Hey ! Salut à tous ! :D
Le moment que vous attendiez depuis longtemps et enfin arrivé :
c'est la fête ! =P
Fête qui tombe à point nommé pour célébrer les 600 reviews et un nouveau record de lecture !
Vous étiez 150 à avoir lu le nouveau chapitre 24 h après sa publication ! On vient de dépasser un nouveau stade les amis ! =D
Merci à vous tous, pour votre soutien, pour vos reviews, vos messages, vos favoris et vos alerts ! Ca fait chaud au cœur ^^
Vous n'avez plus que ce chapitre pour poster vos questions pour la FAQ ! Après il sera trop tard.
Une fois le chapitre 53 posté, j'attaque la rédaction de ce chapitre bonus ;)
Alors n'hésitez pas, même si elles vous paraissent saugrenues ou absurdes, envoyez-les ! Ca ne sera que plus drôle ! XP
Bonne lecture à tous ^^
Chapitre 52 : C'est à boire, à boire, à boire, c'est à boire qu'il nous faut !
Doucement. Tout doucement. Raser les murs, rester à l'affût… et se trouver une planque. Vite. Très, très vite.
Pour l'instant, elle avait réussi à éviter les regards, malgré sa peau et ses cheveux blancs, à cause de qui passer inaperçu dans les ombres était mission impossible. Même si elle avait passé la cape de camouflage des Galadhrims sur ses épaules.
Elden. Elle devait le trouver au plus vite. C'était sa seule chance de s'en sortir. Son seul allié sûr au sein du château. Il pourrait lui trouver une cachette, lui permettre de s'échapper.
Un son la fit se figer, s'enfoncer dans un recoin sombre. Avec de grands yeux apeurés, elle regarda le prédateur passer devant sa cachette sans la voir et continuer son chemin. Son grondement mécontent et féroce continua de résonner bien après son passage, contraignant la pauvre Nauro au silence et à l'immobilité totale.
Elle resta un long moment l'oreille tendue. Le monstre s'était éloigné. La voie était libre. Lentement, elle sorti de son refuge et…
- Luana ?
Un cri perçant lui échappa avant qu'elle ne l'étouffe en se plaquant les mains sur la bouche. Le cœur battant la chamade, elle se retourna vivement, horrifiée. Malheur ! Trop concentrée sur sa fuite désespérée, elle n'avait pas prêté attention au parfum de sous-bois qui à présent encensait l'air.
Des bruits de pas précipités dans son dos. ¡ Mierda ! Le monstre l'avait entendue !
Aussitôt, elle saisit l'elfe par le coude et l'attira dans les ombres, se planquant derrière lui au passage pour que l'éclat de ses cheveux ne la trahisse pas. D'un doigt sur les lèvres, elle lui intima le silence le plus total. De dos, il ne put voir le monstre revenir sur ses pas, scruter les environs, pour s'éloigner enfin.
Une fois qu'il fut parti, Luana se permit un soupir de soulagement, se détendant légèrement.
- Luana, que se passe-t-il ?
… Mais quelle idiote ! Pourquoi avait-elle fait ça ? Elle se retrouvait maintenant coincée, avec lui qui lui barrait le passage ! Des jours qu'elle évitait de trop s'en approcher, de trop le regarder ou de tout simplement de trop penser à lui, et comme une idiote, elle l'avait attiré là, dans ce petit recoin, où l'espace entre eux était plus que réduit ! ¡ Estupida !
Bon. Rester calme. Souffler un bon coup et surtout avoir l'air naturel. Faire comme si de rien n'était et oublier ses sentiments, voilà ce qu'elle s'était promis de faire.
Un rire grondant monta de son inconscience, mais elle l'ignora royalement.
- Hahaha, Legolas ! ricana-t-elle nerveusement. Désolée de vous avoir mêlé à ça.
Elle osa enfin lever les yeux vers lui. ¡ Hostia ! Pourquoi était-il si beau ? Dans la pénombre et à travers son regard de louve, il semblait littéralement luire, son aura douce et lumineuse l'enveloppant d'un voile féérique. Même en lui retirant cette aura, il restait magnifique. Lui aussi avait bénéficié d'un bain. Ses cheveux étaient soyeux et deux fines tresses partaient de ses tempes, passaient derrière ses oreilles pointues, pour pendre avec légèreté, se balançant au rythme de ses mouvements. Il portait une tunique elfique d'un bleu grisé, très clair, au tissu fin et aux broderies délicates. Elle se demanda où il avait bien pu la trouver celle-là. Ils avaient abandonné derrière eux presque toutes leurs possessions lors de la séparation de la Communauté.
Mais plus que tout, il semblait à la Nauro qu'il était moins sombre que ces derniers jours. Son air grave s'était adouci et il posait sur elle un regard curieux.
- Que se passe-t-il ? Pourquoi fuyez-vous cette femme ? murmura-t-il.
- Question de survie ! répondit-elle aussitôt.
Ok, là il allait falloir se calmer un peu. Elle était trop tendue pour être naturelle. Aussi, s'il pouvait s'éloigner un peu… même s'il semblait vouloir continuer à la cacher, elle aurait préféré un peu de distance. La bonne blague. Elle, la dévergondée de service, qui avait besoin d'être proche physiquement de ses amis, se sentait mal à l'aise parce que l'elfe était justement très proche d'elle à ce moment précis. Trop proche.
Plus que de la faire se sentir mal à l'aise, ça lui faisait mal tout court. Malgré sa promesse d'abandonner et d'ignorer ses sentiments. Et plus encore lorsqu'il haussa un sourcil interrogateur, de cet air si naïf et innocent, si beau et magnifique.
… pathétique.
« Luana, concentre-toi sur la conversation, qu'il ait sa réponse et qu'on en finisse ! » se morigéna-t-elle. « Nana, aide-moi ! »
« Débrouille-toi toute seule. Tu es une grande fille. Je ne vais pas prendre ta place pour lui expliquer ton manège. »
« Merci Nana… vraiment merci. »
- Dame Heda a été chargée par dame Eowyn de me laver, me coiffer et m'habiller, commença-t-elle à expliquer en réponse à son interrogation silencieuse. J'ai réussi à la convaincre que je pouvais me laver seule et que je n'avais pas besoin d'aide pour enfiler des vêtements. Mais impossible de lui faire accepter de me laisser me coiffer seule.
L'elfe devant elle eut l'air surpris, avant qu'un petit sourire amusé ne frôle ses lèvres brièvement. Un sourire… c'était le premier qu'elle lui voyait depuis des jours !
- Sans vouloir vous offenser Luana, je crains que vous n'ayez réellement besoin d'aide pour démêler et coiffer vos cheveux. Ces derniers jours n'ont pas été cléments avec eux.
Gênée, Luana passa ses doigts dans sa tignasse encore légèrement humide. Presqu'aussitôt, elle dut faire face à la résistance d'un nœud et abandonna l'idée de les brosser sommairement comme ça. Elle n'avait pas vraiment pris le temps de le faire sérieusement depuis longtemps. Sans compter le bain et les multiples shampooings qu'il lui avait fallu pour les laver, ou le séchage énergique à la serviette qui les avaient encore un peu plus emmêlés.
- Je sais, soupira-t-elle, désespérée. Le problème… c'est que dame Heda s'est préparée pendant que je prenais mon bain. Et j'ai vu la choucroute qu'elle s'est faite sur la tête ! Il est hors de question que je la laisse toucher à mes cheveux après ça !
L'incompréhension se lut sur le doux visage de Legolas.
- Une… choucroute ? répéta-t-il, incertain.
- Oui ! Elle s'est entortillée les cheveux avant de se les enrouler autour des oreilles en mode gros pains aux raisins ! On dirait princesse Leia multiplié par trois !
- Je crains de ne pas tout comprendre…
Elle l'avait clairement perdu avec ses explications. Par contre… était-ce de l'amusement qu'elle lisait dans son regard ? Était-il vraiment amusé par ses efforts pour éviter de se retrouver avec deux pains aux raisins sur les oreilles ?
Elle en serait presque restée bouche bée. Lui qui était si taciturne dernièrement. Elle pensait que la mélancolie, due à la mort de Lindoïlin, ne ferait qu'empirer avec le temps. Elle ne comprenait pas. Ou alors, c'était simplement un petit moment où les choses allaient mieux, pour mieux retomber juste après ? Comme dans une dépression ? Elle devait vraiment en parler avec Aragorn !
Mais si elle pouvait continuer à le dérider, lui permettre d'aller bien juste un peu plus longtemps… Elle devait le faire ! Tant pis pour ses propres sentiments !
- Je vais vous montrer, ce sera plus simple.
Comprenant, il se décala pour lui libérer le passage et elle lui fit signe de la suivre en silence et discrètement. Ils devaient avoir l'air fin tiens. Elle, bon, ça ne surprendrait plus tant que ça. Mais qu'un Elfe l'imite, ça devenait limite. Qu'allaient penser les Rohirrims ? Elle-même était surprise qu'il joue autant le jeu !
Rapidement, elle retrouva la trace du monstre grâce à son flair. Elle alla se cacher derrière une large colonne, imitée par Legolas. Elle était là. Visiblement agacée, jetant des regards à droite et à gauche. Luana se sentit un instant coupable de la faire courir en tous sens et de lui faire perdre son temps pour rien. Mais la servante avait été très claire sur ce point : elle s'occupait de ses cheveux, et elle n'avait pas son mot à dire. Elle désapprouvait très fortement que la Nauro se promène en pantalon et non en robe. Elle avait été scandalisée quand Eowyn avait donné raison à Luana et sans doute voulait-elle se rattraper sur ses cheveux. Mince, elle aurait dû dire que sa « religion féministe » lui interdisait aussi les pains aux raisins sur les oreilles.
Heda portait une robe somme toute très simple, d'un vert sombre. Elle était sobre, sans fioriture et ne sentait pas la richesse à plein nez. Mais elle était de bonne qualité, propre et bien coupée. Heda devait être un peu plus qu'une servante ici. Peut-être la gouvernante qui devait gérer tous les autres ? Eowyn lui parlait avec respect et douceur, et Luana se disait maintenant que la demoiselle du Rohan ne l'aurait pas confiée à n'importe qui.
Après tout, lorsque Heda disait la mener à la « salle d'eau », elle parlait de celle présente dans les appartements d'Eowyn. Ni plus ni moins. La Nauro voulait bien croire qu'ils manquaient de place avec l'afflux de personnes venues pour les festivités, mais c'était tout de même un peu… abusé. Elle allait vraiment devoir régler cette histoire de princesse.
Mais avant…
- Vous voyez ? C'est de ça dont je vous parle ! souffla-t-elle en désignant la dame à Legolas.
Il garda un instant le silence, avant de se tourner vers elle.
- Cette coiffure est d'usage chez les Hommes, constata-t-il simplement.
- Ne me dites pas que vous l'approuvez…
Il la considéra un instant, regarda de nouveau Heda et ses pains aux raisins, avant de laisser échapper un petit soupir amusé, un léger sourire sur les lèvres.
- Je dois l'admettre : cette coiffure manque de finesse.
- Voilà ! À côté de vos tresses elfiques, ces deux pains aux raisins sont ridicules.
Il haussa un sourcil. Non pas le sourcil. Pas son regard interrogateur. Pitié. Elle adorait ce petit geste innocent –depuis quand d'ailleurs ? –et ça lui faisait mal de le voir faire. Elle sentait le poids accroché à son cœur devenir un peu plus lourd. Allez courage, ce petit jeu semblait l'amuser. Elle ne devait pas abandonner.
- Quoi ? demanda-t-elle, espérant qu'il ne voit pas l'effet qu'il avait sur elle.
- Aimez-vous notre façon de tresser les cheveux ?
- Ben… oui. Même si j'ai un peu oublié comment faire les tresses comme Arwen me l'avait appris.
Son sourire s'agrandit et cette fois, son regard glacé devint réellement chaleureux. Non, il ne pouvait pas lui faire ça… C'était une pure torture !
« Pourquoi ne pas tout simplement profiter de l'instant plutôt que de te faire du mal ? » intervint Naurofána.
« Parce que c'est malsain de voler un bon moment à un homme en deuil ! Je fais ça que pour lui remonter le moral ! Je ne vais pas à côté assouvir mon attirance d'amoureuse désespérée ! »
- Accepteriez-vous que je vous coiffe ? murmura doucement Legolas.
… Quoi ?!
Émergeant tout juste de sa conversation mentale, Luana crut avoir mal entendu mais au fond d'elle, sa louve confirma ce qu'elle craignait : il lui avait bien proposé de la coiffer. Ok, alors déjà réfléchir rapidement. Coiffer une personne avait-il une signification particulière chez les Elfes ? Elle ne voulait pas le mettre mal à l'aise juste parce que lui souhaitait l'aider. Ensuite… serait-elle capable de le supporter ? Là ça pouvait aller, ils déliraient. Mais pourrait-elle vraiment rester avec lui aussi longtemps ? Alors qu'il aurait les doigts dans ses cheveux ?
Son sourire s'effaça quelque peu face à son silence et il eut un petit mouvement de recul.
- Je comprends. Pardonnez-moi…
Oh non ! Ok, ok, ok ! Si c'était ce qu'il fallait faire pour le garder heureux un peu plus longtemps…
- Bien sûr que j'accepte !
Elle avait retenu sa voix au dernier moment, ne laissant qu'un chuchotement faussement enthousiaste lui échapper. Ils étaient encore dans le champ auditif de Heda après tout, mieux valait éviter de beugler comme une cruche.
- Désolée pour le temps de latence, j'ai juste était surprise que vous proposiez, se justifia-t-elle. C'est une super idée, merci !
« N'en fais pas trop… »
« Chut, je fais ce que je peux. »
Aussitôt, le visage de Legolas s'adoucit. Rien que ce sourire valait la peine de souffrir. Cette fois, ce fut lui qui lui fit signe de le suivre. Ils restèrent dans l'ombre encore quelques couloirs, et lorsqu'ils furent assez éloignés de Heda, ils ressortirent à la lumière. Il la mena jusqu'à la chambre commune où toutes les affaires des membres de la Communauté avaient été apportées. Il n'y avait personne. Tant mieux !
… idiote ! Son malaise en devenait ridicule si elle avait peur qu'on le voit lui tresser les cheveux.
Legolas disparut un instant, après lui avoir demandé de l'attendre, et revint avec un peigne trouvé elle ne savait où. Elle s'était laissée tomber sur son matelas, jouant distraitement avec la cape qui la recouvrait toujours. Avec un sourire, Legolas s'approcha et vint se glisser derrière elle. Sans un mot, il commença à lui démêler les cheveux délicatement, y faisant glisser lentement le peigne.
Pas une seule fois il ne la fit grimacer en tirant un peu trop sur un nœud. Et pourtant, elle en avait un beau paquet ! Comment faisait-il ? Ses cheveux coulaient comme de l'eau entre les doigts de l'Elfe. C'était doux, fluide. C'était apaisant.
Luana se surprit à se détendre. À apprécier ces contacts légers et brefs lorsqu'il lui effleurait la nuque pour ramener une mèche. À fermer les yeux. Elle était bien. Elle aimait le fait qu'il s'occupe ainsi d'elle. Il y avait quelque chose de très intime. Trop, elle le savait, mais elle ne pouvait s'en empêcher et venait à regretter de ne pas ressentir ce pincement au cœur qui l'accompagnait depuis quelques jours. Même ça, Legolas était parvenu à l'effacer en passant ses doigts dans ses cheveux.
Ce fut avec une pointe de regret qu'elle le sentit reposer le peigne et commencer à lui tresser les cheveux. Cela ne fut pas long, hélas. Une fois fini, il lui tendit un petit miroir pour qu'elle puisse se contempler et se releva.
Ce qu'il avait fait était tout simple mais d'un goût exquis. Bien mieux que deux pains aux raisins sur les oreilles ! Il avait pris ses deux mèches noires et les avaient finement tressées, de telle sorte qu'elles lui faisaient un diadème. À l'arrière du crâne, il avait fait une autre tresse dans laquelle les cheveux noirs disparaissaient pour laisser place au blanc éclatant. C'était superbe.
- Merci. Merci beaucoup !
Il lui offrit un doux sourire, visiblement heureux d'avoir pu la secourir et lui épargner le traitement de Heda.
- Il n'y a pas de quoi.
Il lui tendit une main secourable pour l'aider à se relever. Elle ne la refusa pas, comme elle l'aurait fait d'ordinaire. Dès qu'elle fut debout, il la relâcha. Dommage. Car revenait désormais la gêne et la douleur pour Luana. Tant qu'il la coiffait, c'était un rêve. Là, le retour à la réalité était violent et brutal.
Mais elle fut sauvée par le cor. Tous deux tournèrent la tête vers la porte. Les festivités allaient commencer.
- Y allons-nous ? lui proposa Legolas.
S'il lui offrait son bras comme il l'avait fait à Imladris pour l'escorter… c'en était fini d'elle.
- Heu… je vous laisse partir devant, je dois encore faire un tout petit truc…
Il fut surpris. Il se contenta néanmoins d'hocher la tête avant de se détourner. Mais lorsqu'il fut sur le point de disparaitre, Luana le rappela.
- Je… je suis désolée, pour ce que je vous ai dit la dernière fois, avec Aragorn. Vous aviez raison…
Il eut un petit sourire avant de la saluer d'un signe de tête et de sortir. Était-ce sa façon de dire que tout était pardonné ? Elle l'espérait.
Une fois seule, elle se laissa retomber sur son lit, un soupir tremblant lui échappant. ¡ Joder !
Plus jamais. Plus jamais elle ne laisserait quelque chose comme ça se passer entre Legolas et elle !
- Ce soir, souvenons-nous de ceux qui ont donné leur sang pour défendre ce pays. Saluons les morts victorieux.
- Gloire !
Alors que les voix éclataient tout autour d'elle, Luana ne put s'empêcher de se demander ce qu'il pouvait bien y avoir de glorieux dans toutes ces morts. Quelle gloire y avait-il dans le fait de se faire massacrer ? Oh oui, elle comprenait bien que c'était leur sacrifice qui avait permis la victoire. Mais aucun n'avait donné sa vie pour la gloire. La plupart ne l'avait fait que dans le désespoir, parce qu'ils étaient acculés et qu'on les avait alignés sur la muraille. Parce qu'ils n'avaient aucune chance mais qu'ils devaient tout de même se battre. Gagner un peu de temps, alors qu'ils ne savaient même pas que les renforts arrivaient.
Et après ? Ils étaient morts et ? Les Valkyries étaient-elles descendues du ciel pour venir chercher tous les valeureux Rohirrims morts au combat, qu'ils fussent garçons de ferme, palefreniers, pauvres paysans, soldats ou cavaliers ? Des anges étaient-ils venus chercher les âmes des Elfes tombés sous les coups pour les emmener aux cieux ?
Non. Tout simplement parce que leurs âmes à tous avaient le droit à un voyage pour les cavernes de Mandos. Le plus drôle ? Les Elfes bénéficiaient d'un aller-retour, quand les Hommes n'avaient le droit qu'à un aller simple.
Les Elfes morts savaient d'avance que ce n'étaient pas une fin pour eux. Ils savaient que leurs âmes, après leur jugement devant Mandos, recouvreraient un corps et pourraient continuer d'exister dans les Terres Immortelles. Et les Hommes ? Qu'advenaient-ils d'eux ? Que devenaient leurs âmes mortelles ? Eux n'avaient pas même l'espoir d'un paradis. Un paradis dont les portes auraient dû s'ouvrir devant leur sacrifice pour leur offrir la félicité.
Elle regarda chacun autour d'elle lever sa choppe et y boire en hommage aux morts. Sans enthousiasme, elle les imita en trempant les lèvres dans sa bière.
De lourds plateaux, chargés de nourriture, de légumes, de fruits et surtout de viande rôtie, firent leur apparition. Les fûts de vin et de bière commencèrent à voyager en tous sens, passant de table en table. Les assiettes et les godets furent généreusement remplis et nul ne devait rester vide. Les voix se firent plus nombreuses, plus joyeuses.
Luana, sa choppe à peine entamée toujours à la main, considérait cet étrange spectacle d'un œil lointain. Adossée au mur, elle regardait tout ce beau monde rire, plaisanter, chanter. Legolas et Gimli discutaient dans un coin avec Eomer. Aragorn était introuvable. Les deux Hobbits étaient acclamés et ovationnés par les fêtards, alors qu'ils déversaient sur eux tout leur registre de chansons à boire, en dansant joyeusement sur les tables.
« Qu'Ilúvatar bénisse le coude humain
À l'endroit où il plie ;
Plié trop court, je meurs de soif
Plié trop long, je boirais par l'oreille… »*
Gandalf les contemplait avec un air bienveillant et indulgent, appuyé sur son bâton. Elden quant à lui devait tenir son rôle d'écuyer d'après ce qu'elle avait compris.
« Pourquoi cette humeur si sombre ? » s'enquit doucement Naurofána.
Luana ne répondit pas tout de suite. Lorsqu'on lui avait annoncé un banquet, elle ne s'était pas attendue à quelque chose d'aussi festif. Elle l'avait espéré, une bonne fête où l'alcool coulait abondamment était une des meilleures choses pour elle se changer les idées. Même si le prix à payer était une bonne gueule de bois le lendemain.
Mais là… elle se sentait mal à l'aise. Elle avait la sensation de faire quelque chose de déplacer vis-à-vis des morts.
« Je me sens mal de faire la fête comme si de rien n'était, alors que la moitié de la population doit être en deuil en ce moment même. » expliqua-t-elle enfin.
Un grondement de compréhension monta de son inconscient.
« Je vois. Luana, pense donc à toutes les batailles, toutes les guerres qu'a connues chaque personne présente ici. Peu importe qu'elle se soit battue ou qu'elle soit restée derrière dans l'attente d'une funeste nouvelle. La vie est-elle en ce monde que le deuil ne peut durer éternellement, sans quoi ces gens ne pourraient vivre. Ces fêtes sont là pour honorer les morts et leur dire adieu, pour prouver à chacun que la vie continue, pour donner un nouvel élan qui va leur permettre de repartir. »
La Nauro resta un instant silencieuse, analysant les choses sous cet angle nouveau.
« Je comprends. Mais j'ai encore du… »
- Luana !
Surprise et un peu hébétée de sortir si violemment de sa conversation intérieure, elle releva la tête pour voir plusieurs regards tournés dans sa direction. Quoi ? Qu'avait-elle fait encore ?
- Ma chère Luana ! Il est temps de nous régaler d'une de vos chansons ! l'interpella Merry en levant sa choppe.
- Vous voulez que je chante Hijo de la luna ? demanda-t-elle, surprise.
Elle adorait cette chanson, mais il y avait quand même plus joyeux.
- Je suis sûre que tu as en réserve quelques odes à la boisson, la contredit Pippin.
- Heu…
Mais une ovation réclamant une chanson l'empêcha de protester. Bon ben… quand faut y aller faut y aller. Peut-être était-ce ce qu'il lui fallait pour se mettre dans l'ambiance. Elle vida sa choppe d'une traite sous les cris et les encouragements de l'assistance, avant de rejoindre les Semi-Hommes sur leur scène de fortune, où une nouvelle choppe, pleine à ras bord, lui fut mise d'autorité entre les mains.
Mais avant, il fallait qu'elle trouve quelqu'un…
- Gimli ! s'écria-t-elle lorsqu'elle le trouva parmi la masse. Cette chanson est pour vous !
Le Nain eut un rire bonhomme et s'avança vers la table pour se mêler à l'auditoire. Elle regrettait de ne pas connaître le Donjon de Naheulbeuk au-delà de la chanson Elfe farci et troll farceur, mais elle avait d'autres références. Genre Reflets d'Acide de JBX…
- Jouvencelles et jouvenceaux, mes dames et mes seigneurs, je vais vous conter l'histoire de Krak le Nain. Je compte sur vous pour chanter le refrain avec moi !
« Parmi les comptines et les belles histoires,
je préfère de loin cette chanson à boire,
un bol, une louche, une chope, un godet,
qu'importe le vase si t'es toujours bourré !
Ahu ! »
Sur cette dernière injonction, Luana leva sa choppe et s'enfila une longue gorgée.
« Mes amis, mes frères, je vais vous raconter
l'histoire de Krak, le Nain barbare benêt,
qui un jour de cuvée, s'était tellement torché,
que dans sa caverne il s'est connement paumé !
Pour sûr le gaillard, il devenait bavard,
couinant dans le noir, qu'il allait rentrer tard,
traversant la forêt, en gueulant "chui beurré" !
Moi j'aurais parié qu'il finirait crevé !
Parmi les comptines et les belles histoires,
je préfère de loin cette chanson à boire,
un bol, une louche, une chope, un godet,
qu'importe le vase si t'es toujours bourré !
Ahu ! »
Cette fois-ci, ce fut toute l'assemblée qui s'écria et leva sa choppe, imitant Luana, qui s'essuya vaguement la bouche de la main avant de reprendre sa chanson.
« Soudain inspiré, Krak se met à beugler :
"je vois mon destin, il me faut l'attraper".
Faut bien dire que l'ivresse, quand on est un vrai nain,
vous donne à peu près le pouvoir des devins.
Allant titubant, la bouteille à la main,
voilà Krak le Nain, courant comme un bourrin.
Tout à coup un grand coup, le voici à genoux,
il s'est pris un mur, le voilà dans les choux !
Parmi les comptines et les belles histoires,
je préfère de loin cette chanson à boire,
un bol, une louche, une chope, un godet,
qu'importe le vase si t'es toujours bourré !
Ahu !
Notre ami groggy, se creusait la cervelle,
trop tard car voici sa terrible donzelle.
Le poêlon à la main, et la fureur dans l'œil,
firent comprendre à Krak qu'il y avait un écueil.
Elle lui dit : "mon gars, je vais te dessaouler".
Très vite il comprit qu'il valait mieux filer !
Au lancer de la poêle, la naine est très douée.
C'est peu de le dire, Krak fut décapité.
Hardis compagnons, prenez-en de la graine,
si vous picolez, chantez cette rengaine.
Mais si vous devez, rentrer à la maison,
faudrait tout de suite reboucher les bouchons ! »
Et sur ces mots, Luana vida ce qui restait au fond de sa pinte sous les vivats de l'assistance, avant de leur offrir une profonde révérence. Lorsqu'elle se releva, elle jeta un regard timide en direction de Gimli. Avait-il apprécié cette chanson ou…
- Jeune Luana, vous venez de faire honneur aux dames Naines ! Rares sont ceux qui survivent assez longtemps à leur courroux pour en faire le récit !
La déclaration du Nain généra quelques rires.
- Une autre ! s'éleva une voix.
La Nauro vit avec surprise et plaisir Elden fendre la foule et s'approcher. Elle haussa un sourcil taquin, bras croisés sur le torse, un sourire en coin sur les lèvres.
- Ok. Mais tu montes avec moi !
Il prit un air faussement outré, faisant mine de s'offusquer de cette condition.
- Et pourquoi donc ?
- Parce que j'ai besoin d'un assistant pour montrer la chorégraphie.
- Ne peux-tu pas nous la montrer ? s'entêta-t-il.
Il vouait la jouer comme ça ? Ok. Dommage pour lui qu'une fois dans l'ambiance, elle aimait faire son show.
- Vous voulez le faire danser ? demanda-t-elle à la foule.
Aussitôt, un tonnerre d'exclamations lui répondit. Elle offrit un petit haussement d'épaules innocent à Elden lorsque celui-ci décroisa les bras et s'avança pour grimper sur la table.
- Tu me revaudras ça…
- Mais oui, mais oui l'Acrobate.
Elle passa un bras autour de ses épaules et l'attira un peu plus à elle, sous les yeux moins jugeurs. Tiens, c'était étrange d'ailleurs. Elle croyait être le grand méchant loup pour eux. Qu'est ce qui avait changé pour qu'ils fassent la fête avec elle ? Peu importait.
- Ok Elden. Je te montre la chorégraphie une fois et c'est parti.
Devant un public ébahi, Luana se mit à leur danser la Macarena sans musique. Mais très vite, l'hilarité fut générale quand Elden tenta de reproduire ses mouvements, imités par Merry et Pippin. Lorsqu'elle fut sûre qu'ils maîtrisaient à peu près les pas, elle commença à chanter et danser. Personne ne comprit rien aux paroles bien sûr. Mais la vision de l'écuyer d'Eomer, dansant cette chorégraphie improbable entouré de deux Semi-Hommes et de l'étrange fille-louve, eut un effet inespéré sur les spectateurs hilares. Certains tentèrent même de les suivre avant que tous ne les applaudissent chaudement une fois la chanson finie.
Attirant Elden à elle, bras dessus bras dessous, Luana commença à se balancer de gauche à droite, l'entrainant avec elle. Ce fut ainsi que les Rohirrims entendirent pour la première Le lac du Connemara.
Bien que le public ne fût pas tout à fait séduit par la lenteur du début, il fut rapidement conquis lorsque les deux zouaves se mirent à sautiller en rythme sur la table branlante, et plus encore lorsqu'ils s'amusèrent à lancer leurs jambes le plus haut possible.
Pour l'instrumental ? Quelques lalala leur suffirent.
Et Luana se retrouva à chanter encore et encore. Elle enchaîna avec Du rhum des femmes et Un petit Ricard –sans leur expliquer le jeu débile qui consistait à s'élancer en saut de l'ange sur une lignée de personnes assises, en espérant qu'elles auront assez de force pour porter un corps humain à bout de bras… Il était clair que personne ne comprenait tout ce qu'elle racontait. Mais c'était la fête, le rythme était bon et on y parlait boisson, alors personne ne le lui reprocha. Et bien sûr, après chaque chanson, on lui remplissait sa choppe.
Après ça, elle réussit à refourguer sa place à Merry et Pippin, qui refirent la joie des buveurs. Luana resta pour les écouter tandis qu'ils chantaient en sautillant joyeusement sur la table.
« Viens donc, n'ai pas peur,
car il faut que je soigne mon cœur.
Que le vent souffle et que la pluie tombe,
il nous faut partir… plus vite que les trombes.
Comme j'aime entendre le son de la pluie,
comme j'aime regarder les collines sans bruits.
Mais mieux encore que ces éléments,
c'est une bonne bière qui vous rentre en-dedans ! »
Cette chanson, elle les avait déjà entendus la chanter à Imladris avec le bon vieux Bilbo, Sam et Frodon. Elle célébrait la joie de vivre et de profiter de la vie, les petits plaisirs simples et surtout la bière. Celle sur laquelle ils enchaînèrent, elle ne la connaissait pas en revanche.
« Oh vous pouvez chercher loin,
boire et reboire dans tous les coins,
jamais bière n'aura si bon goût,
que celle que l'on trouve par chez nous.
Que celle que l'on trouve par chez nous.
Quelle que soit votre chopine,
même dans une bouteille divine,
quelle que soit la taille de votre flacon,
elle doit venir de notre Dragon ! »
Luana applaudit et les acclama avec la foule, riant et chantant en chœurs avec eux. Elden avait été appelé elle ne savait où par elle ne savait qui. Lorsque les deux compères descendirent de scène, la Nauro alla piocher dans un des plateaux où il restait encore quelque pitance et se prit une belle côte de porc. La viande était juteuse avec un poil de graisse. Ce qu'il lui fallait pour se remplir la panse et éponger l'alcool. Avec ça un peu de pain et ce serait nickel. Quoique…
Malgré les cinq pintes de bière qu'elle s'était enfilées, elle ne ressentait pour l'instant aucune ivresse autre que la bonne humeur ambiante. Étrange. Elle n'était pas si résistante à l'alcool d'ordinaire.
« C'est parce que ton organisme élimine l'alcool trop vite pour que tu en ressentes l'effet. »
Luana stoppa net, se faisant bousculée par un fêtard qui transbahuté un fût de bière. Elle ne prêta aucune attention au regard surpris et réprobateur qu'il lui lança avant de continuer sa route.
« … Pardon ? » demanda-t-elle mentalement, d'une voix qu'elle voulut posée et maîtrisée. Elle dut malheureusement se rendre à l'évidence que c'était un échec total.
« Tout comme pour le poison, l'alcool est éliminé le plus rapidement possible par notre don de régénération. Je suis désolée Luana, mais tu ne pourras plus jamais être ivre. »
- Quoi ?! Tu te fous de moi là !
Son cri ne passa pas inaperçu et plusieurs paires d'yeux se posèrent sur elle. Grand bien leur fasse, qu'ils la regardent autant qu'ils le voudraient, sur le moment, elle avait un problème beaucoup plus grave que ça à régler.
« Tu déconnes là ! C'est pas possible, je peux pas être immunisée à l'alcool ! »
« Je crains que si. »
« Mais… mais non ! Nana ! Je fais comment moi maintenant ? »
« Tu n'as pas besoin de te mettre mal à en rouler sous les tables pour t'amuser. »
« Mais ça peut aider ! Et une bonne cuite est toujours la bienvenue quand on a plus envie de se prendre la tête ! Tu peux gérer la régénération non ? Arrête-la ! Je veux pouvoir me saouler ce soir ! »
« Je ne peux pas tout arrêter. »
« Alors au moins la ralentir, que je puisse au minimum avoir un p'tit coup de chauffe ! »
« Même en la ralentissant du mieux que je peux, tu n'atteindras pas cet état. »
« Nana ! Pitié ! »
- Luana, un problème ?
Elle sursauta et se retrouva face à Grand-Pas. Le rôdeur la considérait avec la mine attentive. Mais heureusement, l'anxiété et le tracas avait déserté son visage. Lui aussi était passé par la salle de bain et il avait bien meilleure allure. Il portait une tunique pourpre, aux manches retroussées, sous un gilet noir. Pourquoi lui n'avait-il pas eu le droit à des vêtements adaptés à son rang ?
- Tu sembles contrariée, constata-t-il face à son silence et son air bougon.
- Naurofána vient de m'apprendre que je ne pourrais plus jamais me saouler. Adieu les cuites et les gueules de bois, je peux boire autant que je veux, l'alcool ne me fera plus rien.
Un petit rire lui échappa alors qu'il secouait la tête, amusé. Il s'arrêta aussi sec devant son air renfrogné et buté.
- Pardonne-moi… Je comprends ta détresse.
Ouais, c'est ça. À son ton, ça l'amusait plus que ça ne le désolait ! Il ne devait pas savoir faire la fête lui pour ne pas éprouver un peu de pitié devant son malheur. L'alcool aidait bien à mettre l'ambiance et à déconner !
- Et comment je vais justifier mes conneries moi ? bougonna-t-elle en croisant les bras sous sa poitrine, boudeuse.
- Je te demande pardon ?
- Ben oui ! Si je suis bourrée, on m'en voudra moins. Ça paraîtra même plus normal à certains que je fasse des bêtises bourrée que quand je suis sobre !
Il soupira, blasé mais toujours amusé, avant de la contempler, un sourire appréciateur et doux sur le visage.
- Tu es ravissante, la complimenta-t-il en plongeant son regard dans le sien.
Luana baissa les yeux, gênée, et fit mine d'examiner sa tenue. Ses braies noires et ses bottes n'avaient rien de particulier. Sans doute parlait-il de la blouse qu'Eowyn lui avait prêtée. Elle avait même réussi à trouver le temps d'y faire faire quelques retouches pour l'ajuster à sa taille.
De velours bleu nuit, elle lui tombait jusqu'aux hanches. Un col rond soulignait la gorge de la Nauro et laissait deviner la naissance de sa jeune poitrine. Ses manches longues, fermées par un fin laçage, s'évasaient à partir du coude et flottaient autour de ses mains. Grâce à cela, Luana avait pu garder ses bracelets. Non pas pour le combat, mais pour maintenir et protéger son bras blessé.
Un corsage bleu argenté, simple et sans fioriture, lui enserrait la taille et complétait l'ensemble.
- J'ai fait ce que je pouvais, bafouilla-t-elle.
- Tu as fait bien plus que je ne m'y attendais, dit-il en souriant. Je n'avais pas pensé à un tel assemblage mais c'est un bon compromis entre le pantalon et la robe.
- Merci. Mais si ce n'est pas par rapport aux vêtements… pourquoi avoir dit à Théoden que j'étais une princesse ? Vous savez aussi bien que moi que ce n'est pas vrai. Je suis une princesse de rien du tout, donc pas une princesse !
Si elle avait cru que le sujet aurait fâché Aragorn, elle se serait lourdement trompée. Il sourit de plus belle, visiblement amusé de sa réaction.
- Parce que tu n'acceptes pas ce statut. Il est devenu plus aisé au roi Théoden de te pardonner en sachant que ce titre et l'idée de noblesse te mettent mal à l'aise. Et puis… ajouta-t-il en reprenant plus de sérieux. Nous avions besoin de cela pour t'assurer la tranquillité.
- La tranquillité ? Vous plaisantez ! J'ai dû batailler avec Eowyn pour ne pas porter de robe, me battre avec Heda pour pouvoir me laver et m'habiller seule, parce que vous êtes allé raconter partout que j'étais une princesse !
Elle aurait bien continué à énumérer les raisons pour lesquelles elle n'était pas une princesse –déjà, pas de paillette quand elle pète –mais l'air grave d'Aragorn l'en dissuada.
- Tous n'acceptent pas ta nature. Certains sont venus réclamer à Théoden ton départ, ne souhaitant pas voir rôder une louve blanche autour de chez eux.
Quoi ? Ils en étaient arrivés à ce point-là alors que… malgré qu'elle…
- Bien que Théoden leur ait rappelé que tu es leur alliée et que tu t'es battue à leurs côtés, d'autres voix se sont ajoutées aux leurs. C'est pourquoi nous t'avons présentés comme étant la princesse et la représentante du peuple des Nauror. Aucun d'eux ne veut risquer un incident diplomatique en t'insultant par un regard mauvais ou une remarque déplacée.
Ah oui… elle comprenait mieux maintenant. Elle resta un instant silencieuse, le temps pour elle d'assimiler tout ça. Déjà, Théoden avait pris sa défense. Si quelqu'un d'autre que Grand-Pas le lui avait annoncé, elle n'y aurait pas cru. Il faudrait vraiment qu'elle soit plus cool avec lui. Ensuite, elle ne pouvait pas démentir après le mal qu'ils s'étaient donné pour faire gober ça à tout le monde. Même si elle ne comprenait pas comment les gars avaient pu avaler ça. Ce n'était pas comme si elle se comportait comme une fille de bonne famille !
- Merci, dit-elle en lui offrant un petit sourire reconnaissant. Ça valait la peine de supporter Heda même si elle voulait me faire ses pains aux raisins sur les oreilles !
Aragorn haussa un sourcil interrogateur et elle mima avec ses mains la coiffure ridicule, avant de désigner Heda, pas loin de là. Aragorn rit de nouveau en secouant la tête.
- Tu n'es très charitable avec cette pauvre femme.
- Je sais, je sais. Elle voulait bien faire mais je suis quand même bien contente que Legolas m'ait sauvé la mise.
- Legolas ?
La stupeur sur le visage du rôdeur alerta aussitôt Luana. ¡ Hostia ! Pourvu que ça n'ait pas de sens… sinon elle allait se remettre à espérer. Et ça c'était hors de question ! Interdiction de se refaire des films !
- … rassurez-moi, ça n'a aucune signification chez les Elfes de faire des tresses dans les cheveux d'un autre ?
- Ça en a une. Enfin, tout dépend du contexte et du type de tresses. Mais je doute que Legolas l'ai fait à la légère…
- Ah… ouf.
- Ouf ?
- Ben il l'a fait en mettant de côté la signification non ? Je veux dire, je ne suis pas une Elfe donc ça ne compte pas… et vu votre connaissance de la culture elfique, vous auriez réagi si j'avais eu des tresses particulières dans les cheveux non ?
Aragorn ouvrit la bouche pour répondre… avant de la refermer en voyant approcher Eowyn, une coupe de vin à la main. ¡ Mierda ! Elle ne pouvait pas le lâcher un peu celle-là ? Luana avait des choses importantes à dire et demander au rôdeur. Et puis elle devait bien comprendre qu'il était déjà pris !
Mais Aragorn ne faisait pas non plus grand-chose pour la décourager. Il s'était juste contenter de lui dire que sa bien-aimée devait partir pour les Terres Immortelles. Pas de quoi l'abattre et lui faire rentrer dans le crâne que ce n'était pas la peine d'espérer. Au contraire, elle devait s'imaginer qu'une fois Arwen partie, elle aurait le champ libre.
- Westhu Aragorn Al, susurra-t-elle en lui tendant la coupe.
Ok, il était temps pour la louve de filer sur la pointe des coussinets. Alors que Luana retournait voir le numéro des deux Hobbits, qui avaient repris leur spectacle, la grosse voix rocailleuse de Gimli se fit entendre :
- Luana ! Venez donc, que nous puissions commencer cette nouvelle manche.
Intriguée, elle se fraya un chemin jusqu'à la table où était assis le Nain, Legolas debout près de lui. Elle salua au passage Eomer qui lui sourit, nonchalamment appuyé contre un gros fût de bière posé sur des tréteaux. Plusieurs cavaliers du Rohan étaient rassemblés, visiblement dans l'attente d'un divertissement à venir. Parmi eux, Elden et son père, à côté de qui elle vint se placer.
- Que puis-je faire pour vous, maître Nain ? s'enquit-elle après un sourire pour Elden.
- Le principicule elfe et vous-même me devez une revanche !
Eomer posa d'autorité une chope de bière devant elle, et tous autour l'acclamèrent, heureux et curieux de voir boire une « dame ». Eh ben ! Elle ne pensait pas qu'ils le prendraient aussi bien !
- Ni pause, ni goutte renversée, déclara solennellement le capitaine des Rohirrims.
- Ni régurgitation, ricana Gimli, le nez déjà fourré dans sa pinte.
- Alors, on joue à boire, récapitula Legolas, dubitatif.
- Le dernier debout a gagné !
- Ce sera sans moi… grommela Luana.
Elden se tourna vers elle, la mine attristé, tandis que Gimli commençait déjà à s'exciter tout seul de la voir se désister.
- J'ai parié sur toi !
- Merci l'Acrobate… même si je ne sais pas comment je dois le prendre.
- Jeune Luana, vous ne pouvez me refuser ma revanche !
Les cavaliers approuvèrent et s'égosillèrent à qui mieux mieux pour réclamer sa participation. Encore un peu et elle allait croire qu'ils voulaient la saouler pour profiter d'elle.
- À quoi bon ? se défendit-elle. C'est pas drôle de jouer à boire quand on sait qu'on va finir sobre quoiqu'on fasse !
Elle récolta une myriade de regards surpris et interrogateurs.
- Mon état de Nauro et ma régénération accélérée m'empêche de finir bourrée ! se lamenta-t-elle.
Un murmure compatissant lui répondit et quelques-uns lui tapotèrent l'épaule d'un air réconfortant et encourageant. Merci les gars. Eux au moins comprenaient son calvaire.
- Donc… pas de jeux à boire ? s'enquit tristement Elden.
- Pas pour moi… Après je peux vous en apprendre.
Oh oui, elle pouvait leur apprendre des jeux à boire bien de chez elle. Et elle en avait un en tête qui devrait plaire à ces fiers cavaliers. Mais avant cela, il y avait un concours de buveur de bière en cours.
Rapidement, les pintes vides s'alignèrent devant les deux opposants. Gimli les enchaînait à un rythme soutenu, les vidant goulument et dans la joie. Et plus il buvait, plus il leur sortait des blagues naines, pour le plaisir de tous. Tous autour l'ovationnaient et trinquaient avec lui. Legolas quant à lui… buvait d'une façon assez classe et élégante. Il vidait les chopes avec régularité, sans sourciller ni rechigner. Son humeur ne changeait pas d'un iota alors qu'il s'enfilait bière sur bière. Il ne devint pas plus guilleret ni plus léger. Inébranlable.
- Je parie sur le maître Nain, chuchota Elden à l'oreille de Luana.
- Arrête de parier, ça ne te réussit pas, rigola-t-elle tout bas.
- Et pourquoi donc ?
- Parce que c'est clair que Gimli est déjà raide mort, alors que Legolas n'est même pas éméché.
- Peut-être le cache-t-il bien. Les Elfes sont vraiment indéchiffrables. Et puis, les Nains sont réputés pour être des buveurs de compétition.
- Ok, comme tu veux. Moi je parie sur Legolas.
À cet instant, l'Elfe posa sa énième chope d'un air incertain et considéra le bout de ses doigts, ébahi. Oh… Elden aurait-il dit vrai ? Les Elfes cachaient-ils vraiment bien leur jeu jusqu'au tout dernier moment, avant de tomber complètement raide ? Non ! Elle n'allait quand même pas perdre ce pari ! Legolas ne pouvait pas lui faire ce coup-là !
- Je sens quelque chose, dit-il lentement. Un picotement au bout des doigts…
Il releva la tête vers Eomer, qui haussa un sourcil circonspect.
- Je crois que ça me fait de l'effet !
Luana décocha une œillade narquoise à Elden, qui ronchonna. Et ouais, c'était elle qui avait raison !
Gimli éclata de rire, frappant la table de sa chope.
- Qu'est-ce que je disais ! s'exclama-t-il en tendant un doigt en direction de Legolas. Il ne tient pas l'alcool…
Et sur ces mots, le fier fils de Gloïn s'effondra avec cinq grammes dans chaque œil.
- La partie est finie, déclara posément Legolas.
Les applaudissements et les hourras accueillirent la victoire de l'Elfe. Mais le pauvre Legolas n'en avait pas fini. Aussitôt, les Rohirrims se succédèrent devant lui, l'objectif de la soirée étant devenu de faire tomber le grand seigneur Elfe.
Luana, hilare, donna un petit coup de coude à un Elden ronchon et désigna Gimli d'un coup de menton.
- Tu veux bien me donner un coup de main ? On va pas le laisser là… C'est ton gage pour avoir perdu le pari, plaqua-t-elle avant qu'il ne proteste.
Face au chantage, le pauvre Rohirrim n'eut d'autre choix que d'accepter son triste sort. Avec un soupir à fendre l'âme, il souleva le Nain d'un côté, passant son bras par-dessus ses épaules, tandis que Luana se plaçait de l'autre côté.
- On ne devrait pas plutôt le prendre un par les pieds, l'autre par les bras ? Ses pieds ne touchent pas même le sol !
- Pour le traîner comme un sac à patate ? Hors de question !
Mais le maître Nain pesait son poids, sans compter qu'il avait gardé des pièces d'armure sur lui. Pour la Nauro, ça allait. Pour le Rohirrim… un peu moins. Après moult pauses, éclats de rire et péripéties, les deux jeunes gens parvinrent à ramener le fier fils de Gloïn dans la chambre commune, où quelques fêtards bien alcoolisés avaient trouvé une place où cuver. Ils l'installèrent sur une couche et lui retirèrent quelques épaisseurs et accessoires, histoire qu'il soit plus à l'aise pour la nuit.
Gimli marmonna quelque chose dans son sommeil, dans une langue que Luana reconnu être du Khuzdul, la langue des Nains. Il s'agita un instant, avant de ronfler haut et fort, avec la délicatesse d'un roc qui se brise en deux.
- … je ne me souvenais pas qu'il ronflait si fort, murmura Elden, sourcils froncés.
- C'est la bière qui fait ça, rit Luana en lui faisant signe qu'il était temps de sortir.
Riant tous deux sous cape, ils marchèrent sur la pointe jusqu'au couloir. Dès que la porte fut fermée, Elden lança un regard de défi à la Nauro.
- Moi aussi, j'ai droit à ma revanche contre toi.
- … gné ?
Sans plus attendre, l'Acrobate s'élança en courant dans le couloir, son rire se répercutant sur les murs. Ah il voulait jouer à ça ! Luana se lança à sa poursuite, l'écho de ses pas et de ses rires se mêlant au concert joué par Elden.
Dès lors qu'elle l'eut rattrapé, elle se jeta en avant et se laissa tomber sur lui. Ils roulèrent tous les deux à terre, et se retrouvèrent empêtrés, l'un sur l'autre. Riant, Luana tenta de se dégager, repoussant Elden comme elle le put tandis qu'il faisait exprès de peser sur elle, prétendant dormir en ronflant grossièrement. Mais lorsqu'elle parvint à se retourner sur le dos, son visage se retrouva à quelques centimètres du sien. Yeux dans les yeux, ils restèrent immobiles, silencieux.
Elle pouvait sentir son cœur battre furieusement contre ses côtés. Et leur course n'avait rien à voir là-dedans… elle était terrifiée. Parce qu'elle savait comment finissaient ces scènes dans les livres et les films. Parce qu'elle pouvait lire sur le doux visage d'Elden ce qu'il allait se passer ensuite.
Que devait-elle faire ? Elle… elle ne pouvait pas… C'était mal ce qui était en train de se dérouler. Elle aimait Legolas. Elle l'aimait à en souffrir, à en crever. Alors qu'elle aurait tant aimé que ce soit Elden que son cœur choisisse. Tout aurait été si simple avec lui.
« Nana, aide-moi… »
Mais sa supplique fut à peine formulée qu'il était trop tard. Elden s'approcha lentement, lui laissant le choix. Elle ferma les yeux et effaça la distance qui les séparait encore. Elle voulait essayer. Elle le devait. Juste, leur laisser une chance…
Leurs lèvres se touchèrent timidement. Luana rouvrit les yeux, son regard plongeant dans celui d'Elden… qui brusquement fut arraché de terre et remis sur pied avec violence. Luana se redressa aussitôt, alerte.
Mais alors qu'elle croyait devoir faire face à Gamelin, ou même Peren, elle fut atterrée de découvrir Legolas. Il tenait Elden plaqué contre le mur, les doigts refermés sur son col, le soulevant assez pour le forcer à se mettre sur la pointe des pieds.
- Qu'étiez-vous en train de lui faire !? hurla-t-il.
- Legolas !
Mais le prince de Mirkwood ne l'écouta pas et secoua un Elden ébahi et légèrement sonné.
- Vous laissez les gens l'insulter et la traiter telle une débauchée, prétendre qu'elle en a après votre vertu ! Mais le danger, c'est vous !
Elle se jeta sur lui. Le saisissant par les épaules, elle le tira en arrière et le repoussa le plus loin possible, un gémissement de douleur lui échappant lorsque son bras blessé se tordit sous l'effort. Elle se mit tout de suite entre les deux hommes, servant de bouclier au Rohirrim étourdi, qui peinait à tenir sur ses jambes.
- Ça suffit ! cingla-t-elle en toisant froidement l'Elfe. ¡ Mierda ! Legolas, qu'est-ce qui vous prend ?
Dans la pénombre du couloir, la lueur qui émanait de lui avait quelque chose d'agressif. Elle n'avait plus rien de doux et d'apaisant. Tout dans sa position montrait qu'il était prêt à se battre. La tension dans ses épaules et ses bras, ses poings crispés. Et son regard… la Nauro frissonna tandis que deux dagues de glace la transperçaient de part en part, cherchant à atteindre Elden derrière elle.
- Legolas !
Il releva les yeux vers elle et aussitôt il reprit contenance, se redressant. Mais la tension ne l'avait pas quitté et lorsqu'il ouvrit la bouche, ses paroles montrèrent son agitation.
- Il… vous… Il essayait d'abuser de vous ! cingla-t-il d'un ton aussi froid et cinglant que le gel.
Quoi ? Croyait-il réellement qu'Elden avait essayé de la violer ? Alors qu'elle n'était pas bourrée et qu'elle pouvait facilement le maîtriser ? Mais comment avait-il pu croire ça ? Même si elle comprenait sa réaction à présent, comment avait-il pu…
- J'avais vraiment l'air de m'y opposer ou de résister ? cracha-t-elle.
Il la considéra en silence, longuement, avant de se détourner, raide et sec dans ses gestes.
- Pardonnez-moi de vous avoir déranger…
Elle le regarda disparaître à l'angle du couloir. Ce ne fut que lorsqu'une main se glissa entre ses doigts glacés, les pressant doucement, qu'elle s'aperçu qu'elle tremblait. Elle claquait des dents, totalement gelée par le dernier regard que lui avait jeté l'Elfe.
Elle retint de justesse ses larmes. Pourquoi pleurait-elle ? C'était stupide ! Elle n'avait pas à pleurer parce que… l'homme qu'elle aimait… l'avait surprise en train d'embrasser un autre…
- Est-ce que ça va ?
Elle se retourna difficilement vers Elden, qui la regardait avec inquiétude. Elle hocha lentement la tête en un mouvement saccadé et rigide.
- Je suis désolé… murmura-t-il, mal à l'aise.
- T'as pas à l'être. Il n'avait pas à… agir comme ça !
- Il pensait que je… que je tentais d'abuser de toi.
- Et il n'avait pas à penser ça de toi ! T'es quelqu'un de bien, jamais tu ne ferais ça à une fille !
C'était vrai… Legolas n'avait pas le droit de penser du mal d'Elden à cause d'elle. Ce n'était pas parce qu'elle déteignait sur lui qu'il fallait le croire capable de telles horreurs.
Ils restèrent un long moment-là, sans dire un mot et sans faire un geste.
- Je… je suis désolé… répéta finalement Elden.
- Je t'ai dit que t'avais pas à l'être ! s'énerva-t-elle, les nerfs à fleur de peau.
- Pour le baiser, compléta-t-il.
- Oh… souffla-t-elle en baissant la tête.
Avait-il senti ? Avait-il compris qu'elle n'avait malheureusement aucun sentiment pour lui ? Rien qui n'allait au-delà de l'amitié tout du moins. Un ricanement gêné lui fit relever la tête, surprise. Il avait un petit sourire en coin, à la fois amusé et mal à l'aise.
- Je n'aurais pas dû. Je me rends compte maintenant que…
- Que quoi ?
Il eut un nouveau rire gêné, le rouge aux joues.
- Si j'avais eu une sœur, j'aurais eu l'impression de l'embrasser à l'instant…
Luana ne put faire autrement que de rire elle aussi. Oui. Ça avait été exactement ça. Maintenant qu'elle y repensait, ça avait été aussi dérangeant et étrange que si elle avait roulé une pelle à Éric.
- Ça m'a fait la même… avoua-t-elle, contrite. Ami ?
- Ami.
Il la serra doucement contre lui, rassurant, et elle sentit tout de suite une différence dans son étreinte. Une attente, une espérance qu'elle n'avait jusque-là pas remarquées, avaient disparu. Au moins, c'était clair à présent entre eux. Plus d'ambigüité.
- Ta tête, ça va ? s'enquit-elle doucement sans quitter ses bras.
- Une petite bosse, rien de bien grave.
- Tu devrais quand même la montrer à quelqu'un… T'avais pas l'air bien sur le coup.
- La surprise et le choc sans doute.
- Ça va aller ?
- Une bonne pinte de bière et ce sera oublié…
- Les règles de ce jeu sont simples ! Le but : simuler une course de chevaux ! Il n'y a pas de gagnants, pas de perdants, on est juste là pour se bourrer la gueule avec fun !
Luana, debout en bout de table, considéra les six personnes attablées devant elle. Elden, Merry et Pippin et trois Rohirrims inconnus, que l'Acrobate lui avait rapidement présenté. Elle avait bien tenté de convaincre Aragorn de participer mais il avait décliné en prétendant vouloir garder le peu d'estime de soi qu'il avait encore. Ça ne l'empêchait d'être adossé à une colonne près de la Nauro pour assister au spectacle.
- Lorsque je dis "Les chevaux sont sur la ligne de départ, go !", vous commencez à taper sur la table pour imiter le galop d'un cheval !
Elle joignit le geste à la parole pour bien faire comprendre ce qu'elle attendait. Quelques rires fusèrent autour d'elle.
- Quand je crie "obstacle !", vous vous levez tous et faites tous un bond sur place avant de vous rassoir et de recommencer à taper des mains sur la table. Quand je crie "virage à droite », vous vous penchez tous sur votre droite, "virage à gauche", tous sur votre gauche !
Les participants commencèrent à se regarder, incertains et inquiets. Elle les avait prévenus que c'était un jeu stupide ! Et surtout qu'elle ne leur montrerait aucune pitié. Elle avait leur cœur lourd. Le poids qui y était accroché pesait plus que jamais. Elle en avait envie de vomir. Mais rien ne devait filtrer. Elle devait jouer la comédie et elle allait se donner à fond… quitte à ce que certains trinquent à sa place. Si elle ne pouvait se bourrer la gueule pour oublier, alors elle allait les faire boire. Et pas qu'un peu !
- Quand je crie "Rivière !", vous buvez tous un coup ! Quand je crie "collision !", vous trinquez tous en même temps et vous buvez tous un coup ! Les palefreniers, je compte sur vous pour que les chopes ne soient jamais vides.
Trois gamins levèrent les pichets de bière qu'ils avaient à la main, montrant leur motivation et leur hâte de remplir leurs fonctions.
- Quand je crie "fin de course !", vous buvez tous cul-sec ! Des questions ?
- Oui : combien de tours comptes-tu nous faire faire ainsi ? demanda Pippin, inquiet.
- … jusqu'à ce que vous soyez tous couchés, ricana-t-elle d'un air sadique. Prêts ? "Les chevaux sont sur la ligne de départ… go !"
* Cette chanson à boire est tirée de La belle fauconnière, du cycle des Romances de Ténébreuses, par Marion Bradley Zimmer (mon livre préféré :3) Je me suis juste permise de remplacer le nom du Dieu de Ténébreuse par celui du Dieu Unique de Tolkien ^^
* Sort la tête de derrière son bouclier, prête à se planquer au moindre lancer de tomate ou autre objet contondant*
... vous m'en voulez pas trop pour le baiser ? é.è
La réaction de Legolas en valait la peine non ? Pas de tomate, pitié...
J'espère que ce chapitre vous a plu ^^
Personnellement je me suis tapée des bonnes barres en l'écrivant.
J'ai hésité à faire une battle entre Elden et Luana, mais je me suis dis que ça ferait tout much. Peut-être pour un autre autre chapitre ;)
Et n'oubliez pas la FAQ ! C'est votre dernière chance de poser des questions compromettantes à votre ou vos personnages préférés ;P
Réponses au reviews guest :
Nezumibook : de dessin animé peut-être pas. De musique Disney sans doute (un conseil, ne vous endormez jamais avec la compilation Disney dans les oreilles x) ) Kinder peut être considéré comme du chocolat frelaté ? Merci pour te review =)
Waina : Délice ou délire ? :P Rho ben non, faut pas mourir ! Sinon tu connaîtras jamais la fin :o XP
Meilleur que Roméo et Juliette ? =P À la prochaine et merci pour ta review ^^ À tout' ! =P
Lucifer : And good evening from France, with love ! Ce chapitre est un peu un mélange entre déprime et délire... Verdict ? Le délire n'est pas que de moi x) Luna a bien foutu le bordel, c'est suffisant ? =P Thank for your review.
Et bien sûr : Fus ro dah !
Namarien : Parce que celle dans les livres n'est pas méritée peut-être ? ;P (tkt pas, je lui réserve un truc fun X3 ) Oh oui elle promet d'être drôle (enfin pour moi à écrire, vous à lire... Je sens que je vais me faire tuer par certaines x) ) Mais là, tu pense que la réaction de Leggy va la faire bouger un peu ? =P Là je n'ai aucun mérite, c'est les arguments que je sors à ma mère chaque fois qu'elle veut me faire porter une robe x) Mais c'est vrai que ce point commun ne peut rapprocher les deux jeunes femmes ;) Toi c'est Gandalf l'enchanteur qui t'a le plus éclaté ? ^^ Ben c'est le seul qui pouvait faire Pinocchio aussi... Donc voilà quoi XP Mais non, ça va bouger t'en fais pas ;P
Merci pour ta review et à la prochaine ! =D Bisous !
Tsuki : Heu... un peu morcelée et difficile à comprendre ta review... -.-' Mais je crois comprendre que le rêve t'a bien fait délirer =P Mais décidément vous lisez dans mes pensées !? Vous êtes plusieurs à me demander quand je vais faire ci ou ça en ce moment et c'est ce qui est prévu dans les chapitres à venir ! XD J'espère que ce passage entre les deux tourtereaux t'a plu =)
Merci pour ta review et à bientôt ;)
