Bonjour à tous !

Je tiens d'abord à m'excuser, troisième chapitre et je suis déjà en retard ... Pour ma défense j'ai beaucoup de travail en ce moment ^^

Je tiens aussi à vous remercier pour vos reviews (ceux qui en laissent), où simplement pour m'avoir lu, à tous les lecteurs anonymes.

J'en profite pour répondre à Adenoine : Ta review m'a d'abord laissée perplexe, et j'avoue l'avoir légèrement mal pris au départ, même s'il n'y a pas de quoi. J'espère que la suite répondra à tes questions et ne te décevra pas ;)

Voici donc le chapitre, on se retrouve en bas !


La longue colonne de fumée noire s'éleva, haut dans le ciel, gracieuse si elle n'avait été aussi sinistre. Plus bas, le vent était retombé, laissant un silence implacable s'étendre sur le château. La colonne de fumée s'éleva encore, au-dessus des nuages, traversant l'air avec force. Puis, soudainement, elle s'abattit sur le sol, percutant violemment la petite clairière. Quand enfin la fumée se dissipa, elle laissa apparaître un homme à la haute stature, plus pâle que les morts. Se laissant tomber à genoux au centre de la clairière, il leva sa face reptilienne vers les cieux et hurla sa rage à la face du monde.


Pétrifié de peur, Drago se serra un peu plus contre le mur alors que le Lord traversait la salle, toisant les Mangemorts réunis autour de lui. Quand il parla, sa voix sifflante les glaça, et le jeune blond serra les poings, enfonçant ses ongles dans la paume de sa main pour se forcer à rester droit.

« - Vous m'avez déçu. Et vous savez ce qu'il en coûte de décevoir Lord Voldemort.

Drago avala difficilement sa salive, retenant la remarque acerbe qui lui brûlait les lèvres. Lui aussi les avait déçus ! Le Lord, réputé invincible, avait été vaincu ! Croisant le regard de Théodore, à l'autre bout de la salle, il s'accrocha à ces yeux sombres, y puisant la force dont il avait besoin pour rester stoïque alors que le Lord continuait de parler, de sa voix froide et sifflante qui lui retournait les entrailles.

« - Vous avez échoué à accomplir la mission que je vous avais confié. Vous en paierez le prix.

« - Maître … Le garçon est mort, vous avez vaincu, gémit faiblement quelqu'un.

« - Silence !

Les yeux rouges du Lord se vrillèrent sur l'importun, et celui-ci se ratatina sous son regard.

« - C'est intéressant que tu choisisses de te faire remarquer, Yaxley. Je me serais fait discret, à ta place, si j'avais été vaincu par un Weasley.

Le Mangemort se ratatina un peu plus, sous le regard lâchement rassuré de ses compagnons. Le Lord se délectait visiblement de la peur qu'il provoquait chez son serviteur, et tous étaient secrètement ravis de ne pas avoir à subir son courroux.

« - Tu as de la chance que j'ai encore besoin de toi. Endoloris.

Sa victime se tordit de douleur pendant de longues secondes, avant qu'il ne se décide à le libérer. Il se retourna, parcourant du regard l'assemblée face à lui.

« - Yaxley a raison. Le garçon est mort, même si Elle a fait disparaître son corps.

Drago frémit. Dans la précipitation de leur fuite, il avait oublié la mort de Potter, obnubilé par la belle et dangereuse inconnue. La manière dont le Lord parlait d'elle le troublait, et il ne savait comment interpréter la manière dont il accentuait son nom. Son pronom, rectifia-t-il. Sur les lèvres des Mangemorts, il pouvait lire la même question. Qui était-Elle ?

« - Mais nous n'avons pas pris Poudlard. Et maintenant qu'Elle est là …

Il ne termina pas sa phrase, comme perdu dans ses pensées.

« - Laissez-moi y aller, Maître ! Laissez-moi y aller, je vous ramènerai sa tête sur un plateau !

Bellatrix s'était jetée à ses pieds, le suppliant, une lueur démente brillant dans son regard. Elle était encore tâchée du sang de ses victimes, et sur son visage la folie se mêlait à l'adoration. Le Lord se pencha, saisissant son menton entre ses longs doigts squelettiques. Il la releva lentement, jusqu'à ce que ses yeux soient à hauteur des siens. Elle ne touchait presque plus terre, mais gardait un sourire exalté à se trouver si près de lui.

« - Imbécile ! Éclata-t-il soudain, la projetant contre le mur face à lui.

Elle se laissa glisser contre celui-ci telle une poupée désarticulée, avant de se redresser, en appui sur ses poignets. Ses longs cheveux emmêlés encadraient son visage pâle de boucles folles, et, sur sa tempe gauche, une plaie venait de s'ouvrir, laissant un sang poisseux couler le long de sa joue. Elle le fixa avec incompréhension, et Drago détourna la tête face au spectacle pathétique qu'elle offrait.

« - Tu ne sais rien d'Elle, tu ne sais rien du pouvoir qui est le sien ! Approche-toi d'Elle, et c'est ta tête qu'elle m'apportera sur un plateau !

Elle se mit à trembler, mais déjà le Lord ne la voyait plus, arpentant d'une foulée régulière l'immense salon du Manoir Malefoy. Il s'arrêta brusquement, vrillant ses yeux dans ceux de Lucius. Drago, à la droite de son père, se tendit, la peur s'insinuant jusque dans ses os.

« - Ils savent que je suis là, Lucius. Ton dévouement m'est cher, mais il est temps pour moi de te quitter.

Drago dut retenir le soupir de soulagement qui menaçait de franchir ses lèvres. Le Lord allait partir. Il n'entendrait plus les hurlements de douleur des prisonniers que l'on torturait dans ses cachots. Il eut une brève pensée pour cette professeure d'Etude des Moldus, que le serpent avait dévoré devant lui. Le Lord allait partir. Et avec son départ, le silence reviendrait enfin au Manoir Malefoy.

« - Le Manoir Jedusor va retrouver son véritable propriétaire ! déclara Voldemort en se retournant, faisant tournoyer sa cape autour de lui.

Ce geste rappela Rogue à Drago, et il songea soudain à son parrain. Il ne l'avait pas vu depuis l'arrivée de Potter au château, et son absence au Manoir ne le rassurait pas. Etait-il en mission secrète pour le Lord ? Etait-il … mort ?

« - Rodolphus, Rabastan, Dolohov, avec moi. Les autres, disparaissez. Je veux des informations sur la situation à Poudlard, au Ministère et à Londres dès mon retour.

Il se dirigea vers la sortie, les trois hommes sur les talons, le salon résonnant des craquements caractéristiques des transplanages. Il ne jeta pas un regard à Bellatrix, qui semblait mortifiée de ne pas avoir été autorisée à l'accompagner. Avant de franchir la porte, il se retourna, fixant Drago et Théodore qui s'était rapproché de lui.

« - Vous deux, ne bougez pas. J'aurai une mission pour vous à mon retour.

Et il disparut, les laissant désemparés, le cœur battant furieusement dans leur poitrine. Relevant la tête, Drago croisa le regard affolé de sa mère. Il sentit sa poitrine se serrer, incapable de faire face à la peur qu'il lisait sur son visage. Tout ce qu'il faisait, tout ce qu'il avait toujours fait l'avait été pour protéger sa mère. Même la fierté qu'il guettait sur le visage de son père n'était rien à côté de l'amour qu'il voyait dans les yeux de sa mère. Celle-ci sembla prendre une grande inspiration avant de prendre la parole.

« - Montez vous laver et vous changer les garçons.

Elle sembla hésiter un instant avant d'ajouter.

« - Drago, je dois te parler.

Théodore lui jeta un regard inquiet, avant de monter les escaliers, attendant son ami à l'étage. Celui-ci, une fois sûr qu'ils étaient seuls dans la pièce, s'autorisa à sourire tendrement à sa mère, tandis qu'elle serrait sa main dans la sienne.

« - Drago, souffla-t-elle. Drago, cette nuit, j'ai fait un choix, un choix que le Lord ne me pardonnera pas. Je ne regrette rien Drago, je veux juste … Je veux juste que tu me promettes, quoiqu'il arrive, de ne rien faire qui puisse mettre ta vie en danger pour me protéger.

« - Mère …

« - Promet-moi Drago ! Promet-le moi …

Il secoua la tête, des larmes brillant dans ses yeux gris.

« - Je ne peux pas, je ne peux pas !

« - Drago !

Sa voix venait de claquer, plus froide qu'elle ne l'avait jamais été. Elle le fixa avec autorité et, peut-être pour la première fois, il vit la noblesse des Black en elle, la fierté qui ne l'avait jamais quittée.

« - Je n'ai pas fait tous ces sacrifices pour te voir mourir, poursuivit-elle durement. Je suis ta mère et il est de mon devoir de me protéger. Si je dois mourir pour avoir rêvé un monde meilleur pour toi, je le ferai la tête haute, et je compte sur toi pour te comporter avec la dignité d'un Malefoy.

« - Mère … souffla-t-il une nouvelle fois.

« - Je ne veux rien entendre de plus. Monte dans ta chambre.

Elle lui tourna le dos, quittant la pièce d'un pas royal. La gorge serrée, il la regarda s'éloigner avant de rejoindre Théodore. Assis en haut des escaliers, celui-ci se leva d'un bond à son approche. Il ne demanda rien, et Drago lui en fut reconnaissant. Les deux garçons n'avaient jamais vraiment été amis, à vrai dire. A Poudlard, ils se saluaient respectueusement, mais sans intérêt l'un pour l'autre. Ce n'était que l'année dernière, quand Drago avait reçu sa marque, qu'il avait réellement regardé Théodore Nott pour la première fois.

Ils avaient été quatre à être marqués ce jour-là. Crabbe et Goyle l'insupportaient depuis longtemps, et il n'avait que peu de considération pour ces brutes sans cervelle. Il se demandait même comment il avait pu être leur ami ! Mais Théodore … Théodore était ce garçon intelligent, qui ne méprisait personne mais savait se faire respecter, car il était un Nott, car il savait manier les mots comme des couteaux, et surtout car il était un maître en potion, et que personne n'était à l'abri de représailles de sa part. Et au-delà de cette façade, Drago avait vu le garçon qui admirait son père autant qu'il le craignait, qui n'oublierait jamais le jour où il avait vu sa mère tomber sous ses coups. Le garçon qui, comme lui, ne voulait pas d'un monde gouverné par la violence du Seigneur des Ténèbres.

Pourtant, tous deux avaient pris la marque. Car ils étaient des Malefoy, des Nott, et qu'ils n'avaient jamais vu autant de fierté dans les yeux de leur père qu'en ce jour fatidique. Alors ils étaient devenus des Mangemorts, même si leur nouvelle condition leur donnait envie de vomir. Et, peu à peu, ils s'étaient rapprochés. Jamais en public, non. Jamais à Poudlard. Mais après chaque réunion, pendant les vacances. Parce que les autres ne pouvaient pas comprendre. Parce qu'on les regardait avec dégoût où avec admiration, mais que personne ne savait à quel point ils se méprisaient.


C'est tout pour aujourd'hui ! De nouveaux personnages font leur apparition, j'espère qu'ils vous semblent toujours crédibles. Je poste la suite dès que possible, merci encore à tous ceux qui me lisent ! J'attends vos commentaires, n'hésitez pas à critiquer, c'est constructif une critique !

A bientôt !