Fandom : Mobile Suit Gundam Tekketsu no Orphans
Titre : Bleu lavande, bleu Majorelle
Disclaimer : Les personnages de G-Tekketsu no Orphans ne m'appartiennent pas. Et Sunrise nous fait du grand n'importe quoi, mais ça reste génial, c'est l'essentiel! L'illustration utilisée pour cette fanfic a été trouvée sur Pixiv et j'ai retrouvé l'auteur qui est あすてる ! Aussi, je ne fais pas du tout d'argent avec cette fanfic (même si j'en aurais bien besoin).
Rating : M. Pas fait exprès (gros mensonge)
Genre : Coloré?
Pairing : Arf...
Chapitre 1 - Enfance
C'est à l'âge de neuf ans que McGillis avait découvert ces couleurs...
« Bonjour, je suis Gaelio Bauduin, fils de la maison Bauduin.
- Bonjour. McGillis Fareed.
-Je ne savais pas que la maison des Fareed avait un fils. En plus, tu as mon âge, non ? »
Ces mèches lavande… avec une seconde nuance de bleu très proche : le Majorelle des yeux de son jeune interlocuteur.
« Je l'aurais forcément su, si…
-J'ai été adopté. Par Iznario Fareed.
-Ah… Ah, c'est pour ça ! Je me disais aussi ! Mac…i…
-McGillis.
-Macky !
-Hé…
-Je t'appellerai comme ça pour l'instant, d'accord ? Viens, suis-moi, il est de mon devoir de te faire visiter la maison. Après tout, je suis l'unique héritier des Bauduin !
- On le saura…
-Allez, viens !»
Et cet enfant de son âge, plein de vie et de soleil, lui avait spontanément pris la main pour l'emmener faire un tour du propriétaire. Sans aucune considération d'origine ou de rang, il n'avait vu en lui qu'un potentiel compagnon de jeux.
McGillis s'était fait éblouir par ces yeux Majorelle, hypnotisé par ces mèches de cheveux lavande.
Ligoté par ce sourire éclatant.
La visite de l'immense propriété des Bauduin avait pris plus d'une heure et encore, ils ne s'étaient pas rendus dans les endroits défendus. Parcourir les multiples couloirs, salons et jardins, tout en saluant quiconque se trouvant sur leur chemin avait été digne d'une balade au musée pour le jeune blond aux yeux verts découvrant la haute aristocratie terrienne. Gaelio avait voulu lui en mettre plein les mirettes, mais, peu impressionnable, McGillis était resté stoïque, gardant ses commentaires de surprise pour lui-même.
Il n'avait même pas osé lui demandé d'arrêter de l'appeler par ce surnom, Macky… Qui était beaucoup trop mignon.
Pour son propre bien.
« McGillis.
-Oui, Père ?
-Il a été décidé que tu vivras dorénavant chez la famille Bauduin en-dehors de tes études. Tu seras à l'école en pensionnat et chez eux durant tes permissions cela, dans le but de te familiariser avec le décorum de l'aristocratie des Sept Etoiles de Gjallarhorn. Maintenant que tu es un Fareed, il ne te faut rien ignorer de ce qui concerne l'élite car tu es destiné à intégrer les plus hautes fonctions de commandement au sein de Gjallarhorn. Chez les Bauduin, tu côtoieras également les membres des autres familles. Tout cela contribuera à ta formation et ton enrichissement.
-Bien, Père.
-J'y pense… Tu y croiseras certainement la fille Issue.
- C'est-à-dire ?
-Carta Issue, la fille unique des Issue. Si c'est le cas… Fais preuve de courtoisie à son égard, tel un vrai gentleman. Car je réfléchis à vous fiancer.
-Qu... »
Le garçon blond avait été interrompu par le regard bleu perçant de son père adoptif, Iznario Fareed, qui s'était retourné pour lui faire comprendre, par le silence, qu'il n'y avait pas matière à protester sur ce sujet.
« Cependant, la maison Issue est déjà en pourparlers avec les Bauduin… Avait continué le chef de la maison Fareed, de sa voix terne. D'où la présence fréquente de Carta Issue chez les Bauduin. C'est la raison pour laquelle lorsque tu la croiseras, tu devras la traiter avec égards.
-Je… Bien, Père.
- Si tu as compris, tu peux te retirer pour l'instant. Toutes les formalités ont été déjà été réalisées pour ton intégration scolaire et la famille Bauduin est d'accord pour t'accueillir chez elle durant les congés. Ce qui tombe bien, puisque leur fils a ton âge... Enfin, va.
- D'accord, Père », s'était contenté de répondre McGillis en s'inclinant face à son protecteur, avant de quitter la pièce.
Une fois dans le couloir, il n'avait pu s'empêcher de soupirer de soulagement de ne plus avoir à respirer le même air que lui.
Iznario Fareed, cet homme d'un autre temps qui lui promettait un avenir radieux et le luxe de l'aristocratie, n'avait pas de couleurs. A chaque fois qu'il y repensait, McGillis ne pouvait s'empêcher d'éprouver un vague sentiment de dégoût.
Il se rappelait avoir été soulagé de savoir qu'il ne vivrait plus dans le manoir des Fareed mais chez les Bauduin, où il y avait pleins de couleurs.
A commencer par les bleus lavande et Majorelle.
« Macky, je suis trop content de savoir que tu vas venir habiter chez nous ! S'était exclamé le jeune Gaelio, les yeux bleus pétillant de joie, entouré d'une armée de serviteurs en uniforme. J'ai tout préparé à ton intention, même ta chambre, que je t'ai attribuée. J'espère que tu aimeras !
-Pourquoi as-tu fait tout ça ?
-Parce que je suis le fils de cette maison, et que je ne peux pas déshonorer ma famille en son absence.
-Tes parents ne sont pas là ?
-Jamais. Mais comme je passe mes journées ici, je peux tout superviser, en plus de mes études.
-Tu ne vas pas à l'école?
-Pas dans notre famille. J'étudie ici avec des professeurs privés. Et s'occuper de cette propriété fait partie de mes devoirs. Ainsi, lorsque je serai grand, je pourrai devenir le chef des Bauduin la tête haute. Mais tu sais quoi ? J'ai demandé à mes parents si je ne pouvais pas aller à l'école cette année !
-Pour quoi faire, si tu n'y es jamais allé ?
-Parce que tu y es, Macky ! Je me suis dit que ça pourrait être amusant ! Mais ma mère et mon père m'ont dit que ce ne sera pas avant mes seize ans, pour intégrer la haute académie militaire de Gjallarhorn. Du coup, j'espère bien t'y retrouver à ce moment-là ! Je travaillerai dur pour intégrer l'académie, alors fais-en de même, d'accord ? »
Ne sachant pas quoi dire de plus face à tant d'enthousiasme, peu habitué à recevoir d'emblée une telle déclaration d'amitié, McGillis s'était contenté de hocher la tête face à son interlocuteur en marinière.
« Bien, si tu es d'accord, je vais te mener à ta chambre, j'y ai fait déposer toutes tes affaires. Ici, nous prenons le déjeuner à midi pile, dans la grande salle à manger, alors ne sois pas en retard. Je t'y rejoindrai et on pourra bavarder à notre aise. Viens ! »
Il lui avait pris la main, une fois de plus, sans ménagement, et sans se préoccuper des serviteurs qui lui criaient que ce n'était pas des manières, et l'avait entraîné en courant dans les escaliers majestueux de la demeure princière jusqu'au troisième étage, où se trouvait la chambre qu'il avait décidé d'accorder à son ami blond, durant ses séjours chez les Bauduin. En le suivant, McGillis s'était demandé combien d'étonnants secrets cachaient encore Gaelio derrière cette joie contagieuse, et combien de fois il avait dû se sentir très seul, dans cette si grande maison.
McGillis s'était surpris à avoir de telles pensées. D'ordinaire, le monde lui était complètement indifférent. Mais Gaelio, dont même le rire était un arc-en-ciel de couleurs, le traitait déjà comme le plus précieux des amis alors qu'ils se connaissaient à peine et qu'ils ne venaient pas du tout du même milieu social. Le blond en avait été profondément touché, même s'il ne s'en était pas forcément rendu compte à ce moment-là.
Vraiment, il était content de la décision prise par son père adoptif et de l'accord trouvé avec les Bauduin lui permettant de vivre ici lorsqu'il ne serait pas en pensionnat.
A ce moment-là, il avait tout simplement été content de savoir qu'il pourrait partager et apprendre en compagnie de Gaelio.
D'ailleurs, McGillis n'a toujours pas honte de l'admettre : la fin de son enfance, ainsi que son adolescence chez les Bauduin sont assurément les plus belles années de sa vie.
Et il sait que l'avenir, chiche en bonnes surprises, ne lui en réservera pas d'autres : il a épuisé ses crédits pour plusieurs vies.
Gaelio était une personnalité beaucoup plus complexe qu'on ne pourrait le croire de prime abord et cela, McGillis le sait mieux que quiconque.
Il a appris à le découvrir sur le tas, petit à petit, à chaque phrase, remarque, geste et initiative.
Gaelio était souvent de bonne humeur et n'était pas le dernier pour faire une blague. Il aimait s'amuser et se détendre, là où McGillis ne quittait jamais ses bouquins. Cela ne l'empêchait pas d'être sérieux quand il le fallait. Il était beaucoup plus studieux qu'il n'y paraissait, consacrant beaucoup de temps aux études et tenant ses obligations avec beaucoup de soin.
On ressentait l'amour qu'il éprouvait pour sa maison, celle des Bauduin, plus que tout. Son orgueil et son sens de l'honneur étaient infaillibles. C'était pour ne pas ternir le nom de sa famille qu'il s'efforçait, jour après jour, d'être une personne irréprochable. Il tenait la maison d'une main de maître, organisant dîners et réceptions. Il étudiait à la fois les matières intellectuelles, artistiques, ainsi que l'art de la guerre, la stratégie, le combat sans oublier la mécanique sous-tendant toute la technologie avancée de guerre. Il adorait se pencher sur les Mobile Suits et connaissait ceux de sa famille par coeur, à commencer par celui qui serait le sien un jour, le légendaire ASW-G-66 Gundam Kimaris.
Souvent, McGillis l'avait surpris la nuit, au milieu d'une activité quelconque et il lui était arrivé de se demander plus d'une fois si son ami dormait, de temps en temps. Lorsqu'il préférait la lecture aux rêves durant ses jours de congés chez les Bauduin, il lui était souvent arrivé de passer la nuit dans la chambre de Gaelio afin de lui tenir compagnie.
Jamais une plainte. Jamais une remarque négative, un soupir ou une lamentation. Jamais de reproche, de crise de nerf ou de jalousie ou de revendications. Le jeune aristocrate de neuf ans endurait tout sans broncher, avec droiture et honneur, par piété familiale. Il se pliait à toutes les obligations dues à son rang, tenait la comptabilité journalière du fonctionnement du château pendant qu'il goûtait et en profitait pour se défouler dès qu'il avait une matière physique à étudier.
Vraiment, il forçait l'admiration et même le placide McGillis avait été obligé de le reconnaître : son ami se montrait étonnant à gérer leur quotidien.
Ils n'avaient pas eu beaucoup de temps pour jouer ensemble. Le blond n'était présent que le weekend et durant les vacances, après tout et Gaelio n'avait que peu de moments de repos. Mais parfois, Monsieur ou Madame Bauduin apparaissait, comme par magie, dans le château. McGillis s'était plus d'une fois retenu de leur faire remarquer, acide, s'ils se souvenaient enfin qu'ils avaient un fils. Malgré tout, il savourait leur venue, car une fois que Gaelio leur avait transmis les informations importantes, il pouvait avoir un peu plus de temps libre.
« Dis, Gaelio…
-Oui ?
-Ta couleur de cheveux… C'est de famille ? Tes parents n'ont pas ces cheveux couleur lavande.
- Ca me vient de ma grand-mère paternelle, lui répondit-il en touchant machinalement sa mèche gauche qui partait sur le côté, avec style. Elle est décédée il n'y a pas si longtemps et elle me manque, je l'aimais beaucoup.
-Mes condoléances.
- Et… J'ai aussi ses yeux.
-J'aime tes yeux », lui avoua tout de go McGillis.
Gaelio en resta bouche bée, ne s'attendant pas à cette révélation. Mais fidèle à lui-même, il accepta le compliment d'un beau sourire.
« J'aime tes yeux, ils sont francs et pleins de vie. Il y a de la couleur, continua McGillis. Mais pourtant, je préfère la couleur lavande de tes cheveux. »
Et sur ces mots, il tendit la main pour toucher, à son tour, la mèche que Gaelio portait sur le front gauche. Face à face, les deux garçons se regardaient droit dans les yeux, et McGillis fronça légèrement les sourcils en notant la petite teinte rose que prenaient les joues de son ami.
« C'est flatteur, venant de toi, Macky, lui dit finalement Gaelio. Tu as des yeux d'un vert tendre et des cheveux blonds comme un champ de blé un soir d'été, expliqua-t-il en enroulant autour de son index la longue mèche blonde qui lui pendait le long du nez. Tu es très beau. Tu n'auras aucun problème à te trouver une épouse et à continuer la descendance des Fareed. »
Et là, ce fut au tour de McGillis de rosir très légèrement.
« Je préfère un champ de lavande à un champ de blé.
-A ta guise, Macky, concéda le maître de maison en s'éloignant. Je vois que tu n'es pas habitué à recevoir des compliments.
-Pas ce genre de compliments.
-Ca vient avec l'habitude, tu verras. Un jour, il se pourrait même que tu t'en lasses. Je serai le premier à me moquer de toi, quand ce jour arrivera ! »
C'est drôle de constater que Gaelio a visé on ne peut plus juste, sur ce coup. A chaque réception mondaine, McGillis s'efforce de masquer son dégoût des femmes, jeunes ou pas, le courtisant dans les moindres recoins de salon, bavant de commentaires mielleux et insipides sur sa personne.
Dans ces moments-là plus que d'autres, il se met à rechercher les mèches lavande et les yeux Majorelle.
« Jeune maître, vous êtes parfait ! Une fois de plus, vous saurez faire honneur aux Bauduin !»
Ce fut sur cette exclamation du valet de chambre de Gaeolio que McGillis était rentré dans la chambre de ce dernier, faisant se retourner le vieil homme de surprise, une brosse à cheveux à la main.
Cela faisait belle lurette que le fils adoptif des Fareed avait perdu l'habitude de toquer à la porte de son vieil ami. Vieil ami qui n'avait pas bougé, se contentant de le regarder à travers le miroir en pied face auquel il s'apprêtait.
« McGillis ! Approche, que je te voie d'un peu plus près. Vous pouvez nous laisser, Denzel, avait ordonné le jeune homme aux yeux bleus en congédiant son valet.
-Bien, jeune maître. »
McGillis s'était décalé pour laisser passer le vieil homme, lui demandant silencieusement la brosse à cheveux, qu'il avait obtenu de lui. Le manège n'avait pas échappé à Gaelio, qui en avait rit doucement, avant d'accueillir à bras ouverts son ami d'enfance.
« McGillis, tu es superbe, comme toujours ! Le complimenta-t-il.
-C'est la moindre des choses, admit modestement le blond, affable dans son costume trois-pièces gris sombre, relevé par des lisérés dorés sur le pantalon, la veste et le gilet. Je peux en dire la même chose de toi.
-Alors, j'imiterai ta réponse, c'est la moindre des choses, pour l'héritier Bauduin, rit franchement Gaelio qui portait un costume bleu marine au col militaire richement décoré. Après tout, nous avons été reçus à l'académie militaire de Gjallarhorn, nous serons les étoiles de la soirée ! Sans mauvais jeu de mots.
-Tu y es arrivé, finalement.
-J'ai hâte d'y être ! Enfin sortir d'ici, découvrir autre chose que ces murs… Peut-être me faire de nouveaux amis, qui sait ?
-Je suis sûr qu'aller à l'école te plaira, s'attendrit McGillis devant l'enthousiasme de son futur camarade.
-Mon seul regret reste de ne pas avoir dépassé ton score global aux examens d'entrée.
-Tu es second, ne te plains pas.
-Mais je visais la première place. Cela dit, je resterai beau perdant. Tu es coriace, tu as toujours été très intelligent, en plus d'être toujours fourré dans un livre.
-C'est dingue, que tu me connaisse autant, pouffa le blond.
-Cela fait sept ans que tu vis ici, si je ne te connaissais pas maintenant, ce serait jamais ! »
McGillis s'en rappelle comme si c'était hier: il avait sourit en réponse à l'éclat de rire relâché par son ami.
A l'âge de seize ans, ils avaient été reçus avec les honneurs à l'académie militaire de Gjallarhorn et pour fêter cela, les Bauduin avaient organisé une réception à laquelle n'étaient invitées que des personnes triées sur le volet.
Du temps avait passé, lentement, mais sûrement. Ils avaient bien grandi depuis leur première rencontre, mais leur amitié était restée pure et intacte comme au premier jour.
« Tu te retournes ? Que je te coiffe, lui avait demandé McGillis en levant la brosse à cheveux.
- Tu ne seras rien de plus que la troisième personne à s'y coller, avait soupiré, amusé, l'adolescent aux yeux bleus en obéissant.
-Du moment que je suis le dernier, c'est tout ce qui compte , avait déclaré le blond en caressant affectueusement les mèches lavande de son ami.
-C'est drôle, car je ne trouve pas mes cheveux aussi exceptionnels que cela.
-Je n'ai vu personne avec une telle couleur naturelle. Et je n'ai jamais touché des cheveux si soyeux que les tiens. »
Avec dévotion, McGillis avait déposé un baiser sur le revers de la longue mèche côté gauche qu'avait laissée pousser son ami.
« Et en plus, j'adore leur senteur », avait-il murmuré plus bas, en caressant les mèches lavande du bout des lèvres.
Debout face au miroir en pied, les deux jeunes hommes s'y étaient admiré un moment, se souriant mutuellement, avant que le blond s'éloignât légèrement afin de brosser la chevelure qu'il chérissait tant. De sa main libre, il l'avait caressée, tassant, poussant, balayant ce qui devait l'être et Gaelio s'était laissé faire.
Le recoiffer avait toujours été le pêché mignon de McGillis. Il avait même pris l'habitude de lui couper les cheveux au besoin, s'improvisant coiffeur à la demande.
Une fois qu'il eut terminé, le blond avait débarrassé le costume de son ami de tous les cheveux qui avaient pu s'y perdre et ça avait été à ce moment-là que Madame Bauduin, la mère de Gaelio, avait fait son apparition dans la chambre de son fils.
« Mes enfants, leur avait-elle dit, il vous faut descendre, ne faites pas plus attendre nos invités ce soir. McGillis, ton père est aussi présent.
-Merci, nous descendons de suite.
-Mon fils, tu es splendide ! S'était-elle alors exclamé à l'attention de Gaelio. Je ne t'ai pas vu grandir… Mais voilà que tu es déjà de ma taille ! Seize ans déjà !
-N'est-ce pas ? S'était enorgueilli celui-ci en se rapprochant d'elle. Mais ma plus grande réussite reste McGillis. J'ai réussi à faire de lui le plus charmant des gentlemen ! »
Madame Bauduin avait porté la main à sa bouche pour y étouffer un rire, acquiesçant à la vérité énoncée par son fils.
« Il est vrai, McGillis, que tu étais si froid et austère, autant que ce cher Iznario, lorsque tu es arrivé chez nous ! Mais Gaelio a su te parfaire, et maintenant, te voilà enfin prêt à affronter la fine fleur de l'aristocratie ! Même ton sourire d'ange est un chef d'oeuvre !
-En effet, avait reconnu le blond en s'inclinant face à sa bienfaitrice, et je vous dois cette éducation.
-J'espère que tu sauras t'en montrer digne, ce soir et les suivants, afin de ne pas salir le nom des Bauduin, McGillis. Mais je ne m'inquiète pas du tout. Allons-y, mes chers ! Le monde vous ouvre ses bras ! » Leur avait-elle lancé, joyeuse, en les quittant.
Madame Bauduin était d'une beauté rare, il était vrai. Surtout dans cette robe d'apparat, couverte de bijoux.
Mais pour McGillis, elle n'était ni lavande, ni Majorelle.
Elle n'était rien du tout.
« Suivons-la, au lieu de nous attarder ici », lui avait dit Gaelio en le prenant par la main comme d'ordinaire.
Avant de se rétracter avec un petit sourire contrit, à l'étonnement, puis la déception de McGillis :
« Il faut que j'arrête cette mauvaise habitude que j'ai prise… Je pense que ça ne passera pas à l'académie, que je te tienne la main comme si nous étions encore de petits enfants.
-Certainement. Mais nous n'y sommes pas encore, alors profitons-en. Allons-y », avait déclaré le blond en récupérant autoritairement cette main qui lui avait échappé sans crier gare.
Légèrement déstabilisé par cette volonté manifeste de McGillis de le garder près de lui, Gaelio n'avait pipé mot et s'était laissé entraîné sans protester.
Ce détail n'avais pas échappé à McGillis.
