Fandom : Mobile Suit Gundam Tekketsu no Orphans

Titre : Bleu lavande, bleu Majorelle

Disclaimer : Les personnages de G-Tekketsu no Orphans ne m'appartiennent pas. Et Sunrise nous fait du grand n'importe quoi, mais ça reste génial, c'est l'essentiel! L'illustration utilisée pour cette fanfic a été trouvée sur Pixiv et j'ai retrouvé l'auteur qui est あすてる ! Aussi, je ne fais pas du tout d'argent avec cette fanfic (même si j'en aurais bien besoin).

Rating : M. Pas fait exprès (gros mensonge)

Genre : Coloré?

Pairing : Arf...


Chapitre 2: le pacte

McGillis s'en souvient encore comme si c'était hier.

Lui et Gaelio avaient été surpris par l'accueil qui leur avait été réservé pour leur premier jour à l'académie militaire de Gjallarhorn.

Ils avaient retrouvé les autres élèves de leur promotion dans une salle de réception, dans laquelle ils avaient été reçus par le personnel dirigeant de l'académie.

Ils avaient ensuite été assommés par un discours d'une bonne heure et demi sur cette école d'élite et sur les hautes fonctions qu'ils pourraient exercer à l'issue de leur formation, au sein de Gjallarhorn.

Puis finalement…

Eux deux avaient été séparés des autres élèves officiers, pour se retrouver en compagnie d'une très bonne connaissance : Carta Issue.

« Carta ! S'était spontanément écrié Gaelio en se précipitant vers elle, délaissant McGillis qui ne s'en était pas formalisé pour deux sous.

D'autant moins que ce pauvre Gaelio avait été reçu par un bon coup de pied droit dans le bide qui l'avait brisé en deux.

Soupirant tout en tortillant sa longue mèche blonde entre ses doigts, McGillis avait distraitement écouté son ami se faire réprimander durement par leur aînée :

« Gaelio ! Tu n'as pas honte ? Tu te crois où ? Dans ton jardin, comme quand tu avais quatre ans ? Toute ton éducation est à refaire ! Nous sommes à l'académie et tu n'as pas le droit de te montrer si familier ! Tu as quel âge ?

-Dé… Désolé Carta, mais tu n'étais pas obligée de me frapper…

- Je le ferai autant de fois que je le juge nécessaire ! Ici, je suis le Sergent Carta Issue et tu es l'élève-officier Bauduin, alors j'attends des salutations dignes de ce nom ! Avait tempêté la jeune femme, toujours aussi sévère avec les autre comme avec elle-même.

-D'a… D'accord !

-Si tu as compris, on recommence ! Elève-officier Bauduin !

-Oui, Sergent Issue ! Répondit Gaelio d'une voix forte en serrant le poing gauche dans son dos et le droit sur son coeur pour un salut militaire.

-Elève-officier Fareed !

- Segent Issue.

-Humpf… Au moins, certains ont de l'éducation, le toisa Carta. J'ai été envoyée par vos instructeurs afin de passer la journée avec vous. Je suis chargée de vous faire découvrir la vie à l'académie et vous accompagner dans vos démarches administratives. Pourquoi un tel traitement de faveur, me demanderez-vous ? Eh bien, parce que vous avez majoré votre promotion. De plus, votre ascendance vous destine à de grandes fonctions au sein de Gjallarhorn. C'est la raison pour laquelle aujourd'hui, mais durant toute votre formation ici, vous suivrez un parcours légèrement différent des autres. Comprenez-vous l'importance que vous accorde Gjallarhorn ? Tâchez de ne pas décevoir !

-Bien, Sergent Issue ! Répondirent-ils comme un seul homme.

-Nous allons faire le tour de l'académie, que je vous présente les lieux et services principaux. Nous irons visiter les salles de classe, les salles de sport, celles où est entreposé le matériel mécanique et les salles de simulation de combat des Mobile Suits. Nous déjeunerons au réfectoire à midi. Nous visiterons également le pensionnat et je vous monterai vos chambres, et vous expliquerai l'organisation de la vie étudiante. Gardez en tête que vous ne resterez que huit mois ici, avant de rejoindre les différentes stations spatiales de Gjallarhorn. Vous passerez vous former dans toutes les unités, à la fois sur Terre et dans l'espace, afin de connaître cette organisation dans ses moindres recoins. Dans cinq ans, vous pourrez choisir votre premier corps de métier à l'issue de vos examens finaux. Vous n'aurez que peu de répit et peu de permissions au fur et à mesure de vos études. Soyez prêts !

-Oui, Sergent Issue ! »

Carta, toujours fidèle à elle-même, plaçant l'honneur des siens avant toute chose, avant fièrement pris la tête de leur marche pour mener son programme à bien. Gaelio et McGillis l'avaient suivie toute la journée sans dévier d'un pas, l'écoutant religieusement. Ca n'avait été qu'une fois devant la chambre du blond, en fin de journée, qu'ils avaient pu saluer leur guide et prendre un peu de repos avant le repas du soir. Carta étant une femme, gradée par-dessus le marché, elle ne dormait bien entendu pas au même endroit qu'eux, jeunes élèves de seize ans.

Gaelio avait ouvert la porte de la chambre de son ami et s'était directement jeté sur son lit comme s'il s'agissait du sien, mais McGillis ne lui avait fait aucune remarque à ce sujet, bien sûr.

Comment l'aurait-il pu, quand lui-même, au château des Bauduin, entrait dans la chambre de Gaelio comme dans un moulin ! Il réfléchissait plus à poser un pied dans l'hôtel particulier de son père adoptif Iznario que de faire la sieste dans le lit de Gaelio...

« Enfin, un peu de repos, je n'en peux plus ! Avait relâché le jeune homme aux yeux bleus Majorelle, vite rejoint sur le lit par McGillis, qui s'était déchaussé et avait enlevé la veste de son uniforme pour se mettre à l'aise. Heureusement que mes parents ne m'ont pas fiancé à Carta, tu imagines ? Je serai déjà mort dix fois, avec ses coups de pieds de folie ! Elle a toujours été un peu brutale, tu te rappelles lorsque toi et elle faisiez des concours pour savoir lequel grimpait le plus vite aux arbres, à la maison ?

-C'est vrai, mais j'apprécie beaucoup Carta. C'est quelqu'un d'entier et de droit, comme toi.

-Tu aurais voulu qu'on vous fiance ?

-Je n'ai pas dit cela.

-Mmm… Je pense que vous auriez été plutôt bien assortis, ensemble.

-Tu trouves ?

-Plus qu'elle et moi, en tout cas.

-Certes… Mais pour quelle raison n'avez-vous pas été fiancés ? N'y avait-il pas des discussions à ce sujet il y a quelques années ?

-Parce que les Issue ont refusé. Puis le père de Carta est tombé malade et depuis, elle est sous la tutelle du tien… Du coup, j'aurais pensé que ton père vous aurait fiancés elle et toi, mais il n'en est rien… Et puis, mes parents ne sont pas pressés, en ce qui me concerne. Je suis l'héritier des Bauduin, je peux potentiellement épouser qui je veux sans menacer notre famille. Il doit en être de même pour toi, je suppose. C'est sans doute la raison pour laquelle ton père prend son temps. Enfin, dans tous les cas, il ne peut y avoir de discussion tant que le père de Carta est malade. Car en tant que chef de la famille Issue, il est de sa responsabilité de marier sa fille unique comme il faut.

-Va savoir ce que mon père a en tête…

- Ca… Mais bon, rien ne presse, dis-toi que comme tu n'es pas engagé, tu as tout ton temps pour profiter de la vie et rencontrer de belles jeunes filles !

-Et toi ? Avait demandé McGillis après un silence.

-Quoi, moi ?

- Tu n'es pas pressé de t'engager. Mais tu peux toujours rencontrer de… Belles jeunes filles, c'est ça ?

-Ca ne m'intéresse pas.

-Vraiment ?

-Vraiment. Je veux juste mener la maison des Bauduin comme il faut. J'attendrai que mes parents m'annoncent mes fiançailles. Peut importe avec qui, au final, si cela peut être profitable à notre famille, c'est tout ce qui compte. Et…

-Et ?

- Et j'avoue que j'aime bien mon état actuel. Avec toi, je ne me sens jamais seul. Ca me fera bizarre lorsque tu nous quitteras pour te marier et mener la maison des Fareed. Je me suis habitué à ta présence. Je pense… Je pense que si tu avais été une femme, j'aurais déjà demandé ta main à Moniseur Fareed. Je me serais peut-être fait jeter, mais bon… »

McGillis ne s'était pas attendu à un tel aveu, mais il n'en avait pas été très surpris.

Cela faisait des années qu'il avait compris que Gaelio ne lui vouait pas qu'une simple amitié, même si rien n'avait jamais été dit explicitement.

Gaelio était amoureux de lui, en âme et conscience. En âme et conscience aussi, il n'en avait jamais parlé parce qu'il n'y avait pas lieu de le faire.

McGillis avait respecté son choix et avait décidé de fermer les yeux sur les non-dits de son ami.

« Ne sois pas stupide, Gaelio, tu ne te serais pas fait jeter par mon père. Tu es l'héritier des Bauduin. Si j'avais été une femme, nous aurions même été fiancés depuis longtemps. Mon père est bien trop calculateur pour laisser passer une opportunité pareille. »

Ces paroles, McGillis les pense encore sincèrement.


La tête qu'avait fait Gaelio à ce moment-là vaut tout l'or du monde et jamais McGillis ne pourra l'effacer de sa mémoire.

Mais ça se comprenait aisément : cela faisait si bizarre, après avoir été élevé comme enfant unique durant dix-huit ans, d'entendre qu'on allait avoir une sœur !

Assis dans le salon de Madame Bauduin, dans le château familial des Bauduin, Gaelio et McGillis avaient eu du mal à se remettre de la nouvelle.

Une petite fille allait naître dans quelques mois, au sein de cette illustre famille. C'était inespéré. Pour mener sa grossesse à son terme dans les meilleures conditions possibles, la mère de Gaelio avait cessé toutes ses activités et délégué ses responsabilités afin de se reposer chez elle. Pour l'occasion, son époux, dirigeant de Gjallarhorn, était revenu sur Terre passer quelques temps à ses côtés.

« J'ai bien conscience que cela peut t'étonner, Gaelio, devenir grand frère à ton âge… Lui avait dit son père. Cependant, nous ne pouvions espérer meilleure nouvelle pour notre descendance et la pérennité de notre famille. Enfin, si, nous aurions préféré un second fils, bien sûr, mais qu'à cela ne tienne. Nous t'avons toi, mais il est bon de savoir qu'un autre membre de la famille sera là pour te soutenir. Ta mère vivra tout le temps de sa grossesse au château. Ta petite sœur devrait venir au monde dans six à sept mois, tu as tout le temps de t'y faire, je compte sur toi, mon fils, comme toujours, je sais que sauras t'acquitter de tes devoirs.

-Oui… Père.

-McGillis, si nous t'avons fait convoquer pour t'apprendre la nouvelle, ce n'est pas pour rien.

-Oui, Monsieur Bauduin ?

-Tu es notre fils adoptif, en quelque sorte. Tu as grandi au château, nous avons parfait ton éducation à la demande d'Iznario et pour nous, tu fais partie de la famille. C'est la raison pour laquelle nous avons proposé à ton père de lier nos deux familles via un mariage.

-Pardon ?

-Nous voulons te fiancer avec notre fille à naître. »

Gaelio s'était étouffé à l'annonce de son père et machinalement, son ami assis à ses côtés s'était mis à lui taper le dos pour l'aider à retrouver son souffle. Monsieur Bauduin avait laissé passer quelques secondes, le temps que son fils reprenne contenance, puis il avait poursuivi :

« Certes, cela peut vous paraître une discussion précoce, mais comme vous le savez, ces choses-là s'arrangent tôt et l'occasion est trop belle pour la rater. McGillis est pour nous le meilleur choix possible, par son ascendance et le fait qu'il soit déjà familier de notre maison. Nous l'avons toujours vu comme un second fils et nous voulons que ce soit bel et bien le cas à travers ce mariage. McGillis, nous nous sommes longuement entretenus avec ton père à ce sujet. Il n'y voit pas d'inconvénient, notamment parce que la maladie du père de Carta Issue l'empêche de se rapprocher des Issue. C'est avec son accord que nous t'en parlons aujourd'hui.

-Je… Je comprends, avait consenti McGillis du bout des lèvres. Si c'est la volonté de mon père...

-Mais… Père, Mère, McGillis a déjà dix-huit ans… Et… Elle n'est pas encore née ! Il devra attendre qu'elle ait au moins seize ans avant de l'épouser ! Leur avait fait remarquer Gaelio, encore sous le choc.

- Ce n'est pas un problème. Nous officialiseront les fiançailles dès que possible, le mariage viendra en temps voulu.

-Ce… Ce n'est pas que ça ! Que fera-t-il en attendant ?

-En attendant quoi ? Où est le problème ? Nous ne voyons pas où tu veux en venir, Gaelio… Lui avait dit sa mère en fronçant les sourcils.

-Eh bien... »

Il avait cherché ses mots, perdu. McGillis l'avait laissé faire en le scrutant afin de lire ce qu'il avait en tête.

Puis il avait compris et son visage s'était illuminé d'un fin sourire.

Il avait ricané tant la situation lui était alors parue cocasse et c'est sûr de son coup qu'il avait fait face aux Bauduin :

« Il se trouve que je suis un jeune homme dans la force de l'âge. Et que Gaelio, en ami fidèle et dévoué, s'inquiète très certainement de… mes besoins.

-Oh… Avait lâché la mère de Gaelio, qui commençait à comprendre sur quel terrain glissant l'emmenait cette discussion.

-Le temps sera long, en attendant mon mariage. Il me faudra patienter au moins seize ans… Avait-il commencé, un petit ton dramatique dans sa voix habituellement calme et mesurée.

-Mais tu pourras patienter comme il te conviendra, McGillis ! Avait balayé Madame Bauduin d'un revers de la main. Tous les hommes ont des maîtresses, rien ne t'empêche d'en faire de même ! »

Ces gens et leur absence totale de morale…

Exactement comme son père, c'est la raison pour laquelle jusqu'à présent, McGillis ne porte pas tout ce petit monde dans son coeur...

« Peut-être. Mais les femmes sont un pari risqué, surtout dans la haute aristocratie. Sans compter que la plupart des femmes que je suis amené à fréquenter sont déjà engagées. De plus, je ne parle même pas des risques… Découlant d'une relation non maîtrisée, si vous voyez ce que je veux dire… En aucun cas je ne souhaite ternir le nom de mon père, ni le vôtre, avec des histoires sordides de caniveau.

-Mais alors, que proposes-tu ? L'avait pressé la mère de Gaelio. Nous tenons vraiment à t'intégrer à notre famille par ce mariage ! Et puis, pense à notre image !

-Et je ne m'y opposerai certes pas, car moi aussi, je suis attaché à cette famille. C'est la raison pour laquelle je vous demanderai une faveur, pour laquelle je vous remercie d'avance.

-Laquelle ? Avait demandé le chef de la famille Bauduin, sceptique.

-Donnez-moi Gaelio en échange. Qu'il me fasse patienter jusqu' à mon mariage. »

Le susnommé s'était figé sans mot dire, les yeux écarquillés, ne pouvant pas croire les paroles de son ami assis près de lui. Il… Il ne lui avait pas demandé de…

« Ainsi, il n'y aura pas de risque, et comme cela, je resterai lié à votre famille. Qu'en pensez-vous ?

-Ce n'est pas une mauvaise idée », avait de suite approuvé Madame Bauduin.

McGillis en avait ricané intérieurement. Venant d'eux, il s'en était douté : s'ils aimaient leur fils, cela ferait longtemps qu'il l'aurait su…

Ces gens n'étaient vraiment que des vendus en-dessous de toute morale et de tout bon sens. Seul comptait l'argent, le pouvoir, la notoriété et leur image de marque. Ils seraient prêts à sacrifier la Terre entière pour cela, à commencer par leur propre fils.

Des personnes aussi corrompues ne devraient pas avoir le pouvoir de diriger le monde… Jamais.

« Nous te donnons Gaelio. Dispose de lui comme bon te semble, cependant… Il reste l'héritier des Bauduin. Rien ne doit venir entacher sa réputation, ni ses actions. Qu'il reste digne de sa famille en toute circonstance. »

Bouche bée devant l'attitude de ses parents, le jeune homme aux yeux bleus Majorelle n'était pas arrivé à émettre le moindre son de protestation : sa voix était restée collée au fond de sa gorge, tandis qu'il assistait à la transaction de son corps, de son être, entre eux et son ami McGillis.

« Merci beaucoup pour votre compréhension.

-Une dernière chose : que rien de ce que vous fassiez fuite en-dehors de cette maison.

-Vous pouvez dormir tranquille, leur avait assuré McGillis. Votre fils et moi-même ne vous décevrons pas. »

Le blond n'avait jamais oublié ce qui s'était passé après : leur congé du salon de Madame Bauduin le coup de poing dans la figure de la part de Gaelio, une fois dans le couloir, qui était ensuite parti s'enfermer dans sa chambre sans un mot.

Et puis McGillis qui l'avait suivi et qui était resté derrière sa porte close. Il avait posé une main sur le bois noble de la porte de la chambre de son ami et y avait posé ses lèvres :

« Tu te demandes la raison pour laquelle j'ai fait cette proposition, Gaelio… Elle est simple : c'est parce que tu es amoureux de moi. Et que moi, j'aime tes couleurs. »


« Par respect envers les proxénètes qui te servent de parents quand ils se souviennent de ton existence, tu as pris le risque de louer une chambre d'hôtel… Ta loyauté envers eux m'agacerait si je ne te connaissais pas aussi bien.

-Je ne veux surtout pas mener de telles affaires dans le château qui abritera ma future sœur. Et ta future femme », lui avait rétorqué Gaelio en refermant la porte de la chambre derrière lui.

Elle était spacieuse et chic, convenant parfaitement à deux personnes de leur rang. McGillis s'était assis sur le lit et était en train de boire un café dans une tasse en verre. L'hiver avait été particulièrement rude cette année-là. Gaelio s'était débarrassé de toutes les couches de vêtements superflues qu'il portait afin de se retrouver simplement en chemise et pantalon jean très simples. Il n'avait pas relevé le regard appréciateur qu'avait eu son meilleur ami sur ses hanches et ses fesses.

« Je peux savoir ce qui t'es passé par la tête pour demander une telle chose en ma présence à mes parents ?

-Tu aurais préféré que je le fasse dans ton dos ?

-Admets que c'était culotté de ta part.

- Un pari est un pari. Tu m'as évité durant plus d'une semaine après cela. Donc oui, je pense que c'était culotté, même pour toi.

-J'avais besoin de… prendre le temps.

-Je ne suis pas pressé. Déjà qu'il me faut attendre au moins seize ans avant de me marier… Il te fallait digérer le fait de devenir l'amant du fiancé de ta sœur à naître ?

-Sérieusement, McGillis… Tu ne peux pas sortir ça comme ça, sur un tel coup de tête !

-Et pourquoi pas ? Ca a fonctionné encore plus facilement que je ne l'aurais pensé.

-McGillis… ! Avait soupiré Gaelio en levant les bras au ciel, gagnant un petit rire de la part de son ami.

-Gaelio... »

Le jeune homme blond s'était alors levé, avait posé sa tasse de café sur la table de chevet avant d'enlacer à la taille son camarade.

« Je l'ai fait tout simplement parce que j'en avais envie.

-D'un coup, comme ça ? Tu t'es dit : " Tiens, et si je couchais avec mon meilleur ami ? " ?

-Non, pas d'un coup, comme ça… C'est un sentiment diffus que je nourris envers toi depuis longtemps. Je ne saurais pas le dater, te dire quand ça a commencé. Je ne suis même pas sûr que je m'en souviendrais, de toute façon, nous nous connaissons depuis maintenant neuf ans. Un peu comme tes sentiments envers moi. J'ai toujours su que tu étais amoureux de moi. Je ne peux pas précisément dire quel est l'événement, le mot, la phrase, le regard, le geste qui m'a mis la puce à l'oreille, mais… Je sais. J'ai toujours su, vraiment. C'est un peu comme si, à chaque fois que tu t'approches de moi, tu m'enveloppais d'une aura aimante et protectrice. Et puis... »

Il avait plongé sans crier gare les doigts de la main gauche dans la chevelure de Gaelio, dans cette longue mèche lavande qui rebiquait artistiquement, pour en savourer toute la douceur, jusqu'à atteindre son cuir chevelu.

« J'ai toujours rêvé de faire ça. »

Et, joignant le geste à la parole, il avait posé un premier baiser à l'endroit où sa main gauche séparait les cheveux. Avant d'en déposer une pluie d'autres un peu partout sur la tête de son ami.

« Leur simple odeur me rend fou…

-McGillis… » Commença Gaelio en tournant légèrement la tête sur la droite afin de jeter un œil à son ami si rationnel d'ordinaire…

Il se prit une volée de baisers sur la tempe, sur ses cheveux un peu plus courts de ce côté-là de son visage, qui étaient repoussés derrière son oreille. Les lèvres de McGillis descendirent dans tout son cou, sa nuque, avant de revenir, encore et toujours vers l'objet de leur convoitise amoureuse.

« Tu es complètement fou… Murmura Gaelio, complètement incrédule. Mes cheveux te font tant d'effet que ça ? »

Pour toute réponse, le blond l'agrippa par les os du bassin et colla ses hanches à l'arrière du jeans de l'héritier des Bauduin, pour lui démontrer par A plus B que oui, la couleur lavande lui faisait "tant d'effet que ça". Il le sentit se tendre presque imperceptiblement sous la constatation mais ne s'en formalisa pas, au contraire, il en profita pour frotter doucement son érection contre ses fesses.

« Tu es à moi, maintenant… Lui murmura-t-il d'une voix suave, embourbé dans ses cheveux lavande. Je peux déjà te promettre que je te traiterai mieux que tes parents, pas que ce soit bien compliqué…

-Tu sais déjà que je ferai le nécessaire pour ne pas ternir l'honneur de ma famille. Je suis et resterai un Bauduin. Jusqu'à ce que ma sœur atteigne l'âge nubile… Je donnerai tout pour être à la hauteur. Même dans ce domaine-là... »