Chapitre 21: Attaches
Tableau 1: sentiments...
La salle de classe dans laquelle certains élèves de septième année s'entrainaient avait été modifiée. Toutes les chaises avaient été repoussées contre le mur et le sol avait vu son aspect se métamorphoser. Il avait pris la texture d'un tapis de gym.
Trois personnes discutaient tranquillement des ASPIC qui se rapprochaient sur les chaises, dans un coin de la salle, tandis ce que deux autres se faisaient face, en enchaînant les sorts et les contre-sorts.
"J'ai encore gagné Black! Fanfaronna un brun au yeux verts dans une tenue de sport étonnante pour des élèves sorciers.
-Pffffff, je suis dégoutée. Me faire battre par un branleur de première! affirma son vis-à-vis.
Seul un sourire ironique répondit à Hermione qui haussa les épaules. Harry avait vraiment fait des progrès en duel depuis qu'il se préparait à se battre contre les mangemorts. Il était doué, il fallait le reconnaitre! Et il savait détendre l'ambiance et les motiver à s'entraîner, même si elle aurait préférer un peu plus de sérieux. Il avait un certain sens de l'humour, même si elle ne l'aurait pas avoué à n'importe qui. Il s'assit par terre et posa sa baguette et lui adressa un sourire rayonnant. Un sourire tellement spécial, ne pu s'empêcher de penser Hermione alors que des souvenirs de l'infirmerie lui revenait en mémoire. Elle se sentit entrain d'en rougir, ce qui semblait amuser Harry qui caressait compulsivement sa main droite, amputée de ses deux doigts. Arrêterait-il un jour de ressentir ses membres fantômes? Songea tristement Hermione.
-Bah tu restes quand même la deuxième meilleure, remarqua une voix taquine, qui la ramena au moment présent.
-Merci Blaise de ton soutien. Tu es le plus gentil vampire que je connaisse.
-Oui c'est mon vampire préféré, renchérit Luna.
-Bon les amoureux, c'est pas le tout mais va falloir vous mettre au boulot! Blaise, tu fais un duel avec moi, coupa Hermione
Elle avait un drôle de pincement à l'estomac. Comment pourrait-elle jalouse à la vue du couple? Elle n'avait envie d'aimer personne! Enfin elle n'était pas amoureuse quoi.
-Et Luna, tu viens avec moi. Il faut que je travaille mes sors de métamorphose avec la main gauche. Je sais que on a déjà combattu mais Draco a encore disparu je ne sais où! Où est-il au fait?" Demanda innocemment Harry.
Hermione pinça les lèvres en entendant la question de Harry. Elle savait très bien où il était mais elle n'osait pas imaginer la réaction Harry à la nouvelle. Imaginer son meilleur ami fréquente une griffondor! Il avait accepté Hermione puis Luna par la force des choses pour l'une, par amitié pour Blaise et confiance en Hermione pour l'autre. Et elles étaient à Serdaigle! Mais Ginny Weasley? La fille qui lui foutait des baffes et qui l'enquiquinait presque autant que Harmonie Granger? Blaise le savait aussi par l'intermédiaire de Luna et avait aboutit aux même conclusions qu'elle. C'était un coup à créer des tensions.
"J'ai comme l'impression que tout le monde sait ce qu'il se trame sauf moi , avoua-t-il boudeur. Seul le silence lui répondit, accompagné de regards fuyants. Je veux savoir! Exigea Harry devant temps de secret.
-Tu n'as qu'a demander à Draco. Ce n'est pas à nous de te le dire!
-Quel beau prétexte! Rajouta Harry qui était maintenant mécontent.
Hermione sentit une pointe d'énervement quand elle vit Blaise et Luna partir. Bonjour le soutien.
-Arrêtes de jouer au gamin possessif, tu n'es pas marié avec!
-Oh tu m'énerves miss la morale! C'est bien si tu ne veux pas le savoir, mais moi si. On sait que tu es toujours parfaite, c'est bon, ce n'est pas la peine de faire semblant de ne pas être curieuse!
-Moi une miss la morale?
-Parfaitement! Une petite sainte nitouche coincée.
-Je ne sais pas se que je vais te faire Potter!
-C'est plus Harry?
-Espèce de ...de...
Hermione avait monstrueusement envie de lui mettre le poing dans sa jolie petite tête pour lui retirer ce sourire.
-De...de.."
Harry attrapa la main qui aurait du le gifler et s'approcha de Hermione qui était maintenant rouge de colère et qui bouillait littéralement sur place. Ses lèvres rouges l'était aussi d'ailleurs... c'était terriblement tentant. Immobile et hypnotisée, elle le laissa frôler son nez. Ses yeux verts étaient tout proches et elle ne pouvait plus s'en détacher. Il ne réfléchit pas plus et posa ses lèvres sur les siennes. Surprise par les lèvres chaudes sur les siennes elle ne réagit pas puis ces lèvres répondirent avidement. Ils se séparèrent enfin.
"On est ne devrait pas. Tu es avec Cho.
-La mauvaise excuse. Je peux rompre! c'était bien, non? Hermione, je veux pouvoir t'embrasser quand j'ai envie!
Et ses yeux si verts qui la scrutaient intensément. Comment dire non?
- Ce que tu dis, c'est comme si on sortait ensemble.
-Et alors?
-Mon père. Mon père ne va jamais comprendre.
-Je croyait que tu te faisais tes propres opinions des gens et qu'il respectait ton jugement? S'il te plait, supplia Harry en la prenant dans ses bras.
-D'accord, on essaie.
Il sourit sincèrement et le cœur d'Hermione bondit. Il lui déposa un baiser sur les lèvres, léger mais non dépourvu de tendresse. Elle lui répondit par un baiser beaucoup plus passionné, plein de promesses.
-Tu ne le regretteras pas."
Tableau 2: Prendre le risque de se tromper
Ils entrèrent dans la grande salle et Harry sentit la main d'Hermione dans la sienne se serrer un peu plus que de coutume. Elle était anxieuse et ce n'était pas à cause des ASPIC qui étaient dans moins d'un mois. Assumer devant tout le monde une quelconque relation avec un garçon la mortifiait bien plus. Il était toujours étonné par l'étendue de sa pudeur. Le Brouhaha cessa immédiatement, tous les regards au presque fixés sur le couple surprise. Harry les toisa méchamment du regard. Qu'est ce que ces avortons avaient à les fixer comme des bêtes de foire? Hermione se retourna et l'embrassa rapidement avant de rejoindre sa table où tous s'étaient arrêtés de manger à l'exception de Luna. Celle-ci ne semblait pas vraiment étonnée et la lança sur les carrières qu'elle envisageait à sa sortie de Poudlard.
" Tu es sûre que tu ne veux pas devenir guérisseuse?
- Non, j'aurais trop peur d'avoir la vie de mes patients entre les mains. Je préfèrerais rentrer au ministère de la magie.
- Tu risques d'être très exposée aux nargoles bureaucratiques,
- Je n'en ai jamais entendu parlé.
- Cette race est terrible : non seulement elle embrouille l'esprit et complique les choses mais en plus elle déteste le changement.
- Oh, je vois. Ne t'inquiètes pas, j'ai assez de force de caractère pour les rendre inoffensifs.
- Je n'en doute pas. Tu aimerais quel département?
- J'hésite entre faire de la recherche au département des mystères et entrer au ministère de la justice pour lutter contre les inégalités et les discriminations...
- Alors Hermione je croyais que tu avais plus de goût quand tu choisissais un petit ami! Lui lança une voie à droite de la table des serdaigles qui l'interrompit en pleine tirade passionnée.
Le ton était rigolard mais il exaspéra Hermione plus que ce qu'elle pensait. Il avait toujours autant de tact! Un vrai bœuf. Et de quoi se mêlait-il? Ils n'étaient pas amis, se rappela-t-elle. C'était dans ces moments là que, le cœur serré, qu'elle avait conscience de tout ce qu'elle avait perdu. Si elle n'était pas revenu dans le passé, il n'aurait jamais fait cette remarque.
-Très drôle, Ronald. Tu n'as pas toujours eu bon goût non plus, je crois?
-Qu'est ce qui te fais dire ça, miss-je-sais-tout?
Elle souffla, il avait décidé de lui gâcher la journée? Il aurait pu choisir un autre moment pour être intelligent. Bah, il oublierait vite, il suffisait de le provoquer.
-Réfléchis stupide griffondor!
Ron se rembrunit. Il n'était plus de bonne humeur non plus, bien fait!
-Qu'est ce que tu fais Hermione, Ron ne t'a rien fait!
-De quoi tu te mêles Harmonie? Ton petit ami m'agace.
-Qu'est ce qui t'arrive Hermione? Tu deviens insupportable depuis quelque temps! Je ne comprend pas pourquoi Ginny est si souvent fourrée avec toi! Tu nous snobes et nous prend de haut! Franchement on dirait Potter! Jusqu'à il y a peu j'aurais pas cru le dire mais vous allez bien ensemble avec Potter finalement! Tu cachais bien ton jeu!
-Pfff, ce que tu peux avoir des idées préconçues! Et au risque de me répéter tu te mêles de ce qui ne te regardes pas.
-Elle a raison, lâches nous Granger et va faire mumuse avec ton rouquin! Répliqua Harry qui s'était approché en voyant Hermione s'énerver.
-Je..."
Le Hiboux ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase qu'il lui fonça dessus, lui arrachant un petit cri et la forçant à dégager le passage pour s'arrêter devant Hermione, à qui il tendit une enveloppe rouge vif. Elle blanchit l'attrapa et soutit en courant de la grande salle sous les regards médusés et celui inexpressif de Harry qui ne laissait pas penser qu'il s'inquiétait. Il ne se demandait s'il était la cause de cette beuglante, il le devinais. Autant que la confrontation arrive maintenant.
La voix de Sirius retenti dans la grande salle malgré la fuite d'Hermione:
« Je n'y crois pas Hermione, tu es sensée être à serdaigle! Comment peux tu être aussi stupide! Sortir avec la tête gonflée qui me sert de filleul! De toi tout mais pas ça! Et en ce moment! Je veux bien faire des efforts pour le supporter mais là tu as franchi la limite jeune fille! Je ne veux plus te voir paraitre devant moi tant que tu ne m'auras pas expliqué. »
Elle n'appréciait sûrement pas, pensa Harry, surtout de la part de son papa chéri. Pourtant elle était majeure, ce n'était pas comme si elle était obligée de retourner vivre chez son père, même s'ils avaient une relation assez proche. En tant que petit ami et cause de la dispute, il savait que c'était à lui de la réconforter. Zut, il était maudit! Il sortit sans un regard à la grande salle. Il n'eut pas loin à aller la troisième porte du couloir était mal fermée. Il la poussa et entra et referma la porte derrière lui.
Il ne voulait pas que tout le monde assiste à l'explication qui allait avoir lieu. Pourtant, elle était en boule, muette et ses épaules tressautaient signe de sanglots. Il ne manquait plus que cela! Pourquoi pleurer pour une simple remontrance du cabot? Il soupira et la prit dans les bras, attendant qu'elle se calme. Ben quoi il ne faisait rien? C'était toujours mieux que d'essayer de la raisonner. Elle n'aurait surment pas supporté de l'entendre dénigrer le cabot! Comment une fille aussi intelligente pouvait se mettre dans des états pareils? Heureusement qu'elle se calmait déjà. Elle se retourna vers lui et malgré une voix légèrement rauque le remercia, lui donna un léger baiser qui le laissa sur sa faim et lui échappa pour sortir de la salle en lui disant à demain comme si tout était déjà redevenu normal.
Hermione se précipita dans son dortoir et tira les rideaux. Elle voulait être seule, avec sa colère et sa tristesse. Colère contre la réaction disproportionnée et possessive de Sirius, colère contre elle pour avoir sous-estimé la violence de sa réaction. Tristesse insidieuse, comme un sentiment d'abandon et tristesse de voir que Sirius lui était si essentiel, qu'elle ne pouvait envisager la vie sans lui et sa joie de vivre. Elle en était plus dépendante que de ses anciens parents. C'était un lien merveilleux, mais s'il faisait autant souffrir, il aurait peut être mieux valu qu'elle ne s'attache pas autant.
Y penser faisait ressortir un manque, un vide qu'il aurait du occuper dans sa vie. Elle avait réussi à oublier père et mère pour s'autoriser à être heureuse avec lui et lui il...Elle savait qu'il n'était pas qu'un simple père de substitution pour elle et qu'elle était attirée par lui mais elle pensait avoir réussi à transformer ses sentiments troubles en tendresse filiale. Elle en avait été convaincue quand elle avait embrassé Harry. Elle n'y croyait plus maintenant qu'il avait fait irruption de manière brutale dans sa vie à Poudlard, se rappelant subitement à elle. Quand les bras d'Harry l'avaient entourée, ils l'avaient entourée de façon moins naturelle que Sirius et son odeur avait paru moins chaude à son nez. Elle le savait mais elle avait conscience de l'essentiel: elle aimait aussi Harry, pour d'autres raisons et il fallait choisir. Et sa façon d'agir excessive pesait dans sa décision d'essayer de passer à autre chose, malgré tout.
