chap 17: même dans une limousine , une ambiance pourrie reste une ambiance pourrie...
Il tentait de laisser son esprit s'échapper au fil du paysage qui défilait…
Mais en vain.
Dès qu'il fermait les yeux, les traits de Takao se dessinaient dans son esprit.
Les rares fois où il fermait les yeux, Midorima se remémorait la soirée de la veille, où il avait enfin pu toucher son partenaire autrement que comme un simple coéquipier.
Ce début de soirée magique où il avait entendu les petits gémissements de son faucon quand il l'avait amoureusement embrassé dans le cou…
Il revoyait tout.
Absolument tout.
Et c'était un calvaire pour le shooter miracle : il aurait donné son âme et tous ses porte- bonheur pour pouvoir oublier son partenaire, afin de ne plus souffrir du manque ressenti en son absence.
« Shintarô ? Tu n'es pas encore en train de penser à ton équipier n'est-ce pas ? » demanda la personne assise à coté du vert cela le fit se crisper encore d'avantage sur le siège de la limousine qui les emmenait vers une destination inconnue.
Vrillant ses iris verts dans celles, hétérochromes, de son interlocuteur, c'est d'une voix cassante que Midorima répondit :
- Pourquoi me demander quelque chose que tu sais déjà ? Si c'est juste pour faire la conversation, je te rappelle qu'il y a d'autres personnes que moi ici, alors, fiche moi la paix.
- C'est vrai, mais tu es le seul auquel je veux parler pour le moment Shintarô…
- Va au diable Akashi ! Je ne suis ici que pour éviter que tu ne t'en prennes à Takao ! C'était le deal. Ne t'attends pas à faire copain-copain avec moi !
- Tu es en colère… Je vois… Qu'importe, j'ai tout mon temps. Et toi aussi maintenant…
Midorima sera les poings silencieusement : bien sûr qu'Akashi et lui avaient tout leur temps, puisqu'il était littéralement prisonnier de son ex capitaine.
Le seul réconfort qu'il aurait pu trouver à cette situation, c'est qu'au moins, il n'était pas seul avec Akashi.
Mais bon, être coincé dans une limousine avec un Kuroko au regard plus mort que jamais, un Murasakibara qui, aussi surprenant que ça puisse paraître, ne mangeait rien, et un Kise totalement vide de toute énergie et dépourvu du moindre sourire, ne risquait pas d'arranger l'humeur du vert...
Elle n'était vraiment pas belle à voir l'ancienne génération des miracles…
« Sans compter que Aomine va bientôt nous rejoindre…Je me demande avec quoi Akashi l'a fait plier ? » s'interrogea néanmoins le vert. La voix d'Akashi parvint à ses oreilles.
Il était au téléphone. Visiblement avec Aomine :
- Nous sommes presque rendus, j'espère pour toi que tu n'as emmené que le strict nécessaire.
- …
- Je te prends pour ce que tout le monde sait que tu es, Daiki : un pervers. Alors tache de jeter tes magasines avant mon arrivée.
- …
- Je sais tout Daiki. Je suis absolu. Alors débarrasse-toi de TOUTES tes revues pour adulte.
- …
- Garde tes jurons pour les personnes que ça impressionne Daiki. Nous serons devant le point de rendez vous dans 10 minutes.
- …
- Non. J'ai été clair sur ce point : je ne veux pas de Satsuki avec nous.
- …
- Parce que j'ai trouvé quelqu'un de plus compétent et si tu contestes mes décisions…Tu sais ce qui arrivera n'est ce pas ?
- …
- Je préfère ça. À tout de suite.
Midorima entendit plus qu'il ne vit, son ex-capitaine raccrocher le téléphone et demanda d'une voix suspicieuse :
- Pourquoi nous tous et pas Satsuki ?
- Tiens donc…Tu veux me parler maintenant ?
- Je veux comprendre. Pourquoi ne la pourris-tu pas comme nous ? Pourquoi a-t-elle le droit de rester dans son club ? Dans son lycée ? Avec ses amis ?
- C'est simple : elle ne me sert à rien pour mon projet.
- Et quel est le sens de ce projet ? Si tu voulais t'amuser, tu pouvais aussi bien rester avec ton équipe dans ton lycée !
- Cette affaire est sérieuse, de plus…
- Quoi ?
- C'est vous cinq que je veux et personne d'autre.
Un grand silence et un frisson général parcourut les cinq concernés, avant que Kise ne commence à s'agiter, attirant ainsi l'attention de tous …
« Que se passe-t-il Kise kun ? » l'interrogea Kuroko .
Ayant enfin réussi à attraper dans sa poche ce qui le dérangeait et qui n'était autre que son téléphone, Kise répondit : « J'ai un appel de la maison ! Ça doit être ma mère ! »
Sans laisser le temps à ses camarades d'infortunes de réagir, le blond décrocha :
- Allo ma…
- Ryota ! Espèce de crétin ! Qu'est-ce qui t'a pris ? Dis moi où tu es, je viens te chercher !
- Ka…Kasamatsu senpai ?
- Oui c'est moi, baka ! Ta mère m'a prêté le téléphone pour te joindre ! C'est quoi ces manières d'abandonner l'équipe comme ça ?! Et puis en plus, tu ne te plairas pas en Espagne ! Alors tu…
Kise s'apprêtait à calmer son senpai, mais Akashi lui arracha l'appareil des mains pour s'adresser à l'interlocuteur du blond :
- Kasamatsu Yukio ?
- Oui ? Qui êtes-vous ? Où est Kise ?
- Ryota n'est pas disponible pour le moment j'espère que vous avez profité de votre dernier coup d'éclat contre lui car vous ne le reverrez plus. Au revoir.
« Quoi ?! Eh, non, attendez ! Repassez-moi Kise ! » hurla de rage Kasamatsu à l'adresse d'Akashi. Celui-ci raccrocha et jeta le portable par la fenêtre avant de reporter son attention sur le blond.
« Kise…N'avais-je pas dit quelque chose au sujet des téléphones ? »
Avant que le blond ne puisse se justifier, Akashi avait déjà sorti ses ciseaux et laissé une jolie trainée rouge sur la joue du mannequin qui poussa un cri de surprise.
« Akashi ! Ce n'était pas la peine de… » commença Kuroko. Il croisa le regard hétérochrome semblant lui dire « continue ta phrase Tetsu et ce sera toi le prochain …» ,et incita donc le bleu à se taire.
« Kise chin est un idiot … » lâcha soudain Murasakibara.
Devant l'air surpris du groupe face à cette remarque, le violet développa : « Il est idiot : s'il tient à Kasamatsu, il n'aurait même pas du garder son portable. Si Kasamatsu nous retrouve à cause de ça, Akashi va se mettre en colère et ça va être moche… »
Suite à ces paroles, Kise sembla réaliser la gravité de la situation et demanda d'une voix inquiète à Akashi :
- Tu…Tu ne lui ferais pas de mal hein ? Tu ne blesserais pas Kasamatsu pas vrais Akashi
- Ça dépend… S'il m'y oblige je le ferai. Au fait, bien trouvée l'idée du départ en Espagne…
- Je n'avais rien de mieux comme idée…
- C'est déjà mieux que rien. Ta famille te croit en voyage pour ta carrière de top model et Kasamatsu t'imagine en route pour rejoindre l'Espagne. Niveau excuses c'est toujours mieux que certains ici…
En disant cela, Akashi lança un regard fortement appuyé à Midorima, qui répondit d'une voix irrité :
- En même temps, tu ne m'as pas laissé le loisir de trouver une excuse, vu que tu avais déjà tout planifié à ma place pour duper ma famille.
- Ne fais pas ta mauvaise tête Shintarô : ose nier que ton père devait être aux anges en apprenant « qu'une prestigieuse école de médecine étrangère » voulait que tu intègres leur établissement de toute urgence.
- Sauf que c'était un tissu de mensonges.
- Auxquels ta famille et toi avez crus visiblement.
- Tu es méprisable.
- La faim justifie les moyens : je savais que si je n'avais pas quelques coups d'avance sur toi, je n'arriverais pas à te faire quitter le pays. Dans un sens, c'est vous qui vous êtes ligotés vous-mêmes en vous attachant ainsi à des coéquipiers inutiles et faibles.
« Muro-chin n'est ni inutile ni faible ! » s'emporta soudain Murasakibara il n'avait rien perdu de l'échange entre le vert et le capitaine et avait pris de façon très personnelle la remarque d'Akashi.
Alors que le garçon aux yeux hétérochromes allait répliquer, ce fut aux autres de la génération des miracles de protester :
- Kasamatsu senpai est tout sauf faible Akashiicchi !
- Kagami kun est le meilleur partenaire que j'ai pu avoir et il est loin d'être inutile : c'est ma lumière
« Et Takao te surpassera toujours. Dans tous les domaines. Que tu sois absolu ou pas. » Conclut Midorima d'une voix cassante.
Cette dernière remarque laissa tout le monde sceptique.
À part Kuroko qui avait, depuis longtemps, compris à quel genre de duel le tireur de vedette de shutoku et « l'empereur » se livraient.
C'était un de ces duels où aucun ne ferait de compromis.
Aucun d'eux ne lâcherait quoi que ce soit.
Les paroles de Midorima semblaient avoir, pour une certaine raison, touché l'orgueil de l'ancien capitaine de la génération des miracles il déclara d'une voix lourde de menaces : « Ne prétends plus que ce stupide brun est plus doué que moi Shintarô. Ou, la prochaine fois que tu verras mentionner le nom de Takao Kazunari, ce sera dans la rubrique nécrologique du journal du matin.»
Les autres membres de la génération des miracles ne purent réprimer un frisson d'effroi devant le regard d'Akashi.
Il était sérieux.
Si Midorima recommençait à lui tenir tête, Takao pourrait vraiment finir dans un corbillard…
