Il avait fait au plus vite pour rentrer chez lui.

Pas qu'il soit spécialement pressé de retrouver sa petite résidence vide, mais il avait besoin de se retrouver le plus loin possible de la personne qui était à la fois responsable de ses rêves les plus torrides, et de sa plus grande désillusion.

Et cette personne n'était autre que Junpei Hyugà : son capitaine.

Hyugà...

Kyoshi se souvenait très bien des circonstances de leur rencontre. Il ne pouvait d'ailleurs jamais s'empêcher de rigoler en se souvenant qu'à cette époque, (pas si lointaine), son capitaine, (qui ne l'était pas encore), s'était teint les cheveux en blond dans le but de se donner un air de gros dur impressionnant...

"Comme si il avait besoin de ça pour prouver qu'il vaut quelque chose..." songea avec amertume le pilier de Seirin avant de se diriger vers la salle de bain.

Il avait besoin de se vider l'esprit de cet énième commentaire de Hyugà.

Ce commentaire qui, mine de rien, lui avait comme toujours déchiré le cœur...

" Ta gueule baka je peux pas t'encadrer".

Oh bien sûr, ce n'était pas la première fois que Hyugà lui faisait clairement savoir qu'il ne l'appréciait pas...

Mais cette fois, c'était différent : cette fois, Hyugà avait même nié qu'ils étaient amis.

Et ça, c'était très dur à supporter pour Kyoshi.

Après tout, le pilier de Seirin s'était depuis longtemps fait à l'idée que JAMAIS son capitaine ne partagerait ses sentiments, mais, au moins, il pouvait se consoler en se disant qu'il était l'ami de Junpei Hyugà.

Mais voilà que le brun de ses rêves lui avait également retiré cette faible consolation...

Ce fol espoir que Kyoshi caressait de faire partie de la vie de son capitaine...

Car aujourd'hui, le pilier de Seirin venait d'apprendre que c'était Kagami, leur « as», qui aurait ce privilège...

A cette pensée, le cœur du géant aux cheveux châtains se serra : à part Hyugà dont il était désespérément amoureux, "cœur d'acier" considérait tout ses camarades de Seirin comme ses petits frères (et Rickô comme sa petite sœur).

Alors de savoir que l'un de ses "frères" avait réussi à forcer la forteresse bâtie autour du cœur de son capitaine, détruisait le pilier de Seirin au plus profond de son âme...

Et pourtant...

Pourtant, Kyoshi l'avait bien vu, ce regard perçant et meurtrier offert par Hyugà à l'adresse d'Hanamya Makoto (de l'établissement Kriseki dai ichi) quand, lors de la première rencontre de leurs deux équipes, le "bad boy" avait sciemment blessé Kyoshi, afin de le forcer à abandonner.

C'est d'ailleurs à cause de cette blessure que cette année était la dernière chance pour "cœur d'acier" de remporter la Winter cup avec son équipe.

De gagner avec Hyugâ...

Toujours est-il que Kyoshi n'avait pas imaginé la rage de son capitaine ce jour là.

Ni cette année, lors de leurs "retrouvailles" avec le lycée Kriseki Dai Ichi où, de nouveau, le joueur au "cœur d'acier" avait été la cible d'Hanamya.

Mais cette fois, ça avait été la fois de trop : Hyugà n'avait pas su garder son calme et il avait manqué de se faire expulser du tournoi pour avoir pris la défense du pilier et fondateur de l'équipe.

Depuis ce jour, Kyoshi s'était laissé aller à s'imaginer que, peut être, éventuellement, il y avait une toute petite chance, infime, infinitésimale, que Hyugà...l'apprécie.

Et peut -être même qu'il l'aime...

Au moins un peu...

Mais ce soir, même ce dernier espoir venait de s'envoler...

Kyoshi soupira et coupa l'eau.

Finalement, cette douche n'avait rien changé. En même temps il aurait du le savoir :

Le nom de Hyugà n'était pas une tache, mais un tatouage à l'encre de chine tracé sur son cœur.

Sur son « cœur d'acier».

Un de ces tatouages que même le plus puissant des lasers n'aurait pu effacer...

Alors qu'il sortait de la douche encore plus déconfit qu'en y entrant, Kyoshi remarqua que son portable sonnait.

Se dépêchant pour ne pas manquer cet appel, le pilier de Seirin ne prit même pas la peine de vérifier qui essayait de le joindre.

Dès lors, quelle ne fut pas sa surprise pour le géant au "cœur d'acier" d'entendre la voix si familière d'un certain brun à lunettes à l'autre bout de la ligne : - Allo, Kyoshi tu m'entends?

- H-Hyugà?! Pourquoi m'appelles- tu?

- Eh bien...Mais attends, je te dérange peut-être?

- Hein? Non! Bien sûr que non! En fait...Je sortais juste de la douche...

- Je n'ai pas besoin de savoir ça baka!

- Hmm ...Oui c'est vrai...Désolé... Alors, de quoi tu voulais me parler?

- ...

- Hyugà?

- C'est assez...Embarrassant. Alors si tu pouvais...Me laisser entrer...

- Hein?! Tu veux dire que tu es devant chez moi?!

- Oui. Pour être précis, je suis sur le seuil de ta porte. Alors, tu m'ouvres?

- Euh, oui! Ne bouge pas! J'enfile quelque chose et j'arrive!

- Tss...Comme si j'avais fait tout ce chemin pour me barrer...

Ne tenant même pas compte de la remarque agacée de son capitaine, Kyoshi se rua sur les premiers vêtements qui lui passèrent à portée de main, et s'habilla en quatrième vitesse pour ne pas faire d'avantage attendre ce brun autoritaire qui occupait une place si particulière dans son cœur.

Arrivé à sa porte d'entrée, cependant, le châtain sentit une pointe d'hésitation à l'idée d'ouvrir à son capitaine.

Néanmoins, un grand gaillard de 17 ans comme Kyoshi, ne pouvait pas se permettre de se dégonfler.

Et encore moins devant quelqu'un comme Junpei Hyugà.

C'est ce dernier point qui le poussa à ouvrir la porte pour faire face à l'être qu'il redoutait tant…

Prenant son air le plus avenant lorsqu'il ouvrit la porte, Kyoshi s'apprêtait à saluer Hyugà quand celui l'interrompit, et lui fit remarquer qu'il avait été trop long, avant d'entrer chez le pilier de Seirin. Sans même avoir attendu l'invitation du maitre des lieux.

Mais Kyoshi ne s'en offensa pas.

Il savait que Hyugà était perturbé par quelque chose.

Car si ce n'avait pas été le cas, jamais le brun ne serait passé chez lui.

Gardant son éternel sourire, le châtain proposa au brun de s'installer dans la petite salle à manger.

Hyugà approuva cette proposition d'un vague hochement de tête et les deux jeunes hommes de 17 ans prirent place sur le canapé face à la télé.

Une fois confortablement installés, Kyoshi essaya de détendre l'atmosphère :

- Dis Hyugà…Tu veux boire quelque chose ? J'ai du thé, du café, des sodas, du…

- Non. Pose ton cul sur ce canapé et écoute moi bien : je ne suis pas là pour une visite de courtoisie.

- Euh…Ok …Alors, de quoi s'agit- il ?

- Ce n'est pas Kagami.

Comme Kyoshi ne paraissait pas comprendre la phrase de son capitaine, Hyugà reprit la parole et développa :

- Je sais que tu sors avec Rickô et que son père t'apprécie déjà, d'ailleurs je me demande comment tu es encore vivant entre ta relation avec notre coach et le fait que son père surprotecteur en aie connaissance…

- Hyugà…

- Ne m'interromps pas. Là où je veux en venir, c'est que je ne veux pas que tu lâches sur l'oreiller à Rickô des rumeurs embarrassantes et complètement fausses qui pourraient nuire à la cohésion de notre équipe. Alors, que ce soit bien clair : je ne suis pas amoureux de Kagami.

- Mais tu as dit que…

- J'ai reconnu avoir des sentiments pour une personne de l'équipe. Je n'ai jamais dis que c'était Baka-gami…Maintenant, dis-moi pourquoi tu m'as menti en prétextant que tu avais rendez vous chez le kiné ?

- Eh bien en fait…Je n'ai pas menti, je me suis juste trompé de semaine. C'est con pas vrai ?

- Tu me prends vraiment pour un attardé ? Réponds à ma question.

- Seulement si tu réponds à la mienne : de quel membre de l'équipe es-tu amoureux ?

- Tu crois vraiment que je vais répondre à cette question ?! Je suis le capitaine de l'équipe !

- Et moi le fondateur.

- Je suis ton invité !

- Tu t'es invité, nuance.

- De toute façon, pourquoi ça t'intéresse ?! Tu cherches juste à détourner la conversation !

- Faux. Ça, c'est ce que TOI, tu fais Hyugà. Alors, qui c'est ? Koganei ?

- Tu es malade ?! Tu me vois sérieusement avec cet hyperactif ?!

- Donc tu préfères les personnes calmes…Voyons… Mitobe ?

- Il y a calme et muet, baka ! Mitobe n'a jamais adressé la parole à personne et il n'y a que Koganei qui le comprenne. Tu penses vraiment que je pourrais avoir un coup de foudre pour un équipier comme ça ?!

- Pas faux, donc l'intermédiaire entre les deux ce serait… Tsuchida ? Il est plutôt calme, mais il met tout son cœur et son énergie sur le terrain.

- Non. Je te le dis, tu te fatigues pour rien : il n'y a aucune chance que tu découvres qui c'est, même si tu passes en revue toute l'équipe.

- On parie ? Je suis sûr que tu vas te trahir à un moment ou un autre, alors on continue. Si ce n'est pas Tsuchida, et en sachant que Kagami est hors course, il reste…Kuroko ? Non. Rien qu'à voir ta tête, c'est clair que non. Alors Furihata ?

- Non. Pas question pour moi de sortir avec un des première année.

- Donc dans les deuxième année hein ? Alors il ne reste plus que deux personnes entrant dans cette catégorie…Rickô et Izuki. (Enfin, moi aussi, techniquement je suis en deuxième année mais bon… Ce n'est pas comme si il y avait une éventualité que ce soit moi …)

- Tu peux rayer Rikô de ta liste : je ne suis pas suicidaire pour sortir avec cette furie et puis…Je ne tiens pas à lorgner sur ta petite copine.

- A ce sujet Hyugà, tu dois savoir que…Mais, attends ! Si ce n'est pas Rickô, ça veux dire que c'est Izuki ! C'est ça, pas vrai ? J'aurais du m'en douter…Il est assez populaire, même si ses blagues sont débiles. Il est très performant sur le terrain et vous partagez beaucoup de choses ensemble … Alors c'est…

- NON !

- Hyùga ?

Le châtain avait du mal à reconnaitre son capitaine dont les traits sévères étaient déformés par une colère soudaine et inexplicable…

Alors que cœur d'acier allait tenter de calmer le brun, ce dernier éclata :

- C'est toujours pareil avec toi idiot ! Comme d'habitude tu ne comprends rien ! Bien sur que je passe du temps avec Izuki ! C'est mon ami et il est amoureux de Rickô ! Je partage plus de choses avec lui car il sait mieux que personne ce que c'est d'éprouver des sentiments pour une personne inaccessible !

- Une personne inaccessible ? Inaccessible pour toi ? Qui ?

-

- Hyugà, réponds ! Je peux peut -être t'aider à…

- Il n'y a rien que tu puisses faire.

- Pourquoi ?

-

- Hyugà ! Dis-moi pourquoi je ne pourrais pas t'aider ?

- PARCE QUE C'EST TOI ! IDIOT !

- Qu…

- Tu as bien entendu ! Depuis notre premier match 1 contre 1 sur ce vieux terrain de street basket où tu m'as redonné le courage de jouer à ce sport que j'aime plus que tout, j'ai compris que je ne pourrais jamais t'atteindre ! Après tout, tu étais le grand Kyoshi Tepei, l'un des prodiges des « généraux sans couronne ». Mais moi, à coté, j'étais quoi ? Un simple joueur qui fait des efforts face à un colosse aux dons innés ! Comment j'aurais pu t'atteindre ?! Alors quand j'ai compris mes sentiments pour toi, le jour où on a affronté Kriseki Dai Ichi, j'ai décidé de tout refouler en sachant que, de toute façon, sur ce terrain-là aussi, tu serais inaccessible pour moi ! Et visiblement j'ai bien fait, vu que tu sors avec Rickô !

Cette fois, Kyoshi se sentit vraiment mal : alors comme ça, Hyugà l'aimait ? Et à cause de leur écart de talent son capitaine s'était imaginé que jamais il ne pourrait l'aimer en retour ? Pourquoi un tel raisonnement ? Et puis surtout…Pourquoi Hyugà pensait qu'il avait une relation avec Rickô ?!

Toutes ces questions moururent dans l'esprit de cœur d'acier lorsqu'il vit Hyugà se lever et se diriger vers la porte d'entrée. Alors, dans un geste vif, le pilier de Seirin se leva à son tour et stoppa son capitaine en l'interpelant :

- Attends Hyugà ! Où vas-tu ?

- Je rentre chez moi… Je n'aurais pas du te dire tout ça…Viens simplement à l'entrainement de demain et faisons comme si rien de ce qui à été dit ici ne l'avait été. Compris ? C'est pour le mieux. Dans l'intérêt du club et pour le nôtre.

- Non ! Attends Hyugà !

Malgré l'appel presque désespéré du châtain, le capitaine de Seirin refusa de se retourner et de s'arrêter.

Il y fut néanmoins contraint quand la silhouette massive et toute en muscle du pilier de l'équipe le captura dans une étreinte inattendue…

« Kyoshi ?! Qu'es-ce que tu fais baka ?! Lâche-moi ! » S'emporta le brun.

Ses joues étaient aussi rouges de colère que de gêne, tandis qu'il tentait d'écarter l'ancien « général sans couronne » de sa personne.

Cependant, Kyoshi ne bougea pas d'un pouce et se contenta de raffermir sa prise sur son capitaine.

« Arrête ça, idiot ! Ce n'est pas drôle ! » aboya le brun à l'adresse du plus grand en voyant que l'autre ne le lâchait toujours pas.

Mais de nouveau, l'étreinte du fondateur du club se resserra sur le capitaine.

Plus forte.

Plus serrée.

Et tout ça pour être certain qu'il ne subsiste plus aucun écart entre eux.

Ce n'est que lorsque, enfin, leurs corps furent totalement liés l'un à l'autre et que la fureur du brun redescendit d'un cran, que cœur d'acier en profita pour reprendre la parole :

- Tu fais fausse route Hyugà.

-

- Je…Je ne suis jamais sorti avec quelqu'un avant. Et encore moins avec Rickô.

- Alors pourquoi, alors que tu passes autant de temps avec elle, même en dehors des entrainements, son père ne menace-t-il pas de te tuer ? Et pourquoi il semble même t'apprécier si tu n'es pas le petit copain de sa fille adorée ?

- Parce qu'il sait que je ne tenterais jamais de toucher Rickô.

- Comment ça ?

- Je pensais que, même si tu n'as pas le regard d'aigle d'Izuki, tu aurais pu, grâce à ton esprit d'analyse, deviner que j'aime les hommes.

- QUOI ?! Toi ? Tu…

- Oui.

- Mais…Mais alors…Le temps que tu passes avec Rickô…

- Je le fais pour suivre un entraînement spécial mis en place par son père et elle. Pour être sûr que ma jambe ne lâche pas en plein match…

- Non mais tu as perdu l'esprit ?! Les entrainements de Rickô sont rudes, même pour les gens en parfaite santé et tu…

- Je n'ai pas le choix : ma jambe est un handicap alors je dois travailler deux fois plus pour protéger notre équipe.

- T'ES CON OU TU LE FAIS EXPRÈS ?! ON NE VEUT PAS QUE TU NOUS PROTÈGES ! TU N'ES PAS UN BOUCLIER HUMAIN MERDE !

- Mais Hyugà…

- LA FERME, CRÉTIN ! JE REFUSE DE TE REVOIR DANS LE MÊME ÉTAT QUE QUAND ON A AFFRONTÉ HANAMYA ! PLUS JAMAIS ! TU AS COMPRIS ?

Cœur d'acier ne répondit pas à son capitaine, trop touché par les paroles pleines d'inquiétude du brun.

Cela lui faisait mal d'être le sujet de colère de Hyugà.

Mais paradoxalement, c'était plaisant de savoir que le brun se souciait autant de lui.

Comme Kyoshi ne répondait pas, Hyugà perdit de nouveau patience et déclara froidement :

- Maintenant que les choses sont dites, laisse-moi partir Tepei.

- Non.

- Comment ça, « non » ? Qu'es- ce qui te prend à la fin ?!

- Il me prend « capitaine », que nous n'en avons pas fini.

- Hein ? Mais de quoi tu parles ?

- Je parle du fait que, quand on est bien élevé, lorsqu'on fait une déclaration à quelqu'un, on prend au moins le temps d'écouter la réponse de cette personne.

- Comme si j'avais besoin de t'entendre dire que tu…

- HYUGÀ !

Le brun se tut aussitôt qu'il entendit Kyoshi lever le ton. Ce qui laissa à ce dernier l'occasion de continuer.

Posant fermement ses mains sur les épaule du brun, il le fixa droit dans les yeux avec beaucoup de sérieux et avoua : « Je ne t'aurais jamais jugé si tu m'avais dit plus tôt que tu m'aimais, Hyugà. En fait, ça n'aurait pu qu'illuminer ma journée. Et ceci, pour la simple et bonne raison que je suis dingue de toi. Et depuis bien longtemps maintenant… »

Devant l'air ahuri de son capitaine face à cette révélation, cœur d'acier ne put que sourire avant de déposer un baiser très chaste sur le front du brun.

Cependant, comme le dit l'adage :« chassez le naturel, il revient au galop », le calme de Hyugà fut vite remplacé par un nouvel éclat de mauvaise humeur :

- Kyoshi ! Baka ! Qu'es- ce qui t'a pris de faire ça ?!

- Désolé Hyugà…J'ai cru que…

- Non, mais tu n'es pas possible ! Tu as 17 ans, alors assume tes envies et tes actes comme un grand, merde !

- Qu'est ce que tu veux dire ?

Pour toute réponse, son capitaine l'attrapa par son vêtement et l'embrassa sans gêne.

C'est ensuite avec le plus grand sérieux que Hyugà décréta : « si tu m'aimes, c'est comme ça que tu dois m'embrasser baka. Pas autrement. »

Cette phrase, Kyoshi ne mit pas deux secondes à la comprendre : Hyugà venait de lui demander de sortir avec lui.

Certes, il venait de lui demander d'une façon détournée et avec la délicatesse d'un rhinocéros qui charge.

Mais il l'avait fait.

Et rien que pour ça, le fondateur du club de Seirin était prêt à pardonner tout le manque de tact de son capitaine. Tous ses coups de gueule.

Absolument tout.

Parce ce que son « tout » à lui, son « univers » son « absolu » c'était lui, Junpei Hyugà.

Alors, qu'importait que SON brun ait un caractère de chien ? Qu'il le traite d'idiot à longueur de journée ? Ou qu'il était toujours été jaloux de son talent pendant toutes ces années ?

Pour Kyoshi, la réponse s'imposa d'elle-même : cela n'avait aucune importance. Ou plutôt, cela n'en avait plus.

Car maintenant, même quand Hyugà lui balancerait son traditionnel « la ferme crétin ! Je ne peux pas t'encadrer ! » Kyoshi saurait. Il saurait que son capitaine mentait.