Eh oui mesdames et messieurs, vous ne rêvez pas, après des mois d'absence et un début de fanfiction il y a maintenant 5 ans, voici enfin la suite des Yeux du Faucon ! Comme dit dans une annonce postée hier, le chapitre 31 sorti aujourd'hui sera suivi du chapitre 32 qui sera publié jeudi prochain, le 6 juillet ! Nous y sommes enfin, l'histoire touche presque à sa fin, alors restez encore un peu avec moi pour assister au dénouement de notre histoire.

Comme toujours, merci pour votre patience, vous êtes géniaux. Aussi, si le chapitre vous a plu n'hésitez pas à me le faire savoir dans les reviews, ça me fait toujours extrêmement plaisir de vous lire et ça me motive. Merci et à la semaine prochaine, 6 juillet 10h !

Maude


Chapitre 30 : Enfin seuls

- C'est toi.

En se retournant, Emma avait découvert qui se tenait là.

- Célia.

La joueuse française aux cheveux blonds s'approcha un peu plus d'elle.

Quelques mètres derrière les deux joueuses au détour d'un couloir, Midorima qui était parti à la suite d'Emma, une bouteille d'eau à la main, se tenait debout, penaud. « Merde » pensa-t-il. Que faire maintenant ? Il était arrivé à l'angle du couloir dans lequel les deux joueuses se tenaient face à face. S'il entrait dans le couloir elles le verraient forcément. Et il se voyait mal prétexter une bête excuse pour pouvoir expliquer sa présence. « C'est bien ma veine » se dit Midorima. Il pencha sa tête du côté du mur pour voir ce qu'il s'y passait. Les deux joueuses étaient face à face mais aucune d'elles ne faisait parfaitement face à l'endroit où se trouvait Midorima. L'arrière de Shutoku remarqua aussi une porte de vestiaire proche de là où il se tenait et suffisamment proche des filles pour entendre ce qu'elles disaient. Midorima commençait à sentir la panique le saisir et n'entendait plus leurs voix. Il regardait à droite puis à gauche frénétiquement. Finalement, il vit Célia esquisser un mouvement pour se tourner vers le couloir alors sans réfléchir, il sauta en panique dans le vestiaire et en referma la porte aussi tôt.

- T'as entendu ce bruit ? Demanda Emma, sourcils froncés, se tournant vers le vestiaire dans lequel Midorima se tenait à présent.
- Ouais... Fit Célia, haussant les épaules à moitié.

Elles n'ajoutèrent rien pendant quelques secondes ce qui n'aida pas Midorima à se détendre. N'entendant plus rien il les imaginait déjà se précipiter sur la porte de son vestiaire. Il retenait son souffle, faisant ses dernières prières... Quand les voix reprirent. Il souffla.

- Tu as failli te mettre ton équipe à dos, fit remarquer Emma.

Midorima en profita pour regarder autour de lui. Il n'était pas exactement dans un vestiaire, la pièce était beaucoup plus petite et ressemblait à un petit espace de stockage. Il n'y avait qu'un bureau d'étudiant, un banc, quelques ballons et un tableau blanc. Midorima se concentra à nouveau sur la conversation dans le couloir. Célia était en train de répondre à Emma.

- C'est clair, les autres étaient pas ravies de mon... Elle cherchait ses mots.

- Moment d'absence.
- Ouais j'ai vu ça, s'esclaffa Emma. Personnellement ça m'étonne peu étant donné la façon dont elles m'ont traitée, mais pour toi ça doit être une première.
- Je suis désolée pour tout ce qui s'est passé. Mais tu sais, après ce qui s'est passé vu comme j'étais associée à toi, certaines ne me parlaient plus trop. Elles avaient peur qu'il leur arrive la même chose.

Emma fronça les sourcils.

- Avec Olivia. Au final j'ai fini par récupérer une place de support moral qui fait toujours des blagues et met la bonne ambiance mais ça n'était pas comme ça après ton départ. Au début j'étais seule mais... En réalité je m'en moquais. J'avoue que j'étais plus préoccupée par ma culpabilité de n'avoir rien fait contre ton renvoi. Même encore aujourd'hui j'essaye de me persuader que je ne pouvais rien y faire mais je pense que je me voile la face.

Les deux se regardèrent un instant.

- Tout ça c'est dans le passé, répondit Emma en haussant les épaules.

Elle répondit ceci comme si elle le pensait vraiment mais en réalité une partie d'elle en voulait encore à l'équipe de lui avoir tourné le dos. Emma savait bien que c'était puérile mais elle ne pouvait s'empêcher de se sentir ainsi.

- En tout cas, reprit Célia, j'ai tenté d'atténuer ma culpabilité. Emma sembla surprise.

- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
- Disons que j'ai fait mes recherches pour comprendre pourquoi tu avais été virée. J'ai un assez gros dossier et j'ai pu avoir accès à quelques informations intéressantes, répondit Célia. Des mails, des formulaires d'inscription...

Midorima qui était toujours caché dans les vestiaires écoutait avec une grande concentration. Que s'était-il passé ?

- Tu avais raison sur toute la ligne concernant Olivia, annonça Célia sans faire durer le suspens plus longtemps.

La capitaine de Shutoku serra les poings en entendant cette révélation.

- J'aimerais te donner tous les détails mais j'ai laissé le dossier sur mon ordinateur, bien sûr je t'enverrai absolument toutes les preuves, assura son ancienne coéquipière.
- Explique-moi au moins la raison, demanda Emma.
- Je ne pense pas que te donner la raison avant de reprendre le match soit la meilleure chose, fit Célia. Ça risque de te déconcentrer.

- Tu m'en as déjà trop dit, rétorqua Emma en hochant la tête.

Célia ne put rien répondre à cela.

- Je n'ai pas la raison pour laquelle Olivia a souhaité se débarrasser de toi, je n'ai pas réussi à comprendre, je pense qu'il y a des inconnues dans cette équation que seules vous deux connaissez. En revanche pour ce qui est de la méthode, une pression a été exercée sur Michèle.

- Comment ça ? Demanda Emma.

- Le père d'Olivia est directeur du seul lycée privé offrant une formation préparatoire au parcours universitaire que souhaitait rejoindre la fille de Michèle. Tu commences sûrement à comprendre comment les choses se sont déroulées.

Emma semblait sur le fil.

- Il a fait pression sur elle tout ça pour que sa fille puisse être capitaine de l'équipe ?
- Exactement, affirma Célia. Et Michèle n'a pas dû être trop dure à convaincre sachant qu'elle n'avait jamais réussi à s'entendre avec toi.
- Elle a trouvé ça acceptable de dégager une gamine qui venait de perdre toute sa famille, fit Emma.
- Ce n'est que mon avis mais je pense que c'est là que la pression a dû être nécessaire. Au vu des circonstances elle n'aurait peut-être pas accepté, ajouta Célia, la mine grave.

La capitaine de Shutoku regarda ses pieds un instant avant de relever la tête.

- Mais dans ce cas là, si Olivia voulait être la capitaine, pourquoi ne pas tout simplement prendre ma place et me laisser rester dans l'équipe ? Demanda Emma à Célia.
- C'est là que je n'ai pas d'explication. Je pense que seules toi et Olivia pouvez savoir ce qu'il s'est passé. Il n'y a rien qui te revient ?

Emma peinait à réfléchir. Sa tête était pleine et tournait. Pourquoi lui faire ça ? Elle n'était qu'une enfant à l'époque. C'était si injuste. Tout ce qu'elle voulait c'était jouer au basket avec ses amies.

- Emma ? Demanda Célia en s'approchant d'elle.

Midorima ne pouvait voir ce qu'il se passait mais il se doutait comme Emma devait être bouleversée.

- Je.. Je n'en ai aucune idée. Je ne lui ai jamais rien fait. On ne se parlait presque pas.
- Hmm, fit Célia. Alors je ne vois pas ce qui a pu donner lieu à tout ça. Quand le match sera fini tu devrais lui demander.

Emma hocha légèrement de la tête - Tu as raison. Merci Célia.
Cette dernière haussa les épaules.

- Je ne pense pas que tu aies à me remercier, répondit-elle. J'ai fait trop de choses que je regrette dans cette histoire.
- Ce serait un mensonge de te dire que je t'en ai jamais voulu, admit Emma. Mais ça fait longtemps que je t'ai pardonné. Même si il reste beaucoup d'amertume dans mon coeur ça c'est sûr. Aujourd'hui je repense à tous nos moments en tant que binôme et qu'amies et je te suis reconnaissante d'avoir été une personne aussi présente dans ma vie.

Célia hocha la tête.

- C'est pas encore fini Emma. On a encore beaucoup d'occasion de jouer ensemble à l'avenir. Et... Si tu penses comme moi, j'aimerais qu'on reprenne contact comme avant et qu'on redevienne amies ?

Emma n'hésita pas une seconde et approuva immédiatement.

- C'est ce que je souhaite aussi, fit-elle en un instant, une larme au coin de l'oeil.

Célia ouvrit grand ses bras et Emma fondit sur elle pour une étreinte. La brune serrait son amie de toutes ses forces. Célia parut surprise de l'intensité de l'étreinte mais elle était aussi émue que son amie. Elle referma ses bras sur elle et posa sa joue sur les cheveux d'Emma. Elle ferma les yeux et laissa échapper un sourire de contentement. Emma était si heureuse de cette proximité, si bien qu'elle commençait à en oublier les récentes nouvelles bouleversantes au sujet de son renvoi.

Les jeunes filles restèrent ainsi un instant avant de se séparer. Lorsque leurs regards se croisèrent, Emma sembla gênée et Célia s'en amusa. En entendant son amie rire, Emma l'imita, le coeur rempli de joie. L'euphorie de cet instant ne semblait pas pouvoir la quitter.

- Ca fait du bien, souffla Emma.
- Je trouve aussi, acquiesça Célia.
- Tu te sens un peu moins coupable ?
- Je crois ? Répondit la blonde. Il faudra sûrement plus de temps avant que tout s'arrange mais on est sur la bonne voie.

Emma sourit. Même si elle ressentait toujours de l'amertume envers son ancienne équipe, Célia était différente. Et elle aussi était trop jeune à l'époque pour saisir la gravité de la situation.

- Bon il est temps d'en finir avec ce match, fit Emma en souriant.
- Je suis bien d'accord, ajouta Célia. On a quelques points à rattraper et ensuite on vous écrase.

La blonde avait l'air tout à fait sérieux.

- Oui c'est ça, ironisa Emma. On verra bien qui a la meilleure équipe. Même si entre nous je connais déjà la réponse.

Célia pouffa.
- Il ne doit pas rester longtemps de cette mi-temps, tu retournes sur le terrain avec moi ? Emma hocha la tête en signe de dénégation.

- Désolée je devais aller chercher quelque chose dans les vestiaires, expliqua la brune.
- Pas de soucis, je vais y retourner alors, répondit Célia en s'éloignant d'elle. A tout à l'heure.

Midorima entendit les pas se rapprocher de la pièce où il était caché. Les pas s'arrêtèrent une fraction de seconde pendant laquelle l'arrière reteint son souffle. Puis, ils reprirent aussi tôt. Midorima soupira de soulagement. D'après ce qu'il avait entendu, Célia venait de passer seule et Emma été retournée au vestiaire de son équipe pour y chercher quelque chose.

Midorima finit par sortir de sa salle de stockage miniature pour aller à la rencontre d'Emma. Cette dernière venait d'atteindre les vestiaires de l'équipe féminine de Shutoku. Dans le calme du vestiaire, Emma pu souffler. Elle ferma les yeux et inspira à plusieurs reprises. Tout ce qui venait de se passer l'avait chamboulée, qu'il s'agisse de son lien renoué avec Célia ou bien de la raison pour laquelle elle avait été renvoyée l'année précédente. Emma tenta de mettre de côté ces nouvelles informations pour pouvoir se concentrer sur le match à venir. Elle aurait besoin de force pour la suite du match. Alors, elle se saisit de son sac et fourragea un instant. Ainsi elle la trouva. Une belle photo en format miniature, présentant quatre personnes. Sa famille au complet. En voyant cette photo, son coeur se serra. Elle l'attrapa et la porta à son coeur, les deux mains jointes au-dessus. Elle resta ainsi, yeux clos, quelques secondes. A ce moment c'était tout ce dont elle avait besoin.

- Sacré match, fit remarquer Izuki. - C'est clair, approuva Koganei.

Kuroko tourna légèrement le regard vers Kagami. Ce dernier était inhabituellement silencieux. L'ombre lui frappa la cuisse de la tranche de la main.

- Hé mais ça va pas ! Cria Kagami en le regardant, en colère.
- Ça ne servira à rien d'être renfrogné comme ça, déclara Kuroko.
- Et ça sert à rien de me taper ! Ça va pas ou quoi espèce de malade ! Rétorqua son binôme.

Le reste de l'équipe semblait se concentrer sur la conversation initiée par Izuki et ne prêtait manifestement pas attention à la discussion des deux joueurs.

- Tu es encore inquiet ? Demanda Kuroko.
- Ouais, répondit Kagami. Et je me sens coupable d'avoir réagi comme je l'ai fait. C'est dur pour moi mais avec le recul je commence à me dire que ça doit être dur pour elle aussi.

Kuroko ne laissa pas paraître ses émotions.

- Je trouve qu'elle a joué bien moins intensément que les matches précédents tu ne trouves pas ? Peut-être qu'elle a décidé de t'écouter en partie.
- J'y avais pas pensé comme ça, admit Kagami. Peut-être que t'as raison.

Kagami soupira avant de reprendre.

- J'aurais quand même préféré qu'elle ne joue pas, grommela-t-il.
- Ce que tu peux être têtu décidément, lança Kuroko les yeux rivés sur le terrain.
- J'te permets pas ! Fit Kagami de plus belle. Essaye d'avoir un frère ou une soeur d'abord et on en reparle.

- Si j'en ai un un jour j'espère qu'il sera pas aussi bruyant que toi, fit simplement Kuroko. - Alors toi !

Après quelques secondes à chahuter avec Kuroko, Kagami finit par réaliser quelque chose. Ses yeux s'étaient posés là où se trouvait l'équipe de Shutoku et il réalisa que Takao n'avait plus de voisin.

- Il est passé où Midorima ?

Kuroko haussa les épaules. Kagami fronça les sourcils. Après les événements de la soirée de célébration la semaine passée pendant laquelle Midorima et Emma étaient revenus ensemble, Emma les larmes aux yeux, Kagami ne pouvait s'empêcher d'être suspicieux. Kagami tourna le regard vers Aoi qui parlait avec les autres joueuses de l'équipe. Cette dernière croisa son regard. Elle avait bien vu Midorima partir à la suite d'Emma et sous la pression du regard de Kagami, Aoi détourna le regard, l'air de rien. Kagami fronça les sourcils, agacé.

- Bon, murmura la capitaine. Il va falloir y retourner. Je vais essayer de gagner, ajouta-t-elle à l'encontre de la photo.

Ella la rangea ensuite soigneusement dans son porte-feuille avant de se diriger vers la porte du vestiaire silencieusement. Sa surprise fut conséquente lorsqu'elle ouvrit la porte du vestiaire et qu'elle découvrit qui l'attendait devant.

- Shin ? Fit-elle stupéfaite.

En entendant la porte à laquelle il tournait le dos, le grand arrière s'était retourné en un instant.

- Oh... Euh, salut Emma, répondit-il, les joues rouges. - Salut, fit-elle en retour, regardant ses pieds.

Midorima, bien que gêné, savait que c'était à son tour de parler au vu des derniers événements.

- ... C'est un bon début de match, fit-il maladroitement.

Emma ne le regardait pas directement dans les yeux et se contenta de hocher la tête en l'entendant parler. « Pire accroche tu meurs » pensa Shintaro en se frappant le front mentalement.

- Hum, je t'ai apporté une bouteille d'eau au cas où tu en aurais besoin, c'est plus pratique que de boire à la fontaine. Mais bon vu que tu reviens des vestiaires tu en avais peut-être déjà une alors si tu n'en as pas besoin...

Midorima s'arrêta enfin de parler, réalisant que sa phrase tenait presque du monologue. « De pire en pire » pensa-t-il.

- Merci, répondit Emma, gênée. Je n'étais pas allée chercher ma bouteille, ça tombe bien.

Midorima était reconnaissant qu'elle poursuive la conversation car il commençait à se sentir gêné. Quand il était avec elle, contrairement à avant le malentendu, avant qu'il n'ait des sentiments pour elle ou avant qu'elle ne soit au courant de ces sentiments, il n'arrivait pas à aligner 5 mots correctement.

- Tiens, dit-il en lui tendant la bouteille.

Emma leva la main et attrapa la bouteille, aussi gênée que lui. Leurs doigts se touchèrent et ils rougirent tout deux. Cependant, au même instant derrière eux, venant de l'autre côté des vestiaires que le couloir par lequel Midorima était arrivé, des bruits de pas retentirent et des éclats de voix suivirent. Emma n'eut pas de mal à identifier les propriétaires des voix : Risa et Serina.

Oubliant quelque peu leur gêne mutuelle, Emma et Midorima se regardèrent, un peu paniqués. Leurs joues étaient rouge vif et ils se tenaient près l'un de l'autre. N'importe qui arrivant trouverait la scène logique à comprendre.

- Oh non, murmura Emma en regardant Midorima droit dans ses grands yeux verts montés de lunettes. Qu'est-ce qu'on fait ? Si elles nous voient c'est la cata...

Midorima réfléchit rapidement.
- On se cache ? Proposa-t-il à voix basse.

Les voix se rapprochaient dangereusement du coin du couloir, et donc de l'endroit où ils se tenaient.

- Où ? Répliqua Emma paniquée.
- Je sais exactement où, fit Midorima.

Il l'attrapa par la main, dans le feu de l'action. Emma, surprise, rougit plus encore mais malgré la déception des jours passés, elle ne pouvait s'empêcher d'être heureuse de ce contact. Ils se mirent alors à courir dans la direction opposée des voix, vers le couloir par lequel Midorima était arrivé. Emma ne pensa pas demander à Midorima où ils allaient. Elle sentait sa main dans la sienne et réalisait enfin le contact chaleureux de sa paume. Ses joues s'enflammèrent un peu plus. Il courait quelques centimètres devant elle et elle ne pouvait qu'observer sa large silhouette et ses courts cheveux verts la précéder.

- On y est, fit Midorima.

Ils arrivaient devant la porte de la minuscule salle de stockage dans laquelle il s'était caché plus tôt pour que Célia et Emma ne le voient pas. Midorima l'ouvrit et laissa rentrer la petite capitaine. Une fois à l'intérieur, Midorima referma la porte et se tourna vers le couloir, dans

l'expectative. Les deux se turent, dans l'attente d'un bruit. Emma avait les yeux rivés sur le dos de Midorima qui regardait la porte. Ses propres joues étaient encore rouge vif et son coeur battait la chamade, même si ils s'étaient lâché les mains. Elle finit par secouer la tête, « Calme-toi » pensa-t-elle. « Tu es la seule à être gênée comme ça »

Ce qu'Emma ignorait, c'est que bien que Midorima faisait face à la porte pour guetter tout bruit, il profitait aussi de cette excuse pour que le rouge de ses joues s'estompe. Il était si gêné d'avoir osé tenir la main d'Emma ainsi que son visage était lui aussi rouge vif. Avec ses cheveux, il avait le code couleur d'une grosse fraise. Il expira doucement par la bouche pour calmer les palpitations de son coeur qui ne semblaient pouvoir cesser.

Cependant, alors qu'ils venaient tout deux à peine de se calmer, ils entendirent à nouveau les voix se diriger vers eux.

- Tu ne pouvais pas le mettre à charger dans les vestiaires ?

Midorima se retourna, paniqué, vers Emma qui ouvrit des yeux ronds en entendant la voix de Serina se rapprocher.

- Dans cette salle là au moins il n'y a pas de passage, répliqua Risa.
- Oui bah tu aurais pu t'en souvenir avant de nous faire passer aux vestiaires pour rien, grommela Serina.
- Ca va, on a fait une petite balade, tempéra Risa. Tu n'étais pas obligée de m'accompagner chercher mon téléphone de toute façon.

Emma et Midorima se regardèrent en fronçant les sourcils. Les deux jeunes filles continuaient d'avancer dans le couloir en leur direction. De l'autre côté de la porte, ils entendirent les voix s'élever à nouveau.

- Regarde c'est la petite pièce juste là, ça n'était pas un long détour, si ? S'enquit Risa à l'adresse de Serina.

Emma se retourna pour balayer la pièce du regard et elle le vit, derrière elle posé sur la table, le fil de charge planté dans la prise au mur, une coque rose avec des petits lapins : le téléphone de Risa. Soudain, Emma comprit. Elle agrippa le bras de Midorima.

- Shin, murmura-t-elle en montrant le téléphone. Midorima comprit.

- Merde, murmura-t-il simplement.
- Pourquoi on s'est cachés, se lamenta Emma. Maintenant elles vont nous trouver dans cette pièce enfermés à deux et se sera encore plus bizarre que si on était resté dans le couloir...

Les voix étaient désormais juste devant la pièce de stockage. Midorima regarda la pièce, et le placard qui se trouvait sur le côté. Il eut une idée. Il ouvrit la porte du placard : il n'y avait pas d'étagères à l'intérieur, c'était un placard avec une simple tringle pour étendre des vêtements. Deux personnes pourraient confortablement y rentrer.

- Emma, murmura-t-il rapidement.

La jeune fille se tourna vers lui.

- Tu n'y penses pas, Shin, rétorqua-t-elle en regardant le placard, l'air réprobateur. - Allez on ne rechigne pas, fit-il en l'attrapant par la taille et en la soulevant du sol.

Emma sentit son coeur bondir hors de sa poitrine. Midorima la tenait par la taille et la portait. Elle allait s'évanouir sous le choc.

De son côté, Midorima sentait son coeur battre plus fort que jamais auparavant. Il s'était permis cette grande proximité avec la fille qu'il aimait. Il serra la taille d'Emma et la pris contre lui pour se mettre tous les deux à l'abri des regards dans le placard. Il eut à peine le temps de refermer la porte du placard à la hâte que la porte de la pièce s'ouvrit.

- C'était quoi ce bruit ? Demanda Serina.
Emma et Midorima le savaient, elle parlait du bruit de la porte du placard se refermant. - Ah, voilà mon téléphone, fit Risa. Je savais qu'il était là.

Heureusement pour le duo de shooteurs à trois points, Risa n'avait pas entendu le bruit du placard ni n'avait rebondit sur la remarque de Serina. A l'intérieur de l'exigu placard, Emma et Midorima étaient pressés l'un contre l'autre. Le jeune homme lâcha enfin la taille d'Emma qu'il tenait depuis l'entrée dans le placard. Emma qui retenait son souffle depuis tout ce temps expira lentement. Jamais son coeur n'avait battu aussi fort et son ventre était serré. Midorima qui était trop grand pour le placard devait se tenir un peu penché et empiétait sur l'espace d'Emma, son visage très près du sien.

- Désolé, murmura-t-il si faiblement que même Emma eut du mal à entendre.

La jeune fille fit un pouce en l'air. Les deux étaient absolument submergés par un mélange de gêne, d'excitation et de stress d'être découverts. Malgré la situation, leur proximité soudaine semblait leur monter à la tête. C'était comme si les dernières semaines de distance et de quiproquo disparaissaient enfin et ils ne restait qu'eux. Ils plongèrent le regard dans celui de l'autre et se fixèrent. Sans qu'ils s'en aperçoivent réellement, ils approchèrent leurs visages et plissèrent les yeux, leurs lèvres proches. Midorima attrapa à nouveau Emma par la taille et la serra contre lui. La jeune fille ferma les yeux et rendit son étreinte à Midorima. Leurs coeurs continuaient de battre la chamade alors qu'ils partageaient une étreinte. Juste à côté d'eux, dans la pièce, se tenaient deux de leurs coéquipières, mais ils ne s'en inquiétaient plus. Emma et Midorima s'écartèrent un instant pour se regarder dans les yeux. Emma peinait à croire qu'elle était enfin proche de lui ainsi. Elle vit à nouveau comme les joues du jeune homme étaient rouge. Alors elle n'était pas la seule à se sentir ainsi ? Elle pouvait peut- être vraiment le croire ?

Si ses mots pouvaient mentir, ses réactions et ses gestes semblaient vraiment sincères. Elle repensa à la façon dont il l'avait prise par la main. Dont il l'avait attrapée par la taille pour la

cacher. Et maintenant ses joues roses et son regard sincèrement obnubilé par elle. Ils fermèrent tous les deux les yeux et leurs visages s'approchèrent en quête d'un baiser. Mais soudain, dans l'excitation, la main que Midorima avait posée sur le fond du placard glissa et il se cogna la tête dans un bruit reconnaissable. Emma regarda Midorima, paniquée. A en croire son expression, il était aussi paniqué qu'elle. Ils ne dirent rien, attendant de voir si les filles hors du placard réagissait.

- Encore un bruit ! Fit Serina.
- Ça venait d'où ? Demanda Risa qui, cette fois-ci, l'avait bien entendu aussi et ne semblait pouvoir ignorer le bruit.

Emma ne savait pas ce qu'il se passait en dehors de ce que disaient les deux filles mais à en juger par le silence, elles devaient scanner la pièce pour trouver la source du bruit.

- Ça vient du placard ? S'enquit soudain Risa.
- On aurait dit, acquiesça Serina.
- Tu penses que c'est une souris ? Demanda Risa.
- Tu crois ?! Fit Serina, inquiète. Je crains trop les souris moi. - On peut jeter un oeil, proposa Risa.

Emma ne savait toujours pas ce que faisait Risa, mais à en juger par ce qu'elle avait dit juste avant, elle allait sûrement ouvrir le placard d'une seconde à l'autre. Les deux étaient fichus. Emma et Midorima se regardèrent, au bord de la crise d'angoisse. Emma sentit son estomac se serrer. Si ils étaient découverts comme ça, c'était la fin, ils ne pourraient pas s'expliquer sans être suspects. « S'il te plaît Risa, ne fait pas ça », pensa Emma en fermant les yeux, presque comme une prière. C'était comme si elle essayait de débloquer de nouveaux pouvoirs de télépathie. Une seconde plus tard, la porte du placard frémit et les deux savaient que Risa était en train d'ouvrir la porte. « On est fichus » pensèrent-ils.