Au même moment, bien loin des préoccupations de Kagami et Murasakibara, un certain brun aux yeux de faucon semblait s'être déconnecté de toute réalité, en sentant les lèvres d'un autre garçon posées sur les siennes...

Mais attention, la personne qui l'embrassait n'était pas n'importe qui: c'était Midorima Shintaro, le superstitieux (autant que talentueux) tireur miracle de Shutoku.

Et surtout, son partenaire, dont le faucon avait toujours été amoureux...

Alors évidemment, quand ce "Tsundere de Shin-chan", (comme le petit brun se plaisait à le surnommer), l'avait retenu par le poignet pour l'embrasser avec une fougue que personne n'aurait pu imaginer, l'esprit de Takao avait buggué.

Du moins, jusqu'à ce que le shooter miracle ne s'écarte de lui l'air honteux avant de déclarer d'une voix emplie de regret :

« Désolé Takao...je ne sais pas ce qui m'a pris.. »

Mais le plus petit, loin de tenir rigueur au vert pour son geste, se mit à sourire comme un bienheureux avant de sauter dans les bras de Midorima pour l'embrasser.

C'est du moins ce qu'avait prévu le faucon, mais à sa grande surprise, le vert le repoussa en le rabrouant froidement:

- Takao, arête ça.

- Mais Shin-chan, c'est toi qui as commencé...

- Là n'est pas la question Takao. J'ai fait une erreur. Ça n'arrivera plus.

- Comment ça "une erreur" ?

- Je voulais juste vérifier mes "orientations" et quitte à le faire, il valait mieux que ce soit avec toi...Désolé si tu t'es imaginé des choses...Je ...Je suis certain maintenant que je n'aime pas les hommes de cette façon. Alors ...Restons en là, ok?

- NON!

- Hein?

- Non, Shin-chan! Pas question d'en rester là! Pas quand tu me mens les yeux dans les yeux!

- Je ne mentais pas.

- Si ! Tu l'as fait ! Et tu continues ! Pourquoi tu m'as embrassé Shin-chan? Ou plutôt, pourquoi l'avoir fait pour me jeter après?!

- Je te l'ai dit : c'était...

- Ne me sors pas de nouveau ton "c'était une erreur" complètement nul! Je veux la vérité Shin-chan ! Pourquoi tu m'as embrassé?!

" PARCE QUE JE T'AIME SOMBRE IDIOT ! " s'emporta soudain Midorima, dont les nerfs, mis à rude épreuve toute la journée, venaient de craquer devant l'obstination du faucon.

Cette déclaration était sortie toute seule de l'as de Shutoku.

Si bien que le Shooter miracle ne se rendit compte de la portée de ses paroles, que lorsque son regard se posa sur Takao qui affichait un air complètement ahuri.

À cette vision, Midorima sentit tout son corps se raidir sous le poids de l'anxiété : lui qui, plus que tout, ne souhaitait rien de plus qu'effleurer les plumes du faucon avant de le laisser s'envoler, venait tout s'simplement de s'enfermer avec le rapace dans la cage avant de jeter la clef.

Ça ne pouvait pas être pire.

(PoV Midorima)

« Mais qu'est- ce qui m'a pris?! Takao ne va plus me laisser maintenant! » Songeais-je horrifié par mon aveu, scrutant mon équipier, figé en face de moi, un sourire stupide scotché à ses lèvres si tentantes...

« Tss...Arrête de me sourire comme ça idiot! Tu ne te rends pas compte que ça me donne encore plus envie de toi?! »

Ma frustration descend d'un cran alors que mon excitation ne fait que s'amplifier quand je réalise soudain que Takao vient de coller son corps au mien et enfouit son superbe visage contre mon torse.

Dans un sens, ça me contrariait : ainsi positionné, je n'avais pas le loisir de contempler ses magnifiques yeux en amande couleur d'orage; et ça c'était tout bonnement insupportable!

« Takao.. » m'entendis-je murmurer, d'une voix qui me parut tellement suppliante que je ne me reconnus pas moi-même.

Cependant, ma voix fit réagir mon partenaire, qui posa son magnifique regard bleu-gris vers moi, me fixant comme si chacun de mes mots étaient pour lui un mot du dieu Izanagi en personne.

Comme si pour lui, le monde, SON monde, tournait uniquement autour de moi.

Cette simple pensée, aussi arrogante fut-elle, me remplit de joie (même si je n'en laissa rien paraitre) et je me décidai à continuer ma phrase :

- Tu as raison Takao.

- Comment ça j'ai raison?

- Je t'ai bel et bien menti ... Et la vérité Takao c'est que… Je t'aime...Beaucoup...Trop...Pour réussir à t'éloigner de moi...

- Si c'est ça le problème Shin-chan, dans ce cas, la solution est simple : ne tente pas de m'éloigner.

- Mais...

- Écoute Shin-chan, je sais qu'en bon Tsundere que tu es, tu as du mal à exprimer ce que tu ressens envers les gens sans être maladroit ; alors laisse-moi clarifier les choses : je t'aime aussi Shin-chan.

- Tu ...

- Parce que tu ne t'en doutais même pas en plus? C'est pourtant pas faute de t'avoir envoyé des signes...

- Des signes?

- Quoi?! Tu ne vas pas me dire que tu n'as jamais trouvé bizarre que je sois aussi tactile avec toi!

- Et bien, j'ai toujours pensé que ça faisait partie de ta personnalité... Sans compter que Kise est un peu comme toi de ce point de vue là...

- Ah non, rien à voir! Kise fait ça avec tout le monde ! Alors que moi je...

- Tu?

- ...

-Takao finis ta phrase.

-... seulement Shin-chan...

-Tu peux répéter? Je n'ai pas entendu.

Évitant soigneusement mon regard, je vis mon faucon se mettre à fixer le sol avant qu'il ne déclare à haute voix :

« Moi, il n'y a que Shin-chan que je veux toucher et par qui je veux être touché! »

Cette fois, ce fut vraiment trop pour mon pauvre cœur.

Au diable mon instinct de survie! Au diable ma logique et mes résolutions ! Et surtout, surtout, au diable les ordres d'Akashi!

Mon faucon venait de lui même de se poser sur moi après tous ces mois où il s'était contenté de voler à mes cotés, alors pas question de le chasser maintenant!

Fort de cette nouvelle résolution, je relevai son visage du bout des doigts avant de vriller mon regard dans le sien pour lui donner un ordre qui me tenait à cœur :

- Takao. Suis-moi.

- Pour aller où?

Peut-être étais-je aussi sadique qu'Akashi, car même en sachant que je jouais avec le feu, je ne pus m'empêcher de sourire en lui répondant : « Chez moi. »

Sur cette ultime phrase, je me saisis de sa main et l'entrainai à ma suite.

Akashi pouvait bien me sectionner tout les muscles avec ses ciseaux après ça, si ça l'amusait. Mais ce soir, je voulais juste une chose : rendre Takao heureux.