Chapitre 23: Le bout du tunnel


Des bras la secouaient.

« Un pouls ? Elle est vivante ? Hermione, Hermione!

- Harry?

- Nan! Draco, fit la voix trainante.

- Je suis vivante? Qu'est ce qui se passe?

- C'est incroyable, plus coriace que la mauvaise herbe ! Tu as renvoyé le sortilège sur Voldemort, plus de papa Voldy, tu piges? J'étais sûr que tu étais morte. Je ne sais pas comment tu as fait mais tata Belle n'est pas contente, pas contente du tout alors on se tire! Les aurors s'en occuperont! »

Comme une marionnette sans volonté, elle sentit Draco la relever et son corps soutenu par lui avancer vers le corridor pour franchir l'entrée. Elle entendit à peine Draco lui glisser «Le terrier» avant d'être happée vers la maison des Weasley.

Draco réapparut devant la vieille porte du terrier avec Hermione toujours accrochée à son bras, immobile. D'un calme olympien il décrocha la main d'Hermione de son bras et la secoua pour la faire sortir de son état de choc. La demoiselle fini par réagir et se dégager. Bien, elle pouvait maintenant se débrouiller toute seule. Joignant l'acte à la pensée, il ouvrit sans plus attendre la porte. Il n'eut que le temps de rentrer qu'une tornade rousse fonçait sur lui.

« Ginny! »

La tornade rousse, car c'était bien elle, se dégagea de l'étreinte réconfortante de son petit ami pour tombé sur huit paires d'yeux bleus qui la scrutait un air choqué sur le visage. Un silence pesant commençait à s'installer quand une voix derrière la famille Weasley le brisa.

« Alors c'était elle l'explication !

-Oui.

-Est-ce que tu as retrouvé... ?

Hermione, toujours muette derrière Draco et Ginny, se sentit comme électrocutée au son de sa voix. Il avait une tristesse infinie dans le regard et se tenait courbé comme un vieillard mais c'était lui ! Malgré ce qu'elle avait vu, pouvait-il être...

- Harry! Harry...tu es vivant!

-Toi aussi ! Ma Mione ! »

Elle tremblait et les émotions se bousculaient contradictoires. Espoir, Incrédulité. Joie et peur. Honte et bonheur. Mais c'était bien Harry, c'était bien lui qu'elle palpait incrédule. Oui c'était son visage qu'elle traçait du bout des doigts, c'était son nez, ses lèvres, son coups, son torse. Elle l'enlaça férocement, elle aurait voulu se fondre dans le corps frémissant qui contenait l'âme d'Harry Potter.

« Excuse moi! Excuse moi! Excuse moi!

-Je ne comprends pas.

-La cape, expliqua-t-elle en pleurant.

-Ce n'est pas de ta faute si ma cape n'est pas restée en place. J'ai toujours trop fait confiance au lègue de mon père. Quand tu as pris cet Avada, j'ai cru que tu étais morte, c'était horrible !

Hermione regarda Harry interloquée. Harry hocha la tête, avec un maigre sourire en coin. Après un long moment, Hermione se retourna. Tournée entièrement vers Harry, elle avait oublié Sirius ! Elle le chercha un court instant du regard pour découvrir deux yeux gris qui brillaient de tendresse, sans aucune trace de colère.

« Harry s'est réveillé alors que tu tombais au sol. Avec Draco ils se sont bien battus contre les mangemorts restant » Lui raconta Sirius en posant une main réconfortante sur ses épaules avant de l'attirer vers lui.

Elle allait se jeter dans ses bras quand le regard déterminé et accusateur de Draco la frappa au vol.

« Elle est vivante, c'est merveilleux. Elle va donc pouvoir nous dire qui elle est vraiment. »

Ni la famille Weasley, ni Harmonie, les Lupins ou Harry ne réagirent pas dans un premier temps. Ils paraissaient septiques ou, dans le cas de Ron, étonné. Pour la plupart, ils regardaient même Draco comme si une deuxième tête lui était poussée. Seule Ginny qui tenait toujours sa main regardait Hermione avec suspicion.

« Qu'est ce que tu racontes ? Osa demander Harry.

-J'ai eu l'occasion de vérifier sa filiation et je peux t'assurer qu'elle n'a pas la moindre goutte de sang Black dans les veines.

-Les tests magiques ne sont pas toujours sûrs, affirma pourtant calmement Harmonie.

-Il ne s'agit pas de test. Elle a utilisé la magie rouge et cette magie m'a été hostile, à moi, fils de Black.

-Est-ce que ce qu'il raconte est vrai Hermione ? L'interrogea Ginny. »

Que répondre à cette question ? C'était une des rares fois dans sa vie ou Hermione savait qu'elle n'avait pas la bonne réponse. Pourtant elle était incapable de dire que Draco était un menteur.

« Vous voyez elle ne répond pas. Son silence à lui tout seul est un aveu !

-Laisse ma fille tranquille, Malefoy !

-N'ayez pas l'air si étonnés. Il est au courant évidemment ! Il l'a même aidée, j'en suis sur !

-Alors, quand tu m'as demandé comment régulariser la situation d'un enfant sorcier dont la naissance n'avait pas été enregistrée, c'était pour ça ?

-Arthur, je suis désolé, mais, oui, ce n'est pas ma fille.

-Mais qui es-tu alors? La pressa de répondre Harmonie de manière presque amicale.

-Elle te ressemble beaucoup, Harmonie. Hermione Granger ? Appela doucement Ron. »

Il était tellement sûr de lui ! Un fol espoir la saisit balayant toute logique : aurait-il réussi à la reconnaitre ? Elle acquiesça.

« Ce n'est pas possible Ron, je n'ai pas de sœur.

-Mais ce n'est pas ta sœur, elle vient d'une autre dimension. Tu sais, comme dans le livre que tu m'avais donné, A la croisée des mondes…C'est presque toi.

-Quelle imagination, Weasley !

-Certainement pas ! Cela fait des mois que je rêve d'un autre Poudlard, où je suis les aventures de trois adolescents qui s'appellent Harry Potter, Hermione Granger, et Ron Weasley. Depuis ce jour où tu es apparue devant la maison en pleine nuit, il n'y a pas une nuit où j'y échappe. Dis lui que j'ai raison Hermione, que je ne suis pas fou ! »

Assumer de blesser les autres était impossible pour elle. Cela avait toujours été sa faiblesse et elle savait qu'elle ne pouvait pas laisser Ron passer pour fou. Sa voix lui revint et elle confirma la justesse des déductions de Ron. Elle leur expliqua le livre sur les voyages dans le temps, l'univers sans espoir qu'elle avait laissé avec un Dumbledore mort et un Harry lâche et son arrivée dans cette réalité divergente. A la fin de son récit, c'est encore Ron qui s'exprima. Si les autres avaient l'air choqués, il avait l'air furieux.

« Tu te rends compte que tu aurais pu tous nous tuer à jouer ainsi avec le temps? Et pourquoi ? Pour un moment de faiblesse et de désespoir.

-Ce n'était pas un moment de faiblesse, la situation que j'ai quittée était vraiment désespérée !

-Menteuse. Hier, pour la première fois, j'ai eu une vision de toi et de tes amis plus âgés. Ils étaient à une commémoration pour ce qu'ils ont appelé la bataille de Poudlard. C'est Harry qui a raconté la fin de la guerre aux journalistes venus sur place. Dans cet univers, vous auriez gagné, même si Dumbledore était mort. Harry s'était relevé.

-Ce n'est pas vrai, tu mens.

-Ce n'est pas possible!

-Si. Papa, il faut la signaler au ministère. J'ai hésité toute l'année mais je le sais maintenant. Il faut que les aurors l'interrogent et qu'ils empêchent à tout jamais un tel type de voyage dans le temps. Pour son bien comme pour le notre.

-Ron, je ne pense pas que tu te rendes compte de ce que cela signifie pour elle, l'interrompit Sirius.

-Mon fils se rend bien mieux compte de la gravité de son acte que toi, Sirius. Si tu refuses d'y aller, je m'en chargerais et je les informerais que tu l'as protégée.

Alors on y était. Il allait falloir qu'elle assume les conséquences de ces actes. Elle releva la tête et balaya l'assemblée du regard pour s'arrêter sur Harry. C'était sa seule circonstance atténuante. Elle avait juste voulu sauver Harry, parce qu'Harry avait toujours été plus important que le reste du monde pour elle. Elle leva sa baguette.

« Faites ce que vous avez à faire Monsieur Weasley, je ne vous en empêcherais pas. Par contre, je refuse de finir enfermée à Azcaban, alors laissez-moi passer, sinon, je vous jette un sort.

-Alors tu vas partir comme ça Hermione ? Comme une voleuse ? Après m'avoir menti pendant des mois ? L'arrêta Harry dont les yeux étaient trop brillants. Et toi qui me reprochais d'être lâche !

-Je suis désolée Harry, je n'ai pas le choix.

-Tu es tellement manipulatrice…

-Elle a fait tout ça pour toi, Harry ! Comment peux-tu être aussi ingrat ? Comment pouvez-vous tous être aussi ingrats ? Je viens avec toi, Hermione. Deux baguette valent mieux qu'une. Lunard, je sais que tu feras un merveilleux père pour Teddy, prends soin de ta petite famille. Je vous lègue Square Grimmaurd à Tonks et à toi. »

Ce fut la dernière chose dite avant qu'Hermione et Sirius passent la porte. Le cœur en miette et le dernier regard d'Harry gravé dans sa mémoire, Hermione transplana avec la main de Sirius dans la sienne.

Dans la grande salle, une unique larme marbra les joues d'Harry.