Son cœur battait encore à une vitesse folle. Même si il n'avait rien laissé paraitre devant

" baka-gami" et la coach de Seirin, il était vraiment inquiet pour Kuroko lui aussi.

Bien sûr, il ne s'inquiétait pas pour la même raison que le tigre, du bien être du joueur fantôme.

Non, lui, Shintarô Midorima n'était pas amoureux de Kuroko. Il avait simplement peur de savoir jusqu'où Akashi pouvait aller pour récupérer ce qui, (selon les dires du rouge) "lui revenait de droit " ...

Shintarô regarda sa main blessée (maintenant entièrement recouverte par un bandage lui même dissimulé par un gant noir) et repensa aux paroles d'Akashi quand celui ci l'avait mutilé...

(Flash back Midorima).

Midorima avait trouvé étrange qu'après le match contre Aomine , Kuroko ne vienne plus sur le terrain où Baka-gami passait le plus clair de son temps. Il avait deviné que le petit bleu était tombé amoureux du grand crétin de tigre à la chevelure rouge...

Il s'était donc rendu chez «le fantôme » et l'avait très vite regretté en y découvrant Akashi.

Ce dernier, plus que satisfait de la peur qu'il sentait émaner du vert de Shutoku, lui avait fait "une proposition" que le vert avait rejeté d'office.

Ce refus avait eu l'effet de "contrarier légèrement" le rouge qui, l'attrapant brusquement et le maintenant d'une main, avait saisi de l'autre, une paire de ciseaux qu'il enfonça avec violence dans la main du joueur de Shutoku jusqu'à ce qu'elle soit transpercée entièrement par la lame.

Si la douleur était insoutenable, Midorima refusa de laisser à Akashi la satisfaction de l'entendre crier.

Cependant, quand Akashi retira la lame avec célérité et sans la moindre précaution, le Shooter miraculeux ne pu retenir un cri d'agonie.

Pendant qu'il tenait sa main mutilée, Midorima sentit qu'Akashi l'avait enlacé par derrière pour l'empêcher de bouger le temps qu'il lui prononce à l'oreille ces paroles pleine de menaces, pratiquement explicites: «ça fait mal, n'est-ce pas Shintarô? Alors imagine ce que ressentirait un pauvre bébé faucon si j'éprouvais de nouveau le besoin de passer ma colère sur lui ... »

(Fin F.B de Midorima).

Le shooter miracle ne put s'empêcher de frissonner au souvenir des mots d'Akashi: les paroles et menaces du rouge n'avaient jamais été à prendre à la légère. Et le vert n'allait pas prendre le risque de commencer à commettre ce genre d'erreur. Pas maintenant que la menace planait sur un "pauvre bébé faucon" innocent...

"Takao..." murmura douloureusement la voix de Midorima avant qu'une autre, enjouée celle ci, ne le hèle...

"Shin-channnnnnnnnnnnnnnn! "

Le dit "Shin-chan" releva la tête et vrilla son regard vert sur l'objet de ses pensée qui venait (comme d'habitude) d'attirer bruyamment son attention : Takao Kazunari dit "joueur aux yeux de faucon".

À la vue de son équipier, le cœur de Midorima se serra : accepter la proposition d'Akashi impliquait de laisser le faucon "voler par lui même" et donc, du point de vue de Midorima, de le perdre.

Mais d'un autre coté, refuser l'offre d'Akashi signifiait aussi le perdre mais cette fois, en mettant Takao en danger... Alors, aussi douloureux que ce fut pour lui, Midorima sut quelle décision prendre...

« Shin-chan ! Hé oh, la terre appelle Shin-chan, vous me recevez ? Allo Shin-chan,Shin-channnnnnnnnnnnnnnn ! »

« Baka-o. Arête de brailler ! Qu'est-ce qui te prend ? » S'énerva soudain le vert après son (trop) énergique coéquipier, avant de perdre contenance devant le sourire monumental du petit brun (* petit du point de vue de Midorima car Takao avait une taille standard pour un joueur de basket dans une équipe japonaise*): il était vraiment trop attendrissant (même si ça, en bon « tsundere » qu'il était, Midorima ne l'aurait jamais reconnu…)

Il tenta de son mieux de calmer son cœur qui battait comme si il allait sortir de sa cage thoracique c'était ce qu'il ressentait à chaque fois que Takao lui souriait de cette façon (soit, à chaque fois que le brun voyait le vert), ou qu'il l'enlaçait pour l'embêter.

Car oui, pour le plus grand malheur du Shooter miracle (et tsundere), Takao était une personne très « tactile » et sa cible de prédilection pour les « attaques câlins surprises » n'était autre que ce cher Midorima.

Et ça, c'était très éprouvant pour la santé cardiaque et mentale du vert qui bénissait il ne savait quelle entité de ne pas lui avoir donné un tempérament impulsif comme celui d'Aomine sans quoi, cela ferait bien longtemps qu'il aurait « déplumé » Takao dans les vestiaires du club de shutoku…

Rien qu'à cette dernière idée, Midorima sentit sa température interne monter : imaginer Takao et lui dans une relation « trop amicale » dans le vestiaire ou les douches du local de sport, l'aurait presque fait saigner du nez s'il n'était pas capable de garder son sang- froid en toute circonstance.

Mais il n'était pas ce genre là : il n'était pas le type de personne à fantasmer sur quelqu'un dont il savait qu'il ne pouvait pas ET NE DEVAIT PAS l'avoir. N'est-ce pas ?

« Shin-chan ? Tu es sûr que ça va ? Tu es tout rouge…Tu es malade ? » l'interrogea soudain l'objet de ses (désirs) pensées il s'était soudainement arrêté de déblatérer des âneries pour fixer Midorima d'un air concerné.

Ne réussissant à échapper au regard inquisiteur de son coéquipier, Shintarô remonta d'un geste machinal ses lunettes sur son nez, tandis que de sa main gantée, qu'il posa sur le torse de Takao, il tenta de faire reculer son partenaire.

Ce fut sa première grosse erreur et il ne s'en rendit compte que bien trop tard…

(POV Midorima)

« Même ces vêtements sont comme lui : doux et chaleureux …et je parie que sa peau le serait encore plus …Je peux sentir ça malgré mon gant et ses vêtements »

_première réalisation_

« Merde ! Je fantasme encore sur lui »

_ Deuxième réalisation_

« Putain ! Le gant ! Si Takao le remarque il va sûrement… »

« Shin-chan, pourquoi tu portes un seul gant ? »

Je soupirai et me giflai intérieurement : évidement qu'il avait remarqué. C'était Takao après tout, et Takao remarquait toujours tout.

En tout cas, tout ou presque : il n'avait jamais remarqué le changement qui s'était opéré en moi concernant mes sentiments envers lui et c'était aussi bien : je ne supportais déjà pas l'idée de le perdre alors je refusais d'imaginer son regard dégoûté ou terrifié, si il comprenait que je n'étais pas attiré par les femmes et plus que tout, que j'étais attiré par lui.

C'est pourquoi je mettais un point d'honneur à me montrer froid et cassant avec lui. Sans compter que Takao était du genre obstiné : plus j'étais distant envers lui, plus il me collait et il va sans dire que même si dans la vie de tous les jours c'était embarrassant, énervant et fatigant, au fond de moi je n'aurais changé cette relation pour rien au monde.

Enfin si, si j'avais pu changer quelque chose, ça aurait été pour ne plus avoir à jalouser toutes les filles qui s'approchaient de nous. Elles m'agaçaient et j'étais terrifié en sachant pertinemment qu'un jour mon partenaire s'envolerait avec l'une d'entre elles.

Mais pour le moment, Takao n'en avait vue aucune capable de retenir son attention.

Il faut croire qu'il est difficile en amour et c'est tant mieux : tant qu'il n'aura pas trouvé la perle rare, il restera avec moi et actuellement, c'est tout ce que je désire; quitte à ce que mes sentiments soient mis en cage, je l'y enfermerais aussi.

« Qu'est-ce que je raconte ?! Au vu de la situation actuelle, je devrais au contraire l'encourager à se trouver une copine. Je devrais… ouvrir la cage »

« Shin-chan ? Pourquoi tu ne me réponds pas ? »

M'extirpant de mes pensées, je reportai mon attention sur cet oiseau rare de Takao : il n'y en avait pas deux comme lui vraiment…

« Et dire que j'ai piétiné ses rêves avec la génération des miracles avant d'intégrer Shutoku…Je n'avais même pas pris plaisir à ce match …Comme chacun de nous…Mais j'ai écrasé son équipe, son rêve de l'époque …Et malgré ça il continue à me…Tolérer ? Comment une chose pareille est-elle possible ? »

« Shin-chan ? Tu es certain que ça va ? »

C'est vrai, il attend une réponse mais que lui dire ? L'envoyer bouler ? C'est la dernière chose que je désire actuellement, mais lui dire la vérité est exclu : je ne veux pas que les dernières images qu'il garde de moi soit celles d'un menteur. Au contraire je voudrais tellement pouvoir me permettre de m'ouvrir à lui…

Pour une fois. Juste pour une fois, je voulais ouvrir la porte de cette cage et caresser ce faucon…effleurer ses plumes, ses ramures, poser le bout de mes doigts qui ne le méritent pas sur son bec fin…

« Juste une fois… »

« Hein ? Comment ça Shin-chan ? Qu'es ce que tu veux dire par : juste une fois ? »

Je me figeai. Des mots avaient franchi la barrière de mon esprit ? Non, ça ne se pouvait pas !

« shin-chan ? »

« Merde !Merde ! »

Mon silence à ces sollicitations avait dû énerver Takao et il perdit son sang froid :

- Shin-chan ! Dis-moi ce qui se passe, je vois bien que quelque chose ne va pas !

- Ça va Kazunari ne t'inquiète pas …J'étais juste…

- Bien sûr que non, ça ne va pas ! La preuve : tu viens de m'appeler par mon prénom ! Alors dis-moi ce qui se passe !

- Non.

- Tu me fais aussi peu confiance que ça ?!

- Hein ?

- On est coéquipiers merde ! Et j'ai la prétention de croire qu'on est amis alors pourquoi tu ne me parles pas ?! Pourquoi tu ne me parles jamais ? Pourquoi tu ne t'ouvres jamais à moi ?

- Ne dis pas des choses comme ça Takao…Si je ne te dis rien, c'est parce que tu n'aimerais pas savoir.

- C'est à moi d'en juger Shin-chan. Ouvre-toi un petit peu : je suis ton équipier, je peux entendre tout ce que tu…

- Aïe !

Au moment où Takao s'adressa à moi, il saisit sans le savoir ma main blessée, ce qui provoqua cette petite manifestation de douleur …

« Merde ! »

Je vis le regard de Takao se faire inquiet et avant que je ne puisse l'empêcher de faire quoi que ce soit, il avait déjà retiré mon gant et découvert le bandage terni de rouge…

Son regard passa d'inquiet à furieux et je compris à cet instant que j'avais plus qu'intérêt à trouver une excuse qui tienne la route. Takao serait prêt à tenter de me venger si je lui disais la vérité. Même si Takao était un « faucon », Akashi, lui, à coté était « un vélociraptor ».

Donc non. Pas question de le laisser courir à sa mort…

Cette fois Takao explosa :

- Qui c'est ? Qui t'a fait ça Shin chan ?

- Aucune importance. Ne t'en fais pas, je pourrais quand même jouer avec l'équipe.

- Ce n'est pas ce que je veux savoir ! Quelle importance là, tout de suite de savoir que ça t'empêchera pas de jouer ?! Moi, ce que je veux, c'est savoir qui est l'espèce de connard qui t'a fait ça !

- Être grossier ne changera rien Takao…Ce qui est fait est fait.

- Dis-moi qui c'était !

- Non. De toute façon tu ne le connais pas.

- Shin-chan…

- J'ai dit NON Takao ! Pour une fois dans ta vie, obéis.

- Tu vois ! C'est exactement comme tout à l'heure : je VEUX savoir et c'est TOI qui t'enferme.

- (baka ! c'est pour ton bien que je fais ça !) …

- Je suis vraiment idiot d'avoir cru qu'on était amis…

- Hein ?

« Si on avait été amis tu m'aurais parlé…mais je suppose que si tu veux parler à quelqu'un, ce sera sûrement Kuroko ou même cet idiot de Kise… Après tout, qui de mieux que des membres de la génération des miracles pour permettre à un Shooter miracle de se confier ? Je suis désolé de t'avoir fait mal Shin-chan…Demain je…Tu n'auras plus à me supporter » déclara-t-il avant de tourner les talons.

Si les paroles de Takao m'avaient heurté, la partie où il annonça que « demain il ne m'ennuierait plus » me fit perdre tout self-control et pensée cohérente. La seule qui restait dans mon esprit était qu'il fallait que j'ouvre la cage, que je l'ouvre avant que le faucon ne la brise et ne s'envole, blessé, au loin…

Alors, n'obéissant plus qu'au désir de ne pas le perdre, je m'élançai à sa suite. Je le rattrapai bien vite et de ma main valide, je lui saisis le poignet pour le retenir. Quand il se retourna, je ne laissai à aucun de nous deux le temps de réfléchir, et m'emparai de ses lèvres sans un mot.

De toute façon, qu'aurais-je pu dire ? Un truc du genre : « tu n'iras nulle part avant que j'ai pu réaliser l'obsession que j'ai depuis que l'on s'est rencontrés » ?

C'était peut être un brin possessif et égoïste non ?

Cependant, en ce moment, c'était ce que je voulais, je voulais qu'il m'appartienne.

Une fois, juste pour une fois.

Parce que j'en avais besoin. Pour qu'il me donne le courage manquant afin d'accomplir ce que j'avais décidé de faire.

Oui pour une fois, c'est lui qui me donnerait le courage.

Juste pour cette fois.

Cette seule et unique fois…