Oh la la … Je ne sais pas trop d'où cette idée de One Shot m'est venue mais c'est assez étrange x)
J'ai vraiment bien rigolée à l'écrire et franchement, je pense qu'elle pourrait vous mettre mal à l'aise XD
Attention, c'est de l'Apritello (assez léger) et elle n'a aucun lien avec les autres histoires.
Bonne découverte et bonne lecture !
Moment embarrassant
Qu'est-ce qu'April O'Neil ne donnerait pas pour un bon bain chaud maintenant !
Depuis que le clan des Foot avait découvert où elle habitait et foutu le bordel chez elle, elle était obligée de rester dans les égouts avec les Tortues et Maître Splinter. Non pas qu'elle s'en plaignait, mais l'odeur et toujours la même nourriture n'étaient pas forcément les meilleurs atouts.
Elle avait d'abord séjournée chez Casey pendant une semaine et maintenant, à la demande répétitive de Donatello, elle était descendue ici, dans le repère de ses meilleurs amis.
Donc la voici, deuxième jour qu'elle habitait avec quatre mutants et un rat dans les égouts. Il fallait dire qu'ils avaient tous fait beaucoup d'efforts pour son accueil. Une pièce entière avait été aménagée et très bien nettoyée spécialement pour elle ! Les garçons pouvaient se montrer très respectueux et ils avaient même promis de varier les repas durant son séjour avec eux.
April sourit alors qu'elle jeta sa porte ouverte et s'élança sur son lit. Il était plutôt confortable et sentait vraiment bon le propre. Où avaient-ils trouvés cela ?! Peu importe, elle n'allait surement pas se plaindre maintenant.
Un petit bruit de dégout sortit de ses lèvres alors qu'elle enleva ses vêtements et les jeta dans une petite corbeille dans un coin. Elle ne sentait pas bon et tout ce qu'elle voulait s'était de prendre une douche. Oui, le métier de journaliste pouvait par moment ressembler à un marathon.
Vérifiant rapidement qu'il n'y avait personne dans le couloir principal, April se faufila seulement vêtu de ses sous-vêtements en direction de la salle de bain. Elle n'y était jamais aller mais elle savait qu'il y en avait une à côté de la chambre à Raphael.
En passant devant le Dojo, elle entendit Maître Splinter donner des ordres à ses quatre fils. Ils étaient tous en plein entraînement Ninja. Parfait pour April qui voulait un peu aller se détendre, elle aura enfin un peu de temps pour elle-même.
Elle courut vite jusqu'à la porte en bois et l'ouvrit rapidement, se félicitant mentalement quand elle vit qu'il s'agissait bel et bien de la salle de bain. C'était une très grande pièce avec la plus grande baignoire qu'elle n'avait jamais vue. Elle faisait au moins quatre fois la taille d'une cuve basique ! Après, c'était nécessaire vu leur taille imposante.
La décoration de la salle était plutôt simple. Deux vasques ainsi que deux grands miroirs accrochés au mur à sa gauche et une douche à taille humaine dans le coin de droite. Le sol était en pierre comme le reste du repère et une grande étagère contenant pleins de produits et shampoings juste derrière la baignoire.
April s'approcha de l'étagère après avoir fermée la porte à double tour, ne savait-on jamais ! Puis parcourut du regard les multiples produits de corps et aussi … Pour cheveux ?! Mais ils n'avaient pas de cheveux ! Comment curieux …
Elle attrapa un shampoing à l'orange et l'inhala doucement, c'était le produit de Michelangelo, aucun doute. Mais maintenant qu'elle y pensait, aucunes des tortues ne sentaient mauvaises malgré qu'ils vivaient dans les égouts, de même pour Splinter.
Ses mains attrapèrent ensuite un lait de corps senteur sapin, s'était celui de Leonardo. Elle prit le suivant et le respira doucement, l'odeur de framboise remplissait ses narines … Mhmmm, Raphael !
Le dernier gel douche ne pouvait qu'appartenir à son cher Donatello. Elle le prit et déboucha le capuchon pour sentir la délicieuse odeur de romarin et de cèdre. Oui, elle était sûr et certaine que c'était son odeur.
Son cœur se mit à battre plus fort alors que ses sens étaient plongés dans le parfum qu'utilisait Donnie. Elle ferma les yeux quelques secondes puis les rouvrit avec un sourire et un soupir de contentement. Bon ! Il fallait maintenant qu'elle revienne à ses occupations !
April reposa tous les produits à leurs places d'origines et commença à se diriger vers la grande douche dans le coin de la salle pour finalement s'arrêter et pivoter sur ses pieds, un regard incertain dans ses yeux.
Elle pouvait peut-être essayer cette immense baignoire ? Sa lèvre inférieure se coinça entre ses dents alors qu'elle méditait sur quoi faire, puis elle se décida pour la grande baignoire des tortues. De toute façon, elles ne diront rien, non ?
Elle alluma le grand robinet d'argent et écouta le son satisfaisant de l'eau tombée dans la très grande cuve. La vapeur s'éleva rapidement dans l'air et rempli rapidement la salle de bain en pierre. April sourit joyeusement puis commença à se déshabiller tout en poussant la chansonnette. Quand la baignoire fut remplie, elle retira sa serviette blanche et trempa le bout de son orteil dans l'eau chaude, parfait !
Son corps glissa gracieusement dans l'eau et sa peau frissonna au contact de la chaleur. Elle prit son shampoing dans les mains mais s'arrêta quand ses yeux tombèrent une fois de plus sur l'étagère des produits des tortues.
Non, je ne dois pas faire ça … Se frappa-t-elle mentalement.
Mais finalement, son corps se déplaça contre sa propre volonté et elle attrapa le produit qu'utilisait Donatello. Elle en déversa un peu dans l'eau puis sur sa peau, aimant la douce odeur et la sensation agréable que cela lui procurait.
De grandes bulles s'élevèrent dans l'air puis éclatèrent après être restées trop longtemps en suspension. April se coucha dans la baignoire, apportant de la mousse au-dessus d'elle et respirant encore et encore l'odeur si délicieuse …
Elle ne savait pas combien de temps elle était restée là à se détendre, mais bientôt, le bout de ses doigts commencèrent à devenir rugueux à force d'être dans l'eau. Alors elle se redressa et avec un dernier soupir las, elle sortit de l'eau et dans sa serviette blanche en attente.
Ses cheveux gouttaient dans son cou et le long de son dos, la faisant frissonner incontrôlablement. April retira le bouchon de la baignoire et attendit que l'eau savonneuse ne s'écoule. Les miroirs étaient encore remplis de vapeurs que laissait l'humidité de son bain et des filets d'eau descendaient le long de la vitre.
April passa une main dessus pour pouvoir se regarder dans la glace, un petit sourire se jouant sur ses lèvres. Ce bain avait vraiment été très agréable et sa peau était si douce à présent. Il allait falloir qu'elle retienne le nom de ce produit pour qu'elle le trouve à la surface !
Ses épaules craquèrent quand elle les roula en arrière pour se détendre d'avantage. De petites gouttes d'eau perlaient encore de ses cheveux et sur sa serviette mais la chaleur générale de la salle de bain ne lui permettait pas d'avoir froid.
Elle sortit sa trousse de soin puis une crème hydratante pour le visage et pour le corps. Cela allait prendre une bonne heure avant qu'elle ne sorte d'ici, le temps de laisser Maître Splinter et les garçons terminer leur entraînement.
«April ? Est-ce que tu es là-dedans ?» Demanda une voix curieuse derrière la porte close.
La crème tomba de ses mains et le capuchon vola à l'autre bout de la baignoire où elle était perchée. Que diable ?! Ne pouvait-il pas frapper avant de parler ?
«Euh oui oui ! Pourquoi qu'est-ce qu'il se passe ?» Répondit-elle avec une petite touche d'agacement. Elle pouvait énormément apprécier Donatello mais quelque fois il pouvait être très envahissant … C'était logique qu'elle était là non ?
«Euh … Rien. Est-ce que tu en as encore pour longtemps ?» Dit-il d'une voix étouffée et quelque peu tremblotante. Serait-ce une touche de nervosité ?
April fronça les sourcils tout en regardant la porte curieusement. Qu'est-ce qu'il lui prenait exactement ? C'était quoi son problème ?
Son pied glissa contre le rebord de la baignoire et elle faillit tomber dans la grande cuve. Elle maudit sous son souffle alors qu'elle se redressa et récupéra son tube de crème.
«Non. Je pense avoir fini d'ici une dizaine de minutes. Penses-tu pouvoir attendre jusque-là ?» Répondit-elle sarcastiquement en roulant ses yeux au ciel.
Donatello ne répondit pas et April pouvait presque le voir se tordre les mains nerveusement derrière la porte. Elle ne voulait pas paraître froide mais il agissait si étrangement … Elle n'avait rien fait de mal ! Tient, en y pensant.
«Hum Donnie, est-ce que c'est grave si j'ai utilisée un peu de ton gel douche ?» Demanda-t-elle en rangeant sa crème dans sa trousse, elle en mettra dans sa chambre plus tard.
Un bruit semblable à un étranglement éclata de derrière la porte «Q-quel gel douche ?»
«Ben tu sais celui à l'odeur de romarin et de cèdre ? Je sais qu'il est à toi, j'ai déjà sentie cette odeur délicieuse sur toi.» Cria-t-elle en jetant sa tête en arrière vers la porte, une main sur le cœur et un grand sourire.
Des rires incontrôlables appartenant à Raph et à Mickey éclatèrent dans le centre du repère. Elle entendit vaguement Leo crier quelque chose à Donnie mais avec l'épaisseur de la porte, elle n'arrivait pas trop à comprendre.
«April ! Tu n'as pas fait ça !» S'écria après quelques secondes Donatello.
April fronça profondément les sourcils. Il avait l'air accablé par ce qu'elle venait de dire. C'était tellement horrible de sa part d'utiliser un produit autre que le sien ? Ce n'était pas comme si elle l'avait vidé !
«Je n'ai pas tout utilisée Donnie ! Si tu as peur de ne plus en avoir, je vais aller t'en racheter.» Dit-elle en resserrant sa serviette autour de sa taille. Sa curiosité grandit encore plus quand les rires des autres frères devinrent encore plus forts avec ce qu'elle venait de dire. Mais quoi à la fin ?!
D'un air furieux, April se précipita à la porte et l'ouvrit brutalement pour se retrouver nez à nez avec un Donatello extrêmement nerveux.
«Quoi ! Qu'est-ce qu'il y a !» Demanda-t-elle en le regardant de la tête au pied, une main tenant sa serviette et l'autre le cadre de la porte.
Raphael fondit sur le canapé en voyant le regard innocent d'April, un bras soutenant sa tête alors que ses épaules se balancèrent avec son rire. Mikey n'était pas mieux que son frère au bandeau rouge. Il prenait de profondes inspirations alors qu'un de ses bras s'enroulait autour de son ventre, essayant en vain de ne pas mourir de rire tout en pointant un doigt vers April. Même Leo n'arrivait pas à se retenir de rire en la regardant !
«Dit moi que c'est une blague ! Oh non … Non non non !» Hurla Donnie en se penchant vers elle. Mais lorsque son fin museau attrapa son odeur semblable à la sienne, il recula et posa une main contre sa bouche.
«Mais explique moi à la fin ! Pourquoi vous riez tous ?!» April s'avança vers l'avant et les regarda un à la fois, s'arrêtant sur Donatello qui lui tournait le dos.
«Regardez-là les frangins ! Pauvre de toi April, comme je te plains !» S'écria Michelangelo entre deux rires. Même quand April lui jeta un regard de mort cela ne l'empêcha pas de rouler en arrière sur le sol.
April commençait à sentir les larmes d'énervement et d'embarras lui monter aux yeux, ne comprenant pas la situation. Même Donatello habituellement doux et attentionné lui tournait volontairement le dos dans la colère et le désespoir.
«Quelle était la probabilité que cela arrive ?» S'écria ce dernier en levant les bras en l'air, un regard béat sur son visage. Il remonta ses lunettes d'une main tremblante puis s'approcha de ses frères, une touche de rouge sur ses joues.
«Arrête Donnie, personne n'avait prévu que cela pouvait arriver. C'est avant tout de notre faute, nous aurions dût la prévenir.» Tenta d'expliquer Leonardo en s'approchant de son frère désemparé, une main réconfortante sur son épaule.
Mikey se leva du sol et s'approcha d'April rapidement, les coins de sa bouche encore tordu à cause de son hilarité de tout à l'heure. Il se pencha vers elle puis prit une profonde inspiration avant de finalement retombé dans son rire.
«Elle a la même odeur que Donnie ! Au secours ! Je vais mourir Raph !» Hurla-t-il avec une larme à l'œil en frappant une main contre son genou. Raphael gloussa et secoua la tête tout en évitant de regarder April dans les yeux, ses bras croisés sur son plastron.
April ne savait pas où se mettre alors qu'elle tentait désespérément de comprendre ce qu'il se passait autour d'elle. Donatello parlait furieusement avec Leonardo dans un coin du salon, de temps en temps lui donnant des petits coups d'œil nerveux et … Triste ? Embarrassé ? Elle n'en était pas vraiment sûr vue d'ici.
Mickey et Raph riaient encore comme s'ils n'avaient jamais autant rit de leur vie jusqu'à maintenant.
Décidant que s'en était trop pour elle, April se détourna des quatre garçons et courut jusque dans sa chambre d'ami gracieusement offerte. Elle ouvrit brusquement la porte et la claqua avec un petit cri de colère.
Son corps se jeta sur le lit propre, indifférente qu'elle ne portait qu'une simple serviette blanche puis se mit à pleurer. Même pas deux jours passés en leur compagnie et déjà elle se sentait mal à l'aise et moquée par les garçons.
Qu'avait-elle bien pu faire de mal ? Donnie et elle était assez proche pourtant, elle ne pensait pas que de prendre un peu de son produit allait faire quelque chose comme ça …
April gémit puis roula sur le ventre, la tête enfouit dans son oreiller. Ses épaules tremblaient avec ses pleurs et son humiliation. Elle pouvait encore entendre les rires étouffés de Mikey et de Raph dans le salon ainsi que la voix sourde de Leonardo et celle de Donnie. Il ne fallut pas plus longtemps avant que les rires et les vois s'arrêtèrent, signalant qu'ils étaient tous retournés à leurs occupations respectives.
Elle voulait mourir, disparaître et ne jamais repenser à ce qu'il venait de se passer, même si elle ignorait la cause de toute cette agitation. Donnie aurait pu lui expliquer au lieu de lui crier dessus et de la regarder comme si elle venait de lui annoncer quelque chose de grave …
Ses pleurs continuèrent longtemps après l'incident et ses cheveux devinrent bientôt secs. Un petit coup à la porte la tira de ses pensées sombres.
«Je ne veux voir personne ! Laissez-moi tranquille !» Gémit-elle sans tourner la tête vers la porte. Elle ignorait quelle heure il était mais elle était presque certaine qu'elle était là au moins depuis plus d'une heure.
La porte s'ouvrit quand même avec un petit grincement et Splinter entra dans la salle faiblement éclairée. Il hésita à se couvrir les yeux car April ne portait presque rien sur elle mise à part une serviette blanche.
«J'ai entendu ce qu'il s'était passé tout à l'heure, je voulais en parler avec vous ma chère enfant.» S'exprima gentiment le rat en s'approchant d'elle, les mains cachées dans ses manches.
April se tourna légèrement vers lui, les cheveux collés sur son visage humide. Elle gémit une nouvelle fois puis finit par se redressée, les jambes pendantes au bord du lit.
«Pardonnez-moi Maître Splinter, j'ignorais que c'était vous. Venez vous assoir je vous en prie.»
Splinter acquiesça d'un signe de tête puis s'assit sur le bord du lit à côté de la jeune femme confuse et désemparée. Avant qu'il ne vienne parler avec elle, il était allé voir ses fils pour une bonne explication pour leur comportement plus qu'inapproprié envers leur amie. Evidemment, après explication il comprenait très bien le problème, surtout celui de son fils Donatello.
Le rat regarda April dans les yeux, son museau se contractant alors qu'il sentait son parfum fort. Il sourit doucement et un petit gloussement sortit de sa bouche.
«Je sens l'odeur de mon fils sur vous. Odeur de cèdre et de romarin, impossible de ne pas le reconnaitre.» Sourit-il.
«Mais quel est donc le problème à la fin ? J'ai déjà dit à Donnie que j'allais lui en racheter si s'était ça le soucis !» S'écria April en fronçant les sourcils au rat.
Splinter secoua doucement la tête tout en regardant April. Il sortit une de ses mains de sa manche et la posa au-dessus de la sienne.
«Je vais tout vous expliquer. Voyez-vous, mes fils sont mi humain mi tortue et certains de leurs instincts naturels sont encore ancrés en eux. Ils peuvent ressentir des choses que les humains normaux ne peuvent plus faire avec les années d'évolution.» Il passa deux doigts dans sa barbe puis continua.
«Lorsque le printemps arrive, mes fils ressentent la saison de reproduction que les animaux ressentent tous à cette période précise.» Il jeta un petit coup d'œil à April qui commençait à avoir les joues rougis.
«Mon plus intelligent des fils, Donatello, avait trouvé un moyen de ne pas succomber à cette période qui est très stressante et douloureuse. En extractant un peu de leurs propres odeurs et en les mélangeant avec des parfums, il en a fait un remède pour calmer leurs pulsations irrégulières qu'entraîne cette saison.» Splinter les comprenait très bien. N'ayant aucun compagnon pour eux, la frustration était presque insupportable et il ne remerciera jamais assez son fils Donatello d'avoir trouvé quelque chose.
La bouche d'April s'ouvrit en état de choc alors qu'elle prenait dans les paroles de Splinter. Ses joues étaient rouges d'embarras et pour la première fois de la soirée, elle se sentait nu. Elle posa ses mains contre le haut de sa serviette et se racla nerveusement la gorge.
«Oh mon Dieu.» Dit-elle doucement, évitant le contact visuel avec Splinter.
«Le produit que vous avez utilisé tout à l'heure …»
«Etait celui qu'utilisait Donnie pour ne pas …» Finit April en regardant le sol avec des yeux grands comme des soucoupes.
Splinter sourit doucement en tapotant à la légère la main d'April. Il ne voulait pas la mettre mal à l'aise mais elle devait le savoir si maintenant elle allait vivre avec eux pendant un certain temps. C'était juste un peu bête qu'elle vienne dans cette période très particulière …
«La réaction de mon fils n'avait rien de personnel. Il vous aime beaucoup April et le fait de sentir son odeur sur vous n'aide en rien les choses.»
«S'était comme si … Nous nous étions … ?» Commença-t-elle en levant les yeux vers Splinter, pas sûr de savoir comment continuer.
«Accouplés, oui.»
April gémit fortement et se laissa tombée en arrière, les mains couvrant son visage rouge d'embarras. Comment avait-elle pu lui faire cela ? Plus elle y pensait, plus elle se sentait mal pour Donatello.
«Merde !» S'écria-t-elle. Elle retira vite ses mains de son visage puis s'excusa immédiatement pour le mot qu'elle venait d'utiliser en compagnie de Maître Splinter.
Le rat rit une fois de plus et se leva de son lit en marchant vers la sortie.
«J'espère que vous pourrez pardonner à mes fils, Donatello plus particulièrement. Il s'en veut énormément d'avoir réagi aussi brutalement tout à l'heure.» Lui dit-il en baissant un peu la tête.
April se leva de son lit et reprit une forte poigne de sa serviette, commençant à sentir le froid des égouts sur elle.
«Il n'a pas à s'en vouloir, c'est moi qui devrait m'excuser. Merci Splinter de m'avoir tout expliquée.» Le rat fit un signe de tête poli puis lui demanda si elle voulait se joindre à eux pour un bon repas. April déclina l'offre, n'ayant absolument pas faim.
Quand la porte se referma, elle prit une profonde inspiration et se gratta le bras mal à l'aise. Elle n'arrivait pas à croire ce qu'il venait de lui dire, c'était vraiment humiliant mais pas que … Elle ressentait aussi de la curiosité et une légère chaleur dans son cœur.
Se secouant mentalement, elle prit des habits propres et les enfila rapidement, ne voulant plus grelotter dans sa serviette humide. Elle se sentait bizarre maintenant qu'elle comprenait que l'odeur de Donnie était partout sur elle. C'était de là que les rires des frères venaient, car ils avaient l'impression qu'elle et Donnie …
Ses joues devinrent une fois de plus rouges et avec un autre de ses gémissements plaintifs, April se parfuma avec son eau de toilette puis s'assit en tailleur dans son lit. Elle se mordit la lèvre inférieure alors que ses yeux fixaient l'horloge sur le mur en face d'elle, 21 Heure.
Il fallait qu'elle s'occupe l'esprit … April attrapa un roman qu'elle avait posée plus tôt sur sa commode et continua de lire l'histoire où elle l'avait laissée quand elle était encore chez Casey. Il ne lui fallut pas longtemps avant qu'elle ne soit complètement plongée dans la lecture, loupant presque le petit coup timide à sa porte.
«Entrez.» Dit-elle sans lever pour autant les yeux de son livre.
La porte s'ouvrit et Donatello se présenta au pas de la porte, les bras derrière son dos et les yeux baissés au sol.
«Salut April. Est-ce que je peux entrer ?» Demanda-t-il en la regardant timidement. Même si elle lui avait dit d'entrer, il n'était pas sûr à 100% qu'elle s'imaginait un seul instant qu'il s'agissait de lui.
April referma son livre et le posa de côté en se redressant, un petit sourire sur ses lèvres. Elle lui fit signe d'approcher et de s'assoir là où était Splinter une heure auparavant.
Donnie hésita, ses pieds ne voulant pas bouger du cadre de la porte. Il avait joué cette conversation dans sa tête de génie pendant deux grandes heures avant de finalement prendre son courage à deux mains et de s'expliquer avec April.
«M-merci.» Il s'approcha du lit mais ne prit pas place comme elle lui avait indiquée avec sa main.
«Ecoute, j-je voulais m'excuser pour tout à l'heure. Je n'avais pas à réagir aussi excessivement et je te dois une explication.» Il enfonça son pied dans le sol, la tête basse dans la honte.
April le regarda de haut en bas avec un sourcil lever et ses bras croisés sur sa poitrine. Elle remarqua vite que la tortue au bandeau violet ne portait pas son matériel habituel sur sa coquille, il paraissait beaucoup moins imposant maintenant.
«C'est bon Donnie Maître Splinter m'a déjà tout expliqués.»
Les yeux de Donatello s'agrandirent derrière ses lunettes et il rabaissa immédiatement son regard, les doigts se tordant nerveusement derrière lui.
«A-ah ! Bien, bien alors. Est-ce que tu as … Des questions ?» Bégaya-t-il en levant une main dans sa direction, sa pomme d'Adam montant et descendant avec sa nervosité.
«Oui, j'en ai plusieurs. Approche toi s'il te plait je n'aime pas paraître aussi petite.» Répondit-elle en se pinçant la lèvre avec ses dents.
Donnie hocha la tête puis s'assit à côté d'April, les mains sur ses genoux et sa posture raide. Son museau capta l'odeur d'eau de toilette qu'elle utilisait mais cela ne suffisait pas à masquer son odeur puissante ... Il déglutit bruyamment et serra ses doigts sur ses jambes. Ne perd pas la tête, pas devant elle.
April sourit tristement puis se pencha un peu plus près de la tortue paniquée. Cela lui faisait mal de le voir aussi tendu en sa présence, mais d'après ce qu'avait dit Splinter, ce n'était vraiment pas facile pour eux.
«C'est moi et moi seule qui doit m'excuser Donatello, je n'avais pas à prendre tes affaires sans te demander. Maître Splinter m'a dit pourquoi vous agissiez si étrangement en ma présence depuis le début du printemps et maintenant que j'y pense, c'est tout à fait compréhensible. Je me sens vraiment idiote tu sais !» Elle balança sa main devant son visage et rit doucement, les joues rougies.
Donnie sourit enfin en la regardant puis se gratta l'arrière de la tête, un air faussement décontracte.
«O-ouais … J'avais prévu de t'en parler mais mes frères pensaient que c'était une mauvaise idée et … J'avais aussi un peu peur.» Il haussa les épaules tout en évaluant la réaction d'April.
«C'est bon Donnie, tu n'as pas à avoir peur de moi, je ne vais pas te manger et loin de moi l'idée de me moquée de vous tous sur un sujet aussi personnel !» Rit-t-elle en plissant ses lèvres.
Donatello rit avec elle puis posa une main verte sur le dessus de celle d'April. Il sentait encore son odeur sur elle et cela ne l'aidait pas à réfléchir correctement, alors avant même qu'il ne comprenait ce qu'il faisait, il se pencha vers elle et lui baisa tendrement la joue.
April arrêta de rire mais son sourire ne mourra pas pour autant. Elle le regarda avec de grands yeux alors qu'il se redressa en se raclant nerveusement la gorge.
«B-bon, je pense qu'il est temps d'aller dormir. J'espère que tu pardonneras aussi mes frères pour leurs moqueries, même s'ils me visaient moi surtout.» Donnie s'apprêta à se lever mais April le tira en arrière et posa ses lèvres sur les siennes dans un doux baiser.
Il ne dura pas longtemps car les deux manquaient bientôt d'air, alors April le repoussa doucement et rouvrit les yeux pour regarder le mutant en face d'elle. Son visage, un pouce de la sienne, ne montrait que de la confusion et du choc avec une touche de quelque chose d'autre.
Donnie déglutit et prit une profonde inspiration par son museau, prenant sa propre odeur sur la femme qu'il aimait.
«Bonne nuit Donnie.» Murmura-t-elle, son visage encore très proche du sien. Elle passa doucement ses doigts contre sa joue rugueuse, une expression rêveuse sur son visage puis se coucha en arrière sous les couvertures douces.
Donatello referma la bouche et ravala sa salive, son esprit brumeux de ce qu'il venait de se passer à l'instant. A aucun moment de la soirée il n'avait imaginé que les évènements allaient prendre cette tournure, jamais.
Il hocha pensivement la tête puis se leva et marcha vers la porte, ses yeux traînant sur le sol sous lui. Un petit sourire idiot se fraya un chemin sur ses lèvres alors qu'il referma la porte derrière lui, une main traînante sur la poignée. Son cœur allait éclater, c'était sûr.
Toute la peur et l'humiliation des heures auparavant étaient soudainement devenues quelque chose de beaucoup plus agréable et tout ce qu'il voulait faire maintenant était de remplacer son odeur synthétique sur April par sa vraie odeur, faire d'elle la sienne pour de bon.
Donnie se frappa mentalement en prenant quelques étapes en arrière. Comment pouvait-il s'imaginer des choses pareilles ?! Même s'il avait une bonne excuse, cela ne devait pas se produire dans son cerveau intelligent.
De l'autre côté de la porte, April se tournait et se retournait dans son lit. Elle n'arrivait pas à fermer l'œil, pas après ce qu'il venait d'arriver. Elle ne pouvait pas retirer l'image de Donatello de son esprit, son sourire, sa prestance, son odeur …
April soupira bruyamment puis se tourna dos à la porte, un bras sous son oreiller et les yeux se baladant sur le mur devant elle. Son cœur martelait fortement dans ses oreilles alors qu'un tas de pensées interdites traversaient son esprit.
Oui, toute cette histoire poussait ses désirs à la surface. Peut-être que Maître Splinter se trompait, peut-être bien que les humains pouvaient aussi ressentir les effets de la saison comme les tortues mutantes ?
Le sourire d'April devint immense alors que la porte derrière elle s'ouvrit à nouveau.
Oui, il se trompait très certainement.
Hé hé hé j'adore cette OS, j'aime trop l'embarras c'est affreux, pauvre April … Pauvre Donnie lol !
Commentaires s'il vous plait ne soyez pas timide !
