Hello, voici le chapitre 2 ^_^

j'espère que cette suite vous plaira, j'attends avec impatience vos review pour connaître vos avis.

Et pour ceux qui pense, ouf c'est pas trop tôt.. et bien peut-être qu'au fond j'aime me faire désirer qui sait ? ^^

Bonne lecture, Shelovesgirls


Shizuru poussait tranquillement la chaise roulante dans le grand couloir blanc et bleu, et se dirigea vers l'aile F nord où se situait la salle de rééducation et de sport. La brune pensa que la châtain parlait un peu trop à son goût mais elle n'avait pas été aussi à l'aise avec quelqu'un depuis longtemps, elle ne pouvait se l'expliquer. Natsuki arrivait à supporter qu'elle parle autant sans pour autant l'envoyer paître plus loin avec les jolis noms d'oiseaux qu'elle aimait tant crier. Natsuki faisait la têtue mais n'hurlait pas, ni n'insultait Shizuru. Alors qu'elles passèrent devant une des salles où des collègues de Shizuru étaient assis, Haruka crut halluciner.

« Attends, c'est Shizuru avec la beauté givrée qu'on vient de voir passer ? Pourquoi elle ne crie pas à la mort et n'insulte pas Shizuru de tous les noms ? »

Haruka se dirigea vers l'entrée de la porte et regarda discrètement. Elle put même voir un sourire rapide passer sur le visage de la soit disant louve indomptable.

« Et bien, on dirait que Shizuru fait des miracles. La déglinguée sourit, je ne savais pas qu'elle savait le faire. » Fit Haruka à ses collègues.

« Tu crois qu'elle l'a envoutée avec son charme ? » Lui demanda Takeda.

« Shizuru est belle, on sait mais c'est bon, elle n'envoute pas les gens quand même… »

« Beh je pense que si, d'ailleurs la givrée est très mignonne dommage qu'elle soit infecte… » Taketa se mit légèrement à rougir.

« Bon, Takeda on a pas besoin de connaître tes gouts en la matière. Tu ne devrais pas être déjà en train de faire ta garde toi d'ailleurs ? »

« Euh si, si… désolé… J'y vais… tout de suite. » Takeda quitta rapidement la pièce avec un chariot.

« On dirait que la chef a donné le dossier de la folle à Shizuru. Je ne pensais pas qu'elle irait vraiment jusqu'à demander le dossier. C'est une coriace cette Shizuru, je dois dire. Ca me plait, mais j'attends de voir les résultats et surtout j'attends de voir si elle ne craque pas avant. Dans ce cas, ça sera à moi de montrer ce que je sais faire. » S'enquit Haruka.

« Tu sais, tu ne devrais pas dire ça Haruka. Il parait qu'elle n'est pas au meilleur de sa forme ces temps-ci et qu'elle a quelques problèmes familiaux. J'espère que ça ne va pas trop l'affaiblir et que la folle ne va pas la rendre dingue. Elle sourit peut-être parce qu'elle est sûrement en train de lui faire croire qu'elle l'a domptée, pour ensuite la piégeait et la rendre complètement folle avec ses cris d'hystérique. Je pense que c'est une mauvaise idée pour Shizuru d'avoir pris le dossier. » Lui répondit Yukino.

« Elle est assez grande, ne t'inquiète pas pour elle après tout c'est la belle, grande et sage Shizuru dont on parle là. Elle devrait y arriver et puis, sinon je suis là moi. »

« Euh, je suis désolée de te dire ça Haruka, mais je te connais bien depuis le temps et je pense que tu n'es pas la personne appropriée pour t'occuper d'une patiente comme la Kuga. Je pense que tu te mettrais à l'insulter très vite et encore pire qu'elle, tu ne pourrais pas tenir. Tu pars au quart de tour avec les gens malpolis et taquins, et tu le sais très bien. »

« Bah oui, le but, c'est qu'elle remarche un jour, pas qu'elle reparte tétraplégique. » Fit Akane qui pensa qu'elle aurait du se taire en voyant le regard furax d'Haruka sur elle. « Je vais bosser… A plus tard. » Elle s'éclipsa rapidement de la pièce et alla rejoindre son collègue Takeda.

« Haruka, tu vois tu ne peux pas tenir en place. » Lui dit Yukino, alors qu'Haruka souffla en s'asseyant.

« Je sais, je suis sanguine, j'y peux rien. Faut que je travaille là-dessus mais ce n'est pas facile. » Lui répondit Haruka la voix faible.


« Tu as dit que tu faisais du sport, non ? » Lui demanda Shizuru.

« Oui, de la moto au niveau international. »

« Tu as déjà un corps musclé, ça devrait beaucoup t'aider. On va commencer par des tractions. On va muscler d'avantage tes bras, pour que tu puisses plus facilement utiliser ton fauteuil. »

« Alors pour préciser, au cas où tu n'aurais pas remarqué. C'est de mes jambes qu'il faut s'occuper ? »

« Je sais mais la rééducation met du temps et je veux que Natsuki puisse être autonome pendant tout ce temps, alors nous allons remuscler ton corps, tes jambes certes mais aussi tes bras. Tu verras, tu n'auras plus les mains ou les bras qui te font mal après moins d'une heure. »

« Mouais… Je ne sais pas si c'est grâce à vous que je vais pouvoir remarcher un jour… »

« Ara, ara, Natsuki est toujours aussi désagréable ? Il en faudra beaucoup plus pour me faire abandonner. Alors vas-y passe dessous cette barre de fer, pose tes deux mains ici et soulève-ton poids de ton fauteuil cinq fois, puis dix. Ensuite, on passera à autre chose. D'accord ? »

Natsuki ne savait pas comment s'y prendre avec cette kiné, elle était plutôt tenace et sa beauté l'intimidait un peu. Elle décida donc de s'exécuter. Elle attrapa la barre et se souleva cinq fois, puis dix, puis quinze… Elle n'avait pas l'air de vouloir s'arrêter, elle était en sueur. Shizuru l'arrêta en posant ses mains sur ces épaules.

« Tu peux t'arrêter. C'est bon, j'ai vu que tu étais forte. Mais le but, ce n'est pas de s'épuiser en cinq minutes, c'est de se muscler en une heure. »

« Je vois pas en quoi ça va m'aider, c'est idiot. »

« Je suis là pour t'aider, j'ai mes diplômes et de l'expérience. Crois-moi, si je te dis que je vais t'aider mais il faut que tu me fasses confiance… »

« Confiance ? Ce n'est pas un truc qui se donne si facilement désolée… »

« C'est vrai, mais juste au moins un début de confiance pour qu'on travaille ensemble ? S'il te plaît, Natsuki ? »

« Arrêtez de me regarder comme ça et de dire mon prénom à tout bout de champs ! »

« Hmm, on dirait que Natsuki est encore en train de rougir. Elle est trop mignonne. »

« S'il vous plait arrêtez ça tout de suite, sinon je quitte cette pièce ! »

« Très bien, j'arrête que si vous utilisez mon prénom Shizuru… »

« D'accord Shizuru, mais vous arrêtez ok ? »

« Très bien. »

Elles continuèrent la séance puis, Shizuru décida d'arrêter car Natsuki avait l'air épuisée physiquement et mentalement. Cette journée avait été assez dure pour elle. La châtain raccompagna la louve à sa chambre. Pendant le temps du voyage, il y eut un grand silence. Shizuru savait très bien que cette première séance venait de lui montrer à quel point marcher lui manquait, à quel point les sensations dans ses jambes lui étaient inconnues et surtout à quel point elle se sentait assistée et inutile. Soudain, Natsuki qui avait la tête baissée lui dit :

« Je ne veux pas rester comme ça… je veux être comme avant… »

Sa voix était faible et suppliante, mais pas une seule larme ne coulait. Shizuru arrêta le fauteuil et fit face à Natsuki, elle lui remonta le visage avec un doigt sur son menton pour qu'elle la regarde dans les yeux.

« Vous n'êtes pas seule, je vais vous aider. Je vous assiste pour le moment et je sais que c'est pénible pour vous, mais vous verrez vous serrez bientôt complètement autonome. Et puis, avec la rééducation, il y a de grandes chances que vous remarchiez alors s'il vous plait n'abandonnez pas maintenant. Je vous présenterai plusieurs de mes patients qui aujourd'hui remarchent, peut-être que vous aimeriez leur parler. Et puis, il faut qu'on ajuste votre fauteuil roulant, il ne me parait pas bien adapté à votre morphologie. »

« Très bien. Mais promettez-moi que même si vous me trouvez odieuse vous ne m'abandonnerez pas ? »

« C'est promis, Natsuki. Mais il faut qu'on travaille ensemble ? »

« C'est ce qui va être compliqué… »

Shizuru raccompagna Natsuki jusqu'à sa chambre.


Trois mois passèrent, maintenant Natsuki pouvait rentrer chez elle et Shizuru venait à son domicile pour continuer les exercices. Elles s'entendaient de mieux en mieux et une certaine relation spéciale s'était installée entre elle. Il y avait eu des améliorations grâce aux exercices, elle avait des réflexes et pouvait bouger ses jambes mais plus le temps passé plus les résultats se faisaient faibles et la louve avait de plus en plus de mal à supporter sa condition. Surtout qu'elle n'était pas beaucoup entourée pour tenir le coup. Shizuru trouvait qu'elle était de plus en plus dure à supporter et cela portait aussi sur son morale.

« Natsuki, tu dois faire tes exercices maintenant que j'ai étiré tes muscles. »

« Non, ça ne sert à rien. Tu ne vois pas que rien à changer depuis l'autre fois ! » Cria-t-elle.

« Je ne t'ai jamais dit que ça serait rapide et facile. Oui, c'est très difficile. »

« Qu'est-ce que t'en sais d'abord ! Tu es qu'un docteur qui a ses deux jambes fonctionnelles, tu ne sais pas ce que je ressens ! J'en ai marre ! Lâche-moi ! » Hurla-t-elle de rage et la poussa assez violemment.

Shizuru s'écarta avant de prendre une grande respiration. La pièce devenait comme froide et sombre d'un seul coup. Elle avait les mâchoires serrées, les yeux rouges et avait les pupilles dilataient, ses traits n'étaient pas reconnaissables, ses nerfs commençaient à doucement lâcher, elle le savait et ça s'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase.

« NON, c'est vrai je ne suis pas dans un siège roulant néanmoins tu n'es pas la seule à avoir vécu un accident ! Ma petite sœur chérie elle l'est et c'est de ma faute alors ne me sort pas ce genre de choses c'est compris ! On est tellement proche que je la comprends plus que tu ne peux le croire. La différence avec toi, c'est qu'elle ne pourra plus jamais remarcher et que je dois vivre avec ça et ses états d'humeur qui peuvent passer du sourire aux larmes en passant par des envies de suicide. Alors, non ne me dis pas ça, jamais ! Tu sais quoi, on va arrêter là… Je m'en vais ! Bonne soirée ! »

Natsuki avait écouté sa tirade pleine de remords et de souffrance. Elle s'en voulait mais elle ne pouvait pas savoir que Shizuru lui sortirait ça. Elle a été prise totalement au dépourvu, elle venait de lui faire terriblement mal et elle voulait qu'elle disparaisse de sa vue. Shizuru était en train de prendre ses affaires et de mettre sa veste.

[Peut-être donnera-t-elle mon dossier à quelqu'un d'autre… encore une fois… je suis seule à nouveau…et j'en suis la seule responsable, c'est tout ce que je mérite. Natsuki ! Non, il faut qu'elle reste ! Ne la laisse pas partir !]

Sans qu'elle ne sache pourquoi, comme une soudaine compréhension de sa bêtise et peur de l'abandon, Natsuki se remit le plus rapidement dans son fauteuil sans remettre comme il faut ses jambes sur les repose-pieds et la poursuivit dans le couloir. Shizuru se dirigea vers la porte sans se retourner vers Natsuki, elle ne le comprenait pas elle-même mais les mots de Natsuki lui firent plus mal qu'elle ne l'aurait cru et elle n'en savait pas la raison. Mais cette femme était spéciale pour elle, infecte parfois certes, mais spéciale.

« Non, s'il te plait, ne me laisse pas. Je suis désolée ! Je suis désolée, tu m'entends… »

Elle se cogna dans un mur puis, se prit la jambe dans l'embrasure de la porte menant à la cuisine. Shizuru attrapa la poignée de la porte d'entrée et l'ouvrit. Natsuki se retrouva sur le sol non loin de l'entrée, elle se souleva, avança légèrement et abandonna, elle serra les poings et frappa le sol. Sa voix se brisa, elle tremblait, ses nerfs lâchaient complètement, elle regardait le sol de peur de voir le regard de celle qui réchauffait son cœur plein de haine à nouveau.

« S'il…te plaît… Reste…Je ne veux pas d'autre… docteur que toi… Ne m'abandonne pas… S'il… »

Natsuki entendit la porte se refermer. Elle pleurait à présent, tout le monde la laissait. Elle éclata en sanglots, ceux d'une personne perdue à la dérive prête à se laisser mourir là sur le sol froid et humide de ses propres larmes. Elle se mit doucement en boule. Plus rien à d'importance, surtout que Mai sa meilleure amie, part rejoindre son petit ami Tate à Osaka dans moins de deux semaines. Bientôt elle ne pourrait compter que sur elle-même.

Elle sursauta lorsqu'elle sentit une main chaude sur son dos, elle hoquetât et son regard tomba sur des yeux rouges sublimes plein de tristesse et de compassion. Elle ne se doutait pas que la brune se sentait si seule. Shizuru était là, elle n'était pas partie. Elle était là assise à côté d'elle, à genoux.

Avec son autre main, Shizuru essaya les larmes de sa louve du revers de la main et la posa délicatement sur son avant-bras.

« Calme-toi. Je suis là. Je n'ai jamais dit que je ne voulais plus être ton docteur. » Elle lui sourit timidement. « Tu sais juste mettre les gens au bout du rouleau. »

Natsuki, n'en croyait pas ses yeux. Elle était vraiment là et toujours gentille avec elle. Elle s'approcha d'elle, s'accrocha à sa taille et un prénom sortit de sa bouche :

« Shizuru… »

Avant qu'elle n'éclate à nouveau en sanglot, la tête sur ses genoux. Entre deux pleurs, elle put placer quelques « Merci…. » et reçut en retour des caresses et des « shhhh ».

Au bout d'une dizaine de minutes, les pleurs se tarirent et des hoquets apparurent. Elle se calma doucement avec les mouvements de caresses sur son bras et son dos. Et ferma doucement les yeux, Natsuki se sentait bien installée sur les genoux de son docteur. Des mots se firent entendre :

« Je suis désolée pour ta jeune sœur… Je ne savais pas… »

« Je sais, ne t'inquiète pas. Allez, je vais te remettre dans ton fauteuil à moins que tu ne préfères le canapé, tu as l'air épuisée… »

« Tu as raison, le canapé se serait mieux ».

Sans qu'elle n'ait le temps de dire quoique ce soit, Natsuki se retrouva dans les bras de Shizuru qui la souleva et la déposa délicatement sur le canapé en tissu bleu. La louve était devenue toute rouge. Shizuru le remarqua et ne put s'empêcher d'en rajouter tout en s'asseyant à côté d'elle.

« Ara, c'est rare que je fasse le prince charmant, je joue plutôt le rôle de la princesse normalement. Arrête de rougir comme ça ou je risque de devenir accro… » Lui dit-elle avec un sourire en lui caressant la joue.

Natsuki ne sut quoi répondre, elle s'empourpra encore plus tout en évitant le regard envoutant de Shizuru.

« Tu as dit que tu arrêtais de faire ça. »

« Désolée, j'arrête mais Natsuki me dois bien ça pour cette fois-ci. »

Shizuru allait se lever mais Natsuki lui retint son gilet. Leurs yeux se croisèrent.

« S'il te plait, reste un peu avec moi. S'il te plait ? »

« Bien sûr, comme tu veux. Je vais m'asseoir ici, tu peux mettre ta tête sur mes genoux si tu veux. »

Elle allait dire non, mais elle fut surprise d'entendre un « oui » sortir de sa bouche. Elle s'installa donc sur Shizuru, sa joue tout contre sa cuisse dont la chaleur se faisait sentir même à travers le tissu. Elle ferma les yeux, alors que Shizuru lui caressa les cheveux.

Flashback :

[Autour de moi tout était flou plus j'accélérais. Une lumière aveuglante arriva en face de moi, elle n'aurait pas du se trouver devant ma route, jamais. Je fermais les yeux, elle me frappa de plein fouet, à l'impact mon corps ne résista pas et se brisa à plusieurs endroits, les craquements et les battements de mon cœur se fit entendre. Ma moto partit en tonneaux pour exploser un peu plus loin. Je sentis mon corps partir et voler. Puis, un dernier impact me fit tomber dans les pommes. Quand j'ouvris les yeux tout était sombre et humide, est-ce qu'il pleuvait… du sang ? Non, c'est… mon sang partout, mes os à vifs, une douleur atroce et je ne pouvais bouger mes jambes… mes mains étaient imprégnés de mon sang, une douleur lancinante puis, mes larmes…]

Natsuki transpirait et une larme coula sur son joli visage dans son sommeil.

« Ahhhhhhhhh ! NON ! NON ! »

Elle faisait un cauchemar. Shizuru sursauta, lorsque la brune se débattit et hurla.

« Calme-toi Natsuki, c'est moi ! C'est moi ! Shhh, c'était un cauchemar. »

Shizuru la prit dans ses bras et la serra fort. Elle reprit doucement ses esprits.

« Encore ce putain de cauchemar… Ca ne s'arrêtera dont jamais… »

Shizuru se toucha le bras où une légère griffure venait d'apparaitre, avant de lui répondre avec sa voix douce et modulée.

« Non ça ne s'arrêtera jamais vraiment mais avec le temps les cauchemars diminueront et cela n'arrivera que très rarement… Tu dois être forte, Natsuki et je t'aiderai à devenir plus forte. »

« Merci et désolée de t'avoir griffée… »

« Ara, ara, Natsuki est une vraie sauvageonne. Fit-elle tout en riant, puis reprit sérieusement, mais tu es une louve solitaire que je vais réussir à apprivoiser, je te le promets. »

Natsuki rougit et lui sourit. Son cœur se sentait mieux et elle savait qu'avec cette femme à ses côtés les choses allaient finir par changer si elle agissait plus comme un humain qu'un animal sauvage. Shizuru arrivait à briser sa carapace et cette dispute qu'elles avaient eue, la plus corsée à ce jour, leur avait permis de se rapprocher encore plus.