Fandom : Mobile Suit Gundam Tekketsu no Orphans

Titre : Bleu lavande, bleu Majorelle

Disclaimer : Les personnages de G-Tekketsu no Orphans ne m'appartiennent pas. Et heureusement car cette série ne respecte rien, c'est pour ça que j'adore! L'illustration utilisée pour cette fanfic a été trouvée sur Pixiv mais je ne me rappelle plus l'auteur. Aussi, je ne fais pas du tout d'argent avec cette fanfic (même si j'en aurais bien besoin).

Rating : M. Pas fait exprès (gros mensonge)

Genre : Coloré?

Pairing : Arf...


Chapitre 5: De l'un à l'autre

Les années défilaient à leur rythme, mais pas les couleurs qu'il aimait tant : le bleu Majorelle comme le bleu lavande.

Le plaisir de McGillis restait intact quand il se réveillait en ouvrant les yeux sur ces deux couleurs.

« Bien dormi, Belle au bois dormant ? » S'enquit Gaelio, un sourire aux creux des lèvres comme de la voix.

Un rapide coup d'oeil aux alentours lui permit de se remettre dans le contexte et de deviner sans mal ce qu'il était advenu après qu'il fut tombé avec les honneurs au combat de l'amour charnel : déjà, il faisait jour, ensuite, son ami d'enfance s'était réveillé avant lui, avait pris sa douche et s'était séché les cheveux. Nu sous un peignoir ouvert couleur crème, il était allongé sur le côté, à moins de dix centimètres et lui faisait face d'un air joueur.

Bref, tout ce que McGillis aimait.

Le rire qui faisait ondoyer le bleu Majorelle et écheveler le bleu lavande.

Avec désir, avec délice, avec volupté, il ferma les yeux, ébloui par tant de couleurs, puis prit possession des lèvres de Gaelio lentement, comme si coulaient d'entre elles un nectar précieux. Son corps vint se coller contre celui de son ami afin de mettre en contact leurs peaux. McGillis sentait déjà le plaisir l'engourdir lentement, l'enserrer de son étreinte sensuelle et y résister n'était pas une option.

Pas avec Gaelio qui sentait si bon.

Pas avec Gaelio dont la peau propre était si douce.

Pas avec Gaelio et son corps de Dieu grec.

Il se mit partiellement sur le dos et l'attira à lui afin de passer sa langue sur sa joue, puis sur son oreille. Il glissa son bras gauche derrière sa nuque pour jouer avec ses cheveux et avec la main de l'autre côté, il commença à jouer machinalement avec son érection matinale. Egal à lui-même, Gaelio se laissa faire, penchant la tête par-ci et par-là afin de laisser la bouche du blond accéder à tous les recoins qu'elle adorait. McGillis apprécia le coup de main et le manifesta en tirant plus fort sur son sexe déjà bien érigé.

« Ngh… Gaelio… Gémit-il en fermant les yeux, tout en plongeant de nouveau sa langue dans la bouche de son partenaire.

-Mmm... »

Ils s'embrassèrent en y mettant encore un peu plus de désir qu'auparavant, s'amusèrent à faire jouer leurs langues à l'extérieur de leur bouche et lorsque Gaelio rompit le baiser, ce fut pour lui lécher le lobe de l'oreille et y glisser un langoureux :

« Macky... »

Ce fut un digue qui sauta un rouage qui se brisa en McGillis. Poussant un lourd gémissement, sa main gauche se crispa dans les mèches lavande de Gaelio et sa main droite se mit à accélérer brutalement le mouvement autour de sa propre verge qui en suinta rapidement.

« Encore…

-Macky…

-Encore…

-Macky... »

Chaque répétition de ce surnom lui faisait l'effet d'un coup de boutoir dans ses entrailles et ces secousses au plus profond de son être prirent la forme de spasmes. Gaelio lui passa une main sur le torse, avant de l'embrasser entre chaque mot, délicatement, légèrement. Il laissa ses doigts glisser sur les tétons du blond, sur ses abdominaux en ignorant complètement les mouvements de plus en plus désordonnés de McGillis.

« Toi… Tu ne vas pas tarder à en mettre partout, le taquina Gaelio.

-Mais continue… Gémit en retour son ami.

-Je ferai mieux que ça, Macky... »

Et Gaelio, toujours penché au-dessus de lui, la main gauche de son partenaire enracinée dans son cuir chevelu, reprit sa besogne, ses coups de dents, ses baisers et ses caresses, ses murmures excitant encore plus, toujours plus son ami d'enfance qui avait depuis longtemps laissé ses inhibitions au placard et se masturbait maintenant furieusement en haletant bruyamment.

« Quoi… que tu fasses… Tu as intérêt à… faire vite…

-Quelle impatience… Ce n'est pas bien, Macky… » Le réprimanda doucement Gaelio en le mordant légèrement au cou pour ne pas laisser de traces.

McGillis le fit taire en violant éhontément sa bouche mais Gaelio se montra moins docile que d'ordinaire : il se dégagea de son étreinte non sans douceur, se redressa pour enlever son peignoir et… tapa la main la plus active de McGillis pour lui faire lâcher prise. Plongé dans son plaisir, ce dernier en sursauta, ouvrant les yeux d'un coup.

« A genoux… Lui demanda tendrement Gaelio en se positionnant devant lui, au-dessus de ses jambes mais le dos tourné. A moins que tu ne préfères te vider sur les draps ? Le tenta-t-il en posant ses mains sur le matelas pour cambrer ses fesses, se retrouvant à quatre pattes.

-Toi... »

McGillis ne continua pas. Inutile de perdre du temps à bavasser lorsqu'une telle croupe, sous son nez, n'attendait que ses va-et-vient experts. Il se redressa donc et s'agenouilla derrière Gaelio. Il le pénétra d'un doigt, rapidement, histoire de s'assurer qu'il ne risquait pas de le blesser en y allant comme un sauvage, mit un deuxième pour le sentir se contracter délicieusement, puis les retira aussi sec et vint s'enterrer dans la profonde intimité de son ami d'enfance.

Et beau-frère.

Et camarade de promotion.

Et collègue de travail.

Et amant.

Mais surtout, surtout…

Bleu Majorelle et lavande.

Cette couleur lavande de ces cheveux qui le fixaient, que Gaelio bougeait en rangeant sa mèche de côté derrière son oreille d'une manière sensuelle pour le faire craquer…

McGillis lui saisit le poignet et le tira à lui, s'enfonçant encore plus et les faisant crier tous les deux à l'unisson. Il le redressa sur ses genoux et le plaqua contre son torse, afin de pouvoir garder, toujours, à portée de main, à portée de lèvres, la lavande de ses cheveux. Gaelio, en retour, passa ses deux mains en arrière et lui agrippa les cuisses afin de l'encourager à bouger comme il l'entendait et le blond ne se fit pas prier pour répondre à ses attentes : il l'attrapa solidement, une main sur ses reins, une autre sur son épaule pour le maintenir contre lui et il le prit, il le prit, encore et encore, et encore et encore, sans se soucier de rien ni de personne d'autre que lui-même. Il lui mordilla l'épaule, huma ses cheveux, les caressa de son nez et de sa bouche, se cacha le visage dans le creux de son cou mais surtout, il l'enfila, le troussa, le tringla comme si leur vie en dépendait. Il lui tira les cheveux, le mordit, le griffa quand il sentit le flot de jouissance l'emporter loin, très loin de tout, dans une brume bleue Majorelle et lavande.

A ces quelques instants de grâce succéda le retour à la réalité, celle où, fatigué, son corps le lâcha pour s'affaisser sur le dos de son ami, qui le soutint par sa force. Les neurones embrumés, McGillis flottait encore sur un petit nuage, le nez plongé dans les mèches lavande, le coeur battant contre celui de son ami, la verge toujours fourrée dans son intimité.

Il se sentait bien.

A l'exception d'une chose :

« Gaelio… Marmonna-t-il.

-Mmm ?

-Tes cheveux ont trop poussé… Passe à la maison un de ces jours… Que je te les coupe... »


Iznario Fareed faisait partie de l'aristocratie citadine. Malgré ses résidences secondaires dispersées un peu partout, il résidait principalement à Edmonton dans un bel hôtel particulier.

McGillis ayant surtout grandi avec les Bauduin après son adoption, dans leur château de campagne, il n'avait jamais vraiment pris le pli de la grande ville, cependant, depuis sa majorité et durant ses passages sur Terre, il séjournait dans cet hôtel vraiment pratique pour les déplacements de toute sorte. Et surtout, il était ainsi situé près du quartier général de Gjallarhorn.

Cela ne faisait que quelques jours qu'il était revenu sur Terre, après une longue mission dans l'espace, plus précisément au sein des colonies Dort, très suspectes aux yeux infaillibles de Gjallarhorn. Les premières journées suivant son retour, il les passait très souvent alité, malade, le temps que son corps se réhabitue à la vie terrestre. Mais ce soir, il lui fallait faire un effort : Almiria était venue lui rendre visite durant quelques jours, car elle donnait un concert avec son orchestre dans la grande ville.

« Macky ! S'était-elle exclamé de joie en se jetant dans ses bras.

-Almiria… Comment vas-tu ? Tu n'es pas trop fatiguée de ton voyage jusqu'ici ? » S'enquit-il en la soulevant.

Elle secoua la tête, heureuse d'être en sa compagnie et se lova contre lui.

« Mademoiselle… Soupira le majordome des Bauduin, qui l'avait accompagnée jusqu'ici.

-Laissez… Le rassura McGillis. Dites-moi plutôt, comment allez-vous ? Cela fait longtemps que je ne suis plus venu au château.

-Monsieur Fareed… Notre vie s'écoule paisiblement, là-bas. A tel point que nous nous sentons à l'abri des événements sociaux qui agitent notre pays de-ci, de-là.

-N'est-ce pas ? Il est vrai que moi-même, j'apprécie le calme du château… Mais les activités de la ville sont aussi plaisantes. J'allais oublier… Concernant les bagages de la jeune demoiselle que voilà, je vous laisse voir ceci avec mon personnel de maison. La chambre d'Almiria est déjà prête, vous pourrez ranger ses affaires à l'intérieur.

-Bien, Monsieur.

-Ah, attends ! L'arrêta soudainement la cadette des Bauduin. Mon cadeau pour Macky !

-Oh, Mademoiselle, vous faites bien de me le rappeler…

-Un cadeau ? Lui demanda McGillis en soulevant un sourcil amusé. En quel honneur ?

-En l'honneur que je suis ici avec toi ! C'est tellement rare qu'on me laisse quitter le château… Regretta-t-elle.

-Et c'est quoi ?

-Une surprise, pardi ? Quoi d'autre ? »

Cette dernière réplique le fit rire à gorge déployée.

Qu'est-ce qu'il aimait sa petite princesse adorée, son sens de la répartie, sa vivacité et son intelligence!

Qu'est-ce qu'il aimait ces yeux en amande bleus, assombris par la frange qu'elle s'était fait pousser sur le front !

Ce fut donc le majordome de Mademoiselle qui tendit à McGillis un paquet fin et rectangulaire soigneusement emballé dans un papier bleu roi.

C'était un peu grand pour être un livre… Un cadre, peut-être ? Un portrait ?

Après tout, sa fiancée semblait finalement plutôt verser dans les arts. Elle avait un penchant pour la musique et le chant, qu'elle étudiait très sérieusement mais également la peinture à l'huile et à l'aquarelle et McGillis devait avouer qu'elle était douée pour son jeune âge.

Curieux, il déposa Almiria par terre pour réceptionner son cadeau, salua le majordome et le laissa vaquer à ses occupations tandis qu'il se posa dans l'un des canapés de son salon, avec Almiria près de lui. Avec des gestes précautionneux, il défit lentement le paquet et resta saisi devant les couleurs qui s'offraient à lui.

Bleu Majorelle et bleu lavande.

Il sentit une chaleur traîtresse, mais plus que familière, lui grimper sous la peau.

« J'ai beaucoup réfléchi, lorsque tu m'as dit aimer mes couleurs… Je n'ai pas osé te demander sur le coup, alors… J'ai demandé à mon frère. Et… Il m'a dit qu'un champ de lavande sous un ciel bleu te plairait sûrement. »

McGillis restait sans voix face à la toile que lui présentait Almiria.

« Voilà ce que j'ai fait en ton absence… C'est mon frère qui m'en a donné l'idée, j'espère que ça te plaira, Macky... »

Un champ de lavande à perte de vue. En-dessous d'un ciel bleu bleu Majorelle, parsemé de nuages joueurs aux formes évanescentes.

« C'est de la peinture à l'huile sur une toile de trente-deux sur quarante-huit centimètres, expliqua doctement Almiria. J'y travaillais le soir avant d'aller me coucher… Je voulais que ce soit grand, mais pas trop, que tu puisses l'emporter lorsque tu pars… Pour… Pour… penser à moi… Tu sais…

-C'est magnifique, Almiria, lui dit-il, un peu ému. C'est magnifique. J'adore ces couleurs.

-Vraiment ?

-Oui et ton tableau dégage quelque chose de chaleureux… De réconfortant… Sois sûre que je l'emmènerai avec moi quand je ferai de longs séjours dans l'espace. Merci beaucoup, Almiria, acheva-t-il en se penchant vers elle pour déposer un baiser sur sa joue.

-De… de rien... »

Sa réponse un peu triste, vide d'émotion intense l'interpella :

« Que se passe-t-il ?

-Rien…

-Almiria… »

Il déposa le tableau sur le papier défait sur la table basse qui lui faisait face et prit Almiria, qu'il assit sur ses cuisses. Il se saisit de son visage en coupe et taquina son ravissant petit nez du sien.

« Tu sais que tu peux tout me confier… Qu'est-ce qui te chagrine ? Je t'assure pourtant que ce cadeau me plaît, bien plus que tu ne peux l'imaginer, tu sais ? Lui demanda-t-il en lui baisant le front à plusieurs reprises, soulevant ses mèches lavande et laissant ses narines se faire taquiner par son parfum savoureux.

-C'est… C'est que… Macky, promets-moi de ne pas rire, d'accord ?

-Quand m'arrive-t-il de me moquer de toi, Almiria, sérieusement ? »

Elle réfléchit quelques instants, mais secoua la tête lorsqu'aucun souvenir de ce genre ne lui revint en mémoire.

« Oui, mais… Je… Je ne sais pas… Tu es le seul à me traiter comme… Comme je suis… Tout le monde me voit encore comme une enfant…

-Et tu l'es.

-Oui, mais toi… Tu n'as pas peur de me dire les choses… Tu me laisses libre de mes mouvements et de mes décisions...

-Quelqu'un te dissimule des choses ? Quelqu'un t'entrave ? »

Elle ne répondit pas, mais son regard s'attrista et elle vint coller sa joue contre la poitrine chaude de son fiancé. Attentionné, comme toujours, il l'enlaça et lui caressa le dos jusqu'à ce qu'elle reprenne :

« Ne te moque pas, d'accord ? Tu promets ?

-Je ne me moquerai jamais de toi. Tu es ma fiancée et notre relation doit être basée sur la confiance. Tu sais que tu peux tout déposer sur moi. Je suis là pour t'aider... »

Elle secoua lentement la tête, frottant sa joue contre le tissu fin de sa chemise, puis ferma les yeux :

« Parfois, je suis jalouse de mon frère.

-De Gaelio ? Mais pour quelle raison ?

-Il te connaît mieux que moi.

-Mais… C'est normal…

-Je sais que c'est normal ! S'emporta-t-elle en se redressant vivement sur ses genoux pour lui faire face de son mieux et il raffermit le cercle de ses bras afin qu'elle ne parte pas en arrière et tombe. Vous vous connaissez depuis que vous avez neuf ans et je n'étais pas encore née. Tu as vécu chez nous durant ton enfance et ton adolescence, toi et mon frère avez fait vos études ensemble à l'académie militaire de Gjallarhorn. Vous avez tout fait ensemble, vous travaillez ensemble, vous passez vos grades ensemble et… Et c'est injuste qu'il te connaisse plus que moi qui suis ta fiancée ! »

S'il s'attendait à ça… Ne sachant que répondre sur le coup, McGillis resta silencieux et la laissa continuer :

« Alors à chaque fois que je veux te faire plaisir, je me sens obligée de passer par lui. Et il ne se trompe jamais. Il sait toujours ce que tu aimes, ce que tu veux à un instant donné. Quand je lui ai rapporté tes paroles, que tu aimais mes couleurs, je n'avais pas compris ce que tu voulais dire. Et quand je le lui ai dit… Il a rigolé, en lâchant : « Sacré McGillis, va ! » et c'est lui qui m'a dit de te peindre un champ de lavande ! Il connaît tes musiques, tes livres… J'ai l'impression qu'il connaît tout de toi ! Et que moi, j'en connais si peu ! J'aurais voulu… J'aurais voulu avoir son âge, avoir grandi avec toi aussi, et savoir, comme lui ! Mais… Mais je ne suis qu'une enfant, vous… »

Sa voix se brisa, mais elle n'éclata pas en sanglot.

« Vous… vous êtes grands… Tremblota-t-elle. Vous avez une histoire qui n'est pas la mienne, dans laquelle je n'existe pas… Et j'aurai beau faire… Et je vous aime beaucoup, mais… Je me sens exclue…

-Almiria… L'appela-t-il de sa voix la plus douce, en lui caressant la joue.

-J'aurais voulu avoir votre âge… Jouer avec vous, quand vous le faisiez encore… Etudier avec vous… Quand mon frère partage ses souvenirs de vous deux, et parfois, il parle aussi de Carta Issue… Son regard change, sa voix aussi. De la mélancolie, de l'attachement… Quand on est ensemble, on ne parle que de toi. Il a toujours pleins d'anecdotes à me raconter sur toi, sur vos activités quand vous quittez la Terre… Je suis curieuse, aussi, alors je pose beaucoup de questions… J'aurais voulu être avec vous… J'aimerais bien voir la Terre de l'espace un jour… » S'apaisa-t-elle en revenant se coller à lui.

Il la serra dans une étreinte solide une fois ces confessions terminées et ferma les yeux.

Son odeur…

Et sa chaleur…

Et la douceur de ses cheveux…

Il ne s'en lasserait jamais et cela faisait longtemps qu'il le savait.

C'est la raison pour laquelle il ne repoussa pas la bouffée de désir qui montait en lui : inutile, elle ne partirait pas comme cela. Pas avec sa tendre Almiria dans les bras, tout contre lui.

Plus le temps passait et plus il lui devenait difficile de se contrôler en la présence de sa trop jeune fiancée. Pourtant, rien qu'en fermant les yeux, il pouvait imaginer des choses inavouables les mettant en scène. A quoi ressemblait-elle nue, de dos, contre son bureau ? Combien de doigts pourrait-il lui mettre au milieu ? Et derrière ? Elle avait une bouche si petite et si appétissante, pourrait-elle le travailler au corps avec ? Jusqu'à quelle profondeur pouvait-elle avaler ? Jusqu'à combien d'octaves pouvaient monter les cris de cette voix d'oiseau ?

« Tu sais, ça fait plusieurs semaines déjà que mon frère est reparti en mission… Reprit Almiria, tirant brutalement, mais heureusement, McGillis de ses pensées absolument pas catholiques. Mais la dernière fois qu'il était au château, il avait des marques violacées sur le cou, près de l'épaule… Des morsures, il y avait des traces de dents. J'ai pris peur, j'ai cru qu'il s'était battu, qu'il avait été violenté… Alors je lui ai demandé ce que c'était. J'étais inquiète, mais… Il m'a répondu que c'était des baisers d'adultes… Tu sais, avec ce regard qui me prend de haut… Et que ce n'était pas de mon âge… Et que si je voulais savoir, eh bien, je n'avais qu'à te demander... »

Rendu perplexe par le fait qu'une telle anecdote lui soit remontée par Almiria, McGillis haussa un sourcil, avant de se fendre d'un sourire courtois.

« Ce n'est pas drôle, Macky ! Je m'inquiète encore, et il ne m'a rien expliqué ! Il me tient à l'écart parce que je suis une enfant ! Et il ne justifie rien ! Comment peut-il appeler "baisers" des morsures ?

-Et pourtant, il a raison, Almiria.

-Si c'est une affaire d'adulte, comme il dit, alors je ne comprends pas votre logique ! Ca doit faire mal, non ?

-Certainement. Certainement mais… Peut-être que ton frère accepte cette douleur… Peut-être même… Qu'il recherche cette douleur…

-Comment on peut vouloir avoir des bleus sur le corps ? Lui demanda-t-elle le plus innocemment du monde, et McGillis regretta tellement, à ce moment-là, qu'elle ne soit pas encore nubile…

-Tu veux que je te montre ? L'interrogea-t-il en retour.

-Tu peux ?

-Bien sûr, mais… A condition que ça reste notre petit secret. Comme pour les autres baisers. Tu promets ? »

Elle hésita longuement avant de répondre, l'enlaçant au cou :

« Ca fait mal ?

-Je ne te ferai jamais le moindre mal, Almiria. Sauf peut-être… La première nuit suivant notre mariage, lui susurra-t-il langoureusement en lui caressant la cuisse et elle rougit jusqu'à la racine des cheveux, car elle savait globalement ce que cela signifiait. Dans tous les cas, il me faut juste poser ce baiser à un endroit que tu ne montreras pas à qui que ce soit ce soir et demain.

-Eh bien... »

Elle retroussa la manche droite du chemisier qu'elle portait, accompagnée d'une jupe évasée. Les robes chics, elle ne les portait que chez elle, au château des Bauduin, mais quand elle était de sortie en ville, elle changeait complètement de style.

« Mon uniforme d'orchestre, pour la représentation de demain soir, est à manches longues… Avec les vêtements que j'ai, ça devrait passer.

-Bien, alors donne-moi ton bras. »

Elle lui obéit, le coeur battant d'impatience et elle le scruta poser ses lèvres sur la chair blanche de l'intérieur de son avant-bras. Elle eut un frisson incontrôlable quand il caressa, lentement, du bout de la langue, puis quand il gratta doucement sa peau de ses dents. Il s'éloigna quelque peu et baisa les doigts de sa belle en lu demandant :

« Ca va ? Tu n'as pas peur ?

-Non… Ca va », l'assura-t-elle, un peu plus confiante.

Il déposa ses lèvres un peu partout sur sa main, sur la paume, les phalanges, le poignet, avant de remonter sur la zone qu'il avait encerclé de sa langue précédemment. Il ouvrit la bouche et ses lèvres se refermèrent sur un bout de peau, qu'il suça le plus gentiment possible, le tout sans la quitter des yeux.

Il était en train de trouer son boxer sous son pantalon. La moiteur chaude de son sous-vêtement devenait également difficilement supportable tant il mouillait depuis un moment mais cela, Almiria n'avait pas encore besoin de le savoir.

Il soupira intérieurement à la sensation dans sa bouche et ne put s'empêcher de mordiller légèrement la peau malmenée avant de la délaisser. Il laissa sa fiancée contempler, les yeux ébahis, la trace rouge laissée par McGillis qui pouffa en retour, avant de lui déposer un baiser sur le front et de rabattre sa manche sur son avant-bras.

« C'est… Un baiser d'adulte ?

-C'est ça.

-Mais tu n'as pas mordu. Enfin, pas vraiment.

-Pour ne pas te faire mal et de toute façon, ce n'est pas nécessaire. Ton frère a simplement dû se faire embrasser par une femme sauvage et gourmande : poussée par sa gloutonnerie, elle aurait perdu tout contrôle d'elle-même, au point de le mordre.

-Comment est-ce… possible ? »

Avant de lui répondre, il se saisit d'elle à bras le corps avant de l'allonger sur le canapé… Et de se pencher au-dessus d'elle de très près, au point que sa mèche de devant lui chatouillait la joue :

« Tu n'imagines pas le plaisir que l'on peut ressentir lorsque l'on fait… Ce que nous ferons pour notre nuit de noce, lui murmura-t-il, lèvres contre lèvres.

-Ma… Macky… Bredouilla-t-elle, rouge comme un pivoine. On… On peut…

-Mmm ?

-S'embrasser… ?

-Autant que tu veux, puisque nous sommes seuls… » Lui répondit-il en joignant le geste à la parole.

Certes, ses actes étaient passibles d'une lourde peine de prison, il le savait pertinemment. Il croyait pas une seconde que sa défense tromperait les juges, pourtant, il n'y avait pas quarante mille justifications à ce qu'il faisait : il était amoureux du bleu Majorelle et de la couleur lavande qui lui avaient lavé le cerveau. Promis, juré, il plaidait non coupable. Comme il plaidait non coupable également pour les morsures retrouvées sur le cou de Gaelio...

En plus, il méritait tant de bons points pour sa retenue qui l'empêchait de déshabiller son adorable fiancée et de la goûter plus intimement encore…

Tant pis, il n'aurait rien de plus dans l'immédiat.

Gaelio saurait reconnaître ses efforts et le récompenser à leur juste valeur à leurs prochaines retrouvailles secrètes.