Hola amigos mios ! :3
Ce chapitre a été une tannée à commencer et à avancer ! Faire quelque chose avec Legolas, après le précédent chapitre, qui comble tout le monde et qui en plus va dans leur caractère aux deux, ça a été dur x)
Mais le voici, le voilà, et j'en suis plutôt satisfaite ! ^^
Bonne lecture à tous et à toutes et mille merci pour votre soutien, vos reviews, vos messages, vos alertes et vos favoris ! Et question reviews vous avez fait fort ! 4 pages de reviews à lire, ça fait tellement plaisir X3
S'il y en a à qui je n'ai pas répondu, désolée d'avance, il est possible que j'en ai oublié ou sauté sans faire gaffe ^.^'
Hésitez pas à me le signaler ;)
Chapitre 59 : Savourer l'instant
Le soleil avait disparu derrière les collines rocheuses qui encerclaient la plaine d'Edoras. Il n'en restait que des traces rosées qui s'effaçaient, chassées peu à peu par le ciel obscur. Un vent froid commençait à souffler, agitant les herbes sèches de son murmure. Mais ni l'Elfe ni la Louve ne s'en souciait, tous deux insensibles à sa caresse gelée.
Devant eux se dressait la capitale du Rohan. Ils l'atteindraient avant que la nuit ne fut noire. Ils auraient même pu y être bien plus tôt. Les chevreuils entassés sur le dos de Naurofána ou les épaules de Legolas ne pouvaient justifier leur lenteur calculée, étirée à son maximum afin de ne pas se retrouver trop tôt entourés. Le charme qui les couvait ne s'était pas brisé lorsqu'ils avaient repris leur route et ils voulaient le préserver encore un peu.
La louve leva les yeux vers l'Elfe qui marchait à ses côtés. Malgré le chevreuil qu'il portait en travers des épaules, il gardait cette impression irréelle de perfection et de grâce, alors qu'un peu de sang perlait encore des nasaux de l'animal. Naurofána eu un petit rire intérieur, sachant qu'une part d'elle contribuait grandement à idéaliser celui qu'elle aimait.
Il baissa les yeux vers elle et sa main vint doucement l'effleurer derrière les oreilles.
Lorsqu'ils parvinrent aux portes de la cité, les gardes s'apprêtaient à les fermer. Se glissant rapidement à l'intérieur, l'Elfe et la louve laissèrent trois chevreuils aux hommes et femmes qui s'attardaient encore dehors. Les villageois se les partageraient. Eux aussi avaient besoin d'un bon repas pour reprendre des forces. La Nauro se sentit un brin coupable d'en avoir mangé trois à elle seule, avant de se faire une raison. Elle était carnivore et ce repas lui ferait plusieurs jours et il était plus prudent de la nourrir que de la laisser affamée.
Sans se presser, ils remontèrent la pente qui menait vers le château. À l'aller, ils avaient été submergés par une marée d'enfants surexcités. La solitude et le silence qui planaient autour d'eux, alors que chacun se hâtait de rentrer chez lui, formaient un cocon douillet. Naurofána n'avait pas encore repris forme humaine et ne le fit pas même une fois qu'ils furent arrivés aux portes du château. Legolas lui lança un regard interrogateur mais ne dit rien et découragea d'un haussement de sourcil les quelques gardes réticents. Des serviteurs les déchargèrent de leur butin, amenant vite le gibier aux cuisines.
Ils cheminèrent lentement vers leurs quartiers, déserts à cette heure.
À l'abri des regards, Luana reprit forme humaine. Un peu de sang séché tâchait ses vieilles frusques, mais elle s'en fichait. Le plus important était que les tresses de Legolas étaient restées en place et que les fleurs n'avaient pas souffert.
Elle se tourna vers lui, sourire aux lèvres et regard baissé. Elle se sentait dans un état étrange, entre le flottement et l'agitation, et craignait de réagir bêtement si elle le regardait droit dans les yeux. Ou si elle fixait trop longtemps ses lèvres...
L'Elfe ne prit toutefois pas la peine de ménager ses précautions et ses efforts pour ne pas le toucher. Il effleura légèrement la peau de son cou en retirant une brindille prisonnière de sa chemise.
- Sans doute devions-nous nous rafraîchir et nous changer avant que soit sonnée l'heure du dîner, dit-il doucement avec un sourire.
Oh ce regard tendre et chaleureux ! C'était tellement bon de voir ses yeux se réchauffer et la couvrir de ce voile aimant. Elle redressa la tête et osa le contempler, tant pis si elle le fixait sans ciller, comme hypnotisée.
Un petit rire grondant en elle la força à couper court à cet instant de contemplation béate.
- Oui... je crois que ça sera pas une perte de temps, bafouilla-t-elle à regret.
Avec un dernier sourire et un ultime regard, il se retira et la laissa à sa pudeur.
Dès qu'il fut hors de vue, les jambes de la Nauro devinrent faibles et flageolantes. Maladroitement, elle s'assit avec précaution sur la première paillasse à portée.
Hostia... elle se sentait vidée... sans force. Et pourtant, comblée, si pleine de joie qu'elle avait peur d'éclater. Un petit rire fusa d'entre ses lèvres. Un rire tout simplement heureux. Elle gloussa sans retenue, se mordillant les lèvres en repensant à la caresse de Legolas tandis qu'il la coiffait, effleurant du bout des doigts les fleurs dans ses cheveux. Son cœur enflé d'amour avait besoin d'évacuer le trop plein d'émotion. Que ça faisait du bien, rire sans que ce soit pour survivre, pour dédramatiser. Rire parce que l'on est bien, tout simplement. Elle savait que les choses n'allaient pas être faciles. Elle n'avait jamais aimé une personne de cette façon, elle n'y connaissait rien, et sa nature, son éducation, pouvaient la pousser à faire des choses qui indisposeraient Legolas. Et si elle osait pousser plus loin, l'image d'une version plus vieille, plus sévère de son elfe lui apparaissait et lui interdisait de songer à ce bonheur.
Mais il était encore loin le temps où Legolas la présenterait à son père. Encore devaient-ils vivre jusque-là, encore devaient-ils vaincre.
Étrangement, l'idée que leur histoire puisse finir par une rupture lui paraissait invraisemblable. Dans son esprit, seule la mort pouvait les séparer. Sans doute était-ce l'euphorie des nouveaux couples qui l'enivrait. Elle croyait en la puissance des sentiments elfiques mais pas en la constance des hommes, en sa propre constance. L'amour unique n'existait pas pour la race humaine. Alors pourquoi croyait-elle si fort en eux qu'elle n'imaginait déjà plus un futur sans Legolas à ses côtés ?
Quelle idée bizarre. Alors que jusque-là elle était la célibataire endurcie qui n'en avait que faire des histoires de cœur, la voilà à faire presque des plans sur la comète.
Elle gloussa de plus belle, cette fois hilare, en essayant de se figurer ce que donnerait leur « vie de famille », Legolas et elle tentant désespérément de s'occuper de mini-Luana courant dans tous les sens et malmenant de mini-Leggy. L'image collait plutôt bien avec la horde surexcitée des mini loups garous d'Hôtel Transilvania, déchiquetant tout sur leur passage et se chamaillant sans cesse, les parents complètement dépassés.
- Vous voici ! tonna la grosse voix d'Heda.
Luana se calma aussitôt en la voyant entrer dans la salle, les bras chargés de linges et d'habits. Elle reconnut les manches longues et évasées d'une blouse mais heureusement pas de jupon à l'horizon.
- Je viens m'assurer de votre toilette pour le dîner, expliqua-t-elle en suivant son regard, lui faisant bien comprendre qu'elle n'y échapperait pas.
Avec un soupir, la Nauro se leva et la rejoignit. Les yeux d'Heda se fixèrent sur ses tresses et les fleurs qui les décoraient. Luana ne dit rien. Si sa relation naissante avec Legolas devait être rendue publique, ce serait avec lui à ses côtés. Ça les regardait tous les deux. S'ils n'en disaient rien, seuls ceux connaissant les traditions elfiques sauraient.
Avec plus de détermination que d'habitude, elle congédia Heda. Hors de question qu'elle touche à ses cheveux !
Lorsqu'elle ressortit de la salle d'eau d'Eowyn, Luana eu la surprise de découvrir Legolas qui l'attendait dans le couloir. Il s'était lui aussi changé, portant cette fois-ci une tenue prêtée par les Rohirrims, bleue et argent. La coupe n'était pas aussi saillante que celle de ses habits elfiques mais il restait Elfe et tout lui allait.
Tiens... maintenant qu'elle y songeait, elle se disait que peu importait ce que portait Legolas ou l'état de crasse dans lequel il pouvait être, elle le trouvait toujours aussi beau. Hum... sans doute sa nature elfique...
« Ou ton amour pour lui ? » gronda doucement Naurofána, taquine.
« Nana, exagère pas. Ok l'amour fait qu'on trouve toujours beau l'être aimé, mais y a des limites. Demande-lui comment il me trouvait y a une heure avec mes loques, on verra ce qu'il te répon... »
Avant qu'elle n'ait eu le temps de finir sa pensée, Luana se sentit tirée en arrière dans son corps.
- Legolas, préférez-vous cette tenue ou celle que Luana portait pour la chasse ? demanda la louve à travers les lèvres de la Nauro.
Legolas haussa un sourcil surpris.
- Je vous trouve ravissante ainsi vêtue, répondit-il alors que la jeune fille reprenait le contrôle de sa bouche. Mais votre tenue de chasse vous sied mieux. Elle vous correspond plus.
Il termina avec un doux sourire, qui acheva de la décontenancer.
- Hu... merci ? bafouilla-t-elle.
- Pourquoi cette question ? demanda-t-il amusé.
- Oh pour...
"Dis-lui ou c'est moi qui le fait..."
- ... la curiosité de Nana...
"Mais encore ?"
- ... et parce qu'on débattait de... pourquoi je vous trouve... beau-peu-importe-la-tenue-ou-la-situation ?
Elle cracha la fin de sa phrase le plus vite possible en priant les Valar qu'il n'entendrait pas tout. Mais il était un Elfe après tout.
- Vous me trouvez beau peu importe la tenue ou la situation ? répéta-t-il lentement.
Argh...
Elle grimaça un petit sourire tordu et se mordit la lèvre. Elle avait envie de se cacher les mains dans le dos pour se tordre les doigts d'embarras, comme une gamine timide prise en faute.
- Et quel est le pourquoi ? demanda-t-il visiblement touché.
Genre il ne se savait pas beau comme un dieu et était surpris qu'elle le trouve magnifique...
- Ben... on se demandait avec Nana si c'était votre côté elfe parfait ou... parce que je suis méchamment amoureuse ?
Pas besoin de préciser de qui. Toutefois, Legolas fronça les sourcils.
- Méchamment ?
- Hum hum. C'est une façon de dire que... c'est très fort... répondit-elle sans trouver les mots justes.
Toutefois, cette explication suffit à éclairer de nouveau le visage de l'Elfe.
- Et quel est votre avis sur la...
Un cor sonna quelque part dans les couloirs, annonçant le repas et interrompant sa question. Détournant rapidement le regard, Luana poussa un très léger soupir de soulagement. Un homme ne l'aurait pas entendu. Un Elfe en revanche...
- Nous devrions y aller, avant que l'on ne vienne nous chercher, déclara Legolas avec un petit sourire en coin.
Avec révérence et douceur, il lui tendit le bras, prêt à l'escorter comme il se devait jusqu'à la salle de banquet. Luana eut un de flottement en le regardant faire. Un peu plus tôt, dans la plaine, ça ne l'avait pas frappée mais cette fois-ci, dans les couloirs, elle eu une sensation de déjà-vu.
Leur rencontre dans les couloirs d'Imladris, il y avait de cela plusieurs mois, lui revint en tête. Elle l'avait confondu avec Glorfindel. Il s'était arrêté et l'avait attendue, avait accepté ses excuses et lui avait là aussi offert son bras pour la guider vers les festivités. Elle portait alors une robe - urgh ! - et malgré la cocasserie de la situation, ça ne l'avait pas plus que cela dérangée une fois en marche. Pourtant ce n'était pas sa tasse de thé, ce genre de geste de...
- À moins que ce ne soit trop galant à votre goût ? s'enquit Legolas, amusé.
Il lisait dans ses pensés. Leur avait-elle déjà dit qu'elle n'aimait pas la galanterie ? Oui sans doute plusieurs fois même ! Mais là... ce n'était pas de la simple galanterie.
- Je préfère à la mode de chez nous, répondit-elle complice. Mais je suis quasi sûre que ça soulèverait une vague d'indignation. Le bras fera l'affaire.
Avec forces manières, elle posa sa main sur celle de Legolas et ils partirent tranquillement rejoindre les autres.
- De quelle façon fait-on chez vous ?
Il y avait quelque chose de vraiment charmant dans sa curiosité. Et surtout dans le soupçon de timidité qu'il cachait sous son air enjoué.
« Heureusement qu'il ne s'agit que de marcher côte à côte et que tu n'as pas d'idée saugrenue en tête, sans quoi il aurait pu avoir une sacrée surprise... » ricana Naurofana au fond d'elle.
« De quoi tu parles Nana ? » s'offusqua la Nauro.
« Oh rien... »
Décidant d'ignorer sa louve, elle hésita un moment à lui prendre la main pour lui montrer comment elle aurait fait avec quelqu'un de son monde. Mais après réflexion, peut-être pas une bonne idée.
« Qu'est-ce que je disais... »
"Calla te"
- On se tient par la main.
- N'est-ce pas ce que nous faisons ?
- Hem... c'est encore différent. Je vous montrerez.
... c'était très étrange de le vouvoyer alors que... ben voilà quoi. On ne se tutoyait pas lorsque l'on était en « couple » ? Ou alors devaient-ils attendre que se termine la période de court ?
Tous deux se turent, et malgré le confort de ce silence, une légère tension était perceptible chez l'un l'autre. Elle crût d'autant plus du côté de Luana lorsqu'ils approchèrent de la salle du banquet, croisant de plus en plus de monde. Des sourcils se haussèrent, des murmures furent échangés et la Nauro regretta soudain que leur relation fût aussitôt rendue publique.
Ils auraient pu rester discrets quelques temps, se contenter de moments secrets d'intimité volés de-ci de-là, de regards complices perdus dans la foule. Comme un amour adolescent, comme ce petit jeu avec Elden. Elle s'attendait plus à une période de silence sur leur couple, le temps qu'ils s'y habituent tous les deux, qu'ils se découvrent l'un l'autre sous ce nouveau jour. Après tout, ils n'avaient pas vraiment été intimes jusque-là, ils ne se connaissaient pas si bien que ça !
¡ Hostia ! Les choses allaient soudain trop vite pour elle !
Legolas perçut sa crispation et sa réticence à avancer lorsque les portes et le brouhaha de la grande salle furent devant eux. Il ralentit avec elle puis s'arrêta complètement, l'interrogeant du regard. Mais elle ne put lui dire ce qui n'allait pas. Il était déjà trop tard, les rumeurs iraient bon train dès le lendemain avec les quelques témoins qu'ils avaient croisés. En outre, elle avait promis de s'adapter…
Certes ce n'était pas pour lui plaire, mais c'était la tradition ici non ? Les tresses n'étaient pas là que pour faire joli, elles étaient là pour montrer qu'elle avait accepté qu'il lui fasse la cour. C'était officiel et la suite logique était que tous en soient informés, pas vrai ? Elle devait s'y conformer, même si elle aurait largement préféré que leur relation reste officieuse au moins au début. Quitte à ne pas avoir les tresses tout de suite.
« Éternelle insatisfaite » gonda Naurofána. « Toutefois, je comprends ton point de vue. »
« Merci Nana… »
Au moins sa louve était avec elle sur ce coup-là. Et à côté d'elle, Legolas cherchait à capter son regard pour comprendre son malaise. Mais elle ne voyait pas du tout comment le lui expliquer. Encore moins alors qu'elle craignait qu'en la menant ainsi, il cherchait à marquer… son territoire.
« Tu exagères un peu Nena… »
« Je sais. Mais il est quand même jaloux d'Elden. Et si, même inconsciemment, il voulait lui montrer que maintenant, je suis avec lui ? »
« Cela sous-entendrait qu'il te considère comme lui appartenant, ce qui serait extrêmement macho. Tu le crois sincèrement macho ? »
La Nauro eut un pincement au cœur. Pour elle, le macho macho-man, c'était Boromir.
« Non Nana, certainement pas lui ! » soupira-t-elle intérieurement. « C'est la mentalité de ce monde qui est un peu machiste et donc indirectement son éducation. Mais, s'il est encore jaloux d'Elden, ça me donnerait l'impression qu'au final, il n'a pas confiance en moi… »
« À peine en couple depuis quelques heures que tu es déjà en train de redescendre de ton petit nuage, à t'inquiéter de ce qui aurait dû t'inquiéter plus tard. Profite de l'instant, vis-le ! » gronda Naurofána, à la fois amusée et désabusée par sa jeune protégée.
« C'est normal non ? »
Plus de réponse. Naurofána avait donné son dernier mot et la laissait désormais se débrouiller. Gracias Nana !
Et Legolas qui l'attendait avec patience et inquiétude devant son air troublé, alors qu'autour d'eux les gens ralentissaient pour les considérer.
- Qu'y a-t-il ? souffla-t-il en un murmure intime.
- Vous m'en voudrez pas si je m'adapte pas tout de suite ? répliqua-t-elle, mal à l'aise.
Il fronça les sourcils, perplexe, mais acquiesça doucement en lui souriant.
- Je ne veux pas vous forcer, moins encore si cela altère qui vous êtes. Souhaitez-vous que nous nous retirions ?
Elle le considéra une seconde, soulagée par sa réponse, surprise par sa proposition. Mais il était trop tard pour reculer. Déjà elle entendait quelques rumeurs circuler de table en table, les marmonnements de Gimli, dont la curiosité était piquée à vif, la voix d'Aragorn qui tentait de l'apaiser, les supputations de Merry sur ce qu'il se passait.
Au moins, elle pouvait se réjouir que la presse people n'existait pas en Terre du Milieu, sans quoi ils se seraient retrouvés en couverture de Voici. Oh… ça n'aurait pas loupé, à coup sûr. Après tout, Legolas était un prince. Elle le savait déjà mais la violence de ce rappel la heurta de plein fouet.
Legolas était un prince. Fils de roi. Avec une couronne sur la tête, et tout et tout. Même s'il n'en montrait rien depuis qu'elle le connaissait. Dans son monde à elle, il serait un people royal, serait perpétuellement sous les feux des projecteurs, cible des flashes des paparazzis, dans l'œil des caméras. Ici, elle avait du mal à assimiler ce que cela signifiait, surtout chez les Elfes. Le résultat était pourtant le même : Legolas était prince. Charmant qui plus est ! Legolas Vertefeuille, fils du roi Thranduil, prince de Mirkwood.
Et elle, en se mettant avec lui, elle devenait… ¡ Mierda ! On ne la lâcherait plus avec ces histoires de princesse maintenant !
Elle prit une grande inspiration et retira sa main du bras de son prince charmant. Il fut pris au dépourvu, plus encore lorsque ses doigts vinrent saisirent sa main et s'entremêler aux siens. Il ne bougea pourtant pas ni ne protesta. Il contempla leurs mains liées avant de la considérer avec curiosité.
- On fait comme ça chez moi, répondit-elle simplement, déjà plus à l'aise.
Adieu la galanterie un brin machiste, elle remettait les choses à plat et s'assurait qu'ils restent tous deux au même niveau. Se tenant ainsi, ils entrèrent égaux dans la salle, montrant à tous qu'ils étaient liés, se donnant l'un à l'autre.
Elle ignora ce qui se passait autour d'eux, se focalisant sur la table d'honneur, où se tenaient leurs amis. Seul leur avis avait de la valeur, et nul ne les jugerait. Au contraire, Merry et Gimli ne retinrent en rien leurs exclamations de joie en les voyant ainsi avancer, déjà prêt à arroser l'annonce de bière. Aragorn leur sourit, heureux pour eux. Elden aussi souriait, d'un sourire complice et ravi. Théoden, Eowyn ou encore Eomer ? Elle ne les vit pas. Elle ne voulait que se concentrer sur la joie qui enflait de nouveau en elle.
Elle aimait et était aimée en retour. Elle n'avait besoin que de ceux qui lui rendaient son amour et l'acceptaient telle qu'elle était. Se sentant enhardie et réconfortée par ces sourires et ces regards chaleureux, elle pressa doucement la main de Legolas dans la sienne, osant même en caresser le dos de son pouce.
Les jours qui suivirent furent... étranges.
Le soulagement de la victoire planait encore sur Edoras. La vie reprenait, même pour les familles endeuillées. Pourtant, une tension ténue électrisait l'air chaque fois qu'il était question du Mordor ou du Gondor, dont les noms se retrouvaient souvent dans la même phrase. Phrase toujours murmurée, de peur de s'attirer les foudres de Théoden. L'on craignait de déclencher un orage.
Mais même le roi du Rohan ne pouvait ignorer les sombres nuages qui s'amoncelaient au loin, de l'autre côté des montagnes. Le calme avant la tempête s'essouflait, le vent ne tarderait pas à se lever. Et nul ne savait ce qu'il adviendrait alors.
Luana en avait parfaitement conscience bien qu'elle préféra jouer le jeu de tous et fit mine de ne rien voir. Elle joua les sourdes et les aveugles avec application, afin de rester muette.
Elle savait que si elle se laissait emportée par sa petite étincelle rebelle, elle risquait de mettre le feu aux poudres et de faire voler en éclat les efforts d'Aragorn, Legolas et Gimli. Les trois avaient tenté encore quelques jours de convaincre Théoden de répondre à l'appel à l'aide du Gondor dès qu'il résonnerait. Ils avaient fini par se retirer et le laissaient cogiter seul dans son coin. Depuis, les membres de la Communauté de l'Anneau étaient les hôtes silencieux d'Edoras.
Silencieux... si l'on oubliait le raffut que le Nain, le Hobbit, le Rohirrim et la Nauro ne manquaient pas de faire quand leur prenait l'envie de se distraire, ou lorsque les enfants du village voulaient jouer avec la grande louve blanche.
Afin de ne pas se mêler des affaires royales et risquer un accident diplomatique, Luana s'occupa l'esprit à savourer ce moment de paix. Elle dormit tout son saoul pour se remettre des nuits blanches, n'hésitant pas à somnoler jusqu'au déjeuner, à faire la sieste en plein après-midi. Merry l'accompagnait la plupart du temps, hormis quand son estomac lui ordonnait d'aller se restaurer. Il avait beaucoup maigri, il fallait bien qu'il se refasse un peu d'embonpoint. Gimli aussi prit soin de son estomac.
Elden, Aragorn et Legolas furent moins reposants, l'incitant à s'entraîner au corps à corps et lui enseignant le tir à l'arc, lorsqu'ils n'avaient pas d'obligations ailleurs. Les séances furent moins électriques que la première fois, cependant, on ne pouvait pas dire qu'elles furent de tout repos. Entre les flèches perdues tirées trop haut ou trop fort, la corde rompue et les plaisanteries d'Elden qui agaçaient doucement mais sûrement Legolas, la Nauro désespérait d'un jour réussir un tir convenable.
Les choses se passèrent mieux lorsque Aragorn fut son seul instructeur. Avec le Rohirrim, ils n'étaient pas assez sérieux. Avec Legolas, elle n'était pas assez concentrée. Il fallait dire que lorsqu'il se positionnait derrière elle pour corriger sa position, elle se sentait toute chose. Rien de sale, attention ! Toutefois, elle faisait preuve de beaucoup d'efforts pour ne pas se glisser dans ses bras. Ils étaient en couple, pourtant ils n'avaient pas eu beaucoup d'autres gestes tendres et intimes depuis qu'elle lui avait pris franchement la main.
Non pas que les choses allaient déjà mal entre eux, non ! Mais, comment dire… depuis le soir où ils s'étaient montrés ensemble au repas, Legolas était revenu à un peu plus de modération. Comme s'il avait peur d'aller trop vite ou s'était trouvé soudain trop indécent. Comme si l'élan du moment l'avait entraîné malgré lui à être plus démonstratif.
Peut-être faisait-il plus attention à cause des regards et des murmures qui se faisaient dans leur dos ? Les gens jasaient pas mal sur le couple improbable qu'ils formaient. Pire que tout, des paris avaient été fait sur la durée de leur relation… Pathétique.
Ils n'étaient pas sur le même rythme. Elle allait toujours à l'allure d'une humaine dont la vie était courte, courant après le temps et voulant en vivre le plus possible. Pour lui, une année perdue n'était qu'une seconde dans sa vie. Une année de cour avant de pouvoir être plus intime, l'horreur.
Rongeant son frein, elle essayait de profiter de chaque seconde passée seule avec lui, de ne voir que le beau et de ne pas penser à sa frustration grandissante.
Mais cette parenthèse fut de courte durée. Une semaine après que Gandalf et Pippin eurent quitté la cité, des nouvelles balayèrent ce mirage de fausse tranquillité.
Naurofána courait dans la plaine, seule, libre comme le vent. Elle parvenait enfin à compenser son handicap. Elle avait toujours un décalage entre ses pattes, mais désormais elle savait comment le contrebalancer. Toutefois, cette technique n'était bonne que sur de courtes distances. Les muscles qui travaillaient pour réduire la gêne se fatiguaient vite. Son endurance en pâtissait. Ses sauts avaient perdu de leur puissance et de leur précision. Enfin bon, elle devrait faire avec.
Alors qu'elle suivait la trace odorante d'une proie, aux aguets, tous ses sens furent affolés. Elle s'arrêta, truffe à l'air et oreilles tendues. Le vent souffla un peu plus fort, portant avec lui un message d'alerte. Les yeux mordorés se tournèrent vers la montagne, et bien que rien ne fût visible, elle sut que quelque chose arriverait de cette direction.
Abandonnant le dernier repas qu'elle aurait pu faire avant longtemps, la louve tourna les talons et trotta jusqu'aux remparts d'Edoras. Des exclamations incrédules et urgentes l'acceuillirent, témoignant d'une agitation grandissante derrière les hauts murs.
- Dépêchez-vous !
- Ouvrez grand les portes ! Les messagers ne vont pas tarder à partir !
Tournant de nouveau la tête vers les hauteurs enneigées, la Nauro put voir un bûcher flamber sur un pic rocheux. De sa vue de louve, elle pouvait deviner deux hommes qui s'activer autour, agitant inutilement les bras, sautillant sur place. On aurait pu croire qu'ils effectuaient des danses païennes autour du feu. Une sorte d'excitation presque joyeuse en résultait, alors qu'ils annoncaient un drame à venir. Enfin, après des mois passés dans le froid et la solitude, savoir qu'ils avaient servi à quelque chose devait être réjouissant pour eux.
Luana dut reprendre place lorsqu'elle se glissa dans les ruelles, tant la foule était agitée. Une cloche, perchée en haut d'une tour de bois, sonnait encore et encore, comme pour exciter un peu plus les Rohirrims.
Des écuyers couraient de chevaux en chevaux, des cavaliers déjà équipés et harnachés partaient au galop dans la plaine. Des femmes et des enfants s'agitaient en tout sens, prodiguant des vivres aux hommes qui se préparaient. Du matériel était empilé dans des chariots, des étendards claquaient au vent tandis qu'on les regroupait. Les boucliers et les épées étaient attachés aux selles. La tension cumulée des derniers jours atteignait enfin son paroxisme.
Lors de l'évacuation d'Edoras vers Fort-le-Cor, l'ambiance avait été pesante, les villageois se mouvaient comme si une chape de plomb les alourdissait. Cette fois, l'atmosphère était vive et surexcitée, tel un étalon éperonné. Seuls les cavaliers du Rohan se rassemblaient et se préparaient au départ, au combat.
La Nauro se fraya tant bien que mal un chemin jusqu'aux marches du palais, évitant autant que possible les chevaux énervés. Alors qu'elle arrivait au seuil, les grandes portes de bois s'ouvrirent, libérant le passage devant Théoden et ses hommes. Tous étaient équipés et armés. Leurs corps disparaissaient sous de lourdes armures. Luana reconnue les larges épaulières pourpres d'Eomer et le plastron ornementé du roi. Aussitôt, elle se décala sur le côté pour les laisser passer, disparaissant presque derrière une colonne.
- Rassemble l'armée à Dunharrow, autant d'hommes que tu pourras trouver. Tu as deux jours. Au troisième, nous partirons pour le Gondor et la guerre.
Théoden, le regard sûr et la main ferme, salua une dernière fois son neveu, avant de le laisser partir à sa mission.
- Qu'on selle mon cheval !
La Nauro, immobile et silencieuse, regarda le capitaine des Rohirrims s'élancer dans les escaliers, suivi par une silhouette bien connue. Elle ne dit rien, ne fit rien pour attirer son attention. Il avait bien plus urgent à faire. Pas grave, elle retrouverait Elden dans deux jours.
- Gamelin !
- Mon seigneur ?
- Hâtez-vous de traverser le Ridermarck et faîtes quérir tous les hommes vaillants à Dunharrow !
- Bien mon seigneur.
L'homme poiscaille parti sur le champ exécuter les ordres. Théoden, droit comme un i observait l'effervescence sous ses pieds. Il suivi du regard son neveu et son second s'en aller, leurs hommes sur leurs talons. Une fois qu'ils furent partis, il n'y eu plus moyen de faire marche-arriere...
"Allons, que t'arrive-t-il Luana ? Tu es bien calme."
" Je ne sais pas trop" répondit-elle, zyeutant toujours en direction du roi, comme une gamine cachée derrière son pilier. "Mais je prend enfin pleinement conscience du prix qu'est prêt à payer Théoden pour venir en aide au Gondor... Je suis qu'une estupida."
"Il t'en aura fallu du temps pour le comprendre" ricana la louve de telle sorte qu'il était difficile de savoir sur quoi elle était d'accord : qu'elle était stupide ou qu'il était temps de comprendre le sacrifice que s'apprêtait à faire le Rohan ?
"Ça va être horrible, pas vrai ?"
"Un véritable carnage. Beaucoup d'hommes n'en reviendront pas, et je ne parle pas des infirmes qui rentreront. C'est la guerre dans toute son horreur. Tu as peur ?"
"Oui. Comme à For-le-Cor. Mais maintenant il est trop tard pour faire marche arrière. Et même si ça ne fera pas une grande différence, je pense que notre force ne sera pas de trop."
"... tu as tant changé Luana." murmura Naurofána en un souffle respectueux. "La guerre t'as fait grandir."
"Hum... je m'en serais bien passée. Mais c'est ce que j'ai choisi en restant ici et ça implique d'être prête à me battre pour ce choix." Elle poussa un infime soupir "Je me sens déjà lasse. Comment ils font tous ?"
Toutes deux furent distraites de leur conversation lorsque l'odeur froide de l'herbe à pipe vint leur chatouiller les narines. Épée en main, présentée telle une offrance, Merry s'avança vers le roi du Rohan.
- Excusez-moi ?
Intimidé mais loin d'être découragé, il attendit que Théoden se tourne vers lui pour mettre humblement genou en terre.
- J'ai une épée... veuillez l'accepter. Je vous offre mes services, roi Théoden.
Le vieux seigneur sourit doucement face au Hobbit, avant de se pencher et lui prendre la main pour le faire se relever.
- C'est avec joie que je les accepte. Vous serez Meriadoc, écuyer du Rohan !
Merry le remercia avec un immense sourire, rayonnant d'une allégresse candide. Celle d'un enfant qui, les yeux pleins de candeur et d'illusion, s'imagine preux chevalier, prêt à défendre la veuve et l'orphelin. Il avait occulté les horreurs qu'il avait vu jusque-là, et surtout n'avait pas encore pris part à une vraie bataille. Théoden leva les yeux et croisa un regard argenté. Nul ne dit rien pour ne pas entamer le moral du Hobbit. Toutefois, tous deux savaient que son bel enthousiasme retomberait vite. Très vite.
- Allez donc voir mes armuriers, afin qu'ils vous équipent comme il sied à votre nouveau rang, déclara le roi magnanime.
Le Semi-Homme hocha vivement la tête avant de se mettre au garde-à-vous et de partir, la poitrine enflée de dignité et de fierté. Luana le suivit du regard et s'apprêta à le suivre. Ils possédaient peu, mais ils avaient tout de même quelques effets à rassembler.
- Pourquoi ne pas m'avoir empêché d'accéder à sa requête ?
La Nauro prit son temps pour se retourner vers l'homme et leva un sourcil interrogateur.
- Je vous croyez contre les principes de la royauté. En me prêtant serment, il devient l'un de mes sujets.
Mains dans les poches, elle haussa les épaules.
- Je suis pour le libre-arbitre. C'est son choix de se mettre sous vos ordres. Si vous l'aviez enrôlé de force, là je vous serai rentré dans les plumes.
« Luana, ton langage » soupira Naurofana.
- Enfin… j'aurais protesté, se corrigea-t-elle.
- Et que vous dicte de faire votre libre-arbitre ?
- Suivre mes amis et les protéger, en défonçant au passage un maximum d'Uruk-Hai, de Wargs et d'Orcs.
- Voilà un plan très sommaire.
Nouveau haussement d'épaules.
- L'improvisation sur le terrain marche pas mal. Normalement c'est Gandalf le sage qui guide le groupe.
- Mon seigneur ?
Luana et Théoden se tournèrent vers Eowyn, qui attendait sur le seuil. Son visage était marqué du sceau de l'inquiétude et pourtant, une lueur familière brillait dans ses yeux. Celle qu'elle avait en regardant les hommes partir au combat, quand elle devait rester derrière.
« Oh, ça risque d'être intéressant… »
« Luana, je t'ai déjà dit de ne pas mettre les femmes un peu rebelles dans le même panier que toi et encore moins de les pousser à faire des choses insensées. »
« Je suis persuadée qu'elle n'a pas besoin de moi pour ça. »
« Vraiment ? Pourtant ce n'est pas ce que je lis dans ton inconscient. »
« Tu triches… »
- Damoiselle Luana ?
La Nauro sortit brusquement de sa conversation intérieure. Théoden était parti, ne restait plus que la dame du Rohan devant elle.
- Pardon, j'ai pas écouté. Vous disiez ?
- Le roi Théoden requiert que je vous pourvoie de nouvelles tenues d'homme pour le combat et que je vous accompagne à l'armurerie pour vous équiper.
- Ah, d'accord. Par contre, je n'ai besoin de rien à l'armurerie.
C'était vrai, mais surtout elle estimait ne pas avoir besoin d'un passage de ce côté-là. Elle avait bien plus urgent à faire, car depuis l'appel à l'aide et l'annonce du branlebas de combat, elle n'avait croisé que Merry, sans même lui avoir parlé. Elle devait rapidement retrouver ses amis et voir avec eux ce qu'ils faisaient. Évidemment ils partaient tous sur le front eux aussi, mais valait mieux voir comment ils s'organisaient pour ça. Et elle devait rattraper Merry pour s'assurer de l'avoir toujours dans son champ de vision à partir de ce jour. Il avait prêté serment, certes, il voulait se battre, ok, et elle respecterait son choix, pas de problème. Toutefois, il ne le ferait pas sans elle pour veiller sur lui.
Eowyn lui lança un bref regard en coin.
- Vous ne vous battez que sous votre forme animale ?
- Pas que. J'ai des lames dissimulées dans mes brassards, ça me suffit pour le reste.
- Je croyais que vous aviez appris le tir à l'arc.
Luana se retint d'hausser une énième fois des épaules. Elle avait la sensation de pas mal le faire depuis que Nana et elle étaient revenues de leur chasse. Malgré la précipitation autour d'elles et alors qu'elles se préparaient à aller au casse-pipe, Luana se sentait anormalement blasée. Ça lui passerait une fois sur le départ.
- J'ai des pattes de loup à la place des mains quand il s'agit de tenir une arme, expliqua-t-elle vaguement. Et vous ? Épée ou arc ?
« Luana… »
Eowyn s'arrêta net et se retourna vers elle. La lueur de son regard avait quelque chose de défiant et de fier.
- J'accompagne les hommes jusqu'au campement, où les femmes de la cour et moi-même attendront leur retour. Notre place n'est pas sur le champ de bataille.
Elle n'y croyait absolument pas. Pour le coup, elle ne savait pas mentir. Il n'y avait plus personne dans l'aile où elles se trouvaient. La Nauro considéra la Rohirrim et elles se retrouvèrent yeux dans les yeux en un duel silencieux. Le moment de discuter un peu toutes les deux était peut-être venu. Il y avait une tension depuis le début entre elles. Autant tout faire sauter d'un coup. Si ça pétait, tant pis, si ça s'arrangeait, tant mieux.
- Dame Eowyn ? se lança-t-elle sur un ton poli.
- Oui ?
- Est-ce que je peux vous parler franchement ?
- Eh bien… allez-y, dit Eowyn d'un ton de défi.
- Enlevez tous vos jupons, votre corset et vos manches interminablement longues si vous voulez vous battre. N'ayez pas peur de vous habiller en homme, vous serez beaucoup plus libre de vos mouvements, vous verrez.
- Je vous demande pardon ?
- Je croyais que vous aviez peur d'être enfermée dans une cage, mais vous en portez une sur vous tous les jours et oui je vous ai entendue en parler, j'ai l'ouïe fine, éluda-t-elle devant la mine renfrognée d'Eowyn.
Un profond soupir s'éleva du tréfonds de son inconscient, ce qui la fit légèrement sourire. Une petite note féministe en Terre du Milieu ne ferait sans doute pas de mal ! Devant elle, Eowyn resta de marbre, refusant obstinément de révéler son intention de se battre elle aussi.
- Pourquoi ferai-je cela ? opposa-t-elle en dernier recours.
- Parce que c'est pas votre genre de rester derrière et de jouer les faibles femmes ayant besoin d'être protégée. Et parce que vous voulez être aux côtés d'Aragorn dans cette bataille.
« Luana, ne va pas sur ce chemin » gronda Naurofána tandis que le visage d'Eowyn se faisait de moins en moins aimable.
- Vous devriez vous désintéresser de lui, laissa-t-elle tomber malgré tout.
- Mes sentiments pour lui ne vous regarde en rien, siffla la dame du Rohan sans élégance.
- Je sais ce que vous éprouvez pour lui.
- Est-ce votre relation avec le seigneur elfe qui vous donne tant d'omniscience dans le domaine de l'amour ?
Houlà ! Elle ne pensait pas que la noble dame puisse se montrer aussi pernicieuse dans ses piques. Mais bon, elle l'avait cherché…
- Non. Je suis une vraie quiche là-dedans, sans quoi je me serais pas trituré la tête aussi longtemps sur mes sentiments pour Legolas. Mais j'ai vu Arwen, j'ai vu le regard d'Aragorn quand on parle d'elle ou lorsqu'elle est devant lui.
Eowyn ne dit rien, bouillant intérieurement en silence, tête haute et regard fier. Allez, dernière salve et plus qu'à croiser les doigts pour que ça passe sans trop de casse.
- Je sais qu'il vous a dit qu'elle avait quitté la Terre du Milieu pour les Terres Immortelles. C'est ce qu'il croit. Mais soyez assurée que jamais Arwen ne s'en ira tant qu'il y a un espoir pour eux. Tant qu'Aragorn sera vivant, elle restera. Mais imaginons qu'Arwen soit vraiment partie, un amour aussi fort et qui dure depuis plusieurs décennies ne pourra pas être oublié et remplacé. Même si Aragorn se tournait vers vous, jamais vous n'aurez son cœur. Épargnez-vous ça, vous ne feriez que vous rendre tous les deux malheureux.
Avant qu'elle ait pu finir sa tirade, la dame du Rohan avait fait volte-face dans un flottement de jupons et s'éloignait d'elle, parée dans sa dignité blessée. Toutefois, Luana savait qu'elle avait entendu la fin de son discours. C'était le plus important.
« Bien joué… »
« Nana, lâche-moi. »
« Quel besoin avais-tu d'en parler et de te montrer blessante ? »
« C'était pas mon but. Aragorn ne le lui dira jamais, fallait bien que quelqu'un le fasse… je ne veux pas qu'elle aille la jouer à la Éponine comme dans les Misérables, et qu'elle se sacrifie par amour pour lui. »
« Ta bonté te perdra » répliqua sardoniquement la louve.
« Je sais » répondit Luana, tout aussi ironique.
« Je retire ce que j'ai dit, tu es toujours aussi immature.»
« Si tu le dis...»
« Et à quoi ça t'a servi, maintenant qu'elle est partie et que tu n'auras pas tes habits pour le combat ? »
… mierda.
Ne sont-ils pas mignons avec leurs petites histoires de cœur ? :3
Prochain chapitre, le voyage jusque Dunharrow et la préparation avant le combat ! =P
Reviews guest :
Tsuki : Faut pas chercher à imaginer des fois x) Merci à toi pour ta review ;)
Waina : oui le voilà enfin, le moment de la déclaration ! Merci :) Ah non ce Leggy c'est celui de Luana ! :o Merci pour ta review :)
Stéphanie : cool ! Heureuse qu'il soit à la hauteur ! Mais faut pas mourir sinon tu sauras jamais la fin :o Wtf ? 2 jours ?! Tu me diras ce que t'en penses ? :P Merci pour te review ça me fait super plaisir !
Arya Arathornson : Merci ! :3 Ca fait plaisir de te lire l'écrire ! :P T'excuses pas tant que t'es pas en mode stalker, surtout pas ! ;P Merci beaucoup !
Cassou102 : et ce soir tu en as cru tes oreilles pour le nouveau chapitre ? :P Merci, je suis contente de voir qu'il t'a plu ! Oui enfin ! J'espère que la suite te plaira. Merci pour ta review ! ^^
Lol : buenos dias ! Hu hu, vil flatteuses ;) Pas trop tôt en effet x) J'y ai pensé et j'aimerai beaucoup lui trouver quelqu'un, mais pour moi il est important qu'il reste célibataire en raison de son amour pour Galadriel :) Merci pour ta review ! :D
Guest : Arrête j'ai les chevilles qui enflent ;P T'aimerai avoir une telle demande toi aussi ? :3 Merci à toi de la lire et de me donner ton ressenti ;)
Empressofblood : le premier chapitre te plaît bien ? :) Perso je pense le retravailler et l'améliorer. Hahah le passage le plus drôle de la fic ! :P Oh oui tkt elle est pas finie ;) Merci pour tes reviews :)
chlomoon : tu l'as lue en combien de jours ? Oo (n'ai peur...) Merci ça me fait super plaisir de le lire :3 Révolution des femmes en TdM yeah ! XP Ouf ! J'adore Elden savoir qu'il trouve bien sa place me soulage vachement ! ^^ On est d'accord, ça change en plus ! :P merci pour te review !
Guest : ça y est enfin tu l'as eu le rapprochement ! :P ah désolée... tu l'auras pour le poisson d'avril ;) 3 de tes collègues ? Wouhou ! Elles ne t'en veulent pas trop ? :P Merci en tout cas pour ta review :3
Marine : merci pour tes compliments et tes encouragements, ça me fait énormément plaisir :3
Guest : tu as tout lu en moins d'une semaine ? Oo Tkt pas Luana va continuer à te faire bien rire :P Merci pour tes compliments et ta review, ils me font super plaisir ! :D
Helca : ... en vrai tu l'as lu combien de fois (j'ai peur que la vérité soit encore plus énorme -.-') tu l'as lis à ta soeur ? Oo Trop bien ! XD elle a quel âge ? Merci pour tes reviews et tes encouragements (on va faire un syndicat anti page blanche XP)
