Quand il se réveilla pour la 6ème fois de la journée dans le lit de son équipier, Himuro dut se rendre à l'évidence : il n'était pas coincé dans un cauchemar qui se répétait, mais bien dans une atroce réalité.
Atsushi était parti et l'avait laissé derrière lui.
Pourtant, l'espoir perdurait en Tatsuya.
C'est pourquoi Himuro attrapa son portable pour vérifier ses messages.
Sans grande surprise, mais avec une profonde déception, il constata qu'aucun des textos reçus ne venait de Murasakibara.
En soupirant, il jeta un œil aux autres messages : le plus ancien, à 8h30, venait de Kagami. Dans le message, le tigre disait qu'il avait deviné où le brun était parti et qu'il lui souhaitait bonne chance pour sa réconciliation avec Atsushi.
Les autres messages, eux, venaient de la direction de Yosen et de ses amis du club de basket qui s'inquiétaient de son absence en cours et à l'entraînement.
Enfin, le dernier message en date venait (encore) de Kagami : l'AS de Seirin le prévenait qu'il partait récupérer N•2 chez le véto, et que si besoin était, Himuro pouvait repasser à son appart.
Le brun de Yosen sourit malgré lui en songeant à quel point son "petit frère" avait un cœur tendre...
Tandis que cette pensée traversait son esprit, son téléphone sonna.
C'était Kagami.
Aussitôt, le brun décrocha:
- Allo, Taiga?
- Himuro viens me chercher, ça urge, et emmène une trousse de premiers soins avec toi!
- Que se passe-t-il Taiga?! Tu es blessé?!
- Pas le temps d'en dire plus ! C'est une question de vie ou de mort Tatsuya! Retrouve-moi à l'angle de la rue EST du Maggi Burger vite!
- Ok!
Craignant le pire pour son frère de cœur, Himuro sortit en toute hâte retrouver Kagami au point de rendez-vous, sans se douter à quel point ce qu'il allait voir allait le glacer d'effroi.
Une soudaine crainte avait nouée l'estomac de Kasamatsu quand il avait brusquement changé d'interlocuteur, avant de perdre la communication avec le portable de Kise.
Après ça, il avait du se faire violence pour aller à la pratique de basket du jour.
Mais inutile de se leurrer: le blond accaparait bien trop l'esprit de son capitaine pour qu'il parvienne à jouer.
"Ce stupide mannequin! Quand il reviendra, il comprendra sa douleur! Je vais lui infliger une triple dose d'entraînement" bougonna le 3ème année de Kaijo.
Il entendit alors deux 1ère année de son équipe discuter entre eux:
- Dis, tu ne trouves pas que Kasamatsu senpai est plus intransigeant que d'habitude?
- Si. Il a dû se disputer avec sa petite copine.
- Il a une copine?!
- Je suppose que oui. Tu n'as pas vu la bague pendue à une chaîne à son cou pendant l'entraînement?
- Maintenant que tu le dis...
"Dites donc les jeunes! Au lieu de spéculer sur ma vie personnelle, pourquoi n'iriez-vous pas vous rendre utile en rangeant le gymnase?! A moins que vous ne désiriez que je vous motive?!" aboya presque Kasamatsu à l'adresse des premières années. Qui s'exécutèrent sans demander leur reste.
Une fois seul, le capitaine de Kaijo se saisit de l'anneau accompagnant la lettre de Kise et le scruta comme si il espérait que cela suffise pour que le copieur miracle apparaisse devant lui.
Ce qui, évidemment, n'arriva pas.
En soupirant, il attrapa la lettre cachée dans son casier que lui avait laissée le blond, et la relut pour il ne savait la quantième de fois :
" Bonjour Senpai. Tu sais, je suis désolé de t'avoir appelé si tard hier mais j'avais une chose importante à t'avouer. Seulement, j'ai eu peur de ta réaction et ai préféré étouffer le sujet. C'était reculer pour mieux sauter au fond, mais j'avais besoin de ça pour t'annoncer la nouvelle : je quitte l'équipe, capitaine. Je pars m'installer en Espagne pour un an. Ne t'en fais pas, je ne serai pas livré a moi-même : Aomineicchi va venir habiter quelques mois avec moi "
Ce détail lui donna, comme à chaque fois, envie d'exploser. Mais retrouvant son self-control, il continua sa lecture :
" Cependant, ne crois pas que je pars parce que je me trouve meilleur que le reste de l'équipe Senpai. J'ai été très heureux avec vous tous et en particulier avec toi, Yukio"
A ce stade de la lecture, le capitaine de Kaijo sentit le rouge lui monter aux joues : pourquoi fallait-il que ce stupide blondinet l'appelle par son prénom?! Il voulait sa mort ou quoi?!
Tentant de calmer son imagination qui lui créait déjà des scènes où il voyait le mannequin l'appeler par son prénom, Kasamatsu tenta de se refocaliser sur la lettre:
"Ce que j'essaie de te dire Senpai c'est que tu comptes beaucoup pour moi et que, sans toi, je n'aurais sûrement pas retrouver la joie de rejouer au basket. Je te dois tant Yukio...
Et c'est pour ça que je te confie ma bague.
J'aimerais me dire que tu la garderas précieusement car il s'agit de la preuve de tous les espoirs que je place en toi, ainsi que de toute la confiance que je te porte. Tu as été mon garde-fou, mon île au milieu de l'océan pendant tout ce temps, alors j'aurais aimé que tu partages mes sentiments et que tu gardes cette bague.
Mais je ne me fais pas d'illusions: je me doute que tu vas la jeter.
Après tout, pour toi, je ne suis qu'un de ces prétentieux membres de la GM...
Mais cela ne change rien à ce que j'ai dit.
Adieu Yukio
Kiss."
Cette fois, Kasamatsu s'attarda d'avantage sur la fin de la lettre et constata une chose étrange...
La lettre ne finissait pas par "Kise" comme "Kise Ryuta" mais bien par "Kiss", le terme anglais signifiant bisou ou baiser.
Etait-ce une erreur d'inattention de la part du blond, ou y-avait- il un espoir, même infime, que le blond lui ait dit de façon détournée, qu'il l'aimait?
Il secoua la tête rageusement pour chasser cette idée : même si Kise aimait les garçons, il était clair que ce n'était pas de lui dont il était amoureux.
Non, c'était évident en voyant Ryota : il "flirtait" avec son "Kuroicchi" en permanence, (même si celui ci le rembarrait toujours), mais le cœur du blond ne battait que pour un homme : Aomine Daiki.
Cela rendait furieux le brun, qui aurait fait n'importe quoi pour voir Kise aussi demandeur d'affection avec lui, qu'il ne l'était avec les 2 anciens membres de la GM.
Et maintenant, tout ce qui lui restait, c'était cette lettre, une bague et le souvenir du visage de Kise profondément gravé dans sa mémoire.
