Bonne année et bonne santé à tous ! Que 2016 vous apporte le succès ! =D
Pour ce nouveau chapitre, je tiens à remercier encore et toujours tous ceux qui ont reviewé ou ont ajouté cette fanfiction en alerts/favoris ! ^^
Et merci à Jade pour sa relecture =)
Mais outre ces habituels remerciements, je tiens à faire un petit sondage. Eclipse1995 m'a très fortement donné envie de faire une petite FAQ.
Le but du jeu : vous envoyez par pm ou reviews toutes vos questions et dans un petit chapitre bonus,
chaque personnage devra répondre aux questions qui lui sont adressées ;P
Si vous avez des questions à destination de l'auteure... allez y aussi x)
Alors, êtes-vous intéressés ? =P
Si oui, n'hésitez pas à vous manifester ou même à poser déjà quelques questions en écrivant "FAQ" !
Trois, deux, un, c'est à vous de jouer ! ^^
Chapitre 49 : Bad romance
¡ Mierda ! ¡ Mierda ! ¡ Mierda !
Dans quelle mouise s'était-elle fourrée ? Ce n'était pas possible ! Non ! Pourquoi ? Comment ?
¡ Joder ! Pourquoi… pourquoi était-ce tombé sur lui ? Pourquoi lui bon sang ? Ce n'était pas comme s'il était le seul hom… le seul mâle sur terre !
Elle n'avait jamais… c'était la première fois qu'elle… Aucun garçon ne l'avait jusque-là…
Pourquoi fallait-il que le premier mec qu'elle venait à aimer ce soit lui bon dieu ?
Impossible ! Il était si… inaccessible, si stoïque, si parfait, si… elfique !
Tomber amoureuse d'un Elfe quoi ! Elle, une humaine ! Non, même pas une humaine. Une Nauro. La seule et unique fucking Nauro de toute la Terre du Milieu ! Et pas n'importe quel Elfe. Oh non attention ! C'eut été trop facile ! C'était Legolas Vertefeuille ! Prince héritier du royaume Elfique de Mirkwood !
¡ Puta de mierda !
Elle ne pouvait pas… Pas alors que la femme qu'il aimait été morte cette nuit-même ! Il n'était même pas encore au courant ! Il allait être anéanti… Et de ce qu'elle en avait compris, l'amour des Elfes était unique. Jamais il ne s'en remettrait, jamais il ne retrouverait l'amour…
Et elle, ça lui faisait mal. Mal de savoir que jamais… Rha ! Elle était jalouse ! Depuis le tout début elle avait été jalouse de Lindoïlin. Jalouse d'une femme merveilleuse et si bienveillante, qui faisait tant de bien autour d'elle. À qui ils devaient tous tant…Et encore maintenant, elle était jalouse d'elle, jalouse d'une morte !
Elle était immonde, abjecte ! Elle n'avait pas le droit de ressentir cet horrible sentiment de jalousie envers elle !
Mais… mais elle était amoureuse…
Non ! Pas amoureuse ! Ça ne pouvait pas être ça ! Tout de suite le grand mot ! Elle s'emballait pour rien là ! C'était la première fois qu'elle ressentait ce… sentiment. Non plus ! Cette attirance, voilà ! Ce n'était rien de plus qu'une simple attirance. Et elle pouvait parfaitement l'expliquer.
C'était un Elfe après tout. Il avait le charme, la beauté et la perfection de son peuple. Tous les humains devaient être plus ou moins attirés par ces êtres si envoûtant.
Ensuite, combien de fois l'avait-il aidée ? Il l'avait sauvée de nombreuses fois déjà. Il avait veillé sur elle quand elle avait été au plus bas. Qui pouvait rester insensible quand quelqu'un lui sauvait la vie et la mise à plusieurs reprises ?
Du coup elle avait commencé à se faire des films… elle l'avait idéalisé… il avait suffi d'un rien pour qu'elle aille s'imaginer que…
¡ Mierda ! Mais comment avait-elle pu tomber aussi bas pour en arriver à rêver au prince charmant ? Hahaha ! La bonne blague ! C'était sûr que niveau casting elle ne pouvait pas mieux espérer ! Elle avait choisi pour ce rôle un prince elfique ! Est-ce qu'on pouvait faire plus prince charmant, franchement ?!
¡ Joder ! Pourquoi elle n'était pas plutôt tombée amoureuse de… d'Elden tiens ! Lui, il était tellement... bien plus que… Il était accessible quoi ! Et il était comme elle. Il avait les mêmes délires qu'elle. Elle le trouvait attirant, séduisant. Et leurs instants de flirt… oui elle le savait depuis le début que c'était du flirt, mais c'était pour s'amuser quoi !
… si seulement ce n'avait pas été juste pour s'amuser. Si seulement elle avait vraiment voulu flirter avec lui, si seulement elle avait eu des sentiments pour lui, et pas pour Legolas !
« Luana, calme-toi » gronda tout bas Naurofána en elle.
- Je me calme si je veux ! cria-t-elle en retour, sans se soucier que quelqu'un puisse l'entendre.
Pourquoi se retenir ? Personne n'allait l'entendre dans ce trou à rat qu'elle s'était choisi. Avec la plus grande bravoure de tous les temps, elle s'était enfuie, s'arrachant tant bien que mal des bras de Legolas, toujours en pleurs. Quelle classe, quelle prestance ! Oui, ce petit recoin sombre dans les caves, qui suintait l'humidité et puait à plein nez était juste parfait pour elle ! Elle était à sa place là, avec les immondices des rats et elle ne savait quelle autre bestiole ! Ah oui, ça elle allait bien avec le décor ! Une raclure comme elle, capable d'être jalouse et d'éprouver de l'envie envers une morte, ne pouvait pas être ailleurs. Et certainement pas au bras d'un prince charmant ! En plus, là au moins, elle était sûre que personne ne viendrait la chercher ou l'entendrait !
Oh et puis qu'ils aillent tous se faire prendre par une bande de gobelins en chaleur ! Qu'est-ce que ça pouvait faire que quelqu'un l'entende hein ? Vu son entrée remarquable dans les grottes, en train de chialer et la morve au nez, ce n'était pas comme si elle pouvait faire encore plus minable ! Ah si ! Suffisait que quelqu'un découvre que oui, elle était amoureuse de Legolas ¡ Puta de mierda !
Et puis tout le monde la croyait déjà complètement barrée, folle, bonne pour l'asile ! Alors qu'on l'entende parler toute seule, quelle différence ? En plus, ils avaient raison de la croire timbrée ! Parce qu'il fallait être sacrément givrée pour tomber amoureuse de lui !
Un parfum lui fit relever la tête. Des bruits de pas la forcèrent à taire ses pleurs. D'un geste rageur, elle s'essuya les yeux, renifla le plus discrètement possible et se leva lentement. Elle ne se sentait pas prête. Elle voulait qu'on lui fiche la paix et qu'on la laisse se morfondre dans son coin. Qu'on l'oublie au moins une journée. Elle se sentait encore malade de tout ce qu'elle avait vu cette nuit, elle avait le cœur en deuil. Mais pour tout ça, elle était prête à prendre sur elle et faire comme si tout allait bien. Comme d'habitude. Alors pour son premier chagrin d'amour, qu'on ne vienne pas l'enquiquiner !
Même si c'était Aragorn, elle n'avait vraiment pas envie qu'il la voit comme ça ou qu'il joue les grands-frères prêt à lui donner une épaule pour pleurer. En encore moins après qu'il l'ait traitée comme une sale gosse. Le connaissant, il allait forcément deviner ce qui n'allait pas et ça, c'était hors de question ! Elle était déjà assez meurtrie pour qu'il n'y ait pas en plus une autre personne au courant, outre Naurofána.
- Luana ? appela-t-il.
Elle inspira un grand coup et un sourire factice vint se poser sur ses lèvres. Allez, elle pouvait le faire !
- Je suis là !
Elle sortit de sa cachette et vint à sa rencontre, les zygomatiques crispés. Il faisait sombre. Seul un flambeau à l'entrée prodiguait à la caverne un peu de lumière. Elle espérait que ça suffirait pour qu'Aragorn ne voie pas ses yeux bouffis. Elle en revanche n'avait aucune difficulté à voir sa fatigue. Rien d'étonnant vu les derniers jours de course et cette nuit d'enfer. Mais à son regard las et pourtant déterminé, elle comprit qu'il n'allait toujours pas se reposer.
- Un problème ? s'enquit-elle aussitôt, inquiète.
Le rôdeur lui fit signe de le suivre, avant de se détourner et de repartir vers la sortie. Elle obéit sagement, elle aussi lassée et surtout craignant qu'une saute d'humeur ne la grille. Rester impassible, rester impassible. Et surtout se concentrer sur ce qui semblait inquiéter Grand-Pas.
Facile à dire, quand elle avait l'impression qu'une pierre lui tombait sur l'estomac, tirant au passage sur son cœur auquel elle était attachée. Ça lui donnait la nausée et les larmes tentaient de faire une percée derrière le rempart de ses paupières.
Ce ne fut qu'une fois qu'ils furent dans le couloir, nettement plus éclairé, qu'il s'arrêta. Enfin, pour les yeux de la Nauro, car de larges ombres persistaient entre les torches éparses. Mais le rôdeur avait comme de par hasard choisi de stopper son chemin pile dans un halo de lumière, son regard ancré au sien. Mierda…
- Comment te sens-tu ? souffla-t-il tout bas.
Elle détourna les yeux.
- Je ne vais pas vous mentir, c'est pas la forme. Comme tout le monde.
Il hocha la tête, compréhensif, mais ses yeux ne la lâchaient toujours pas. Il voulait qu'elle parle. Qu'elle dise clairement ce qui n'allait pas. Il ne voulait pas plutôt lui dire pourquoi il était venu la chercher ? Non ? Tant pis. Elle garda un silence buté, se contentant de le regarder, faisant mine de l'attendre tranquillement. Mais quelle torture de rester comme ça sous son regard perçant et de devoir lutter pour ne rien laisser filtrer.
- Luana, qu'est-ce qui ne va ?
Elle soupira. Ce n'était pas une bataille qu'elle pourrait gagner en tenant un siège. La fuite ? Mauvaise idée. Sauf si elle voulait que les renforts ne le rejoignent et lui tombent le dos pour la questionner. Sachant qui viendrait lui prêter main forte, mieux valait oublier. Plus qu'une solution : des pourparlers.
- Je… j'ai été malade. Je voulais juste pas être vu en train de vomir si mon estomac décidait de refaire des loopings. Déjà que je devais pas avoir l'air fine en courant jusqu'ici…
Oui, elle faisait exprès de ne faire aucun effort pour être comprise. Mais Aragorn saisit l'idée globale. Il lui posa une main réconfortante sur l'épaule. Elle la considéra un instant, avant de se dire que non, elle ne représentait pas un danger immédiat. Ce n'était pas ça qui allait la faire céder.
- C'est une réaction tout à fait normale. Tu n'as pas à en avoir honte.
Elle haussa les épaules, ignorant la douce pression qu'il y exerça pour la rassurer.
- Et ton bras ?
- J'ai mal. Je peux le bouger mais je ressens une douleur sourde depuis tout à l'heure et… il me gêne.
Elle n'avait toujours pas pu s'en servir correctement. Trop faible et la sensation qu'elle ressentait chaque fois qu'elle bougeait la dérangeait. Sans compter qu'elle n'arrivait plus à faire pivoter son poignet correctement. Ça coinçait à chaque fois. Elle avait bien essayé de forcer, d'aller un peu plus loin. Mais elle avait vite laissé tomber. Elle avait eu l'impression de tenter de se casser le bras elle-même.
Doucement, Aragorn lui prit la main, avant de retirer délicatement le bracelet de cuir qui lui protégeait l'avant-bras. Il tâta doucement le poignet, avant de remonter les os, jusqu'à la fracture. Là où l'on voyait clairement qu'il y avait eu une erreur dans la réparation.
Elle l'entendit soupirer, même si ce fut discret. À peine un souffle.
- Je suis désolé. Nous avons agi dans l'urgence…
Elle récupéra son bras, avant de saisir son bracelet et de le remettre en place. Elle n'avait pas besoin qu'il en dise plus. Elle avait bien compris, avec tout le temps qu'elle avait eu pour réfléchir aux côtés de Gimli, que c'était irrémédiable. Son pouvoir de guérison ne pourrait rien y faire. On avait dû lui retirer une longueur d'os pour permettre une réparation partiel.
Même en lui refracturant les os, en lui ouvrant la peau pour faire sauter tous les cales osseux et en maintenant le bras dans la bonne position, les fragments séparés par la distance adéquate… on ne pouvait pas lui remettre le bras en place. Sa régénération accélérée ne laisserait pas le temps de tout mettre en œuvre et ses os n'allaient pas repousser, s'allonger, les deux extrémités attirées l'une par l'autre.
Avec un fond d'espoir, elle avait demandé à Naurofána s'il était possible que leur pouvoir arrange tout, comme par magie. Comme lors de leur première métamorphose. Son bras avait bien repoussé, alors pourquoi pas ? La louve lui avait répondu que c'était impossible. C'était par un concours de circonstance bienheureux que ce miracle avait été possible. C'était leur première union. L'énergie dégagée avait été phénoménale. Luana ne comprenait pas en quoi cette première fois avait pu avoir la puissance d'une charge de TNT, quand maintenant chacune de leur union ne semblait pas plus puissante qu'un pétard.
Et puis ce soir-là, c'était la pleine lune. La lune, dont l'absence s'était tant fait sentir en cette nuit de carnage. Même si les nuages n'avaient pas obstrué le ciel, elle n'aurait pu bénéficier de sa douce lueur, de son pouvoir. C'était ce que Naurofána avait voulu lui dire lorsqu'elle agonisait. Son bras aspirait toutes ses forces. Si la lune avait été là, elle aurait pu leur donner assez d'énergie pour soigner la blessure au flanc en plus.
- Vous avez fait ce que vous pouviez. La seule chose qui pouvait être faite.
Elle lui offrit un pauvre sourire un peu tordu. Elle l'aurait aimé chaleureux. On ne pouvait pas tout avoir.
Maintenant qu'elle avait avoué ça, ils pouvaient repartir ou lui pouvait lui dire ce qui n'allait pas de son côté. Elle ne sut si elle devait être surprise ou agacée lorsqu'il ouvrit les bras et les referma autour d'elle, l'attirant contre lui.
Non, elle ne voulait pas qu'il la réconforte comme ça. Ça ne lui rappelait que trop la tentative de Legolas un peu plus tôt. Ça lui faisait mal. Et c'était dangereux. Très dangereux, elle le savait.
- Tu es en état de choc, souffla-t-il doucement, comme ayant peur de l'effaroucher ou de la traumatiser un peu plus.
Elle s'aperçu qu'elle tremblait dans ses bras. Elle était frigorifiée. Il porta la main à ses cheveux pour les caresser et lui faire poser la tête contre son épaule, l'autre lui frottait doucement le dos. Danger. Il y avait danger. Il allait mettre à bas toutes ses défenses…
- Tu n'as plus à jouer les fortes. Ta valeur a été reconnue. Tu as été remarquable, alors que c'était ta première grande bataille. Tu peux te laisser aller maintenant.
Il ne pouvait pas dire ça, pas alors qu'il lui en voulait et l'avait punie en la privant de la charge finale. Pas après qu'il lui ait balancé à la face qu'elle ne méritait pas ce « privilège ». Et Legolas aussi lui avait dit de tout lâcher, de ne pas retenir. Elle avait vu où ça l'avait menée. Elle avait pleuré, pleuré encore. Et plus encore après cette terrible révélation. Elle ne voulait plus pleurer…
- Je suis au courant… pour Lindoïlin et Nora. Je suis désolé.
Un premier sanglot la secoua toute entière alors qu'elle s'agrippait avec force au cuir de sa veste. Les poings pressés contre son torse, elle se cramponna à lui avec désespoir. Elle avait préféré plonger dans son chagrin d'amour minable plutôt que de repenser aux morts. Mais ses peines de cœur furent balayées par le souvenir de ces pertes.
Il n'avait pas à la consoler pour ça… il connaissait Nora mieux qu'elle et depuis tant de temps. C'était elle qui aurait dû le réconforter. Mais elle ne pouvait pas. Elle était trop misérable pour cela en cet instant.
Il la berça délicatement, le serrant un peu plus fort. Il n'ajouta plus rien, la laissant pleurer tout son saoul. Après un long moment, les larmes se tarir. Mais elle ne fit pas mine de s'écarter. Parce qu'Aragorn ne semblait pas vouloir la relâcher tout de suite, parce qu'elle tremblait toujours de tous ses membres.
- Luana… il y a autre chose…
Elle dut s'y reprendre à trois fois avant de pouvoir déglutir, sa gorge trop nouée et irritée par les pleurs.
- C'est… c'est rien. Juste… les nerfs…
« Pourquoi lui mentir ? »
« À quoi bon le lui dire ? Pas besoin de ça pour pourrir l'ambiance… »
Il lui fit relever le visage vers lui, une main passée sous son menton. Du pouce, il effaça les sillons humides qui lui striaient la joue.
- Entendu, murmura-t-il.
Elle doutait de l'avoir berné. Mais s'il se contentait de ça pour le moment, ça lui convenait. Elle aurait le temps de se reprendre d'ici qu'il revienne à la charge. Elle lui offrit un petit sourire, cette fois-ci un peu plus sincère et tendre.
- Pardon Aragorn. Je… j'aurais pas dû vous parler comme ça. J'ai été horrible.
Elle ne voulait plus lui en vouloir. Elle était trop lasse pour mener plusieurs guerres de front. Et elle avait vraiment était infecte avec lui.
- Vous… vous avez tout fait pour aider au mieux ces gens et… et je sais que vous n'aimez pas l'idée de sacrifier des vies…
Il ne chercha pas à l'arrêter, la laissant aller jusqu'au bout de son propos et de ses excuses. S'il l'avait lâchée, nul doute qu'elle aurait pris la fuite en cet instant. Mais elle devait le faire. Elle voulait retrouver Aragorn. Elle l'aimait trop pour que les choses restent telles quelles. Elle déglutit tant bien que mal.
- Chez… dans mon ancien monde, les… les enfants soldats… sont très mal vus. La plupart du temps, c'est des gamins embrigadés tout jeunes ou alors enlevés à leurs familles et formés pour… servir de boucliers ou de chair à canon. C'est une des pires choses que des hommes puissent faire là d'où je viens. Les enfants sont tellement chéris, tellement… protégés dans les pays développés…
Elle s'arrêta un instant, hésitante et n'étant même pas sûre d'aller quelque part avec son discours. Le pire était sans doute qu'elle savait parfaitement que ces valeurs n'étaient même pas universelles chez elle. C'était limite hypocrite.
- Je sais que je suis plus chez moi… que les règles sont différentes. Mais y en a… je peux pas les accepter ! Pas sans rien faire.
Elle se mordit la lèvre avant de soupirer, puis de lever les yeux pour le regarder bien en face.
- Je ne peux pas vous promettre que je vais changer, que ça n'arrivera plus jamais… je me connais. Mais je vais essayer. Je vais faire des efforts. Essayer de m'adapter. Mais ne me demandez pas de ne plus être moi, s'il vous plait…
Lentement, il défit son étreinte et fit un pas en arrière pour la considérer. Si ses mains avaient quitté ses épaules, elle aurait senti son cœur chuter comme une pierre. Mais il maintenait ce contact, ne la lâchant pas tout à fait. Un petit sourire étirait ses lèvres.
- Jamais je ne pourrais te l'imposer. Je me contenterai de te rappeler à l'ordre lorsque tu dépasseras de nouveau les limites.
Il y avait quelque chose d'un peu défaitiste dans son ton. Un ton qui devint aussi froid et dur qu'une lame.
- Mais n'attends aucune clémence de ma part si tu outrepasses ces limites comme tu l'as fait.
Elle acquiesça nerveusement, consciente de l'épée de Damoclès qu'il lui mettait au-dessus de la tête.
- Et je ne suis pas le seul à qui tu dois des excuses.
Oui, ça elle le savait. Le plus dur était de décider pour lequel des deux ce serait le plus difficile. Théoden ? Ou… Legolas ?
- Je compte sur toi…
La voix du rôdeur s'était radoucie. Il la regardait désormais avec tendresse. L'orage était passé mais elle savait à quoi s'attendre désormais. Si elle n'avait pas peur de fondre de nouveau en larme, sans doute l'aurait-elle serré contre elle pour le remercier. Mais c'était assez pour aujourd'hui. Elle devait se reprendre ou elle ne pourrait pas… repartir.
Les yeux d'Aragorn se firent de nouveau sombres et la question de sa présence, de pourquoi il était venu la chercher, rejaillit.
- Trouve-toi un endroit où te reposer. Nous repartons ce soir.
- Déjà ? s'étonna-t-elle. Mais les gens n'auront pas le temps de rassembler toutes leurs affaires ! Et puis… il y a tous les morts et les blessés…
Il eut un instant de silence, avant de reprendre, le ton grave.
- Les villageois et le gros de l'armée ne reprendront la route que demain. Nous partons avec Théoden et plusieurs de ses hommes pour l'Isengard.
La poigne du rôdeur se resserra aussitôt sur ses épaules. Elle tremblait. De tout son être. Ses poings se fermèrent avec force, peu importait que ses ongles s'enfonçaient dans ses chairs, que son bras gauche protestait d'un élan lancinant. Peu importaient les grincements de ses dents sous la pression des mâchoires.
L'Isengard…
Saroumane.
Elle allait le tuer. Lui broyer la tête de ses crocs. L'éviscérer d'un coup de griffes. Lui faire payer. Pour toutes les horreurs qu'elle avait pu voir depuis l'Argonath. Pour la nuit d'horreur qu'ils venaient de vivre. Pour toutes ces morts affreuses et inutiles. Et plus que tout, pour Éric !
- Luana.
Elle tourna vers lui un regard terrifiant. Pas un regard de bête enragée. Non, un regard empli d'une fureur glacée, déterminée. Elle allait le tuer. Et ça, rien ni personne ne pourrait l'en empêcher.
- Luana, répéta Aragorn avec plus de force.
Son ton n'en restait pas moins doux. Par peur de l'effaroucher. De rompre cette paix retrouvée.
- Gandalf souhaite que nous l'accompagnions. Mais ce n'est pas vers une nouvelle bataille que nous nous dirigeons.
- Alors vers quoi ? gronda-t-elle d'une voix dangereusement basse.
- Des pourparlers.
Quoi ? Ils déconnaient là… Ils n'escomptaient quand même pas négocier avec cette enflure !
- Si tu souhaites t'y rendre dans le but de te faire justice, sans doute vaut-il mieux que tu restes ici, trancha-t-il avant même qu'elle ne proteste.
Elle ravala aussitôt le flot de paroles qu'elle s'apprêtait à débiter. Se calmer. Elle venait de lui promettre de faire un effort. Gandalf et lui devaient bien avoir quelque chose derrière la tête… ils avaient intérêt parce que lui demander de ne pas le tuer, c'était légèrement abusé !
Elle pinça les lèvres mais se contenta d'hocher sèchement la tête. Ok, elle ne ferait rien. Mais s'il faisait le moindre geste malheureux, elle ne garantissait pas la survie de ce mage de malheur. Et il avait intérêt à ne rien dire de contrariant…
Aragorn lui pressa une dernière fois l'épaule, tant pour la remercier que pour l'encourager, avant qu'ils ne reprennent leur route vers l'extérieur.
Dame Eowyn les attendaient, portant dans ses bras des vêtements propres et sans trou qu'elle avait récupéré pour la Nauro. Quittant à regret le rôdeur, la Rohirrim la mena vers une petite salle du fort, où elle trouva de quoi se débarbouiller. Il lui aurait fallu plusieurs bains pour se décrasser tout à fait mais ce luxe devrait attendre. Après s'être savonnée et rincée à trois reprises, elle jugea avoir fait ce qu'elle pouvait, se sécha et enfila sa nouvelle tenue. Elle allait finir par acheter une friperie pour pouvoir se fournir en fringues. Comment les autres faisaient-ils pour ne pas les salir ou les trouer autant qu'elle ? Elle ne put récupérer de ses vieilles frusques que sa ceinture et ses bottes, laissant le reste en tas dans un coin.
Vêtue de braies noires, d'une tunique verte de laine épaisse et d'un long gilet de cuir qui lui tombait jusqu'aux genoux, elle retourna dans les couloirs, sans trop savoir où elle aurait pu aller dormir. Elle commençait à avoir les paupières et les jambes lourdes. Mais plus aucune trace de la demoiselle du Rohan pour la guider dans ce dédale. Elle revint vers la cour, où les hommes s'activaient. Elle savait que partout dans le fort, et sur la plaine qui s'étendait à son pied, une longue et pénible tâche avait débuté. Il fallait désormais ramasser les corps. Enterrer les siens… et empiler en tas les cadavres d'Uruk-Hai.
Surprise, elle vit plusieurs montagnards du pays de Dun, désarmés et surveillés par quelques Rohirrims, s'atteler à ce pénible labeur. Elle pensait que tous avaient fui et péri avec les armées de la Main Blanche. Avec un haussement d'épaule, elle se détourna de la scène, ne sachant plus où aller.
Des Galadhrims, elle ne vit aucune trace. Où étaient-ils ? Elle savait qu'il y avait des survivants parmi eux. Elle avait vu Haldir. Sans doute étaient-ils occupés comme tous les autres à retrouver leurs camarades tombés au combat.
Elle ne se retourna pas tout de suite lorsque le parfum vint lui chatouiller les narines. Elle ne savait pas comment réagir, elle n'osait pas… mais une main l'arrêta en lui prenant doucement le bras, la forçant à se retourner.
- Hey… dit-elle doucement pour cacher son trouble.
Un sourire lui répondit. Mais un sourire fané, fatigué. Maintenant que la bataille était passée, les fantômes pouvaient revenir.
- Tu m'as attendu… souffla Elden.
Elle lui rendit son sourire.
- Et tu es revenu. Admets que tu as eu peur que je ne vienne te chercher.
Il eut un petit rire face à cette tentative d'humour ratée. Sa bonne humeur et sa bonhommie habituelles s'étaient éteintes. Mais qui pouvait l'en blâmer ? Luana vit son père qui les considérait à quelques mètres de là. Elden suivit son regard et le Rohirrim fit signe aux deux jeunes gens d'aller à l'intérieur.
Dire que ce geste soulagea la Nauro eut-été un euphémisme. Que Peren le fasse, sans prendre ombrage de la proximité qu'il y avait entre elle et son fils, était déjà extraordinaire dans ce monde. Qu'il le fasse sous le regard de Gamelin, les prémunissant de possibles remontrances à venir, c'était un miracle. Elle le remercia du plus beau sourire dont elle était capable en l'état actuel des choses.
Tous deux retournèrent dans la pénombre des couloirs.
- Où allons-nous ? le questionna-t-elle après un long silence.
- Dormir. Sans doute as-tu déjà été informée de notre départ nocturne.
- Tu es de la partie ?
Il s'arrêta pour lui faire face, la mine sombre.
- Tu as devant toi le nouvel écuyer du seigneur Eomer.
La nouvelle n'avait en effet rien de joyeux. Après tout, son nouveau statut était la conséquence de deux décès : celle de Théodred, qu'il servait en premier lieu, et celle de l'ancien écuyer d'Éomer, qui n'avait sans doute pas survécu à la bataille. Il se passerait de félicitations.
Il la guida jusqu'à une petite chambre, où étaient dressés de petits lits de une personne. Sans un mot, chacun s'étendit sur l'un d'eux, entièrement vêtus. Elden n'avait pas même pris la peine de retirer sa cotte de maille.
- Tu es sûr de pouvoir dormir avec ça sur le dos ? demanda-t-elle d'une voix pâteuse et somnolente.
Elle n'eut pour toute réponse qu'un soupir profond et endormi, suivit de légers ronflements. Elle rit, attendrie, s'enfonçant sous les couvertures. Elle aurait bien aimé dormir avec lui. Parce qu'elle était bien avec lui. Parce qu'elle avait besoin de savoir qu'il était là. Mais ce n'aurait pas été correct. Pas par rapport à ces fichues règles de bienséance.
Non, ce qui la retenait, c'était ce qu'elle savait désormais ressentir pour un autre que lui. Elle ne pouvait pas aller se glisser dans ses bras mine de rien, même en tant qu'amis. Peut-être parce qu'elle s'en voulait. Elle se sentait coupable de ne pas l'aimer lui, pour une raison aussi inconnue qu'incongrue. Elle aurait aimé être amoureuse de lui, plutôt que de Legolas.
Elle ferma les yeux, tâchant d'ignorer la douleur aiguë qui lui saisit le sein à cette pensée. Son cœur lui faisait mal. Et elle ne savait pas comment elle réagirait au soir en voyant l'Elfe. Elle ne savait même plus comment elle devait se comporter avec lui.
Mais elle était trop fatiguée pour y songer. Le mieux était encore d'oublier et d'aviser le moment venu.
Je sais, c'est un chapitre assez court (ça faisait longtemps que je n'avais pas fait aussi court sur Naurofána)
mais je tenais vraiment à le centrer sur ces peines de cœur...
Oui bon j'admets, c'est surtout que je voulais garder ce titre, et que si j'avais continué,
d'autres événements plus importants m'auraient poussés à le changer XP
N'oubliez pas la FAQ et n'hésitez pas à poser vos questions. Luana, Legolas, Aragorn et toute la petite équipe se feront une joie d'y répondre ^^
Réponses au reviews Guest :
Namarien : Merci de ta compréhension, ça fait plaisir de le savoir ^^ Tu écris aussi ? =P Comment se fait-il que tu ne publies pas ?
Ouep, elle a été un peu beaucoup longue à la détente sur ce coup-là x) Outre la petite punition d'Aragorn, s'ils ne la prennent pas avec eux, c'est parce qu'ils savent qu'elle risquera gros et pourrais même devenir une gêne ;) Après tout elle est blessée et n'est pas à l'aise à cheval, imagines le boulet x) J'espère que la suite sera à la hauteur ^^ Merci beaucoup pour ta review et ton soutien =) A la prochaine ^^
Tsuki : J'ai bien cru ne jamais pouvoir lire ta seconde review, suite à un bug sur le site internet ^^
Merci à toi pour ta review et ton enthousiasme ;) Oui, enfin, depuis le temps que ça lui pend au nez, elle a enfin compris =P
Legolas et Lindoïlin étaient simplement de très bons amis. En revanche, Haldir et elle étaient fiancés. Mais je voyais mal le capitaine des Galadhrims le clamer sur tous les toits, et Luana se renseigner suffisamment pour le savoir x) Tu es bien une des rares personnes touchées par sa mort ^^
Ah, la jalousie de Legolas et sa rivalité avec Elden... ça va lui faire du bien au petit prince des bois =P Tu aimerais qu'il s'énerve un peu plus ? ^^
Oh ! On commence à entrer dans les hypothèses, j'aime ! C'est une suggestion intéressante, mais non, Luana n'est pas un hybride et encore moins l'enfant d'un Nazgul ;) Mais si tu as d'autres idées qui te viennent, n'hésite pas à les partager ;)
Ca pour le rythme je ne peux rien promettre... mais pour l'instant ça semble tenir donc croisons les doigts ^^ Encore merci pour tes reviews =)
Guest : Heu... il semble manquer des mots dans ta review, je me trompe ? -.-' Désolée, mais je en comprends pas tout, donc ça va être dur de te faire une réponse correcte :/
Mais pourquoi tant de haine envers LindoÏlin ? x( Elle était gentille tu sais ?
Merci pour ta review en tout cas =)
