Hello everyone ! =P
Non vous n'hallucinez pas, c'est un nouveau chapitre ^^
Encore une fois, merci à vous tous pour tout votre soutien, j'arrive pas à croire que vous ayez porté aussi loin cette fanfiction !
Et l'aventure est pourtant loin d'être finie ! =P
Au cas où ce serait passé inaperçu la dernière fois, une page Naurofana a été ouverte sur Facebook !
Et pour ceux que ça intéresse, une FAQ en direct s'y déroule actuellement. Il vous reste une semaine pour y poser vos questions ;)
Chapitre 57 : Oh Leggy, si tu savais…
La Nauro et le Rohirrim se faisaient face. Tous deux affichaient cet air à la fois féroce et juvénile de deux enfants ayant trouvé un copain de jeu. Un rival, à qui il fallait prouver sa bravoure et sa force.
C'était puéril, une petite bataille enfantine et sans enjeu autre que la satisfaction et la fierté personnelles. Le plaisir de montrer à son concurrent et à toute la cour de récré que l'on n'était pas un morveux. Et quelle cour !
La joie et l'exultation étaient d'autant plus grandes que tout deux savaient qu'ils étaient à part et qu'ils venaient de trouver l'unique personne de toute la Terre du Milieu qui puisse offrir cette danse. Maintenant restait à savoir si l'autre serait à la hauteur.
Luana sentit son sourire s'étirer. Elle allait s'amuser et il n'était plus question de se retenir. Théoden l'avait lui-même défiée en titillant Elden pour le faire se lever et l'affronter. L'Acrobate commença à marcher lentement. Elle l'imita, les deux se tournant autour tels deux duellistes se jaugeant. Leurs pieds se mouvaient en parfaite synchronisation, l'un étant le reflet de l'autre. Yeux dans les yeux, ils retenaient tant bien que mal l'excitation qui les faisait frissonner.
Mais brusquement, une musique prit la Nauro par surprise, manquant lui faire perdre le rythme et son assurance. Un air virevoltant, entraînant de violons, qui tournait, tournait, tournait et tournait encore en une valse furieuse. Une musique qui venait du plus profond de son être.
« Nana… Goldman, t'es sérieuse ? » demanda-t-elle ahurie.
« Tu aimes pourtant Tournent les violons » se justifia la louve.
« C'est une battle ! Comment tu veux qu'on danse sérieusement là-dessus ?! »
« Elle s'accorde très bien avec l'ambiance je trouve. »
« Écoute bien les paroles et on en reparle. »
Malgré son débat intérieur, Luana parvint à ne pas lâche Elden du regard. Et à la tension grandissante dans ses muscles, aux pas qui s'allongeaient, il allait bientôt passer à l'action si elle ne le faisait pas.
« Nana ! »
La louve soupira et les violons se turent. Mais aussitôt, la percussion d'un tambour vint les remplacer et battre une pulsation bien particulière, manquant faire définitivement décrocher la Nauro.
« Le remix tribal de Dil Gaya ? Nana, Omnia c'est du paganfolk ! Pas du rap ! »
« Écoute avant de râler ! Comme tu l'as dit, c'est la version remixée. »
Luana s'arrêta, imitée par Elden. La musique enflait en elle, les percussions se faisant plus fortes et plus nombreuses. Des voix vinrent s'ajouter en fond en un bourdonnement oppressant. Un synthétique, accompagné d'une bombarde, faisait onduler la mélodie générale, les percussions rythmant l'ensemble dans un élan fiévreux. La musique originale était pagan, avec une note médiévale. La version remixée faisait ressortir quelque chose de plus oriental, qui donnait à Luana l'envie de partir dans tout autre chose qu'une battle de break. Genre danse du ventre.
Mais quelque chose dans la mélodie faisait particulièrement bien ressortir l'état d'esprit dans lequel elle était : le pagan pour le combat qui s'annonçait ; le médiéval pour le décor qui l'entourait ; l'aspect synthétique pour appuyer le décalage entre son environnement et elle ; l'oriental pour la provocation.
Luana sourit et d'un air provocateur leva les bras en l'air et laissa ses pieds glisser, ses jambes s'écartant et la faisant descendre de plus en plus, jusqu'à ce qu'elle touche sol dans un grand écart. Ça lui tirait sur les jambes malgré l'échauffement de la précédente danse, mais elle n'en montra rien. Elle pencha le buste en avant, sa poitrine venant toucher la pierre devant elle, tandis qu'elle venait poser le menton sur ses mains, regardant son adversaire d'un air mutin.
Elden haussa un sourcil à la fois appréciateur et moqueur :
- Est-ce cela que tu appelles une acrobatie ?
- L'Acrobate, le grand écart est la base de bien des figures. Il faut déjà le maîtriser.
- Je crains hélas que la souplesse ne soit pas mon fort…
Et pourtant, il se laissa tomber à terre, en une parfaite position du Bouddha, les jambes emmêlées devant lui.
- Je te trouve pourtant… flexible, répliqua-t-elle en faisant jouer sa langue sur le dernier mot, arrachant un sourire à Elden.
Autour d'eux des murmures et des chuchotements commençaient à s'élever. Face à leur indécence ou d'impatience ? Dur à dire. Mais la musique en Luana atteignait son apogée. Le préambule touchait à sa fin.
Dans un grand élan, Luana fit brusquement passer sa jambe gauche devant elle, l'envoyant sur le côté chasser la droite. Dans un tourbillon, elle se retrouva sur sa main valide et poursuivit sa course, tout son corps se tendant vers le haut. Sous l'ovation de la salle, elle fit deux tours complets avant de revenir sur ses pieds, juste à temps pour voir Elden se pencher en avant sur ses jambes repliées, et se détendre brusquement vers l'arrière.
Avec aberration, elle le vit passer d'une position assise à une série de flips arrières, s'élançant dans l'allée centrale. La salle explosa dans une clameur fiévreuse et tonitruante.
Luana s'élança aussitôt à sa poursuite, le suivant dans un enchaînement de roues où elle usa de son coude gauche pour se propulser et épargner sa blessure. Elle atterri juste devant lui dans un salto costal* final.
Mais déjà il l'attendait en poirier, tête en bas. Il lui adressa un sourire goguenard, pas du tout gêné par sa tunique qui lui dénudait le bas-ventre. Avisant ce détail, Luana haussa un sourcil suggestif et taquin et lui tourna le dos, pour se retrouver aussitôt à son niveau, dos plié, étant descendu en petit pont. Tentant de peser le moins possible sur son bras blessé, elle profita de ce petit face-à-face pour taquiner Elden.
- Salut beau gosse !
Des rires résonnèrent quelque part autour d'eux. Elle poussa sur ses pieds et se retrouva à son tour en poirier, mais retira aussitôt son bras gauche pour se retrouver en équilibre sur une main. Elden pesa à son tour sur une seule main, la seconde quittant le sol pour venir chercher celle de Luana. Et là, quelque chose se passa.
Tête en bas, ils se retrouvèrent un instant liés, s'équilibrant tous deux, cherchant appui chez l'autre. Dans un échange silencieux, ils se lâchèrent et chacun parti d'un côté. Lui sur la gauche, transformant sa chute en une roue à une main. Elle en arrière, repassant par le petit pont avant de revenir debout.
Ils échangèrent un sourire et tous deux s'élancèrent chacun sur une table.
Elden, d'un bond, fit un salto costal, jambes repliées contre lui, et atterrit souplement sur le rebord. Par-dessus son épaule, il jeta un regard vers la Nauro pour la voir s'élancer en saut de l'ange et se réceptionner sur une main, tout le corps raide comme une planche posé sur le coude. De son autre main, elle saisit la chope de bière la plus proche et la vida à grands traits sous les hourras de la salle, passant lentement d'une position latérale à une posture assise. Ses jambes tendues vinrent encadrer le bras qui la soutenait. Puis, alors qu'elle reposait la chopine dans un claquement sonore, ses pieds vinrent prendre appui sur le bois et la propulsèrent vers l'arrière.
Dans le même élan, Elden en fit de même et tous deux se croisèrent dans les airs.
Ce ne fut pas une simple battle qui s'ensuivit mais une chorégraphie, un duo. Ils ne cherchaient plus à attirer les regards du public chacun dans son coin pour montrer qui était le meilleur. Bien au contraire. Ils sublimaient chacun leur tour les figures de l'autre, avant de prendre le relai, et ainsi de suite, et ainsi de suite. Ils formaient un ensemble, un tout qui se mouvait tel un animal étrange et fantastique. Une créature que les Rohirrims n'avaient jamais vue jusqu'à ce jour. Même lors des portés, des frôlements entre les danseurs, aucun cri indigné ou outragé n'éclata. Car ils comprenaient qu'il n'y avait rien de choquant, rien que deux enfants qui avaient trouvé un copain de jeu. Deux danseurs qui avaient trouvé son partenaire.
Ils jouaient encore et encore jusqu'à ce que, d'un accord imperceptible, ils s'élancèrent dans leur final. Chacun couru vers un pilier, y fit quelques pas à la verticale et s'envola dans un salto. Et, à l'instant où la dernière note résonnait dans l'esprit de la Nauro, les deux acrobates atterrirent, souffle court, trempés de sueurs, un immense sourire sur les lèvres.
Sous les applaudissements, Elden et Luana saluèrent leur public d'un air théâtral, avant que la Nauro ne tende une main vers l'Acrobate. Il la lui serra avec fermeté, de cette poigne qui fait comprendre que l'on considère l'autre comme son égal, comme un frère d'arme. Elle tira sur son bras, l'attirant à lui pour une étreinte fraternelle.
Mais lorsqu'elle se détacha de lui et tourna le regard vers la table d'honneur, Luana sentit sa joie refluer. Théoden les considérait tous deux avec un mélange étrange d'indulgence et de bienveillance. Eomer félicitait chaudement son écuyer. Eowyn semblait troublée. Aragorn la regardait avec fierté et lui souriait. Merry et Gimli l'applaudissaient. Mais une chaise était vide.
Celui dont le regard comptait le plus pour elle était parti, lui retirant tout plaisir et toute satisfaction, car elle avait espéré l'impressionner.
Silencieux, Elden lui passa un bras amical autour des épaules et la serra doucement.
- Ne t'en fais pas. Je suis sûr qu'il en a vu suffisamment.
Elle le considéra un instant, avant d'accepter de le suivre vers la table. Mais elle n'écouta que distraitement ce qui se dit par la suite, l'esprit de plus en plus troublé et préoccupé.
- Luana, bien que ce programme soit tout à fait à mon goût, je ne pense pas que rester ici toute la journée soit une bonne chose pour toi.
La Nauro souleva légèrement le bras qu'elle avait replié sur son visage, entrouvrant un œil. Malgré le bruit environnant, elle somnolait depuis qu'elle était revenue dans la chambre commune après le petit-déjeuner. Merry la surplombait, debout à côté de sa couche. C'était rare qu'il lui paraisse aussi grand. Devrait venir la réveiller plus souvent.
Le Hobbit avait les sourcils froncés et il lui servait cet air mi inquiet mi réprobateur. Celui qu'il gardait d'habitude pour Pippin. Depuis que son cousin s'en était allé en compagnie de Gandalf, elle lui servait de benjamine-imprudente-qu'il-faut-surveiller de substitution. Après tout il restait son aîné, malgré une différence de taille.
Dans la journée de la veille, ça ne s'était pas fait sentir. Mais le soir, il avait pleinement pris son rôle lorsqu'il s'était avéré qu'elle avait trop forcé sur son bras. Dans le feu de l'action, elle n'avait pas senti la douleur ou l'avait ignorée, elle ne savait plus trop. Mais lorsque son corps s'était refroidi, elle avait commencé à grimacer à cause d'élancements qui partaient de la fracture et se répandaient dans tout le bras.
Bien sûr, Naurofána lui avait fait un sermon sur son inconscience et son entêtement, avant de lui apprendre que le cale osseux s'était fissuré. Sa mine sombre n'avait pas échappé à Aragorn qui, dans la soirée, lui avait demandé ce qui n'allait pas. Merry était près d'eux à ce moment-là et n'avait rien loupé. Aussitôt, il avait pris son ton du "tu aurais dû faire attention" avec elle et avait veillé à ce qu'elle se modère pour le reste de la soirée. Il lui avait même suggéré de porter son bras en écharpe.
- Merry, laisse-moi récupérer s'te plaît, bougonna-t-elle en replaçant son bras.
La nuit avait été mauvaise. Sentir Naurofána trifouiller ses os pour les consolider avait été désagréable. Elle n'avait gardé que de vagues souvenirs de la repousse de son bras lors de leur première transformation. Mais cette sensation de fourmillement, de quelque chose qui creusait et remuait sous sa peau pour sortir, lui avait rappelé certains détails dérangeant de cette expérience.
Maintenant Nana dormait profondément en elle et Luana voulait l'imiter le plus possible. Puis elle n'avait pas encore récupéré des deux dernières semaines chaotiques. Elle ne comprenait pas comment les autres faisaient. Même Merry était levé depuis plusieurs heures ! Les Hobbits n'étaient pas censés être des créatures aimant la farniente et la paresse ?
- Allez allez ! Il est bientôt l'heure du déjeuner !
- Merry t'es pas un Hobbit. Sinon tu serais pas debout à m'empêcher de faire la grasse mat', le taquina-t-elle avec un léger sourire.
- Comment crois-tu que nous arrivions à faire deux petits-déjeuners en plus de la collation de onze heures, tout cela avant le déjeuner ? répliqua-t-il.
Dans sa voix elle entendit son amusement. Bien, peut-être allait-il lui fiche la paix...
À côté d'elle, le Hobbit soupira et un froissement de tissus fit comprendre à la Nauro qu'il s'était agenouillé près d'elle. Grand bien lui fasse, elle ne bougerait pas pour autant. Après si c'était pour faire un câlin…
Un doigt pernicieux vint lui effleurer les côtes.
- Hey non ! C'est de la triche ! s'écria-t-elle en se relevant d'un bond et en envoyant son oreiller en direction du Hobbit.
Merry l'évita de justesse et la regarda avec un grand sourire espiègle.
- On craint les chatouilles ? demanda-t-il avec un petit haussement de sourcils suggestif.
- Je t'interdis d'y penser…
Il ne sembla pas s'en formaliser et s'approcha lentement, les doigts tendus en avant. Luana aurait pu l'envoyer valser… mais ses pommettes étaient relevées en un immense sourire, créant de petites fossettes. Ça faisait longtemps qu'elle ne l'avait plus vu sourire comme ça. Tant est si bien qu'elle se laissa faire, pliée de rire et gesticulant dans tous les sens à cause des chatouilles. Du moins au début.
- Merry non ! hurla-t-elle d'une voix aigüe.
Elle tenta de se dégager et d'échapper aux guili-guili qui la tordaient de rire. Lors d'une légère accalmie, elle parvint à attraper son traversin et l'envoya en direction de son agresseur, qui se le prit en pleine face.
- Ha tu veux jouer à ça…dit-il en saisissant lui-même un oreiller.
Luana lui répondit par un petit rictus de défi et prit un second coussin, qu'elle brandit devant elle tel un bouclier.
- Viens te battre si t'es un Hobbit !
Il s'empara lui aussi d'un bouclier de fortune, se drapa d'une couverture comme d'une cape et se jeta sur elle.
- Pour la Comté !
La Nauro poussa un pseudo hurlement de loup pitoyable et l'accueillit d'un coup de polochon. Une furieuse bataille s'en suivit. Le combat fut féroce et sans pitié, au point que des plumes commencèrent à voleter autour d'eux. Luana, accroupie pour être au niveau du Semi-Homme, para un coup bas de son bouclier, mais ne put rien faire pour éviter celui qui vint d'en haut.
- Argh, tu m'as eue ! s'écria-t-elle en portant une main à son cœur.
Et de tout son long, elle tomba sur le Hobbit, s'assurant de bien l'entraîner dans sa chute.
- Luana, tu es lourde ! rit Merry en tentant de la repousser.
- Lourde ? Attend voir !
Elle relâcha une partie de la tension dans ses bras et ses jambes qui l'empêchait d'écraser totalement le malheureux. La sentant peser un peu plus sur lui, il gesticula en riant pour essayer de s'extraire de sous elle, avant de lui chatouiller de nouveau les flancs.
- Hey non !
Elle se rejeta en arrière, se laissant tomber à côté de lui sur le matelas. Ils restèrent tous les deux ainsi étendus, le Hobbit légèrement essoufflé.
- Je ne t'ai pas fait mal au bras ? s'enquit-il au bout d'un petit moment, inquiet.
La Nauro leva le bras incriminé. Sans le bracelet, la déformation était visible et elle grimaça un peu. L'idée d'avoir quelques cicatrices discrètes ne la dérangeait pas. Être handicapée par un membre atrophié, c'était une toute autre histoire. En plus, elle devait encore tester la solidité des os et voir si ça ne les gênerait pas trop pour courir sous forme animale, Nana et elle…
- Non t'inquiète pas, souffla-t-elle en lui passant un bras autour des épaules pour l'attirer.
- C'est ce qui te contrarie ? demanda-t-il doucement.
Luana ferma les yeux et se retint de soupirer. Si seulement il n'y avait que ça.
La veille, après leur démonstration d'acrobaties, elle était restée silencieuse tout le temps qu'ils avaient encore passé à table. Elle avait eu envie de tout laisser là et sortir, mais elle savait qu'elle était déjà allée loin avec Elden dans la provocation. Elle devait encore attendre, au moins le départ de Théoden, pour ne pas paraître impolie et irrespectueuse.
Le stress et l'angoisse y étaient aussi pour beaucoup dans son immobilité. Elle avait vraiment voulu se lever, mais c'avait été comme si ses membres ne lui répondaient plus. Et quand enfin elle avait pu sortir, Legolas était introuvable. Elle avait tenté de le retrouver en suivant le parfum de sous-bois. Elle avait abandonné en découvrant que la piste sortait hors des murs d'enceinte de la ville. Le pire était sans doute que cette douce senteur champêtre était mêlée à celle, plus brute, d'un fichu canasson...
Elle aurait pu aller le voir ce matin. Il était forcément revenu depuis. Mais après une nuit à cogiter en essayant de ne pas devenir folle à cause de son bras, elle n'avait plus du tout le courage de se présenter devant lui.
Parce qu'après plusieurs heures à tourner et retourner dans sa petite tête tout ce qu'elle savait, elle était arrivée à la conclusion que Legolas était bel et bien jaloux. Jaloux d'Elden. Jaloux de la complicité et de la proximité qui existait entre le Rohirrim et elle. Ça lui paraissait tellement énorme et impossible...
Pourtant, comment avait-elle réagi devant Lindoïlin ? Comment avait-elle pris l'intimité entre le prince de Mirkwood et la belle demoiselle de Lorien ? Très mal.
Parce qu'elle avait été jalouse. Parce que les voir si beaux ensembles, si proches, si unis lui avait fait mal et lui avait été insupportable. Parce qu'elle ne supportait pas l'idée qu'ils puissent être si bien assortis. Elle en était venue à se persuader qu'ils étaient faits l'un pour l'autre et vivraient un amour éternel. Sauf que... Tout ça n'était que des films qu'elle s'était faits dans son coin, verte de jalousie. L'imagination tournait à plein régime dans ce genre de cas et n'allait pas forcément dans le bon sens.
Et lui, Legolas, qu'avait-il bien pu voir depuis qu'elle avait rencontré Elden ? Après leur conversation où ils avaient parlé carte sur table, ça avait tout de suite collé entre eux. Comme deux amis qui s'étaient trouvés après une longue séparation. Ils étaient sur la même longueur d'onde, avaient les mêmes délires et surtout ils avaient en commun une passion rare en Terre du Milieu. Mis à part le moment gênant où la vérité avait éclaté sur sa vraie nature et l'autre, où Elden avait suivi les instructions de Gamelin, ils étaient toujours fourrés ensembles. Ils avaient dormi côte à côte plusieurs fois en plus de flirter régulièrement.
Il les avait surpris en train de s'embrasser !
Et que dire du jeu d'Elden ces derniers jours ? Lui avait compris. Même Gimli s'était joint à lui pour faire rager Legolas. Pas étonnant que le pauvre Elfe en veuille autant au Rohirrim... et qu'il n'ait pas apprécié le spectacle de la veille.
Même la réaction d'Aragorn quand elle lui avait clairement dit qu'elle n'aimait pas Elden faisait sens maintenant.
Mais jusque-là, elle avait été carrément aveugle à tout ça. Estupida...
Madre de dios, comment pouvait-on être aussi lente à la détente ? Il lui avait fallu plusieurs semaines pour comprendre ses propres sentiments !
Alors pourquoi attendre ? Pourquoi rester là à ruminer encore et encore plutôt que de se lancer ? Parce qu'il restait toujours la peur de se faire des films. Malgré l'évidence, elle avait le ventre noué à l'idée persistante de se prendre un râteau.
Et elle ne savait pas du tout quoi faire. Comment lui dire ? Comment lui déclarer qu'elle l'aimait ? Y avait-il une façon de faire chez les Elfes ? Lui en voudrait-il si elle ne suivait pas les règles pour courtiser quelqu'un ? Était-ce mal vu que ce soit la femme qui fasse le premier pas ?
Et après ? Même s'ils s'aimaient réellement tous les deux et qu'il acceptait ses « avances », ils étaient si diamétralement opposés, si différents ! C'était possible un couple pareil ? Un couple...
Luana saisit un coussin et étouffa dedans un grognement de frustration. Elle ne s'était jamais imaginée en couple !
À côté d'elle, Merry lui lança un regard inquiet.
- Tu es sûre que ça va ?
Elle rejeta l'oreiller, tentant de chasser ses pensées dérangeantes et ses questions oppressantes.
- Parfaitement ! J'évacuais juste la pression de cette nuit, éluda-t-elle. J'ai pas pu crier alors que j'en crevais d'envie, sinon j'allais réveiller tout le monde, du coup je le fais maintenant.
Il lui lança un coup d'œil en coin, loin d'être convaincu. Heureusement, il ne rajouta rien. De toute façon, même s'il avait voulu se lancer sur ce sujet, il l'aurait sans doute oublié la seconde d'après, car les cloches annonçant le déjeuner sonnèrent à cet instant-là.
- Bon, on y va ? demanda la Nauro mine de rien.
Elle se leva prestement, aidant le Hobbit à se remettre sur pied. Et bien que sa tenue ne soit pas des plus présentables, elle partit en direction du banquet en compagnie de Merry.
- Quems !
- Par le marteau et l'enclume ! Mais comment faites-vous tous les deux ! Vous trichez !
- Allons allons maître Nain, soyez bon joueur. Luana et moi sommes discrets, voilà tout, déclara Merry en ramassant les cartes pour les mélanger.
Luana rit devant la mine bougon de Gimli. Elle ne pensait pas qu'il se prendrait autant au jeu. Et pauvre Elden, qui faisait équipe avec lui.
Après le repas, Gimli s'était plaint de leur inactivité et avait demandé à Elden s'il avait quelque activité à leur proposer pour passer le temps. Rien n'était venu à l'esprit du Rohirrim. En revanche, Merry leur avait demandé de l'attendre un instant. Quand il était revenu, c'était avec un paquet de cartes à la main.
Avec stupeur, la Nauro avait reconnu celui qu'elle avait apporté avec elle dans son sac de sport, lors de son premier aller en Terre du Milieu. Grâce à lui, elle avait pu apprendre quelques jeux de cartes aux Hobbits durant leur séjour à Fondcombe. C'était pour eux d'ailleurs qu'elle l'avait mis dans ses affaires de voyage, au cas où ils auraient eu le temps ou le besoin de se distraire avec une petite partie. Elle savait que Merry et Pippin le lui avaient emprunté pour jouer à Caras Galadhon mais elle ignorait qu'il l'avait gardé sur lui jusque-là.
Le Semi-Homme s'en était excusé alors que dans le fond, elle était bien contente qu'il s'en serve. Elle l'avait plus ou moins oublié depuis longtemps. Surtout, cela leur permettait en ce jour de jouer.
Après quelques manches de bataille d'as, pour montrer à Elden et Gimli le principe et les valeurs des cartes, elle leur avait appris le Kilo de merde. Très mauvaise idée quand un Nain était dans la partie. Après quelques mains écrasées, elle avait cherché un autre jeu à leur proposer. Elle savait que le poker était fortement déconseillé avec Merry dans les parages. Il lui avait suffi d'un peu de pratique pour devenir redoutable dans l'art de cacher des cartes dans ses manches. Le Quems s'était plus ou moins imposé de lui-même.
Un jeu à quatre, qui se jouait en équipe de deux. Chaque joueur recevait quatre cartes en début de manche. Quatre cartes étaient ensuite disposées sur la table et au signal, les joueurs devaient récupérer celles qui les intéressaient en les remplaçant par leurs propres cartes. Lorsque plus aucune carte n'intéressait quelqu'un, elles étaient remplacées par quatre autres et ainsi de suite. Le but était d'avoir quatre cartes identiques en main.
Le joueur qui y parvenait devait alors faire un signe discret et convenu en début de jeu à son partenaire. Si celui-ci le voyait, il devait crier « Quems » et leur équipe remportait un point. Deux si les deux joueurs avaient un carré. En revanche, si l'un criait « Quems » alors qu'aucun n'avait de carré, ils perdaient un point. Si l'équipe adverse repérait le signe et criait « contre-Quems » elle gagnait un point. Si elle avait faux, elle en perdait un.
Un jeu simple et terriblement drôle avec cette fine équipe, au point qu'ils jouaient depuis des heures. D'un côté Merry et Luana. Lui était devenu un as et parvenait à compter les cartes identiques de ses adversaires en observant les échanges effectués. Elle était très discrète pour effectuer son signe. Leur tactique était de laisser la Nauro accumuler les cartes et faire le signal tandis que le Hobbit surveillait le jeu des deux autres.
Gimli et Elden n'étaient pas bien tombés. Gimli n'était pas connu pour sa discrétion et Elden commençait tout juste à saisir les subtilités de ce jeu. Et puis... centrer leur signal autour de la barbe aurait pu être une bonne idée si le Rohirrim en avait eu un peu plus. Mais le Nain s'obstinait à vouloir se la lisser pour signaler qu'il avait un carré.
- Quems et contre-Quems ! s'écria Pippin en pointant du doigt Elden.
- Mais... je n'ai fait aucun signe !
- Si Merry à tort, montre-nous donc deux cartes différentes... susurra Luana avec un petit sourire triomphant en révélant son carré de huit.
Elden s'inclina avec un soupir et révéla son carré de valets. Merry abaissa aussi sa main pour dévoiler quatre cinq.
- Double-Quems plus un contre-Quems, cela nous fait trois points pour cette partie, dit-il en notant le score.
La Nauro et le Hobbit menaient très largement la partie.
- La prochaine fois, je fais équipe avec vous Merry, bougonna Elden.
- Et moi alors ? S'offusqua Luana.
- Promis je ferai équipe avec toi une autre fois.
- Y est pas question de ça ! Mais je vais pas te laisser me piquer mon partenaire de victoire ! dit-elle en lui donnant un petit coup de coude taquin.
Devant sa mine de chien battu, tous trois rires, bientôt suivis par le Rohirrim.
- Malheureusement, c'est la dernière manche pour moi. Je dois aller prendre mon quart.
- Ça marche !
Les cartes furent distribuées et la manche finale débuta. Luana dissimula un sourire. Elle avait d'office deux dames et deux rois. La valeur des cartes, elle s'en fichait. Mais avec ça elle aurait plus de choix. Premier service, un roi. Elle s'en saisit sans trop de précipitation. Deuxième service, c'est avec une chance pas croyable qu'elle vit le roi de cœur, le dernier, être dévoilé. Elle fit le signal convenu avec Pippin pour lui indiquer qu'elle avait déjà un carré.
Mais le Hobbit ne le vit pas, occupé qu'il était à jeter un coup d'œil derrière elle, aussi le répéta-t-elle. Il ne le remarqua toujours pas et la Nauro ne chercha pas à le refaire une troisième fois. Car son flair venait de capturer un parfum de sous-bois.
- Mon ami ! Où étiez-vous donc passé ! Nous ne vous avons plus vu depuis hier soir ! s'exclama Gimli d'un ton bonhomme.
- Je suis allé jusque la forêt de Fangorn, se contenta-t-il de dire.
Le prince de Mirkwood vint se camper au bout de leur table. Luana, avec un gros effort de volonté, parvint à le regarder sans ciller ou détourner le regard. Au contraire, elle chercha à se concentrer sur les signes qui pouvaient confirmer ses espoirs. Legolas était-il bien jaloux d'Elden ? Son visage était lisse et ses yeux glacés comme à leur habitude. Toujours était-il qu'il ignorait royalement le Rohirrim... et elle aussi au passage. Elle en éprouva un pincement au cœur et tenta de se rassurer en se disant que s'il ne lui jeta pas même le plus petit coup d'œil en coin, c'était parce qu'elle était assise à côté d'Elden et qu'il risquait de l'avoir dans son champ de vision. Mouais... piètre excuse...
« Continues de le fixer aussi intensément et il va bien finir par se tourner vers toi » ricana Naurofána en émergeant.
« Quoi ? Je le regarde juste. Normal quand on écoute quelqu'un ! »
« Pas avec les yeux écarquillés et le regard fixe. Tu dois ressembler à un poisson sur l'étal du poissonnier. »
« Si t'es pas de bonne humeur à cause de la fatigue, tu peux te recoucher » bougonna la Nauro en tentant de détacher son regard de ces deux magnifiques yeux bleus qui l'évitaient désespérément. Parce qu'il lui en voulait ? Parce qu'il ne voulait pas ou n'osait pas la voir ?
- Vous pourriez prévenir quand vous partez comme ça, on a cru qu'un escadron d'Orcs vous était tombé dessus, dit-elle d'un ton presque naturel et espiègle.
Celui qu'elle aurait utilisé avec tout le monde dans cette situation. Mais elle n'en fut pas satisfaite. Parce qu'elle aurait aimé avoir le courage de mettre juste une touche de séduction dans sa voix pour lui faire comprendre. Parce qu'il se contenta de lui jeter un bref regard et de lui faire de vagues excuses pour « l'inquiétude qu'il avait pu lui causer ».
Quelle déception…
- Certes oui, vous pouvez vous excuser ! déclara Elden d'un ton moqueur. Vous êtes parti trop tôt ! Vous n'avez pas pu voir la démonstration de Luana.
Le Rohirrim eu un petit sursaut lorsqu'elle lui écrasa le pied sous la table. Mais il eut aussi la décence et la délicatesse de ne pas pousser de cri ou de se plaindre. Bonne initiative de sa part vu le regard de Legolas.
Si vraiment il faisait tout ça depuis le début pour faire rager l'Elfe, c'était bien joué. C'était même du travail de pro. Mais il ne devait pas avoir un instinct de survie très développé pour pousser le bouchon aussi loin… Il était quand même allé lui proposer un concours de tir à l'arc ! Si Legolas n'avait pas été une légende en tir, il aurait pu prétexter une maladresse pour se débarrasser du gêneur !
Maintenant que Luana avait compris le message et était bien décidée à prendre les choses en main ou au moins tenter le coup, il pouvait arrêter là avant qu'il ne franchisse la limite. Après tout, il pouvait très bien dégoûter Legolas au point de tout foutre par terre !
Si un jour elle finissait en… relation privilégiée avec Legolas, elle devrait penser à le remercier mille fois. Même si ça foirait, elle le remercierait, parce qu'il avait pris des gros risques. Mais elle garderait ça pour elle et éviterait d'en parler avec lui tant que ce ne serait pas fini…
- Bon allez, joue ! s'écria-t-elle. Oublie pas que tu dois prendre ton quart !
- Oui, c'est vrai.
Alors que Merry effectuait le service et disposait quatre nouvelles cartes, elle refit le signal. Mais le Hobbit était trop occupé à sa tâche. Ou alors il souriait trop pour vraiment la voir ? Elle recommença, insistant plus, forçant le mouvement, quitte à se faire moins discrète.
- Qu'y-a-t-il Luana ? Vous sentez quelque chose ?
Surprise, elle se tourna vers Legolas, qui la contemplait d'un air soucieux.
- De quoi ? demanda-t-elle bêtement.
- Vos narines palpitent. Que…
Une alarme raisonna dans son esprit mais le seul réflexe qu'elle eut fut de secouer la tête frénétiquement pour l'arrêter dans ses explications. Malheureusement le mal était fait, il était trop tard, et Merry ne put rien faire pour essayer de sauver les choses.
- Contre-Quems ! s'écria fièrement Gimli en pointant un doigt accusateur sur Luana.
Abattue, défaite et trahie, Luana n'eut d'autre choix que de montrer son carré de rois. Elden et Gimli se gaussèrent de cette victoire et se congratulèrent, le Rohirrim insistant pour offrir une bière au Nain le soir.
La Nauro échangea un regard triste avec Merry, qui tenta de la réconforter d'un faible sourire. Plus que la défaite de cette dernière manche, c'était de voir leur signe parfait ainsi révélé qui lui brisait le cœur. Vilain Legolas ! Jamais elle ne jouerait avec lui au Quems, d'abord !
L'Elfe quant à lui considérait d'un air sceptique ce spectacle, n'y comprenant rien.
- Merci mon ami ! le gratifia Gimli en se levant et lui donnant une tape bourrue dans le dos. Des heures que nous cherchons à percer leur signe secret et il suffit que vous arriviez pour que le mystère soit levé !
- Groumph… il aurait pas été là, vous auriez pas trouvé, grommela-t-elle vexée.
En boudant, elle tendit à Merry la boîte pour qu'il y range les cartes. À côté d'elle, Elden se leva et les salua tous.
- Sur ce, je vous laisse. À ce soir, Luana.
Il lui fit son petit sourire espiègle et charmeur, face auquel elle leva yeux au ciel. Elle le regarda finalement s'éloigner et sortir, avant de se tourner de nouveau vers ses compagnons. Merry ne semblait pas en avoir fini avec les cartes, les plaçant méticuleusement devant pour se faire un Solitaire.
Legolas et Gimli quant à eux prirent congé et se dirigèrent à leur tour vers les portes. Tout comme pour le Rohirrim, elle resta là un instant à contempler leurs dos mais…
« Nana, tu as faim ? » demanda-t-elle rapidement, soudain prise par l'urgence.
« Un sanglier ne suffirait pas à me rassasier aujourd'hui. Fortifier et consolider ton bras m'a affamée. »
- Legolas ! s'écria-t-elle soudain en courant après l'Elfe et le Nain.
Tous deux se retournèrent, l'un la considérant avec surprise, l'autre avec un sourire complice. Une fois devant eux, elle se concentra sur le prince de Mirkwood et tâcha d'ignorer le regard de connivence que lui adressait le fier fils de Gloïn.
- Nana a les crocs… ça vous dit de venir chasser ? On pourra ramener du gibier pour ce soir !
Legolas la considéra avec surprise et une pointe de doute. Visiblement, il doutait qu'elle veuille vraiment partir à la chasse avec lui. Et pourtant… ¡ Hostia ! Elle en crevait d'envie, là tout de suite ! Elle voulait avoir un moment d'intimité, se retrouver juste avec lui et personne d'autre. Parce qu'elle l'aimait, qu'elle avait besoin de le savoir là, près d'elle. C'était encore pire depuis qu'elle avait compris que l'Elfe jalousait véritablement Elden.
Certes, elle flippait sévère de faire une bourde en sa présence, de dire quelque chose de déplacé et surtout qu'il comprenne trop tôt si elle était trop directe. Elle voulait lui laisser voir peu à peu ses sentiments, prendre un peu de temps pour trouver le bon angle d'attaque, savoir comment vraiment aborder le sujet avec lui. Peut-être même demander conseil à Aragorn sur ce point…
La sévérité qui figeait son si beau visage fut adoucit par un sourire, les lames de glace qu'étaient son regard fondant comme neige au soleil.
- Si ma présence ne vous gêne guère… répondit-il enfin.
Aouch… il s'était fait plus affable et doux, mais il n'en gardait pas moins une certaine rancœur. Ou alors il croyait vraiment déranger ?
- Parfait ! On se retrouve aux écuries ? Le temps que j'aille me changer pour pas bousiller une autre tunique ! À tout' !
Aussitôt, elle s'élança vers les corridors, tant pour ne pas rester plantée devant lui comme une cruche, que parce qu'elle avait désormais vraiment hâte de chasser avec lui. La dernière fois, ça avait été si agréable ! Ils avaient pu passer un long moment seul à seul. Et même si elle n'aimait pas les chevaux, elle avait pu monter avec lui sans gêne. Elle avait même piqué un somme, la tête posée sur son dos, le front caressé par ses cheveux, le nez emplit de son parfum.
« Luana, tu commences déjà à fantasmer » la taquina gentiment Naurofána. « Attention, tu risques de baver. »
« Attend de te retrouver devant un beau cerf ou un sanglier bien dodu, et on verra qui bave ! »
Une fois dans la chambre commune, Luana récupéra la vieille tunique qu'on lui avait remise lors de leur arrivée ici. Oui, celle qu'elle portait lors de la bataille du gouffre du Helm et de tout le reste. Elle avait été surprise de la retrouver dans un tas d'affaires sales, prêtes à être transformées en chiffon. Elle avait demandé à la récupérer et l'avait grossièrement rapiécée. Cette tenue était parfaite pour elle faire des trucs qui craignaient. Elle n'aurait pas de regret et ne se sentirait pas coupable de réduire en lambeaux une nouvelle tenue.
Rapidement elle se changea et ressortit presque en courant. Elle croisa en chemin Aragorn, mais celui-ci se contenta de lui sourire et de lui faire signe d'y aller. Elle ralentit un instant le pas, hésitante et suspicieuse. C'était quoi ce rictus… oh non. Lui aussi avait compris depuis longtemps visiblement. Génial !
Elle retrouva comme convenu Legolas devant les écuries. Il était passé prendre son arc et son carquois. En revanche, elle pensait qu'il aurait sorti Arod le temps qu'elle enfile autre chose. Mais visiblement, il l'avait attendue pour ça.
- Préférez-vous que nous montions à cru ou une selle vous irait-elle mieux ?
- La se… commença-t-elle avec véhémence et entrain.
« À cru » répondit Nana d'un ton catégorique.
« Quoi ?! Ça va pas la tête ! Pourquoi tu veux que je m'éclate le cul sans rien pour me tenir ?
« Oh tu pourrais très bien t'accrocher à la taille de Legolas… »
Aussitôt, l'idée fit son chemin dans l'esprit de la Nauro. Ah oui, vu sous cet angle… Ou alors il la prendrait devant lui, l'encadrant de ses deux bras pour l'empêcher de tomber, comme l'avait fait Elden ? Elle n'osait y croire, et pourtant…
« Mais c'est surtout parce que nous n'avons pas besoin de selle. »
« Pardon ? »
« Les selles d'équitation ne sont pas adaptées à notre morphologie. Elles ne feraient que nous casser le dos. »
« A… attend là ! De quoi tu parles !? »
« Tu as besoin de te muscler et de travailler ton équilibre. Avoir un cavalier sur le dos sera un excellent exercice. »
« Mais… mais… »
« Pas de mais ! Tu l'as déjà porté sur ton dos lorsqu'il a été blessé dans la Moria. Il n'y a aucune raison que cela te pose problème maintenant. »
« Oh oui c'est sûr ! C'est pas comme si je me suis rendue compte entretemps que je suis raide dingue de lui ou que je me suis convaincue que lui aussi, sans quoi il serait pas maladivement jaloux d'Elden ! »
- Luana, quelque chose ne va pas ?
La voix douce et concernée de Legolas la fit revenir à la surface. Elle le regarda avec de grands yeux, toujours choquée de ce que Naurofána voulait lui faire faire. Même si elle ne pouvait rougir, elle avait la sensation d'avoir le visage brûlant.
- Pardon, vous disiez ? bafouilla-t-elle, ahurie.
- Que se passe-t-il ? demanda-t-il avec beaucoup de délicatesse, s'approchant un peu plus d'elle.
La veille, elle se serait reculée, convaincue que ce n'était pas une bonne idée et que lui n'y voyait rien d'affectueux. Maintenant qu'elle était persuadée du contraire, elle ne bougea pas, laissant simplement le parfum des sous-bois l'envelopper un peu plus. Bizarrement, ce simple mouvement, ce regard doux qu'il lui adressait, lui firent presque oublier la gêne qu'elle éprouvait à l'idée qu'il la… qu'il soit son… qu'elle lui serve de… ¡ Joder !
Fallait bien qu'elle lui dise de toute façon !
- Hum… Naurofána dit que je dois m'entraîner et me muscler. Vous accepteriez de… me servir de… cavalier ? Pour cette fois ?
Il la considéra avec surprise et une pointe d'aberration. Son regard refroidit un peu les espoirs de la Nauro. Ben oui, même si l'idée la mettait terriblement mal à l'aise, elle restait tentante… Au moins, s'il lui filait un râteau, elle aurait eu droit à ce contact rapproché et privilégié. Et ça lui changerait du souvenir de la Moria.
- Si vite ? s'enquit-il. Votre bras n'est remis que depuis peu et vous n'avez pas encore tenté de marcher par vous-même sous forme de louve. Êtes-vous sûre que ce soit une bonne idée, dame Naurofána ?
Bon, au moins, il ne rejetait pas l'idée à cause de la proximité que ça causerait. Un peu rassurée, Luana laissa la place à Nana. Ses yeux s'emplirent d'or et un sourire confiant étira ses lèvres.
- Faites-moi confiance Legolas. Je sais ce qu'il lui faut, dit la louve avec assurance.
« Ce qu'il nous faut » corrigea mentalement Luana. « C'est notre patte je te signale. »
Naurofána ne prit pas la peine de lui répondre et se retira, laissant la jeune fille se retrouver de nouveau seule devant son prince charmant.
… ok, elle allait tout de suite arrêter avec ce genre de surnom débile…
- On y va ? offrit-elle pour cacher sa gêne.
Il acquiesça avec un sourire. La Nauro se transforma, révélant au grand jour la louve blanche. Il y eu quelques exclamations tout autour d'eux, mais personne ne se précipita vers elle pour l'embrocher. C'était déjà ça…
Elle fit quelques pas, testant la mobilité de sa patte écourtée. La différence entre ses deux membres antérieurs lui donnait plus ou moins l'impression de marcher avec un pied en chaussette, l'autre en chaussure à talon. Mais étrangement, et fort heureusement, l'écart n'était pas si important sous forme de louve, contrairement à quand elle était humaine.
Inconsciemment, la part diffuse et floue qui était Luana chercha une explication dans l'entité trouble qu'était Naurofána. La louve avait réussi, lors de leur transformation, à réduire plus ou moins la blessure en étirant la matière du cale osseux. Pas trop, pour ne pas risquer une nouvelle fracture. Juste assez pour que le handicap ne soit pas trop invalidant.
D'un saut majestueux, Legolas se hissa sur le dos de l'animal et tous deux descendirent tranquillement, lentement, vers les portes qui menaient sur les vastes étendues herbeuses du Rohan. Sur leur passage, les enfants s'amassèrent, les suivant d'abord à distance, apeurés et méfiants. Derrière eux, les mères surveillaient ce petit jeu d'un œil mauvais et craintif.
Jusqu'à ce que la petite Freyda arrive en riant et vienne caresser la grande louve avec un sourire. La petite fille, son frère et leurs parents étaient restés à Edoras. Malheureusement, leur village avait été réduit en cendre. Ils n'avaient plus rien. De la famille les accueillait le temps qu'ils se refassent et retrouvent de quoi vivre convenablement.
Après une séance de caresses et de rires, durant laquelle Legolas fit monter avec lui les enfants tour à tour, ils parvinrent aux portes de la ville. La ribambelle s'arrêta là et les regarda s'éloigner, avant de repartir à leurs jeux, dans l'attente de leur retour.
Une fois dans les plaines, Naurofána accéléra le pas. Legolas était léger. Infiniment léger. Elle ne le sentait presque pas sur son dos. Et il s'adaptait si bien à sa morphologie, se coulant sur elle pour n'entraver aucun de ses mouvements, accompagnant chacune des variations de son allure, qu'il aurait fort bien pu ne pas être là.
Il n'y avait presque pas d'intérêt à sa présence. Il ne représentait aucune gêne ni aucune difficulté particulière pour elle se mouvoir et s'entraîner à courir sur sa patte blessée.
Mais le parfum des sous-bois qui la couvrait toute entière, imprégnant peu à peu sa fourrure, et la chaleur qu'elle sentait en son sein, lui rappelaient à chaque instant qu'il était bien là, tout contre elle. Et c'était là toute l'importance de sa présence. La louve, partagée entre deux âmes, ressentait d'un côté un détachement tendre et affectueux, de l'autre un amour puissant mais encore hésitant. Elle observait de loin tout en savourant cet instant. Et ce moment de quiétude, de paix, ou les mots n'étaient pas nécessaires, s'étira pendant ce qui aurait pu être des minutes comme des heures.
Jusqu'à ce que le fumet caractéristique du gibier ne vienne éveiller l'instinct animal. Legolas ne pouvait percevoir l'odeur avec autant d'acuité, mais il sentit la tension qui parcourut soudain la louve. Il s'étendit un peu plus sur elle. Il se tenait d'une main à son pelage. Dans l'autre, il maintenait en place la flèche encochée sur son arc, prêt à tirer, ses jambes se resserrant sur son flanc pour garder son équilibre.
La louve avança tout doucement, essayant de se tapir dans les hautes herbes. Derrière un affleurement rocheux, ils découvrirent un attroupement de cervidés.
- Une harde de huit chevreuils, souffla Legolas dans un murmure presqu'imperceptible. La proximité de la forêt de Fangorn les incite à explorer de nouveaux territoires.
Un grondement affamé fit vibrer la gorge de la louve. Elle se tut lorsqu'elle sentit la main de l'Elfe la caresser affectueusement entre les oreilles.
- Patience, dit-il avec un sourire. Bientôt vous pourrez vous restaurer. Mais avant cela…
Il lui souffla à l'oreille la manœuvre qu'ils allaient suivre. Sans doute aurait-il mieux valu qu'elle le dépose là et s'élance seule sur le gibier. Mais il n'en fut question à aucun moment. Aucun des deux ne fit remarquer qu'il pouvait être dangereux pour lui de l'accompagner. Elle ne se maîtrisait pas encore tout à fait lorsque ses instincts prenaient le dessus, et la partie humaine inexpérimentée rendait les choses plus compliquées encore.
Lentement, la louve s'approcha toujours un peu plus. Par chance le vent venait de face. Encore un peu…
À l'instant où le premier chevreuil tournait le regard vers eux, une flèche le transperça au niveau de la gorge. Aussitôt, Naurofána s'élança sur ses proies.
Ce fut la débandade. Les cervidés s'éparpillèrent en tous sens, seuls quelques-uns fuirent dans la même direction. Ce fut sur ceux-là que la louve se concentra. Les autres, Legolas les flécha un à un avec son efficacité mortelle.
Naurofána ne pouvait courir aussi vite qu'autrefois, sa patte la gênait. Toujours cette impression d'avoir une chaussure à talon sur un pied, l'autre étant nu, qui la déséquilibrait. Et cette sensation de faiblesse… sa patte commençait déjà à fatiguer. Mais elle y était presque et força encore l'allure. D'un bond, elle atteignit le premier des fuyards, ses griffes venant se planter dans ses flancs. Elle laissa là l'animal mourant et se jeta sur le second, dont elle broya la nuque d'un coup de croc. Le dernier, une flèche vint le cueillir alors qu'il allait disparaitre derrière des rochers.
Aussitôt, Naurofána s'en détourna, toute son attention étant inexorablement attirée par le corps encore chaud entre ses crocs. Le sang qui lui coulait dans la gorge commençait déjà à l'enivrer délicieusement. Elle ouvrit grand la gueule et la referma sans pitié sur la carcasse, faisant jaillir des éclaboussures de sang sous la pression des mâchoires. L'herbe jaune et sèche des plaines se teinta de rouge vermeille.
Les derniers jours, les batailles, les blessures à soigner, avaient épuisé la louve. Le sommeil ne pouvait lui rendre toutes ses forces. La chair qui lui emplissait le ventre et assouvissait sa faim, le sang qui lui noyait la bouche et étanchait sa soif, la fortifiaient. Ils lui redonnaient de l'énergie. Cette énergie qu'elle puisait dans la vie de l'autre, qu'elle absorbait à chaque morceau de viande, chaque bouchée. De nouveau, ce frisson presque sexuel la parcourut, lui hérissant le poil de plaisir.
Un mouvement sur son dos lui fit relever la tête, tandis qu'un poids léger et infime se laissait glisser à terre. Elle tourna son regard mordoré vers lui, se désintéressant soudain de son repas. Longtemps, ils restèrent tous deux les yeux dans les yeux. L'animal devant l'Elfe. L'Elfe devant l'animal.
Finalement, Naurofána retourna à son festin. Son appétit étant déjà quelque peu comblé, elle avait retrouvé une parcelle de raison et de jugement. Un instant, son instinct lui avait soufflé d'arracher une cuisse de chevreuil pour l'offrir à Legolas. Mais il n'aurait pas mangé la viande crue. Les Elfes ne mangeaient que peu de chairs animales de toute façon.
Il la laissa terminer son premier chevreuil, allant chercher les autres. Il les rassembla près d'elle avant d'en prendre deux et de les lui présenter. Lentement, la louve secoua son imposante tête.
- Je n'en ai tué que deux, gronda-t-elle d'une voix plus rauque qu'à l'accoutumée. Les six autres sont à vous.
- Je vous fais cadeau de celui-ci, déclara-t-il avec une légère révérence.
Naurofána baissa la tête en signe de gratitude et posa son énorme patte sur l'une des bêtes pour l'attirer à elle. Étendue de tout son long, elle mangea cette fois avec plus de retenue et de calme. Le plaisir était moins intense, moins fulgurant désormais. Mais le soulagement était toujours là, intact. Que cela faisait du bien !
Legolas s'assit dans l'herbe et la contempla se restaurer en silence. Lorsqu'enfin il ne resta plus que des os broyés des trois carcasses, la louve fit sa toilette, se léchant consciencieusement les pattes, avant de fermer les yeux. L'instant suivant, il ne restait derrière elle que la Nauro. Aucune trace de sang ne la maculait et ses habits étaient intacts. Cette fois, rien de fâcheux n'était arrivé.
Pourtant, Luana ne bougea pas et garda la tête baissée. Legolas se leva et vint près d'elle, faisant se tourner vers lui un regard triste et empli de culpabilité.
- Que vous arrive-t-il ? demanda-t-il avec inquiétude en s'agenouillant devant elle, une main venant prendre sa joue en coupe.
La Nauro cilla à ce contact, un léger soupir manquant lui échapper. Elle baissa de nouveau le regard sur les ossements méticuleusement nettoyés et vidés. La vision ne la dérangeait pas le moins du monde, pourtant…
- … j'ai mangé Bambi et sa famille… dit-elle d'une toute petite voix.
L'Elfe resta silencieux, ne comprenant pas de quoi elle parlait.
- Je vous expliquerais, grimaça-t-elle en haussant les épaules.
Dans un soupir, il accepta cette justification et se redressa, lui tendant la main pour en faire autant. Avec un petit sourire gêné, elle se laissa faire. Elle ne savait pas si c'était l'effet louve-repue, l'ivresse du sang ou autre chose, mais elle se sentait étrangement bien malgré la situation et la proximité avec Legolas. Avec l'homme qu'elle aimait.
L'Elfe resta un instant à la contempler, le regard doux, l'ombre d'un sourire sur les lèvres, sans lâcher sa main. Il jeta un coup d'œil aux chevreuils, qu'ils fussent encore entiers ou non, avant de se tourner de nouveau vers elle.
- Accepteriez-vous que nous marchions un peu avant de rentrer ?
Elle ne put cacher son étonnement mais la réponse ne se fit pas attendre.
- Oh oui ! Avec plaisir !
Il lui lâcha la main et l'invita à le suivre vers une petite butte. Quelque chose avait changé. Lorsqu'elle lui avait demandé s'il acceptait de l'accompagner, il y avait eu une sorte de malaise. Là, malgré les angoisses assourdies par la satiété et la quiétude du moment, Luana se sentait bien. Elle avait envie d'en profiter, comme si c'était le dernier instant aussi tranquille et radieux qu'elle passerait avec lui.
Le temps était gris au-dessus de leur tête. Le vent soufflait doucement. Il était frais et chargé d'humidité. Mais tout lui semblai lumineux et clair. Quelque chose sentait la vie et la renaissance. De plus en plus, l'air se gorgeait des senteurs du printemps. Luana avait si hâte que tout renaisse et fleurisse autour d'elle. Ce devait si beau à voir avec ses yeux de louve.
D'ailleurs… elle tourna son regard vers Legolas et le contempla à travers ses différentes vues. Celle de louve lui fit voir une fois de plus à quel point sa beauté était parfaite. Celle de magie lui révéla son aura lumineuse et bienveillante. Celle de vie lui fit voir le sang qui courait sous sa peau dans une teinte rouge chaleureuse. Mais plus que tout, elle lui fit voir son cœur, qui pulsait tranquillement dans sa poitrine. Quoique…
Elle avait déjà vu battre ce cœur. Ne battait-il pas plus vite ? Elle devait se faire des illusions. À moins que…
Legolas s'arrêta à cet instant et se tourna vers elle. Elle se figea à son tour, curieuse. Elle ne chercha pas à poser de question, trop hypnotisée par le regard intense qui plongeait au plus profond d'elle à cet instant. Jamais elle n'avait vu les yeux de Legolas si luisants et si emplis de vie. Le bleu glace était devenu plus clair. De ce bleu que l'on voyait lorsque l'on s'aventurait sous un glacier, un jour où le soleil l'inondait de ses rayons, le faisant fondre lentement.
- Luana, vous souvenez-vous de votre promesse ?
- Ma promesse… répéta-t-elle, dubitative.
Il hocha doucement la tête.
- Celle que vous m'offririez un présent plus important que celui que vous avez accordé à l'écuyer Elden.
En d'autres occasions, elle aurait tiqué sur l'utilisation rabaissante du titre d'Elden. Mais là… ça lui passa très largement au-dessus de la tête. Elle ne tilta même pas.
Elle acquiesça, silencieuse, retenant presque son souffle. C'était stupide, il n'y avait pas de raison d'en faire tout un foin. Il allait juste lui demander sa récompense. Alors pourquoi elle se sentait terriblement tendue, et pourtant prête à fondre comme une bougie à la cire ramollie par la chaleur ? Pourquoi avait-elle l'impression que son cœur battait de plus en plus vite, alors que le temps ralentissait sa course et s'étirait de plus en plus ? Elle en avait la bouche sèche et la gorge nouée…
Elle devait se ressaisir. Arrêter un peu de se faire des films. Même si elle était presque pleinement et totalement assurée des sentiments de Legolas, elle ne devait pas se laisser emporter. C'était trop rapide…
- M'autorisez-vous à vous tresser les cheveux ?
* Salto costal est le nom donné à la roue sans les mains.
Alors je tiens à préciser : ce n'était pas du tout prévu comme ça à l'origine ! Mais Legolas a perdu patience dans le précédent chapitre, du coup y a fallu qu'on trouve un compromis x)
Si vous vous posez la question du pourquoi du titre…ben c'est juste un délire que je me suis tapé sur une chanson de Johnny Hallyday x)
« Oh Leggy, si tu savais, tout le mal que tu me fais ! »
Réponse aux reviews guest !
Arya Arathornson : à ce point-là ? J'ose pas imaginer celui-ci alors X3 Mais faut pas lire en cours ! XD (même si je connais tkt x)) Ah oui à l'opposé x) Mais Vancouver c'est là qu'ils tournent Supernatural :3 Merci ^^ Et merci pour ta review ! :D
Namarien : contente qu'il ait répondu à toutes tes attentes ! :P Au début il y faisait très attention, mais le contact prolongé avec Luana a légèrement libéré son côté beaucoup moins protocolaire ! XP Et puis c'est pour la bonne cause :P Et enfin, il a vu comment Luana le considérait quand il suivait les ordres comme un toutou ! Noooon pas du tout ! :3 Je veux juste le faire mijoter un peu X3 C'est tout à fait ça, même si j'ai longtemps hésité à la faire danser devant tout le monde. Un peu trop calme, conciliant et gentil parfois x) Merci beaucoup ! J'espère que tu vas aimer ce chapitre ;) See you soon !
Tsuki : Merci pour cette review !
