En avance d'un jour, j'ai le plaisir de vous souhaiter à tous ceux qui ont été très sages un joyeux Noël ! =D
Voici un petit cadeau ! J'espère que vous l'apprécierez ^^
Merci encore à tous pour vos reviews et votre soutien. Bientôt 200 Alerts... Wow ! oO
Vous portez cette fiction vraiment loin, merci à tous !
Et merci à Jade, sans qui il n'y aurait pas eu de chapitre pour Noël, pour sa correction express ^^
Et je fais vite fait ma pub (pas bieeeeeeen !) pour le petit OS écrit suite à un bon délire avec Eclipse1995 ^^
Si vous voulez voir ce que donne une geek en TdM, qui ne sait parler que le parler noir du Mordor,
jetez donc un œil à Usstan Uil Bwael ;)
Chapitre 48 : Autant de morts...
Nanyë tye…
Je suis celle qui n'a jamais était nommée.
Je suis celui dont le nom est tu à jamais.
Je suis celle qui a été rebaptisée.
Nalyë ni…
Je suis fille de celle qui la nuit éclaire.
Je suis la barrière qui scinde la lumière.
Je suis l'âme de la bête morte naguère.
I eäronllo sanarlyallo, tulenÿe…*
Cette noirceur et cette torpeur me dégoûtent.
Je savoure la crainte et profite des doutes.
Silence ou mensonge, chacun un peu plus me coûte.
Alors que les mots éclataient sous la voûte de la salle et sous son crâne en un écho lointain, le corps de Luana décida d'y répondre. Dans un sursaut, son ventre transpercé se crispa soudain. Elle sentit la bile lui remonter le long de la gorge. Mais le flot était trop important, la glaire trop épaisse. Elle l'étouffait, la faisait se tordre sous la quinte et la douleur, faisait jaillir son sang hors de son abdomen avec plus de force.
Un goût ferreux lui tapissa la langue et le palais, lui remonta dans le nez, lorsque le glaviot parvint enfin dans sa bouche. Dans un dernier soubresaut plus violent, elle cracha le caillot de sang en une gerbe rouge.
- Luana !
Des bras vinrent l'étreindre, lui donner un peu de chaleur tandis qu'elle sentait le froid, insidieux et pernicieux, se glisser en elle. Mais ils furent presqu'aussitôt repoussés par deux mains un peu rudes. Elle se crispa de douleur quand elles décolèrent de la plaie les tissus imbibés de sang, quand elles pressèrent les chairs déchirées, palpant, auscultant.
Ce n'était… ce n'était pas les mains d'Aragorn. Elles n'avaient pas ce toucher doux et précis. Elles, elles tâtonnaient, faisaient mal.
- Père… que peut-on faire ? supplia la voix d'Elden quelque part pas loin d'elle.
Elle ne le voyait pas. Elle ne voyait plus. Son champ de vision n'était plus qu'un brouillard opaque dans lequel dansaient quelques lueurs. Tout était si sombre autour d'elle…
« Nana. Je te sens plus. Nana, t'es où ? » Appela-t-elle intérieurement, ayant du mal à percevoir la présence de sa louve parmi ces ombres brumeuses et la douleur.
Les doigts qui examinaient la plaie lui arrachèrent un gémissement de souffrance, la ramenant un tant soit peu vers ce qui l'entourait sans qu'elle eut de réponse. Elle se retint tant bien que mal de se crisper et de crier. Elle se mordit la lèvre à sang, son poing valide chercha une prise à serrer. Elle sentit des doigts se glisser entre les siens. Des doigts fins mais calleux et rêches. Elden. Et les serra avec urgence, s'y accrochant comme à une bouée. Elle n'aurait pas dû mais elle avait besoin de le sentir, qu'il lui communique sa chaleur.
Et ces mains qui ne cessaient de lui faire mal en la touchant, c'était… les mains du père d'Elden. Elle le comprit enfin. Plus long à la détente… dur à faire. Elle n'arrivait plus à se concentrer. Ses pensées commençaient à lui échapper et à partir sur des chemins sinueux.
À quoi ressemblait-il, ce fameux papa ? Avait-il le même profil que son fils ? Avait-il ce petit côté décalé lui aussi ? Était-il aussi doux ? Une nouvelle pression lui répondit. Non, il n'était pas doux.
- Le foie est gravement touché, répliqua la voix autoritaire qu'elle identifiait enfin. Elle devrait être déjà morte avec pareille blessure.
- Elle est… spéciale…
… était-elle en train de rêver ? Si oui, par pitié, que le rêve ne se brise jamais. Il venait de dire qu'elle était spéciale. Non pas avec dégoût, crainte ou tout ce qu'il aurait dû ressentir, mais avec… tendresse. Avec une grande douceur et une affection chaleureuse malgré la douleur dans sa voix.
Elle était vraiment… en train de mourir ? Elle aurait dû se sentir soulagée d'être près d'Elden. Il semblait lui avoir pardonné ses mensonges. Il n'avait plus peur d'elle. Les choses allaient mieux entre eux, alors pourquoi ressentait-elle ce malaise ? Elle ne voulait pas être là devant lui en cet instant. Elle ne voulait pas être mourante sous ses yeux.
Mourir face à une bande d'Uruk-Hai répugnants lui semblait bien moins effrayant. Maintenant qu'il était là, elle était terrifiée à l'idée de trépasser. Elle ne voulait pas partir comme ça. Elle avait encore beaucoup de choses à faire avant de passer l'arme à gauche. Elle devait retrouver Frodon, Sam, Merry et Pippin. Elle devait encore s'excuser auprès d'Aragorn et peut-être aussi auprès de Legolas. Elle devait se venger. Elle devait tenir sa promesse envers Éric et visiter toute la Terre du Milieu pour lui.
Elle lutta pour retrouver ses esprits, tâcha de concentrer son énergie, sa lumière, vers la blessure de son ventre. Mais toutes ses forces étaient aspirées, elle ne savait où. Et Naurofána, si silencieuse, si soudainement inaccessible.
- Luana !
Elle cligna des yeux, tenta de percevoir une forme reconnaissable parmi les ombres. Elle ne vit rien. Sentit juste les doigts d'Elden être violemment arrachés à sa prise. Un contact plus frais vint lui caresser la main, chasser la chaleur du Rohirrim. Elle paniqua.
- Luana, je suis là.
Legolas ? Pourquoi était-il là ? Elden, où était-il ?
- Aragorn ! appela l'elfe, quelque part au-dessus d'elle.
Le parfum des sous-bois après la pluie l'enveloppa. Mais au lieu d'en ressentir du soulagement, de l'ivresse, elle n'eut qu'un haut-le-cœur qui l'amena à cracher plus de sang. Le sang, dont l'odeur couvrait tout, même le parfum de la forêt. Son odorat en était saturé. Son sang. Celui des hommes autour d'elle. D'autres blessés, des morts. Il y en avait d'autres, en nombre dans cette salle. Et le sang des Uruk-Hai. Plus infect encore. Pestilentiel et infâme. Elle avait envie de vomir. Son estomac se contracta violemment à plusieurs reprises. Elle tenta de se retenir. Elle n'avait pas la force de se pencher de côté pour vomir. Elle ne devait pas…
Le fiel lui brûla la gorge, lui emplit la bouche en emportant toujours plus d'hémoglobine avec lui.
- Écartez-vous !
Alors qu'elle s'étouffait, le contact frais sur sa main disparu. Une poigne chaude et ferme lui saisit les épaules et la mit d'autorité sur le côté. Un bruit d'aspersion précéda le relent âcre qui s'éleva dans l'air et se mêla aux autres odeurs immondes.
Elle avait froid. Legolas. Où était-il ? Et Elden ?
Là. Il était là. Il lui pressait les épaules alors qu'elle continuait de vomir malgré son estomac vide. Enfin le croyait-elle. Elle en doutait. Lui, parler au grand prince de Mirkwood de la sorte ? Non. Impossible.
Pourtant, lorsqu'elle se retrouva de nouveau étendue sur le dos, c'était bien sa silhouette qu'elle devina penchée sur elle, occultant le peu de lumière qu'elle percevait. Une seconde ombre vint se placer à sa droite, tandis que de nouveau, des mains venaient presser sa blessure. Cette fois-ci, elle ne se tendit pas. C'était le toucher sensible et délicat d'Aragorn. Elle le reconnaissait.
- Luana. Luana, m'entends-tu ?
Elle l'entendait. Elle l'entendait sans le voir et avec un écho si lointain qu'elle peinait à reconnaître sa voix. Elle devait faire un véritable effort pour comprendre qui parlait, qui disait quoi. Plus encore avec les bruits de course, d'agitation frénétique tout autour d'eux, les cris et les coups.
- Pourquoi ne guérit-elle pas ? Ses blessures auraient dû se refermer bien plus vite !
Ça, c'était Legolas.
- Aragorn ! Faites quelque chose !
Ah… Gimli était là aussi. Pourquoi fallait-il qu'il soit tous là alors qu'elle était si mal en point ?
- Je ne comprends pas…
Le murmure était presqu'imperceptible mais elle aurait juré que c'était Grand-Pas. Elle-même ne comprenait pas pourquoi elle ne guérissait pas. Elle avait déjà… connu pire comme blessure. Alors pourquoi là… ?
« … lune… »
Naurofána. C'était son grondement qui montait des tréfonds de l'inconscience. Pourquoi était-ce si étouffé ? Si essoufflé ? Malgré tous les efforts fait autour d'elle pour la garder éveillée, Luana ferma les yeux et plongea vers l'inconscient pour percevoir la voix de sa louve. Mais elle n'alla pas loin. La mer d'ombres qui les séparait semblait déborder tout autour d'elle, prête à emporter le pont qui les reliait. Naurofána… Elle devait pourtant la rejoindre. L'entendre.
Dans le couloir de lumière argentée résonnèrent des mots grondés avec urgence.
« … sans lune… cont… de… diri… bras. »
Quoi ? Que voulait-elle dire ?
« Remonte… ombres… dangereux ! »
L'appel se faisait de plus en plus pressant, impérieux alors que les vagues d'ombres enflaient et s'éclataient avec violence contre les marches et les arches luminescentes. Elle ne devait pas rester là. Elle devait remonter vers la surface, reprendre pleinement conscience.
Elle se sentit revenir en son corps, retrouvant la douleur et ses sensations.
- Ce n'est pas votre rôle de la protéger !
… elle avait manqué quelque chose ? Qui parlait là ? Legolas ?
- Je suis cavalier du Rohan. Mon rôle est de protéger quiconque en a besoin. À plus forte raison lorsqu'il s'agit d'une amie !
Elden ?
¡ Joder ! Legolas et Elden… étaient en train de se quereller. Elle entendait l'écho de leurs voix. Elle ne sentait plus la pression chaude et réconfortante des mains du Rohirrim, ni le contact frais de l'Elfe.
- J'ai fait le serment de veiller sur elle. Et nul Homme ne pourra me dégager de ma parole !
- Vous auriez préféré que je la laisse mourir en vous attendant ? Où étiez-vous quand elle était encerclée par les Uruk-Hai ?
- Et vous, où étiez-vous quand elle aurait eu besoin de votre amitié ? Vous l'avez fui, terrorisé par ce qu'elle est. Elle vous a sauvé, vous a offert sa confiance. Et vous, qu'avez-vous fait ? Vous ne méritez pas ses familiarités !
Elle hallucinait. C'était sûr et certain désormais. Ou alors elle confondait la voix de Legolas avec celle de Gimli. Il n'y avait que le Nain pour vraiment tenir ce genre de discours dans l'assemblée.
- La barbe tous les deux ! Si vous tenez tant à elle, aidez-nous plutôt que de vous chamailler comme des bonnes femmes !
Ah… dommage qu'Elden ne tenait pas un peu plus de son père pour ce qui était de la force de caractère. Fallait avouer, y avait pas mal d'autorité et de bon sens dans sa voix, sous la couche de fatigue, de tension et d'agacement qui couvrait le tout.
Elle tenta d'imaginer Elden parler de la sorte. Certes il était assez convaincant quand il s'énervait, mais son papa avait un truc en plus dans le ton…
¡ Hostia ! Elle commençait sérieusement à déraper. Elle avait un mal de chien à garder les idées claires, comme de rester éveillée. Elle se sentait partir de plus en plus vers l'inconscient. Mais elle savait que dans ce genre d'inconscient là, elle ne croiserait pas Naurofána. Elle était tellement fatiguée. Si fatiguée qu'elle n'en avait presque plus mal. Elle n'arrivait pas… à ouvrir les yeux… ouvrir…
Elle sentait toutes ses forces l'abandonner, aspirées par…
- Bras… souffla-t-elle d'une voix croassante et gargouillante, le sang lui obstruant la gorge.
Elle ne sut pas si les autres l'entendirent, une nouvelle toux violente lui fit cracher ses tripes. Lorsqu'enfin elle parvint à se calmer et retomba sur le banc, elle se sentait définitivement partir. La mer d'ombres l'attirait inexorablement.
Elle sentait bien qu'on s'activait autour d'elle, elle sentait qu'on la touchait, la déplaçait légèrement. Elle aurait aussi bien pu être une poupée de chiffon. Seuls le poids et le sang la différenciaient d'une marionnette inerte.
Ce ne fut que lorsqu'un cri éclata dans la salle, que la douleur lui dévora le bras, qu'elle comprit ce qui se passait. Les mains qu'elle sentait sur elle étaient là pour l'empêcher de se débattre. Malgré tout, dans le brouillard et le délire de la souffrance, elle rua, hurla. L'adrénaline dans ses veines lui éclaircit les idées et la vision. Suffisamment pour voir le couteau se glisser sous les os qui lui transperçaient les chairs. D'un coup sec et net, il fit sauter les cales osseux qui s'étaient formés sur la fracture, lui arrachant un nouveau cri.
Cri qui se transforma en hurlement lorsque dans un claquement, on tira violemment sur son bras. Les os rentrèrent sous la peau. Mais ce n'était pas fini. Sans une seule seconde d'hésitation ou de pause, deux mains lui saisirent le bras, pressèrent, palpèrent, jusqu'à ce que les segments du radius et du cubitus se rejoignent.
Enfin… on la laissa enfin en paix. Hagarde, les yeux emplis de larmes, Luana s'écroula. Elle crut retomber sur le banc de bois mais deux bras l'attirèrent et la pressèrent contre un torse. Là, dans ce cocon, elle pleura. Pleura de douleur, de fatigue, de tout. Elle pouvait se le permettre. C'était les bras d'Aragorn. Et son étreinte lui avait tant manqué.
Enfin… elle sentait enfin la blessure de son ventre se refermer. Toute son énergie, toute sa lumière, était jusque-là aspirée par la fracture ouverte qui à chaque mouvement lui entaillait les chairs. ¡ Mierda ! Il faudrait que son pouvoir de régénération apprenne que ce n'était pas premier arrivé premier servi. C'était par niveau d'urgence qu'il fallait choisir où soigner en priorité !
Ses larmes se tarirent, elle retrouva un peu son souffle et ses esprits tandis que la douleur refluait, que l'hémorragie était stoppée. Elle sentit la mer de ténèbres s'apaiser au fond d'elle et la voix de Naurofána lui parvint, de nouveau claire et nette.
« Comment te sens-tu ? » gronda-t-elle doucement.
« Mieux. Et toi ? Qu'est ce qui n'allait pas ? » Demanda la Nauro, inquiète.
Un fracas soudain la fit brusquement sursauter dans les bras de Grand-Pas et reprendre conscience de son environnement. Ils étaient dans la salle du trône. Ils étaient enfermés. Tous les hommes encore valides se hâtaient autour de la porte principale. Les tables, les bancs –hormis celui sur lequel elle était étendue –tout avait était ramené contre les imposants battants pour faire barrage.
Mais des coups répétés ébranlaient les panneaux de bois et la volonté des combattants.
Aragorn lança un regard à Luana, qui se contenta d'acquiescer doucement avec un faible sourire. Il devait aller aider. Comme elle le ferait dès qu'elle aurait retrouvé un peu de force. Le rôdeur l'étendit de nouveau et s'éloigna, aussitôt suivi de Gimli et du père d'Elden. Ce dernier hésita, visiblement inquiet, avant de lui presser doucement la main et de rejoindre les siens pour leur prêter main forte.
Ne resta plus que Legolas. L'Elfe ne regarda même pas dans la direction des portes. Il se contentait de rester là, les yeux fixés sur elle, insondables. Avait-il vraiment tenu le discours qu'elle avait cru entendre plutôt ? Mal à l'aise et trop faible pour y faire face, elle rejeta loin la question. Elle aurait aimé, malgré la stupidité de cette pensée, qu'il la prenne dans ses bras un court instant. Elle voulait plonger dans son cou et ses cheveux, là où le parfum des sous-bois après la pluie serait resté pur, épargné par l'odeur de sang et de tripailles. Au lieu de quoi, elle murmura maladroitement :
- Vous devriez… aller donner un coup de main. Je vous rejoins. Dès que ça arrête de tourner.
- Il y a peu, je vous ai promis de veiller sur vous dès que vous seriez blessée.
… oui, elle se souvenait maintenant. Après sa petite partie de chasse, deux jours plus tôt, quand le sanglier l'avait poignardée de ses défenses. Il lui avait en effet dit que la prochaine fois, il serait là. Ce devait être pour ça qu'il était en colère. Il avait l'impression d'avoir trahi son serment.
- Je vais mieux, tenta-t-elle de le rassurer.
Un nouveau choc ébranla la porte. Leurs dernières défenses ne tiendraient plus très longtemps…
- Et vous feriez bien d'y aller, conclut-elle, pas très rassurée.
Il hocha la tête d'un mouvement sec, avant de se détourner et s'éloigner, d'un pas étrangement raide pour un Elfe. Elle le suivit des yeux un instant, avant de laisser sa tête reposer sur le bois et fermer les yeux. Elle respira profondément une fois, deux fois, trois fois, avant de prendre appui sur ses bras, prête à se redresser.
Mais elle dut étouffer une exclamation lorsque son bras gauche la trahit, manquant l'envoyer face la première contre la pierre. Surprise et ahurie, elle le leva devant son visage. Son bracelet avait été retiré pour remettre les os en place. Il reposait mollement à terre. Quant à son avant-bras… elle resta un instant interdite, ne sachant si elle devait garder son calme ou paniquer.
¡ Mierda ! Son bras !
La section entre le coude et le poignet était raccourcie. D'un ou deux centimètres tout au plus, mais ça se voyait directement qu'il manquait de la longueur ! Sans compter la déformation de son bras ! Elle pouvait deviner aisément où les os s'étaient ressoudés, où les fragments se chevauchaient.
Un nouvel éclat de tonnerre lui fit relever la tête. Les hommes qui se pressaient contre la porte étaient repoussés à chaque secousse. Leur dernière ligne de défense allait bientôt céder.
Ses yeux revinrent à son bras. Elle bougea les doigts. Cela lui fit une drôle d'impression. Une gêne, une sensation de faiblesse. Mais ce n'était rien de douloureux. Elle perdrait du temps à paniquer pour son bras plus tard. Même si elle doutait de pouvoir s'en servir tout de suite.
« Nana, tu crois que ça ira sous forme de louve malgré ça ? »
« Nous verrons bien. Mais il vaut mieux que nous évitions d'essayer dans ces circonstances. »
« Si on a le choix… »
Saisissant son bracelet, elle le remit tant bien que mal en place. Au moins était-il encore adapté aux nouvelles proportions de son bras, même si ce n'était pas aussi confortable qu'avant. Elle se leva. La tête lui tourna et la cloua un instant encore à son banc.
Mais elle devait bouger. Ce fichu banc, ils devaient en avoir besoin pour consolider la porte non ? Se secouant, elle retenta et cette fois se força à rester debout jusqu'à ce que le tournis cesse. Même si l'agitation autour d'elle ne l'aidait pas.
Au moment où elle empoignait de sa main valide le bois usé par des centaines de popotins, le banc sembla s'envoler dans les airs, devenant tout léger. Elle échangea un regard avec Haldir, qui attendait qu'elle bouge, avant de le remercier d'un sourire. Tous deux se hâtèrent de l'apporter aux hommes attroupés autour de la porte, avant de retourner dans la salle chercher tout ce qui pouvait servir.
- La forteresse est prise…
La voix de Théoden résonna tel le glas de la fatalité sous la voûte de pierre. Il se dressait au milieu de la salle, sans même faire mine de venir aider ses hommes à tenir encore un bref instant, les aider à gagner encore un peu de temps.
¡ Hostia ! Elle s'était juré d'essayer d'être moins bouchée… mais pouvait-on faire plus désespérant que ce type ? Il semblait se complaire dans la misère. Il faisait face à un échec ? Plutôt que de se relever et recommencer à se battre, il préférait abandonner pour s'appesantir tout son saoul sur son pauvre sort. Et tant pis pour ceux qu'il entraînait avec lui, que ce soit ses hommes, ses sujets ou ceux qui tentaient de l'aider.
- Tout est fini.
Là c'en était assez ! Avant que Luana n'eut le temps d'ouvrir la bouche pour lui sonner les cloches une bonne fois pour toute, Aragorn lui passa devant et lui coupa l'herbe sous le pied.
- Vous avez dit que la forteresse ne tomberait pas tant que vos hommes la défendraient. Ils la défendent encore. Ils sont morts en la défendant !
Les regards se tournèrent vers le roi. Ceux des hommes, mais aussi des quelques Elfes qui avaient trouvé refuge en ce lieu. C'était sûr que là, ils devaient avoir piètre opinion de l'espèce humaine.
Sous les coups de boutoir qui résonnaient encore et toujours contre la porte, tel un tambour lancinant et fracassant, une autre mélopée s'élevait. Beaucoup plus sourde, étouffée par la roche. Celle de cris de femmes et de pleurs d'enfants terrorisés. Des boyaux du gouffre, Luana percevait la peur qui grandissait. Toutes ces femmes, tous ces enfants…
Il y avait parmi eux Nora, Freyda et Éothen. La mère des deux gamins, et celle d'Elden. Il y avait Eowyn aussi, même si elle s'en fichait un peu…
- Et les femmes et les enfants ?
Elle était presque elle-même surprise du calme de sa question. Pas de colère, même si la détermination de ne pas les abandonner perçait. Pas d'accusation, juste la sourde menace qu'il avait intérêt à penser à eux s'il ne voulait pas qu'elle lui botte son royal postérieur.
- N'y a-t-il pas un autre moyen pour les femmes et les enfants de sortir de ces cavernes ? s'enquit à son tour Aragorn. Y a-t-il une autre issue ?
Il y eu un instant de flottement durant lequel le rôdeur considéra le roi, attendant qu'il dise quelque chose. Mais ce fut l'homme-pois… Gamelin qui intervint.
- Il existe un passage… il conduit dans les montagnes. Mais ils n'iront pas loin, les Uruk-Hai sont trop nombreux !
Pour appuyer ses dires, l'épaisse poutre de bois qui barrait la porte craqua tristement, commençant à faiblir et céder. Aussitôt, Luana rejoignit les Hommes et les Elfes qui se pressaient contre les battants pour les maintenir. Et malgré la distance et le tintamarre alentour, resta concentrée sur la conversation qui se déroulait derrière elle.
- Faites dire aux femmes et aux enfants de passer par les montagnes. Et barricader l'entrée ! invectiva Aragorn.
- Autant de morts… mais que peuvent les hommes face à tant de haine ?
¡ Mierda ! Ce mec était un cas désespéré ! Il allait falloir qu'Aragorn s'en détache s'il ne voulait pas couler avec lui… Enfin, sans doute était-il déjà trop tard, vu qu'ils allaient tous mourir ici avec lui !
Les madriers furent projetés en arrière sous l'impact. Aussitôt, ils se dépêchèrent de les remettre en place. Le coup suivant les ébranla de nouveau. Ils n'en avaient plus pour très longtemps.
D'un coup d'œil circulaire dans la salle, Luana engloba chaque Homme, chaque Elfe, et leur unique Nain présent. Tous. Ils allaient tous mourir ici. Elle ne pouvait rien y faire. Était-ce vraiment ici que le chemin s'arrêtait pour eux ? Tout ça… pour rien ?
Mais lorsque ses yeux se posèrent sur Grand-Pas… Elle sut que ce n'était pas encore la fin. Aragorn avait l'air soudain si déterminé et si serein à la fois. Un dernier acte allait se jouer avant que ne soit baissé le rideau. C'était quoi déjà la réplique de Will Smith dans Independence Day ?
« J'ai pas encore entendu le grand air de la Diva. »
« Merci Nana. »
- Venez avec moi. Venez à leur rencontre.
Théoden se tourna lentement vers le rôdeur, incertain. Puis la compréhension, accompagnée d'une certaine excitation, illumina ses pupilles jusque-là vides et éteintes.
- Pour la mort et la gloire.
- Pour le Rohan. Pour votre peuple.
Luana eut un sourire malgré l'effort pour maintenir la porte en place. Une dernière cavalcade dans les rangs ennemis ? À la John Dunbar dans Danse avec les loups ? Ça ferait un beau final. Ils partiraient avec panache, comme la charge finale dans le Dernier Samouraï !
Elle ne savait pas pourquoi dans cet instant fatidique, presque fou, tous ces films lui revenaient en tête. Peut-être parce qu'ils étaient grandioses, qu'ils étaient la réalisation d'actes de courage et de folie qu'on ne trouve justement que dans les films. Et qu'ils portaient une part d'espoir.
Toujours était-il que même avec sa patte folle, il était hors de question qu'elle loupe ce grand moment. Elle aimait se donner en spectacle. Elle n'allait pas se priver de tirer sa révérence en beauté.
- Le soleil se lève.
La voix profonde et fatiguée de Gimli leur fit lever les yeux. Par l'une des embrasures percées dans le mur, un rayon de lumière s'infiltra faiblement, avant de prendre confiance et d'envahir l'espace peu à peu, chassant les ténèbres.
- Oui… oui ! souffla le roi dans une exultation naissante. Le cor de Helm, mes amis, va retentir dans le gouffre… une dernière fois !
Aussitôt, plusieurs hommes partir en courant dans les couloirs, pour revenir avec quelques dizaines de chevaux. Plusieurs soldats restèrent pour tenir encore un instant les portes. Mais l'abandon de tant de bras ne fit qu'affaiblir les portes, les menant plus vite encore à leur chute.
La Nauro s'éloigna à son tour et alla se placer près du rôdeur, en tête de la charge. Elle craignait d'effrayer les chevaux si elle courait derrière eux sous forme animale, et elle voulait être sur le front. L'exaltation la gagnait à son tour. L'horreur des combats était remplacée par cette pseudo-ivresse. Son instinct réclamait le combat, et elle allait le lui donner.
- Voici venue l'heure de tirer l'épée ensemble ! déclara Théoden en pressant l'épaule d'Aragorn dans un geste fraternel.
Enfin il reconnaissait le rôdeur pour ce qu'il était : son égal et son allié !
- Que les Elfes aillent se poster en hauteur et décochent leurs dernières flèches ! ordonna Aragorn en saisissant les rênes d'Hasufeld. Gimli, faites sonner le cor… emmenez Luana avec vous.
- Quoi ?!
Elle se retourna vers lui, atterrée. Il ne voulait tout de même pas… qu'elle reste là à les attendre ? C'était hors de question !
Il leva aussitôt une main pour couper court à ses protestations.
- Tu n'es plus en état de te battre. Et chevaucher aux côtés du roi est un honneur dont tu ne t'es pas montrée digne… ajouta-t-il d'un ton sans appel.
Elle resta là comme deux ronds de flanc. Non, il n'était tout de même pas en train de la punir comme une sale gosse pour ce qu'il s'était passé la veille ? Sans lui laisser la possibilité de répondre, il grimpa en selle sans plus se préoccuper d'elle.
Du moins le fit-il croire, car elle capta le regard qu'il lança à Gimli. Il voulait vraiment qu'elle soit emmenée loin de lui ? Loin de Legolas, qui était déjà perché sur le dos d'Arod ? Ils voulaient vraiment aller au casse-pipe sans elle ? Elle lança à l'Elfe un regard suppliant, auquel il répondit en l'ignorant.
Une main saisit la sienne et elle se retourna, prête à envoyer Gimli balader. Mais elle n'eut pas à baisser les yeux sur le Nain pour le foudroyer du regard. Elle se retrouva aussitôt face au petit sourire en coin d'Elden. Son visage était marqué par la fatigue et la lassitude. Il était pâle sous la crasse des combats. Mais ses yeux pétillaient. Lui aussi était transporté par ce dernier élan désespéré. Derrière, son père le considérait, perché sur sa monture. Il tenait les rênes d'Edwyn.
- M'attendras-tu ? murmura l'acrobate.
Elle resta un instant silencieuse, gênée et ne sachant quoi répondre. Il lui tenait à présent les deux mains, pressant doucement ses doigts. Il lui demandait à son tour de ne pas prendre part à leur chevauchée suicidaire. Mais elle voulait partir avec lui…
- Reviens vite, si tu ne veux pas que je vienne te chercher… répondit-elle enfin la gorge nouée.
- Je suis à vos ordres, ma damoiselle.
Avec un sourire de connivence, il porta ses mains à ses lèvres et y déposa un baiser léger. Avant de se détourner et de monter en selle.
La Nauro fit elle aussi volte-face et partit vers les couloirs, suivant les Elfes et Gimli. Elle ne devait pas se retourner. Ni jeter un coup d'œil par-dessus son épaule. Même si elle sentait un regard lourd peser sur son dos. Sans doute l'homme-poiscaille ou le papa d'Elden qui lui en voulait de dévergonder son fils. Bizarre que la sensation fut si glacée…
Elle secoua la tête. Elle ne devait pas y penser. Son attention se tourna vers les Galadhrims, qui allèrent tous se placer le long des meurtrières qui surplombaient la haute-cours du bastion. Il ne restait qu'une poignée d'entre eux. Si peu en comparaison de ce qu'ils étaient à leur entrée dans le gouffre.
Mais où qu'elle pose les yeux, elle ne reconnaissait qu'un seul visage parmi toute cette perfection. Il manquait quelqu'un. Une rose dont la beauté et le parfum aurait dû effacer en partie l'horreur qui s'étalait en contrebas. Alors que Gimli lui faisait signe de le suivre, elle dévia sa course pour aller droit sur Haldir.
- Haldir, où sont les autres ? demanda-t-elle de but en blanc.
Il y en avait trop peu. Il devait en rester d'autres. Certains devaient s'être mêlés aux cavaliers du Rohan pour charger, par manque de flèches. Ou être allés aider les femmes et les enfants. Il devait faire trop noir dans les boyaux de la montagne pour que de simples torches suffisent à trouver son chemin. La vue perçante des Elfes serait un atout pour eux sortir.
Le Galadhrim, occupé à placer ses hommes et donner ses instructions, s'interrompit et se tourna lentement vers elle.
- Il n'y en a pas d'autres. Voici tout ce qui reste des nôtres.
Elle le considéra, interdite, avant de scanner de nouveau chaque visage. Avait-elle encore son casque ? Possible. Ça devait rendre l'identification plus compliquée. Et son odeur ? Cachée par le sang et la…
- Elle est restée sur les remparts.
La voix d'Haldir était vide. Elle ne s'en apercevait que maintenant. Quelque chose s'était cassé dans son timbre d'ordinaire impérieux, un brin sarcastique et mordant. Quand elle le regarda de nouveau, elle vit ses yeux voilés. Inexpressifs. Était-ce la lumière ou ils étaient étrangement brillants ? Comme si des larmes y étaient retenues prisonnières…
Le choc frappa la Nauro de plein fouet. Elle avait cru… tous les autres étaient encore…
Elle ne pouvait pas… ce n'était pas possible. Elle était si…
Hostia… qu'allait-il advenir de Legolas ?
On ne lui laissa pas plus de temps pour encaisser la nouvelle. Gimli l'appela, se faisant pressant. Elle lui lança un regard aveugle, perdu, avant de se retourner vers Haldir. Mais le capitaine des Galadhrim ne la regardait déjà plus. Il s'était muré dans la carapace glaciale que Luana avait si bien appris à connaître.
Elle se détourna de lui, le laissant à sa peine et son combat. Elle ne pouvait plus rien faire. Pour qui que ce soit. Juste ne pas retarder Gimli dans sa mission. S'activant enfin, repoussant le plus loin possible ses funèbres pensées, elle le suivit dans un interminable escalier en colimaçon.
À bout de souffle, légèrement nauséeuse pour la Nauro, ils arrivèrent au sommet de l'immense tour. Sur un haut socle de pierre brute de la taille d'un homme, reposait une imposante corne. Son extrémité évasée disparaissait sous un épais anneau de métal, pour ressortir sculptée dans le granit.
Tandis que le Nain se hissait sur le piédestal, la Nauro se précipita pour voir ce qui se passait plus bas. Un coup sourd et un craquement lui apprirent que la porte allait céder au prochain assaut.
La complainte du bois éclaté fut soudain couverte par une expiration profonde et caverneuse. Le cor du gouffre de Helm exhala un souffle retentissant, vibrant, qui se répercuta dans la pierre en un frémissement impérieux. Le bourdonnement mat résonna tel le soupir d'une bête immense dans tout le fort.
En contrebas, un cri de guerre retentit. Quelques secondes plus tard, les cavaliers du Rohan et leurs alliés surgirent. Couverts par une pluie de flèches, ils se taillèrent un chemin à travers ce mur de corps à coups d'épées, de dagues et de lances. Simple spectatrice, Luana les vit dévaler les escaliers, sortirent en trombe du fort pour s'avancer avec panache et affront vers l'adversaire. Les montures renversaient tous ceux qui tentaient de les arrêter. Et sans une once d'hésitation, distribuant la mort à tour de bras, ils prirent place derrière les lignes ennemies, dans la plaine noircie par les Uruk-Hai.
Et toujours, le son du cor couvrait les cris et le vacarme des combats. Il emplissait chaque recoin d'air de son souffle, faisait vibrer chaque être jusqu'aux tréfonds de ses os. Pour insuffler la peur chez les uns, le courage chez les autres.
Mais ils étaient si peu nombreux, ces Hommes et ces Elfes dressés sur leurs montures. Et leur nombre ne faisait que baisser. La masse noire de l'adversaire les encerclait sans aucun espoir de sortie ou de survie, les étouffait inexorablement.
Un hennissement au son cristallin perça brusquement le voile sourd que le cor avait jeté sur le champ de bataille. Emportée par un espoir fou, Luana détourna les yeux des combats. Là-haut, à l'est, perché sur la crête d'un col, un cheval d'un blanc étincelant se cabra, fouetta l'air de ses sabots. Sur son dos, une silhouette éclatante. Des cheveux blancs, une barbe blanche, des vêtements blancs, qui captaient les rayons encore timides du soleil pour mieux les réfléchir.
- Gandalf ! cria-telle en une exclamation victorieuse.
Gandalf était revenu ! Comme il l'avait promis, il était là aux premières lueurs de l'aube du cinquième jour. Luana avait oublié sa promesse, mais il l'avait tenue !
Déjà, les Uruk-Hai levaient les yeux vers lui, cessant le combat. Ils semblaient ne pas savoir s'ils devaient considérer ce nouveau venu comme une menace ou s'ils devaient l'ignorer.
Le Mage Blanc fut rejoint par un autre chevalier, portant les couleurs du Rohan. Et alors que le cri de ralliement des Rohirrims éclatait, une multitude de cavaliers surgirent derrière eux. Cette vision fit s'élever dans les rangs ennemis un murmure alarmé. Dans les rangs alliés, une clameur de joie retentit.
- Pour le roi !
Les cavaliers du Rohan s'élancèrent soudain. Le galop des chevaux soulevait un nuage de poussière. Lances et épées étaient brandies, les haches tournoyaient au-dessus des têtes, hérissant de pointes cette coulée massive.
En contrebas, les armées de Saroumane eurent un vif sursaut, s'organisant dans la hâte. La majeure partie des Uruk-Hai se précipitèrent au bas de la pente, prête à accueillir les chevaliers de leurs pertuisanes. Un véritable mur de piques se dressa, sur lesquels les cavaliers allaient inévitablement s'embrocher.
Mais dans un éclat soudain, le soleil se hissa au-dessus de la crête rocheuse. Ses rayons se déversèrent à flot dans le couloir de pierre, emportant en une cascade éblouissante les Rohirrims. Aveuglés par cette subite clarté, les Uruk-Hai levèrent les bras pour se protéger les yeux… pointant inutilement leurs piques vers les cieux. Tel un torrent furieux, les cavaliers brisèrent de leur élan la ligne de front, perça le flanc est, pénétra l'ennemi jusqu'au cœur de ses troupes.
La véritable bataille, à armes égales, commença. Les Elfes d'Haldir, à court de flèches, prirent leurs épées et leurs dagues et se jetèrent à leur tour dans la mêlée. Du haut de sa tour, Luana ne manquait aucun détail. Elle vit des Uruk tomber, des têtes voler. Les troupes de l'Isengard commencèrent enfin à faiblir, les rangs à s'éclaircir.
- Mithrandir n'a pas usurpé sa réputation de faiseur de miracles, rit Gimli à ses côtés.
Elle acquiesça. Elle aurait aimé rire avec lui, s'en réjouir. Mais elle n'en avait plus le cœur. Avoir retrouvé ses amis dans la salle du trône lui avait fait perdre de vue qu'à tout moment, un coup mal placé pouvait les emporter. Le souvenir de Legolas, gravement blessé par une flèche gobeline, lui revint en tête. Celui d'Aragorn, couché dans le sable gris, inconscient, s'y superposa. L'image de Boromir, mortellement touché, s'ajouta à ce diaporama de cauchemar.
Elle ne se permettrait de souffler, de se dérider, qu'une fois la victoire remportée, ses amis en sécurité.
Une brise, un parfum, vint effleurer les narines de la Nauro, lui faisant porter le regard au loin. Cette odeur, elle ne l'avait senti qu'une seule fois : lorsqu'ils avaient traversé les sous-bois de Fangorn. La reconnaître ne diminua en rien sa surprise lorsqu'elle découvrit, loin devant eux, une marée verte. Toute une forêt avait poussé du néant. À moins que… que les arbres ne se soient déplacés ? Mais pourquoi ?
- Gimli… je rêve ?
Mais le Nain ne l'entendit pas, trop occupé à encourager les combattants, s'enthousiasmant pour la moindre petite défaite des Uruk-Hai. Face à tant d'exaltation, Luana décida de laisser de côté ce nouveau mystère un instant. Elle y reviendrait quand elle pourrait aller voir ça de plus près.
- Allez ! Oui !
Le pauvre. Il semblait oublier quelque chose d'important.
- Vous savez… Legolas va faire péter les scores là, pendant que vous êtes ici avec moi…
- … par Mahal ! Je ne me laisserais pas vaincre par un Elfe !
Elle eut un petit sourire en voyant le Nain s'exciter brusquement tout seul. Elle était persuadée que si elle n'avait pas été là, s'il ne s'était pas donné pour mission de veiller qu'elle ne fasse pas de bêtise, il serait déjà en train de débouler dans les escaliers pour aller assurer sa victoire.
- Humpf ! Et vous, jeune Luana, quel score avez-vous fait ? grommela-t-il en se calmant un peu.
Euh… elle s'était arrêtée à combien déjà ?
- Je n'en ai aucune idée, j'ai arrêté de compter après mon strike. Je crois que je suis hors-jeu du coup…
Elle n'approfondit pas plus la question. Dans la vallée, les Uruk-Hai battaient en retraite ! Ils couraient et se dispersaient telle une volée de moineaux, poursuivis par les Rohirrims. Et ils se dirigeaient droit vers la forêt mystérieuse.
Les cavaliers stoppèrent leur course à bonne distance, atterrés et sur leurs gardes. Ils avaient perçu le danger.
Dès que le dernier soldat d'Isengard fut sous l'ombre des sous-bois, les feuillages frémirent. Et brusquement les arbres se mirent à bouger. Bien qu'elle fût éloignée du front, Luana pouvait percevoir leur mouvement, leur colère, les vagues et les remous qui parcouraient cet océan de feuilles et de branches. Les vents poussaient les cris des Uruk-Hai et le grincement du bois jusqu'à la tour.
La Nauro et le Nain échangèrent un regard. Ces arbres n'étaient pas du genre à blaguer et ne faisaient pas les choses à moitié. Et dire que Gimli avait osé brandir sa hache lorsqu'ils étaient sous leur frondaison. D'ailleurs…
- Elle est où votre hache ?
- Hum ? Je l'ai perdue dans la bataille. Elle est restée coincée dans le crâne de mon dernier adversaire.
Lorsqu'ils redescendirent enfin, il planait sur le fort un silence de mort. Les cadavres s'amoncelaient. Il n'y avait pas un recoin épargné par le sang. Ils durent tuer encore quelques Uruk-Hai perdus dans le fort. Mais rien d'insurmontable.
Ils firent un crochet par les cavernes pour libérer les femmes et les enfants. Éothen se tenait devant les portes, son épée trop lourde brandie au bout de ses bras tremblants. Quand il les vit arriver, la Nauro crut un instant qu'il allait s'effondrer de soulagement, comme un pantin désarticulé. Mais elle avait sous-estimé ce brave petit gars, qui les salua avec la plus grande dignité, avant d'ouvrir les portes avec les autres garçons. Ils crièrent la bonne nouvelle, et un concert d'exclamations de joie retentit dans les grottes.
Les femmes sortirent, entrainant leurs marmots. Toutes pleuraient de joie, mais derrière ces larmes, d'autres se cachaient. Celles de l'inquiétude et de l'angoisse. Beaucoup savaient qu'elles se retrouvaient veuves. Certaines venaient de perdre leur mari, leurs frères, leurs fils.
Luana resta un instant aux portes, les regardant sortir, attendant de voir un visage ridé et souriant se tourner vers elle. Gimli lui tenait compagnie, présence silencieuse mais réconfortante.
La foule commença à s'éclaircir. Sortaient à présent les personnes les plus fragiles, celles courbées par les ans, celles que la vie n'avait pas épargnées. Mais toujours pas le visage tant attendu. Et enfin, la dernière personne sortit des caves.
C'était Eowyn. En digne nièce du roi, elle était restée jusqu'au bout pour s'assurer de ne laisser personne derrière elle. Mais elle devait forcément avoir oublié quelqu'un. Les voyant postés là, elle s'arrêta. Elle semblait tendue, les nerfs à vif. Et les considéra comme s'ils étaient porteurs de mauvaises nouvelles. Avant qu'elle ne puisse poser sa question, Luana la devança.
- Où est Nora ?
Aussitôt, l'inquiétude laissa place à la peine et au chagrin. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Pourquoi la regardait-elle comme ça à présent ?
- Dame Nora… s'est éteinte, souffla Eowyn.
- … quoi ?
Éteinte ? Comment ça ? Comment était-ce possible ? Elle n'avait pas pris part aux combats, c'était insensé, alors pourquoi…
- Le voyage a été long, et nous avons dû forcer la marche après l'attaque des Wargs. Son vieux corps n'a pas supporté…
… Elle était morte avant même que ne commencent les combats ? Mais non… Mais pourquoi ? Pourquoi la vie était-elle… si injuste et dégueulasse dans ce fichu monde ?
- Elden…
- L'écuyer Elden en a été informé dès son arrivée au fort.
Elle hocha la tête, avant de se détourner, assommée. Elle n'arrivait pas à concevoir… ces morts lui semblait si proches d'elle. Alors que dans le fond, elle ne les connaissait que peu. C'était pourtant comme si une explosion avait éclaté trop près d'elle, l'abrutissant.
Elle remonta lentement à la surface, suivie par Gimli, fendant la foule, et tous deux s'engagèrent dans les escaliers qui menaient à la basse-cour, pour y rejoindre les autres et récupérer la hache du nain.
En chemin, ils achevèrent les Uruk-Hai et les hommes de Dun mourants qu'ils croisaient. Elle à coup de lame, lui avec un cimeterre orque.
- Gimli, ça ne compte pas comme un point. Ils sont déjà à moitié morts !
- Certes… toutefois je pense qu'avec tous ceux dont nous avons abrégé les souffrances, nous méritons bien un petit point supplémentaire.
- Non.
Depuis le début, le Nain ne cessait de ramener la question sur le tapis, d'un ton d'abord complice et taquin, puis bougon et râleur comme un enfant. Si elle n'avait pas appris à le connaître, Luana aurait réellement pu croire qu'il était mauvais perdant. Mais il n'en était rien. Il jouait plus ou moins les pitres pour dédramatiser la situation. Lui rendre un peu le sourire. Chasser ses idées noires.
Elle le laissa gagner cette partie et lui offrit en récompense un sourire fatigué, se laissant gagner par sa joie simulée. Il fallait faire semblant. Mettre toute l'horreur de cette nuit de côté, garder tous ces morts éloignés, pour ne pas sombrer. Oui. Elle pouvait le faire.
Ils trouvèrent enfin le corps dans lequel était resté plantée la hache du Nain. Mais plutôt que de la retirer tout de suite, ce dernier décréta qu'il avait besoin de faire une petite pause. Il s'assit nonchalamment sur le cadavre de l'Uruk et tira de sa tunique sa fine pipe en bois et sa blague à tabac.
- Ça ne vous dérange pas ? demanda-t-il mine de rien avant de la bourrer.
- Non non, allez-y.
Elle détestait d'ordinaire l'odeur de la cigarette. Mais en cet instant, elle espérait que la fumée chasserait le parfum de mort qui lui emplissait les narines et lui tapissait le fond de la gorge.
Les cavaliers entrèrent enfin dans la forteresse. Ils ne bougèrent pas, n'allèrent pas à leur rencontre. Luana savait qu'Aragorn, Gandalf et Legolas étaient sains et saufs. Elle les avait vus chevaucher fièrement sur leurs chevaux. Elden et son père aussi. De même pour Théoden. Et surprise ! Elle reconnut Éomer aux côtés du roi. C'était donc lui et ses hommes que Gandalf était parti quérir.
Elle se demanda brièvement pourquoi ils n'allaient pas les voir. Après tout, ils auraient dû les accueillir comme il se devait. Peut-être était-ce parce que déjà, les femmes se jetaient sur les troupes pour les acclamer et rechercher leurs hommes. Peut-être était-ce parce que dans le fond, Luana éprouvait de la rancune de ne pas avoir pu se joindre à eux et participer à cette grande bataille.
Elle était un peu perdue. Plus tôt, elle voulait serrer dans ses bras ses amis et s'assurer qu'ils n'avaient rien. Maintenant qu'elle avait eu confirmation qu'ils allaient bien, elle préférait les éviter. La présence bonhomme et chaleureuse de Gimli lui suffisait. Elle n'avait pas besoin de plus. Elle ne voulait pas plus. Lui savait ce qui lui pesait. Les autres non, et ils n'avaient pas besoin de savoir. Même si elle ferait en sorte d'oublier si Elden avait besoin d'elle. Si Legolas avait besoin qu'elle soit à son tour présente pour lui.
Plus tôt, elle avait eu aussi envie de massacrer à tour de bras. Elle avait passé sa nuit à tuer, et pas que des Uruk-Hai. Elle avait aimé ça. Maintenant, les charognes qui s'accumulaient autour d'eux la rendaient malade.
Elle ne savait plus ce qu'elle voulait, ce qu'elle devait faire.
Ils restèrent tous deux là, lui sur son Uruk-Hai, elle debout, à discuter de tout et de rien. Il badinait d'un ton léger et insouciant, sans se préoccuper des Rohirrims qui commençaient à se faire de plus en plus nombreux autour d'eux. Ils cherchaient les blessés, ramassaient les cadavres d'Uruk pour les entasser dans un coin. Les quelques Elfes survivants étaient eux aussi venus récupérer leurs morts.
Ils se turent lorsque Legolas s'approcha fièrement d'eux, son arc à la main. Quand il s'arrêta à leur niveau, il eut un petit sourire victorieux et caressa nonchalamment le bois de son arme avant de leur lancer un regard satisfait.
- Au total : quarante-deux, dit-il avec l'air de celui qui est content de lui.
- Quarante-deux ? répéta Gimli.
Il tira sur sa pipe d'un air songeur, mais Luana reconnu la petite étincelle qui brillait au fond de ses yeux.
- Ce n'est pas mal pour un principicule elfe aux oreilles pointues, ajouta-t-il d'un ton taquin avant de rire. Pour ma part, je suis assis sur mon quarante troisième.
À un point près ? La vache, elle ne pensait pas que les scores seraient aussi serrés ! Et il avait fait quoi Legolas pour ne pas faire plus, alors qu'il avait combattu plus longtemps qu'eux ? Il avait quand même pris de l'avance avec son arc et avait eu le droit à des prolongations.
Mais d'un geste vif et aussi inattendu que soudain, le principicule de Mirkwood encocha une flèche et la tira sur le cadavre de l'Uruk-Hai, juste entre les jambes du Nain. Gimli leva vers lui un regard courroucé et suspicieux.
- Quarante-trois, répondit simplement l'Elfe.
C'était drôle… en cet instant, il avait quelque chose de vraiment enfantin. On aurait dit un gamin qui s'amusait et qui était tout fier de montrer qu'il avait gagné. La glace de ses yeux avait fondu et son sourire était irrésistible. Il était presqu'adorable comme ça.
Dommage qu'il était mauvais joueur…
- Il était déjà mort ! protesta Gimli.
- Il bougeait encore !
- Il bougeait encore, parce que ma hache était enfoncée dans son système nerveux !
Et pour appuyer ses dires, le Nain abattit sa lourde main sur le manche de son arme et la remua, sans chercher à la faire sortir du crâne. À chaque mouvement, le corps avait des soubresauts et des spasmes.
… ce devait être amusant… ou complètement répugnant ? Luana ne sut trop quoi en penser. D'un côté, elle avait besoin d'en rire. De l'autre, son estomac protestait en faisant des bonds. S'il continuait, elle allait vomir. Tenir, faire bonne figure, comme si tout allait bien. Ne pas être malade, ne pas être malade, ne pas être malade…
Heureusement, il relâcha sa hache et se tourna vers elle.
- Jeune Luana, vous qui avez abandonné la partie, dites à cet Oreilles-pointues que la victoire me revient.
Quoi ? Il voulait vraiment qu'elle arbitre ? Mais le nom du gagnant était pourtant tellement évident !
- Je suis vraiment désolée Gimli, mais je ne peux pas dire ça ! se défendit-elle.
- Qu… comment ça ? Ne me dites pas que vous lui attribuez ce qui me revient de droit ! N'essayez pas de me faire croire après cela que vous n'avez pas quelques préférences pour cet Elfe des bois !
¡ Madre de dios ! Heureusement qu'elle ne pouvait rougir ! Non mais ça n'allait pas dans sa tête de lui sortir ça comme ça, et devant Legolas en plus ? Il voulait la mettre mal à l'aise ou quoi ? Elle n'osait même plus le regarder là ! Si elle déclarait Legolas vainqueur, ce n'était pas parce qu'elle le préférait, loin de là !
- Vous croyez vraiment que je vais préférer quelqu'un qui m'a laissée derrière plutôt que de plaider pour que je participe à la dernière charge ? attaqua-t-elle. Mais j'ai pas le choix, il a fait quarante-deux !
- Et moi quarante-trois !
- C'est un de plus c'est vrai, mais quarante-deux reste la réponse au sens de la vie, de l'univers et de tout ce qui est !
Elfe et Nain échangèrent un regard perplexe, sourcils haussés. Allez, ce n'était pas comme si c'était la première fois qu'elle leur sortait cette référence.
Après un haussement d'épaule désabusé, Gimli se remit sur pieds, grommelant. Il rangea sa pipe, avant d'empoigner à deux mains sa hache et de tirer violemment dessus. Luana n'eut pas le réflexe de fermer les yeux ou de se détourner. ¡ Mierda !
- S'cusez…
Elle ne leur laissa pas le temps de demander ce qu'il se passait. D'un pas rapide, elle s'éloigna d'eux, se dirigeant vers le coin tranquille le plus proche. Là, à l'écart des regards, elle se plia en deux. Son estomac vide se contracta durement, provocant des haut-le-cœur violents. Mais rien ne voulut sortir. Elle n'avait plus rien à vomir. Elle avait déjà recraché plus tôt le peu qu'elle avait.
Son estomac s'entêta malgré tout et continua à se tordre en tous sens, la faisant plier le genou, se tenant le ventre. Ça lui faisait mal. Elle n'arrivait pas…
Les larmes lui montèrent aux yeux. L'odeur de sang, de chair morte emplissait l'air. Loin au-dessus de leurs têtes, elle entendait déjà les piaillements joyeux des charognards. Quelqu'un avait allumé quelque part un bûcher dans lequel on avait dû jeter les perdants de l'armée d'Isengard. Une fumée âcre transportait des relents de viande avariée brûlée.
Assez… elle n'en pouvait plus. Elle ne voulait plus sentir ces horribles parfums de mort. Elle ne voulait plus voir tous ces corps. Qu'ils fussent amis ou ennemis. Ça la rendait malade. Stop. Stop. Stop !
Elle pleurait pour de bon désormais. Elle venait de vivre l'une des pires nuits de sa vie. Une nuit de pur cauchemar. Un champ de bataille n'avait rien d'épique, d'héroïque. Ce n'était qu'un charnier à ciel ouvert. Elle avait tué des humains ! Elle était allée bêtement croire que jamais elle n'aurait à commettre de meurtre. Tuer des orques, des créatures de Sauron étaient une chose, mais des hommes… elle avait cru pouvoir se le pardonner, mais elle n'y arrivait pas.
Lindoïlin et Nora étaient… Même ce gosse qui avait eu le courage de rester sur les remparts aux côtés de son père… elle avait vu son petit corps meurtri abandonné sur les créneaux, le buste presque coupé en deux par un coup de cimeterre.
Elle avait presque oublié cette image entraperçue en plein combat. Elle l'avait occulté. Comme elle avait tout refoulé jusque-là. Mais elle n'en pouvait plus. Tout refaisait brusquement surface.
Un nouveau haut-le-cœur lui fit recracher un mélange de bile acide et de bave. Surgit de nulle part une main douce et fraiche, qui passa dans son cou pour ramener ses cheveux défaits en arrière, évitant ainsi qu'elle ne vomisse dessus.
Tremblante comme une feuille, elle laissa faire. Elle était de toute façon incapable de faire quoique ce soit contre. Même lorsque son ventre se calma, elle n'en eu pas la force. De gros sanglots l'étouffaient en se frayant un chemin dans sa gorge irritée.
Deux bras passèrent autour de ses épaules et l'attirèrent dans leur étreinte. Des doigts passèrent dans sa chevelure et lui firent poser sa tête sur une épaule. Une main lui caressa le dos en un geste réconfortant.
- Voilà pourquoi je n'aime pas la guerre, souffla Legolas à son oreille avec tristesse.
Elle ne put répondre, hoquetant à la recherche de son souffle et en tentant de retenir ses pleurs. Elle devait se calmer, arrêter de chialer !
- Ne retenez pas. Il vous faut laissez s'échapper toutes ces horreurs que vous avez accumulées cette nuit. Laissez sortir. N'ayez pas honte de pleurer.
Elle aurait dû résister. Mais il était si doux, si gentil… si tendre avec elle. Elle s'abandonna dans ses bras. Ses doigts se resserrèrent sur sa tunique, s'agrippant à lui dans un désespoir grandissant. Elle ne voulait pas le lâcher. Elle avait peur d'être emportée au loin et de se perdre. Pourrait-elle continuer ? Aurait-elle la force et le courage de faire de nouveau face à une telle boucherie ?
La réponse, elle l'eut lorsque Legolas commença à fredonner en elfique. La mélodie qu'il lui avait déjà chantée alors qu'elle avait eu le crâne défoncé. Plutôt que de l'apaiser, elle la remua un peu plus encore, faisant ressurgir des sentiments jusque-là enterrés, le plus profondément possible dans l'inconscient.
Ses pleurs redoublèrent. Non, elle ne pouvait pas…
¡ Joder ! Elle ne pouvait pas… éprouver ce genre de sentiment pour le prince de Mirkwood !
* Nanyë tye… Nalyë ni… I eäronllo sanarlyallo, tulenÿe…
Traduction en Quenya –faite tant bien que mal – de "I am thou… Thou art I… From the sea of thy soul, I come…"
Il s'agit d'une réplique en vieil anglais, fréquemment utilisée dans la série de jeux vidéo Persona.
Bon, là je ne sais pas si je vais me faire majoritairement aimer ou détester pour la mort de Lindoïlin x)
Mais je pense que j'ai mis tout le monde d'accord avec ce final ! ^^
Encore joyeux Noel à tous ! =D
Réponses aux reviews guest :
Guest : Je vous ai promis que je ne laisserai pas tomber cette fic ;) Vous êtes trop nombreux à la suivre pour que je prenne le risque de vous fâcher en m'arrêtant ^.^'
Je suis très heureuse de voir que ma version de la bataille du gouffre de Helm te plaise ^^ Merci à toi pour ta review et ton enthousiasme :)
Namarien : C'est normal ;) Vous prenez la peine de poster une review, je ne fais que vous rendre la pareille en vous répondant ^^ Et puis j'adore discuter avec les lecteurs :)
J'ai essayé d'étayer en me concentrant sur les autres personnages, mais ça partait dans tous les sens, aussi j'ai préféré simplifier un peu en restant axée sur Luana, désolée -.-' Merci :) C'est vrai que je les voies mal s'amuser à tuer, donc il fallait trouver pourquoi et comment justifier ça ^^
J'espère que l'avancée entre nos deux tourtereaux te plaira dans ce chapitre alors ;)
Merci beaucoup pour ta review et à la prochaine :D
Tsuki : Hélas je en peux pas te promettre que le rythme va rester le même x) Considérez maintenant que mon rythme de publication est dorénavant d'un chapitre par an, si je publie plusieurs chapitres en un an c'est du bonus surprise x)
Merci pour ta review :)
Waina : Je pensais qu'il n'y avait plus besoin de oser la question, le fait que je sois sadique est prouvé depuis belle lurette XP J'espère qu'elle sera intéressante en tout cas ^^
Je compte sur toi pour tenir parole ;) À la prochaine :)
