tu es folle! »
Hermione courut à l'étage pour aller s'enfermer dans sa chambre. Elle était en proie à la panique la plus totale. Sirius fronça les sourcils, qu'est ce qui n'allait pas avec sa fille?
« Ne bougez pas, j'y vais. »
Il la trouva bien dans sa chambre et dû supplier pour qu'elle le laisse rentrer. Hermione pleurait, elle ne se contrôlait plus. Voyant Sirius, elle renifla et se calma. Elle n'aimait pas passer pour faible!
Cela faisait des mois qu'elle s'était appliqué à oublier le passé, C'était la seule manière qu'elle ait pour ne pas devenir folle. Alors pourquoi le passé devait-il ressurgir? Pourquoi fallait-il qu'elle se batte tout de même? Elle avait le droit d'être simplement heureuse, non? Elle ne voulait pas, non, elle ne voulait pas que les sombres événements qu'elle avait couchée sur son journal se répètent. Ils n'étaient pas et ne pouvaient être écrits à l'encre indélébile. Et Harry qui ne les aiderait pas. Les autres si innocents, si ignorants! C'était cela d'être l'élue, cette responsabilité qui vous broie le cœur, rend amère votre vie?
Elle sentit les bras de Sirius l'enlacer. Il la berça un long moment et elle sentit son corps se calmer. Même si elle ne le montrait pas elle était bien dans ses bras protecteurs qui lui promettaient une présence et un soutien sans faille.
Elle soupira, elle devait lui dire au moins à lui. Elle lui montra le coffret où elle avait mécaniquement mis le carnet qui avait rejoint le médaillon et l'ouvrit.
« Je sais que c'est fou mais ce carnet est dangereux.
- Pourquoi?
- C'est un horcruxe, un morceau de l'âme de Voldemort. Harry l'avait détruit en seconde année. Lucius en avait la garde. Ce carnet, c'est la mort en personne. »
Sirius tiqua en entendant Hermione mentionner son cousin par alliance.
- Pourquoi nous l'envoyer maintenant?
Hermione secoua la tête, elle avait l'impression de manquer quelque chose mais quoi?
- Il sait juste que le carnet sert à ouvrir la chambre des secrets. Il doit avoir eu des nouvelles de son maître, je pense, Hermione ricana, s'il a voulu lui prouver sa loyauté de cette façon on va rire parce que Voldemort n'aime pas qu'on traite son âme avec une telle désinvolture!
- Et le médaillon qu'est ce que c'est? »
