Fandom : Mobile Suit Gundam Tekketsu no Orphans

Titre : Bleu lavande, bleu Majorelle

Disclaimer : Les personnages de G-Tekketsu no Orphans ne m'appartiennent pas. Et heureusement car cette série ne respecte rien, c'est pour ça que j'adore! L'illustration utilisée pour cette fanfic a été trouvée sur Pixiv mais je ne me rappelle plus l'auteur. Aussi, je ne fais pas du tout d'argent avec cette fanfic (même si j'en aurais bien besoin).

Rating : M. Pas fait exprès (gros mensonge)

Genre : Coloré?

Pairing : Arf...


Chapitre 6: Sentiments mêlés

Il faisait froid, en cette soirée d'hiver à Edmonton. La neige avait tout recouvert de son manteau blanc et la circulation en ville était difficile, cependant McGillis était content d'avoir un peu de répit sur Terre, entre ses deux missions d'inspection. D'autant plus que cela faisait une éternité qu'il n'avait pas pris du bon temps auprès de son ami d'enfance. Leurs missions respectives les éloignaient, mais la prochaine les réunirait : ils partaient bientôt inspecter la colonie Martienne et surtout, la cellule de Gjallarhorn qui était censé la surveiller. C'était la première fois qu'il se rendait sur Mars, et en plus, en compagnie de Gaelio et il se demanda si ce dernier accepterait de lui accorder quelques "petits moments de détente" durant leurs péripéties extraterrestres. La négociation serait rude, son ami mettant un point d'honneur à séparer le travail de la vie personnelle, mais ce séjour en-dehors de la Terre risquait fort de s'éterniser, alors une marge de manœuvre était envisageable. D'un sourire entendu, il commencerait par dire à Gaelio qu'Almiria lui manquait, beaucoup, et qu'il était de son devoir filial de combler ce manque, comme le stipulait leur accord initial. Si en plus, McGillis appuyait sa demande avec force baisers dans le cou, si sa main s'aventurait un peu plus bas que nécessaire, sans nul doute que son collègue et ami lui tomberait dans les bras…

Alors qu'il pénétrait dans la chambre d'hôtel qu'avait réservée Gaelio, McGillis fut un peu surpris de le trouver encore habillé, debout face à la fenêtre, une tasse de thé à la main. Une seconde se trouvait non loin de là, sur un secrétaire, très certainement pour lui. Vêtu d'un pull en cachemire par-dessus une chemise, et d'une paire de jeans, Gaelio ne se retourna que lorsqu'il le blond contre son dos :

« Un tasse pour te réchauffer ?

-Le froid t'a fait garder tes vêtements ? Le taquina McGillis en entourant ses épaules de ses bras.

-Mmm... »

Gaelio resta évasif en se balançant lentement, comme s'il entamait un slow et McGillis le suivit quelques instants, avant de se détacher de lui pour se saisir de la tasse de thé qui l'attendait.

« Ca n'a pas été trop dut de venir ? S'enquit Gaelio.

-Un peu… Mais ça faisait longtemps que nous n'avions pas passé un moment ensemble…

-C'est vrai, mais d'un autre côté, on passe plus de temps en orbite que sur la Terre ferme. A ce propos, où en es-tu dans tes préparatifs ?

-Pleins de documents à signer et d'autorisations à obtenir… Ce que les bureaucrates peuvent être lents, parfois… Soupira McGillis en sirotant son thé.

-Je te rappelle que c'est aux mêmes que tu soumets tes rapports… Ca me rappelle la dernière réunion d'Etat-Major à laquelle nous avions été conviés…

-Ceux qui restent sur Terre n'ont aucune idée de ce que c'est que de faire des allées et venues dans l'espace…

-Je ne suis jamais allé sur Mars. J'ai déjà vu à quoi ça ressemblait, mais… J'avoue que pour une fois, je suis impatient.

-Il faut rester… calme et professionnel, là-bas. Les problématiques des gens de Mars sont très différentes des nôtres. Et il faut avouer que les méthodes de Gjallarhorn n'aident pas…

-A savoir si la jeune Kudelia Aina Bernstein pourra les renverser…

-On part là-bas pour suivre l'affaire de près, non ?

-Officieusement… Je te rappelle que nous avons surtout un soupçon de corruption au sein même de Gjallarhorn sur lequel nous devrons enquêter…

-Mmm… Au vu de notre homme, je ne m'inquiète pas le moins du monde. Je sens… Qu'on va bien rigoler, sourit McGillis entre deux gorgées de thé.

-Coral Conrad, c'est ça ? Le chef de la division martienne…

-Je l'ai rencontré à plusieurs reprises… Un pleutre sans nom. Un idiot de service, un parfait imbécile comme on les aime. Il sera trop facile de le coincer, ce ne sera même pas amusant.

-A ce point ? Cela dit, ça ne semble pas te déplaire.

-Disons que cela nous laissera le temps de rassembler des informations sur la révolution que compte mener Kudelia Aina Bernstein. Cependant, Gaelio…

-Mmm…

-Nous ne sommes pas ici pour parler boulot. Je pense qu'on le fait suffisamment comme cela tout au long de nos journées.

-On est impatient, à ce que je vois, ricana Gaelio.

-Comme toujours », admit sans fard McGillis, en le débarrassant de sa tasse de thé maintenant vide et en la posant, ainsi que la sienne, sur le secrétaire.

Il se saisit de Gaelio, qu'il embrassa sur le front, avant de le regarder longuement en lui caressant les cheveux :

« D'autant plus que… Je suis habitué à être reçu plus… chaudement... »

Il lui murmura ce dernier mot au creux de l'oreille droite, d'une voix sensuelle et basse et Gaelio se fendit d'un petit rire, avant de poser un bras sur son épaule :

« J'étais simplement plongé dans mes pensées avant que tu n'arrives.

-Ton premier voyage sur Mars te préoccupe tant que cela ? Alors que tu seras en ma si galante compagnie… Lui fit remarquer McGillis, dans ses cheveux cette fois-ci et en riant, Gaelio le repoussa doucement afin de le regarder droit dans les yeux.

-Je me rendais seulement compte à quel point je t'aimais. Et à quel point je ne te l'avais jamais montré. »

McGillis, surpris par cet aveu qui tombait là, maintenant, sans crier gare, après tant d'années…

McGillis garda le silence un court laps de temps avant de déclarer, incrédule :

« Pour quoi faire ? Cela fait longtemps que je l'ai compris.

-Mmm… Je sais, lui dit calmement Gaelio. Mais une partie de moi refusait de l'admettre pleinement. Sans doute… Parce que cela me fait rentrer en conflit avec Almiria, cependant, c'était une erreur. J'ai perdu du temps. Beaucoup trop de temps à cacher ce que je ressens vraiment pour toi. Almiria vient d'avoir neuf ans. J'ai perdu neuf ans. Cela veut dire qu'il ne me reste plus que sept années pour te dire et te montrer tout ce que je t'aime et à quel point tu comptes pour moi.

-Et donc, tu as décidé de commencer ce soir ?

-Oui.

-Alors montre-moi… Montre-moi encore plus de couleurs, lui demanda McGillis en commençant à se déshabiller. Prends ma main comme autrefois, quand tu m'appelais Macky… Et montre-moi comment tu m'aimes.

-Je pensais que tu serais un peu plus difficile à convaincre, admit Gaelio avec un petit rire, sans jamais cesser de le regarder.

- Et pour quelle raison ? Tu ne m'as jamais rien refusé. Tu n'as jamais rien refusé à quiconque, à vrai dire. A la différence que moi, je sais ce qu'est la reconnaissance… Continua le blond qui, après s'être débarrassé du haut, commença à retirer le bas.

-Tu n'as pas froid aux yeux, je te reconnais bien… Imagines-tu un seul instant à quoi tu t'exposes ?

-Bien sûr, à ton amour. Il en faut plus pour me faire peur, crois-moi, lui sourit McGillis, maintenant dénudé, en s'allongeant sur le lit. Si tu veux me prendre, alors vas-y. Je te dois bien ça. Et pour toutes les fois où tu me demandais d'aller plus vite et plus fort, ça ne doit pas être une épreuve trop difficile, je suis sûr d'avoir connu pire que cela.

- Toi alors ! Rit Gaelio, en commençant son propre effeuillage.

-Je reste pragmatique. A partir du moment où je suis assuré que jamais tu n'atteindras les profondeurs de mon coeur, tu peux avoir tout le reste. Viens donc, je te donnerai tout ce que tu veux, l'encouragea McGillis d'un signe de la main.

-Ta générosité paraîtrait suspecte aux yeux de quiconque.

-Parce que la tienne ne l'est pas, peut-être ? »

La rapidité de la rétorque figea Gaelio quelques secondes, et ceci malgré le fait que la voix de son ami était restée douce et mesurée. Il reprit rapidement ses esprits et termina de se déshabiller, sous le rire un brin cabotin de McGillis.

-Il n'y a pas de générosité qui tienne là-dedans, Macky. Je ne fais que ce que j'ai à faire.

-Tu es là par devoir ce soir ? Ironisa le blond. Pour te substituer à ta petite sœur en attendant le mariage ?

-Comme je te l'ai dit, Macky... »

Gaelio vint le rejoindre sur le lit et s'assit en tailleur près de lui, avant de reprendre :

« Cette soirée est le début d'une série. J'ai décidé de m'accorder une faveur te concernant. »

McGillis lâcha un rire bref, mais bruyant qui ne lui ressemblait pas du tout.

« Tu en auras mis du temps, mon cher Gaelio ! » S'exclama-t-il.

Il le prit par la main et l'incita à s'allonger à ses côtés, puis il se dressa sur un coude afin de mieux le regarder et lui dire :

« Quand arrêteras-tu d'être le chien bien obéissant de ta famille ainsi que de Gjallarhorn, Gaelio ? Tu es loin d'être idiot. Tu es observateur et tu as une intelligence émotionnelle rare. Tu les vois te mener en bateau. Te jeter à terre, te piétiner et t'humilier. Tu les vois te vendre et te mentir éhontément, et se moquer de toi par-derrière. Pourtant, tu ne fais rien. Tu avales comme la catin que tu es, au lieu de te battre pour ce que tu penses juste et ce qui te revient de droit. »

Gaelio était ébranlé par ce discours empli de franchise, il n'était pas nécessaire d'être grand clerc pour s'en apercevoir et McGillis lui laissa le temps de cogiter ces paroles. En poussant un soupir, il changea de position pour se mettre plus à l'aise, sur le dos.

« Tu es beaucoup trop bon, Gaelio. Un jour, cela se retournera contre toi », lui déclara McGillis, catégorique.

Le souffle de son ami d'enfance se bloqua dans sa gorge et ses yeux bleus Majorelle se voilèrent douloureusement.

« Que suggères-tu ? Que je trahisse les espoirs qui ont été placés sur mes épaules ? Que je trahisse ma famille, ma sœur, Gjallarhorn ? Tu es fou, McGillis, je ne peux pas croire que tu me demandes ça ! »

Le blond nota l'agacement dans le ton de Gaelio, ainsi que le fait que celui-ci l'avait appelé par son prénom et non par son surnom comme à chaque fois qu'ils étaient seuls et intimes. Mais il passa outre :

« Tu mérites mieux. Beaucoup mieux que ce que t'apporte ta famille ou Gjallarhorn.

-Que ce soit vrai ou pas, cela ne change rien ! Il s'agit de ma vie, et je l'ai choisie en connaissance de cause…

-Et elle te rend heureux ?

-Je sais m'en contenter.

-Brave toutou, tu as vraiment bien été dressé par tes maîtres. Ils doivent tous être très fiers de toi.

-Ne m'insulte pas ! S'emporta Gaelio. Tu vas trop loin !

-La vérité blesse, Gaelio, rétorqua McGillis. Mais je le fais à dessein, mon ami et je te connais mieux que personne. Tu n'as rien à faire chez les Bauduin, tu n'as rien à faire à Gjallarhorn. Tu as le coeur bien trop tendre et tu es honnête. Tu n'es pas fait pour ça et ils ne méritent pas les trésors que tu recèles. »

Ces derniers mots calmèrent en partie Gaelio, qui garda le silence quelques instants.

« Ne deviens pas aussi vains que tes parents et que les dirigeants de Gjallarhorn, tu pourriras de l'intérieur, tentait de le convaincre McGillis.

-Si tu me connais aussi bien…

-Tu en doutes ?

-Si tu me connais aussi bien, répété Gaelio sans relever la question, alors dis -moi : pour quoi suis-je fait ? Si je ne suis pas fait pour suivre l'héritage des Bauduin, ni pour servir Gjallarhorn…

-Tu veux savoir ? Le tenta McGillis d'un sourire.

-Dévoile-moi le fond de ta pensée, puisqu'on y est », lui demanda Gaelio en haussant les épaules.

Le sourire du blond s'élargit et il ouvrit les bras en direction de son ami.

« Fais ce pour quoi tu m'as fait venir ici, lui susurra-t-il, enjôleur.

-Pfff… Tu sous-entends que je suis fait pour t'aimer ?

-Bien sûr. Moi et tous les gens qui te sont chers, parce qu'il te faut donner tout l'amour que tu n'as pas reçu.

-Macky… Les sentiments que j'éprouve pour toi ou pour mes proches sont une chose, jamais je ne l'ai nié. Cependant... »

S'interrompant, Gaelio vint se positionner au-dessus de son ami, posant ses mains de part et d'autre de sa tête blonde, de son visage d'ange et de ses yeux verts. Puis il lui assura :

« Jamais non plus je n'abandonnerai ce qui fait mon identité. Je resterai un Bauduin, Gaelio Bauduin, et j'honorerai mes devoirs sans faillir. Jusqu'à ce que je meurs.

-Gaelio... »

McGillis l'enlaça et le rapprocha de lui pour un baiser onctueux. Il savoura ses lèvres, son odeur et sa douceur et se laissa emporter par toutes ces sensations. Gaelio le lui rendit bien et approfondit leur échange, au point que le blond ferma les yeux et s'agrippa à ses cheveux couleur lavande. Inconsciemment, il écarta ses jambes et le laissa prendre ses aises entre, tandis que leurs corps se réhabituèrent l'un à l'autre, ondulant lascivement, lentement.

Il était si facile de s'abandonner à lui…

Tellement facile de s'abandonner à la chaleur de Gaelio…

Que quand ils rompirent le contact entre leurs bouches, McGillis prit quelques instants pour recouvrer ses sens et poursuivre :

« A ta guise. Mais je te préviens, mon ami : ta noblesse, ta bonté et ta grandeur d'âme te tueront. »


Se faire aimer par Gaelio…

« Je n'ai jamais compris ce que tu nous trouves, à Almiria et moi… Si j'étais toi, je crois que je passerais mon temps à me faire l'amour, lui avait avoué Gaelio en souriant, arrachant un petit rire à McGillis.

- "Un champ de blé un soir d'été", c'est ça ?

-Et des yeux d'un vert si tendre… Tu es tellement séduisant… Macky... »

Ce surnom, comme avant, comme maintenant, comme toujours, avait toujours déclenché une brève, mais puissante tension dans le corps de McGillis qui, en retour, se saisit tendrement de la longue mèche de Gaelio afin de l'attirer vers lui et de l'embrasser longuement.

Se faire ainsi aimer par Gaelio…

McGillis a encore dans sa bouche le goût de sa langue comme celle de ses lèvres.

Cet amour ne fait pas partie de ceux qui s'oublient.

McGillis s'en souvient encore. Ils avaient réussi à se rencontrer deux autres fois avant de partir pour Mars.

L'amour de Gaelio était passionné. Puissant et dominateur. Ses étreintes étaient avides et ses doigts accrocheurs. Et ses coups de reins…

Il y avait de la frustration, de la rancoeur, de la colère trop longtemps tue mais aussi du désir, de la sauvagerie, de la liberté, un nouveau souffle, une envie de posséder et de faire sien et ils en étaient d'autant plus addictifs.

Dans sa grande mansuétude, il prenait néanmoins le temps de le préparer longuement en l'abreuvant de mots d'amour, en le noyant sous une cascade de baisers et jamais, ô grand jamais McGillis ne s'en était plaint, au contraire, il se laissait soumettre à corps perdu, sans aucune crainte. Il avait toujours voué une confiance aveugle à son ami d'enfance, sachant que jamais il ne le poignarderait dans le dos.

En l'occurrence, c'est même l'inverse qui s'est produit, mais ce n'est pas faute de l'avoir averti…

Gaelio aurait dû se retirer. De la famille Bauduin comme de Gjallarhorn. Il aurait dû continuer à l'aimer, à dévoiler à McGillis son authenticité colorée à travers leurs liaisons charnelles et leurs embrassades affectueuses. Il aurait dû continuer à lui apporter le bleu Majorelle et le bleu lavande. Il aurait dû continuer à l'aimer comme il avait toujours si bien su le faire, tout simplement.

McGillis ne regrette aucune des morsures et des griffures qu'il a reçues de lui. Il ne regrette aucune des fois pendant lesquelles il s'est retrouvé face contre le matelas à crier sous les assauts répétés de son ami, jusqu'à ne plus avoir de voix; ni à ces fois où, penché au-dessus d'un bureau, il l'a aspergé abondamment de sa semence. Il n'a pas oublié toutes ces fois où Gaelio lui a dit combien il l'aimait…

Non, il n'avait pas oublié.


Il ne pourra jamais le faire, à vrai dire.

Mais il a des objectifs ambitieux à atteindre, à commencer par mettre au pas Gjallarhorn et ses sept familles, pour le bien de l'humanité.

Ces objectifs lui avaient fait sacrifier Carta Issue et Gaelio Bauduin, les deux personnes qu'il considère encore comme de vrais amis.

Il n'en sera pas de même pour Almiria car elle n'aura rien à voir avec Gjallarhorn, de près ou de loin. Tout du moins, il s'en assurera.

Debout face à ce tableau offert par sa fiancée, McGillis se rappelle la vivacité des couleurs qu'il aimait, dans les yeux et les cheveux des deux êtres qui avaient apporté de la lumière à sa vie.

Vraiment, il est fou amoureux du violet lavande et du bleu Majorelle. Au-delà de l'âge, du sexe et de l'apparence. Au-delà de toute raison. C'est irrémédiable.

Et cet amour, McGillis l'emportera dans sa tombe, de cela, il en est certain.