Kasamatsu avait espéré prendre Kise au dépourvu en se rendant chez lui dès le matin pour lui dire sa façon de penser.

Cependant, toute perspective d'infliger une sérieuse sanction au copieur s'évanouit lorsque la porte de la maison du blond s'ouvrit sur la mère du jeune mannequin…

« Bonjour jeune homme, que puis-je faire pour vous ? » demanda la mère de famille avec une grande douceur dans la voix, au pauvre capitaine de Kaijo qui n'avait jamais réussi à se sentir très à son aise avec les femmes.

C'est donc le visage aussi rouge que les cheveux de Kagami que le jeune homme de 3ème année répondit en s'inclinant de façon très formelle :

- Bonjour Kise san. Je suis Yukio Kasamatsu, le capitaine de l'équipe de votre fils Ryota.

- Oh ! Alors c'est toi le fameux Kasamatsu ? Je suis ravie de te rencontrer ! Mon fils m'avait dit que tu passerais certainement aujourd'hui.

- Il m'a demandé de venir. Puis - je aller le voir ?

- C'est impossible.

- Impossible ? Pourquoi ? Ryota ne se sent pas bien ? Il est malade ?

- Non, non, il va bien ne t'inquiète pas. Mais…Il ne t'a rien dit ?

- Rien dit à propos de quoi ?

- C'est donc ça…Je suis désolé Kasamatsu. Mon fils est un peu lâche parfois…Je suppose que c'est pour ça qu'il m'a demandé de te remettre ceci si tu passais à la maison…

- Me remettre quoi ?

En réponse à la question du capitaine de Kaijo, la mère du copieur remit au brun une petite enveloppe…

« Il m'a dit que c'était pour toi que je ne devais pas l'ouvrir et qu'il te demandait pardon … » annonça la mère du jeune mannequin, d'une façon qui se voulait réconfortante et qui, par conséquent, alerta immédiatement le brun.

D'un geste vif, et piqué par une incontrôlable anxiété naissante, le capitaine de Kaijo ouvrit la missive et commença à lire son contenu.

Du moins, c'est ce qu'il s'apprêtait à faire, mais un petit sachet en papier également présent dans l'enveloppe attira son attention.

Sa curiosité naturelle poussa le 3ème année à regarder le contenu du sachet.

Dès lors, quelle ne fut pas sa surprise quand il extrait du sachet un objet…Pour le moins insolite qui le fit de nouveau s'empourprer : une bague dorée sertie d'une vraie topaze.

Se demandant si la lettre lui était réellement destinée, au vu de l'objet qui s'y trouvait, Kasamatsu prit l'initiative de lire le message auquel était jointe la bague pour être fixé.

Bien mal lui en prit.

Car dès les premières lignes, il sentit un énorme nœud se former dans son estomac….

L'estomac d'Himuro lui jouait des tours tandis qu'il arrivait devant le dortoir qu'il partageait avec Murasakibara.

Il avait le cœur qui battait la chamade et les poumons en feu comme s'il avait couru un marathon.

Mais il s'en fichait.

Pour lui, seuls comptaient Murasakibara et le message préoccupant qu'il avait laissé.

C'est donc sans attendre qu'il pénètra dans leur dortoir, la peur au ventre.

Il inspecta toutes les pièces au pas de course en appelant son coéquipier.

L'absence totale de réponse ne fit que renforcer les craintes du brun qui se hâta vers la chambre du géant aux cheveux violets où il entra en trombe.

Et là, ce fut le choc.

La chambre avait été presque intégralement vidée des affaires du deuxième joueur vedette de Yosen.

Seule trace que le violet avait résidé là, un petit bonbon arlequin encore emballé qui traînait sur le sol et… une lettre ?

C'était bien ça.

Bien centrée sur l'oreiller du lit de Murasakibara, trônait une enveloppe sur laquelle était écrit « pour Muro-chin ».

L'intéressé ne perdit pas de temps et s'empara de l'enveloppe.

C'était son seul indice pour savoir où était passé Atsushi et il n'allait pas négliger cette piste.

Prenant en main le courrier, il eut la surprise d'y découvrir un petit sac gris en toile d'où il retira un anneau doré doté d'une améthyste

« Qu'est-ce que ça signifie ? » se demanda l'américain, avant de se plonger dans la lecture du message :

Muro - chin, quand tu liras ça, je serai parti depuis longtemps.

Ne me cherche pas ok ? Ce serait inutile. D'ici à ce que tu trouves cette lettre, j'aurai déjà quitté le japon.

La vérité, c'est que ça fait déjà deux jours que je ne suis plus étudiant à Yosen seul le directeur était au courant et il m'a laissé rester dans l'établissement pour ne pas éveiller les soupçons des autres membres de l'équipe.

Tu dois savoir que je ne pars pas parce que j'en ai envie Muro - chin : vous laisser, l'équipe et toi alors que la Winter cup approche ne me fait pas plaisir mais je ne peux pas faire autrement.

L'empereur ne me le permettrait pas.

De toute façon, avec toi dans l'équipe, Yosen ne risque rien Muro-chin. J'en suis persuadé.

C'est pour ça que je te confie la bague qui se trouve dans cette lettre.

Cette bague est un signe de reconnaissance de la génération des miracles.

Chacun d'entre nous en a une et, le moment venu, nous étions censés la remettre à la personne que nous estimions être notre partenaire idéal.

Tu m'as prouvé à de nombreuses reprises, que c'était toi qui méritais la mienne Muro-chin.

Je ne croyais pas qu'un jour je reconnaitrais quelqu'un comme toi comme mon égal mais c'est le cas.

Alors, si tu m'en veux encore, tu peux jeter cette lettre et cette bague avec, m'oublier et continuer ta route, je comprendrai.

Tout ce que je te demande, c'est de ne pas abandonner le basket.

Tu as le potentiel de devenir un excellent joueur bien meilleur que Kagami.

Alors fais- moi le plaisir de jouer pour nous deux. Compris Muro-chin ? Je sais que tu peux mener Yosen à la victoire.

Je crois en toi.

Adieu Muro-chin.

Murasakibara.

À la fin de sa lecture, Himuro sentit toute ses forces l'abandonner. Il n'arrivait pas à comprendre ce qui se passait : il avait l'impression que la terre s'ouvrait sous ses pieds et engloutissait tout, sauf lui-même, alors qu'il n'aspirait plus qu'à disparaître.

Il sentait le désespoir s'engouffrer en lui et le laissa faire. Il se laissa consumer par la tristesse, noyant le lit de Murasakibara d'intarissables larmes.

Il avait eu peur qu'Atsushi ne mette sa vie en danger suite à son message.

Mais dans un sens, la situation actuelle était pire.

Elle était pire car Atsushi était parti.

Et il était parti visiblement contre son gré, pour satisfaire la volonté d'une personne qualifiée d' « empereur » par son équipier.

Cette dernière remarque mua les larmes du brun en larmes de rage : quelqu'un avait menacé Atsushi, lui avait forcé la main pour qu'il parte et lui, Himuro, n'avait rien vu !

« Et maintenant allez savoir où il est et ce que le taré qui l'a forcé à partir peut bien lui vouloir ?! » s'emporta intérieurement l'AS de Yosen tandis que ses larmes continuaient de couler.

Il resta un long moment dans la chambre de son coéquipier en réfléchissant à un moyen de retrouver l'adolescent aux cheveux violets.

Mais il dut se rendre à l'évidence : seul, il ne parviendrait à rien.

« Peut être que la police pourrait faire quelque chose ? » envisagea-t'il avant de se souvenir qu'il devait attendre au minimum 48 heures pour signaler une disparition.

Autant dire qu'il ne fallait pas compter sur les forces de l'ordre pour retrouver Atsushi.

Surtout s'il avait bien quitté le japon…

À cette dernière pensée, le chagrin finit de l'anéantir et il se laissa tomber dans le lit de son coéquipier où, tout en serrant la bague de Murasakibara dans ses mains, il s'endormit.

Et au fond… Quelle importance si il dormait là toute la journée ? Après tout, après une nouvelle pareille, Himuro ne comptait pas aller en cours ni à l'entraînement de toute façon…